Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.68
OREILLE. § I. Anatomîe. L'appareil de raudilion est très-difficile à étudier et à décrire. Cesdiliicultés sont dues à plusieurs causes. Les unes sont inhérentes à la situation anatomique spéciale des parties les pins iinpoitantes renlermées, comoieon lésait, dans un os épais et profondément situé à la base du crâne. Les autres proviennent de la complexité des parties à étudier, de la fragilité et de la rapide allérabilité de certains éléments anatomiques qui entrent dans la composition des formations récemment découvertes dans l'oreille interne. 11 a fallu les progrès si considérables accomplis depuis peu d'années dans la technique microscopique pour surmonter toutes ces diilicullés accumulées, permettre d'aborder un certain nombre de problèmes anatomiques et de les résoudre, si ce n'est en totalité, du moins dans leurs parties essentielles. C'est à ce point que l'on peut dire sans crainte d'être taxé d'exagération que l'anatomie de l'oreille a fait plus de chemin dans les vingt dernières années que dans les deux siècles qui les ont précédées.
L'appareil de l'audition se subdivise, au point de vue physiologique dont les données se confondent pour cet organe avec celles que nous fournit l'anatomie topographique et chirurgicale, en deux parties essentiellement distinctes :
1° Un appareil de transmission ;
2° Un appareil de réception.
La portion de l'appareil destinée à la transmission des sons se différencie de la seconde au triple pomt de vue de la fonction, de la situation topogiaphique et du développement. En effet, elle se développe avec la face, en même temps qu'elle, et en reste une dépendance pendant toute la période embryologique, ce qui la différencie essentiellement déjà de l'appareil de réception qui, lui, se développe avec le crâne et les centres nerveux. Elle appartient à la face par les données dé l'anatomie topographique, car elle est accessible à l'exploration directe soit par le conduit auditif externe, soit par la trompe d'Eustache; enfiu elle se présente, ainsi que le démontre l'étude de l'appareil auditif dans la DICT. ENC. 2« s. XVII. i
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série animale, avec tous le? caraclèrcs d'un perfectionnement surajouté, mais qui par lui-même n'est pas indispensable à l'exercice de la fonction.
CeLte partie revêt la forme d'une cavité ou caisse, communiciuant avec l'extérieur par deux conduits. L'un de ces conduits s'ouvre directement au dehors, en s'élargissaut et en s'épanouissant en une sorte de conque ou de pavillon, dont la conlbnnaLion extérieure et l'importance varient considérablement dans la série des mammifères, qui seuls possèdeut cet appendice. Ce conduit est séparé de la cavité ou caisse par une membrane mobile dout la tension et par conséquent l'aptitude à vibrer sont variables. L'autre conduit, ouvert et libre à ses deux extrémités, débouche dans le fond du pharynx, de telle sorte que l'équilibre de pression puisse s'établir facilement sur les deux faces de la membrane mobile. Enfin la caisse est traversée elle-même par une chaîne d'osselets articulés les uns avec les autres qui relient directement la membrane mobile à l'appareil de réception profondément situé dans le centre du rocher. On voit par cette rapide énumération que la partie de l'appareil auditif destinée à la transmission des ondes sonores correspond à ce qu'en anatomie descriptive et topographique les auteurs décrivent habituellement dans deux chapitres distincts: l'un destiné à l'oreille externe, l'autre à l'oreille moyenne ; on doit les considérer comme reliées l'une à l'autre, en vue du but à atteindre et de la partie de fonction qu'elles sont destinées à assurer. Cependant, et ce fiiit bien établi, pour la facilité de la description, on subdivise l'appareil de transmission en plusieurs parties secondaires, qui sont en allant de dehors en dedans : le conduit auditif externe avec le pavillon de l'oreille comme dépendance; la membrane du tympan; la caisse du tympan et ses dépendances, cellules mastoïdiennes et chaîne des osselets; enfin la trompe d'Eustache.
Vappareil de réception se différencie également à tous les points de vue par la situation anatomique qu'il occupe, par la conformation intérieure et extérieure qu'il présente, enfin par le mode de développement, de celui dont nous venons de rappeler succinctement les principaux caractères. 11 est profondément situé dans le rocher qui lui offre, chez les vertébrés supérieurs, pour en recevoir les formations anatomiques si délicates et si variées, plusieurs cavités remarquables par leur forme, leur structure, leurs rapports et la complexité des détails anatomiques qu'elles présentent à l'étude. Destinée à recevoir et à modifier les vibralions sonores de façon à les transformer en impressions aptes à être ressenties par les centres nerveux, tout dans la contormation et la structure de l'oreille interne est dirigé ])Our atteindre ce but. Une grande surface de développement est offi^rte aux terminaisons nerveuses pour assurer autant que possible leur indépendance mutuelle. L'intégrité de leur fonction et leur conservation sont produites en les garantissant de l'influence de modifications trop brusques dans l'intensité et le nombre des vibrations sonores, par ce lait que les terminaisons nerveuses si remarquables de l'oreille interne baignent dans un liquide, sont entourées par un antre liquide, qui peuvent toujours l'un et l'autre, grâce à une disposition admirable, se mettre en équilibre de pression et échapper à une ten-
sion exagérée.
Enfin l'oreille interne se développe dans les centres nerveux dont elle paraît être à tous les points de vue une dépendance immédiate. Ce n'est pas tout : ainsi que le démontre l'étude de l'appareil de l'audition dans la série animale, on voit qu'elle en constitue la partie fondamentale. Eu effet les premiers rudiments de l'appareil sont représentés par des saccules à otolithes analogues à la
portion vesfibulaire ; puis on voit apparaître les canaux demi-circulaires et bien plus tard le limaçon.
On peut se représenter l'oreille interne comme formée par une cavité, située immédiatement en dedans de la caisse du tympan, dont elle est séparée par une paroi osseuse daus la plus grande partie de sou étendue, membraneuse en deux endroits : ces portions membraneuses sont la fenêtre ovale et la fenêtre ronde, points par lesquels s'établit la communication entre les deux parties de l'appareil.
A cette cavité centrale que nous avons déjà indiquée comme constituant la partie fondamentale de l'oreille interne se rattachent en haut, en arrière et en dehors, les canaux demi-circulaires, et en bas et eu avant une formation remarquable, le limaçon, que Tonne trouve avec son complet développement que chez les mammifères.
Chez les vertébrés supérieurs, où nous étudierons jdus particulièrement l'oreille interne, on la divise en deux portions fondamentales : le vestibule et ses annexes, canaux demi-circulaires et aqueduc du vestibule; le limaçon, ses rampes, et les formations si curieuses renfermées dans l'épaisseur de la portion membraneuse, auxquelles il convient d'adjoindre l'aqueduc du limaçon.
Appareil de transmission. Pa VILLON DE l'ouEILLE. Le pavillon de l'oreille
est la portion évasée du conduit auditif externe; c'est un organe élastique placé au dehors, et destiné à diriger soit par réllexion, soit par propagation directe, dans l'intérieur du conduit auditif, les vibrations sonores qui viennent le frapper. Chez l'homme il est aplati, très-rapproché de la tête, et assez peu développé pour que la relation intime de continuité qui réunit le pavillon et le conduit auditif soit peu apparente. Mais dans la série des mammifères autres que les primates cette disposition devient très-manileste.
Les mammifères seuls possèdent une oreille externe, et la presque totalité d'entre eux sont pourvus d'un pavillon de l'oreille. On cite cependant queli|ues espèces animales qui en sont dépourvues, et cette absence de pavillon de l'oreille est toujours en rapport avec les conditions de milieu imposées à ces espèces animales par leur genre de vie. Ainsi les espèces suivantes : les cétacés qui séjournent dans l'eau, les ornithorbyn(|ues, animaux également aquati |ues, les taupes, qui passent leur existence dans des conduits souterrains, sont dépourvus de pavillon de l'oreille. On se rend compte facilement de la disparition de cet appendice inutile dans les conditions ordinaires de vie de ces espèces animales, oii la conductibilité si grande des milieux qu'ils habitent remplace avantageusement cet appareil de renforcement.
Acôtédeces espèces, il en est d'autres où. au contraire, le pavillon de l'oreille prend un développement considérable et en même tempsjouil d'une mobilité trèsgrande. Ainsi le lièvre, le lapin, la gazelle, présentent ce mode de conformation. Enfin d'autres espèces appartenant toujours à l'ordre des mammifères possèdent des pavillons de l'oreille dont les dimensions sont véritablement exagérées. L'éléphant, par exemple, les chauves-souris et parmi celles-ci la chauvesouris oreillard.
La situation de cet appendice est la même dans toute la série des mammifères qui en sont pourvus. Il est placé sur les parties latérales et mférieures du crâne, immédiatement en arrière de l'articid .tion temporo-maxillaire et sur les limites de la face, à l'expression de laquelle il prend une large part. L'étendue
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de ses points d'attache est variable suivant les espèces animales, et. lorsqu'il est très-de'veloppé, comme chez l'clephant, la chauve-souris, il remonte sur le crâne. Chez l'homme, situé en avant des apophyses mastoïdes, en arrière de l'articulation temporo-maxillaire, encadré en av.mt et enhas par la région parotidienne, en haut et en arrière par les cheveux, il est assez peu développé, assez peu saillant d'habitude pour ne pas envahir les parties latérales du crâne. 11 appartient par sa surface extérieure à la face, à l'expression de laquelle il concourt pour une part variable avec sa forme, son étendue et son inclinaison sur sa base d'implantation.
En effet les dimensions, la configuration du pavillon, l'angle sous lequel i} s'insère, présentent de très-nombreuses variétés. Les unes sont communes à une même famille, à une même race, et constituent quelquefois des signes dislinctifs de race et de nationalité. Chez quelques individus le pavillon est presque parallèle à la région temporale. Chez la femme, dans quelques peuplades, cet état est le plus souvent le résultat d'une pression exagérée de la coiffure, ou la conséquence de pratiques considérées comme salutaires à la première f nfance. Dans d'autres cas ce rapprochement du pavillon de la tempe est dû ii un état pathologique antérieur, à un eczéma chronique du point d'attache et de la rainure postérieure, phénomène assez fréquent dans la seconde enfance.
Quelquefois le pavillon s'incline en avant, même assez fortement et d'une manière qui paraît exagérée. D'après 1 s recherches de Buchanan, l'absence d'inclinaison et l'inclinaison exagérée sont également nuisibles au bon fonctionnement du pavillon de l'oreille. Cet appendice produit son maximum d'effet utile lorsque l'angle qu'il forme avec la région temporale dépasse 15 degrés et reste audessous de 50 degrés.
Enfin les formes et les dimensions du pavillon se modilient avec l'âge. D'après les recherches de Ruhn (de Strasbourg), il se développe après la naissance beaucoup plus en longueur qu'en larj^eur. Chez le vieillard, il perd de la légèreté, de la netteté dans les saillies et les dépressions qui séparent ses bosselures, et il devient pour ainsi dire ilasque. Nous verrons plus tard le rapport que Lavater et Joux ont voulu établir entre la forme du pavillon et le caractère ou les aptitudes des individus.
Le pavillon de l'oreille est d'une forme irrégulière ; on peut cependant le comparer à une coquille, dont la grosse extrémité serait dirigée en haut, dont la petite extrémité placée en bas se continuerait avec un appendice mou et flottant auquel on donne le norn de lobule de l'oreille.
La face externe plus ou moins inclinée en avant présente à étudier un certain nombre de saillies et de dépressions. Les saillies sont Vhélix, Yanlhélix, le traçfus et Vanlitragus. Vhélix forme un repli qui constitue la circonférence du pavillon. Il naît dans une cavité centrale et plus ou moins profonde, la conque, de là il se dirige eu avant et en haut, puis en avant, plus tard en arrière et enfin en bas en décrivant une sorte de spirale dont la courbure extérieure au second tour disparaît vers la base du lobule de l'oreille. Vanthélix forme une saillie plus large que la précédente et moins compliquée. Elle naît au niveau du bord postérieur du conduit auditif externe, au-dessus de l'antitra^us, contourne eu demi-cercle la demi-cii conférence postérieure de la cavité de la conque, puis se termine dans l'inléiieur de la courbe à concavité inférieure de l'hélix en se divisant en deux branches, dont l'une est oblique en haut et continue la direction générale de la courbure de l'antliélix, l'autre presque horizontale se di-
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rige en avant. Le tragus est une saillie de forme triangulaire, située en avant du conduit auditif externe qu'elle masque en grande partie, de telle sorte qu'il faut l'écarter lorsqu'on veut étudier la partie extérieure de ce conduit. Le sommet en est arrondi, la base se continue avec la portion cartilagineuse du conduit auditif externe. La face antérieure légèrement inclinée en avant et en dehors se continue avec la région parotidienne. Il est séparé, par un léger sillon qui conduit dans la cavité de la conque, de l'hélix au niveau du point où ce repli forme son premier coude en haut. L'antitragus est également de forme triangulaire; il est situé en face du tragus, en arrière et en bas de la cavité de la conque, dans le voisinage immédiat de l'origine de l'anlhélix dont il est séparé par une légère dépression ; en bas il est séparé également de l'extrémité inférieure du tmgus par une échancrure à concavité supérieure par laquelle la peau de la conque se continue directement avec celle ài lobule.
Dans quelques espèces animales ces deux dernières saillies prennent un développement bien plus considérable que celui qui est observé dans l'espèce humaine. Le tragus peut dans ce cas former une sorte d'opercule qui obture le conduit auditif externe; l'aspect extérieur qu'il présente dans ce cas est assez variable: il peut être foliacé, pointu, bifurqué, même lobule. Cet appareil obturateur n'est pas toujours constitué par le tragus seul. Ainsi chez les nnisaraignes, l'antitragus également très-développé se rabat en dedans et (Mi avant, tandis que le tragus se replie sur le précédent et forme pour ainsi dire un second volet qui recouvre le premier.
Enfin, dans d'autres cas encore, c'est la partie externe du bord inférieur du pavillon qui s'isole, forme une sorte de lobe qui se replie en avant et recouvre l'orifice externe du conduit auditif externe.
Les cavités ou dépressions sont la cavité île la conque, la gouttière de l'hélix et la fossette de l'anlhélix ou fossette scaphoide. La première de ces dépressions est profonde et se continue en avant avec le conduit auditif externe ; elle est circonscrite en avant par le tragus, en arrière par l'antitragus et plus haut par une portion incurvée de l'anlhélix, puis par la branche inférieure et horizontale de la bifurcation de l'anthélix. Elle est divisée en deux parties inégales par l'origine de l'hélix qui naît, ainsi que nous l'avons vu, dans le fond delà courbure à concavité antérieure et inférieure formée par l'anthélix. Au niveau de la continuité de la conque avec le conduit auditif externe, il existe une légère saillie dont le volume et le degré de courbure sont variables et qui masque aussi plus ou moins l'entrée de ce conduit auditif externe.
La gouttière de l'hélix est formée parla grande circonférence du pavillon qui, se repliant vers sa face externe, donne naissance à une dépression plus ou moins accusée suivant les sujets. Cette gouttière sépare ïhélic de Vanthélix et vien se termmer en bas et en dehors de l'antitragus, en s'élargissant et devenant ie moins en moins profonde jusqu'au niveau de la base du lobule de l'oreille oià elle disparaît. A son origine elle s'est confondue avec la moitié supérieure delà cavité de la conque, plus haut elle se continue avec la fossette scaphoide de 1 anthélix avec l.iquelle elle a été confondue par quelques auteurs. La fossette scaphoide ou fossette de l'anthélix est située entre les deux branches de division de l'anthélix qui la limitent en arrière, en haut et en bas, et en avant recouverte en partie par la portion ascendante de l'hélix. Elle a une forme triangulaire, à ai.gles légèrement arrondis, et est peu profonde. Les éminences et dépression que nous venons de décrire succinctement présentent un relief et
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des profondeurs variables avec les sujets et donnent suivant les variations de volume qu'elles offrent un aspect bien différent au pavillon de l'oreille. Lorsque les saillies sont peu considérables, lorsque les dépressions sont peu profondes, l'oreille semble pour ainsi dire étalée, agrandie et comme collée à la région temporale. Dans le cas contraire elle est comme resserrée sur elle-même, recoquevillée, et elle paraît plus petite.
Le tiers antérieur et inférieur de la face interne est adbérent, et constitue l'attache du pavillon de l'oreille; à ce niveau les tissus qui le forment se continuent avec le conduit auditif externe, avec le repli du lobule en bas et en avant et avec la peau de la région temporo-pariétale en haut. La partie libre et non adhérente présente des saillies et dépressions invenes de celle de la face externe, mais bien moins prononcées ; ce sont, en allant de dehors en dedans, une saillie correspondant à la gouttière de l'hélix, une dépression répondant à la gouttière de l'anlhélix et une saillie arrondie formée par la cavité de la conque et dont le développement est en rapport avec le creux que présente celte cavité.
La circonférence sans caractère particulier, en avant, en haut et en arrière,, présente en bas un appendice arrondi en général, mais dont le volume est trèsvariable. C'est le lohule de l'oreille dont les dimensions concourent pour une grande part à l'élégance de la face et à celle du pavillon de l'oreille, ainsi que cherche à le démontrer le docteur Joux. Cet appendice, dont la stniclure est différente de celle du reste du pavillon de l'oreille, est ordinairement choisi pour y insérer des ornements variés de forme et de volume. En avant et en bas, un repli cutané unit le bord antérieur du lobule au tragus, puis on retrouve le tragus et plus haut que cette saillie une dépression qui sépare le tragus de la courbure de l'hélix.
Le pavillon de l'oreille est constitué comme charpente par un fibro carti liage qui lui donne sa forme fondamentale. On y trouve en outre des lignments, des muscles, des vaisseaux sanguins et lymphatiques, des nerfs ; enfin il est recouvert par un revêtement cutané. Mais chez beaucoup de mammifères la charpente du pavillon de l'oreille, au lieu d'être formée par une lame cartilagineuse unique plissée dans dilférentes directions, est constituée par l'assemblage de plusieurs pièces de cartilage, reliées les unes aux autres par un appareil ligamenteux et musculaire. Ainsi Chauveau a pu décrire chez le Solipède trois pièces fibro-carlilagineuses indépendantes ; et d'après Casserius le pavillon de l'oreille du bœuf offrirait une disposition analogue. Il résulte de cette division en plusieurs pièces la possibilité pour le pavillon de s'allonger ou de se raccourcir, de se dilater ou de se rétrécir.
Chez l'homme, le fibro-cartilage reproduit d'une façon générale les saillies et les dépressions que nous venons de décrire dans le pavillon de l'oreille. Il existe dans toute son étendue, sauf en bas ; il ne se prolonge pas, en effet, dans le lobule de l'oreille, et s'arrête suivant une ligne horizontale passant par le bord supérieur de la dépression qui sépare le tragus de l'antilragus. En effet, l'hélix, après s'être réuni à la terminaison de l'antitragus par une fissure, cesse ù ce niveau. D'autre part, le bord antérieur de l'antitragus se continue avec le tragus en suivant la dépression que nous venons de rappeler ; de plus, l'une et l'autre de ces saillies se continuent directement dans la cavité de la conque et donnent naissance à un demi-canal à concavité supérieure qui forme l'origine de la portion cartilagineuse du conduit auditif externe.
On décrit sous le nom à'apophjse de l'hélix une petite éminence conoïde dont
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la saillie variede 2 à 5 millimètres ; elle est située en avant, au niveau du point de réflexion de l'hélix et immédiatement au-dessus du tragus, séparée de ce dernier par une incisure assez profonde. Celte apophyse donne naissance à trois des muscles intrinsèques du pavillon de l'oreille. Le prolongement que forme en bas le cartiLtge et (jui dépend de la terminaison de l'hélix et de Tanlliélix est désigné sous le nom de languette cartilagineuse de l'hélix et de l'anthélix. En arrière, et négligeant les saillies et dépressions que nous avons déjà décrites en parlant de la configuration du pavillon de l'oreille, on noie l'exi^fence d'une apophyse située à la partie postérieure de la conque et connue sous le nom à'apophyse delà conque; elledonne insertion à une partie du muscle extrinsèque auriculaire postérieur.
