‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.59Chapitre 42 sur 74 · CP CD · texte numérisé non relu

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736 MILITAIRE (hygiène).

Appliquée dans les conditions précitées, la mensuration thoiacique peut s'effectuer au moyen d'un ruban gradué ; cette expertise doit être faite avec la plus grande circonspection, car lorsque le jeune homme, ému par l'examen qu'il subit, arrive devant le conseil de révision, il est rare qu'il respire avec la même amplitude qu'en temps ordinaire ; il am'a une tendance naturelle à prendre la respiration dite abdominale, surtout lorsqu'on lui aura fait élever les mains audessus de la tète ; le médecin a cependant un intérêt réel à mesurer l'amplitude des mouvements inspiratoires par la différence observée entre le périmètre thoracique avant et après une respiration profonde. Le docteur Quain a présenté en Amérique un instrument destiné à cet usage ; il consiste eu un petit cadran dont l'aiguille se meut comme celle d'une montre et dans lequel viennent s'accrocher les deux extrémités du ruban ; l'aiguille indique en degrés ou centimètres la quantité de laquelle le -thorax s'est dilaté sous l'influence de l'inspiration.

Le poids des jeunes gens examinés pourrait être pris très-facilement au moment même où ils passent sous la toise ; il suffirait pour cela de la transformer elle-même en balance et de lui adapter un cadran dont l'aiguille marquerait instantanément le poids de l'examiné ; il y aurait lieu également de lui adapter quelques autres échelles mobiles horizontales, au moyen desquelles il serait facile de prendre les principaux diamètres du crâne, des épaules, du thorax et du bassin. La commission sanitaire des Etats-Unis avait adopté une toise de ce genre, dont nous trouvons la description dans le remarquable travail publié sous ses auspices pai" le docteur B. Gould {Investigations in the Military and Anthropological Statistics of American Soîdiers. New- York, 1869). Sans adopter absolument cet appareil peut-être un peu compliqué pour fonctionner dans les conseils de révision, il serait temps cependant que l'on cherchât à utiliser en France les opérations du recrutement pour l'-appréciation d'une foule de questions etlniologiques qui ne se peuvent trancher que par l'examen d'un grand nombre de cas particuliers. Il suffirait pour cela de préparer, pour chaque individu, une fiche portant un certain nombre de queslions d'après un modèle rigoureusement uniforme ; deux oux trois sous-officiers, présents au conseil noteraient rapidement les indications, et de la sorte, sans frais ni perte de temps, on obtiendrait une foule de documents uniques dans leur genre. Les Américains nous ont précédés dans cette voie, et l'on n'aurait presque qu'à adopter le modèle de leur fiche, dont le seul défaut est d'être peut-être trop complète {voy. Gould, loc. cit., p. 225).

Quoi qu'il en soit, depuis longtemps en France les hygiénistes militaires et Michel Lévy en particulier, ont insisté sur la nécessité de prendre en considération le poids du corps et de combiner cette donnée physiologique avec celle de la stature. Eu Angleterre, Aitken a trouvé 58 kilogrammes comme poids moyen des jeunes soldats incorporés ; Parkes refuse d'admettre ceux qui ne présentent pas au moins 52 kilogrammes à l'âge de dix-huit ans ; en Amérique, Hammond pousse ce minimum jusqu'à 56'^, 615; en Bavière, Meyer constate que le poids moyen des soldats est de 66 kilogrammes, et, dans ses investigations sur l'armée russe, Seeland déduit d'un grand nombre de recherches individuelles les moyennes suivantes, donnant les rapports de la taille et du poids chez les individus du reste bien constitués et aptes au service.

Ces rapports doivent évidemment varier avec les races ; il serait absolument nécessaire de les reprendre dans chaque pays, afin d'avoir une moyenne de race réellement utilisable.

MILITAIRE (hïcièse). 757

TABLEAU XXm.

RAPPORTS DE LA TAILLE AU POIDS DE l'hOMME. (aRMÉE RUSSE. — SEELAND).

