L. Hn
GOYRA^'D (Jean-Gaspard-Blaise). Né à Aix (Bouches-du-Rhône) en 1803, était le petit-fils d'un ancien médecin, professeur à la Faculté de médecine d'Aix, au moment de la révolution. Il commença ses études médicales dans sa A'ille natale et se rendit à Paris, en 1826, en compagnie de Vidal de Cassis, son compatriote. Reçu docteur en médecine en 1828, il se fit connaître ainsi que ce dernier par une collaboration active à divers journaux de médecine, notamment à la Clinique des hôpitaux, devenue plus tard la Lancette française aujourd'hui la Gazette des hôpitaux. Revenu à Aix, pour y exercer la médecine, il fut nommé peu de temps après cliirurgien eu ciief de l'IIôtel-Dieu de cette ville et successivement inspecteur des eaux thermales, adjoint à la mairie, etc. L'Académie de médecine l'avait compris au nombre de ses correspondants en 1834. Il est mort à Aix, en août 1866. Nous citerons de lui :
I. Cystotomie sus-pubienne. Paris, 1828, m-i". Tlièse. — II. Observation sur un fœtus monstrueux. In Lancette française, t. II, 1830. — III. De l'amputation de la jambe pratiquée loin du genou, nouvel appareil de sustentation. Paris, 1835, in-8°. — IV. Me'tnoire sur la fracture par contre-coup de l'extrémité' inférieure du radius. Paris, 1836, in-S". — V. Sur la hernie inguino-insterstitielle. Ibid. — YI. Sur la rétraction permanente des doigts. Paris, 1837, in-8°. — YII. Nouvelles études sur les luxations de l'humérus. In Gaz. médic, 1848, p. 485, 497, 909, 932. — VIII. Note sur deux cas remarquables de kystes hydatiques ie l'abdomen. Ibid., 1855, p. 5. — IX. Études sur l'oblitération du sac Iierniaire, et sur l'obturation de l'ouverture abdominale par le bouchon épiploïque comme moyens de guérison radicale des hernies; effets du débridement de la hernie par rapport à la curabilité de cette infirmité. Ibid., 1858, p. 118. — X. De l'emploi du collodion comme moyen de réunion des plaies. Ibid., 778, 789. — XI. Etudes sur les adénoïdes du sein. Ibid., 1859, p. 291. — XII. Mémoire sur une espèce de luxa/ion méconnue jusqu'à ce jour ; Luxation de l'extrémité inférieure du cubitus sur le fibro-carlilage inter-articulaire du j)oignet. Ibid., p. 658, 668, 685, 748, 763. — XIII. Travaux et doctrine de Franco, sur la taille. In Bull, de l'Acad. de méd., 1860. — XIV. De la kélotomie dans les cas de gravité extrême des accidents généraux de l'étranglement herniaire. Ibid., 1863, p. 784, 798. — XV. Note sur trois cas d'iléus ayant leur cause matérielle dans des hernies, et qui ont nécessité l'opération de la kélotomie, bien que, dans deux cas, il n'existait pas d'étranglement et qu'il n'existait qu'à un faible degré dans le troisième. Ibid., 1864, p. 460. A. D.
GOZE (Johann-Adgust-Ephraïm). Célèbre naturaliste, né à AschersIeben, dans le pays d'Halberstadt, le 28 mai 1751, fit ses études à Halle, où il s'occupa surtout de théologie, ne cultivant les sciences qu'à titre de délassement. En 1756, il fut nommé pasteur à Quedlinbourg, mais il ne tarda pas à prendre en avei'sion les discussions théologiques, surtout après s'être brouillé avec son frère au sujet de l'iaterprétation d'un passage de l'évangile de saint Jean. Le hasard, qui fit tomber un microscope entre ses mains, détermina son goût pour l'histoire naturelle. Il lut avec avidité les ouvrages de Swammerdam, de Baker, de Bonnet et étudia tout aussitôt les insectes et les animalcules microscopiques. Il fît des observations suivies sur les iafusoires, les polypes d'eau douce, les
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pucerons, et sur la fin de ses jours s'occupa, sur le conseil de Wagler, des -vers intestinaux dont il a beaucoup contribué à débrouiller l'histoire; il forma même une riclie collection de ces animaux que l'empereur Joseph II lui acheta pour l'Université de Pavie. Il continua néanmoins à prêcher jusqu'en 1787, où la princesse Anne-Amélie, sœur du grand Frédéric et abbesse de Quedlinbourg lui fit obtenir la place de premier diacre de la cour. Il mourut le 27 juin 1795. Parmi ses ouvrages, nous ne nommerons que ceux qui sont relatifs à l'histoire naturelle.
