‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.61Chapitre 85 sur 114 · II. Congestion pulmonaire et cérébrale · texte numérisé non relu

II. Congestion pulmonaire et cérébrale

Apoplexie pulmonaire

Abcès ouvert datit. les bronche?

Corps étrangers dan? les voies respiratoires.

Rupture d'un anévrjsme de l'aorte. . . . Rupture de Tarière pulmonaire.. . .

Total

A la statistique médico-légale doit se joindre celle de la pratique et des hôpitaux, qui examine surtout la mort subite au point de vue des altérations qu/la préparent.

La mort subite par le cerveau a pour causes principales: 1° la congestion cérébrale ; les recherches modernes tendent à restreindre l'action de cette cause et à étendre celle de l'anémie. Si la pâleur du cerveau a été observée dans le sommeil naturel, dans l'anesthésie, dans certaines asphyxies, dans la pendaison, le corps restant dans la situation verticale, il n'en est pas moins vrai que l'hypérémie est un fait pathologique, indépendant de la situation du corps. Le cerveau peut supporter un a-sez notable degré de compression, sans que le coma se produise; mais la congestion simultanée de la pie-mère et du parenchyme ne peut être sans influence sur le tissu. Indépendamment de toute théorie, les observations sont là pour démontrer que ceLte congestion subite est sou\ent mortelle. La congestion éteint plus rapidement la vie que la déchirure et l'hémorrhagie; quand ses effets disparaissent, si le malade survit, on n'a plus que les conséquences de la lésion locale. Le caractère anatomique, c'est la plénitude des vaisseaux de la pie-mère, la rougeur, l'état sablé du cerveau, l'intensité des phénomènes d'hypostase. La congestion peut dominer dans les méninges ou dans le parenchyme. La quantité de sang qui s'écoule du cerveau est souvent considérable. Morgagni, dans un cas de

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mort subite, par congestion cérébrale et cérébelleuse, sans rupture ni épanchement, découv.it une plus grande quantité de sang, dit-il, qu'il n'en avait jamais vu, et atlnbua la mort à la compression des organes. Une quantité notable de sérosité peut infiltrer la pie-mère et être épanchée dans les ventricules. La sérosité est rarement sanguinolente. La congestion envahit aussi le cervelet et la moelle allongée. L'ivresse offre un type de cette congestion. Pour bien apprécier dans une autopsie la congestion veineuse du cerveau, il faut conserver au corps sa position horizontale, n'ouvrir le thorax, n'inciser les gros vaisseaux du cou, qu'après l'examen de la cavité crânienne. 2° L 'anémie cérébrale a été démontrée de visu par des expériences sur les animaux ; elle est occasionnée par la diminution de la masse totale du sang, par des hémorrbagies répétées, par l'obstruction dis artères afférentes, artificielle ou pathologique, par toutes les conditions locales, tumeurs, hypertrophie cérébrale, qui restreignent l'espace abordable au sang. La ligature des deux carotides ou d'une seule, la circulation collatérale ne se rétablissant pas, offre l'exemple de cette subite anémie. La mort peut être le résultat instantané de ce défaut d'action du sanç sur le cerveau. L'hénuplégie coïncide avec 1 interruption isolée de la circulation dans un hémisphère. L'attitude exerce ici une influence notable. L'anémie, suivie d'une brusque syncope, est déterminée par le passage subit de la position horizontale à la verticale. On explique ainsi la mort soudaine de personnes aflàiblies, au moment où elles se lèvent ou se redressent. La position a une grande influence sur la circulation cérébrale. On a dit que chez certains hommes occupés de travaux intellectuels, les plus belles conceptions se sont produites pendant le décubitus, la tète peu élevée. Moigagni insiste sur l'influence de cette attitude, il redoute la méditation au lit, dans la position horizontale, pour les personnes disposées à l'apoplexie, et il cite unexemple de mort par congestion cérébrale qui s'est produit dans ces conditions. Le caractère anatomique de l'anémie cérébrale, c'est la pâleur du parenchyme, la décoloration, l'affaissement des vaisseaux> la petite quantité de sang qui s'écoule à la surface des coupes, et la présence d une grande quantité de liquide céphalo-rachidien, dans les mailles de la pie-mère surtout et dans les ventricules. C'est l'accumulation de ce liquide qui a rendu possible la vacuité des vaisseaux dans un organe entouréde parois incompressibles. Cette même abondance •de la sérosité se rencontre dans les hémorrhugies, notamment à la suite des plaies du cou. Les caractères de la syncope et l'absence de toute autre cause de mort, ■constituent le diagnostic. 3° L apoplexie méningée. C'est une des causes fréquentes de mort subite, notamment dans l'ivresse; elle peut être le résultat d'une exhalation, d'une infiltration sanguine qui accompagne la congestion; un sangpoisseux et peu abondant tapisse l'arachnoï le et les patois des ventricules; elle provient aussi de la déchirure des vaisseaux qui se sont développés dans les néoplasmes qui se produisent sur le feuillet interne de la dure-mère ; mais elle est Je plus sou\ eut occasionnée par la rupture d'artères méningées altérées dans leur structure. Nous av. ns vu une de ces apoplexies méningées chez une femme dont les artères cérébrales étaient le siège d'un athérome presque généralisé ; un mouvement violent avait déterminé la rupture d'un vaisseau. Les anciens avaient déjà signalé l'influence de ces mouvements brusques ; Lancisi parle à ce sujet de la mort subite qui se produit en éteruuant, « disruptis impetu meningum vasis. » :Si l'hémoi rhagie est considérable, la mort est le résultat d'une brusque compression du cerveau. On ne confondra pas cette hémorrhagie avec lestracesde la commotion cérébrale qui détermine une infiltration de sang dans la pie-mère ; le