Le poids d'un homme de la taille" de 1",600 oscille entre 56' 840 et 58', 860

— — l-.eiS — 60', 900 et 6i',960

— — 1°,689 — 64',960 et 69',000

— — l-,'33'l est environ 71',000 ~ - l-,778 — 73», 100

— — l-,823 — 79M0O et 81', 800

c. Infirmités. La nomenclature des infirmités qui rendent impropre au service militaire avait été fixée lors de la création des comptes rendus du recrutement et figurait au n° 4 de ces statistiques. Une instruction méthodique, rédigée par le Conseil de santé des armées de terre et approuvée par le Ministre de la guerre, connue dans la législation militaire sous le titre de Instruction du 2 avril 1862, était venue fort heureusement servir de guide aux médecins militaires pour l'appréciation non-seulement des cas soulevés devant les conseils de révision, mais encore pour la réforme n° 1 ou n" 2 des hommes déjà incorporés. Rédigée avec beaucoup de soins, elle était non pas précisément un guide invariable, à suivre à la lettre, mais une source de renseignements précieux pour les médecins, aussi bien que pour les officiers du commandement et les membres des conseils de révision.

A certains points de vue, cependant, elle n'était plus entièrement à la hauteur de la science, des moyens nouveaux qu'elle met entre nos mains ; déjà en 1865 le Conseil de santé des armées avait publié une instruction sur l'emploi de l'ophthalmoscope où l'on traçait certaines règles très-précises sur l'utilisation de cet instrument au point de vue du recrutement.

Les modifications profondes que vint apporter à ces opérations la loi du 27 juillet 1872, motivèrent une nouvelle instruction publiée en date du 3 avril 1875, dans laquelle nous relevons les deux nomenclatures suivantes que leur importance mérite de faire reproduire in extenso.

EXTRAIT DE l'iNSTRUCTION DU 3 AVRIL 1873.

îiomenclature des maladies, infirmités ou difformités, qui rendent impropre au service

actif ou armé.

ï" La faiblesse de constitution, caractérisée par un développement insuffisant des systèmes osseux et musculaire, persistant après le terme de la période de croissance et accompagnée d'un aspect maladif.

On entend par faiblesse de constitution l'insuffisance, indépendante de toute lésion organique, de la force jugée nécessaire pour résister aux exigences du service militaire. C'est une expression vague, dont on abuse souvent dans les conseils de révision, mais dont il serait difficile de ne pas faire usage. La faiblesse de constitution, sans lésion organique, est un état assez rare, excepté chez les hommes de petite taille, qui ont besoin d'une constitution relativement plus forte que ceux d'une taille élevée pour résister aux fatigues ordinaires du soldat, et chez les hommes de taille élevée, dont la croissance a été rapide.

2° La scrofulose et Y adénopalhie généralisée, surtout si elles sont accompagnées d'ulcération et de cicatrices apparentes.

3» Les accidents secondaires ou constitutionnels de la syphilis.

La syphilis primitive ne doit jamais motiver l'inaptitude. L'ajournement devra être proposé pour les accidents successifs d'une certaine gravité.

4° La tuberculose, ou la prédisposition parfaitement accusée à la phthisie, se traduisant par Ihabitus extérieur, ou la présence de tubercules constatés dans un organe quelcomiue.

5° Le diabète.

6» La consomption et, en général, les cachexies, scorbutique, paludéenne, saturnine, mercurielle et autres, résultant de causes professionnelles, et caractérisées par des altérations organiques profondes.

Tiirr v.\c.. '2' S. VU, 47

738 MILITAIRE (hygiène).

7» Les tumeurs carctnomateuses, les cancroides, les tumeurs fibro-plastiques, et toutes les productions pathologiques comprises sous la dénomination de cancer, de mélanose, etc., ainsi que les ulcérations tenant à une diathèse de niêine nature.

8° La pellagre et les altérations organiques consécutives à la morve et au farcin.

9" L'icléricie chronique et ïanasarque, symptomatiques d'affections organiques des viscères atidominaux.

10° Les affections cutanées, chroniques et étendues, à de larges surfaces (l'eczéma, le lichen, le psoriasis, le lujjiis, Yichthyose, etc.], ['albinisme, quand il est généralisé.

11° Les ulcères anciens et de nature rebelle, les fistules liées à une alfeclion organique grave, ou apportant un trouble sérieux dans la constitution générale.

12° Les cicatrices adhérentes, étendues, difformes, résistantes, lorsqu'elles réunissent des organes contigus, qu'elles entravent les mouvements, ou qu'elles déterminent un changement notable dans les rapports des parties.

13° Les ncevi materni, constituant par leur étendue et leur siège à la face une difformité repoussante.

14° Les tumeurs érectiles ou vasculaires développées sur la face, ou quand elles sont volumineuses et exposées, par la place qu'elles occupent, aux chocs ou à une pression habituelle.

15° Les productions pileuses et cornées, si elles ont leur siège dans une région où, soumises à une pression gênante, elles peuvent s'opposer au libre mouvement des parties.

