‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.61Chapitre 59 sur 114 · A LA CHAMBRE · texte numérisé non relu

A LA CHAMBRE

TOTAUX

1862-67 (7 ans)

Ce tableau indique, pour une période décennale toute récente, la prédominance delà morbidité en Algérie, comparativement à celle de France, et surtout la prédominance du nombre des malades parmi la catégorie la plus gravement atteinte, la catégorie des malades d'hôpital. Tenons compte ici de la réserve que nous avons établie plus haut, en faisant remarquer que le chiffre des envois à l'hôpital a été grossi pour nombre de corps par le fait de l'absence d'infirmeries suffisamment bien installées.

Cette réserve ne va pas jusqu'à contre-balancer cependant un fait indéniable, la supériorité du chiffre total des malades sur celui de France, supériorité établie par la dernière colonne de ce tableau qui prouve que chaque homme a trois chances par an d'entrer comme malade soit à l'hôpital, soit à l'infirmerie, soit à la chambre. Au lieu d'osciller entre 50 et 60 sur 1000 par jour, le chiffre des malades de l'armée d'Afrique oscille actuellement encore entre 60 et 80 sur 1000; et pourtant dans cette armée, il y a moins de recrues, moins d'hommes appartenant à la catégorie la plus prédisposée aux maladies fréquentes.

Cette circonstance, favorable pour l'armée d'Afrique, est contre-balancée parla prédominance d'une cause morbide bien connue dont nous n'avons à donner ici que la preuve mathématique, l'infection palustre qui, année moyenne, est la cause de l'entrée aux hôpitaux de notre colonie des deux cinquièmes des malades qu'ils reçoivent. Ainsi, sur 1,000 malades admis aux hôpitaux de la province d'Alger, il y avait: 372 fiévreux en 1868, 596 en 1869 ; dans la province d'Oran : 400 fiévreux sur 1 ,000 entrants en 1868, 441 en 1869 ;danslaprovincedeConstantine, la plus chargée des trois : 497 en 1868, 484 en 1869.

Le second élément de la morbidité de notre armée en Algérie, le nombre des journées de traitement, indique, il est vrai, que la durée moyenne de la maladie aux hôpitaux d'Alrique est plus courte qu'en France ; cette différence nous parait tenir surtout à la fréquence relative des lièvres intermittentes pour lesquelles on demeure habituellement bien moins longtemps à l'hôpital que pour les diverses pyrexies de nos pays. La moyenne de séjour des malades aux hôpitaux d'Alrique n'est guère que de 20 journées, 5 à 6 de moins qu'en France.

En somme, en Algérie, on est plus fréquemment malade qu'en France, mais on l'est moins longtemps, ou plutôt chaque entrant à l'hôpital y séjourne moins. Seulement, aux chiffres de la statistique, c'est ici le lieu de joindre un élément presque insignifiant en France, mais d'une importance énorme pour notre armée d'Alrique; nous voulons parler du nombre considérable des individus renvoyés en France en convalescence. Il en revient ainsi des milliers tous les ans, dont chacun est perdu pour l'armée pendant 5, 4, 6 mois, quelquefois plus, e( qui font singulièrement monter la somme totale des soldats indisponibles. Le même fait avait lieu pendant notre occupation des États pontificaux; sur les cinq ou six mille hommes composant nos garnisons de Rome et des villes avoisinantes, il en rentrait annuellement 1,000 ou 1,500 en congé de convalescence, et c'est gràceàces épurations successives que l'on a pu comparer, sans y trouver de disproportions trop considérables, l'état sanitaire de nos troupes en Algérie et à Rome, avec leur état sanitaire en France.

B. Morbidité de V armée anglaise dans les possessions britanniques. L'étude de cette morbidité est intéressante surtout en raison de la dissémination des troupes anglaises sur toute la surface du globe; répartis dans les climats les plus divers, ces hommes, tous de même race, constituent, par leur identité originelle, un réactif identique pour l'appréciation des causes morbifiques les plus diverses. En outre, dans nombre de ces pays lointains, le soldat anglais se trouve en présence du soldat indigène, nègre, indien ou chinois, et la comparaison de la résistance des races sous les mêmes climats, parfois les plus meurtriers, donne un nouvel intérêt à la statistique anglaise.

Les chiffres de morbidité de l'armée anglaise éprouvent, suivant la résidence, tles variations considérables. Dans telle de ces résidences, en Chine, par exemple, il y aura, à l'hôpital seulement, plus de 2,000 admissions par an sur 1,000 hommes d'effectif; dans d'autres, comme au cap de Bonne-Espérance, la morbidité sera analogue à celle de la mère patrie; dans d'autres enfin, comme au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande, ce chiffre ne sera, en moyenne, que de 500 ou 600, inférieur à celui des admissions en Angleterre même. Pour rendre plus faciles ces comparaisons, j'établis le tableau suivant d'après les documents pleins d'intérêt publiés sur cette question par notre collègue Ely, documents empruntés aux statistiques de l'armée anglaise, de 1859 à 1866 (in Recueil des mémoires de méd. mil., 5e série, t. XXI II, 1869).

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MORBIDITÉ DE L'ARMÉE ANGLAISE (TROUPES BLANCHES) A L'INTERIEUR ET DANS LES POSSESSIONS

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