I. Enlomologische Beytrâge, zu des RUters Linné zwôlften Ausgahe des Nalursystems. Leipzig. I, 1777; ir, 1778; III, en 2 vol., 1779-1780; IV, 1781, in-8°. — II. Denkmahl der Freundschaft, von ziveyen edleii Freunden unsern genesenden Martini an seinein i^-sten Geburtstage gestiftet. Berlin, 1777, in-8°. — III. D. Friedrich Ileinrich Wilhelm Martini' s Lehen. Berlin, 1779, in-4°. — IV. Vermch einer 'Satunjeschichte der EingeweidewilrmeT thierischer liôrper. Dessau u. Blankenburg, 1782, in-8», 44 pi. — V. Ersler Nacfilrag zu diesem Werk, von ihm selbst; mit Zusâtzen iind Anmerkungen herausgcgrben von Joh. Georg Heinrick Zeder. Leipzig, 1800, in-4'', 6 pi. — VI. Neueste Enldeckung, dass die Finnen im Schweinefleisch keine Driisenkranklieit, sondern wahre Dlascnwiirmer smd. Halle, 1784, in-4'. — YII. Ueber das vermeiyite beij Qnedlinburg gefundi-ne Einhorn. Qucdlinburg, 1787, in-S". — VIII. Beschreibung eim^r hequcmm Stmlir- und Sparlampc. L-ipzig 1791, in-8°. — IX. Europâische Fauna, oder Nnturgeschichte ewopàischer T/iiere, in angenehmen Geschichten und Erzâhlungen filr allcrley Léser, vorziiglich fur die Jugeiid. Leipzig, Ed. I, 1791; II, 1792; III, 1793; IV, 1794; V, 179.3; VI, 1796; VII, 1797; VIII, 1799; IX, 1803, in-8° (les 6 derniers volumes ont été publiés par Donndorf). — X. Verzeichniss der yaluralien meines Kabinels, be.sondcrs ans dcm T/iierreiche, mehrenlheils in Weingeist, mit naturhistorischen Anmerkungen. Nachweisung des Systems und Anzeige der besten Abbildungen. Leipzig, 1792, in-S". — XL Goeze a traduit en allemand les Opuscules entomologiques de Charles Bonnet (Halle, 1773, in-S", et avec d'autres analogues. Halle, 1774, in-4''), les Mémoires entomologiques de Charles de Geer (Nuremberg, t. I, 1775-1777; II, 1778-1779; IH, 1780; IV, V, 1781; VI, 1782; VII, 1783, in-4-), Vllistoire du polype d'eau douce par Trembley (Quedlinbourg, 1773, in-S"), et le Traité du crapaud de Surinam par Philippe Fermin (Brunswick, 1776, in-S"). Il a publié la traduction allemande par Martini de l'Histoire naturelle des araignées par Lister (Quedlinbourg, 1788, in-S"; ibid., 1792. in-S"), et traduit lui-même en allemand les Opuscules d'Otto-Frédéric Millier (Dessau, 1782, in-8°). Le Naturforscher, les Beschâftigungcn nalurforschcnder Freunde, et divers autres recueils périodiques contiennent des articles de lui, sm" les insectes, les vers intestinaux, les infusoires, etc. L. Hk.
GOZZI (GicsEPPE-FoLYio). A fait ses études médicales à Bologne où il devint professeur d'hygiène, do thérapeutique et de matière médicale. Il est mort le 20 mars 1852. Nous connaissons de lui :
I. Belle azioni generali dei remedi ed particolare delV irrilativa. Bologne, 1822, in-S". — II. Sop7'a l'uso di alcuni remedii aurifici nelle malattie venerei, annotazioni teoreticopratiche, indirrizata al cel. Prof. Giacomo Tommasini. In Opusculi scientiflci de Bologna. Bologne, 1817, in-4°. — III. Fondamenti di terapeutica générale e di materia medica. Bologne, 1851, in-8°. — IV. Leggi fisiologice-patologiche dalle quali de sumer si dei principalmenfe la scella e l'uso appropriato degli eccitamenti, dei descrimenti positivi i negativi e degli irritamenti. Bologne, 1833, in-S". A. D.