16° L'obésité exagérée et morbide.

17° Le marasme et Y amaigrissement morbide.

18° Les abcès par congestion.

19» Les lipomes et les kystes, s'ils sont volumineux, gênants, par leur siège, et soumis à une pression des vêtements.

20° La carie et les autres lésions organiques des os et des articulations {tumeurs Hanches, osléo-sarcome, fongus, corps mobiles articulaires).

21° L'ankglose des grandes articulations et les luxations anciennes.

22° Les rétractions et les ruptures des tendons.

25° La rupture des muscles.

24° La contracture musculaire avec atrophie, entraînant la flexion ou l'extension permanente du cou, de la colonne vertébrale ou d'une partie d'un membre.

25° Les névronies-

26° Le tremblement habituel, général ou partiel.

27° Le crétinisme, l'idiotie, à un degré qui ne permet pas l'instruction militaire.

28° L'aliénation mentale, sous toutes ses formes (la lypémanie, la monomanie, la démence).

29° L'épilepsie, le vertige invétéré, la chorée et l'aboiement chronique.

50° Le somnambulisme.

51° La catalepsie, l'extase.

52° Le delirium tremens.

55° La paralysie du mouvement ou du sentiment, si elle est étendue ; la paralysie générale progressive, l'ataxie locomotrice.

54° Les anévrysmes.

55° Les erw/)<ions diverses (eczéma, impétigo) du cuir chevelu, la teigne faveuse, l'alopécie, quand ces affections sont invétérées et incurables, la calvitie comprenant presque toute la surface du crâne.

56° Les tumeurs variées, les ezostoses, les fongus du crâne.

57° Les déformations du crâne (principalement de l'occiput), V ossification incomplète de la voùle du crâne, les pertes de substance des os du crâne, par carie, nécrose, etc.

58° Une vicieuse conformation delà face, ou une grande irrégularité des traits du visage.

59° Les difformités résultant des mutilations, et les exostoses du front qui seraient mi obstacle à l'usage de la coiffure militaire.

40° La prosojmlgie faciale (tic douloureux), et la parahjsie de la septième paire.

41° Les dartres pustuleuses (mentagre, couperose), anciennes et étendues.

42° Le strabisme fonctionnel, compliqué d'amblyopie, le strabisme organique.

45° L'exoplUkalmie trauraalique, pathologique.

44° La buphthalmie.

45° La kératite vasculaire ou panniforme, Uké'atite disséminée, rebelle; les opacités de la cornée occasionnant une diminution de l'acuité de la vision supérieure à un quart, c'est-à-dire qui ne permettent de lire un texte ordinaire ou l'écriture courante qu'avec dithculté ; la cornée conique, la cornée globuleuse ou staphylôme pellucide, le staphylôme opaque.

46° Les exsudais du champ pupillaire, occasionnant une diminution de l'acuité visuelle égale à un quart.

MILITAIRE (hygiène). 759

47" Les opacités du cristallin.

La plupart des affections de l'œil, même celles de la choroïde et de la rétine, se traduisent généralement par des altérations faciles à reconnaître par l'examen ophthalmoscopique. Le médecin ne devra toutefois y recourir qu'après avoir établi déjà son diagnostic par voie d'exclusion et comme pour le confirmer.

48° Le myosis entretenu par des synéchies postérieures et compliqué par des opacités pupillaires. le sijnclûs'is simple ou étincelant, le glaucome.

49° Les choroïcUtes rebelles, occasionnant une diminution de l'acuité visuelle de un quart, le décollement de la rétine, les rétinites, les névro-rctinites, les névrites.

50° La myopie notable et constatée, égale à un quai't. l'hypermétropie de un sixième et au-dessus, l'hypermétropie compliquée de strabisme convergent permanent, l'hypermétropie compliquée d'amblyopie de l'œil droit, \ amblyopie à un quart.

Le myope devra pouvoir lire à une distance très-rapprochée du nez sans verres, ou à Ô5 centimètres avec des verres biconcaves n° 6 ou 7, et distinguer nettement les objets éloignés, ou lire à une distance minimum de 5 mètres de gros caractères d'imprimerie (len° 20 de l'échelle typographique). avec des verres biconcaves n° 4.

51° Les affections de l'orbite (carie, nécrose, exostose, ostéo-sarcome) et les tumeurs intraorbitaires.

