SUR 100 FEMMES
COMlilEN li'llOMMES.
Ainsi donc il paraît incontestable que, dans l'ile de Crète au moins, la forme tuberculeuse est bien plus fréquente chez les hommes que chez les femmes, tandis que pour la forme anesthétique la différence est très-faible (quant à la forme mixte, vu la petitesse des nombres, on ne saurait attacher trop d'im[)ortance à la relation numérique qu'elle présente). Sur les causes de ce phénomène si singulier nous ne savons rien.
Age. En admettant que dans l'île de Crète, pour laquelle nous possédons des renseignements importants, il y ait à peu près la même répartition de la population en âges que dans la Grèce libre, il semble que c'est dans la période de
' Les différences de vie entre hommes et femmes dans les îles, et surtout en Crète, consistent principalement en ce que les hommes, menant une vie agricole, sont soumis à de grandes fatigues, aux intempéries de l'atiricsphére, tandis que les femmes se bornent aux occupations du ménage et ne prennent part qu'aux travaux agricoles les plus légers. Quant à la nourriture, elle est presque la même. Il faut peut-être encore rappeler que les femmes un peu partout ne font qu'un usage très-modéré de vin, et presque nullement de liqueurs alcooliques, si elles ne s'en abstiennent pas complètement.
10 à 20 ans que l'apparition de la maladie est la plus fréquente, la période de 50 à 40 ans venant après, puis celle de 20 à 50 ans. La fréquence prééminente de la maladie de 10 à 20 ans s'observe aussi en Norvège, d'après les statistiques de Danielssen et Bœck, et ailleurs. Mais les données de Grenade (Hernando, La lepra in Granada, Gr. 1881] montrent avec beaucoup de probabilité qu'il n'en est pas de même partout (en n'oubliant pas d'évaluer la morbidité réelle par âge, c'est-à-dire par rapport à la population qui donne les malades).
Les statistiques de Norvège nous représentent l'âge de 10 à 20 ans comme celui dans lequel l'apparition de la maladie est la plus fréquente, tant pour la forme anesthétique que pour la forme tuberculeuse. Pourtant les données de la Crète n'offrent pas le même phénomène. Ainsi la morbidité la plus grande pour la forme anesthétique semble y être de 50 à 40 ans, tandis que pour la forme tuberculeuse il n'y a que très-peu de différence, paraît-il, entre les deux périodes de 10 à 20 ans et de 20 à 50 ans.
Le développement de la lèpre en Grèce chez l'enfance n'est point rare. Parmi trois cas pareils, fournis par le leprochorion d'HéracIion, en Crète, dans l'un la maladie est survenue sous la forme anesthétique chez un garçon de trois ans, de parents sains, mais qui moururent dans un âge peu avancé, et dont une sœur plus âgée était également malade de la même forme. Dans le second cas, la maladie s'est déclarée chez un garçon de quatre ans, de père et de mère sains, mais dont la mère avait plusieurs parents lépreux. Le troisième cas, de forme mixte, s'est observé chez un garçon de 5 ans, dont le père était déjà lépreux.
Quelquefois anssi on a remarqué des cas congénitaux, mais fort rarement. Ainsi l'on cite le cas d'un nouveau-né d'Amorgos, portant dès sa naissance les taches caractéristiques de la lèpre, qui ont été suivis bientôt après des autres symptômes de la maladie, et dont la mère était lépreuse aussi (66).
FRÉQUENCE DE l'aPPARITIOS DES PRI>'CIP.U-ES FORMES DE LA M.U.ADrE PAR AGES (cRÈTE)
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