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crée par le décret du 18 juin 1860, faveur réclamée, comme justice, depuis fort longtemps par le corps de santé; mais cette nssimilalion n'était point effective, puisqu'elle maintenait l'état de choses existant en ce qui concerne les rapports avec l'intendance, puisqu'un principal de 1™ classe, assimilé à colonel, peut se trouver sous les ordres d'un adjoint de 2^ classe à l'intendance, assimilé au capitaine. — Enfin, on s'accorde généralement à trouver que, pour être logique, l'assimilation devrait entraîner certaines modifications dans les honneurs et préséances, et dans l'uniforme ; ces dernières modifications auraient pour but de permettre à chaque soldat de reconnaître la position hiérarchique du médecin.
Néanmoins il serait injuste de ne point reconnaître les avantages considérables apportés par les décrets du 25 avril 1859 et du 18 juin 1860 ; la position nouvelle du médecin dans l'armée est devenue beaucoup plus définie, quoiqu'elle puisse être fort améliorée ; sa situation matérielle ne doit, à nos yeux, faire l'objet d'aucune plainte, puisqu'à ce point de vue il est sur le même pied que les officiers des armes spéciales, anciens élèves de l'École polytechnique. Les modifications qu'il importe d'apporter dans ce corps sont d'une tout autre nature, elles doivent être faites en vue des intérêts du soldat blessé ou malade, et nullement en vue du médecin, lui-même ; telle est du moins notre façon d'apprécier la situation.
Recnitemoit du corps de santé. Malgré les avantages successifs apportés par les diverses organisations dans la situation des membres du corps de santé, son recrutement a toujours été un problème dont la solution embarrasse tous ceux qui s'y sont adonnés. Nous avons indiqué plus haut les difficultés du fonctionnement dans les hôpitaux d'instruction et leur licenciement en 1850. — L'École d'application, créée le 9 août 1850, devait, pensait-on, les remplacer avantageusement; au début, en effet, nous l'avons vu, les ?ous-aides et les élèves licenciés y accoururent, puis ce mouvement tomba bientôt; dès 1855, il fut facile de voir que, par le concours direct établi parmi lesjeunes docteurs en médecine, on n'aurait qu'un recrutement insuffisant à combler les vides produits par les retraites, les décès et les démissions de plus en plus nombreuses.
On doit se préoccuper, en effet, de ces démissions qui, parmi les médecins militaires, sont huit ou dix fois plus fréquentes que dans les autres corps de l'armée. L'explication de ce fait n'est point difficile : il tient, d'une part, à la facilité que les jeunes médecins miUtaires trouvent parfois à prendre la carrière civile, soit que tel ait toujours été leur but et qu'ils ne soient entrés dans l'armée que pour attendre l'âge auquel on peut fructueusement tenter la clientèle, soit que des circonstances imprévues, souvent un mariage, leur fassent désirer d'abandonner la médecine militaire, soit enfin que, membres de familles peu fortunées, ils aient voulu acquérir à peu de frais l'instruction médicale, mais avec l'intention bien arrêtée de ne point faire toute leur carrière dans la médecine militaire. — En s'adressant à des jeunes gens, et en leur offrant les moyens de s'instruire à peu de frais, on en attire, sans doute, mais on s'expose à des démissions nombreuses ; en ne demandant que des docteurs en médecine, ou ne trouve point de candid;>ts, car lorsqu'un jeune homme a pu subvenir aux frais de cinq ou six ans d'études, et qu'il est enfin en possession du-diplôme, qu'il a atteint l'âge de 25 à 26 ans, il accepte difficilement une situation de médecin aide-major de 2^ classe aux appointements de 2,1 50 fr. ou 2,510 avec le logement, et la perspective de n'atteindre la solde de 5,560 fr. et le grade de médecin-major de 2* classe qu'après huit ou quelquefois dix ans de service. 11 n'est aucune sihiation de médecin civil
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qui ne comporte de meilleurs avantages, en y joignant ceux de la stabilité.
Enlin, la situation morale faite aux médecins militaires, l'irresponsabilité perpétuelle dans laquelle on les maintient, le sentiment de leur impuissance à rempbr le rôle qu'ils croient juste et nécessaire, ne laissent pas que d'en décourager un grand nombre et provoquent des démissions et des retraites anticipées. Telle est la cause de cet appauvrissement numérique, toujours croissant, du corps de santé, actuellement parvenu à un degré tel, qu'il importe d'y aviser.
En 1 855, on sentait déjà l'urgence d'une réforme dans le recrutement ; à cette époque, l'administration de la guerre était dirigée par un homme auquel la médecine militaire doit une grande reconnaissance, l'intendant général Darricau, qui, tout en maintenant toutes les prérogatives du corps auquel il appartenait, voulut sérieusement constituer le corps de santé. Il eut le tact d'associer à ses projets M, l'inspecteur Michel Lévy, qui joignait à la plus haute intelligence un talent d'organisation des plus remarquables. A l'initiative de ce maître éminent, à la ferme volonté et à l'esprit de justice de M. Darricau, le corps de santé doit en grande partie les progrès qu'il a accomplis depuis vingt ans ; ce serait un acte de grande ingratitude que de ne point conserver avec reconnaissance le nom de Michel Lévy, comme celui d'un des chefs les plus dévoués qu'ait possédés le corps de santé militaire.
Sur ses conseils, M. Darricau décida le ministre et le gouvernement à créer une Ecole du service de santé militaire, en analogie avec les autres Écoles militaires, avec cette différence cependant que l'instruction théorique et pratique devait être donnée aux élèves par une Faculté de médecine, et que, dans l'intérieur de l'École, ils seraient astreints au travail et dirigés dans leurs études par des répétiteurs spéciaux.— La Faculté de Strasbourg, à laquelle se rattachaient les traditions du corps de santé, et qui' renfermait un personnel enseignant d'un haut mérite, fut choisie pour remplir ce rôle; de plus, Strasbourg avait l'avantage de posséder un grand hôpital militaire. — Les décrets des 28 juillet 1860 et 29 avril 1864 organisèrent l'École de Strasbourg et complétèrent l'École d'application. En 1857, 1858 et 1859, les élèves ne furent point casernes, faute de locaux ; mais, à partir de 4860, le système fonctionna avec une grande régularité d'après les principes suivants :
L'École impériale du service de santé militaire recevait les jeunes gens en possession du diplôme de bachelier es lettres et bachelier es sciences restreint, s'ils étaient candidats en médecine, de bachelier es sciences, s'ils étaient candidats en pharmacie. Admis après concours et classés d'après l'ordre de mérite, ils étaient commissionnés élèves et prenaient leur première inscription, ainsi que les subséquentes, à la Faculté de Strasbourg. Pendant ces quatre années d'études classiques, ils en suivaient les cours publics d'une façon obligatoire, participaient aux conférences privées faites par les professeurs ou les agrégés, et étaient également admis à concourir pour les places d'externe ou d'interne, ainsi que pour les prix annuels.
Une modification capitale fut apportée à leur scolarité, afin de leur permettre d'acquérir le diplôme dans les quatre années d'études. L'examen de fia d'année était remplacé pour eux par un examen subi à la fin du premier semestre, et, au lieu de ne passer leurs examens de doctorat qu'après la seizième inscription, ils étaient admis à subir le troisième examen (sciences accessoires) à la fin de la première année, le premier examen (anatomie et physiologie) après la seconde, le deuxième examen (pathologie et médecine opératoire) après la troisième année.
MILITAIRE (service de santé). 125
Le quatrième, le cinquième examen et, la thèse étaient subis du l*" novembre au 1" janvier de la cinquième année, de telle sorte que les élèves pussent entrer à l'Ecole d'application, docteurs en médecine, après quatre ans et deux mois d(; scolarité universitaire.
Au début, on critiqua vivement ce système et l'on assura que les élèves militaires ne pourraient acquérir en quatre ans l'instruction à laquelle leurs camarades civils consacrent cinq ans au moins et six ans en moyenne, bien plus encore pour ceux qui passent par l'internat des grands hôpitaux. Cette objection eût été fondée si l'École du service de santé n'avait pris à tâche de faire travailler ses élèves, sans leur permettre de gaspiller une heure de leur temps, si elle n'avait trouvé dans la Faculté de médecine le concours le plus dévoué et le plus sympathique.
Placée dès le début sous la direction d'un des plus illustres maîtres de la chirurgie moderne, l'inspecteur Ch. Sédillot, l'école de santé militaire comprenait un personnel de direction, composé de : deux médecins-majors et de dix aidesmajors surveillants, et un personnel d'instruction comprenant : deux répétiteurs d'anatomie, un répétiteur de physiologie, deux répétiteurs de pathologie médicale, deux de pathologie chirurgicale, un répétiteur de chimie et de physique, un répétiteiir de thérapeutique et de médecine légale, un répétiteur d'histoire naturelle, un répétiteur de pharmacie et de matière médicale. {Art. 13 et 17 du décret du 27 avril 1864.) Ce double personnel fonctionnait sous la direction du médecininspecteur et du médecin principal, sous-directeur. — Il était recruté dans des conditions toutes spéciales et bien faites pour exciter l'émulation dans le corps. Les répétiteurs étaient nommés au concours parmi les aides-majors ou médecins majors de 2*^ classe ; les surveillants étaient pris au choix parmi les aides-majors de 1''* classe. Primitivement on choisit pour ce service les aides-majors /attre'a^s, c'est-à-dire ceux qui étaient sortis du Val-de-Gràce avec le n" 1 au concours de sortie, mais on les réserva bientôt exclusivement, pour ce même emploi, à l'école d'application.