52° Les blépharites ciliaires anciennes et rebelles, l'ectropion, Yenlropion, le trichiasis, la blépharoptose, l' ankyloblépharon et le symblépharon très-prononcés ; l'épicanthus, quand il existe à un certain degré de développement ; l'encanthus fongueux et malin, les granulations ie la conjonctive, le xérosis, le ptérygion, Vepithélioma de la conjonctive et des paupières.

53° La daci-yocystite chronique (fistule lacrymale) .

54° Les diverses paralysies des nerfs de l'œil et de ses annexes (la blépharuplégie, etc.), le nyslagmus.

55° La perte ou les difformités du nez, portées au point de gêner manifestement la respiration et la parole, ou seulement l'une de ces fonctions.

56° L'oblitération totale des narines, les polypes incurables des fossesnasales ou dupharvnx, la rhinite chronique et ïozène (punaisie) due à une carie osseuse ou à une affection des fosses nasales, des sinus frontaux ou des sinus maxillaires.

57° L'absence congénitale ou accidentelle du pavillon de l'oreille, l'atrophie ou le développement excessif de la conque, son envahissement par des tumeurs érectiles volumineuses, par des ulcères, par un eczéma chronique et rebelle, son adhérence aux parois du crâne.

58° L'oblitération entière, le rétrécissement considérable et la déviation du conduit auditif externe ; la présence de végétations dans sa cavité, ou de polypes, d'exostoses ou de périostoses déterminant une surdité prononcée.

59° La myringite chronique, ïotorrhée purulente avec perforation de 1^ membrane du tympan, et en général tous les écoulements puriformes, abondants et fétides qui sont entretenus par une carie de quelque portion du rocher ou par la suppuration des cellules mastoïdiennes'.

60° L'obstruction, le rétrécissement ou l'oblitération de la trompe d'Eustache, quand ces affections sont accompagnées d'un affaiblissement notable de l'auilition.

61° La surdité nerveuse, ou la perte absolue (cophose'i, ou la diminution considérable et ancienne (dysécie) de l'ouïe, quand l'infirmité est bien avérée. 62° La surdi-mutité, constatée médicalement, et certifiée par la notoriété publique. 65° La division congénitale des maxillaires supérieurs (gueule de loup), la perforation de la voûte palatine, bien que l'on puisse remédier à cette dernière par l'application d'un obturateur.

64° La proéminence exagérée ou l'atrophie du maxillaire intérieur, les fractures non ou mal consolidées, les pertes de substance de cet os, les exostoses, la carie, la nécrose, les

kystes osseux.

65° la luxation mal réduite de l'articulation temporo-maxillaire, qui apporte une gêne considérable à la mastication, la luxation survenant avec une grande facilité et même volontairement, la constriction ou le resserrement des mâchoires, et l'ankylose.

66° L'hypertrophie de la lèvre supérieure, portée au point de nuire à la netteté de la prononciation ; le bec-de-lièvre (congénital ou accidentel) très-prononcé, les dartres de nature rebelle (mentagre, lupus, etc.), et la dégénérescence cancéreuse des lèvres, Id. paralysie labiale, bien constatée, l'occlusion incomplète ou les déformations de la bouche par suite d'adhérences étendues et vicieuses entre la muqueuse des joues et des gencives.

67° Le décollement des gencives, accompagné de l'ébranlement des dents, l'état fongueux, l'hypertrophie, l'état scorbutique des gencives, la fétidité de l'haleine, provenant d'une stomatite chronique.

68° La perte ou la carie des dents incisives et canines d'une mâchoire, la perte, la carie,

7W MILITAIRE (uvciÈNii).

ou le mauvais état de la plupart ou d'un grand nombre des autres dents, quand ces conditions s'accompagnent de ramollissement, d'ulcération chronique des gencives, et que la constitution est faible et détériorée, et que d'ailleurs les dents existantes sont insuffisantes pour la masticaiion et la prononciation.

69° Le prolapsus, V hypertrophie, la division congénitale de la langue, la perte de substance un peu considérable et les adhérences anormales de cet organe, les tumeurs et ks ulcérations de mauvaise nature.

70° Le bégayenient très-prononcé, \e7nutisme (congénital ou accidentel). 71° Vabsence du voile du palais, ses divisions ou pertes de substance, le prolapsus de la luette avec dégénérescence manifeste.

72° La grenouillette et les fistules salivaires anciennes et incurables. 73° Les ulcères, les cicatrices adhérentes, les brides de nature scrofuleuse, lorsque ces lésions sont étendues, les tumeurs ganglionnaires du cou ayant acquis un certain degré de développement et de chronicité.