GRAAF (Reinier ou Reg.nerds de). Célèbre anatomiste hollandais, né à Schoonhoven le 30 juillet 1641, commença ses études à Louvain sous Plemp, puis en 1661 se livra particulièrement à l'anatoraie à Utrecht, sous la direction de Diemerbroeck, et passa ensuite à Leyde où il eut pour maître van Horne et de le Boë (Sylvius). C'est pendant son séjour à Leyde qu'il publia, à l'âge de vingt-deux ans, son opuscule sur le pancréas et le suc pancréatique; il recueillit ce suc sur des animaux vivants, et comme il le trouva acide, il y vit une confirmation des idées de son maître Sylvius sur la digestion. Il y rattacha une
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foule de conside'rations, destine'cs à étayer les théories chimiatriques, et crut avoir démontré que la plupart des maladies, particulièrement les fièvres intermittentes, n'ont pas d'autre cause que les altérations du suc pancréatique.
En 1664, de Graaf se rendit en France et termina ses études à Angers, où il prit le grade de docteur en juillet 1605. Après quoi il alla faire un séjour de quelques mois à Paris, où il lia connaissance avec un grand nombre de savants et particulièrement avec l'abbé Pierre iMichon Bourdelot, médecin du prince de Condé. Après un nouveau séjour à Angers, il revint en 1667 dans sa patrie et alla se fixer à Delft oii il exerça la médecine avec distinction. Mais il mourut prématurément le 17 août 1673, à l'âge de trente-deux ans. S'il faut en croire Haller, il succomba aux suites d'un accès de colère, auquel il se laissa emporter dans la chaleur de sa dispute avec Swammerdam qui s'attribuait diverses découvertes faites par de Graaf relativement aux organes de la génération et l'avait même accusé de plagiat devant la Société royale de Londres ; de Graaf se tira à son honneur de cette lutte de priorité, mais elle lui coûta la vie.
De Graaf a l'un des premiers décrit avec exactitude les vaisseaux spermatiques et surtout les organes sexuels de la femme; dans les ovaires il a découvert les follicules dits de de Graaf, « qui glandularum ad instar ex multis particulis a centro ad circumferentiam recto quasi ductu tendentibus conflantur et propria membrana obvolvuntur. Ili globuli post coitum tantum in ovariis distinguntur, unus aul altcr, prout animal unum aiit plures fœtus, in lucem edit. » Il a assez bien indiqué les divers développements du fœtus. Des remarques pathologiques importantes accompagnent la description des organes, et celle-ci est facilitée par un assez grand nombre de dessins bien soignés.
Enfin de Graaf a inventé le procédé d'injection des vaisseaux, perfectionné ensuite par Swammerdam qui se servit de liquides susceptibles de se figer.
Nous connaissons de de Graaf:
I. Disputalio medica de nalura et usu succi pancreatici. Lugduni Batav., 1663, in-12; 1671, 1674, in-S"; trad. en franc. Paris, 1666, in-12. — II. Epistola de nonnidlis circa partes génitales invenlis novis. Lugduni Batav., 1C68, in-12. — III. Tractatus de virorum organh generationi inservientibus. Item de chjsleribus et usu syphonis in analomia. Lugduni Batav., 1668, in-8°. — IV. De mulierum organis generationi inservientibus tractatus novus, demonstrantum homines et animalia, caetera omnia, quae vivipara dicuntur, haud minus quam ovipara, ab ovo originem ducere. Lugduni Batav., 1672, in-8°. — V. Partium genitalium defensio adversus Joli. Swammerdam. Lugduni Batav., 1675, in-8°. — VI. Les œuvres de de Graaf ont été réunies sous ce titre .Opéra omnia. Lugduni Batav., 1677, in-8°; 1705, in-8°; trad. en hoU. Amsterdam, 1686, in-S». L. Hn.
GRAAF (Nicolas de). Chirurgien hollandais, attaché au service de la Compagnie des Indes orientales, fit plusieurs voyages dans les Indes et visita le Japon et la Chine; parti pour son premier voyage en 1659, il ne revint de son dernier qu'en 1687. Il a publié un ouvrage qui renferme une relation de ses voyages et une description des Indes, parue pour la première fois en flamand en 1703, in-4, plus tard en français sous le titre:
Voyages de Nicolas de Graaf aux Indes orientales et en d'autres lieux de l'Asie. Amsterdam, 1719, in-12. L. Hn.
«RABA (Johakn-Akdeeas). Né à Erfurt ou à Mûhlhausen, étudia la médecine pendant six ans à Kônigsberg, puis se fixa à Erfurt sans avoir pris le bonnet de docteur. La Faculté de médecine de cette ville voulut lui interdire le droit de pratiquer son art sans avoir pris ses grades ; une vive dispute en résulta.