Les répétitions consistant en interrogations et conférences, avaient lieu avec la plus grande régularité, chaque répétiteur devant suivre l'ordre des matières traitées dans les cours de la faculté. De plus, les notes acquises dans ces interrogations donnaient lieu au classement de fin d'année, les premiers élèves étant, comme à Saint-Cyr ou à l'école Polytechnique, pourvus des grades de sergentsmajors et sergents, fonctions plus honorifiques qu'effectives. — Un refus à l'examen subi à la fin de l'année entraînait la privation des vacances, un second refus, à la rentrée, entraînait le licenciement.
Les élèves étaient soumis à une discipline rigoureuse, trop rigoureuse peut-être ; ils sortaient de l'école le jeudi à partir de trois heures jusqu'à dix heures du soir, le dimanche de huit heures du matin à dix heures du soir et devaient constamment porter l'uniforme. Dans l'intérieur de l'école, ils étaient divisés par chambre et par études de quatre à dix élèves. Le gouvernement payait tous les frais de scolarité, les élèves devaient solder une pension annuelle de 1 ,000 francs .et, en plus la première année, un trousseau de 1 ,050. 11 est vrai que chaque année un grand nombre de bourses et de demi-bourses étaient accordées avec une libérable, calculée du reste pour attirer les élèves et déterminer les familles à diriger leurs enfants vers cette école. — En revanche, les élèves étaient tenus de souscrire l'engagement à'honneur de servir dix ans dans le corps à partir de leur admission dans le cadre des aides-majors de 2^ classe ; les boursiers
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devaient en plus souscrire un engagement militaire à partir de la concession de la bourse. — Or, comme les trois quarts à peu près des élèves avaient au moins une demi-bourse, ils étaient soldats et, en cas de licenciement, devaient rejoindre leurs régiments.
On n'a pas épargné les critiques à cette école, et la vérité nous force à le dire, les plus acharnées raallieureusement partaient souvent des anciens médecins militaires eux-mêmes. Sans vouloir montrer ici les causes de ces critiques, nous pouvons dire qu'elles tombent d'elles-mêmes. Que devait produire l'école de Strasbourg? des élèves suffisants comme nombre, suffisants surtout comme valeur scientilique, elle les a fournis ; comme nombre, on a toujours eu autant d'élèves que l'on en a voulu, et dans les dernières années le nombre des candidats était triple au moins du nombre des emplois ; en 1870, dernière année de son fonctionnement, l'école renfermait 346 élèves-médecins et 44 pharmaciens — soit une moyenne de 86 par promotion pour les médecins, de 15 pour les pharmaciens (ces derniers n'y passaient que trois ans). C'était plus qu'il n'en fluit pour combler les pertes annuelles du cadre du corps de santé. — Au point de vue de la valeur scientifique, les résultats n'étaient pas moins favorables ; chaque année le refus aux examens amenait le licenciement de deux ou trois élèves par promotion et, grâce à cette sélection successive, elle était épurée en arrivant au Doctorat, aussi ne trouvait-on que bien rarement de relus au cinquième examen. — A la Faculté, les places d'externes, d'internes, d'aides d'analomie, de préparateurs, les prix an- ' nuels étaient enlevés eu grande partie par les élèves-militaires et lorsque les dernières promotions ont du, en 1872 et 1873, subir leurs examens devant la Faculté de Paris, après une interruption d'études de plus d'une année, l'on a pu juger que leurs mérites n'étaient point relatifs, mais au contraire incontestables et absolus.
Du reste, au Val-de-Grâce, les professeurs militaires constataient une élévation de plus en plus marquée dans le niveau scientifique des élèves formés à Strasbourg ; leurs thèses, les travaux qu'ils ont publiés depuis quelques années sont des titres d'une valeur indiscutable, et que personne ne sauvait dénier.
L'école de Strasbourg était, disons-le hautement, une excellente création. Elle coûtait cher, et c'est là le seul reproche qu'on puisse lui adresser; mais pour procurer à ses soldats de bons médecins, l'État ne doit-il pas faire quelques sacrifices, aussi bien qu'il en fait à l'École polytechnique pour avoir des officiers d'artillerie ou du génie, à l'École normale pour avoir des professeurs. — Cette école a été emportée dans la tourmente qui nous a si cruellement frappés; cette perte est un des plus grand malheurs que le corps de santé militaire ait eu à éprouver, car il possédait enfin un recrutement excellent, destiné à donner des résultats de plus en plus l'emarquables.
Lorsque le jeune docteur est en possession de son diplôme, qu'il ait fait ses études librement ou qu'il provienne d'une école de santé militaire, il n'est, en aucune façon, apte à servir activement dans l'armée, société toute spéciale ayant ses lois et son organisation propres, sa pathologie qu'il faut étudier, ses besoins que l'on doit pouvoir apprécier. — Sans doute une pneumonie ou un rhumatisme articulaire se présentent en apparence dans les mêmes conditions cliniques, que le malade soit mihtaire ou civil, mais n'y a-t-il pas une hygiène spéciale à l'homme de guerre, une pathologie générale variable suivant les professions, une chirurgie de guerre, une médecine légale particulière à l'armée ? C'est précisément pour ces raisons qu'il est indispensable d'avoir un corps spécial de médecins
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dansTarmce, or cette spécialité, il est nécessaire de l'acquérir : tel est le but d'une école d'application de médecine militaire.
Au besoin, pourrait-on chercher à doiuier aux étudiants en médecine des notions spéciales sur l'exercice de lu médecine dans l'armée pendant le cours même de leurs études universitaires, mais outre que ces notions ne seraient point utiles à ceux oui ne veulent point y entrer, le champ des connaissances indispensables au médecin est assez vaste pour qu'on ne lui enlève pas une partie de son temps en vue d'études militaires. — Une année employée à ces études particulières paraît le minimum du temps nécessaire pour acquérir cette spécialité; de plus, il convient également d'insister spécialement, pemlant cette période, sur certaines branches des sciences médicales, la médecine opératoire en particulier, dont l'enseignement pratique n'est jamais trop développé.
L'école d'application de la médecine et de la pharmacie militaires, définitivement organisée par décret du 12 juin 1856 et instituée à Paris au Yal-de-Grâce, placée sous la direction d'un inspecteur du service de santé, reçoit les jeunes docteurs nommés Médecins stagiaires par le Ministre de la guerre, soil. qu'ils viennent d'une école du service de santé militaire, soit qu'ils aient été recrutés parmi les élèves des facultés en possession du diplôme. — La scolarité, divisée en deux quadrimestres comprend les enseignements suivants : cliniques médicales et chirurgicales, cliniques ophthalmologiques et clinique des maladies vénériennes et cutanées, cours d'épidémies des armées, d'hygiène et de médecine légale militaires, de blessures de guerre, de médecine opératoire, d'anatoraie des régions, de chimie appliquée à l'hygiène et aux expertises, d'administration militaire et de plus des conlérences pratiques de diagnostic, des exercices de médecine opératoire, de dissections, de déhgation et d'expertise chimique. — Les élèves pharmaciens partagent avec les médecins les cours de chimie et d'hygiène et de plus suivent un cours de Pharmacie militaire et des exercices pratiques de chimie et de pharmacologie.
Le personnel chargé d'un aussi vaste enseignement, ne comprend que sept professeurs titulaires des sept chaires et sept professeurs-agrégés, chargés de les suppléer en cas de besoin et d'assurer le service des conférences et des exercices pratiques. Le professeur du grade le plus élevé remplit les fonctions de sous-directeur. — Un sous-intendant militaire, professeur d'administration à l'école d'application d'état-major, est chargé, au Val-de-Gràce, du cours d'administration. Le personnel de surveillance comprend quatre aides-majors médecins et un pharmacien.
Les cours font l'objet d'un programme méthodique, rédigé par le Conseil des professeurs et approuvé par le Ministre de la guerre, ils doivent le suivre de point en point ; mais, à différentes époques déjà, il a été modifié et mis chaque fois au courant des progrès les plus récents des sciences médicales;
Les médecins stagiaires subissent, tous les deux mois, un examen donnant lieu à un classement et, à la fin de l'année, prennent part à l'examen de sortie devant .un jury spécial présidé par deux médecins-inspecteurs et composé, dans chaque section (médecine ou chirurgie), de deux médecins militaires étrangers à l'école et du professeur de la spécialité sur laquelle le stagiaire est interrogé. Le classement de ce dernier examen sert à établir la liste d'admission au grade d'aide major de 2" classe, mais un certain nombre de points est nécessaire pour atteindre l'adniissibilité ; les stagiaires pharmaciens subissent des épreuves analogues à celles des médecins.