Ce fibro-cartilage n'a pas dans toute son étendue une épaisseur uniforme. Il est mince et comme dentelé sur le bord replié qui forme le pourtour inférieur de la saillie de l'hélix. Au niveau de l'anthélix. il est lisse et uni chez les sujets jeunes, mamelonné et rugueux chez les sujets Agés. C'est au niveau de la partie centrale de la conque que son épaisseur est la plus considérable. Il est recouvert par un périchondre épais et fibreux, formé de faisceaux parallèles à la surl'ace du cartilage. Il appartient à la variété des fihrocarlilages dans lesquels la substance fondamentale contient beaucoup de tissu élastique sous la forme de fibrilles assez minces, et qui ne se colorent pas par le carmin et le picro-carminate, alors que les cellules contenues dans les capsules se colorent. Ces fibrilles circonscrivent les capsules par leur entre-croisement en tous sens, et limitent des alvéoles dans lesquels sont contenues les capsules. A la périphérie les faisceaux formés par ces fibrilles se recourbent, vont se continuer dans la partie profonde du périchondre et disparaissent sans le colorer, alors que le tissu conjonctif fibreux de ce même périchontirc est trèsfortement coloré. Les capsules de cartilage sont peu développées, souvent anguleuses, et ne renferment qu'une cellule. Dans le voisinage immédiat de deux faces elles sont plus allongées. Dans certaines espèces animales, le cochon d'Inde, le castor, le cartilage est grandement modifié dans sa structure, et d'après Lenckart il serait en partie ossifié.
Les LIGAMENTS qui entrent dans la charpente du pavillon de l'oreille sont de deux sortes : les uns le fixent aux régions faciale et crânienne, les autres ne dépassent par les limites propres du cartilage. Les premiers sont dits extrinsèques, les seconds sont appelés intrinsèques.
Les ligaments extrinsèques, en se joignant aux muscles du même ordre, assurent l'adhérence et la solidité du pavillon de l'oreille au niveau du point oià il est mséré. Cette adhérence est assez considérable pour pouvoir supporter le poids du corps. On décrit deux de ces ligaments; le premier est antérieur; il part de l'aponévrose du muscle temporal au-dessus de l'arcade zygomatique, puis plus bas du tubercule de l'arcade zygomatique pour aller s'attacher à la partie antérieure de la conque dans la portion molle et contiguë à l'hélix, puis à l'hélix et enfin au bord supérieur du tragus.
Le second est situé en arrière, il s'insère d'une part à la base de l'apophyse mastoïde et de l'autre à la convexité de la conque et à la paroi supérieure du conduit auditif externe. 11 ferme en haut et en arrière ce conduit.
Les ligaments intrinsèques ont moins d'impoi tance que les précédents; ils relient surtout entre elles les différentes saillies du pavillon et comblent les incisures qui existent entre les languettes cartilagineuses. En effet, le pren;ier
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de ces ligaments va de l'antitragus au bord interne de la languette de l'hélix et de l'antliélix et réunit cette languette au reste du pavillon; le second comble la fenleqiii existe entre le tragus et le premier coude de l'hélix, au-dessus de l'apophyse de l'hélix. Sur la face postérieure on en décrit deux autres moins importants, dont l'un réunit la saillie formée sur cette face par la fossette de l'anthélix à la convexité de la conque, et le second va de la convexité de l'hélix à la convexité de la fossette de l'anthélix et à celle de la conque.
L'i^ppAREiL MOTEUR du pavillou de l'oreille est double comme le système ligamenteux. 11 est très-variable avec les espèces animales ; très-développé et trèscompliqué chez certains mammifères, il assure non-seulement les mouvements de totalité du pavillon, mais aussi les mouvements de certaines parties et surtout des opercules obturateurs. Chez l'homme il est rudimentaire; toutefois on y décrit des muscles extrinsèques et des muscles intrinsèques.
Les premiers sont au nombre de quatre pour M. Sappey, qui ajoute aux trois premiers acceptés par tous les auteurs et qui sont l'auriculaire postérieur, l'auriculaire supérieur et l'auriculaire antérieur, un quatrième muscle difficile à apercevoir et qu'il décrit sous le nom de temporal superficiel, et auquel il donne le nom d'auriculo-temporal pour la partie qui appartient au pavillon de l'oreille. Les muscles auriculaires ont été décrits à ce mot {voy. Auriculaires [Muscler). Quant au temporal superficiel , qui d'après M. Sappey est d'une minceur extrême et difficile à apercevoir, il existe constamment. 11 est divisé en deux faisceaux, l'un supérieur qui fait suite à la partie externe du muscle occipital, tandis que le faisceau inférieur se continue avec l'auriculaire postérieur et forme ce que cet anatomiste désigne sous le nom d'auriculo-temporal. Les fibres de ce muscle remplissent surtout l'espace laissé libre entre le bord antérieur de l'auriculaire supérieur et le bord postérieur de l'orbiculaire des paupières. Il se fixe profondément sur l'aponévrose-épicrànienne et n'appartient à l'oreille que par la partie de ses fibres dite auriculo-temporale. D'après les rapports et la direction que présentent ces fibres musculaires, on voit qu'il se joint à l'auriculaire antérieur pour porter le pavillon de l'oreille en avant et en haut ; et comme à son niveau la peau, le tissu cellulaire et l'aponévrose épicrânnienne sont très-adhérents, il concourt à produire le froncement des téguments au niveau desquels il existe. Cette partie de l'appareil musculaire est au contraire très-développée chez les animaux qui ont besoin de mouvoir fortement leur pavillon de l'oreille pour le diriger vers le point d'oij proviennent les ondes sonores.
L'appareil moteur propre du pavillon est moins développé chez l'homme que le précédent par suite de la continuité de tissu qui existe entre les diverses saillies et dépressions qui le constituent. Les auteurs décrivent cinq muscles représentés, sauf un, par des faisceaux musculaires à peine appréciables. Ce sont : le grand muscle de l'hélix décrit pour la première fois par Santorini et situé au niveau de la portion ascendante de l'hélix. Il s'insère à l'apophyse de l'hélix et de là se dirige en haut pour se fixer à la face profonde de la peau qui recouvre la convexité de la saillie cartilagineuse. Son existence ne serait pas constante, et il aurait pour action de froncer la peau, de l'attirer en bas et d'augmenter la profondeur de la gouttière. Le petit muscle derhélix est oblique en bas et en dedans; il s'insère au niveau de la face inférieure de l'apophyse de l'hélix et vient se terminer à la face profonde de la peau qui recouvre l'espace coudé formé par l'union de la première à la seconde partie de l'hélix.
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Le muscle du tragus est Je forme rectangulaire. Il se fixe, inférieurement à la face antérieure du tragus, en haut au bord supérieur du même cartilage et au tissu fibreux qui réunit cette saillie à l'hélix eniérmant l'incisure qui existe à ce niveau. L'une des deux faces correspond à la f:ice antérieure du tragus, l'autre est recouverte par une partie de la parotide; il existe de plus une portion accessoire qui, partie de l'apophyse de l'hélix, se dirige en bas et se termine au sommet du tragus. Ce faisceau superficiel a surtout pour action d'attirer en haut et en avant le tragus et par conséquent d'ouvrir le conduit auditif externe.
Le muscle de l'antitragus s'insère en haut à la languette terminale de l'hélix et de l'anlhélix et delà, se dirigeant eu bas et en avant, se termine à la face postérieure ou convexe de l'antitragus. Lorsque son point fixe est pris en arrière, il tend à attirer en haut et en arrière l'antitragus, et par conséquent modifie la courbure du pourtour delà cavité de la conque. Sur la face postérieure on décrit un muscle signalé par Valsalva et connu sous le nom de transverse. Il remplit la rainure qui répond à l'anlhélix et qui sépare l'hélix de la conque. Ses fibres sont transversales et, concourant à maintenir la saillie qui constitue l'anthélix, en modifient la courbure et en assurent la permanence.
La peau qui recouvre le pavillon de l'oreillt' est plus mince, plus rosée et plus unie que celle qui recouvre les parties voisines. Elle adhère au cartilage par sa face profonde et contient dans sa partie profonde de rares lobules adipeux, le plus souvent isolés les uns des autres. Ils ne sont agglomérés de façon à former des masses appréciables qu'au niveau du lobule, au niveau duquel la peau est moins tendue, moins adhérente, moins fixe et recouverte de poils duvets. Les poils duvets qui la recouvrent changent de forme et de volume sur la face postérieure du tragus ; ils y sont plus gros, roiJes, et ressemblent même dans certains cas aux vibrices de l'orifice des fosses nasales. Chez quebiues sujets ils forment un véritable bouquet assez abondant et assez volumineux dont la destination est sans aucun doute d'arrêter les corps étrangers. On y rencontre aussi des glandes sudoripares dont les lobules en forme de pelotons sont situés dans la partie profonde de la peau et sont assez développés ; mais ces glandes ne sont pas très-abondântes. M. Sappey signale sur la face externe l'existence de glandes sébacées isolées et s'ouvrant au dehors loin de tout bulbe pileux.
Les VAissEACx SAAGLU.Ns artériels proviennent delà carotide externe par l'intermédiaire de l'auriculaire postérieure et de la temporale superficielle d'oîi part le groupe des auriculaires antérieures. La "première ne donne à l'oreille en dehors des rameaux qui proviennent de la stylo-mastoïdienne qu'une de ses branches terminales, la branche auriculaire, qui se divise en deux lameaux. Le plus volumineux rampe sur la face postérieure du pavillon à laquelle il se distribue. Le second passe par la fissure qui existe entre la languette de l'hélix et de l'anthélix et l'antitragus, se place dans le sillon qui sépare l'hélix de l'anthélix, s'y distribue et s'anastomose sur la circonférence du pavillon avec le rameau précédent. Les auriculaires antérieures sont au nombre de quatre à cinq; elles proviennent, comme nous l'avons dit, de la temporale superficielle, du bord postérieur de laquelle elles partent, lorsque cette artère se rapproche du tragus et du conduit auditif externe et lorsqu'il croise l'arcade zygomatique. Elles se distribuent au conduit auditif externe et à la partie supérieure de la face externe du pavillon de l'oreille.
Les veines suivent la même distribution, tout en ayant un trajet quelque peu indépendant de celui des artèies. Elles forment deux groupes : celui de l'auricu-
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laire postérieure et celui des auriculaires antérieures qui se déverse dans la temporale superficielle.
Les vaisseaux lymjihatiques sont très-développés dans la peau du pavillon de l'oreille. Ils forment aussi deux groupes : l'antérieur croise la direction de l'origine de l'hélix, arrive à l'échancruie qui sépare l'hélix du tragus et vient se terminer dans le ou les ganglions lymphatiques placés en avant de cette émincnce; les postérieures vont surtout de l'anthélix et du lobule vers la grande circonférence, la contournent, atteignent la face interne et se rendent dans les ganglions sus-masioïdiens supérieurs, placés, comme on le sait, au-dessus de l'attache du sterno-cléido-mastuïdien.
Enfin le pavillon de l'oreille et la région auriculaire reçoivent des >erfs mixtes et non pas exclusivement d'origine sensitive, comme l'indique à tort M. Sappey. Les rameaux qui s'y distribuent proviennent, en effet, en avant, de l'auriculo-temporal. En bas la branche auriculaire du plexus cervical vient également s'y terminer et donne 1° l'auriculaire externe, qui, après avoir fourni à la partie inférieure du pavillon plusieurs ramifications, traverse le ligament unissant le prolongement de l'hélix à l'antilragus et se partage en deux filets, dont l'un, le filet de la conque, est destiné à celte excavation et à la peau de cette région ; l'autre, le lilet de l'hélix et de l'anthélix, suit la dépression qui sépare les deux saillies et se distribue à la peau de cette région ; 2° le rameau auriculaire interne, qui se dirige vers l'apophyse mastoïde, la croise obliquement, s'anastomose avec le rameau auriculaire du lacial par un hlet constant, arrive ensuite au niveau du muscle auriculaire postérieur et envoie un filet auriculaire qui se distribue à la face supérieure de la face interne du pavillon et même contourne la circonférence pour gagner queljaefois sa face antérieure. Le nerf sous-occipital d'Arnold envoie également quelques ramuscules externes qui, après avoir croisé la région mastoïdienne, vont se terminer dans la partie supérieure du pavillon après s'être anastomosés avec des tilets provenant de la branche mastoïdienne. Enfin le rameau auriculaire postérieur du facial fournit en plus de son filet anastomotique des filets nerveux nombreux et importants à l'oreille et à la région auriculaire. 11 quitte le tronc du facial à 2 ou 5 millimètres du tronc stylo-mastoïdien, près du bord antérieur de l'apophyse mastoïde, se réfléchit à angle droit, la contourne, et se divise en deux filets dont le supérieur traverse le muscle auriculaire postérieur auquel il abandonne de petits faisceaux nerveux, puis contourne l'attache supérieure du pavillon de l'oreille et se termine dans le muscle auriculaire supérieur.
L'oreille externe est un attribut anatomique des mammifères. Il fait le plus habituellement complètement défaut chez les vertébrés ovipares. Cependant un certain nombre d'entre eux présentent des vestiges plus ou moins caractérisés du pavillon et lont exception à cette loi générale.
En effet le plus grand nombre desoiseaux n'ont pas d'oreille externe, et chez eux la membrane du tympan est à fleur de tète, souvent complètement à découvert ou recouverte seulement par les plumes de la région temporale. Cependant, les nocturnes, la chouette el^ le hiboux offrent un rudiment d'oreille externe. En effet, chez eux on trouve une grande fosse tapissée par une peau nue et plissée, et d'après ses caractères extérieurs celte cavité représente assez bien la conque de l'oreille humaine. Dans quelques espèces même elle est pourvue d'une sorte d'opercule formé par le bord antérieur qui se prolonge assez pour en recouvrir l'entrée.
OREILLE (aisatomie). H
Les Reptiles et les Batraciens n'ont pas d'oreille externe, et l'appareil de l'ouïe cesse d'être signalé à l'attention par des parties extérieures. La peau qui le recouvre ne se dilïérencie en rien de celle des parties voisines. Cependant on signale quelques exceptions à cette règle, et chez les Crocodiliens on retrouve un cartilage, vestige rudimentaire de la partie concliyiienne.
Co>"DL'iT AUDITIF EXTERNE. On donne le nom de conduit auditif externe à un canal qui continue directement l'entonnoir formé par le pavillon de l'oreille; il s'étend du fond de la conque à la menbrane du tympan qui le ferme en dedans. La plupart des auteurs admi;ttent qu'au dehors il commence au niveau d'un rebord qui, en arrière, le sépare de la cavité de la conque. M;iis ce rebord a en général un relief médiocre et, d'après M. Tillaux, il faudrait plutôt faire partir le conduit du sommet du tragus qui représente dans certaines espèces animales la membrane obturatrice du conduit auditif externe.
L'axe de ce canal est oblique en avant et en dedans, et suit une direction analogue à celle qui est suivie par la portion pétrouse du rocher sans que cependant les deux axes soient parallèles. La ligne qui représente cette direction est Ilexueuse. Sa longueur chez l'adulte, prise à partir du rebord que nous avons signalé, varie entre 20 à 22 millimètres, d'après M. Sappey; d'aprè* M. Tillaux elle oscille entre 2 et 3 centimètres; enfin, d'après TrOltsch, elle serait en moyenne de 24 millimètres.
Son orifice extérieur revêt la forme d'une ellipse dont le giaïul diamètre est vertical et limité en arrière par le rebord déjà signalé. Ce rebord s'avance plus ou moins sur l'orifioe du canal vers le tragus, de manière à le masquer d'une façon variable ; mais on peut facilement le dévier, si on attire le pavillon en haut et en arrière, et rendre ainsi la première partie du conduit accessible à l'exploration. Le bord antérieur de cet orifice est formé par le tragus qui par sa face postérieure la recouvre en partie. Cette face est légèrement excavée, et cette dépression est connue d'après M. Buchanan sous le nom de fosse du conduit auditif externe. Il résulte de Tohliquité de la direction du tragus, d'une part, et de la présence de la crête qui sépare le conduit de la cavité de la conque située plus en arrière, et plus profondément que le tragus, il en résulte, disons-nous, que le plan de l'orifice ainsi limité regarde en dehors et en arrière et un peu en bas vers la partie inférieure de la dépression concliyiienne. Si donc on veut découvrir cet orifice, il faut reporter en avant le tragus, en combinant ce mouvement avec celui que nous avons indiqué en haut cl en arrière du pavillon. Le fond de ce conduit est obturé par la membrane de tympan dont la direction est oblique de haut en bas, de dehors en dedans et très-peu d'arrière en avant.
La direction générale du canal est ob'ique en avant et en dedans ; et soit qu'on l'étudié sur un moule durci, suivant le procédé de Yalsalva recommandé par M. Sappey, soit qu'on emploie de préférence la méthode des coupes après congélation, on constate qu'il présente une double courbure et même d'après certains auteurs une triple inflexion. En effet, d'après M. Sappey, on doit le diviser en trois portions : une externe oblique en avant, une moyenne oblique en haut et en arrière, et enfin une interne oblique en bas et en avant. Mais cette division en trois parties, et surtout cette dif érence dans leur direction particulière, devient moins apparente lorsqu'on étudie cette question par le système des coupes longitudinales du conduit, soit rempli par une matière solidifiable, soit congelé.
On est alors amené à décrire au conduit auditif externe quatre parois : une
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supérieure, une inférieure, une antérieure et une postérieure ; la supérieure se porte d'abord en haut, puis s'infléchit un peu en bas. Cependant l'angle de courbure est très-obtus et est assez peu marqué pour que dans un certain nombre de cas, d'après Trôltsch, on puisse dire que cette paroi est presque rectiligne. On doit noter également qu'elle est plus courte que celle qui lui est opposée. La paroi intérieure, également dirigée en haut dans la première partie de son trajet, s'infléchit ensuite en bas ; mais son inflexion est moins prononcée dans cette seconde partie que dans la première. Elle forme donc un angle arrondi à concavité inférieuie situé au point de jonction des deux parties cartilagineuses et osseuses. Celte paroi est plus longue que la supérieure; d'après M. Tillaux elle a 6 millimètres de plus que cette dernière. De l'obliquité de la membrane du tympan il résulte que la paroi supérieure en se réunissant avec le tympan forme un angle obtus, et que l'inférieure en se continuant avec la même membrane donne naissance à un angle aigu. C'est cette obliquité de la membrane lympanique qui rend compte de l'excédant de longueur noté pour la paroi inférieure.
Si donc on ne considère que ces deux parois, on voit que l'axe du conduit auditif externe est brisé et forme un angle obtus ouvert en bas au niveau de l'union de la portion osseuse et de la portion cartihigineuse. De ce point les deux p.Érlies du conduit divergent, l'une, la cartilagineuse, vers le pavillon de l'oreille, l'autre, l'osseuse, vers la membrane du tympan. On doit remarquer que le degré d'inclinaison de la partie osseuse est moins prononcé que celui de la partie cartilagineuse. On constate que le pôle supérieur de la membrane du tympan et celui de l'orifice externe sont sur une même ligne horizontale, tandis que le pôle inlérieur du même orifice externe est placé notablement plus bas que le pôle correspondant de la membrane du tympan. M. Tillaux a pu dire, grâce à ces données, que l'axe de l'orifice externe, s'il était prolongé en dedans, irait toucher la paroi supérieure, ou dans les cas les plus favorables le pôle supérieur de la membrane du tympan. Il faut donc, pour explorer cette membrane à l'aide d'instruments rectilignes, redresser le conduit.