74° Le torticolis considérable, tenant à des causes organiques et rebelles à tout traitement. 75° Le goitre très-développé et accompagné de difficulté de la respiration quand on presse légèrement sur la tumeur.

76° La dysphagie dépendante de causes organiques incurables (vices de conformation, spasme, rétrécissement, coarctation de l'œsophage, paralysie des organes de la déglutition), les polypes du pharynx.

77° Le développement anormal ou. déviation prononcée du larynx, avec dyspnée, la laryngite chronique dépendante d'une affection organique incurable ; les fistules, perforations, ulcères, tumeurs, polypes, et les fractures du larynx.

78° L'hypertrophie de la glande mammaire, ainsi que toute difformité et toute tumeur pouvant gêner d'une manière notable le port du sac ou de toute autre partie de l'équipement ou de l'armement.

79° La conformation vicieuse, la proéminence du thorax en forme de carène, Y enfoncement tjès-accusé de la portion inférieure du sternum, avec renversement de l'appendice xiphoïde, soit en dehors, soit en dedans; ïétroitesse extrême des parois sterno-costales, eu égard au minimum légal (l"',54) de la taille, la circonférence thoracique pour les hommes de petite taille doit dépasser la demi-taille; de manière à mesurer au moins 784 millimètres. Quant aux hommes de taille plus élevée, le rapport entre la taille et la circonférence thoracique servira de guide pour le jugement à porter. Un thorax peu développé n'exclut pas du service dans la cavalerie légère, quand le reste du corps est bieu constitué et que les bras sont bien musclés ; les voussures, les tumeurs, les déviations partielles des côtes ou du sternum ; le rétrécissement exagéré d'un des côtés de la poitrine; la mobilité excessive des fausses côtes, les luxations et les fractures mal réduites, les difformités très-prononcées de la clavicule; {'enfoncement des côtes; les fractures des côtes et de leurs cartilages, non consolidées ou consolidées vicieusement ; Y ostéite, Yexostose, la carie, la nécrose et Y ostéosarcôme des côtes, du sternum ou de la clavicule; la résection appliquée à l'un de ces os, quelles qu'en soient les suites.

80° La bronchite, la pleurésie et la pneumonie chroniques, avec gêne notable de la respiration et dépérissement; Vemphysème du poumon, lorsqu'il est notablement développé et quelle que soit sa forme; l'asthme confirmé, quelle qu'en soit la cause immédiate; la^tuberculisation pulmonaire confirmée, quels que soient son siège et le degré de son développement, la réforme doit être proposée pour tout homme phthisique, dès le premier signe certain de tuberculisation ; ï hydrothorax et le pneumothorax, les plaies, les hernies, ainsi que toutes les lésions de la trachée, des bronches, de la plèvre et du poumon, caractérisées par Vaphonie ; 1 aphonie est presque toujours le résultat d'une lésion organique du larynx, facile à diagnostiquer; alors le jugement à prononcer est rendu facile; elle peut aussi, plus rarement, exister sans lésion organique, et dans ce cas on doit se mettre en garde contre la simulation, ou par une altération notable et réelle de la respiration et de la voix.

81» Les déplacements du cœur par suite d'une maladie pulmonaire ou pleurale, les adhérences et Vhydropisie du péricarde, l'hypertrophie et Yatrophie du cœur, les rétrécissements et les insuffisances valvulaires, Vanévrysme du cœur ou de l'aorte, ainsi que toutes les affections chroniques du péricarde, du cœur et des gros vaisseaux caractérisées par des palpitations ou un affaiblissement notable des contractions cardiaques, par des bruits prononcés de soulfle ou de frottement, par le frémissement cataire, ou par une gêne évidente de la circulation ou de la respiration.

8-i° Les cicatrices bridées ou adhérentes des parois abdominales ; les fistules gastriques, intestinales ou biliaires; les tumeurs superficielles ou profondes de l'abdomen; les intumescences du foie et de la rate, tenant à des altérations organiques ; les phlegmons profonds de lafosce iliaque, les abcès syiiiptoiuatiques d'une carie osseuse, les adénites étendues de nature scrofuleuse; les lésions oi^janiques de l'estomac, des intestins, du péritoine, les

tumeurs du mésentère, les vomissements nei^veux persistants avec une altération prononccp de la constitution.

