‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.63Chapitre 41 sur 104 · POCR LES MORT-NES · texte numérisé non relu

POCR LES MORT-NES

PODR LES RAISSANCES AVEC MORT-NÉS .

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* Ce rapport des sexes pour les naissances illégales en Irlande qui accuse plus de garçons est fort eiceptionnel ; mais il ne repose que sur deus années : 1871 où il e=t de 107,5, et 1872, de 106,4. En outre il est assez remarquable qu'en 1872 le -rapport de sexualité est le même pour les légitimes et pour les illégitimes. Pour toute la période 1864-72 le rapport du sexe sans distinction d'état civil est 103,75 garçons pour 100 ftlles.

' Même exception apparente pour l'Italie, mais elle s'évanouit quand on ajoute aui 31,493 Sq illégitimes annuels (16,464 garçons et 13,029 filles) 32,238 enfants dits «exposés» (16,036 garçons et 16,222 filles) ; alors le rapport des seses devient 104 garçons pour 100 fill«s.

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de vue social et pratique, c'est S'o/S"„. — C'est pourquoi, lorsqu'il est possible, nous donnons l'un et l'autre rapport.

26. En outre, presque partout l'illégitimité modifie ce rapport en diminuant la prédominance des mâles ; il y aura donc lieu de donner ces rapports pour les naissances légitimes et pour les naissances illégitimes. C'est ce que nous avons tâché de faire dans le tableau précédent ;

Nous serons forcément très-sobre en remarques sur ce V^ tableau. On notera d'abord qu'il y a très-peu de différence entre les diverses nations, que l'Angleterre paraît être celle qui, relativement, produit le moins de mâles, mais ce n'est peut-être là qu'un résultat factice dont nous avons donné la raison à l'article Bretagne (Grande) (p. 606, § 40) en prouvant que chez les Anglais un nombre très-notable de décès des premiers jours de la vie passent pour mort-nés et ne sont pas inscrits ; et comme la mortalité de ces premiers jours enlève beaucoup plus de petits garçons que de petites filles, c'est très-vraisemblablement ce qui explique le rapport de sexualité masculine 104 plus bas chez les Anglais que nulle part ailleurs. Celte cause me paraît aussi peser sur ce même rapport en Russie; mais il ne saurait expliquer le faible rappoi't des Suédois qui trouvera peut-être mieux son explication par l'âge plus tardif du mariage.

L'Angleterre présente encore une autre singularité, c'est que le nombre relatif des garçons est le même pour les illégitimes que pour les légitimes. C'est, avec la Norvège, la seule exception en Europe. Est-ce un fait de physiologie sociale? ou un fait artificiel dû à quelque particularité administrative? C'est ce que les Anglais seuls peuvent nous apprendre.

27. Différence des sexes chez les mort-nés. Ce tableau renferme un autre point sur lequel je dois attirer l'attention. A l'article Mort-nés , et à propos de leur sexualité, nous avons dit et prouvé les causes de l'excès considérable de mortinatalité qui pèse sur le sexe masculin. Nous avons montré que cet excès est dû, en partie, à l'excès du volume de la tête du fœtus mâle, mais non exclusivement, puisque avant et après l'accouchement la mortalité des garçons continue à l'emporter sur celle des filles. Quoi qu'il en soit, la 6*= colonne nous montre que pour 100 filles mort-nées on compte de 130 à 150 garçons; la différence de mortinatalité des deux sexes est donc considérable. On remarquera en passant que c'est chez nous que cet excès de mort est à son maximum, et surtout dans nos campagnes, où l'on compte, parmi les naissances légitimes, près de 1 59 garçons mort-nés contre 100 filles mort-nées, et encore 1 5 1 pour la France entière. On peut dire qu'aucun pays ne fournit des valeurs aussi élevées. Est-ce à dire que la mortinatalité de nos garçons soit supérieure à toute autre ? Je ne le pense pas {voy. Mort-nés) , mais cela veut dire que plus que partout ailleurs elle dépasse celle des filles.

28. Excès apparent des garçons mort-nés dans le mariage. A côté de ce fait que je signale, il en est un autre bien extraordinaire, c'est l'extrême différence qui existe entre l'excès des garçons mort-nés dans le mariage et l'excès bien moindre des garçons mort-nés hors mariage. Ainsi, en France, on voit (4-5^ colonnes) que pour 100 filles mort-nées, au lieu de compter 151 garçons mort-nés, comme dans les ménages, les filles-mères n'en ont que 123,4!! Qu'est-ce a dire? La mortinatalité serait moindre pour les garçons venus hors mariage . D'une manière absolue, non sans doute, elle est plus considérable, au contraire (environ dans le rapport de 100 : I80) ; mais relativement à la mortinatalité des filles, certainement, car la mortinatalité des filles légitimes, comparée

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à celle des filles illégitimes, est environ dans le rapport de 100:215. Ainsi cette diminution de l'excédant des garçons dans les mort-nés hors mariage n'est au fond que l'e xpression de l'aggravation de la mortinatalité des filles naturelles. Ce fait se retrouve chez toutes les nations de l'Europe, le Danemark excepté; c'est à Paris qu'il est le moins prononcé et en France qu'il l'est le plus. Cependant la généralité de ce fait singulier ne nous paraît pas infirmer l'explication que nous en avons proposée (au moins provisoirement) à l'article Mort-nés (p. 20). 29. Modifications suivant les temps dans les rapports de sexualité des nouveau-nés. Ces mouvements sont accidentels et passagers, ou ils ont un caractère plus durable.