Les parois antérieures et postérieures ne sont pas plus rectilignes que les deux premières. L'antérieure, en partant de la fosse du conduit auditif, se dirige d'abord en avant, puis en an ière, en décrivant une courbe assez prononcée dont la concavité regarde en arrière. Enfin dans la partie la plus profonde, dans le voisinage immédiat de la membrane du tympan, elle tend à se diriger de nouveau en avant, mais bien faiblement.
Quant à la paroi postérieure, d'abord oblique en avant, elle s'incline en arrière à partir de l'union des deux parties constituantes du conduit. Nous devons faire remarquer que cette paroi est plus courte que l'antérieure, par suite de l'obliquité de la membrane du tympan. De l'étude de ces diverses parois et de leur direction on peut conclure que, avec des variations individuelles considérables et des diftérences assez grandes dans chacune de ces parois, elles sont incurvées et présentent dans leur ensemble une courbure dont la concavité regarde en bas et en arrière, que le sommet de l'angle de courbure se trouve à l'union de la portion osseuse fixe avec la portion cartilagineuse mobile. Si donc on désire redresser le conduit, on le peut dans une certaine mesure, variable suivant les sujets, en attirant le pavillon en haut, et le Iragus en avant.
La forme et les dimensions en largeur et en hauteur du conduit auditif externe sont encore plus variables que la direction de l'axe longitudinal et les
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courbures qu'il prosente. La figure fournie par la surface de section perpendiculaire à l'axe se modifie au furet à mesure que l'on se rapproche de l'insertion de la membrane du tympan. Nous verrons plus tard que l'âge influe ég;ilemeut d'une façon notable sur la forme de ce conduit. On peut dire, en comparant les recherches de tous les auteurs, que chez l'adulte le diamètre vertical est plus long que le diamètre transversal, et que la section verticale des deux parties du conduit donne un ovale et même souvent la figure d'une ellipse. A l'entrée du canal le grand axe de la surface de section est vertical, et il l'emporte notablement en longueur sur le transversal ; d'après M. Sappey cette longueur serait en moyenne de 1 1 millimètres, tandis que celle du transversal serait de 6 millimètres environ. Celte différence considérable est due à la voussure des parois cartilagineuses antérieure et postérieure au niveau de cet orifice ; mais cet orifice est dilatable dans des limites assez grandes, en rapport avec la mobilité des parties cartilagineuses qui le circonscrivent.
Un peu plus loin, lorsqu'on se rapproche de l'union des deux parties du conduit, le grand axe cesse d'être vertical, il devient oblique de haut en bas et d'avant en arrière, de telle sorte que le diamètre vertical diminue et que le diamètre transversal augmente, et connue consétjuence le canal devient moins haut, mais il est plus large. Les chiffres donnés par M. Sappey. et qui jjour la deuxième portion du canal sont pour la verticale de 7 à 8 millimètres et pour la transversale de G millimètres, ne correspondent pas exactement aux recherches de Trôltsch et à celles de M. Tillaux. En se rapprochant de la membrane du tvmpan on constate une nouvelle modification. Le diamètre transversal, d'après Trôltsch, diminue de nouveau, le vertical restant le même. Pour M. Sappey, le transversal augmenterait au contraire et arriverait à 9 millimètres en moyenne, tandis que le vertical resterait à 8 millimètres environ. On constate là une différence dans les résultats obtenus, qu'il nous est impossible d'expliquer. Nous ferons seulement remarquer que les chiffres donnes par M. Sappey ne concordent pas non plus avec les résultats obtenus sur les dessins de l'ouvrage de M. Tillaux. 11 est à croire que des différences si considérables sont dues à ce que des états individuels assez éloignés les uns des autres ont été pris comme types d'états normaux habituels.
Hermann Meyer signale enfin dans le voisinage immédiat du tympan une dépression appartenant à la paroi inférieure du conduit, surplomb 'e pour ainsi dire par la membrane du tympan et qu'il désigne sous le nom de ;.inus du conduit auditif externe. Celte dépression présente une certaine importance pratique, en ce sens qu'elle peut loger de petits corps étrangers, qui échappent ainsi à l'exploration directe.
La forme, les rapports, la direction du conduit auditif externe, se modifient avec l'àge. Chez l'enfant nouveau-né et dans les premières années de la vie il est loin d'offrir les mêmes caractères que dans l'âge adulte. Ainsi chez l'enfant en bas âge la lumière de la moitié interne du conduit n'existe pas, ou existe à peine, à cause de l'obliquité extrême de la membrane du tympin, qui est presque horizontale dans les premiers temps de la vie extra-utérine et entre ainsi en contact dans toute son étendue avec la paroi inférieure. Cet effacement de la moitié interne du conduit, dû au contact du tympan et de la paroi inférieure, est augmenté par i'épaississement du revêtement épidermique qui recouvre à cette période de la vie la membrane du tympan.
Sur l'enfant nouveau-né, on voit que le tympan est placé à la surface du
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crâne. 11 se trouve Lien an fond d'un canal, mais ce conduit est, en allant de dehors en dedans, cartilagineux d'abord, puis plus loin membraneux, la portion osseuse n'existant pas encore. La portion osseuse se forme aux dépens de la portion membraneuse et ne s'achève qu'assez tard, et seulement au niveau de la demi-circonlerence antéro-inférieure. L'autre demi-circonférence supe'ropostérieure dépend du temporal. En effet l'apophyse maïtoïde, plate et peu Jéveloppée chez l'enfant nouveau-né, augmente de volume et accroît aussi la profondeur de la dépression dans laquelle on trouve la membrane du tympan. D'autre part, la portion écailleuse du temporal s'épaissit en haut, au niveau du cercle osseux tympanal isolé chez le fœtus. Il se forme ainsi une lame osseuse courbe à concavité antéro-inférieure appuyée en arrière sur l'apopliyse mastoïde et en haut formée par l'écaillé du temporal. La partie qui se forme en bas et en avant aux dépens de la portion membraneuse n'est pas uniforme dans son développement : l'ossification marche plus vite sur les côtés que sur la ligne médiane, d'où deux lames latérales qui, se réunissant en avant, donnent naissance à une sorte de pont osseux. 11 en résulte dans la partie médiane la production d'une lacune signalée par lluschke et Arnold, de forme irrégulière tl'abord, arrondie plus tard. Cette lacune qui est constante disparaît plus lard vers l'âge de quatre à cinq ans et est remplacée par une lamelle osseuse trèsmince. On ne doit pas la confondre avec une formation pathologique, bien qu'elle offre dans certains cas un mode de propagation facile à certaines suppurations provenant du conduit auditif, ou qui s'y introduisent.
La structure du conduit auditif nous présente à étudier des particularités quelque peu différentes dans les deux parties qui par leur réunion le constituent. En efiet on le divise en portion externe ou cartihigineuse et en portion interne ou osseuse. La plupart des auteurs attribuent à la première les deux tiers de la longueur totale du conduit. La portion cartilagineuse paraît être la prolongation directe du pavillon de l'oreille, avec lequel elle est reliée par continuité ■de tissu et qu'elle suit dans les mouvements qui sont imprimés à ce dernier. Elle comprend une charpente fibro-carlilagineuse, des ligaments et un revêtement cutané. La portion osseuse se différencie surtout de la précédente par sa charpente, qui non-seulement est osseuse, mais de plus annulaire, tandis que le fibro-cartilage élastique de la portion externe du conduit ne représente qu'une demi-gouttière dirigée tranversalement et à face supérieure concave reorardant en haut et en arrière. La face convexe de cette gouttière tibro-cartilagineuse s'appuie sur la parotide en avant, et en arrière est en rapport avec l'apophyse mastoïde. Ce demi-canal est complété en haut et en arrière par une membrane fibreuse assez épaisse qui décrit une courbe à concavité inférieure. Le cartilage de la paroi inférieure présente un bord antérieur un peu plus élevé que le postérieur, qui est irrégulier. Son extrémité externe se continue avec le Iragus et le rebord de la conque; son extrémité interne est anguleuse et se réimit à la portion osseuse par un tissu fibreux assez dense. Mais ce qui caractérise surtout ce fibro-cartilage, c'est la présence de deux incisures, dont l'une, assez grande, est externe et antérieure, et l'autre, petite, est située un peu plus en arrière. Ces deux incisures rapprochées et convergentes à leur extrémité antérieure divergent en arrière. Elles peuvent être assez étendues pour paraître diviser le cartilage en trois demi-anneaux irréguliers que quelques anatomistes ont voulu comparer aux cerceaux de la trachée. Mais cette an.ilogie est bien éloignée. Bien que fermées par du tissu fibreux, elles présentent une voie rela-
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tivement facile au passnge des suppurations de la re'gion parotidienne vers le conduit auditif.
Ce fibro-carlilage est recouvert sur ses deux fiices par du péricliondre, qui se continue en dehors avec celui du pavillon de l'oreille et en dedans avec le périoste épaissi de la portion pétreuse du rocher, enfin sur les bords avec la demi-gouttière fibieuse.
La 'Touttière est fermée en haut, avons-nous dit, par une demi-gouttière à concavité opposée et entièrement fibreuse. Par sa face antérieure, cette partie fibreuse se continue avec le ligament postérieur du pavillon. Elle réunit les deux bords de la charpente cartilagineuse et concom t h donner par sa présence à la première partie du conduit sa flexibihté et sa mobilité. Par sa face inleine elle répond à la face profonde de la peau qui tapisse le conduit.
La aïoilié interne du conduit est constituée par une charpente osseuse située entre la racine postérieure de l'arcade zygomatique et les apophyses styloïde et mastoidc. Elle est formée par un anneau osseux, Tpais et adhérent en haut et eu arrière, présentant en bas une paroi mince et libre du reste de l'os temporal. Nous avons décrit l'incisure qu'elle présente pendant une période limitée delà vie de l'enfant. Cette paroi inférieure offre une courbure transversale à concavité supérieure, et de dedans en dehors forme un dos d'àne, dont la saillie convexe est dirigée en haut. C'est cette saillie qui, lorsqu'elle est très-prononcée, concourt, malgré le redressement de la portion cartilagineuse, à masquer à l'examen une partie du segment inférieur de la membrane du tympan.
Ces deux portions osseuses et cartilagineuses sont réimies l'une à l'autre par le péricbondre épaissi et par la portion fibreuse qui se continue en ce point et représente une jorte de ligament, D'ajirès Uyrtl, ce ligament, trèsapparent sur la face inférieure, serait renforcé par un muscle qui partirait de la saillie anguleuse formée par l'extrémité interne du cartilage et irait se terminer à la base de l'apophyse styloïde. M. Sappey met en doute l'existence de ce muscle.
La couche cutanée est la continuation du tégument externe qui revêt la face interne du pavillon et la cavité de la conque. Elle conserve dans la portion cartilagineuse à peu près les mêmes caractères extérieurs qu'au dehors.
Son derme est adhérent au périchonJre dans toute la portion cartilagineuse et épaissi. Dans la portion osseuse la peau revient plus nunce, plus fine, plus lisse, reste adhérente au périoste avec lequel son derme se confond et, arrivée à la limite de la membrane du tympan, elle se continue sur la face externe de cette membrane en se modifiant d'une façon considérable.
Dans la premièie portion elle a une épaisseur de 1 millimètre et demi; au niveau de la portion osseuse cette épaisseur se réduit à I millimètre. Sur la paroi supérieure et postérieure, on trouve une bande cutanée assez large, à base externe et qui se termine en pointe vers le tympan. Cette pezn offre en cet endroit la même structure que celle de la région cartilagineuse.
On trouve des poils, très-développés chez les vieillards, à l'entrée du méat; dans les autres points les poils sont lanui^ineux et assez abondants; ils diminuent au fur et à mesure que l'on pénètre ddus la profondeur et disparaissent au uiveau de la région osseuse. Le derme est épais dans la portion cartilagineuse, il s'amincit dans la portion osseuse Dans la première partie de son étendue il est formé de tissu conjonctif et de fibres élastiques. On y trouve aussi quelques lobules cellulo-adipeux, surtout sur la paroi supérieure, des
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glandes cérumineuses et sébacées, et des follicules pileux. Dans la portion osseuse le derme s'amincit et perd tout lobule adipeux, sauf au niveau de la bande prolonge'e que nous avons signalée. Le derme se confond avec le périoste, d'où comme conclusion la fréquence d'abcès sous-périostés de la seconde portion du conduit auditif externe. Le revêtement cutané est papilbire dans toute son étendue et protégé par une couche épidermique identique à celle du revêlement dermo-papillaire. Ces papilles sont disposées en rangées régulières et existent jusque dans le voisinage du tympan.
Les (/landes sébacées sont situées seulement dans la portion cartilagineuse. Elles sont assez volumineuses et accompagnent toujours les follicules pileux. C'est dire qu'elles sont situées dans les couches superficielles du derme, immédiatement au-dessous de la couche papillaire. Les glandes cérumineuses sont spéciales au conduit audilil'; elles rappellent par leur forme les glandes sudoripares, et forment une zone assez épaisse en certains points où ellts occupent les couches les plus profondes du tissu cellulaire sous-cutané, surtout à l'entrée du conduit, ou bien encore en arrière et en haut où le tissu conjonctif de la zone fibreuse leur laisse de la place lihre pour se développer. Ces glandes deviennent très-nombreuses dans la moitié interne de la portion cartilagineuse; elles diminuent ensuite dans la portion osseuse où elles existent seulement sur les parois supérieures et postérieures au niveau de la bande cutanée spéciale. Ces glandes sont formées par un tube allongé, contourné et pelotonné à son extrémité profonde qui forme le lobule de la glande. Ce lobule est assez considérable pour être perceptible à l'œil nu sous forme de petits corps ronds d'une couleur brun-jaunàlre. Leur structure bistologique est la même que celle des glandes sudoripares, auxquelles elles sont également analogues par leur mode d'évolution et l'époque de leur apparition embryologique. Elles ne s'en différencient que par la nature de leur produit. Elles sécrètent une substance blanc-jaunàtre, fluide, formée de globules plus ou moins larges de substance grasse, auxquels sont entremêlés des corpuscules d'une matière colorante jaunerouille, et des cellules entières contenant des granules de la même matière colorante.
Les vaisseaux sanguins artériels proviennent de la carotide externe par l'auriculaire postérieure et le groupe des auriculaires antérieures, qui toutes se distribuent à l'entrée du conduit; les parois de ce même conduit reçoivent également d'autres artérioles de la carotide externe par l'auriculaire postérieure, qui envoie une partie de ses rameaux dans les parois antérieures, inférieures et supérieures du conduit par l'intermédiaire de la stylo-mastoïdienne. 11 existe souvent un groupe de rameaux artérials dans la paroi supérieure du conduit, d'où l'on voit une branche importante passer dans la membrane du tympan.
Les veines ne pi'ésentent rien de particulier. Elles se jettent dans la jugulaire externe.
Les hjmphatiques qui, d'après 31. Sappey, n'existeraient que dans la moitié externe, se jettent dans les ganglions préauriculaires.
Les nerfs proviennent de l'auriculo-temporal et du trijumeau; ils pénètrent dans le conduit, en avant, à l'union de la portion cartilagineuse avec la portion osseuse. Le nerf pneumogastrique envoie également au conduit un rameau décrit par Arnold en 1828; ce rameau, parti du ganglion supérieur du pneumogastrique, s'unit avec un autre filet provenant du facial, pénètre dans l'aqueduc de Fallope, s'anastomose avec le facial par un très-mince filet, puis, pénétrant
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dans l'apojjhyse mastoïde, se partage en trois branches dont deux vont se terminer dans les téguments de la paroi supérieure du conduit auditif externe ; le troisième se distribue à la face externe de la membrane du tympan. Les filets nerveux donnent naissance, dans la portion osseuse, à de nombreuses branches terminales plus abondantes que dans la région externe et lui assurent son exquise sensibilité. Le conduit tîbro-cartilagineux et osseux est en rapport, dans sa portion cartilagineuse, par ses parois antérieures et inférieures, avec la parotide et avec les ganglions parotidiens. Dans la partie osseuse, sa paroi antérieure forme la paroi postérieure de la cavité glénoïde qui appartient à l'articulation temporomaxillaire. Ce rapport explique la production possible et facile de Iractures de cette partie du conduit dans les cas de chute ou de traumatismes portant sur le menton. La paroi supérieure répond à la losse cérébrale moyenne, et elle n'est séparée de la dure-mère que par une lamelle osseuse très-mince chez quelques sujets. Dans ce cas il existe une grande facilité à la propagation des inflammations de l'oreille aux enveloppes cérébrales.
La paroi postérieure correspond à l'apophyse mastokie, et n'est séparée des cellules contenues dans cette apophyse que par des lamelles osseuses très-minces. Cette paroi est aussi en rapport dans sa partie moyenne et supérieure avec le sinus latéral dont elle est également séparée par une simple lamelle osseuse. Enfin nous devons faire remarquer que la moitié exieine de la région osseuse, dans les parois postérieiu'es et supérieures, est entourée de cavités qui appartiennent à l'oreille moyenne et sont des dépendances des cellules mastoïdiennes.
Membrane dd tympan. Cette membrane est manifestement une dépendance du conduit auditif externe qu'elle ferme à sa partie interne; ce que nous connaissons sur la structure de cette cloison membraneuse, sur son mode de développement et l'évolution de son anneau osseux d'insertion, la rattache manifestement au conduit auditif externe. La membrane tympanique est enchâssée dans une rainure très- apparente sur la circonférence externe de l'anneau osseux, dont l'évolution successive amène le développement de la portion osseuse du conduit auditif externe. Cet anneau tympanal, qui offre sa plus grande épaisseur en bas, est incomplet dans sa partie supérieure, et représente une sorte de croissant osseux dont les deux cornes viennent se perdre en haut, laissant libre un espace correspondant à peu près au sixième environ de la circonférence de l'anneau et connu sous le nom de segment de Rivinus. La membrane est fixée dans le fond de cette rainure par une bande annulaire de tissu conjonctif connue sous le nom d'anneau tendineux, bourrelet annulaire de Gerlach. Ce double moyen de fixation est très-solide, sauf au niveau du point où l'anneau osseux cesse d'exister. En effet, en cet endroit l'anneau ou bourrelet annulaire de Gerlach quitte l'extrémité de l'arc osseux pour rejoindre la base de la courte apophyse du marteau, et limite ainsi un espace triangulaire, au niveau duquel la membrane tympanique est modifiée dans sa forme, sa direction et sa constitution anatomique. En effet, au niveau de cette région connue, avons-nous dit, sous le nom de segment de Rivinus, on signale l'existence d'une zone spéciale de la membrane tympanique connue sous le nom de membrane flaccide de Schrapnell {voy. fig. 1, B). Cette portion de la membrane tympanique proémine dans le conduit auditif externe. Son extrémité inférieure s'arrête au pourtour de la petite apophyse du marteau, et est limitée en bas par deux ligaments qui, partant de celte courte apophyse, viennent rejoindre en avant et en arrière l'anneau tendineux, circonscrivant ainsi les limites inférieures de la portion flaccide. Cette DICT. ESC. 1' s. XVTI. 2
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région spéciale, dont nous avons fait dans la Gazelle hebdomadaire des sciences médicales de Bordeaux une étude comparative chez quelques mammifères, présente une étendue variable suivant l'âge des sujets et les espèces animales sur lesquelles on l'étudié ; elle est convexe en dehors et présente chez l'homme la forme d'un triangle sphérique à base supérieure, à sommet reposant sur la base de la courte apophyse du manche du marteau. Elle est souvent visible à l'examen ostocopique et se caractérise par un reflet très-brillant, surtout lorsque l'inclinaison du plan de la membrane tympanique est peu prononcée. Nous verrons plus tard quelles sont les modifications que présente à ce niveau I a structure de la membrane du tympan.
v:„ 1. Vue d'esnemble de la membraue du tympan et de sa portion flaccide du côté droit.