85° Les hernies abdominales, confirmées anciennes ou récentes, faciles ou difficiles à réduire ou à maintenir réduites, quel que soit leur siège, les pointes de hernie même. I ii simple prédisposition aux hernies caractérisées par la dilatation des anneaux ne doit pas déterminer l'exemption du service armé. Pour les hommes incorporés, la hernie inguinal, ne motive la réforme que lorsqu'elle est volumineuse, difficile à réduire ou à maintenii réduite, c'est-à-dire lorsqu'elle constitue un danger pour l'individu et pour le service.

84» Les cicatrices profondes et bridées de l'anus, les abcès symptomatiques de la carij de l'ischion, les fistules anales, les fissures à l'anus, si elles sont [irofondes, de mauvai, caractère, et liées à une maladie chronique interne ; le rétrécissement du rectum résultant d'un engorgement squirrheux ou d'une tumeur née de ses parois ou agissant sur elles ]Kir compression, les hémorrhoides internes ou externes, ulcérées ou non ulcérées, lorsqu'elles sont très-volumineuses ; la chute du rectum, quelle qu'en soit la cause immédiate, la ;»-ocidence de la muqueuse rectale, si elle est très-marquée, Vanus contre nature.

85° L'incontinence et la rétention d'urine avérées, l'hématurie constatée, \ albuminurie, la gravelle et les calculs rénaux, les abcès ou dépôt urineux, les fistules urinaires, la néphrite chronique, quelle que soit sa forme, les calculs vésicaux ou tout autre corps étranger dans la cavité vésicale, la cystite chronique.

86° L'absence ou Vimperforation de l'urètre, i'épispadias et ïhypospadias qui ne permettent pas d'uriner sans se salir, les rétrécissements urétraux et les fistules urétrales, qui ne permettent pas de projeter l'urine à distance, V hypertrophie et l'induration de la prostate.

87° L'hermaphrodisme, quelle qu'en soit la forme, la perte entière ou presque totale des organes génitaux, la cirsocèle très-considérable, douloureuse, et se gonflant par la station debout, quand il n'y a pas de doute sur la gêne qu'elle peut provoquer; l'hydrocèle volumineuse, la perte, Vatrophie ou une altération organique du testicule et du cordon, la spei'Viatorrhée .

L'absence des testicules, chez un sujet qui présente d'ailleurs tous les autres signes de la virilité et qui n'offre aucune trace matérielle de mutilation ou d'opération chirurgicale doit faire supposer que ces organes sont restés dans l'abdomen. Cette absence apparente ne constitue pas un motif d'inaptitude au service militaire. Si les testicules étaient retenus cans l'anneau, il y aurait lieu à proposer sinon l'exemption, du moins le classement dans le service auxiliaire, en raison des douleurs que, ainsi placés, ils provoquent, à cause aussi de la prédisposition qu'ils ont alors à s'atrophier, à produire des hernies. '

88' Les gibbosités ou difformités du rachis, les déviations congénitales, accidentelles ou symptomatiques du mal de Pott, les fractures ou luxations incomplètes des vertèbres cervicales, Varlhropalhie cervicale chronique, l'anfo/Zose rachidienne, la déformation du bassin, le relâchement des symphyses, Varthropathie sacro-iliaque.

89» L'inégalité congénitale des membres, qu'elle existe aux membres supérieurs f i aux membres inférieurs ; l'incurvation, l'allongement ou le raccourcissement du bras; l'état cagneux des jambes, quand cette défectuosité est très-prononcée, et en général toutes les difformités des membres inférieurs résultant du rachitisme.

90° Une perte de substance d'un membre, résultant d'une mutilation ou d'une opération (résection ou amputation).

91° Les déformations résultant de fractures vicieusement consolidées et entravant les mouvements, le relâchement des ligaments d'une articulation, suite d'entorse ou de luxation ancienne, et tel que les mouvements habituels peuvent déterminer une luxation.

92» Les varices, quand on ne peut expliquer leur existence par aucune cause locale ou aucune influence professionnelle, qu'elles sont très-niultipliées, douloureuses, en paquets volumhieux, et exposées par leur siège à s'ulcérer ou à se crever par les efforts; Véléphantiasis des membres, les névralgies (sciatique, rhumatismale), quand elles sont chroniques et ont déterminé une diminution notable dans le volume et la force du membre; l'arthrite goutteuse chronique.

95° Les difformités très-prononcées des mains, les déformations des mains dues à la profession ne constituent pas un mot d'exemption. Le changement d'état suffit pour les amomdrir. Du reste, les sujets qui les présentent peuvent être classés dans les diverees compagnies d'ouvriers militaires; la flexion ou l'extension permanente et l'incurvation des doigts, quand ces lésions sont bien constatées, et que l'usage de la main en est très-gêné.