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diagnostic se basera sur l'absence de lésions traumatiques et sur l'existence des altérations pathologiques qui ont déterminé la rupture des vaisseaux. 4° L'apoplexie venlriculaire. Elle a de l'analogie avec la précédente, mais elle détermine plutôt des morts rapides, avec coma et convulsions, que des morts soudaines. Un moine, âgé de 50 ans, tombe en prêchant, il meurt au bout de quatre heures; le ventricule gauche, dit iMorgngni, contenait trois onces de sang; un homme tombe mort devant le médecin qu'il consulte, les ventricules latéraux sont remplis de sang; de violents efforts peuvent aussi amener cette lésion ; chez une ftmme en travail, on constata la rupture des plexus choroïdes. L'hémorrhagie peut être assez abondante, et nous en avons observé un exemple, pour déterminer une mort presque immédiate ; chez un homme de 69 ans, les ventricules distendus contenaient près de 300 grammes de sang. 5" L'apoplexie parenchymateuse détermine bien plus rarement la mort >ubite, à moins d'une large déeh rure et d'épanchement considérable, ou d'un siège rapproché du nœud vital. Ollivier d'Angers rapporte un exemple d'apoplexie de la moelle allongée, avec déchirure presque complète de la moelle, ayant entraîné subitement la mort. L'apoplexie cérébelleuse a produit de semblables effets ; dans un cas cité par Morgagni, 1 epanchemeiit existait dans les deux lobes de l'organe. Le plus souvent la déchirure des corps striés, des couches optiques, d'un point quelconque des hémisphères cérébraux, n'entraîne pas la mort immédiate. 6° L'apoplexie séreuse a sa place parmi les causes de la mort subite. Des observations authentiques, anciennes et récentes, constatent c tte accumulation considérable de sérosité sous l'arachnoïde et dans les ventricules, mais principalement à la surface du cerveau. Boerhaave, Morgagni, Baglivi, Stahl, considéraient cette apoplexie comme pouvant être foudroyante ; MM. Andral, Devergie, l'ont signalée. Nous avons constaté, sur une femni" de 65 ans, cette accumulation considérable de sérosité qui soulevait l'arachnoïde et qui semblait comprimer le cerveau à peine congestionné ; on ne découvrait point d'autre cause de mort. L'anémie cérébrale peut ici être invoquée. 7° L'apoplexie nerveuse appartient à l'anémie cérébrale ou à la syncope. 8° La méningite à une invasion tellement brusque qu'elle peut faire périr très-promptetementsans être précédée de symptômes céractéristiques. Morgagni cite l'histoire d'une jeune fille qui périt subitement à la suite d'un grand mal de tète ; la piemère était couverte d'une couche de pus au sommet du cerveau. M. Ollivierd'Angers , rapporte un fait analogue, l'exsudation puriforme s'était formée dans l'espace de quelques heures. Dans la méningite cérébro-spinale épidémique, nous avons vu quelques malades succomber en deux ou trois jours, et même en quelques heures, avec l'exsudation purulente caractéristique. Chez un enfant de six semaines dont la mort très-prompte était attribuée à un empoisonnement par le laudanum, la fausse membrane occupait la base du cerveau, et la partie supérieure de la moelle. 9° Un abcès du cerveau peut aussi être le point de départ d'une mort subite. 10° Les affections du système nerveux qui prédisposent à la mort subite, sont les suivantes : l'épilepsie, l'aliénation mentale, le ramollissement cérébral, les suites de la méningite chronique, les foyers apoplectiques. anciens, lestumeurs et fongus de la dure mère, les tubercules, les corps étrangers dans la substance cérébrale, l'athérome des artères.

