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12 MARIAGE (démographie).
à 55 ans, en France, en Italie, en Belgique. Avant ces recherches, tentées ici pour la première fois, qui eût pu présumer que c'est dans l'humide Angleterre que les jeunes gens sont le plus pressés du mariage, et dans la chaude et pieuse Italie qu'ils ajournent le plus l'âge des légitimes amours?
6. Mouvements de la matrimonialité . Leurs causes. Ces mouvements sont de deux sortes. Les uns sont annuels et dépendent des circonstances accidentelles ; c'est ainsi que toute déception, trouble politique profond, surtout trouble économique, et la guerre (à moins que le mariage ne soit un échappatoire ù la conscription), diminuent la matrimonialité. Cependant, si ces influences semblent faciles à présumer, il en est quelques-unes que l'enquête statistique seule pouvait révéler. A l'article Angleterre [voij. Bretagne (Grande-), § 52], nous avons montré la singulière influence de la cherté qui, là comme ailleurs, diminue la proportion des mariages dans la population considérée en général. Mais une analyse spéciale à ce pays a montré que cette atténuation frappe exclusivement sur les classes peu aisées ou pauvres, et qu'au contraire la chance du mariage des riches en est augmentée. N'est-ce pas un signe évident de l'antagonisme de ces deux classes? Nous avons vu encore (art. Bavière) que, dans les provinces de grande culture, l'avilissement extrême des céréales abaisse notablement le nombre des mariages. Des gens officiels ont écrit que les révolutions politiques diminuent le nombre des mariages. Les faits ne confirment pas cette vue, si les révolutions ne se compliquent pas de guerre : en 1850, en 1848, en France comme en Allema<Tne (voij. Bavière), le nombre des mariages ne s'est pas atténué. C'est souvent le contraire qui se remarque; ce sont les années suivantes où, sous l'influencede la réaction et de la lutte indécise des partis, la matrimonialité s'abaisse pour se relever aussitôt que, les destins étant ou paraissant fixés, renaît une espérance de paix.
7. Mais, outre ces mouvements annuels, il en est d'autres, insensibles d'une année à l'autre, qui se dégagent quelquefois avec une singulière persistance, quand on peut rapprocher et comparer des périodes successives. Ainsi, nous avons vu [Bretagne (Grande-), V^tabl.] que la matrimonialité anglaise, depuis 1858, a une tendance marqdée à l'accroissement. C'est là, en Europe, un fait exceptionnel'. En France, elle paraît stationnaire depuis le commencement du siècle; dans d'autres pays, elle diminue avec une constance singulière et inquiétante. Cette ré'^ression est bien frappante en Suède, où, en 1811-1815, il y avait à peu près, comme au milieu du dix-septième siècle, 92 mariages par 1000 célibataires au-dessus de 15 ans; or, pour chaque période quinquennale successive, de 1815 à 1855, ce rapport est devenu : 68 — î3 — 66,» — 68,5 — 55,6 — 53 — 55 — 53,5 et 4î . Devant un mouvement rétrograde aussi étrangement persistant et ré"uher, il est impossible de douter qu'il n'y ait une ou plusieurs causes constantes et déterminantes de ce fâcheux symptôme et qui, par exemple, reculent l'âge du mariage. En effet, nous verrons que la Suède est un des pays oii cet à'^e est le plus élevé; l'àge moyen de la jeune fille qui se marie y est de 2î,4 ans, et il est à peine de 25 ans en France. Cependant la comptabilité des faits sociaux est trop récente dans la plupart des États pour permettre ces investigations rétrospectives. Celle de la Suède, qui est la plus ancienne de l'Europe, ne remonte pas au
Ml ne faut pas confondre la matrimonialité, ou rapport des mariages à la population' avec le nombre absolu des mariages : ceux-ci. en effet, croissent presque pariout parce que la population et surtout la population adulte, s'accroît; mais le plus souvent ils' croT^ sent moins vite qu elle [voy. § 24).
MARIAGE (démographie).
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