94° Les membres surnuméraires, à moins que le doigt ou l'orteil surnuméraire n'ait une organisation complète et n'augmente la force du membre, sans nuire à la liberté des mouvements ou à l'application de la chaussure; les doigts ou les orteils palmés; — pour la main: 1° quand la membrane réunit tous les doigts d'une main, lors même qu'elle ne s'étendrait qu'à la première articulation phalangienne ; 2° quand deux doigts sont réunis d'im bout à

'^-^ lUiLllAlKb (IIVGIÈNEJ,

l'autre; — pour les orteils, quand ils sont réunis en une seule masse par la membrane depuis leur insertion jusqu'à leur extrémité.

95° Les mutilations des doigts et des orteils, consistant dans: 1° la perte totale d'une phalange à un pouce ou à un gros orteil ; 2° la perte totale dune phalange à l'indicateur droit, ou de deux phalanges à l'indicateur gauche; 5° la perte totale et simultanée de deux phalanges à deux doigts ; 4° la perte totale et simultanée de deux orteils; 5" la perte totale et simultanée d'une phalange aux trois derniers doigts, ou aux quatre derniers orteils.

96° Les ]neds plats et déviés, qui obligent à marcher sur leur bord interne, les pieds plats sans déformation des os et simplement larges n'excluent pas du service, la déviation considérable ou superposition d'un ou de plusieurs orteils, susceptibles de^donner naissance à des excoriations habituelles; la disposition de l'orteil en marteau, qui oblige à marcher sur l'ongle même, des pieds dont les orteils sont légèrement incurvés et superposés n'excluent pas du service dans la cavalerie ou dans l'artillerie à cheval.

97° La saillie anormale très-prononcée de la tubérosité du premier métatarsien; les hjperostoses ou autres lésions des orteils s'opposant au pôit de la chaussure.

OS" l'ongle incarné, avec complication de fongosité des chairs, — le mal perforant du pied.

99° La bromidrose abondante des mains et surtout des pieds, quand la peau en est ulcérée, ou qu'elle est bien avérée.

100° La difformité du corps entier, résultant d'un défaut d'harmonie ou d'une claudication tenant au plus grand nombre des lésions précédentes, lorsqu'elles existent aux membres intérieurs.

^Nomenclature des maladies, infirmités et difformités qui sont incompatibles avec le service actif ou armé, et gui ne rendent pas impropre au service auxiliaire.

1» L'obésité, quand elle n'est pas trop prononcée ;

2° Une légère incurvation duracliis, ou une gibbositépeu accusée;

5° Une légère claudication ;

4° La calvitie ou l'alopécie;

5° Le strabisme léger de l'œil droit, ou plus prononcé de l'œil gauche, sans diminution notable de la vision;

6° La myopie, qui n'atteint pas le degré qui motive l'exemption, mais assez prononcée pour nécessiter le port des lunettes dans le service (celle de 1/5 à 1/4).

7° La blépJiarite simple, quoique ancienne ;

8° Vepiphora ;

9" Un léger affaiblissement de l'ouïe, avec ou sans perfoi'ation de la membrane du tympan;

10° La surdité d'un seul côté sans catarrhe ;

11° Le bec-de-lièvre peu étendu;

12° La perte ou le jnauvais état d'un grand nombre de dents ;

iô° Le bégayemcnt, quand il n'est pas excessif;

14° Le goitre confirmé, quand il n'apporte pas de gêne dans la respiration ;

15° La hernie inguinale ou crurale peu développée, et facile à maintenir réduite avec un bandage ; à moins qu'elle ne soit très-difficile à réduire ou à maintenir réduite, elle n'est pas un empêchement à un rengagement ;

16° La cirsocèle et la vancocèle, les varices, à moins qu'elles ne soient três-développées ;

17° La faiblesse d'une articulation consécutive à une entorse ou à une luxation ;

18° L'inégalité ou raccourcissement peu prononcé du membre supérieur, ou l'incurvation dans l'articulation du coude, sans gêne dans les mouvements;

19° L'incurvation d'un ou de plusieurs doigts, la flexion permanente, ou Vankylose d'un doigt qui ne s'oppose pas au travail du service spécial auquel le sujet sera employé ;

20° L'incurvation des jambes, à moins qu'elle ne soit très-prononcée;

21° Les mutilations de doigts ou d'orteils par suite d'amputation de phalanges ;

22° Les pieds plats et peu déviés ;

25° L'ongle incarné, compliqué de fongosité des chairs; j

24° Les difformités gênant le port du casque ou du shako et de l'équipement. i,

Nous ne saurions entrer ici dans des détails sur les modes d'exploration et de diagnostic que les médecins devront employer dans chacun des cas particulier , et renvoyons pour ce fait aux traités spéciaux {voy. notre Traité d'hygiène militaire, Paris, 1874, article Recrutement).