A paroi du conduit auditif externe, portion osseuse. — B, portion flaccide de la membrane tympanique ou membrane de Schrapnell. — C, membrane du tympan. — E, apophyse courte et grosse du manche du marteau. — a,c, ligament antérieur limitant en avant la portion flaccide. — b,d, ligament postérieur de la même portion flaccide.
La membrane tympanique ainsi fixée à l'anneau tympanal participe aux modifications qui se produisent dans l'inclinaison de cet os au fur et à mesure qu'il se développe. Chez l'adulte, malgré de grandes différences individuelles, on peut dire d'une façon générale que l'inclinaison du plan d'insertion de la membrane du tvmpan est telle, qu'elle regarde en bas et en avant. En effet, ce plan est oblique relativement à l'axe du conduit auditif externe et forme un angle aigu avec les parois antérieures et inférieures, et un angle obtus avec les parois supérieures et postérieures. Il résulte de cette disposition que son bord antérieur est le plus éloigné de l'orifice externe ; puis à ce point de vue viennent ensuite le bord inférieur, puis le bord postérieur, enfin le bord supérieur qui lui est le plus rapproché. Cette différence de longueur est exprimée par une lif-ne verticale qui passant du pôle supérieur rejoindrait la paroi inférieure du conduit à 6 millimètres en avant du pôle inférieur de la membrane tympanique. L'angle obtus ouvert en dehors, formé par la paroi supérieure du conduit auditif externe et la membrane tympanique, est en moyenne chez l'adulte, ainsi que l'a établi une série de mensurations faites par Trôltsch, d'environ
140 degi'és. Cette direction se rappi'oche sensiblement de celle qui a été indiquée par M. Tillaux, qui a pris pour base de ses mesures l'étude de l'angle aigu formé par la paroi inférieure avec la membrane tympanique et qui lui assigne une ouverture de 45 degrés. Cette inclinaison de la membrane du tympan résulte de l'obliquité même de l'anneau osseux qui en encbàsse la circonférence. L'inclinaison de cet anneau varie avec l'âge. Chez le fœtus il fait partie de la base du crâne et regarde en bas. La membrane tympanique est également presque horizontale et est appliquée sur la paroi inférieure du conduit auditif externe. Chez le nouveau-né cette obliquité, bien que très-prononcée, s'éloigne déjà un peu de l'horizontale ; cependant le bord supérieur paraît se conlmuer presque directement avec la paroi supérieure.
Les relations qui existent entre le développement du crâne et l'évolution de l'anneau tympanal, ainsi que son obliquité plus ou moins considérablt-, donnent lieu à des modifications individuelles très-grandes dans la direction de la membrane du tympan. Il est probable, ainsi qu'a cherché à l'établir Virchow, qu'à un développement crânien incomplet correspond une inclinaison considérable de la membrane du tympan. Les faits de crétinisme étudiés par cet éminent anatomo-pathclogiste et confirmés par des recherches de Trultsch et Voltolini plaident en faveur de cette opinion. D'un autre côté, et d'accord avec les ilonnées de Fick, qui prétend que la membrane du tympan est moins ébranlée par les ondes sonores lorsque elle est oblique que lorsqu'elle est droite, Boimafont et Schwartz ont constaté que chez les musiciens la membrane du tympan est presque verticale; ilans le même ordre d'idée Luc;ç a toujours trouvé les membranes lympaniques très-inclinées chez des sujets qui n'avaient pas le moindre sentiment musical.
La membrane tympanique n'a pas la forme absolument circulaire qui lui est attribuée par un grand nombre d'auteurs; elle ne présente celte disposition d'une façon générale que chez l'enfant; mais chez l'adulte elle est oblongue et sa hauteur, en rapport avec son diamètre vertical, l'emporte sur le diamètre transversal et antéro-postérieur. Le premier, d'après M.M.Sappey et Tillaux. a de 10 à H millimètres ; le second varie entre 9 à 10 millimètres; mais la forme n'en est pas toujours aussi régulière que paraissent l'indiquer ces mensurations et quelquefois l'arc postérieur et supérieur est échancré. Enfin la présence du segment de Rivinus et de la membrane (laccide de Schrapnell change également la configuration de la périphérie et en modifie la régularité.
La membrane n'est pas tout entière contenue dans le plan qui passe par sa rainure d'insertion. Sa surface est courbe et ressemble à un entonnoir dont le sommet correspond à l'extrémité inférieure du manche du marteau. Mais cette surface courbe n'est pas régulière; il en résulte que, si les lignes méridiennes de section de cette sorte d'entonnoir sont convexes en avant et en dehors, concaves vers la cavité de la caisse, elles n'appartiennent pas à des courbes re'gulières. Lorsqu'on l'examine par la face externe on remarque le manche du marteau qui, partant du segment de Rivinus et du pôle supérieur, s'enchâsse dans la membrane et apparaît sous forme d'une bande mince, blanc-jaunâtre, oblique en bas et en arrière, et dépasse le diamètre transversal. Cette bande osseuse, mince et linéaire à son origine supérieure, s'élargit en bas et devient spatuliforme à son extrémité inférieure, qui correspond au point où la membrane présente le maximum de dépression, connu sous le nom d'ombilic ou rétraction ombiliforme du tympan. En haut, à l'endroit où apparaît le manche du mar-
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teau, on voit l'apophyse externe formant une petite saillie arrondie et blanche qui limite iulérieurement le segment, tle Rivinus. Enfin sur cette face externe, au-dessus de la courte apophyse du marteau, on note l'existence de la membrane flaccide et du segment de Rivinus. En ce point, cet anatomiste avait admis l'existence d'un trou établissant une communication directe entre le conduit auditif externe et la cavité de la caisse. Cet orifice accepté par Glaser, Berres et Bochdaleck, pendant longten ps et sur la foi de préparations sèches, n'existe pas à l'état normal, ainsi que l'ont établi nombre d'anatomistes et ainsi qu'on peut s'en assurer en examinant des membranes du Ijmpan fraîches. Cependant il arrive dans certaines circonstances très-rares, où normalement, sans lésions pathologiques antérieures, à la suite d'arrêt de développement pendant la vie fœtale, on trouve un orifice situé au bord supérieur et postérieur de la membrane du tympan. A. Trôltsch a pu rapprocher ces faits, dans lesquels les orifices sont identiques des deux côtés, par leur .siège et leur forme, au coloboraa congénital de l'iris.
La face interne de la membrane tympanique est convexe vers son centre, en un point situé un peu au-dessous du méridien transversal, et se rapproche plus ou moins du promontoire d'une façon variable suivant les sujets. Dans la région sus-ombilicale, on constate que la tête et le col du marteau ne sont pas englobés dans l'épaisseur de la membrane et font saillie dans la cavité de la caisse. L'enclume, placée à la partie supérieure et postérieure de la membrane, est dirigée parallèlement au manche du marteau, en arrière duquel on l'aperçoit. Audessous et caché par l'enclume, on trouve, lorsqu'on enlève cet os, im repli muqueux qui occupe la partie la plus élevé de la moitié postérieure de la membrane tympanique. Ce repli est irrégulièrement triangulaire ; il naît derrière l'anneau osseux, va jusqu'au manche du marteau, et donne ainsi naissance à une cavité iiTégulière, bursiforme, qui s'élargit de haut en bas en continuant une sorte de bourse aplatie dont la paroi externe est formée par la membrane tympanique, et la paroi interne par ce repli, Trôltsch désigne cette cavité sous le nom de bourse postérieure. C'est dans le bord inférieur concave et libre de ce repli que passe la corde du tympan.
On note également l'existence d'une bourse analogue, mais bien moins développée et moins importante, située en avant du manche du marteau. En effet, au lieu d'être formée par la muque\ise soulevée par une expansion de la membrane fibreuse comme la première, elle est due à la saillie du col du marteau et à la présence de petites éminences osseuses dépendant de l'anneau tympanal, qui, relevant la muqueuse, donnent naissance à ce repli dans lequel cheminent le ligament antérieur du marteau, la corde du tympan et l'artère tympanique.
La couleur de la membrane du tympan n'est pas la même sur le vivant que sur le cadavre. Sur ce dernier elle est terne, blanchâtre, opaque, et se laisse très-peu traverser par la lumière. Ce changement est dû à l'imbibition cadavérique et au ramollissement de la cuticule épidermique. Comme le fait remarquer Politzer, la membrane du tympan est un milieu transparent, mais trouble, qui se laisse traverser par une partie de la lumière qui la frappe, mais en réfléchit l'autre partie. Le promontoire situé en arrière absorbe une partie de ces rayons lumineux et réfléchit les autres, lien résulte que la coloration que présente la membrane du tympan est mixte, et composée de sa coloration propre, de celle qui appartient à la source éclairante et enfin de la lumière modifiée que réfléchit le promontoire. D'après cet auteur, on doit comparer la coloration normale au
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gris-perle auquel s'ajouteraient de légers tons violets et jaunes-hninâtreaclairs. Les parties situe'es en arrière pourront par place modifier cette teinte générale lorsque la membrane en sera plus rapprochée, sera plus mince et moins inclinée. C'est ainsi que dans certains cas le promontoire, la longue branche de l'enclume, apparaîtront sous lunnc de tache ou de bandes gris jaunâtres. Enfin il s'ajoute à ce ton gris général une teinte rouge plus ou moins foncée provenant des parois de la caisse, lorsque la muqueuse de cette cavité est très-injectée. Chez l'enfant cette coloration est d'un gris plus sombre et moins transparent, ce qui est dû à répai>scur plus grande de la muqueuse. Chez le vieillard la couleur est plus mate, et le gris tire davantage vers le blanc. On doit attribuer cet éclat particulier de la lace externe du tympan à la nature et à la disposition de la cuticule épidermique, qui est très-régulière et peu épaisse. Cette coloration est modiliée par la présence d'une surface à retlet brillant et connue sous le nom de triangle lumineux. Cette remarquable surface brillante occupe le segment sous-ombilical; elle est de forme triangulaire, à base périphérique et correspondant au segment antérieur et inféiicur de la circonférence, à sommet dirigé vers l'ombilic et le manche du marteau, de façon à former avec ce manche un angle obtus ouvert en avant. Ce triangle lumineux est isocèle; sa base varie entre i et 2 millimètres. La forme de ce rellel lumineux et son étendue sont très-variables, ainsi que l'ont démontré les recherches de M. Tillaux, et cependant ces modiiications sont compatibles avec une acuité auditive très-convenable. Le plus souvent, bien que conservant sa forme triangulaire, il ne s'étend pas jusqu'à la périphérie de la membrane tympanique. Dans d'autre cas il est très-grèle, quehjuefois interrompu dans sa longueur par des bandes obscures qui reïsemblent à autant d'intersections; enlin il est seulement représenté par un point lumineux, placé dans le voisinage immédiat de la portion spatuliibrme du manche du marteau.
La structure de la membrane du tympan est bien plus compliquée qu'on ne serait disposé à le supposer à première vue. Un examen même rapide et à un faible grossissement d'une de ces membranes convenablement préparée nous amène à admettre qu'elle est constituée par trois couches essentiellement dilférentes les unes des autres et qu'elle renferme des vaisseaux et des nerfs.
Des trois couches, l'une est externe, la seconde moyenne, la troisième interne. La couche externe est la continuation directe de la peau du conduit auditit externe, à laquelle elle ressemble par beaucoup de caractères.
La couche moyenne fibreuse est la plus épaisse ; elle est formée de fibres radiées qui convergent vers le manche du marteau et de faisceaux annulaires. Ces fibres forment deux plans : l'un, externe, est constitué surtout par les fibres radiées; l'autre, interne et sous-muqueux, correspond aux fibres annulaires. La couche interne ou muqueuse est la continuation directe de la muqueuse de la caisse, à laquelle elle se rattache par les caractères histologiques qu'elle présente.
On donne, avons-nous dit, le nom de segment de Rivinus à toute la portion de la circonférence osseuse où la rainure manque et qui correspond à la partie absente de l'anneau tympanal. L'anneau tendineux par la plus grande partie de ses fibres se rend d'une extrémité de l'arc osseux à l'extrémité opposée après s'être fixé à la courte apophyse du marteau et limite en bas ce segment. Le reste de l'anneau se perd dans le périoste et s'y fixe. 11 résulte de cette disposition la formation d'un espace triangulaire, limité en haut par le segment de Rivinus et en bas par les ligaments formés par la continuation de la partie de
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la bandelette annulaire qui fixent la courte apophyse du marteau aux extrémités antérieures et postérieures de la rainure osseuse. Ces deux ligaments ont, l'antérieur l™"',o de longueur, le postérieur 2 millimètres. On voit aussi que les trois sommets de ce triangle ne sont pas situés sur le même plan; celui qui correspond à la courte apophyse est repoussé en dehors. La distance qui sépare ce point du milieu de la base est de 2 millimètres et demi environ. Cet espace est rempli par la membrane flaccide de Schrapnell, dont le mode de fixation, surtout à sa base, est moins solide que le reste de la membrane du tympan. Cette membrane est formée de deux couches : l'une, antérieure, cutanée; l'autre, postérieure, muqueuse. L'antérieure cutanée est la continuation de la languette cutanée de la paroi supérieure du conduit auditif externe ; elle renferme dans sa partie profonde des bandes de tissu conjonctif qui, après avoir dépassé les ligaments de la courte apophyse du marteau, forment un petit nombre des fibres annulaires du segment antérieur du tympan. Cette couche renferme en plus des vaisseaux importants et des nerfs. La postérieure est constituée par la muqueuse qui donne naissance à la bourse postérieure que nous avons déjà décrite.
L'épaisseur de la membrane du tympan est difficile à déterminer avec précision et varie avec l'âge, avec les conditions pathologiques, et n'est pas la même dans toute son étendue. Au moment de la naissance et dans la première enfance elle est assez épaisse, surtout à cause de la prédominance de la couche cutanée et de l'épaisseur de la cuticule épidermique située au fond du conduit auditif externe. Chez l'adulte et à l'état sain, à la périphérie, dans le voisinage immédiat du manche du marteau, son épaisseur est d'un dixième de millimètre; cette épaisseur diminue au niveau des régions où les fibres circulaires manquent ou bien sont clairsemées, et sejéduit quelquefois à la moitié de la dimension que nous venons d'indiquer.
La couche externe ou cutanée de la membiane du tympan est constituée de la façon suivante : la peau du conduit auditif externe passe directement de tous les points de la circonférence sur la membrane tympanique, en se modifiant considérablement dans ses caractères. Les poils lanugineux et les glandes disparaissent, même avant d'arriver à la périphérie de l'anneau tendineux. Les papilles se continuent jusqu'à la limite interne de l'anneau tendineux, et même en haut et en arrière sur la membrane flaccide. On les retrouve jusqu'au niveau de la courte apophyse du marteau. Sauf cette exception, le revêtement épidermique, formé de deux couches très-minces, variables dans leur épaisseur avec l'âge (ce revêtement épithélial étant plus épais dans la période fœtale et dans l'enfance), ne présente dans toute l'étendue de la membrane qu'un bord uni ou à peine ondulé.
Cette couche cutanée, constituée par un corium fibreux très-mince, et par son revêtement épidermique, diminue graduellement d'épaisseur au fur et à mesure que l'on se rapproche du manche du marteau ; mais au niveau de la périphérie de cet os son épaisseur augmente et y atteint les dimensions les plus considérables. Ce fait est dû. à la présence de vaisseaux et nerfs importants qui y sont accompagnés jusque-là par des faisceaux fibreux provenant de la peau de la paroi supérieure et postérieure du conduit auditif; de ces faisceaux les uns passent en avant du manche du marteau, au-dessus et autour de la terminaison de cet os, et l'unissent avec les bandelettes qui accompagnent plus particulièrement les veines qui forment le plexus provenant du pourtour du manche du marteau.
La membrane propre ou couche moyenne est constituée par des fibres radie'es et des fibres annulaires, ces dernières étant le plus habituellement sous-muqueuses. Cependant nous devons conside'rer cette membrane propre comme constituée par une couche mince du corium provenant de la couche cutanée, et delà couche muqueuse profondément modifiée et adaptée à sa destination physiologique.
L'anneau tendineux est un renflement épais, formé, par l'entre-croisement à la périphérie des différents faisceaux de la membrane propre, par leur union avec les tissus sous-cutanés [ou sous-muqueux fixés à la rainure tynipanique par un périoste non moins épais. On peut dire que toutes les couches de la membrane tyrapanique entrent dans la constitution de cet anneau tendineux, dans lequel on trouve du tissu fibrillaire, des éléments fusiformes et des noyaux placés entre les fibrilles, et souvent de petites cellules cartilagineuses. Le plan externe de la membrane propre est formé par des fibres radiées qui partent pour la plupart de cet anneau tendineux, et qui convergent, vers le manche du marteau où elles s'insèrent surtout vers l'extrémité élargie. L'apparence radiée que donnent ces fibres examinées à un faible grossissement n'est pas exacte ; elle est due à l'entre-croisement des faisceaux fibreux qui venant obliquement de deux côtés opposés s'entre-croisent à angle très-aigu : aussi à un fort grossissement on voit que la rencontre de ces faisceaux donne naissance à dos espaces rhomboidaux très-allongés, qui font croire à l'existence de véritables rayons partant de l'ombilic et du pourtour de la région spatuliforme du marteau. D'après Gerlach, les quelques fibres radiées qui ne proviendraient pas de l'anneau tendineux prendraient leur origine dans le périoste du conduit auditif externe qui se replierait au pourtour de l'anneau tympanal.
Les fibres circulaires excentriques forment le plan interne sous-muqueux et le plus rapproché de la cavité de la caisse. Ces fibres sont très-rares et surtout isolées à la zone périphérique, dans le voisinage immédiat de l'anneau tendineux. Gruber a décrit leur sortie de cette dernière formation, dont elles se séparent à angle très-aigu, séparées les unes des autres par une distance appréciable ; mais elles se condensent bientôt, deviennent plus abondantes dans la zone voisine, en se rapprochant du centre, et plus particulièrement à la périphérie de la moitié antérieure et supérieure de la membrane ; en effet, en ce point, aux fibres provenant de l'anneau tendineux s'ajoutent d'autres fibres provenant de la paroi supérieure du conduit auditif externe qui viennent s'y joindre obliquement après avoir croisé la direction des ligaments qui sous-tendent le segment de Rivinus. Au niveau de la région oij elles sont condensées, elles forment une couche dont l'épaisseur, d'après Gerlach, est double de celle formée par les fibres radiées. Trôltsch et Prussack décrivent une disposition de ces fibres un peu différentes. D'après Trôltsch, le manche du marteau est fixé entre les deux couches fibreuses : la radiale et la circulaire ; la première s'y insère, tandis que la seconde est située derrière, à l'exception de quelques faisceaux qui, passant en dehors, restent extérieurs au manche de cet osselet. D'après Prussack les fibres circulaires entoureraient de tous côtés le tiers inférieur du manche du marteau. Ace niveau elles seraient profondes ou sous-muqueuses, mais plus haut, dans le voisinage du col, elles se sépareraient de la face profonde de l'os, elles deviendraient superficielles, et seraient situées à la face externe du manche. Elles joueraient pour cette partie de l'osselet le rôle de périoste.
Quoi qu'il en soit de ces difTérences, il faut bien le reconnaître, 1* disposi-
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tion de ces fibres est liée d'une manière directe au mode de fixation du manche du marteau dans la membrane tympanique, et il est indispensable d'éviter la confusion qui paraît avoir été faite par plusieurs de ces anatomistes entre la membrane propre et le périoste de l'os. Sur des pièces appropriées, Kessel a pu constater que le manche du marteau est entouré par un périoste indépendant de la membrane propre dans la plus grande partie de son étendue et uni seulement avec la couche muqueuse de la membrane tympanique paiun repli de cette muqueuse. Il existe deux points au niveau desquels le marteau est uni étroitement à la membrane propre du tympan : en premier lieu au niveau de la courte apophyse, sur laquelle s'insèrent les ligaments provenant des angles du segment de Rivinus, et en second lieu au niveau de la région spatulil'orme du manche oîi les fibres qui s'y insèrent renforcent le périoste. Dans tous les autres points la membrane propre n'est unie au périoste que par du tissu conjonctif lâche.
