‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.65Chapitre 67 sur 90 · DE LA SÉCRÉTION · texte numérisé non relu

DE LA SÉCRÉTION

ENFANTS

3 heures, sérosité louche. . .

Observé 8 jours, glandes augmentent, sécrétion abondante malgré une double conjonctive purulente.

9 heures, sérosité à gauche .

Glandes volumineuses à la naissance, observé 5 jours, les glandes et la sécrétion augmentent des deux côtés.

48 heures, à peine un peu de

Glandes très-petites, observé 14 jours, les glandes se développeut peu, sécrétion lactes-

cente très-minime.

5* jour, sérosité surtout à

gauche

Les glandes n'ont pas pris beaucoup de développement, sécrétion peu abondante.

5« jour, sérosité à gauche . .

Parti eu nouriice.

14 h., sérosité lactescente . .

Glandes petites au début, la gauche notablement; observé 15 jours, lait au départ.

5 jours 1/2, sérosité

Seins petits au début, augmentent peu, sécrétion lactée médiocre.

7 heures, un peu de sérosité .

Glandes très-petites, augmentent, sécrétion moyenne, un peu de sang sort à gauche, quitte l'hôpital le 8* jour.

5" our, à'peine de sérosité. •

Glandes très-petites au début, augmentent à peine, il ne sort que de la sérosité louche, quitte l'hôpital le 10" jour.

10 heures, sérosité des deux

côtés

Glandes petites au début, mais augmentent

beaucoup, sécrétion du lait abondante, observé

Total

13 jours.

sorte que j'ai eu rarement l'occasion de suivre le phénomène en question jusqu'à sa cessation complète. De temps en temps cependant, les mères sont retenues beaucoup plus longtemps pour cause de maladie, et j'ai pu observer leurs enfants pendant vingt, trente et même quarante-huit jours et j'ai plusieurs fois constaté à ces limites la persistance de la sécrétion. Quand elle s'est montrée dès le début avec une certaine abondance, il est bien rare qu'elle soit terminée avant la fin du premier mois. Quand les glandes, petites dès le début, ne se sont pas sensiblement accrues, elle peut avoir une durée beaucoup plus courte. Je reconnais d'ailleurs que mes observations ne sont pas suffisantes pour éclairer cette seconde partie de la question. Je fais appel au bon vouloir de ceux qui ne jugeront pas le sujet indigne de leurs efforts, et je me propose bien moimême de poursuivre des recherches dans ce sens.

J'ai parlé plusieurs fois du volume très-variable de la glande mammaire chez le nouveau-né. Il est bien entendu que mes appréciations n'ont pas une précision mathématique ; pour les obtenir, j'ai dû me contenter de serrer la mamelle à la base du mamelon, entre le pouce et l'indicateur et, par une sorte de palper, de distinguer la résistance du tissu glanduleux et d'en apprécier l'étendue. Je dois dire qu'avec un peu d'habitude, cela devient chose facile. J'ai vu des cas où il n'y avait rien d'appréciable ; on devine, d'après ce que j'ai déjà dit, que j'avais affaire à des enfants nés avant terme et dont le développement laissait beaucoup à désirer; il n'est pas impossible qu'on ne trouve rien d'un côté et quelque chose de très-petit de l'autre. Quoi qu'il en soit, il y a des enfants, même à terme, dont les glandes sont très-petites et offrent à peine le volume d'un grain de chénevis (fig. 16). Tantôt les deux sont pareilles; quel-

Fig. 16. Fig. 17. Fig. 18.

quefois, l'une est un peu plus grosse, sans que cela soit plus fréquent d'un côté que de l'autre. Souvent au moment de la naissance, elles sont plus développées et elles ont bien 3 ou 5 millimètres de diamètre (fig. 17). Comme dans le cas précédent, on peut constater quelque différence entre le côté gauche et le côté droit. Au bout de quelques heures ou de quelques jours, elles augmentent, et j'en ai vu souvent qui, vers le dixième ou le douzième jour, avaient un peu plus de 2 centimètres dans leur plus grand diamètre (fig. 18). Arrivées à ce degré, elles restent quelque temps stationnaires, et on comprend qu'il faille un certain nombre de jours pour que le travail de régression qui doit les envahir ait le temps de s'accomplir. Elles n'atteignent pas toujours un développement aussi considérable, ce qui n'empêche pas la sécrétion de s'établir.

Le liquide sécrété s'offre à nous avec des caractères différents selon l'époque où on l'examine. C'est presque toujours par pression qu'on l'obtient, car il es infiniment rare qu'il coule spontanément. Cette pression pour êlre fructueuse doit être bien faite et réclame un certain apprentissage. Elle doit consister dans une sorte d'expression opérée d'arrière en avant ; quoique assez forte, il ne faut DicT. ENc. 2^ s. Xm. 45

pas la rendre très- douloureuse et on doit prendre garde de la fouler au point d'écraser le tissu glanduleux.