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Les élèves sont soumis à la discipliae militaire, ils portent l'uniforme et reçoivent une solde (voir plus haut les tarifs), mais il ne fout point partie des cadres de l'armée et à proprement parler n'ont point de grade réel.
Les professeurs sont nommés parmi les professeurs agrégés anciens ou en exercice, sur une double liste de présentation fournie par le Conseil de santé et par l'école ; la durée de leurs fonctions n'est pas déterminée ; les professeurs agrégés sont nommés au concours parmi les médecins-majors des deux classes et les aides-majors de 1« classe ; la durée de leur exercice est de quatre années. — Les surveillants sont généralement pris, suivant leur ancienneté respective, parmi les aides-majors ayant obtenu le numéro un au concours de sortie de l'école.
L'école d'application fonctionne à côté de l'hôpital du Yal-de-Grâce, mais elle ne se confond [joint avec lui, le directeur ne relevant que du Ministre de la guerre. Le personnel de l'école, professeurs ou stagiaires, assure le service hospitalier et, pour ce service, est placé sous le contrôle de l'intendance ; pour le service d'enseignement, il ne dé|)end absolument que du directeur.
Nous serions mal venus de présenter sous des couleurs trop avantageuses l'école à laquelle nous avons l'honneiu- d'appartenir comme membre du personnel enseignant, après y avoir reçu jadis l'instruction comme stagiaire, mais elle est assez connue du monde scientifique pour ne point avoir besoin d'èti'e à nouveau défendue. En dehors des services qu'elle a rendus en formant environ une vingtaine de promotions de médecins, en versant ainsi dans l'armée près de huit cents praticiens dont beaucoup ont acquis une juste considération, même en dehors de l'armée, elle a fourni par ses professeurs des membres à l'Institut, à l'Académie de médecine, à la plupart des sociétés savantes ; elle a été le point de départ de travaux qui sont devenus classiques ; enfin quatorze professeurs ou professeurs agrégés du Yal-de-Grâce s'honorent d'appartenir à la rédaction de ce présent Dictionnaire.
L'école du service de santé militaire et l'école d'application formaient un tout homogène et fonctionnant dans un même esprit ; malheureusement la guerre est venue briser cette organisation et remettre en question le recrutement du corps de santé. Les élèves avaient été presque tous employés pendant la guerre dans les ambulances de l'armée; seuls, les plus jeunes avaient été réunis à Montpellier, où l'on avait provisoirement transféré une partie du personnel de Strasbourg ; leurs camarades vinrent les y rejoindre après la conclusion de la paix, et dès le mois de juillet 1871, le Val-de-Grâce ouvrait ses cours à la promotion qui, en temps normal, eût du y rentrer au 1^'' janvier; depuis, les différentes promotions s'y sont succédé, et actuellement (décembre 1875) la dernière promotion d'élèves de Strasbourg va commencer son stage.
En 1871 et 1872, on ne recruta point de nouveaux élèves, mais on s'occupa à la fin d'assurer un recrutement ; fort malheureusement, des considérations budgétaires ne permirent point de reconstituer l'école de Strasbourg dans une autre ville, à Lyon ou à Montpellier, par exemple, comme beaucoup l'auraient désiré. L'école de Strasbourg représentait par son mobilier, ses bibliothèques, ses . instruments un matériel considérable que la convention de Genève ne neutralisait malheureusement pas ; il était donc demeuré aux mains de l'ennemi ; on recula devant la dépense d'une nouvelle installation, quoique certaines villes, Lyon en particulier, semblent avoir fait au gouvernement des offres assez avantageuses, dans l'espoir de posséder une faculté et une école de médecine militaire.
Le ministre de la guerre adopta et lit transformer en décret présidentiel, le.
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5 octobi-e 1872, un nouveau mode de recrutement, qui a été appliqué pour la première fois à la fin de la présente année 1873.
Les jeunes gens pourvus des diplômes de bachelier es lettres et es sciences restreint sont admis à concourir chaque année pour des emplois d'élèves du service de santé, et de même les étudiants en médecine pourvus de quatre, huit ou douze inscriptions. Pour les candidats pharmaciens, le diplôme de bachelier es sciences est seul exigible. Pendant les trois premières années de scolarité universitaire, c'est-à-'dire jusqu'à la douzième inscription, ces jeunes gens sont répartis à leur choix dans l'une des douze villes ci-après désignées, possédant une faculté ou une école secondaire, et en plus un hôpital militaire : Paris, Montpellier, Nancy, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Rennes, Lille, Besançon, Grenoble et Alger. Attachés à l'hôpital militaire, sous les ordres et sous la surveillance du médecin en chef, ils concourent à l'exécution du service médical et pharmaceutique; en même temps, ils suivent les cours' et travaux pratiques de la faculté ou de l'école secondaire, ou ceux de l'école de pharmacie, et subissent les divers examens aux époques et dans la forme déterminées par la législation. Ces élèves ne portent pas l'uniforme et ne reçoivent aucune solde, mais ceux d'entre eux qui auraient été boursiers au Prytanée militaire de la Flèche peuvent obtenir une subvention mensuelle. Tous les élèves doivent, du reste, souscrire un engagement d'honneur de servir dans le corps de santé militaire pendant dix ans, à dater de leur nomination au grade d'aide-major. A partir de leur admission à l'emploi d'élève du service de santé mihtaire, les frais d'inscriptions, d'exercices pratiques et d'examens sont payés par l'administration de la guerre. Un autre avantage très-réel consiste dans la dispense de fijire, dans un régiment, le temps de service mihtaire exigé par la loi du 27 juillet 1872 , les élèves militaires étant considérés comme en congé de leur corps, où ils devraient naturellement retourner en cas de licenciement. Le licenciement est prononcé d'office dans le cas d'un double échec à un même examen.
En entrant en quatrième année, c'est-à-dire an moment de prendre la treizième inscription, les élèves militaires passent à l'école du Yal-de-Gràce, mais pour continuer leurs études à la Faculté de médecine de Paris, dont ils suivent les cours et les cliniques. A l'intérieur du Val-de-Gràce, ils reçoivent, dit le décret du 5 octobre 1872, l'enseignement pratique et complémentaire des matières sur lesquelles portent les examens du doctorat et ceux de pharmacien de première classe. A partir de leur entrée à l'école du Val-de-Grâce, ils portent l'uniforme et reçoivent une solde de 2,560 francs par an.
Entre la douzième et la seizième inscription, soit pendant le cours de la quatrième année, ils doivent subir les deux premiers examens de doctorat dans l'ordre déterminé par le règlement du 28 juillet 1860 (le troisième et le premier des élèves civils), et à partir de la seizième inscription, c'est-à-dire depuis le mois d'août jusqu'au mois de mai suivant, les trois autres examens et la thèse. A ce moment seulement, commence le stage à l'école d'application, qui se prolonge jusqu'à la fin de l'année. A partir de leur réception au doctorat, les élèves sont commissionnés médecins stagiaires et touchent la solde de cet emploi.
En toute justice, on ne saurait critiquer une organisation qui en est encore à son début; mais a priori, il est facile de voir qu'elle peut donner de bons résultats, comme elle peut en donner de moins brillants ; l'avenir dépend absolument de la manière dont seront employées les trois années de liberté à peu près absolue, passées en province. A ce point de vue malheureusement, les élèves ne nous
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semblent pas suffisamml assistés; pour arriver à subir, entre la douzième et la seiziiJmc inscription, deux examens de doctorat, puis coup sur coup les trois autres, il faut évidemment employer activement ces trois années et ne point perdre une minute, utiliser surtout les ressources hospitalières qu'offrent les grandes écoles secondaires, pour s'adonner spécialement à l'anafomie et aux services cliniques, de manière à arriver à Paris, parfaitement en état de passer sans coup férir les deux premiers examens. Sans aucun doute, les professeurs des facultés provinciales et des écoles secondaires activeront de tout leur pouvoir les travaux de ces jeunes gens, comme le faisaient avec tant de science et de dévouement les excellents professeurs de la faculté de Strasbourg. Il semblerait indispensable néanmoins d'attacher à chacun des hôpitaux militaires, destinés à recevoir des élèves, un certain nombre de médecins militaires, choisis parmi les plus capables et les plus zélés, recrutés au concours et spécialement chargés de la direction des études, prenant à cœur de maintenir les élèves dans la voie du travail, de les •guider, de les seconder, de leur faire subir des interrogations régulières.
Le nouveau système impose une double tâche au Val-dc-Gràce ; il doit actuellement fonctionner comme école du service de santé, pour les élèves de quatrième année, comme école d'application pour les médecins stagiaires ; c'est là une surcharge qui semble nécessiter une augmentation notable du personnel, et même certains aménagements matériels indispensables. Nous espérons que des mesures seront prises dans ce sens ; si l'on veut faire réussir un système, encore faut-il faire tout ce qui est possible pour atteindre le but. Enfin, ce n'est pas tout que de fournir annuellement un certain nombre de docteurs, encore faut-il qu'ils soient réellement instruits, car en lui-même, le diplôme n'a qu'une valeur relative.