GRàBàLOS (Eau minérale de). 26o
mais, après une sorte d'entrevue parlementaire avec le docteur Leichern, il céda et se décida à aller demander à l'Université de Giessen le diplôme de docteur, qui lui fut accordé en 1658. A son retour à Erfurt il fut nommé médecui pensionné de la ville et du canton et occupa cette charge pendant dix ans. En 1668, il passa à Mûhlhausen avec le même titre, mais ne tarda pas à y succomber, le 13 mai 1669, après une violente discussion littéraire avec le docteur Vol. And. Môllenbrock et un procès de calomnie qui en était résulté.
Graba était membre de l'Académie des Curieux de la nature sous le nom de Céphale. Il a publié:
I. Casus laborantis affeclu hypochondriaco cum sijyiipiomatis scoibulicis. Giessae, 1658, in-4°. — II. Beschreibung der uiiaufhôilichen (jiflbôsen anfâlligeii Landfiebern . Erfurt,
1660, in-8° — III. Kuvze Erinnerung von der hiii und wieder grassircnden Scuchc der Blattern und Maseru. Erfurt, 1661, in-8». — IV. Kurzer Unterricht vom Sc/iarbok. Erfurt,
1661, in-8°. — V. Medicinalische ^rinneriing wie man sich beij jeiiiger gefâhrUchen bôsen Seuche von der Pest vcrhalten vwge. Erfurt, 1666, in-S". — \'I. Elaphographia, sive cervi descriptio physico-medico-chimica, in qua tam cervi in génère, quam in spccie ipants partium consideratio Iheorica et practica instiiuitur, etc. lenœ, 1668, in-8«. (te corf y est présenté comme une panacée contre toutes les maladies qui sont susceptibles d'affliger l'espèce humaine. ) ^- '''*•
GRABALOS (Eau minérale de). Alhermale , sulfatée calciqne moyenne, sulfureuse faible, en Espagne dans le district de Cervera, dans la province de Logrono, sur la rive gauche du ruisseau le Mhama, à 385 mètres au-dessus du niveau de la mer, aune population de 1200 habitants environ (chemin de fer du Midi, B;iyonne, Pampelune et Alfaro. D'Alforo à Grâbalos, 25 kilomètres d'une très-mauvaise route). Grâbalos et ses environs n'ont rien de remarquable, et les promenades et les excursions dans un terrain parsemé de roches nues et, par conséquent peu fertile, ne sont pas attrayants pour les baigneurs obligés de se suffire à eux-mêmes pendant leur cure hydrominérale. Aussi ne sont-ils pas nombreux, puisque cinq cents à peine fréquentent chaque année cette station. La température maxima des mois de la saison, qui commence le 1" jnin et finit le 50 septembre, est de 40"^ centigrade, la température miiiima de 14° centigrade et la température moyenne de 27" centigrade. Une seule source qui émerge à 240 mètres au delà du village, alimente les moyens balnéaires de la station de Grâbalos. Une avenue plantée relie le bourg et l'établissement. Le débit de la source en vingt-quatre heures est de 5600 litres ou de H 4 cuartillos par minute. Son griffon sort de bas en haut d'une roche de formation tertiaire que l'on a creusée pour recevoir son eau. Des tubes de fer la conduisent à la buvette, aux robinets des baignoires et au bassin de la salle d'inhalation. Elle est claire, transparente et limpide; elle laisse déposer cependant sur les parois des vases ou des canaux une matière blanc jaunâtre qui brûle après avoir été séchée en donnant une odeur franchement sulfureuse. Sa saveur et son odeur sont manifestement hépatiques, mais son goût est cependant plus salin que sulfureux, tout en n'étant pas désagréable. Elle rougit un peu les préparations de tournesol; sa température à la buvette est de 17° centigrade, sa densité est de 10 025. Son analyse chimique faite en 1857 par M. le docteur Narciso Merino, médecin directeur de l'établissement et par M. Lopez Andrès, pharmacien à Alfaro, a donné pour 1000 grammes d'eau delà source de Grâbalos, les principes suivants :
2ti6
GRABALOS (Eau moérai.e de)..
Sulfate de chaux 0,8970
— magnésie 0,0015
Carbonate de chaux 0,0735
— magnésie 0,0700
Sulfure de calcium 0,0303
Chlorure de sodium 0,0143
— magnésium 0,0120
Silice 0,0130
Matière organique traces.