Dans le voisinage immédiat du manche du marteau, et à l'occasion de son mode d'insertion dans la membrane propre, plusieurs anatomistes, parmi lesquels Gruber, Prussack et Moos, ont décrit une formation cartilagineuse qui a été diversement appréciée par eux. D'après Gruber il s'agit d'une lamelle cartilagineuse, commençant immédiatement au-dessous de la courte apophyse, dépassant d'un demi-millimètre l'extrémité spatuliforme du manche. Cette lame serait adhérente à l'os dans les deux tiers inférieurs, tandis qu'à sa partie supérieure elle jouerait sur l'os au niveau de la courte apophyse par une sorte d'articulation. Les autres auteurs que nous avons cités ont bien retrouvé cette couche cartilagineuse, mais elle était adhérente à l'os dans toute son étendue et se continuait avec une mince couche cartilagineuse, située sous le périoste du manche et retrouvée même chez les personnes âgées par Moos et Prussack. La membrane propre dont nous venons d'étudier la disposition générale est composée de fibres opaques dont le contour est fortement marqué. Elles sont aplaties sur les côtés, renflées sur leur partie moyenne, et leur largeur varie de 56 u à 108 f/. Bien que paraissant homogènes, elles sont en réalité fîbrillaires, caractère qui devient très-apparent surtout après l'action fixatrice de l'acide osmique. Leurs réactions histochimiqucs les rapprochent des fibres tendineuses ; elles se gonflent sous l'action de la potasse et de l'acide acétique. Dans la solution potassique concentrée elles se dissolvent, et il reste une trame élastique en rapport avec les vaisseaux et avec un réseau élastique qui forme la base de la membrane propre chez l'adulte. Ces faisceaux de fibrilles, réunies en larges rubans, par suite de la condensation de la substance unissante de ces fibrilles, passent dans la couche élastique spéciale. Elles sont ou parallèles, ou s'unissent trèsfréquemment à angles très-aigus, en limitant ainsi des espaces ou fentes correspondant, les plus larges à des vaisseaux, et contenant des leucocytes plus ou moins déformés par des prolongements amiboïdes, soit à des fibres nerveuses entourées d'une masse grenue, soit à des cellules qui alors les remplissent exactement. Ces derniers éléments anatomiques décrits par Trôllsch sous le nom de corpuscules de la^membrane du tympan sont, ou allongés, ou étoiles, suivant qu'ils sont vus de profil ou de face.
La couche muqueuse de la membrane tympanique est une dépendance du feuillet muqueux qui recouvre les parois de la cavité de la caisse avec lequel elle se continue. Elle est constituée par un revêtement épithélial et par une couche choriale. L'épithélium est formé par une couche unique de cellules épi-
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théliales pavimenteuse. La forme de ces cellules n'est pas partout la même. On les aperçoit bien surtout à l'aide d'imprégnation d'argent. Les unes sont polygonales, grandes, leurs limites sont marquées par des lignes ondulées; à côté on en voit qui sont beaucoup plus petites, polygonales, quadrilatères ou presque ovoïdes. Ces dernières sont surtout situées soit à la périphérie, soit au voisinage du manche du marteau. Les grandes cellules forment par leur agglomération des sortes de territoires groupés autour d'un centre propre à chacun de ces territoires. Vers ce centre convergent les lijines sinueuses qui raarc^uent la séparation des cellules épitliéliales et celle des espaces circonscrits paj- ces agglomérations de cellules. Ces centres de convergence ont une forme ronde, ovoïde ou trian'ïulaire, et présentent une apparence homogène. On a voulu comparer ces espaces centraux aux formations analogues décrites par Schweiger-Seidel pour l'épithélium péritonéal. On doit reconnaître en effet qu'il y a une grande analogie entre les deux formations. Mais il est difficile d'admettre qu'il s'agisse là de véritables stomates, ou ouvertures communiquant avec des espaces vides situés plus profondément. Le noyau de cet épithélium n'apparaît que difficilement après la nitralation. Lorsqu'on l'aperçoit, on voit qu'il est rejeté à la périphérie des cellules.
Le chorion de celte muqueuse est constitué par une couche fibreuse, dans la composition de laquelle entrent des fibrilles fines envoyant en différents sens des prolongements plus ou moins étroits. Cette couche a une épaisseur trèsvariable. Quelquefois ses faisceaux s'imbriquent avec ceux de la couche des fibres radiées ; d'autres se mêlent avec ceux qui appartiennent à la couche des fibres circulaires ; il en résulte la formation d'une sorte de système lacunaire dont les cavités communiquent les unes avec les autres. Ces espaces sont tapissés par un endothélium que l'on peut rapprocher de l'endothélium des vaisseaux lymphatiques.
Enfin Gerlach décrit sur le bord de la couche muqueuse, dans le voisinage de l'anneau tendineux, l'existence de petits processus villeux, formés par une charpente conjonctive et des anses vasculaires et recouverts par un épithélium aplati. On retrouve ces villosités au niveau de la face interne de la membrane flaccide et sur le marteau.
D'après Gerlach, Trôltsch, Rùdinger, il n'existerait ni nerls ni vaisseaux dans la membrane propre, sauf à la périphérie oîi Gerlach a décrit des anastomoses entre les vaisseaux sous-cutanés et les vaisseaux sous-muqueux. Telle n'est pas l'opinion de Kessel, qui décrit des vaisseaux sanguins, lymphatiques, et des nerfs, dans les trois couches que nous avons étudiées.
Les vaisseaux sanguins de la couche cutanée et de la membrane propre proviennent plus particulièrement d'une artériole qui vient de la paroi postérosupérieure du conduit auditif externe, descend dans le segment postérieur de la membrane tympanique le long du manche du marteau ; dans son trajet elle envoie de petites branches dans des directions radiées, vers la périphérie. A l'extrémité inférieure du manche, le troncule artériel croise la spatule de l'os et se divise en deux branches terminales dont l'une va se distribuer au quart antérieur de la membrane tyinpanique. Les vaisseaux terminaux provenant de ces différentes branches collatérales et terminales communiquent par des anastomoses transversales, arrivent à un lacis capillaire qui se déverse lui-même dans un système veineux spécial.
A cette artère principale s'en ajoutent d'autres plus petites, périphériques,
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^ui tirent leur origine du pourtour de la couche cutanée, passent dans les zones périphériques de la membrane tympanique et communiquent avec celles que nous venons de décrire. Les mailles capillaires provenant de ces diverses sources pénètrent dans la membrane propre, entre la couche des ûbres radiées et celle des fibres circulaires, se placent dans le système lacunaire formé par l'intersection de ces fibres et restent adhérentes aux parois de ces lacunes. Au niveau des points où manquent les fibres circulaires, les capillaires passent directement, dans une direction légèrement oblique, du lacis externe au lacis sous-rauqueux, ce qui rend ce système de communication difficile à apercevoir et le fait paraître pauvre, tandis que vers la périphérie les fibres radiales laissent entre elles des sillons remplis par des capillaires qui présentent l'apparence de rayons réguliers. Les vaisseaux de la couche muqueuse proviennent de ceux de la muqueuse de la caisse dont ils sont la continuation. Ils forment un lacis très-apparent autour du manche du marteau et un second lacis visible autour de l'anneau tendineux. En ce dernier point ils se replient soit vers la muqueuse, soit vers la membrane propre, et alors communiqvient avec ceux de cette membrane.
Les veines forment deux systèmes différents : l'un se vide dans les veines du conduit auditif externe, le second se vide dans les veines de la muqueuse de la caisse et provient des lacis capillaires que nous venons d'étudier. Le sang peut suivre l'un ou l'autre de ces trajets. Mais, eu égard aux causes qui doivent faire obstacle à son cours par le système radié vers le plexus de la périphérie cutanée, il paraît suivre le [»lus habituellement le trajet le plus court et passe par le plexus qui entoure le marteau.
Le système lymphatique de la membrane tympanique est très-développé. On y constate l'existence de trois plans superposés. Le premier est situé dans la couche cutanée; il est constitué par un fin lacis situé immédiatement au-dessous de la couche de Malpighi du revêtement épithélial. Ce réseau se résoud à la périphérie de la membrane, en troncs plus volumineux, souvent en rapport avec les vaisseaux sanguins et qui vont se continuer dans la peau du conduit auditif externe.
Le plus profond appartient à la muqueuse; il est sous-épithélial, forme un plexus placé dans le voisinage de l'anneau tendineux, mais il est peu abondant. Les vaisseaux qui le constituent se distinguent des vaisseaux sanguins de la même région par leurs bosselures. Ils traversent les espaces lacunaires que nous avons décrits dans la charpente fibreuse et y sont pourvus de prolongements et d'expansions arrondies, s'unissant également avec les branches plus profondes qui appartiennent à la membrane propre, et finalement vont se continuer avec ceux que nous avons vus gagner la couche cutanée.
Enfin, sur la face muqueuse, après avoir chassé l'épithélium par le battage et fait une imprégnation d'argent, on constate l'existence de lacunes et de fissures étoilées qui rappellent le système de canaux lymphatiques décrits par Recklinghausen sur le centre aponévrotique du diaphragme. Cette disposition anatomique est surtout marquée autour du manche du marteau. Quelles sont les relations qui existent entre ces lacunes et l'épithélium de la surface muqueuse? faut-il considérer les centres de territoires épithéliaux comme de véritables stomates qui conduisent directement dans ce système lacunaire? Celte manière d'envisager la question nous semble demander de nouvelles recherches. Seulement, employant la méthode que Schweiger-Seidel a utilisée pour les lymphatiques du diaphragme, Kessel a pu injecter les lymphatiques de la membrane tympa-
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nique par simple aspiration et y faire pénétrer les matières colorantes fines, ce qui annonce des rapports de continuité assez faciles avec la cavité de la caisse.
Les nerfs se distribuent, ainsi que le système vasculaire sanguin, à la couche cutanée, à la membrane propre et à la couche muqueuse. Ils proviennent principalement d'un tronc nerveux à fibres myéliiiiques qui arrive à la membrane du tympan par la partie supérieure du segment postérieur et accompagne le tronc artériel que nous avons précédemment décrit. 11 envoie des filets qui accompagnent les artérioles. Il se divise comme l'artère en deux branches terminales, dont l'antérieure va dans la moitié antérieure de la membrane tympanique et la postérieure dans la moitié correspondante de la même membrane. D'autres nerfs plus petits provenant de la couche cutanée entrent dans la membrane par toute sa périphérie, accompagnent les principaux troncs vasculaires sanguins et restent situés à la limite de la couche cutanée, formant ce que l'on désigne par le nom de plexus fondamental. De ce plexus partent des ramuscules formés de tubes nerveux amyéliniques, donnant naissance à des plexus placés soit autour des vaisseaux, quelquefois séparés des capillaires et rejoignant le plexus situé immédiatement sous la couche de Malpighi. On a décrit plusieurs variétés de fibres nerveuses dépendantes de ce plexus ; les unes seraient constituées par un simple cylindre-axe traversant des renllements, ou Ton constate la présence de noyaux distincts et de petites cellules ganglionnaires d'où partiraient des fibres émergentes allant se terminer soit dans la couche de Malpighi, soit dans les parois des vaisseaux sanguins. Ces filaments présenteraient au niveau de leurs points de bifurcation, des renflements allongés, placés deux à deux et dont l'un se rencontrerait au niveau du point de séparation de deux filaments et l'autre à l'extrémité du plus court filament parti de cette bifurcation. S'agit-il dans ce cas de terminaisons nerveuses sur les vaisseaux? ce fait est encore douteux. Du plexus sous-jacent à la couche épithéliale et pourvu de cellules nerveuses bipolaires et multipolaires partiraient des filaments fins qui pénétreraient entre les cellules épithéliales et s'y termineraient d'une manière encore inconnue.
Le plexus dit fondamental envoie des filets nerveux qui pénètrent dans la membrane propre, et paraissent accompagner les vaisseaux dans les espaces lacunaires et aller se terminer entre les faisceaux tendineux; quelques-uns dépassent cette membrane propre et vont se réunir au plexus sous-muqueux. Les nerfs de la couche muqueuse proviennent du plexus tympanique par différents points de la périphérie et des filets que nous avons vus traverser la membrane propre, lesquels proviennent du trijumeau par l'auriculo-temporal et du glosso-pharyngien. Par leur réunion ils forment un double plexus: l'un profond, situé dans l'épaisseur du derme, l'autre immédiatement sous-épithélial. Le premier paraît accompagner les vaisseaux et surtout les lymphatiques sur lesquels il envoie ses ramuscules; le second est surtout en rapport avec la face profonde des cellules épithéliales, sans que l'on connaisse les relations intimes qui unissent ces deux parties.
La membrane du tympan commence à apparaître par sa partie inférieure et tend à interrompre la gouttière formée par la trompe d'Eustache, la caisse et le conduit auditif externe, qui sont une dépendance de la première fente branchiale. Elle se développe de bas en haut, suivant en cela le mode d'évolution de l'anneau tyrapanal. Sa partie supérieure s'achève la dernière et interrompt alors complètement la communication qui existait entre les deux parties de la première fente branchiale : l'une devient muqueuse, l'autre reste cutanée. Telle
2? OREILLE (anatomie).
était la description donnée par tous les anatomisles d'api'ès les travaux de Reichert. Mais d'après de nouvelles recherches dues à Schenk et à son élève Urbantschitcli, confirmées par les travaux de Hunt et de Moldenhauer, la membrane tympanique proviendrait du revêtement cutané externe, au niveau duquel elle se trouve primitivement. La partie du feuillet externe du blastoderme qui la forme serait séparée du reste de la peau par l'apparition du conduit auditif externe, tandis que la cavité qui représente la caisse se creuse en dedans. Les opinions relatives à la part prisse par les différents feuillets embryonnaires à la formation du tissu de la membrane ne sont pas concordantes. En effet, d'après Moldenbauer et Rauber. la caisse et la trompe résulteraient d'une invagination du tube intestinal, tandis que Urbantschitch croit que ces deux parties de l'oreille proviennent d'un diverticulum de la cavité naso-buccale. Or le tube intestinal est formé par le feuillet interne et la cavité naso-buccale provient du feuillet externe. Dans le premier cas la membrane tympanique serait formée par les trois feuillets, tandis que dans le second elle ne renfermerait que deux feuillets : l'ectoderme (pour les couches interne et externe) et le mésoderme (pour la couche moyenne).
Ses dimensions, une fois qu'elle est complètement formée, ont été étudiées par Trôltsch, et nous donnons d'après cet auteur les mensurations qu'il a pu recueillir :
Fœtus de 11 semaines, longueur du corps
— de 14 — —
— de 16 — -
— de 20 — —
— de 22 — — de 24 — —
— de 7 mois, — —
— de 8 - —
— de 9 - —
( Hauteur du tympan. 2""
1 Largeur l"",l/4
j Hauteur 3""
I Liirgeur 2"*
( Hauteur 4",l/2
( Largeur 3°"
Hauteur 7""
Largeur o°",l/2
Hauteur S""
Largeur 7""
^ Hauteur 8"" ,1/2
l Largeur 8""
) Hauteur 9-"
t Largeur G""
Hauteur 9— ,1/2
Largeur 8°"
Hauteur 9"",5/4
Largeur 8"",l/2
Dans la série animale, la membrane du tympan présente quelques modifications de forme et de structure qu'il est intéressant de signaler. Cette membrane est située plus ou moins profondément dans le rocher, chez les mammifères, qui tous possèdent un conduit auditif externe et un pavillon de l'oreille. Mais dans les aulres classes des vertébrés, privés de cet appendice et de ce canal, elle est plus superficielle et souvent même à découvert sur les côtés de la tète. Dans ces conditions elle perd souvent ses caractères de fine membrane transparente. Ainsi, chez les oiseaux, cette membrane se présente à découvert ou est masquée par les plumes de la région avoisinante. A ce niveau, la peau est nue et plissée chez un grand nombre de Batraciens, et la membrane se continue avec la peau, qui en ce point ne se distingue des parties voisines que par un mode particulier de coloration. Chez les tortues elle acquiert une consistance presque cartilagineuse, et elle est recouverte d'une plaque squameuse qui se différencie peu de celles qui recouvrent le reste de la tète. On trouve chez les Sauriens, les crocodiles entre autres, une disposition analogue. Chez les Batraciens inférieurs, tels
OHEILLE (axatomie). 29
que les prote'es et la salamandre, chez les Reptiles, elfe suit le sort de la caisse, qui est à peu près efface'e, ou elle manque complètement. Relativement à sa forme elle présente aussi des variéte's analogues à celles que nous avons décrites chez l'homme. Nous l'avons vu courbe et formant un cône lorsqu'elle est vue sur sa face cutanée. On retrouve cette disposition chez la plupart des mammifères. Dans d'autres cas, sa face cutanée est convexe. Ce fait se rencontre chez les cétacés et h baleine entre autres, chez les oiseaux et les Sauriens. Enfin et plus rarement elle est plane, et on trouve cette disposition chez la taupe, chez la musaraigne et la plupart des Ratraciens supérieurs. Chez l'homme elle est inclinée sur l'horizon. Cette obliquité est dans quelques espèces de mammifères très-prononcée et la membrane paraît alors presque horizontale, notamment chez la taupe, la musaraigne, la loutre, etc. Elle est au contraire verticale dans d'autres espèces, le singe, le chat, le chien et le renard.
Caisse du tympan. La caisse du tympan, située dans l'intérieur delà base du rocher, constitue, avec ses dépendances, la trompe d'Eustache et les cellules mastoïdiennes, une cavité intermédiaire à l'oreille interne et au conduit auditif externe. Cette cavité n'est pas remplie seulement par de l'air : elle est traversée par une chaîne d'osselets qui rattachent la membrane tympanique à l'oreille interne. Ces osselets sont maintenus par des ligaments reliés par des articulations» mis en mouvement par des muscles. Enfin, le tout est recouvert par une muqueuse. Nous aurons donc à étudier dans la caisse du tympan : les parois et leur revêtement, la chaîne des osselets et ses dépendances, ligaments et muscles, etc.
Fig. 2. — Coupe verticale du conduit auditif externe et de l'oreille moyenne du côté droit.
A, portion osseuse du conduit auditif externe. — B, membrane du tympan. — C, portion flaccide de la membrane. — D, apophyse grosse et courte du marteau. — E, extrémité spatuliforme du mancbe du marteau. — F, enclume. — K, étrier.
On a comparé la caisse du tympan à un tambour dont les deux bases seraient courbes et déprimées vers le centre de la cavité et dont la circonférence rappellerait une surface cylindrique très-grossièrement, il est vrai, eu égard aux cavités et aux saillies irrégulières qu'on y remarque. On lui décrit six faces dont les deux plus considérables sont les bases de la caisse. L'une est externe, c'est la paroi tympanique, ainsi nommée parce qu'elle est formée dans une partie de
30 OREILLE (a^atomie).
son étendue par la membrane du tympan. L'autre est interne et désignée sous le nom de paroi labyrinthique. Les autres faces, au nombre de quatre, dépendent de la circonférence dont elles constituent des segments limités. Ces faces présentent des différences dans leur forme et leur étendue, et sont opposées deux à deux. Ce sont: en haut, la voûte ou paroi crânienne ; en bas, la paroi inférieure on jugulaire; en avant, la paroi antérieure ou tuhaire, et en arrière la paroi postéi'ieure ou mastoïdienne. Par suite de la forme particulière des deux bases de la caisse, cette cavité n'a pas partout la même épaisseur; à la cil-conférence, pour M. Sappey, elle varie de3 à 5 millimètres. Au niveau du promontoire et de la spatule du manche du marteau, elle est réduite à son minimum et varie de 1 ù 2 millimètres. M. Tillaux donne des mensurations plus précises et déterminées par régions. Pour cet auteur on trouve la plus grande profondeur au niveau de la voiate; elle est en moyenne de 6 millimètres. Au niveau de la face inférieure la profondeur est moindre, elle ne dépasse pas 4 millimètres; au niveau de la dépression ombilicale elle serait de 1 millimètre 1/2.