YII . Aptitude militaire de la population française. En comparant les comptes

MILITAIRE (hygiène). 7iô

rendus du recrutement publiés chaque année par les soins du ministère de la guerre, il est possible d'arriver à connaître, d'une part, le nombre des individus que la conscription a fait passer sous les drapeaux, de l'autre, le nombre absolu des exemptés pour inlirmités, défaut de taille, etc.. Ce sont là des données qui offrent un réel intérêt; mais l'hygiéniste doit porter son investigation un peu plus loin, et rechercher quelle est, pour 1,000 individus quelconques âgés de viugt à vingt et un ans la proportion de ceux que leur défaut de taille ou leurs infirmités rendent impropres au métier des armes. Ces données, nous les trouvons bien également dans les compte-rendus du recrutement, mais entachés d'une légère erreur. En effet, la proportion pour 1,000 des exemptés pour infirmités ou défaut de taille, y est calculée par rapport au nombre des individus sur le compte desquels le conseil de révision a statué, mais ces individus n'ont pas tous été examinés physiquement ; les individus exemptés du service militaire comme fils de veuve, aînés d'orphelins, fils ou petit-fils de septuagénaire, de père ou de grand-père aveugle, etc., ne subissent point l'épreuve physique; il en est de même des jeunes gens déduits comme liés à l'armée par un engagement, un brevet, l'inscription maritime, les membres de l'instruction publique ou des cultes. Pour établir une proportion rigoureuse, il ne faut porter l'enquête que sur les individus réellement examinés, sur ceux qui ont comparu nus devant le conseil de révision. Ces individus sont: 1° tous ceux qui sont admis, moins les déduits; 2° les exemptés pour infirmités ; 5° les exemptés pour défaut de taille ; pour tous ceux-là, l'examen physique a été réel, effectif, et eux seuls doivent servir de base à la proportion.

On trouvera dans le tablçau XXIV les résultats de ce calcul : la colonne 2 donne le chiffre des admis, la colonne 3 le chiifre des déduits, et la colonne 4 leur différence, soit le nombre des admis qui ont été physiquement visités par le conseil de révision. Eu additionnant alors le chiffre de la colonne A avec celui de la colonne 5 (exemptés pour taille) et celui de la colonne 6 (exemptés pour infirmités), on obtient un nombre porté colonne 7, indiquant la totalité des individus sur l'aptitude physique desquels le conseil a réellement statué. On n'a plus qu'à faire un simple calcul pour obtenir la proportion sur 1,000 des individus de taille insuffisante (colonne 8) ou atteints d'infirmités incompatibles avec le service militaire (colonne 9). Les chiffres que l'on obtient ainsi peuvent être regardés comme donnant la moyenne de l'aptitude physique de tous les inscrits, car il est évident que si l'on avait examiné chaque année toute la classe au lieu de s'arrêter dès que le contingent a été atteint, on aurait trouvé la même proportion d'infirmes, puisque le sort seul a décidé du rang suivant lequel les jeunes gens sont présentés au conseil de révision.

En considérant l'ensemble de ces vingt-cinq années, on peut A-oir que la proportion pour 1,000 d'individus au-dessous de la taille réglementaire de 1",56, suit une progression toujours décroissante, ayant atteint son maximum 108 pour 1,000 pour la classe 1847, son minimum en 1868, 50,6 pour l,00l), elle remonte légèrement pour les classes 1835 et 1836, classes levées pendant les années 1856 et 1857, au lendemain de la Crimée, à une époque où l'on pensait la paix assurée pour longtemps et oîi l'on se montrait peut-être un peu plus rigoureux pour l'admission que dans les années précédentes ; le nombre des individu^ atteints d'infirmités les rendant impropres au service, suit également une marche décroissante, à la progression moins rapide que la précédente et subissant des oscillations beaucoup plus marquées ; le minimum correspondait en effet, aux

MILITAIRE (hygiène).

TABLEAU XXIV. — tableau indiquant l'aptitude physique militaire de la population

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