Les mouvements annuels sont assez marqués, comme on peut en juger par les successions suivantes que nous prenons au hasard, et pour exemple, à Londres, dans la période de onze ans (1863-73). On compte annuellement par 1000 naissances filles les naissances mâles suivantes : 1049 — 1043 — 1025 — 1034— 1046— 1050-1052— 1042— 1026— 1043— 1034.

Prend-on une petite nation dans son ensemble, comme le Danemark, dans la période décennale 1860-69, l'année 1864 a donné le maximum do garçons, soit 1070 (avec mort-né), en 1869 le minimum, soit 1041, la moyenne étant 1059. Enfin la Suède permet de calculer ces rapports depuis plus d'un siècle : pour les seuls nés vivants de 1751 à 1855, la moyenne générale est de 104,5 : des oscillations passagères ont fait monter ce rapport à 106,2 en 1807, et l'ont fait descendre à 102,1 en 1784. Mais, jusqu'à ce jour, ces fluctuations n'ont pu être rattachées à aucune influence spéciale. Peut-être faudrait-il la l'echercher dans les causes qui font varier les âges des nouveaux époux.

Quant aux mouvements de longue durée, ils sont bien peu appréciables. Cependant, je remarque en Angleterre une tendance à la diminution de l'excès des naissances mâles (au moins de celles qui sont enregistrées), puisque, dans la période 1838-47, on compte 104,97 garçons contre 100 filles, et, en 1864-73, seulement 104 ; mais peut-être est-ce parce que l'usage de faire passer pour mort-nés les décès des premiers jours de la vie, afin d'économiser les frais d'enterrement, va se propageant ou s'aggravant, et comme ces décès portent plus sur les garçons {voy. Mortalité), il en résulte que les nombres relatifs des survivants garçons qu'on enregistre comme nouveau-nés vont en diminuant ; ou vraiment ces modifications dans les rapports de la sexualité sont-elles réelles ? Peut-être sont-elles liées à la fécondité croissante et plus prolongée des épouses qui, ainsi que nous allons le montrer, donnent plus de garçons dans les premières années de l'union conjugale et moins dans les dernières? Voilà ce que les démographes anglais, par des recherches spéciales, peuvent seuls nous apprendre.

30. Circonstances modifiant la proportion des sexes des nouvau-nés. Quelles senties causes de cette prédominance des naissances mâles, dans tous les pays relevant leurs mouvements ; prédominance légère, mais si constante ? Les réponses à cette question peuvent être puisées à deux sources : d'une part dans les connaissances physiologiques — nous ne ferons qu'effleurer ce côté de la question qui n'est plus de notre sujet, et, d'autre part, dans les données de la Démographie; ces dernières pourraient être nombreuses et précises; mais, jusqu'à notre temps, ces sources de savoir, si faciles à relever, ont été tellement négligées, abandonnées le plus souvent au bon plaisir des purs administrateurs, plus ou moins lettrés, mais indifférents à la science ou incompétents, que sur un

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sujet aussi spécial, c'est comme par hasard qu'on recueille çà et là quelques documents échappés involontairement à l'administration.

En France, il n'y a aucun document de nature à nous servir. Mais j'en ai rencontré un dans la statistique officielle de l'Autriche, qui s'est avisée, une année, de relever et publier à part le nombre et le sexe des premiers-nés.

31. Influence de la primogéniture sur la sexualité. Nous ne savons dans quel but a été fait le travail ci-dessus mentionné, toujours est-il qu'on n'en a rien tiré et que malheureusement on ne l'a pas continué. Mais tel qu'il est, en le mettant en œuvre, on en extrait les résultats les plus intéressants pour la question qui nous occupe.

D'ailleurs, comme il s'agit d'une conclusion nouvelle, reposant sur un document original qu'on ne trouve que relégué en un coin du grand volume officiel d'un livre allemand bien peu répandu chez nous, nous croyons, contrairement à nos habitudes ménagères de l'espace, devoir reproduire les chiffres

Vl« TABLEAU.

NATALITÉ COMPARÉE DES SEXES POUR LES AINKS ET LES CADETS DANS LE MARIAGE

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