La hauteur de la caisse dépasse notablement le diamètre de la membrane tympanique, surtout en haut. Elle est de 15 millimètres en moyenne; elle peut diminuer, mais rarement cette diminution dépasse 1 millimètre 1/2. Le diamètre antéro-postérieur, allant de la paroi mastoïdienne à la paroi tubaire, est également de 15 millimètres avec de légères variations individuelles.
Trôltsch a déterminé toutes les mensurations avec plus de précision encore. Nous laisserons de côté celles qui sont relatives aux diamètres antéro-postérieurs et verticaux qui se rapprochent de celles que nous avons empruntées à M. Tillaux. Mais nous croyons devoir rapporter celles qu'il doime pour la profondeur de la caisse au niveau de ses différentes régions. Elles présentent une grande importance au point de vue pathologique.
Près de l'orifice tubaire ce diamètre est de 3 à 4 millimètres 1/2. Si on suppose un plan vertical passant par le manche du marteau au niveau de l'ombilic, ce diamètre est réduit à son minimum et varie de 2 millimètres, dans le même plan vertical, à 1 miUimètre 1/2, au-dessous de l'ombihc; le diamètre qui correspond au point le plus saillant du promontoire monte à 2 millimètres 1/2. Dans le voisinage de la voûte, au niveau de la tète du marteau, il est de 5 millimètres, et à la voûte, de 5 millimètres. Enfin, et toujours dans le même plan vertical, au niveau du plancher il est de 4 millimètres. Plus en arrière la caisse devient plus large et son diamètre antéro-postérieur atteint 6 millimètres, mais on y rencontre deux osselets qui remplissent en partie cet espace, la tête de l'étrier étant placée à 5 millimètres de la moitié postérieure du tympan et la longue branche de l'enclume seulement à 2 millimètres en arrière de cette membrane. Par suite de la présence de ces osselets dans le segment postérieur et supérieur il faudra, ainsi que le fait remarquer M. Tillaux, ne toucher à la membrane, autant que possible, que dans le segment inférieur et postérieur où nous avons constaté l'existence d'un espace libre de 4 millimètres de profondeur. Enfin, nous devons faire remarquer que l'axe du cylindre irrégulier que représente la caisse, partant du sommet du promontoire, passant par l'ombilic du tympan, est incliné en bas et en avant, de telle sorte que la circonférence se rapproche davantage du phm médian en bas et en avant.
La paroi externe ou tympanique est en partie osseuse et en partie membraneuse. La partie membraneuse est représentée par la membrane tympanique, qui occupe un peu plus de la moitié de la hauteur de cette paroi, en partant de
OREILLE (anatomie). 31
la paroi inférieure. Il est à noter qu'entre l'insertion du bord inférieur de la membrane tympanique et la limite extrême de la paroi en bas il existe une petite lamelle osseuse. On trouve donc en ce point une gouttière plus ou moins profonde protégée par ce rebord osseux et dans lequel peuvent se cacher des corps étrangers, et où s'accumule le pus dans le eus d'otite moyenne. En haut, la portion de paroi osseuse est inclinée en haut et en dehors, de façon que l'élargissement supérieur de la caisse surplombe au-dessus de la paitie profonde du conduit auditif externe, dont elle est séparée par une lame osseuse assez mince et par des prolongements des cellules mastoïdiennes. Enfin, en avant et en bas un croissant osseux protège une partie de la caisse située plus bas que le conduit auditif externe.
A l'étude de cette paroi se rattache celle de la corde du tympan, qui y est accolée dans la plus grande partie du trajet qu'elle pai'court dans la caisse {voy. Facial [Nerf]).
La paroi interne ou labyrinthique est très-compliquée, mais tous ces détails gravitent autour d'une saillie osseuse centrale, le promontoire qui, situé sur la même ligne verticale que le manche du marteau et que l'ombilic et seulement à 1 millimètre 1/2 au-dessus de la dépression ombilicale, proémine vers la membrane tympanique. La forme du promontoire est celle d'un cône, dont la base est dirigée en avant et en dedans et le sommet en dehors et un peu en arrière. Le sommet de cette émineuce osseuse est souvent uni à la pyramide par un pont de substance osseuse. Sa hauteur est variable; elle oscille entre 4 à 6 millimètres. Au niveau de son bord inférieur, on trouve un sillon qui se subdivise en montant vers la voûte de la caisse en plusieurs sillons secondaires. Ce sillon principal et ses branches logent le rameau de Jacobson, cjui provient du glosso-pharyngien, et ses branches secondaires ; l'un de ces sillons se rend en arrière à la fenêtre ronde, un second en haut à la fenêtre ovale, un troisième en haut et en avant vers la gouttière du nerf pétreux, un quatrième en avant vers la trompe d'Eustache, le cinquième et dernier, quelquefois double, se rend, par un petit orifice situé en avant et en bas, dans le canal carotidien où il se joint au plexus du même nom.
Au-dessus du promontoire, et dissimulé en partie par une saillie curviligne qui appartient à l'aqueduc de Fallope, on trouve un orifice elliptique ou fenêtre ovale, qui s'ouvre dans le vestibule. Cet orifice est placé au fond d'une fossette infundibuliforme ou fosse ovale profonde de 1 à 2 millimètres limitée en haut et en bas par les saillies que nous venons de rappeler, en arrière par la pyramide et en avant par le conduit du muscle interne du marteau. Le grand axe de cet orifice est oblique d'arrière en avant et; de dehors en dedans. Le bord supérieur est curviligne, à concavité dirigée en bas ; l'inférieur est le plus habituellement rectiligne. Cet orifice et la fossette infundibulilorme sont occupés en partie par la base de l'étrier. Du côté du labyrinthe, la fenêtre ovale est fermée par le périoste du vestibule qui constitue la membrane de cette fenêtre, membrane soudée à la partie moyenne de la base de l'étrier. Mais, comme cette base est plus petite que l'ouverture, la membrane dans sa partie périphérique est libre, et forme un petit anneau autour de la base de l'étrier, connu sous le nom de membrane annulaire de l'étrier.
Au-dessous et en arrière du promontoire, on trouve un autre orifice arrondi : c'est la fenêtre ronde, qui correspond à l'extrémité inférieure de la rampe tympanique du limaçon. Elle est fermée dans sa partie profonde par une membrane
3â OlltlLLK (anatomie).
connue sous le nom de tympan secondaire. Cette fenêtre est également située au fond d'une fossette profonde d'un millimètre environ, qui forme une sorte de canal oblique d'arrière eu avant. 11 résulte de la direction de ce canal que la membrane qui le ferme dans sa partie profonde n'est pas situe'e dans un plan parallèle à celui de la membrane tympanique. Cependant chez le fœtus Immain de trois à quatre mois la membrane de la fenêtre ronde est presque parallèle à la membrane tympanique. Après la naissance elle prendrait une direction de plus en plus oblique. Toutefois Voltolini a observe des cas dans lesquels l'axe de la fossette de la fenêtre ronde n'était pas oblique et où cette membrane était presque parallèle à la membrane tympanique, de telle sorte que, cette dernière membrane étant enlevée, il était possible de voir le tympan secondaire. Audessus et en arrière de la fenêtre ovale, on trouve une éminence allongée dont la saillie augmente d'autant la profondeur delà fossette de la fenêtre ovale. Celte éminence est formée par une lame osseuse, quelquefois percée de trous nombreux, correspondant à l'aqueduc de Fallope. Ce canal osseux se dirige d'arrière en avant, le long de la partie supérieure et postérieure de la paroi labyrintliique de la caisse, jusqii'au niveau du point où il se recourbe à angle droit en dedans, et vient s'accoler au conduit auditif interne. On voit que le nerf facial n'est séparé de la cavité tympanique que par une couche ostéo-muqueuse bien mince. Henle a même noté l'existence d'espaces assez étendus où l'os m;mque complètement, et au niveau desquels la paroi est périostéo-muqueuse. Ce caractère anatomique est dû à la persistance d'un état embryonnaire, car jusqu'à quatre mois de la vie fœtale l'aqueduc de Fallope est membraneux. En effet, le mode de développement, chez Tbomme,. de cette partie de l'aqueduc de Fallope, a été très-bien étudié par Rùdinger dans ces dernières années, et rend compte de la disposition que nous décrivons. D'après cet auteur, le canal de Fallope commence sur la paroi médiane de la caisse, sous forme d'une gouttière dirigée en bas ; puis les bords s'élèvent, la gouttière devient plus profonde, et alors apparaît à la partie antéro-supérieure de la portion pétreuse une lame osseuse qui passe au-dessus du nerf et complète le canal. Mais, -s'il se produit un arrêt de développement, il en résulte des lacunes de la paroi plus ou moins étendues. En arrière de la fenêtre ovale et entourée parle coude de l'aqueduc de Fallope, on trouve une saillie osseuse connue sous le nom de pyramide. C'est une saillie tubiilée et creuse, dont le sommet, dirigé en avant et un peu en haut, est réuni ordinairement au promontoire par une languette osseuse très-mince. La distance qui sépare la pyramide du promontoire est en moyenne de 2 millimètres. Le canal creusé dans la pyramide se dirige en bas et en arrière; il reste parallèle à la portion descendante de l'aqueduc de Fallope dont il est séparé par une mince cloison et avec lequel il communique deux fois. II est trèsétroit d'abord, s'élargit ensuite notablement, pour se rétrécir et s'effiler jusqu'à la face inférieure du rocher où, d'après Huguier, il se termine par un orifice situé en avant du trou stylo-mastoïdien. Ce canal loge le muscle de l'étrier dont le tendon va s'attacher à la tête de l'étrier. Entre la pyramide et l'aqueduc de Fallope, en arrière de ces deux éminences et un peu en dehors d'elles, on trouve l'orifice par lequel la corde du tympan entre dans la cavité de la caisse.
Dans l'intervalle situé entre la base de la pyramide et le promontoire, M. Huguier a signalé une dépression connue d'après cet anatomisle sous le nom de fossette sous-pyramidale. Elle est perforée dans sa profondeur d'un canalicule qui livre passage à un vaisseau sanguin. En avant de la partie moyenne du
OREILLE (anatomïe). 55
promonloire, on trouve un sillon peu marqué contournant la demi- circonférence
antérieure du promontoire et correspondant à la partie verticale du canal caro-
tidien. La surface tympaniquc de cet espace est parsemée d'inégalités formées par
de fines trabéculcs osseuses. A ce niveau la carotide n'est séparée de la caisse
que par une mince lamelle d'os poreux et qui souvent est interrompue par
places. Ce rapport si intime avec un vaisseau artériel de l'importance de la
carotide interne serait compliqué par la présence d'un sinus veineux décrit par
Rektowski en 1858 sous le nom de sinus carotidien. En effet, l'artère, dans toute
l'étendue du canal osseux, est située au milieu d'un espace limité en dehors par
un prolongement de la dure-mère appliquée sur la paroi osseuse. Cet espace
d'après cet anatoraiste communiquerait largement avec le sinus caverneux;
il serait rempli de sang veineux qui se viderait soit dans les sinus qui entourent
la selle turcique par de petites veines, ou bien dans la jugulaire interne à
son émergence au niveau de la base du crâne. On se rend compte des dangers
que fait naître ce rapport important, phlébite des sinus et hémorrhagie
foudroyante par ulcération de la carotide, toutes les fois qu'à la suite d'otite
moveniie il se sera produit une carie de la lamelle osseuse qui sépare la caisse
de ces vaisseaux sanguins.
Au-dessus de cet espace carotidien, en avant de la fenêtre ovale, au-dessous de l'angle de réflexion transversal de l'aqueduc de Fallope, se trouve une saillie coudée, complète à l'état frais, se présentant en forme de gouttière sur les os macérés, et alors connue sous le nom de bec de cuiller. Cette saillie est creusée d'un canal assez long, destiné à loger le muscle interne du marteau. On divise ce conduit en deux portions: l'une, la plus longue, de 10 millimètres d'étendi.e environ, se trouve placée au-dessus de la portion osseuse de la trompe d'Eustache à laquelle elle est liée intimement ; elle suit aussi le bord antérieur de la partie pétreuse du rocher et est obli(jue en arrière et en dehors. Arrivé à la partie supérieure et antérieure de la paroi labyrinthique de la caisse, ce canal se coude, s'isole de toute part de la paroi dans laquelle il était h moitié inclus, et se dirige transversalement de dedans en dehors. En s'isolant il donne naissance à une éminence osseuse, haute environ d'un millimètre, conoïde, percée à son sommet d'un petit orifice ovalaire. La portion de ce canal oblique et élargie renferme le corps du muscle. Celle qui est coudée loge le tendon et fait office de poulie de réflexion.
La paroi supérieure ou voûte du tympan sépare la cavité de la caisse de celle du crâne. Elle est formée par une lamelle osseuse dont l'épaisseur est trèsvariable, et qui s'unit en dehors à la portion écailleuse du temporal. Elle est recouverte à sa face supérieure par la dure-mère, et perforée, surtout au niveau de la suture pétro-squameuse, d'un grand nombre d'orifices veineux et ai'tériels. Elle est souvent tellement amincie, qu'elle en devient transparente et même montre par places de véritables pertes de la substance osseuse; physiologiques et signalées par Hyrtl et Toynbee depuis longtemps, on ne doit pas confondre ces pertes de substance avec les résultats de la carie qui amène à ce niveau des destructions osseuses assez fréquentes. Ces rapports étroits entre la cavité de la caisse et la cavité crânienne, ce voisinage immédiat, ces moyens de communication nombreux, expliquent la production d'un grand nombre de phénomènes pathologiques et les propagations possibles et faciles des inflammations de la caisse aux méninges. Du côté de la cavité tympanique cette lame osseuse est rugueuse et couverte d'aspérités. Elle est plane au contraire sur sa face dure-mérieaae. DICT. ESC. T s. XVII 3
5i OREILLE (anatomie).
La paroi inférieure ou jugulaire est, du côté de la caisse, recouverte de saillies et d'enfoncements qui lui donnent l'apparence d'une sorte de grillage. Elle correspond à la cavité de la face inférieure du rocher, qui loge le golfe de la veine jugulaire dont elle est séparée par une lame osseuse. L'épaisseur de cette lame est variable ; elle est formée de tissu tantôt compacte, tantôt spongieux, quelquefois tellement amincie qu'elle est devenue transparente. Cet état peut même aller jusqu'à l'atrophie, de telle sorte qu'à ce niveau le golfe de la veine jugulaire n'est séparé de la cavité de la caisse que par une couche fibreuse. La présence de ces lacunes, comblées par une paroi fibreuse, sont un vestige de l'état ft étal; car jusqu'au quatrième mois de la vie intra-utérine l'espace compris entre la paroi interne et l'anneau tympanal est rempli par une masse fibreuse qui forme en ce point la paroi inférieure de la caisse. Dans la série animale il existe des espèces chez lesquelles ce plancher est complètement formé par des parois membraneuses. On trouve aussi des orifices dus à d'autres causes : l'un est destiné au rameau do Jacobson et à son introduction dans la caisse; l'autre donne passage à une arlériolc lympanique ilont nous étudierons plus tard la distribution. Ces rapports immédiats du golfe de la veine jugulaire avec la paroi inférieure de la caisse, la présence de ces lacunes, expliquent la propagation d'inflammation, la production de thromboses et les ulcérations et blessures du golfe de la veine jugulaire dans les traumatismes et les inflammations de la caisse.
La paroi postérieure ou manloidieime présente en haut et en dedans, à son union avec la paroi labyrinthiquc l'orifice d'entrée de la corde du tympan; audessous de cet orifice et en dehors de la pyramide, M. Sappey signale l'existence d'une fossette qu'il appelle fossette sus-pyramidale. Enfin, au-dessous et en dehors est l'orifice du canal pétio-mastoïdien dont l'ouverture d'entrée dans la caisse est large et de forme triangulaire. Quelquefois cet orifico au lieu d'être unique est multiple. 11 occupe la partie supérieure de la paroi et est situé dans le prolongement direct de l'orifice tympanique de la trompe d'Eustache.
La paroi antérieure ou tubaire présente, de haut en bas, la scissure de Glaser placée immédiatement en contact avec la partie antérieure de l'anneau tympanal, et par laquelle sortent ou entrent, la large branche du marteau, le ligament antérieur de cet osselet et une artériole tympanique qui provient de la maxillaire interne ; un peu plus bas et en dedans, l'orilice du canal osseux décrit par Uuguier et par lequel sort la corde du tympan. Enfin correspondant au tiers supérieur de cette paroi, on trouve l'orifice tympanique de la trompe d'Eustache. Cet orifice est large et dissimulé en partie, en haut et en dehors, par le bec de cuiller.
Chaîne des osselets. La chaîne des osselets est composée de quatre os qui sont, en allant de la membrane tympanique à la paroi labyrinthiquc, le marteau, Venclume, Vos lenticulaire et ïétrier. Elle forme un appareil coudé, rattaché aux parois de la caisse par des ligaments, dont les pièces sont reliées les unes aux autres par des articulations et des moyens de contention, et dont les mouvements,. sont assurés par un groupe musculaire. Enfin cet appareil est enveloppé par la muqueuse de la caisse. La chaîne s'étend de la membrane du tympan à la fenêtre ovale et rattache par conséquent la paroi externe de la caisse à la chambre vestibulaire. Lorsqu'on examine de face le système qu'elle forme, on n'en voit qu'une partie ; la tète du marteau, le corps de l'enclume et sa branche horizontale sont trop élevés et occupent la portion de la caisse placée au-dessus de l'anneau tvrapanal. On n'aperçoit donc que le manche du marteau et son apophyse externe»
OREILLE (anatomie). 55
el sur un plan postérieur et plus profondément la branche verticale de renclume. Si, au contraire, on ouvre la caisse du tympan par sa paroi antérieure, en peut saisir à peu près dans son ensemble, le système doublement coudé formé par la chaîne des osselets. En effet, si l'on détaille les diverses inflexions formées par celle chaîne, on la décompose successivement de la façon suivante en allant de la fenêtre ovale à la membrane tympanique. L'étrier et l'os lenticulaire représentent une ligne droite transversale. Au niveau de l'articulation de l'enclume et de l'os lenticulaire, cette ligne se coude à angle droit et devient verticale, de telle sorte qu'au niveau de ce coude, les mouvements se feront dans le sens vertical el tendent à augmenter ou à diminuer l'angle formé par la rencontre de ces deux lignes. Au niveau de la face antérieure du corps de l'enclume, la direction de la chaîne change; elle se porte d'arrière en avant, puis à partir du col du marteau, elle descend verticalement ea bas, en suivant la direction du manche du marteau jusqu'à l'ombilic lympanal.
Le marteau, enclavé en partie dans la membrane tympanique, est placé au devant du corps de l'enclume avec lequel il s'articule. On lui décrit une tète, un col, un manche, une apophyse grèle et longue, une apophyse courte et grosse.
La tête est située dans la partie supérieure de la caisse, au-dessous de la voûte, àlaquelle elle est rattachée par un ligament. Elle estlissc et airondie en haut, en avant et en dehors ; en arrière et en dedans, elle s'articule avec l'enclume, par l'intermédiaire d'une facette divisée par une crête verticale en deux parties secondaires.
Le col est aplati transversalement, et est croisé en dedans, par la corde du tympan. En dehors, il répond à la membrane flaccide de Schrapnell ; de son pourtour partent les deux apophyses qui dépendent de cet osselet; l'une est antérieure, longue et grèle ; l'autre externe, courte et grosse. La première ou apophyse antérieure également appelée apophyse de Ravv, présente une longueur de 5 à 6 millimètres; elle est grèle, aplatie, curviligne; elle s'engage dans la partie la plus large de la scissure de Glaser et se porte en haut el en avant. Elle donne attache par son sommet, à un petit ligament et est rendue mobile dans la scissure de Glaser par la présence d'une petite bourse synoviale.