Total des MATiÈnEs fixes 1,1160
acide suirhydrique 2 pouces cubes 150
* * 1 — carbonique traces.
L'établissemenl de Grâbalos se compose : d'une salle réservée pour la buvette, de huit cabinets de bain et d'une pièce pour les inhalations. Trois robinets alimentent la buvette ovi l'eau minéi'ale arrive par un triple conduit. Les cabinets de bain n'ont pas de vestiaires, chacun d'eux contient une baignoire de marbre de Santa-Agueda dont le fond est bombé à son milieu, comme dans beaucoup d'établissements du nord de l'Espagne; mais elles sont grandes et l'eau qu'elles renferment suffit pour que le bain ait toute l'efficacité qu'on en peut attendre. Les appareils de douches font complètement défaut. La chambre d'inhalation est alimentée par un jet d'eau traversant une pomme d'arrosoir avec une force beaucoup trop faible, et le réservoir qui reçoit l'eau n'a pas une capacité suffisante pour permettre la séparation complète des éléments gazeux. 11 faudrait aussi que les trous de l'arrosoir fussent plus nombreux et eussent un diamètre un peu moins considérable. En raison de ces défauts de construction faciles à corriger, en raison surtout de la quantité minime de gaz acide sulfureux que contient l'eau de Grâbalos, l'atmosphère de la salle d'inhalation diffère à peine de celle des autres pièces, ce qui explique les effets douteux qu'en retirent les malades.
Mode d'administratioiN et doses. Les eaux de Grâbalos ne doivent point être administrées à doses considérables; en petite quantité, leur action excitante est assez marquée. Elles sont en général conseillées le matin à jeun dans la proportion d'un à quatre verres. Elles se prennent pures ou mêlées à une certaine quantité de lait ou à une infusion aromatique ou émolliente. On les édulcore alors avec le sirop de tolu ou le sirop de gomme. Les bains sont presque toujours administres à SS** ou 35" centigrade, ils sont l'adjuvant accoutumé de la cure interne. Le séjour dans la salle d'inhalation varie d'une demiheure à une heure.
Emploi THÉRAPEcxiQnE. L'eau de Grâbalos à faible dose et au début de la cure occasionne presque toujours la constipation; en quantité relativement considérable au contraire, à quatre verres ou à plus de quatre verres de l'iO grammes chacun, elle purge le plus souvent. Elle n'occasionne pas de pesanteur d'estomac, et elle est facilement digérée; en quantité médiocre, elle augmente l'appétit, mais à forte dose elle le diminue et elle produit des éructations ou des renvois. C'est alors que ne tardent pas à apparaître les éruptions diverses qui constituent la poussée et les phénomènes propres à la saturation minérale. Les bains produisent une certaine excitation générale et une certaine l'ougeur de la peau. Comme l'eau en boisson, ils accélèrent la respiration et la circulation; ils aucrmentent la sueur et la quantité des urines qui deviennent sédimenteuses. Souvent aussi l'eau de Grâbalos à l'intérieur et en bains généraux surexcite l'activité des organes génitaux, donne de la somnolence pendant la journée et de
GRABALOS (Eau minérale de). 267
ragilation pendant la nuit. Les phénomènes les plus habituellement constatés après un séjour dans la salle d'inhalation de Grâbalos, sont la céplialalgie frontale, l'accélération de la circulation et la facilité plus grande de l'expuition; mais ces accidents sont peu marqués en raison de l'organisation défectueuse des appareils et certainement aussi en raison de la sulfuration minime de l'eau de cette station minérale.
C'est contre les affections humides de la peau que les eaux de Grâbalos à l'intérieur et surtout à l'extérieur ont l'action thérapeutique la plus évidente ; mais il est très-rare quece traitemeat hydrosulfureux ne les ramène pas à l'état aigu, qui est pour ainsi dire le commencement de la guérison, l'indice au moins que l'issue delà cure sera favorable. En effet, à mesure que la période inflammatoire de l'enveloppe cutanée diminue, l'éruption a moins d'intensité jusqu'à ce qu'elle disparaisse complètement. Les dermatoses sèches ne peuvent attendre à Grâbalos qu'un soulagement quelquefois très-marqué, mais il est fort rare que ces maladies s'y guérissent radicalement.