La mort par les poumons est souvent plus rapide que celleparle cerveau ; elleest la première dans l'ordre de fréquence. 1° L'introduction de corps étrangers dans les voies respiratoires peut compter parmi les causes de mort subite, souvent méconnues, et que l'autopsie seule fait découvrir. Si l'occlusion des voies-

respiratoires est complète, la moit est tellement lapide que les assistants mêmerestent dans le doute. Cette mort foudroyante a lieu lorsqu'un bouchon alimentaire, formé par un morceau de viande, s'engage dans l'isthme du gosier, entre la base de la langue et le voile du palais et, reposant surl'épiglotte, ferme hermétiquement l'entrée du larynx. Dans une autopsie récente, nous avons trouvé engagé dans le pharynx, un morceau de gras double longde 10 centimètres, large de 5, pesant 42 grammes ; l'estomac renfermait une douzaine de morceaux analogues, avalés avec voracité. C'est le troisième faitdece genreque nousavons rencontré. D'autres fois ce sont desalimenls demi-solides, des matières rejetées par le vomissement, comme Laennec en a rapporté un exemple, qui s'introduisent dans les voies respiratoires et déterminent l'asphyxie; nous avons recueilli trois faits de ce genre, dont deux sur des personnes de 72 à 74 ans. Des entozoaires ont aussi pénétré dans les bronches. Chez les enfants, des corps de nature variée occasionnent la sufiocalion. La nécessité d'explorer le pharynx dans les cas de mort subite résulte de ces observations. 2° Les abcès qui s'ouvrent dans les bronches, s'ils sont volumineux et si l'écoulement se fait pendant le sommeil, peuvent rapidement entraîner la mort. Une femme de 60 ans qui logeait chez des personnes à qui elle avait légué «ou avoir, fut trouvée morte dans son lit ; on soupçonna un empoisonnement, c'était un vaste abcès du pharynx et du cou, qui s'était ouvert, pendant son sommeil ; le pus pénétrant, en quantité considérable dans les voies respiratoires, avait occasionné l'asphyxie. La rupture subite d'un vomique peut avoir les mêmes conséquences. Un débris de polype a aussi causé la mort. 3° L'hémoptysie considérable, incoercible, inondant les bronches d'un sang qui ne peut être expectoré, est une cause de mort subite dont l'évidence est incontestable. Au début de la |hthisie, occasionnée plus tard par la déchirure d'une caverne, elle détermine assez fréquemment la mort soudaine; nous avons observé ce fait deux fois chez des enfants. Chez un adulte, l'estomac contenait aussi du sang, que la déglutition y avait introduit. 4° La congestion pulmonaire, est un des genres <le mort les plus fréquents, c'est aussi un des plus rapides; elle a été indiquée par Bartholin, Bonnet , Morgagni ; M. Devergie a signalé sa fréquence et a décrit ses caractères anatomiques. La mort peut être tellement prompte que les personnes tombent à terre brusquement. La face est le plus souvent pâle , la îan°ue est parfois engagée entre les arcades dentaires, et présente l'impression des dents. On observe plus rarement la cyanose, l'éclat des yeux, le gonflement du visage; les lividités cadavériques paraissent promptement et sont très-prononcées. Les deux phénomènes caractéristiques sont la coloration du tissu pulmonaire et la plénitude du système vasculaire des poumons. Ces organes sont volumineux, couverts d'arborisations vasculaires ; le parenchyme incisé estd'un rouge vil qui devient d'autant plus foncé qu'on se rapproche de la partie postérieure. Il présente successivement les nuances du rouge vif, du rouge brique, du rouge ardoisé et du noir. Les phénomènes d'hypostase sont-très-prononcés. Un sang noir s'écoule en nappe des vaisseaux incisés. Les bronches renferment une écume 'blanchâtre, à bulles assez grosses ; elle est rarement sanguinolente. L'abondance de l'écume, si la personne est atteinte de bronchite, peut contribuera la rapidité de la mort. Le sang est plus constamment liquide que dans les autres genres de mort. Une congestion cérébrale, plus ou moins prononcée, se joint souvent à cet ■état du poumon. 5° L'embolie cajrillaire a aussi été observée dans ces organes, ■elle peut être considérée comme une des causes des congestions subitement mortelles ; elles se produit à la suite des brûlures, des congélations, dans le cours des