Plusieurs professeurs des facultés de province ont insisté sur l'inconvénient que présente le départ des élèves pour Paris après la troisième année ; on tend ainsi à transformer les facultés de province en écoles de préparation pour la Faculté de Paris; on enlève aux professeurs, pour les disperser dans le grand océan de Paris, les élèves au'ils ont formés pendant trois années, qu'ils suivaient pas à pas dans leurs études, s'intéressant à leurs travaux, à leurs succès, toutes choses qui sont possibles en province, en raison du petit nombre d'étudiants. Ces observations nous semblent avoir un grand fonds de vérité, mais puisqu'il n'a point été possible de reconstituer une école du service de santé ou qu'on ne l'a point voulu, il convient d'attendre le résultat que donnera le nouveau système, et comme nombre, et surtout comme valeur scientifique des élèves.
Au point de vue des avantages que présente aux jeunes gens le nouveau mode de recrutement, on peut faire remarquer que si, pendant les trois premières années, les élèves militaires ne reçoivent point de solde, ils sont, dès la qua^ trième, mis en poasession d'appointements suffisants pour vivre, égaux à ceux des officiers sortant des écoles du gouvernement. Ce sont là de sérieux avantages, ils donneront peut-être le nombre; seront-ils suffisants pour donner au corps de santé les excellents élèves sortant de la Faculté et de l'Ecole du service de santé de Strasbourg? Nous voulons l'espérer.
4. FojSCTIOKNEMEKT DU CORPS DE SANTÉ MILITAIRE. SouS Ce titre UOUS dé-
sirons exposer le fonctionnement du corps de santé dans l'armée, sous l'empire des lois et règlements actuellement en vigueur, en montrant les parties faibles comme les parties avantageuses de cet état de choses.
Les médecins militaires doivent leurs soins aux hommes de guerre dans? toutes
MILITAIRE (service de santiî), 151
les positions du service, soit en paix, soit en campagne. Ces soins comprennent : \° la prévention des maladies, c'est-à-dire l'application des règles de l'hygiène militaire; 2" la curation des maladies ou blessures lorsqu'elles se sont produites, c'est-à-dire l'application des sciences pathologiques et thérapeutiques envisagées dans leur sens le plus général ; 5° l'exercice de la médecine légale militaire ; cette dernière catégorie constitue ce que l'on pourrait nommer lamédecineadministrative.
Pour apprécier les services que peuvent rendre aux soldats les médecins militaires, il paraît donc logique de suivre l'ordre naturel, en envisageant d'abord le service régimentaire puis le service hospitalier, la période de paix, puis la période de guerre.
A. Service en temps de paix. Régiments. En vertu du décret du 23 avril 1859, les régiments à trois bataillons doivent posséder un médecin-major de 1''^ classe, un major de 2*^ et un aide-major de l''^ classe. Cette règle s'applique également aux régiments du génie, à ceux d'artillerie et du train. Les régiments de cavalerie et les bataillons formant corps n'ont qu'un médecin-major de S'' classe et un aide-major.
Le médecin-major d'un corps de troupes est chargé de la visite quotidienne des hommes malades, visite qui doit être pratiquée le matin avant l'heure du rapport [art. 56 ln(. et 70 Caval. de l' ordonnance dul novembre 1835 sur le service iiitérieiir) . A cette visite, il exempte de service les hommes qui lui paraissent avoir besoin de repos, les dirige, s'il y a heu, sur l'hôpital ou les l'ait entrer à l'infirmerie régimentaire. Dans sa visite quotidienne à la caserne, doit observer tout ce qui intéresse la salubrité des locaux et rendre compte de ses observations au lieutenant-colonel, en lui proposant les mesures d'hygiène qu'il croit utiles; il doit, eu particulier, visiter fréquemment les prisons, demander la sortie des militaires qui ne pourraient y demeurer sans danger pour leur santé, alors même que leur état ne réclamerait pas l'entrée à l'hôpital. Il doit, de même, passer fréquemment dans les cuisines, examiner la propreté des ustensiles et la nature des aliments {même article) .
Le règlement donne, on le voit, toute autorité au médecin-major pour intervenir officiellement dans l'hygiène des hommes de troupes, à titre de conseiller, bien entendu, mais de conseiller qui ne doit pas craindre l'initiative.
U accompagne, ou fait accompagner par un des médecins, le régiment lors des exercices, surtout des exercices à feu, évolutions, manœuvres, etc. {art. 76 Caval. et 62 hif.). Pour ce service, if doit être muni des premiers moyens de pansements qui sont contenus dans un sac spécial, désigné sous le nom de sac d'ambulance dans l'infanterie, dans des sacoches d'ambidance pour la cavalerie. Chaque bataillon possède un sac de cette nature ; dans la cavalerie il doit exister une paire de sacoches par deux escadrons. Le modèle de ces appareils est adopté par le conseil de santé des armées ;
Le médecin-major doit procéder à la visite rigoureuse des soldats nouvellement incorporés, et consigner les résultats de cet examen sur le registre médical d'incorporation destiné à conserver note de tout ce qui peut intéresser la santé de chacun des soldats du régiment. Il doit, de même, procéder à la visite de tous les hommes partant en permission ou en congé, constater sur leur titre de permission qu'ils ne sont atteints d'aucune affection contagieuse, syphilitique ou autre. Tous les mois, il est tenu de procéder également à une visite individuelle de tous les caporaux et soldats pour recwftiMkître les maladies vénériennes ou cutanées [art. 75 Caval. et 61 Inf.).
152 MILITAIRE (siir.vicE de saktiî).
Le médecin-major propose les bains quand il le juge convenable et y accompagne la troupe avec ses aides (art. 74 Caval. et GO Inf.).
Pour tous ces services il peut, avec l'autorisation du lieutenant-colonel, se faire suppléer par un de ses aides ; il doit en outre ses soins gratuits à tous les individus du régiment.
Aux inspections trimestrielles et à l'inspection générale, il a Tinitiative des propositions pour la réforme, la retraite ou les congés de convalescence en faveur des bommes que leur état de santé rend définitivement ou temporairement impropres au service [art. 75 Caval. et 61 Inf.). Il doit encore, quoique cela ne soit pas spécifié dans le règlement, faire établir les certificats cVorigine pour tous les hommes blessés ou devenus malades par suite d'un service spécial ; ce certificat est mdispensable pour ouvrir à l'intéressé le droit à une pension de retraite ou à une gratification renouvelable (voy. Militaire [bygiène]); en fait, il doit être établi par les soins de la compagnie ou de l'escadron, et le médeciu n'intervient que pour affirmer « que les blessures ou infirmités qu'il constate chez le militaire sont réelles et lui paraissent provenir des causes sus-énoucées ; » mais en général, si le médecin ne prend soin de fiiire établir ce certificat, rarement d'autres y pensent, et plus tard ce sont des difficultés insurmontables pour l'obtenir.
Deux fois par semaine, le médecin-major doit se rendre aux hôpitaux afin de visiter les hommes de son corps qui s'y trouvent, et rendre compte de ses observations au lieutenant-colonel {arl. 75 Caval. et 59 Inf.). Il doit enfin procéder à la vaccination ou revaccination de tous les bommes admis au corps et consigner le résultat de cette opération sur un registre spécial, puis sur les états adressés trimestriellement au conseil de santé [art. 75 Caval. et 61 Inf.).
Dans chaque caserne existe une série de locaux destinés spécialement au fonctionnement du service de santé; ces locaux portent le nom d^ Infirmerie régi mentaire, tandis que les locaux destinés, dans la cavalerie, aux chevaux malades, portent le nom d' Infinnerie vétérinaire. Les infirmeries régimentaires ne sont point de création récente dans l'armée, car elles furent instituées dans les corps de troupes avant la création des hôpitaux mihtaires; sous Henri IV, les chefs de corps touchaient une allocation spéciale pour faire soigner les militaires atteints de maladie. Jusque sous Louis XIV, ces infirmeries constituèrent de véritables hôpitaux régimentaires, puis lorsque Louvois créa des bôpitaux dans les principales garnisons, les infirmeries ne durent plus servir que de séjour aux hommes légèrement indisposés. De 4790 à 1792, elles reprirent leur rôle d'hôpitaux, pour le quitter de nouveau à la réorganisation des grands hôpitaux rendus indispensables par la guerre.
Pendant plusieurs années, les infirmeries fonctionnèrent d'une façon un peu irrigulière, comme beaucoup de services dans les armées de la République et de l'empire, et elles ne r-eçurent une assiette définitive que sous le ministère du maréchal Soult, qui en était fort partisan. Une commission nommée par l'éminent maréchal émit, le 4 octobre 1838, un rapport concluant à la nécessité d'une organisation sérieuse; la circulaire du 28 janvier 1859 vint réglementer cette branche importante du service sanitaire aux armées.