Les accidents syphilitiques secondaires et tertiaires sont promptement amendés par l'usage combiné de ces eaux. 11 est certain qu'à ce poste sulfureux, comme à presque tous les autres d'ailleurs, le traitement spécifique suivi par les malades pendant leur cure hydrominérale est plus efdcace et surtout beaucoup plus aisément supporté.
Dans les cas de leucorrhées passives, d'ulcères atoniques, de carie et de nécrose des cartilages et des os, de contractures musculaires, de corps étrangers dans l'épaisseur des tissus, l'emploi des eaux de Grâbalos, à l'extérieur surtout, produit d'excellents effets. C'est la cure interne qui réussit principalement contre les affections catarrhales lorsque les malades ont dépassé l'àgc moyen de la vie, lorsque surtout ce sont des vieillards emphysémateux ou asthmatiques. Sous l'influence de trois ou quatre verres d'eau pris le matin à jeun avec les précautions ci-dessus indiquées, de bains journaliers d'une demi-heure au plus et d'un séjour prolongé, une heure au moins dans la salle d'inhalation, la quantité de mucus ou de muco-pus qui composait l'expuition diminue peu à peu et les accès de suffocation disparaissent progressivement et cessent même quelquefois, 11 est regrettable qu'à ce traitement combiné, dont l'ingestion de l'eau est la base, le médecin ne puisse unir l'application des douches. Ce moyen balnéothérapique est un adjuvant très-utile dans ce cas, ainsi qu'on peut s'en convaincre à Enghien et à beaucoup d'autres postes sulfureux. L'installation incomplète de Grâbalos suffit cependant pour traiter avec succès presque tous les accidents résultant d'une diathèse scrofuleuse, et s'il est constant que les eaux chlorurées fortes soient plus particulièrement efficaces alors, il n'en est pas moins vrai que certains états pathologiques liés à un vice scrofuleux, tels que le lupus, type souvent d'une dermatose strumeuse, retirent plus d'avantages peut-être d'une cure aux eaux sulfureuses que d'un traitement aux eaux chlorurées pures. Il arrive assez fréquemment que certaines névralgies, certaines névroses, telles que la migraine, la gastralgie, le hoquet, l'hépatalgie, certains embarras hépatiques accompagnés souvent de congestion du foie, débutent quelque temps après la disparition d'une affection cutanée. Ces états maladifs résistent ordinairement aux traitements les plus rationnels, tandis qu'il est exceptionnel, on peut le dire, que l'emploi des eaux sulfurées ou sulfureuses échoue en pareille circonstance , celles de Grâbalos ont prouvé qu'elles sont aussi actives et aussi efficaces que les plus célèbres.
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L'usage de l'eau de Grâbalos est formellement contre-indiqué à^ns toutes les afiections dont l'acuité n'est pas complètement terminée. Elle ne doit pas être emplovée non plus lorsque les malades ont une tendance aux congestions actives, à une irritabilité excessive; lorsqu'ils ont une maladie organique du cœur ou des gros vaisseaux ; lorsqu'ils sont atteints d'un cancer parfaitement confirmé. Ces eaux donnent encore de mauvais résultats dans la phtliisie pulmonaire, car leur emploi avance la fonte des tubercules. Aussi ne peut-on pas même les employer contre l'élément catarrbal qui accompagne souvent le second degré de cette diatlièse. Il est important de retenir cette dernière contre-indication, parce qu'elle est spéciale à l'eau de Grâbalos.
La durée de la cure est de neuf à quinze jours.
On n'exporte pas l'eau de la source de Grâbalos. A. Rotureau.
Bibliographie. — Rudio (Pedro-Maria). Tratado compléta de las fuenles minérales de Espana. Madrid, 1855, in-8°, p. 150-152. A. R.
GR/tBE (Martin-Sylvester). Médecin allemand, fils et père de célèbres théologiens, vint au monde à Konigsberg le 14 juillet '1674 et fut reçu docteur à Leyde en 1700. Trois ans après il obtint la charge de bibliothécaire du château de sa ville natale et peu après le titre de médecin et de conseiller du roi de Prusse. Il mourut le 5 décembre 1727, laissant :
I. Dissert, de reiium calcula. Lugduni Batav., 1700, in-4°. — I[. Dissert, de phthisi. Regiomont., 1700, in-4°. — III. Verzeichiiiss der Biicher aus der Radsivilischen Yerlassenschaft mit welchen die kônigliclie Bibliotliek zu Konigsberg seit 1673 vermehret worden. KiJnigsberg, 1712, in-fol. — IV. Vie de son frère JoLaan Ernst Grabe dans Acta Borussica.