J'ai vu deux fois un peu de sérosité teintée de sang apparaître et je me suis demandé si je n'étais pas allé trop loin. Je dois ajouter qu'il n'en est rien résulté. On pourrait supposer que ces pressions, exercées tous les jours depuis la naissance, ont une grande influence sur la sécrétion ? à priori on serait tenté de le croire; mais, sans leur refuser toute action, je ne pense pas qu'elles constituent la cause principale. J'ai examiné et fait examiner un grand nombre d'enfants âgés d'un jour à six semaines (une seule fois), et la présence du liquide a été constatée dans les mêmes conditions que chez les enfants étudiés chaque jour.

Généralement le premier liquide qu'on fait apparaître est de la sérosité transparente et fort peu abondante. A peine une toute petite gouttelette des deux côtés ou d'un côté seulement. Parfois il y en a si peu que c'est une sorte d'humidité qu'on aperçoit simplement. Il peut être dès l'origine un peu trouble et comme laiteux, mais cela est loin d'être commun. Quand la glande s'accroît? il augmente de quantité et il ne tarde pas à prendre tous les caractères du vrai lait, c'est-à-dire qu'il est devenu opaque et pariaitement blanc. Seulement à aucune époque je n'ai rencontré les grumeaux jaunâtres nageant dans la sérosité, qui caractérisent chez la femme ce qu'on a désigné sous le nom de colostrum. Une fois le lait bien constitué, la sécrétion se prolonge pendant une ou plusieurs semaines. Au reste, elle ne cesse pas brusquement. Avant de disparaître, la quantité diminue, le liquide s'éclaircit et reprend petit à petit l'aspect séreux du début; il existe encore quelque temps avec ce caractère et bientôt il n'y en a plus. Ainsi que l'avait établi N. Guiilot d'après ses recherches, il est neutre au moment où on le fait sourdre, mais il ne tarde pas à devenir acide au contact de l'air.

Sa quantité, qui est très-variable selon les sujets, est assez considérable chez quelques-uns pour qu'on puisse en extraire des deux mamelles, quand la sécrétion est à son summum, plus d'un centimètre cube dans une seule séance. Je l'ai vu jaillir assez souvent, comme chez les bonnes nourrices, à 15 ou 20 centimètres sous l'influence de la pression.

Quant à sa composition chimique, je me déclare incompétent et je m'en réfère à ce qu'en a dit N. Guiilot et surtout aux analyses de Quévenne qui ont été rapportées dans le mémoire de Gubler. Je les ai indiquées plus haut ; elles confirment ce fait aujourd'hui incontestable, à savoir : qu'elle est identique à celle qu'on constate chez la femme en pleine lactation, en tenant compte, bien entendu, de quelques différences qui portent sur la quantité de certains éléments.

Les résultats des examens microscopiques confirment encore cette identité. Mes expériences personnelles et celles que M. Galipp a bien voulu répéter dans mon service m'ont permis de constater qu'au début, lorsque le liquide est transparent ou à peine louche, il renferme des éléments qui caractérisent le colostrum (fig. 19): 1" des corps granuleux; 2° des globules agglomérés; 3° quelques globules petits et rares nageant dans le liquide. Plus tard, quand la sécrétion commence à devenir laiteuse, les globules butyreux sont plus petits, pour la plupart, que chez la femme (fig. 20); mais quand le liquide est devenu bien opaque et bien blanc et qu'il a tout à fait l'aspect du vrai lait, le microscope nous le montre comme aussi riche en globules que celui de la meilleure nourrice, de

telle sorte que si on n'était pas prévenu il serait bien difficile de les distinguer (fig. 21). J'ai déjà eu occasion de dire plusieurs fois que c'était surtout sur des enfants vigoureux et dont la nutrition était régulière que la sécrétion était

oO

oO

Fig. 19. — Sérosité Jactescenle (enfaal d'un jour) ne conlenanl que quelques corps granuleux en voie de formation et transparents, avec quelques globules de lait, les uns trèsfins, les autres, au contraire, cros et difformes.

Fig. 20. — Elcmeats du colostrum, chez le nouveau-né, à corps granuleux, b, globules

agglomérés.

Fig. 21. — Lait d'un enfant de dis jours, dont les mamelles n'avaient pas été exprimées.

Richesse moyenne. A, corps granuleux.

abondante; j'ajoute ici que c'est dans ces mêmes conditions qu'on rencontre les laits les plus riclies (l'âge de la sécrétion étant le même, bien entendu) [fig. 22].

^ Oo°

Fig. 22. À. et B. — Cette figure est destinée à représenter l'identité qui existe, au point de vue des résultats microscopiques, entre le lait de la femme accouchée et celui du nouveau-né,

A, éléments du colostrum (B, lait) ; a, corps granuleux ; b, globules agglomérés, — de femme. Richesse moyenne.

On trouvera dans le tableau ci-dessous le résultat de 14 examens microscopiques. Le lait n'a été examiné qu'une seule fois et il s'agissait d'enfants dont le plus jeune n'avait vécu que douze heures au moment de l'expérience et le plus âgé quarante-huit jours.

TABLEAU DES ENFANTS DONT LE LAIT n'a ÉTÉ EXAMINÉ QU'dNE FOIS AO MICROSCOPE.

NUMÉROS

d'ordbe.

AGE

SEXE

Page 1