Dans l'opinion de la commission, les infirmeries régimentaires avaient le triple avantage de pourvoir à la conservation de la santé des hommes, en ménageant les intérêts du Trésor et en favorisant le maintien de la disciphne. En effet, sans infirmerie, le militaire, rendu pour quelques jours indisponible, doit ou bien
MILITAIRE (service de santé). 155
être maintenu dans la chambre qu'il occupe habituellement avec ses camarades, et dans ce cas il échappe presque à toute surveillance médicale, il ne peut rece- ■\'oir les quelques soins dont il a besoin, ne goûte pas un repos suffisant, ou bien il doit être envoyé à rhôpital et obérer, par conséquent, la budget de journées d'hôpitaux inutiles s'il ne s'agit que d'une indisposition passagère. La circulaire du 26 janvier 1839 est rédigée d'après ces principes et prescrit de conserver dans les infirmeries tous les hommes dont l'état ne présente aucune gravité, nécessite peu de soins et exige cependant un traitement médical. La nomenclature suivante fixe la catégorie des maladies susceptibles d'être traitées dans les infirmeries régimentaires ; il ne convient pas cependant de la considérer comme une prescription absolue, invariable. Une foule de circonstances peuvent amener le médecin à s'en écarter, soit en conservant des hommes atteints de maladies qui n'y figurent pas, soit en envoyant à l'hôpital des militaires porteurs d'affections même très-légères, lorsque les moyens matériels lui manquent pour les bien traiter.
fsomenclature des maladies susceptibles d'être traitées dans les infirmeries régimentaires [Circulaire du ZQ octobre 1851 et du 9 mars 1860).
1" h'oplitlialmie sans fièvre et sans gravité. — 2° L'Otite, Votorrhée sans fièvre. — 3° la bronchite, sans fièvre, — 4° Les (jengivites et stomatites. — 5° Le prolapsus accidentel ou habituelle de la luette. — 6° 'L'amygdalite, sans fièvre. — 7° Les aphthes, les ulcérations de la membrane buccale, sans fièvre. — 8° L'odontalgie, causée ou non par la carie des dents.
— 9° Les fluxions des joues. — 10" Les hémorriwides récentes et simples. — 11° La Diarrhée simple, dont la durée n'excède pas quatre ou cinq jours. — La balanite. — 15° L'urethriia aiguë et subùiguë sans complication de rétrécissement. — 14° Voreillon idiopathigue (pa,rolidite). — 15° Toutes les ganglionites simples qui ne réclament qu'un traitement local. — 16° Les entorses sans complication. — 17° Les luxations de l'articulation scapulo-huméralc .
— 18° Le lumbago sans fièvre. — 19° Le furoncle. — 20° Le phlegmon peu étendu et sans lièvre. — 21° Les abcès superficiels. — 22° Toutes les inflammations superficielles de ta peau, sans fièvre. — 23° L'Enjthème. — 24° L'Erysipèle simple, par cause externe et sans lièvre. — 25° Les dartres récentes simples, causées par la malpropreté, l'insolation. — 26° Les éruptions anormales furonculeuses, psoriforraes — 27° La gale, à moins qu'elle ne soit invétérée. — 28° Les engelures. — 29° Les plaies simples et superficielles produites par des instruments tranchants ou contondants, sans lésion de vaisseaux ou d'organes importants. — 50"" La syphilis.
D'après le règlement du 50 juin 1856 sur le casernement, les infirmeries régimentaires doivent comprendre: l*' une salle pour les visites, la pharmacie, la tisannerie et le dépôt du linge à pansement; au besoin, cette salle sert en même temps de chambre au caporal ou au sous-officier d'infirmerie; 2" une pièce pour le caporal ou le sous-officier d'infirmerie ; 3" un cabinet de bain à deux baignoires, l'une pour les galeux, l'autre pour les autres malades ; ¥ une salle de blessés et de vénériens, une salle de galeux; 5° une salle de convalescents; C° deux cabinets d'aisances dont un exclusivement consacré aux galeux. Le règlement alloue, comme dans les chambres de casernes, un cubage de 12 mètres par homme; ces fixations ne semblent pas suffisantes pour les hommes bien portants [voy. article Caserne de ce Dictionnaire) a fortiori, ne le sont-elles pas pour des hommes indisposés. Il convient donc, dans les casernes de nouvelle construction, d'assurer un cubage beaucoup plus considérable, atteignant au minimum 20 mètres par homme, et surtout d'établir une ventilation abondante, . assurant un renouvellement d'air de 50 à 40 mètres cubes au moins par heure et par homme, quantités regardées comme indispensables par les hygiénistes et, en particuher, par le général Morin [Traité pratique du chauffage et de la ventilation, Paris, 1872, chapitre Caseune). Nous n'avons pas à insister ici sur le
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meilleur système de ventilation et de chauffage qu'il conviendrait d'adopter {voy. les articles Caserne, Chauffage, Ventilation) ; mais on peut dire que, dans l'état actuel de la science, les cheminées Acntilatrices d'une part, système Douglas-Galton ou autre, les cheminées d'évacuation de l'air oii le courant s'établit par réchauffement artificiel de la colonne atmos[)hériqae qui s'y trouve (bec de gaz ou autre système) semblent devoir être adoptées pour les infirmeries de casernes {voy. Morache, Traité d'hygiène militaire, chapitre Casernes, Paris, 1874).
En fait, celles-ci ne sont pas, il est vrai, destinées à contenir des hommes gravement malades, et si elles sont suffisamment vastes, si leur situation dans l'assiette des locaux a été judicieusement choisie, elles peuvent suffire à remplie leur destination. Malheureusement, dans beaucoup de casernes, les infirmeries sont quelquefois fort mal placées, soit dans un rez-de-chaussée plus ou moins humide, soit au second étage, souvent au voisinage des écuries ou des fosses à fumier. Cette situation déplorable, imposée par les défectuosités des casernements vieux et mal compris, doit naturellement engager le médecin à ne point conserver à l'infirmerie des hommes, même légèrement malades. Au contraire si, comme dans quelques autres casernes, l'infirmerie est heureusement disposée, si l'aération est bonne, si les chambres sont réparties dans les deux étages, les bains au rez-de-chaussée, les salles au premier, on conçoit que le médecin soit incité à y conserver les hommes, lorsque leur état n'offre point du reste une indication absolue d'envoi à l'hôpital, surtout lorsqu'il s'agit d'un hospice civil assez médiocre à tous les points de vue, comme il n'en existe encore que trop.
Les infirmeries régimentaires possèdent un matériel d'exploitation comprenant; 1® les effets et objets de couchage semblables à ceux qui sont fournis aux hommes dans les chambrées (voy. l'article Caserne), et aussi des demi- fournitures, c'està-dire des literies ordinaires, moins le matelas, destinées fort injustement aux vénériens ou galeux ; 2° des ustensiles et objets nécessaires à l'exploitation, baignoires en zinc et en bois, bains de siège, bains de pied, pots et gobelets à tisane en fer-blanc, bassines à cataplasme en cuivre, tous objets fournis parle service des hôpitaux ; les autres objets tels que cruches, seringues, cuvierset autres menus ustensiles sont achetés directement parles corps.
Les instruments de chirurgie nécessaires au service régimentaire sont contenus dans le sac d' ambulance ou les sacoches dont nous avons dcjà parlé. Le sac renferme les objets suivants, répartis soit dans le sac lui-même, soit dans un rouleau en fer-blanc, recouvert d'un étui en toile imperméable et maintenu sur le haut du sac.
Sac d'ambulance (infanterie).
Dans le rouleau. — Une trousse contenant les instruments ci-après : 1 tourniquet ou compresseur d'artère à ardillon et 2 pelotes (modèle Charrière), ligatures, soie et fxl ; — 1 sonde œsophagienne, entonnoirs en gomme, double tissu ; — 2 sondes élastiques pour la vessie, avec leurs mandrins ; 1 scie moyenne à arbre (modèle Charrière) avec deux lames dont une étroite ; 1 pince à artères, à coulant, disposée pour rester à demetii'e à volonté ; 1 forte pince tireballe, disposée pour exti^aire les esquilles d'os et pouvant servir pour polypes, pansements, etc.; — 1 couteau inter-osseuxde 12 centimètres dans sa gaine ; — 1 couteau d'amputation à un tranchant, lame de 12 centimètres de longueur dans sa gaîne ; 2 bistouris droits, dont un plus étroit, grandeur ordinaire, châsse en corne noire ; 1 baleine avec éponge servant aussi de mandrin pour la sonde œsophagienne; — 2 aiguilles à sutures, trempées.
Bans h havre-sac : — (Linge à pansements et objets divers.) Compartiment supérieur; — 0'',500 de charpie de toile ; 5 petites feuilles de coton cardé de 23 centimètres de large sur 20 centimètres de longueur (pour servir de charpie); — 2 attelles moyennes.