L'apophyse externe ou grosse el courte, naît à l'endroit où le manche se continue avec le cul du marteau. Elle soulève la membrane tympanique et s'incline souvent en haut. iNous avons déjà étudié ses rapports avec les deux ligaments qui circonscrivent la membrane flaccide de Sclirapnell. Le manche est aplati d'avant en arrière, et se continue avec le col en formant un angle obtus ouvert en arrière; puis, plus bas, son extrémité inférieure se recourbe légèrement en dehors et en bas. Celte partie de l'os est logée dans l'épaisseur de la membrane du tympan, et nous avons vu les rapports de cette partie de l'osselet, avec les diverses couches de cette membrane.
L'enclume est située plus en arrière et en dedans, et correspond à l'entrée du canal pétro-mastoïdien. On lui décrit un corps, situé dans le segment supérieur de la caisse, en arrière de la tète du marteau, et deux branches, l'une supérieure, l'autre inférieure. Le corps aplati de dedans en dehors est irrégulièrement quadrilatère. Sur le bord antérieur on voit une facette articulaire, en forme de cavité profonde et sinueuse, qui réunit cet os avec la tète du marteau. La branche supérieure est courte, épaisse, en forme de cône, terminée pai' une
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pointe mousse et dirigée d'avant en arrière, elle reste au même niveau que le corps. Elle présente souvent vers son bord inférieur une dépression ou fossette déjà signalée par Cassebohm, mais dans l'enfance seulement. La branche verticale ou inférieure, est plus longue et plus grêle ; elle se dirige directement en bas, ou bien en bas et en arrière, et se voit à travers la membrane tympanique dans le segment postérieur de la caisse, parallèle au manche du marteau . Cette branche est rarement rectiliçjne et se courbe léuèrement en dedans à son extrémité inférieure; elle forme souvent une petite facette concave qui s'articule avec l'apophyse de l'os lenticulaire; dans d'autres cas, l'extrémité inférieure est libre, et l'articulation avec l'os lenticulaire, se fait par l'intermédiaire d'une petite apophyse latérale, coudée à angle droit sur la branche principale.
L'os lenticulaire est très-petit; il présente deux faces et une circonférence. Sa face interne convexe, correspond à la tète de l'élrier. Sa face externe est quelquefois concave et s'articule ;dors avec la facette terminale de la branche descendante de l'enclume; dans d'autres cas, cette même face donne naissance à une petite apophyse qui porte la surface articulaire destinée à réunir ces deux os. Dans ce cas, il arrive quelquefois, que l'os lenticulaire est implanté obliquement, de telle sorte que sa face externe regarde un peu en haut. Il l'aut remanjuer que quelques auteurs, ont voulu considérer l'os lenticulaire, comme une dépendance de la branche descendante de l'enclume; mais ce fait est le résultat d'un état sénile, et ne se retrouve pas dans la première moitié de la vie.
L'élrier est placé horizontalement ; il s'étend de l'extrémité recourbée de l'enclume et de l'os lenticulaire à la fenêtre ovale, et se trouve logé en grande partie dans la fossette qui précède cet oriOce. On donne le nom de tête, à l'extrémité externe aplatie de haut en bas et qui présente une facette concave articulée avec l'os lenticulaire; l'autre extrémité de cette tète, se continue avec les branches, soit directement, soit par l'uitermédiaire d'une partie rétrécie appelée col et présente, à son bord postérieur, une petite saillie qui sert à l'insertion du tendon du muscle interne de l'étrier. Le col peut être plein, quelquefois il est creusé d'un canal qui se continue avec les rainures qui se trouvent sur le bord concave des branches ; ces dernières réunissent la tète à la base. Elles forment une courbe à concavité opposée. L'antérieure est ordinairement moins longue et moins recourbée que la postérieure. Leur face extérieure est convexe et lisse; leur face concave est creusée d'une gouttière, et l'espace limité par ces deux branches, est rempli par un simple repli de la muqueuse. Enfin la base est constituée par une lame osseuse sur la face externe de laquelle viennent se fixei les extrémités des deux branches, et que la présence d'une petite crête, fait i-essembler à une cupule. La face interne se confond avec la membrane que nous avons vu obturer la fenêtre ovale. Elle est en général convexe. Cette base moin grande que la fenêtre sur laquelle elle s'applique, en rappelle cependant la configuration générale comme contour.
Nous donnons, d'après Urbantschitch, les mensurations suivantes de tous les osselets. Pour le marteau, la longueur varie de 7 à 9™™, 2 ; en moyenne de 8™™, 5. La courte apophyse varie entre [""^,2 et 2™'", 7 et est en moyenne de l^^sô. L'apophyse longue et grêle diminue avec l'âge ; sur un sujet de trente ans : longueur ^'""So; sur un sujet de vingt ans : longueur, b°"",S). La longueur du manche du marteau varie de i'"'",^ à 5"^"", 6 et est en moyenne de 5 millimètres. Enfin l'extrémité libre du manche du marteau est séparée de la périphérie de la membrane du tympan par les distances suivantes : en bas, de2'^°',6 à 4'"'",2; en
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moyenne, 5™™,o ; en avant, de S'^^.G à 4 millimètres, en moyenne, 5'"'", 4 ; en arrière, de 4""", 2 à 5'"™, 6, en moyenne, 4""",6.
Pour la branche horizontale de V enclume, la longueur prise à partir du bord supérieur de la face articulaire varie de 4""», 8 à 6""", 5, e:i moyenne, de 5111m 3 p^^^. j.^ branche verticale, la longeur prise du bord inférieur de la même surface articulaire jusqu'à l'articubition avec l'étrier, 5 millimètres à 5""°, 2, en moyenne, 4™", 6.
La largeur totale de Vétrier est de 5™™, 2 à 4"'", 5, en moyenne de 3""", 7; la largeur mesurée du milieu d'une des branches à l'autre varie de 1™°S8 à o""",5, en moyenne de 5'"'", 5; la branche antérieure a une longueur de l'"'",4 à 3""',4, eu moyenne de 2'"™,4 ; la branche postérieure : longueur de l'^"\i à 5""™, 7, en moyenne, 2°"'", 5; la largeur de la braiiciic antérieure est de 0""",5 à 1 millimètre, en moyenne de 0""",G ; la largeur de la branche postérieure est de 0°"^,^ à l'°™,2, en moyenne O'^'^.B ; la base de l'étrier présente un grand axe de S^^.e à 5™", 5, en moyenne de 5 millimètres; le petit axe est de l'"'",2 à 2"'™, 5, en moyenne de 1™"%5.
Cette chaîne des osselets est fixée aux parois de la caisse et maintenue en place à l'aide de ligaments dits extrinsèques. Ceux qui réunissent les uns aux autres les difiërents segments de celte chaîne sont dits intrinaèqïies.
Le marteau est rattaché aux parois de la caisse par quatre ligaments extrinsèques, sans compter le rapport étioit qui réunit le manche avec la couche moyenne de la membrane tympanicjuc.
Le supérieur s'étend de la partie la plus élevée de la voûte, au sommet de la tète du marteau; il est court et assez résistant. Deux autres partent de la base de l'apophyse externe et courte et vont rejoindre les deux extrémités de l'anneau tympanal. Nous les avons étudiés déjà à l'occasion de la membrane ilaccide et du segment de Rivinus. Enfin, un dernier ligament fixe l'apophyse grêle à la paroi inférieure de la caisse, au pourtour de la scissure de Glaser. L'enclume ne possède qu'un seul ligament extrinsèque qui rattache cet osselet aux parois de la caisse ; il part du sommet de la branche horizontale, et se dirigeant d'avant en arrière, vase fixer à la partie supérieure de la paroi postérieure de la caisse. Enfin la base de l'étrier est rattachée au pourtour de la fenêtre ovale par quelques bandes fibreuses, et surtout par l'adhérence intime qui rattache cette base à la membrane obturatrice de la fenêtre ovale. Cette membrane est formée par le périoste du vestibule et est soudée à la partie moyenne de la base de l'étrier. Toynbee avait voulu décrire à ce niveau une véritable articulation avec surtàce articulaire cartilagineuse. Mais Voltolini a démontré qu'il n'en était rien, et qu'il n'existait ni capsule articulaire, ni couche cartilagineuse articulaire à l'état adulte du moins. Ce résultat a été confirmé par les recherches de Magnus.
Les ligaments intrinsèques sont pour l'articulation de la tète du marteau avec l'enclume, un appareil ligamenteux représenté par une capsule fibreuse. On retrouve la même disposition pour l'articulation de l'enclume avec l'os lenticulaire, et pour celle de l'os lenticulaire avec la tête de l'étrier. Il arrive même, que ces deux dernières capsules se continuent l'une avec l'autre; les fibres provenant du pourtour de la surface articulaire de la branche verticale de l'enclume, se rendent jusque sur le pourtour du col de l'étrier, et s'intriquent avec les fibres du tendou du muscle de l'étrier.
Les articulations dont nous venons de décrire les moyens d'union appartiennent à diverses variétés. Celle de la tête du marteau avec l'enclume, est une
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énarthrose. Celle de l'enclume avec l'os lenticulaire, et celle de l'os lenticulaire avec l'étrier, appartiennent au genre des arlhrodies.
Les muscles qui meuvent les unes sur les autres, les différentes pièces constituant cette chaîne sont :
Le muscle interne du marteau logé dans un canal osseux que nous avons vu se terminer par le bec de cuiller, et qui est placé au-dessous de la portion de la trompe d'Eustache à laquelle elle est parallèle. Il s'insère en dedans, à la portion cartilagineuse de la trompe d'Eustache, à l'épine du sphénoïde et à l'angle rentrant du temporal ; la portion musculaire cesse d'exister au niveau du bec de cuiller, et le muscle se termine sur un tendon qui se réfléchit à angle droit, suivant la direction nouvelle que le canal reçoit en ce point. Dans cette partie du canal, véritable poulie de réflexion, le tendon glisse à l'aide d'une gaîne synoviale et va se terminer au col du marteau, à sa partie inférieure et interne, à 1 millimètre, d'après M. Sappey, au-dessous de l'apophyse grosse et courte. Cette insertion présente un certain nombre de variétés qui ont été signalées par Urbantscbitsch ; ainsi, il s'insère quelquefois à la face antérieure du manche et d'autres fois à tout le pourtour de cette partie du marteau ; de plus, la direction des fibres terminales est oblique sur l'axe du manche, au lieu de lui être parallèle. Enfin, souvent le tendon paraît divisé en deux parties superposées, l'une, la supérieure se pose à la face antérieure et l'inférieure au bord interne en arrière. Ce muscle est de plus, enveloppé par une gaîne fibre\ise qui l'accompagne dans toute l'étendue de sa gaîne osseuse, et qui suit le tendon, même après sa réflexion dans son passage à travers la caisse. D'après M. Sappey, ce muscle est animé par le facial; mais Luschka et Trôltsch font venir son filet nerveux du maxillaire inférieur, par l'intermédiaire du ptorygoidien externe et du ganglion otique. Les auteurs anciens aviiient décrit un muscle externe du marteau, qui, inséré à l'apojihyse antérieure ou grêle du marteau, sortirait par la scissure de Glaser et se fixeraità l'épine du sphénoïde. II s'agit en réalitéd'un ligament, fixant l'apophyse grêle et longue à la face externe de la paroi inférieure de la caisse, et cette partie anatomique, correspond à ce que le docteur Verga a déîrit, en 1854, sous le nom de ligament malléo-maxillaire, très-visible d'après cetanatomiste, pendant les cinq premiers mois de la vie intra-utérine et qui ne serait autre chose qu'une modification du cartilage de Meckel,
Le muscle de l'étrier est le second muscle moteur, accepté par tous les anatomistes, de la chaîne des osselets. Il est logé comme le premier, dans un canal osseux que nous avons déjà décrit et qui se termine au sommet de la pyramide. Ce muscle a un corps charnu et un tendon. La partie charnue est ascendante, elle se termine sur un tendon mince qui arrive au sommet delà pyramide, se réfléchit et va s'insérer à la face postérieure et inférieure de la tête et du col de l'étrier. Ce muscle est entouré d'une gaîiie fibreuse appréciable et qui se continue avec le périoste de la face inférieure du rocher. Il reçoit un filet nerveux du facial, une artériole de la stylo-mastoïdienne. Il a pour action de relâcher la membrane du tympan, et pour M. Tillaux de s'opposer de plus, à l'enfoncement de l'étrier dans la fenêtre ovale.
Les parois de la caisse et les divers organes que cette cavité renferme et que nous venons de décrire, sont recouverts par une couche muqueuse mince qui appartient à la variété que les anatomistes désignent par le nom de fibro-muqueuse. Elle doit ce nom à ce que son derme appartient surtout à la couche périoslique, et en ce qu'il ne peut être divisé qu'artificiellement en deux couches distinctes.
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Celte fîbro-muqueuse est la continuation de celle de la trompe et du pharynx, €t se continue elle-même, avec celle qui tapisse les cellules mastoïdiennes. Elle est lisse, blanchâtre, très-mince et très-délicate, et] d'après Troltsch, chez beaucoup d'adultes, ressemble presque par ses caractères extérieurs à une membrane séreuse.
La structure de cette fibro-niuqueuse est assez compliquée et nous présente à étudier un revêtement cpitliélial, un derme fibreux, des vaisseaux sanguins et lymphatiques, des glandes et des nerfs.
]j'épithélium n'a pas sur toute' l'étendue de la caisse la même forme et les mêmes caractères. Sur la face postérieure de la membrane lympanique, il est formé par une couche unique d'épilhclium pavimentcux polygonal aplati. Sur le plancher de la caisse, sur la paroi antérieure, autour de l'insertion de la membrane tympanique, sur la paroi postérieure, cet épithélium est formé d'une couche unique de cellules cylindriques, et KôUiker qui a pu l'examiner sur la tête d'un décapité, a pu s'assurer que cet épithélium cylindrique était pourvu de cils vibratils partout, sauf sur la face interne de la membrane du tympan et sur la chaîne des osselets. Mais l'épithélium n'est pas partout cylindrique et Kessel a pu faire remarquer qu'en certaines régions, notamment au niveau du promontoire et de la voûte, cet épithélium est pavimenteux bien qu'il soit pourvu de cils. Le changement de forme des cellules épilhéliales, que nous venons de signaler, n'est pas brusque; le passage d'une forme à une autre est graduel. Les cellules cylindriques ciliées deviennent plus basses, s'a|)latissent et finissent par former des cellules pavimenteuses ciliées, puis au niveau de certaines régions qui; nous avons signalées se changent en cellules pavimenteuses dépourvues de cils vibratils.
Lorsqu'on isole les cellules qui constituent le revêtement épithélial au niveau des points où la présence des cils vibratils est le plus manifeste, on trouve trois variétés de cellules : i" un certain nombre de cellules cylindriques dépourvues de cils et analogues aux cellules caliciformes de Letzerich ; 2° de cellules cylindriques dont on trouve deux variétés : les unes ont un noyau et ont des cils bien développés ; les autres sont privées de noyaux et leurs cils sont petits et collés en faisceaux. Ces deux variétés de cellules, les cellules caliciformes aussi bien que les ciliaires, sont pourvues à leur extrémité profonde de prolongements fi liformi^s souvent bifurques, formés d'une substance homogène, se réunissant souvent ensemble et allant se terminer dans le tissu connectif sous-jacent ; 5° des cellules fusiformes très-allongées constituées par un corps cellulaire rempli par un noyau et terminées par deux prolongements polaires très-allongés et très-minces. Le supérieur se perd au milieu des cellules ciliées ; le second se perd dans le tissu sous-muqueux.
La seconde couche de la muqueuse ou couche sous-épithéliale, est formée par du tissu conjonclif fibrillaire assez compacte, dans lequel on peut eu beaucoup d'endroits distinguer deux zones ; l'une superficielle immédiatement sousjacente à l'épithélium ; l'autre profonde intimement unie à la précédente dans la plus grande étendue des parois de la caisse, mais qui s'en sépare en certains points. Cette dernière est la couche périostale proprement dite. Elle fournit des gaines conjonctives aux nerfs placés dans les sillons que nous avons décrits et aux vaisseaux sanguins qui s'enfoncent dans les canalicules osseux.
La première zone est formée de fibrilles très-fines, qui parleur réunion, et leur intrication, donnent naissance à un réseau de membranes perforées et à des
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espaces lacunaires, logeant des nerfs, des vaisseaux sanguins et lymphatiques. Elle se sépare de la seconde zone, et donne alors naissance à des bandes fibreuses revêtues d'épithélium et passant d'une saillie osseuse à l'autre à travers les espaces libres de la cavité de la caisse. On décrit plusieurs de ces brides fibro-vasculaires ; les ligaments extrinsèques paraissent être les plus importantes et les plus volumineuses de ces lormations. On en a décrit d'autres moins importantes; mais quelques auteurs et parmi eux Trœltsch considèrent ces productions comme palhologiques. Telle n'est pas l'opinion de Kessel et de Politzer, qui dans l'intérieur de ces bandes, aussi bien que des ligaments que nous avons signalés, ont trouvé des corps particuliers sur lesquels ils appellent l'attention. 11 s'agit de faisceaux allongés ronds ou aplatis, qui présentent des renflements ovoïdes. Ces faisceaux traversent les renflements dans leur partie centrale, puis s'é[>anouissent en forme d'éventail à leur sortie. Les faisceaux sont formés de fibrilles parallèles ; les corps particuliers ovoïdes qu'ils traversent sont également constitués par des couches de lamelles concentriques formées d'une substance fibrillaire; entre les différentes couches capsulaires, il existe des espaces remplis d'une substance soit homogène soit d'éléments fusiformes, et les plus extérieures de ces couches de capsules sont ondulées. A l'une des extrémités des corps, les diverses couches capsulaires se terminent par un anneau circonscrivant un canal, où entre le faisceau qui forme l'axe de cette formation singulière. A l'autre pôle les capsules se continuent avec les fibrilles de l'axe qui s'épanouit en éventail. Dans d'autres cas, les divisions du faisceau de l'axe se subdivisant à leur sortie en faisceaux secondaires, portent sur leurs branches des corps analogues mais plus petits.
Les vaisseaux ar/eVie/s proviennent : 1^ de l'artère stylo-mastoïdienne, qui pendant son trajet dans l'aqueduc de Fallope, envoie des rameaux au muscle de l'étrier et aux cellules mastoïdiennes ; 2° de la pharyngienne ascendante, qui en outre des rameaux qu'elle envoie à la trompe d'Eustache, en fournit au muscle interne du marteau ; 3" de l'artère tympanique qui pénètre par la paroi inférieure ; 4'' de la méningée moyenne qui par la fissure pétro-squameuse envoie des artérioles à la voûte; 5** de la carotide interne, qui dans son trajet dans le l'ocher, envoie deux petites branches qui traversent la paroi antérieure et externe du canal et pénètrent dans la caisse. Les petits rameaux provenant de ces branches d'origine, se distribuent à la couche périostique et à la zone superficielle de la muqueuse, la traversent par des boutonnières arrondies ou elliptiques et arrivent jusque sous l'épithélium où existe un système capillaire dont le calibre augmente rapidement et qui se déverse dans les veines volumineuses du périoste. Ces veines vont ensuite se terminer dans le golfe de la veine jugulaire et les sinus veineux voisins, sinus pétreux supérieur et inférieur, sinus laléral. Ou doit remarquer que les veinules ne suivent pas le trajet des artérioles, et que les communications directes que les premières établissent entre la muqueuse de la caisse et les sinus que nous venons de signaler, présentent un grand intérêt pathologique.