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fractures; l'embolus sanguin ou graisseux se retrouve dans les capillaires engorgés. L'embolie graisseuse, à la suite des fractures, a été observée par MM. Sédillot, Michel, Aran ; sur 45 cas d'embolie graisseuse réunis par Bach. 23 se rapportaient à des fractures. Sur un enfant de 7 mois, atteint de fracture de la cuisse, et qui mourut subitement, nous avons constaté, avec M. Feltz, une congestion pulmonaire qui semblait dépendre de cette cause. 6° L'apoplexie pulmonaire, avec noyaux ou loyers hémorrbagiques et déchirure du parenchyme, est aussi une cause de mort subite, soit par l'invasion du sang dans les bronches, soit à cause de l'intensité de la congestion. Nous avons vu dans un cas trois foyers apoplectiques et les bronches remplies de sang. Le plus souvent cependant, suivant la remarque de Laënnec, la mort, dans cette apoplexie, n'est pas immédiate. 7° L'asphyxie bronchique tient une place notable parmi les causes de mort subite, chez les personnes âgées et affaiblies; nous l'avons vu se produire sur deux vieillards de 72 et de 75 ans. Le mucus bronchique remplit les voies aériennes, s'élève au-dessus de la bifurcation des bronches, dans la trachée même, blanchâtre, très-liquide, battu d'air, produisant une véritable submersion sur place ; la muqueuse est plus ou moins altérée, et la syncope qui survient brusquement met un terme aux efforts d'expectoration ; l'état graisseux du cœur ou une hypertrophie notable de cet organe facilitent cette complication. 8° L'œdème pulmonaire a aussi été signalé comme une cause soudaine de mort, mais plus particulièrement pendant les maladies, et, cliez les enfants, à la suite des fièvres éruptives. 9° L'emphysème pulmonaire, survenant tout à coup par suite de violents efforts, a été considéré par plusieurs observateurs, Piédagnel, Ollivier d'Angers, comme pouvant occasionner la mort subite. Cette affection est le plus souvent traumalique, résultat d'une déchirure du poumon, lorsqu'elle se développe instantanément. A l'état chronique, diminuant l'activité du poumon, elle peut rendre l'asphyxie plus facile. 10° La paralysie du poumon est une hypothèse ; l'engorgement qui se produit pendant les derniers moments de la vie a été comparé à celui que provoque la section des nerfs pneumogastriques. 11° La rupture du diaphragme, suite de violents efforts, peut aussi amener une asphyxie soudaine, par suite de la pénétration dans le thorax d'une partie des viscères abdominaux. Kirschbaum, dans une dissertation imprimée à Strasbourg en 1749, a rassemblé la plupart des exemples connus de son temps. Percy rapporte l'observation d'une jeune femme dont le diaphragme se rompit pendant les douleurs de l'enfantement et qui expira aussitôt. L'estomac était passé aux deux tiers dans le thorax, entraînant l'épi ploon et une anse du côlon, à travers le diaphragme déchiré obliquement et en franges, dans sa partie charnue du côlé gauche, et dans l'étendue de cinq pouces. Lieutaud, Saint-André, ont aussi constaté des exemples de ces ruptures occasionnées par des convulsions ou des vomissements. De semblables lésions font toujours naître un vif soupçon de causes externes. 12° Les maladies des organes de la respiration qui se sont rencontrées dans les morts subites et qui ont agi comm,; prédisposition sont la bronchite, la trachéite granuleuse, la pneumonie chronique, chez les vieillards, l'emphysème, la tuberculisation pulmonaire, les abcès voisins des voies respiratoires, l'hydrothorax double ; dans ce -dernier cas, la mort subite arrive, soit par congestion pulmonaire, soit par syncope. On citera encore, comme causes adjuvantes, la grossesse, l'accouchement, la déformation rachitique du thorax, les adhérences pleurales, souvent constatées dans ces autopsies; le spasme de la glotte chez les enfants, l'asthme, l'angine de poitrine, l'ivresse, l'inanition.

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Le cœur joue un rôle prépondérant dans la mort subite, soit comme siège delà maladie qui détermine la mort, soit par son influence sur la lésion des autres organes ; les morts subites dont il est le point de départ sont les plus promptes; le moment où il cesse de battre est caractéristique d.ins les autres genres de mort. Voici une statistique des altérations du cœur dans les cas de mort subite; 113 cas ont été réunis par M. Aran, les autres résultent de nos autopsies; plusieurs lésions se présentaient souvent dans le même cas.

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