MILITAIRE (service de santk). !55
Compartiment inlermcdiaire. — Case dro'Ue: 11 bandes roulées en tissu de cotou (différentes largeurs); — 5 bandes roulées en toile (différentes largeurs) ; — 1 pièce de ruban (de 8 centimètres 8 millimètres de large).
Case gauche. — 3 serre- tête en tissu de coton ; — 14 compresses en tissu de coton de différentes grandeurs ; — 7 compresses en toile de différentes grandeurs ; — 1 bandage de corps en toile.
Tiroir ou compartiment inférieur. — Cases de droite: — 1 flacon bouché à l'émei'i, contenant 60 grammes d'étlier sulfurique alcoolisé; — 1 flacon bouché au liège contenant 50 grammes de laudanum de Sydenham ; un Ilacon bouché à l'émeri, contenant 60 grammes de chloroforme. [Décision du 15 avril 1848.)
Case de gauche. — 1 flacon bouché au liège contenant 60 grammes d'alcool camphré ;
— I flacon bouché au liège contenant 6U grammes d'huile d'olive.
Milieu. — 1 gobelet en fer-blanc ; — 1 ventouse ; — 1 éponge ; -^ 1 vase carré en ferblanc destiné à servir de cuvette ; — 1 flacon bouché à l'émeri, contenant 50 grammes d'ammoniaque liquide ; — 1 tire-bouchon ; — 1 rouleau de sparadrap à l'ichthyocolle ; — 1/2 cent d'épingles; — 1 morceau de cire ; — 1 bougie lilée ; — 1 crayon ; — 10 aiguilles à coudre ; — 1 paquet de 2 grammes d'émétique (par paquets de 1 dècigramme); — 1 paquet de 4 grammes de sulfate de quinine (par paquets de 2 décigrammes) : — 1 briquet à frottement ; — 1 rouleau de sparadrap ; — 1 morceau d'agaric de chêne ; — 1 peloton de (il gris ;
— 1 paquet de bouchons de rechange pour les flacons.
Les sacoches d'ambulance pour les régiments de cavalerie sont en cuir noir, d'un modèle disposé pour être suspendu de chaque côté de la selle du cavalier porte-sacocbes. Les objets qui s'y trouvent contenus sont les suivants :
Sacoches d'ambulance [cavalerie, artillerie,.
Sacoche de droite. — Une trousse semblable à celle de l'infanterie et un coffret renfermant : 2 attelles moyennes; — 1 flacon bouché contenant 22 grammes de teinture d'opium ;
— 1 flacon bouché à l'émeri contenant 18 grammes d'amnaoniaque ; — 1 flacon bouché à l'émeri contenant 50 grammes d'huile d'olive ; — 1 flacon bouché à l'émeri contenant 35 grammes d'éther sulfurique ; — 1 flacon bouché au liège contenant 60 grammes d'alcool camphré ; — 1 paquet de 2 grammes d'émétique (par paquets de 1 dccigramme) ; 1 morceau de cire, — 1 paquet de bouchons de rechange ; — 1 tire-bouchon : — 1 briquet i frottement; 1 peloton de ht gris ; 1 ventouse. — 1 éponge ; — 50 épingles ; — 1 morceau d'agaric de chêne; — 1 rouleau de sparadrap; — 1 bougie filée ; — 1 timbale en étain; — 6 feuilles de taffetas d'Angleterre (sparadrap à l'ichthyocolle) ; — 10 aiguilles a coudre.
Sacoche de gauche. — Un cofiret renfermant : 5 petites feuilles de coton cardé, de 23 centimètres de 1 irgeur sur 20 centimètres de longueur (pour servir de charpie) ; — 250 grammes de charpie de toile ; 14 compresses en tissu de coton ; — 7 compresses en toile ; — 1 bandage de corps en toile ; — 11 bandes roulées en tissu de coton (différentes largeurs) ; — 5 bandes roulées en toile (différentes largeurs) ; — 3 seri-e-téte en tissu de coton (différentes grandeurs) ; — 1 cuvette en fer-blanc ; — 1 pièce de ruban de 111 (2 centimètres 8 millimètres de large) ; — 1 portefeuille ; 1 plume; — 1 crayon.
L'infirmerie régimentaire est pourvue d'une pharmacie relativement assez complète, de linge à pansement, bandages, bandages herniaires, enfln des nombreux ustensiles nécessaires à l'exploitation d'un service hospitalier rudimentaire. La nomenclature des substances ou objets que les médecins-mujors sont autorisés à demander à la pharmacie centrale de Paris ou de Marseille, ou aux pharmacies des hôpitaux militaires, chargées, par décision du 51 octobre 18'J6, de fournir les infirmeries régimentaires et vétéx'inaires, a naturellement varié, en s'augmentant successivement de quelques médicaments nouveaux. Elle comprend actuellement les substances indiquées ci-dessous, avec la fixation de la quantité approximative nécessaire pour trois mois dans un corps de troupe. Ces fixations constituent le maximum des quantités à demander.
Approvisionnement tbimestriel des infirmeries bégiment aires (d'après la nomenclature portée au Formulaire des hôpitaux militaires. 1870).
Médicaments. — Racine de chiendent 4 kil. ; — de guimauve 1 kil. ; — de réglisse 10 kil. ~ de Salsepareille 2 kil. ; — Bois de gaïac 1 kil. ; — Feuilles de mélisse 0'',600; — Feuille
1*6 MILITAIRE (service de santé).
detlié 0V200; — de centaurée 1 kil. ; — de camomille O',500; — de sureau 0^,500; — de tilleul 1 kil. ; — Semence de lin 5 kil. ; — Semence d'orge 12 kil. ; — Riz 3 kil. ; — Agaric CamadouvierOk, 100 ;— Gomme du Sénégal 2 kil. ; — Copahu 4 kil. ; — Goudron 0^100;
— Huile d'arachides 0'',500 ; —Eponges Unes OSOIO; —Cire jaune U\050 ; — Huile de foie de morue 1 kil. ; — Miel jaune l'',500 ; — Amidon 0'',750 ; Son de Iroment 4 kil.;
— Sucre blanc 0^,500 ; — Acide clilorhydrique 0\000 ; — Acide azotique 0S060 ; — Ammoniaque liquide 0^,200; — Alun O'',700; — Chlorure de chaux sec 2 kil. ; — Sulfate de cuivre 0\060 ; — Etlier sulfurique OSOCO ; — Sulfate de fer 5 kil.; — Bi-chlorure de mercure 0',015 ; — Calomel 0\045 ; — Mtrate de potasse 0\500 ; — Chlorate de potasse <)\250; — lodure de potassium 0\500 ; — Savon vert 2 kil. ; — Sulfate de soude 2 kil. ; — Soufre sublimé 1 kil. ; — Sulfate de zinc 0'',2U0 ; — Acétate d'ammoniaque 0\250 ; —Acétate de plomb 2 kil. ; — Alcool à 85% 1^500 ; — Alcoolé aromatique U'',200 ; — Eau-de-vie camphrée 3 kil. ; — Alcoolé d'extrait d'opium 0'',125 ; — Alcoolé d'iode C.UôO ; — Azotate d'argent cristallisé 0'',010 ; — Idem, fondu Oi-jOeO ; — Alun desséché 0'',t'30 ; — Sous-nitrate de bismuth O',500; — Caustique de Vienne 0^065; — Cérat simple 1 kil. ; — Clilorure d'oxyde de sodium O^SSO ; — Collyre de Lanfranc 0^,050; —Eau distillé 0^500; — Solution de sulfate de quinine au 5^ O'',400 ; — Emplâtre brun (de la mère Thècle) 0'',250 ; — Emplâtre de Vigo 0'',200 ; — Emplâtre vésicatoire O'',100; — Espèces pectorales 1 kil. ; — Ether sulfurique 0S125 ; — Extrait d'opium O^OIO ; — Extrait de rafanhia OSIOO ; — Extrait de réglisse 1 kil.; — Tartrate de fer et de potasse 0'',060 ; — Sulfate de peroxyde de fer O'.SOO ; — Pommade camphrée l'',500 ; — Proto-iodure de mercure 0'',0J0; — lléllile de roses 0^600 ; — Onguent basilicum 0'',20rt ; — Pilules de copahu 0^,250 ; — Pilules de goudron et d'alun 0'',250; — Polysulfure de potassium solide (J'',0200; — Pommade antipsoriqne 2 kil. ; — Pommade au garou 0'',20U; — Pommade mercurielle O'',500 ; Pommade de cantharides 0*,100; — Pilules de sulfate de quinine à 1 décigr. G'', 20; — Poudre de colophane 0''.040; — Poudre d'Ipéca 0'',060 ; — Faiùne de lin C kil.; Farine de moutarde 5 kil.
— Poivre cubèbe en poudre 5'',C00 ; — Poudre de quiquina gris 0'',-100 ; — Poudre de rhubarbe C^060 ; — Emétique 0'',020 ; — Sparadrap de diachylon 0*,20û; — Bouchons de liège n° 60 ; — Fioles à médecine n» 20.
