‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.62Chapitre 8 sur 61 · DEUX SE^CES · texte numérisé non relu

DEUX SE^CES

GAlUjOXS.

FILLES

DELX SEXES.

Campagnes. .

Vill's. . . .

Rojniime . .

Ainsi pour les naissances jumelles, la mortinatalité est triplée (34,65 : flO-i,-( :: 100 : 301) pour les garçons et à très-peu près pour les filles (2î : 8a, « :; 100 : 306). 11 est en effet assez remarquable (juc l'exlrème aggravation que la gémellité apporte à la mortinatalité ne modifie pas la contribution relative de chaque sexe; car nous la trouvons ici de 100 : 128 pour les naissances jumelles, justement comme dans le troisième tableau, p. 10-11, pour les naissances générales ! Il est singulier de voir qu'une influence pour ainsi dire artificielle, — l'étatcivil, — modifie profondément ce rapport, que nous avons vu devenir 100 : 130 pour les légitimes et 1 00 : 115 pour les illégitimes, tandis qu'une influence aussi profonde que la gémellité le laisse intact.

58. Influence du mois sur la morlinalalité. La France, la Sucdr, la Norvège, nous permettent d'étudier la distribution des mort-nés eu chaque ii ois de l'année. Pour le faire, quelques statisticiens ramènent à 12,000 la somme des mort-nés de l'année moyenne, et, divisant cette somme proportionnellement aux mort-nés dénoncés chaque mois, ils se flattent d'avoir mis en évidence les influences mensuelles par la différence entre 1000 et la quote-part de cha(iue mois ainsi déterminé; ils croient, par exemple, que, si l'influence des saisons et des mois de l'année était nulle sur la production des mort-nés, la quote-part de chaque mois serait très-près de 1000, et d'autant plus près que le nombre des observations serait plus grand. Nous ne nous arrêterons pas à objecter que les mois, étant d'inégale longueur, sont, par ce fait même, producteurs de plus ou de moins de mort-nés. Cette cause d'erreur est, en effet, facile à corriger, en ajoutant, par exemple, aux mort-nés de chaque mois ce qu'il en peut manquer pour (juc les mois ])uissent être considérés comme ayant tous 31 jouis. Mais cette méthode est passible d'un reproche plus grave : c'est que les nombres des naissances générales de chaque mois, même rendus égaux en jours, sont très-notablement différents ; de cela seul il résulte nécessairement que les nombres mensuels des mort-nés seront différents, non parce que telle saison causera plus de mort-nés, mais parce qu'elle causera plus de naissances générales. C'est ];ourquoi, si l'on veut dégager la seule innuence des mois, il faut comparer, non les chiffres absolus des mort-nés de chaque mois, mais leur rapport avec les naissances mensuelles; c'est en procédant ainsi que nous avons obtenu notre sixième tableau.

Nous avions fait aussi le travail par sexe ; mais l'influence sexuelle nous a paru si peu significative dans la distribution mensuelle, que nous nous abstenons de la

rapporter ici. Les colonnes a, a, renferment les coefficients mensuels delà

mortinatalité (des vrais mort-nés en Suède et en Norvège, — des nouveau-nés présentés sans vie h. l'inscription en France), tandis que leurs colonnes adjacentes r,r, doiiULiit l'intensité mensuelle relative de ces coefficients de mortinatalité, calculée d'après la valeur proportionnelle que prendrait chacun d'eux, si leur somme pour l'année devenait 12,000 ; cet artifice permet d'apprécier plus facilement les mouvements mensuels.

59. On verra, du premier coup d'oeil, que ce sont les mois rigoureux, janvier, février, décembre, qui sont les plus féconds en mort-nés. Ainsi, tandis (|u'en France, sur 1000 naissances en août, septembre, octobre, or, ne compte, dans les campagnes, que 35 à 36 mort-nés ou prétendus tels, on en compte 40 en décembre, janvier et février; — dans les villes, au lieu de 5© en juin, juillet et aoijt, on en compte près de 55 ; — et à Paris, au lieu de 64 à 66, on en compte 80 et plus.

40. La Norvège et la Suède nous jiermettent d'apprécier rinfluence mensuelle de la légitimité, 11 parait assez nettement que ces influences sont plus marquées pour la mortinatalité illégitime. Ainsi, en prenant pour les trois mois qui, (-M Norvège, sont les moins chargés de mort-nés (juillet, août et septembre), et les trois mois qui en produisent le plus (janvier, février, mars), on a, pour les

légitimes, les deux coefficients 320 et 356 dont le rapport est 100 : I 14,3, et

pour les illégitimes, 140 : 188,5 dont le rapport est 100 : 134,6; ce qui montre que l'influence des saisons est beaucoup plus marquée (dans le rapport 114,3 : 134,6) pour les illégitimes, phénomène qu'explique parfaitement la misère plus fréquente de la fille-mère, et par suite les difficultés qu'elle éprouve de protéger son fruit contre les rigueurs des saisons. Mais ce résultat montre en

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