Ustensiles et objets divers. — Linge à pansement (grand) 5 kil.; moyen 5 kil. ; petit 2 kil. ; fenêtre O'',200) ; — Suspensoirs n" (5 ; — Bandages de corps 3 kil. ; — Poupée de chanvre OS 200; — Charpie de fil 2S500 ; — Epingles n* 200 ; — Fil à ligature 0S050 ; — Ruban de fil 0*, 200 ; — Seringues à injection en verre n° 4 ; — Verres à ventouse n" 6; Bandes roulées 5 kil. ; — Sacs à denrées n" 4 ; — Irrigateur Eguisier n° 1 ; — Boîte de fer-blanc de différentes dimensions n° 40 ; — Bougeoir 1 ; — Boîte pour allumeltes 1 ; — Cafetière à alcool 1 ; — Entonnoir 1 ; — Gobelets 10 ; — Passoire pour tisane 1 ; — Etuis cylindriques en fer-blanc 3 ; — Ciseaux 1 ; — Couteau fort 1 ; — Canule 1 ; — Tire-bouchon 1 ; — Spatules 4 ; — Balance Béranger 1 ; — Balances Trébuchet 1 ; — Série de poids 1; — Caisse-armoire pour pharmacie 2; — Boîte à charnières 1 ; — Supports pour poser les caisses 2 ; — Panier à denrées 1 ; — Mortier en porcelaine de 0'',500, 1 ; — Poudriers de différentes grandeurs 23 ; — Mesures graduées en verre 2 ; — Pots à médicaments 5 ; — Appareil complet à fracture de cuisse 1 ; — de jambe 1 ; — de bras 1 ; — d'avant-bras 1 ; — Formulaire des hôpitaux militaires, 1 exemplaire.
La présente nomenclature est dressée, pour les médicaments, dans l'ordre du formulaire (édition 1870), pour les objets divers et ustensiles dans l'ordre de la nomenclature de l'instruction du 12 août 1865, encore en vigueur (sauf en ce qui concerne le mode d'approvisionnement). Ce dernier point est réglé par la circulaire du 51 octobre 1866.
Outre ces médicaments ou différents objets, les infirmiers régimentaires possèdent encore une hoUe de secours pour les asphyxiés et noyés (Note ministérielle du 15 avril 1844) comprenant: 1" un peignoir en molleton avec capuchon; 2" un frottoir en serge; 5° deu.x; gants en crin noir. Enfin, chaque médecin militaire doit se munir, à ses frais, d'une trousse de chirurgie logée dans la giberne et comprenant les instruments suivants : (Boîte n» 30 de la nomenclature du 26 février 1859.)
Trousse réglementaire des médecins militaires.
Trousses des médecins militaires. — 4 aiguilles à suture; — 1 bistouri convexe, 1 droit, 1 boutonné, 1 paire de ciseaux courbes, 4 lancettes, 1 pince à artépes, 1 pince à pansement, 1 porte-mèche, 1 porte-pierre en corne, 1 rasoir, 1 sonde cannelée en argent, 1 sonde à femme et à homme eu argent, 1 spatule en acier, 1 stylet aiguillé en argent, 1 stylet cannelé en argent.
MILITAIRP] (service de santé). 157
On peut juger par ce qui précède, des ressources malérielles mises à la dispositiou des médecins de régiments ; elles leur permettraient de soigner trèsactivement des blessés ou malades relativement plus sérieusement atteints que le règlement ne les y autorise. Il y aurait fort peu de choses à l'aire pour transformer les infirmeries en petits liôpitnux régimenlaires; c'est une question qui sera du reste reprise dans un antre article de ce dictionnaire {voij. Hôpitaux militaires). Les critiques que l'on peut adresser aux infirmeries actuelles portent spécialement sur les points suivants : mauvaise et insuffisante disposition des locaux, il est facile d'y parer dans l'avenir, le buta atteindre étant l'isolement absolu de l'infirmerie dans un pavillon spécial de la caserne ; insuffisance du personnel mis à la disposition du médecin, réglementairement ce personnel ne comprend en effet qu'un caporal de la compagnie liors rang pour l'infanterie (ord. du 2 nov. 1855, art. Lvii), ou un brigadier, faisant encore fonction de second prévôt d'armes dans la cavalerie (décision du 6 fév. 1854). Néanmoins, le ministre lui-même avait accepté le principe d'une augmentation de ce personnel (circul. du 28 janv. 1859) en établissant cjue, si les besoins du service le permettaient, on attacherait à l'infirmerie un sous-officier avec un caporal chargé de l'ordinaire, un soldat pour les bains et pour les aliments, plus un homme détaché des compagnies pour vingt hommes présents. En fait, dans les régiments, on se maintient à peu près sur ces données, mais cela dépend entièrement du colonel.
Nous estimons que les régiments devraient à l'avenir posséder des brancardiers à raison de 4 pour "/o au moins de l'effectif ; ces brancardiers ne pouvant faire convenablement leur service spécial en campagne qu'après quelques études spéciales sous la direction des médecins de régiment, on pourrait les attacher à tour de rôle au service de l'infirmerie régimentaire en leur y faisant passer un trimestre par au en moyenne. Un sous-officier n'en demeurerait pas moins chargé des fonctions d'infirmier-major, fonctions qu'il remplirait d'une façon permanente, enfin l'un des brancardiers pourrait être chargé spécialement de la tenue des cahiers de visite et servirait de secrétaire au médecin-major.
A l'infirmerie est adjointe une salle de convalescents, institution créée par décision du 6 décembre 1 842, réglementée par les circulaires des 14 décembre 1842, 28 janvier et 14 février 1845, 28 janvier 1844. Elle a pour but, comme son nom l'indique, de recevoir les hommes sortant de l'hôpital ou de l'infirmerie, n'ayant besoin que de repos avant de reprendre leur service. 11 est regrettable que, dans beaucoup de cas, l'exiguïté des locaux ou leur mauvaise disposition rende à peu près illusoire le fonctionnement de cette institution, car elle pourrait rendre de grands services en permettant de laisser les hommes moins longtemps aux hôpitaux, de les soustraire à l'inlluence nosocomiale et de diminuer aussi les dépenses en journées d'hôpital.
Dans l'ordre de choses actuel, les hommes traités à l'infirmerie du corps continuent à vivre à l'ordinaire de la compagnie ou de l'escadron ; le médecin peut supprimerune partie des vivres sans les remplacerpar d'autres. Une décision ministérielle du 27 août 1844 prescrivait que les hommes verseraient à l'ordinaire de l'infirmerie toute la portion de solde fixée dans chaque arme, pour les ordinaires, et dans les limites les plus larges des règlements en vigueur, que le sous-officier ou caporal d'infirmerie tiendrait un livret d'ordinaire et que la cuisine serait faite à tour de rôle par une des cantinières, au moyen de vivres achetés sur la solde ; le pain de munition devait être touché comme pour les hommes valides. Cette mesure n'a malheureusement pas été généralisée ; elle avait cependant d'incon-
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testablcs avantages ; le mérlecin pouvait varier un peu l'alimentation des malades, l'adapter à leur état de santé et, sans augmentation de dépense, il en résultait un bénéfice pour tous. Dans certains régiments, les médecins-majors ont obtenu de faire transformer une partie du pain en aliments légers, au moyen d'une sorte de tarif d'échange avec la cantinière chargée de cet ordinaire spécial. A leur visite du matin, ils prescrivent la quantité de pain à donner, une soupe, une viande, un légume ou des œufs, peu de chose sans doute, mais encore beaucoup pour des hommes indisposés. H suffit d'avoir fréquenté les infirmeries des corps, pour s'apercevoir que la majorité des malades ne consomment pas leur pain et le vendent ou le gaspillent, malgré toute la surveillance possible. C'est un abus très-grave et qu'il importerait de faire cesser par le moyen indiqué ci-dessus.
On objectera que, d'après l'ordonnance du 2 novembre 1833 sur le service antéiienr (art. 57 inf.) et quelques décisions plus récentes, le médecin-major doit conserver à l'infirmerie les maladies légères seulement, les maladies vénériennes et cutanées simples. Mais, parmi ces maladies légères, il en est beaucoup où le malade ne peut, sans inconvénient, conserver sa nourriture habituelle ; actuellement, on ne peut alors lui donner que son bouillon, il y aurait tout avantage cependant à le soutenir par quelques aliments légers, on maintiendrait ses forces, on hâterait sa guérison. Et du reste, si la possibilité de donner dans les infirmeries une alimentation spéciale permettait d'y conserver un plus grand nombre de malades, simplement indisposés peut-être, et que quelques jours de bons soins remettraient sur pied, ne serait-ce pas fort heureux? Dans l'immense majorité des places de garnison, on envoie les malades dans les hôpitaux civils, où malgré la surveillance du commandement, de l'intendance, du corps médical militaire, on les conserve abusivement, afin d'augmenter le nombre des journées payées par le département de la guerre. Les hommes sont soustraits à l'autorité militaire au grand détriment de la discipline et des intérêts du trésor.
Nous ne voulons pas entreprendre ici la question des hôpitaux régimentaires, elle viendra en son lieu, mais montrer simplement qu'en suivant l'esprit de la décision du 26 août 1844, on obtiendrait des avantages très-réels pour les malades et pour l'armée ; il n'y a rien à créer à nouveau, il suffit de donner une plus grande extension à une mesure l'églementaire, mais trop néghgée dans la pratique,
A la salle des convalescents, les hommes doivent réglementairement vivre à un ordinaire spécial; il est alloué journellement à chaque convalescent une ration de vin de un quart de litre et une ration de 300 grammes de riz pouvant être portée à 600 grammes dansles cas spéciaux. Cette mesure est excellente et demande à être étendue autant que possible ; en adoptant un régime spécial pour les hommes de l'infirmerie, on pourrait fondre ces deux ordinaires en un seul.
Nous avons pu constater, par ce qui précède, que, même en temps de paix, le rôle des médecins de régiments est excessivement utile; les règlements en vigueur leur donnent le droit d'intervenir auprès du colonel dans toutes les questions où la santé des hommes est intéressée. Il dépend sans doute de cet officier d'accueillir leurs conseils, mais il dépend beaucoup des médecins eux-mêmes de savoir les' faire écouter. Officiellement, la position du médecin est très-nette, ils ne dépendent que du colonel ou du lieutenant-colonel, et lorsqu'ils font un service de semaine, de l'officier supérieur de semaine, mais pour ce service seulement. S'ils sont en tout à la hauteur de leur rôle, si par leur savoir, leurs travaux et l'inté-
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rêt qu'ils portent aux soldats, ils ont su imposer le respect, leurs observations seront toujours écoutées. En un mot, le médecin acquiert dans le régiment la situation qu'il sait te faire, celle que, en définitive, il mérite. Le règlement l'astreint, il est vrai, à assister aux manœuvres, aux marches, aux exercices d'ensemble, sans doute cela est gênant, mais en fait, les chefs de corps sont trop intelligents pour ne pas discerner les cas où le médecin est nécessaire, de ceux où il est inutile, et régler le service en conséquence. Notre principe est, à ce point de vue, le suivant : lorsque le régiment entier prend les armes, un médecin doit l'accompagner; si le colonel prend le commandement, le médecin-major doit marcher aussi. Pour les exercices de détail, la présence d'un médecin n'est indispensable que dans les exercices à feu. Telle a été la règle que nous avons vu suivre en général par les médecias-majors des corps de troupes et que nous avions appliqué nous-même lorsque nous servions en cette qualité.
Les médecins de régiment n'ont, dans l'organisation actuelle, de rapports officiels qu'avec le conseil de santé et fort peu avec les médecins des hôpitaux, si ce n'est pour lournir les indications relatives aux malados de leurs régiments. Ils adressent tous les trois mois au conseil un rapport d'cusemblc comprenant : 1" Le rapport d'ensemble sur le service de santé du trimestre; 2'^ l'état récapitulatif des maladies, blessures ou infirmités qui ont motivé l'envoi des militaires du corps aux hôpitaux, hospices ou ambulances ; o*^ un état spécial a des lésions traumatiqiies traitées pendant le trimestre, b des maladies cbirurgicales ayant nécessité une opération ; 4" l'état spécial des maladies, blessures, infirmités ou accidents qui ont été cause de mort parmi les miUtaires du corps ; 5" un état spécial relatif à la vaccination et à la variole chez les militaires du corps ; 6° un état spécial sur les maladies, blessures ou infirmités qui ont motivé la sortie définitive des militaires du corps, tous états ou statistiques décrits par Y Instruction du 14 juin 18G2 sur la statistique médicale de l'armée.
Us doivent tenir au courant les registres suivants : registre d'incorporation, des malades à la chambre, à l'infirmerie, à la salle des convalescents, à l'hôpital, des vaccinations, des blessures de guerre, des catégories (A. varioleux, B. congés de convalescence, C. envoi aux eaux thermales, D. sorties définitives, E. décès), registres pour l'inscription des médicaments, conférences hebdomadaires, de cor' respondance.
Les états ou pièces réglementaires qu'ils sont tenus d'établir comprennent : i" Les billets d'entrée aux hôpitaux; 2" certificats de visite pour les militaires de tous grades proposés pour la réforme, la retraite, les congés de convalescence, la non-activité pour infirmités temporaires (à établir lors des revues trimestrielles ou de l'inspection générale) ; 3° l'état nominatif des malades à la chambre, à l'infirmerie, des exemptés de service (remis chaque jour au rapport du lieutenantcolonel) ; 4° les certificats d'envois aux eaux thermales (à établir avant le l^i^ mars et avant le l'^'^mai, suivant l'époque) ; 5° les rapports généraux du service de santé (inspections trimestrielles); 6° les rapports annuels d'inspection médicale (pour l'inspecteur médical) ; 7° les rapports aimuels d'inspection générale (pour l'inspecteur général) ; 8" les mémoires de proposition pour la Légion d'honneur ou l'avancement (les médecins-majors ont l'initiative de ces propositions pour leurs subordonnés) ; 9" les états de demande de médicaments (pour le trésorier) ; 10" les états nominatifs des hommes traités à l'infirmerie, avec indication du nombre de journées de traitement et le compte moral de l'infirmerie et de la salle des convalescents (trimestriellement pour le trésorier) .
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Enfin, dans les cas spéciaux, ilsdoivent, même sans y être invités, prenclrcrinltiative de rapports médicaux, en cas d'épidémie (pour le commandement et le conseil de santé), liygiéniques, sur les qualités des substances alimentaires délivrées au soldat, enfin des rapports médicaux légaux, certificats et rapports qui peuvent leur être demandés par l'autorité, soit pour l'aptitude au service militaire, le besoin de transports s péciaux en cas de voyage de malades ou d'infirmes, l'admission aux invalides, les origines de blessures, etc.
Le service médical régimentaire ne peut être fructueusement exécuté que si le médecin connaît à fond tous les détails de la vie militaire, s'il s'identifie avec les soldats, les suit et les observe en tous temps et en tous lieux. — Bien rempli, ce service contribue puissamment à combattre les influences morbides auxquelles le soldat est soumis, il exige un tact et un dévouement particuliers. Un seul point paraît regrettable dans l'organisation du service médical régimentaire, c'estla nécessité de faire soigner les malades d'un régiment par d'autres que les médecins du corps. Lorsque les malades sont envoyés dans les hôpitaux militaires, l'inconvénienldis- [.araît ; il demeure entier, au contraire, si on doit le diriger sur les salles railitau'es de certains hospices civils des petites localités. Enfin, condamner un médecin à demeurer étranger à la clinique pour n'être qu'un hygiéniste ou n'avoir dans son infirmerie que des affections légères, c'est quelquefois le condamner à oublier ce qu'il sait, en tous cas à ne point acquérir. Il semble donc logique d'élablir, entre les hôpitaux et les régiments, un roulement régulier suivant les grades, et de confier aux médecins du corps le service de leurs hommes dans les hôpitaux, surtout dans les salles mihtaires des hospices civils (voy. Hôpitaux militaires).
Chaque année un médecin inspecteur passe l'inspection itiédicale du corps de troupe et du personnel médical, et signale dans son rapport au ministre les pouits qui lui semblent défectueux ou ceux, au contraire, qui lui paraissent avantageux. 11 annote et transmet à l'inspecteur général les mémoires de proposition établis par le médecin-major pour ses subordonnés et annotés par le colonel, établis par ce dernier pour le chef du service médical.
B. Service dans les hôpitaux. — Temps de paix. L'article Hôpital de ce dictionnaire devant comprendre un paragraphe spécial relatif aux hôpitaux militaires, nous renvoyons le lecteur à ce mot ; on profitera de ce renvoi pour signaler les modifications qui semblent devoir prochainement être apportées dans le fonctionnement du corps de santé, modifications qu'il serait inutile de préjuger, alors même que quelques-unes semblent déjà vraisemblables.
Nous renvoyons donc au mot Hôpital militaire pour l'historique, l'organisation, le fonctionnement même des hôpitaux mihtaires généraux, des hôpitaux thermaux, des salles mditaires des hospices civds, des hôpitaux provisoires en campagne, etc.
Cependant, dans le but de constater une situation, nous indiquerons en deux mots l'état de choses existant aujourd'hui (décembre 1873). — Les hôpitaux militaires français sont divisés en cinq classes ainsi comprises : 1"''^ classe, hôpitaux de 600 hts et au-dessus; 2* classe, hôpitaux de 400 à 599 lits; 5" classe, hôpitaux de 500 à 599 lits; ¥ classe, hôpitaux de 201 à 299 lits; 5*= classe, hôpitaux au-dessous de 200 lits.
Depuis l'occupation de trois de nos départements (Haut et Bas-Rhin et Moselle) par l'armée allemande, le nombre de nos hôpitaux militaires se décompose en ;
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