Le système lymphatique de la muqueuse paraît assez complexe ; on y décrit d'abord des canaux lymphatiques, formant çà et là un système de tubes pourvus de renflements globulaires et de prolongements latéraux qui prennent la forme de véritables poches. A côté de ce système lacunaire, assez analogue à celui que nous avons vu exister dans l'épaisseur de la membrane tympanique, on signale l'existence de cavités remplies de cellules analogues à des globules blancs, et
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rappelant assez bien la formation de follicules clos. C'est tout au moins sous ce nom que Trœltsch les décrit.
Les nerfs qui se distribuent aux diverses parties de la caisse sont nombreux et naissent de sources variées. Ils proviennent du trijumeau, du facial, du glossopliaryngien, du pneumo-gastrique, du grand sympathique carotidien, du ganglion otique.
Le trijumeau par sa partie motrice, ou maxillaire inférieur, de laquelle émerge le ptérygoïdien interne, enverrait un petit filet au muscle interne du marteau qui reçoit en outre, un autre filet nerveux du ganglion otique. D'après M. Sappey ce serait le facial qui animerait ce muscle.
Le facial fournit un rameau au muscle de l'étrier. Le glosso-pliaryngien donne le rameau de Jacobson dont nous avons décrit le trajet et la distribution sur la paroi labyrinlhique de la caisse. Le pneumo-gastrique envoie un filet à la muqueuse qui tapisse la face interne de la membrane du tympan. Le grand sympathique envoie du plexus caiotidien, des filets qui pénètrent à travers la paroi osseuse qui le sépare de la cavité de la caisse et concourt ù former le plexus tympanique. Nous étudierons ultérieurement la distribution et l'action des iilets qui proviennent du ganglion otique.
Tous les filets nerveux et particulièrement ceux qui proviennent du glossopharygien, du pneumo-gastrique et du plexus carotidien donnent naissance au plexus tympanique. Les branches principales du plexus sont formées de fibres nerveuses complètes, c'est-à-dire niyéliniques, et situées dans la zone profonde ou périostale; il en part de petits filets qui arrivent sous la couche sous-épilhcliale. Ces branches secondaires s'anastomosent et donnent naissance à un plexus à mailles iriégulières, d'où partent alors des fibres amyéliniques. Le long des branches qui forment ces mailles et au niveau de leur point d'intersection existent de petits ganglions nerveux formés par des accumulations de petites cellules. Ces ganglions rudimentaires existent sur toutes les divisions du plexus tympanique ainsi que l'ont vu Krause et Kôlliker.
Enfin Trœltsch a décrit sur la paroi inférieure de la caisse l'existence de glandes muqueuses. Lucœ admetleur existence comme probable dans l'espèce humaine, surtout au pourtour de l'orifice tympanique de la trompe d'Eustacheet Kessel a décrit des glandes dans la muqueuse tympanique du chat et du chien. Elles sont constituées par un simple canal et tapissées à leur intérieur par un revêtement de cellules cylindriques.
Le tissu osseux qui entre dans la composition anatomique de la chaîne des osselets est spongieux à l'intérieur et compacte à la périphérie. En certainesrégions, sur la tête et le col du marteau, sur le corps de l'enclume, la substance spongieuse est prédominante; l'inverse a lieu le long du prolongement vertical de l'enclume et pour le manche du marteau.
Pendant la vie utérine la caisse du tympan est absolument vide d'air. Les anciens anatomistes croyaient qu'elle était remplie de mucus. 11 n'en est rien; mais la muqueuse qui la tapisse est très-épaissie surtout dans la portion qui appartient à la paroi labyrinthique. Cette dernièje forme une sorte de bourrelet épais, qui s'avance jusqu'à la face interne de la membrane du tympan, de telle sorte que la cavité n'est représentée que par une fente. Ce bourrelet est formé par du tissu conjonctif embryonnaire à réseau fibrillaire, analogue à la gelée de Wharton, et doit être rangé dans la classe des tissus muqueux. Cette formation bien décrite par Trœltsch en Allemagne, a été également signalée en France par
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Renault et Barety. Après la naissance, ce bourrelet diminue rapidement, s'atrophie et laisse bientôt à la cavité ses dimensions et sa forme physiologique. Du côté de la membrane tympanique et pendant la vie fœtale, on signale également une formation analogue située entre le manche du marteau et la branche verticale de l'enclume. Ce repli muqueux est parcouru par des vaisseaux sanguins, et s'atrophie en même temps que celui qui part delà paroi labyrinthique.
Les osselets de la caisse se développent de bonne heure ; ils apparaissent dès le troisième mois de la vie intra-utérine sous la forme de cartilages très-visibles, bien qu'il soit difficile de distinguer l'enclume, de l'étrier. L'ossification commence à apparaître vers la fin du troisième mois. Au quatrième mois, la partie inférieure du marteau jusqu'au col est encore cartilagineuse; la tète seule est recouverte d'une mince lame osseuse. L'enclume n'a qu'un petit point d'ossification dans la partie du corps attenant à la surface articulaire, et l'étrier ne présente que trois petits points d'ossifications à sa base et k ses deux branches. Tout le reste est cartilagineux. Au septième mois l'étrier est entièrement ossifié. L'enclume est ossifiée en partie sauf au niveau de la surface articulaire, et le marteau est ossifié en totalité si ce n'est au niveau de l'extrémité inférieure du manche. Enfin au neuvième mois les osselets sont complètement ossifiés; mais le revêtement de substance compacte est très-mince et le tissu spongieux prédomine.
Dans certaines espèces animales la caisse est très-étendue; ainsi chez les carnassiers, les rongeurs, elle proémine au dehors et donne naissance à des saillies quelquefois considérables visibles au dehors et connues sous le nom de bulles osseuses. C'est ce qu'on voit chez le chat, chez le chien, chez l'écureuil et beaucoup d'espèces voisines. Dans d'autres cas, les prolongements de la caisse se font en dedans et les cavités ne sont séparées sur le plan médian que par l'os basilaire. On en a un exemple remarquable chez la taupe, la musaraigne. Quelquefois elle paraît divisée en deux cavités secondaires par une cloison transversale incomplète, due à une saillie considérable du promontoire, de telle sorte que la moitié antérieure loge la chaîne des osselets et la fenêtre ovale, et le segment postérieur plus considérable renferme la fenêtre ronde. Enfin le squelette osseux de la caisse tympanique des mammifères ne se consolide pas toujours en totalité sur les sujets adultes, et à celte période de la vie, les diverses parties osseuses qui la constituent restent indépendantes. C'est ce que l'on constate chez Jes cétacés.
Chez les oiseaux, la cavité de la caisse est limitée en avant par un os isolé appelé os tympanique ou carré. Elle envoie des prolongements en dedans qui parcourent les os du crâne, et qui, dans certaines espèces, font communiquer Ja caisse d'un côté avec celle de l'autre côté. Enfin cette cavité et ses dépendances se dégradent chez les Batraciens supérieurs ; elle manque chez les inférieurs, et chez les serpents, et disparaît avec toutes les dépendances chez les poissons.
La chaîne des osselets se modifie peu dans la série des mammifères, si ce n'est dans les espèces inférieures, les marsupiaux et les monotrèmes où les deux branches de l'étrier ne sont plus représentées que par une apophyse styliforme ; cette disposition se rapproche de celle que l'on trouve chez les oiseaux. En effet dans cette classe de vertébrés, on retrouve bien les rudiments de cette formation, restes cartilagineux du marteau et de l'enclume, mais l'étrier seul est ossifié et ses deux branches sont remplacées par un stylet appelé columelle. €hez les Batraciens on retrouve deux osselets, dont l'un repi'ésente l'étrier et
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l'autre le marteau. Les sauriens ont aussi en sus de l'étrier à columelle, un marteau rudimentaire. Chez les reptiles la chaîne des osselets est plus incomplète encore et l'étrier avec sa columelle sont les seules parties qui la re'présentent. On note une disposition presque analogue chez les tortues où la columelle est très-longue et vient se fixer extérieurement. Enfin l'axolotl nous offre un exemple très-incomplet et très-dégradé de ia chahie des osselets. Une lame cartilagineuse tient lieu d'étrier. Le reste de la chahie n'est représenté que par un ligament fibreux.
Celloles mastoïdiennes. En arrière de la caisse on trouve une série de cavités onfractueuses, communiquant les unes avec les autres, et constituant le prolongement mastoïdien ou plutôt les cellules mastoïdiennes de la caisse. Cette partie accessoire de la cavité tympanique se compose de deux portions secondaires : l'une, la première, est horizontale et placée au même niveau que la cavité même de la caisse; la seconde, qui se développe plus tardivement, est située plus bas et plus superficiellement que la précédente, et remplit l'apophyse mastoïde.
La région horizontale ou antre mastoïdien est déjà développée dans l'enfance. Elle tst située immétiiatemetit en arrière de la caisse avec laquelle elle communique par l'intermédiaire du canal pétro-mastoïdien. Elle est formée d'une grande cavité anfraclueuse sur laquelle viennent s'ouvrir quelques cavités plus petites et qui comnmniquent largement avec elle. L'orifice du canal pctro-mastoïdien occupe la partie supérieure de la paroi postérieure delà caisse, immédiatement au-dessous de la xoùle. Cet orifice et le canal très-court qui le continue, sont de forme prismatique et triangulaire. Sa paroi interne est lisse et convexe; elle répond à la convexité du canal demi-circulaire externe placé horizontalement. La paroi supérieure est concave et parsemée de rugosités; la paroi externe est la plus régulière et reste plane. Dans toute son étendue le canal pétro-mastoïdien est formé par l'accolement de la portion pétreuse, en dedans et en avant, avec la portion mastoïdienne en arrière et en dehors.
La cavité elle-même et ses annexes immédiates, existent même chez l'enfant nouveau-né. Elles occupent la partie de la région mastoïdienne qui est située au-dessus de la base de l'apophyse mastoïde. Cette cavité souvent unique et trèsdéveloppée dans l'âge adulte est quelquefois subdivisée en plusieurs cavités secondaires par des hmielles osseuses. Ces cavités se développent avec l'âge et un certain nombre de lamelles qui les séparaient disparaissent en partie. D'autre part il se développe, dans leur voisinage immédiat, de nouvelles cavités qui forment des prolongements mastoïdiens, quelquefois très-étendus dans l'espèce humaine. C'est ainsi qu'elles envahissent la partie voisine de la portion écailleuse jusque dans le voisinage de l'arcade zygoraatique et surplombent de cette manière la partie la plus interne du conduit auditif externe. En arrière elles s'étendent jusque dans le voisinage de la suture temporo-occipitale; mais leur développement le plus important, le plus étendu et toujours constant, se produit dans l'intérieur de l'apophyse mastoïde. Ce dernier processus osseux est petit, aplati et formé exclusivement de tissu spongieux chez l'enfant. Plus tard il s'élargit, s'épaissit, se porte plus en dehors et se creuse de cavités aériennes. 11 est tantôt formé de substance compacte, et tantôt la substance spongieuse est prédominante; dans la vieillesse on trou^'e souvent de la sclérose osseuse, et l'apophyse mastoïde est transformée en une sorte d'ostéome ; dans d'autres cas plus rares c'est l'atrophie qui s'est produite. Il en résulte alors un amincisse-
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ment des parois, la destruction des lamelles de séparation des alvéoles. Cet amincissement des paiois extérieures des cellules mastoïdiennes peut être quelquefois porté très-loin et arrive jusqu'à la transparence, même la disparition partielle complète et à la perforation. Cet étal, lorsqu'il se produit au niveau du sinus pétreux supérieur et du sinus latéral, peut avoir des conséquences pathologiques graves. D'autres fois il se produit aussi au niveau de la face externe de l'apophyse mastoïde et peut être le point de départ de certains emphysèmes sous-cutanés de cette région.
Les cavités dont nous venons de décrire la forme et l'étendue, sont tapissées par une membrane muqueuse qui présente tous les caractères que nous avons fait connaUrc pour la muqueuse tympanique. Elle est mince, lisse; on y décrit des replis et des tractus qui s'étendent en forme de filament d'une saillie ou crête osseuse à une autre, et qui complètent l'apparence caverneuse du fond des cellules osseuses. La couclic épitliéliale est formée de petites cellules polygonales, trèsserrées les unes contre les autres, et pourvues de cils vibratils. Le derme est formé de deux couches f l'une profonde remplaçant le périoste fibreux, contenant de nombreux nerfs, des vaisseaux sanguins et lymphatiques analogues à ceux de la même zone de la muqueuse tympanique. La zone superficielle est formée de tissu conjonctif contenant également des capillaires sanguins, des lacunes lymphatiques et des i)lexus nerveux. C'est cette couche, qui seule constitue les filaments qui passent d'une cellule osseuse à l'autre. Dans ces biides vasculaires et fibreuses, on constate l'existence des formations singulières signalées déjà par Kessel dans les brides de la caisse.
Tromi'e d'Eustache. On désigne sous ce nom un appareil assez compliqué, tubulé, à charpente ostéo-cnrtilagineuse, qui s'étend de la partie antérieure de la caisse à la paroi latérale de la portion nasale du pharynx. Ce conduit sert en même temps de canal excréteur, pour les sécrétions de la muqueuse de la caisse et de voie ouverte, pour le renouvellement de l'air dans l'oreille moyenne. Son ouverture d'entrée dans la caisse, porte le nom d'orifice tympanique; lextrémité élargie par laquelle elle communique avec l'arrière cavité des fosses nasales est appelée pavillon. Sa direction s'écarte sensiblement de celle du conduit auditif externe et de celle de l'axe principal de l'appareil auditif. Ses caractères extérieurs, sa direction, son usage, doivent la faire comparer à un ajutage qui se détachant de la caisse se porte en avant, en dedans et en bas, de façon à former avec le conduit auditif externe'un angle obtus, ouvert en bas et en avant. La portion cartilagineuse est de beaucoup la plus considérable comme étendue. Sur une longueur totale qui varie de 56 à 42 millimètres et qui pour Trœltsch serait de 35 millimètres, la portion cartilagineuse prend une part de 24 à 28 millimètres et la portion osseuse H à 14 millimètres seulement; cette dernière représente, comme on le voit, le tiers de la longueur totale du canal. Ces deux portions se distinguent encore par leur forme. La partie osseuse d'abord assez large va en se rétrécissant jusqu'à sa terminaison et se continue avec la portion cartilagineuse qui à partir du même point va en s'élargissant ; ainsi que le fait remarquer M. Sappey, ce canal représente deux cônes, réunis par leur sommet; et le point de réunion est connu sous le nom d'isthme. Ces deux parties au lieu d'avoir une grande mobilité l'une sur l'autre, comme celles qui constituent le conduit auditif externe, sont reliées très-solidement entre elles, de telle sorte qu'on ne peut leur imprimer de mouvements au niveau de leur point de réunion.
La trompe d'Eustache est oblique eu bas, en dedans et en avant; sa direction
n'est pas absolument rectiligne, car les deux parties forment à leur point de réunion, un coude et un angle très-obtus ouvert en bas et en avant. Ce coude est persistant à cause même de l'absence de mobilité' et correspond ainsi, à la partie la plus rélrécie ou islbme du canal ; il est un obstacle sérieux au catliétérisme complet, ainsi que le fait remarquer iM. Tillaux.
Les mensurations que nous avons données, présentent un grand intérêt au point de vue du calhctérismc, car seules elles permettent de savoir où se trouve l'extrémité de la sonde introduite dans la cavité du canal. La forme du canal est aplatie de dedans endebors. Les dimensions moyennes dans les diverses régions qui présentent les deux diamètres sont les suivantes : au niveau de l'istlmie le diamètre vertical est de 2 millimètres, le transversal de 1 millimètre. A partir de ce point qui est le plus rétréci, le calibre s'élargit dans les deux sens, mais inégalement. 11 arrive à l'orifice tympanique à présenter 5 millimètres de bauteur et 3 millimètres de largeur. Au niveau du pavillon les dimensions sont bien plus considérables- En effet la bauleur est de 9 millimètres et la largeur de 5 millimètres. Mais la lumière de la trompe n'est pas toujours largement ouverte. Dans la portion osseuse la cavité est toujours béante, tandis (jue dans la portion cartilagineuse la lumière du canal est virtuelle et ne serait représentée que par une fente longitudinale, les deux faces du conduit étant accolées l'une à l'autre. Cependant, d'après Rûdinger, il y aurait à la partie supérieure de la [enie tubaire un espace libre et arrondi, constamment rempli d'air. Cet espace dont le diamètre transversal serait de 4 à5 millimètres est limité en bas par des replis rauqueux.
Il résulte des dimensions que nous venons de rappeler, que la trompe d'Eustache est un peu aplatie d'avant en arrière et présente deux faces, l'une antéro-exierne et l'autre postéro-iiiterne; deux bords, dont l'un est supérieur et l'autre inférieur, et deux extrémités, qui sont : d'une paît l'orifice tympanal, de l'autre le pavillcn ou orifice pbaryngien.
La face anléro-externe répond en debors à la scissure de Glaser, plus en dedans au muscle péristapbylin externe qui s'insère sur une partie de son étendue, et en dedans, au bord postérieur de l'aile interne de l'apophyse ptérygoïde qui est généralement un peu excavée au niveau du point où elle est croisée par la charpente delà trompe. La face postéro-inte^rne correspond au canal carotidien. Elle en croise la portion verticale, en avant de laquelle elle se place, et s'éloigne à angle aigu de la portion horizontale de ce même canal. Elle répond ensuite au muscle péristapbylin interne, auquel elle donne insertion, et enfin à la muqueuse pharyngienne qui tapisse la fossette de Rosenmuller. Le bord supérieur se présente, dans sa partie externe, sous la forme d'une gouttière osseuse séparée du canal du muscle interne du marteau par une lamelle mince d'os. Il devient ensuite fibro-cartilagineux, et répond à la suture pétro-sphénoïdale, puis à la base derapoph^seplérygoïde. L'inférieur occupe l'interstice des muscles péristapbylin externe et interne en dedans, et à la base de l'apophyse vaginale en dehors, dans sa portion osseuse.
L'orifice tympanique est évasé, un peu irrégulier; sa demi-circonférence interne est située sur le prolongement de la paroi interne ou labyrinthifjue dont rien ne la distingue. 11 apparaît à la partie supérieure de la paroi antérieure de la caisse, en face de l'orifice d'entrée du canal pétro-mastoïdien, en debors et un peu en dessous du bec de cuiller, éloigné du plancher par une distance notable. Le pavillon de la trompe, très-dilatable, déborde le bord supérieur de l'aile interne
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de l'apophyse ptérygoide et se trouve placé au centre de la paroi latérale de la portiou nasale du pharynx, au-dessus du voile du palais, en arrière de l'orifice postérieur des fosses nasales. L'entonnoir qu'il forme est toujours béant et regarde en bas et en avant. Sa base est elliptique, à grand diamètre vertical. Mais si le pourtour de ce pavillon est très-accusé en avant, en haut et en arrière, et forme une sorte de bourrelet qui sépare la dépression tubaire du reste de la paroi pharyngienne, en bas, on ne retrouve pas cette disposition, et la cavité se continue avec la paroi du pharynx sans ligne de démarcation. Le bourrelet qui limite l'orifice tubaire est surtout développé en arrière, et proémine toujours beaucoup chez l'adulte, tandis que chez l'enfant il est peu marqué ou même absent. Ce bourrelet donne naissance à une dépression située immédiatement en arrière, connue sous le nom de fossette de RosenmùUer et dont la profondeur est d'autant plus grande, que le cartilage est plus sailhml. Celte fossette présente une direction identique à celle de la cavité delà trompe à la hauteur de laquelle elle esl placée. Elle cause par sa situation et par l'inclinaison de la muqueuse à sou niveau, des erreurs fréquentes dans le cathétérisme de la trompe d'Eustache. La saillie du pavillon de la trompe, dépasse le bord latéral externe de l'orifice postérieur des fosses nasales, et masque une partie de cette ouverture.
Le bord supérieur de la trompe, est situé sur une ligne qui prolongerait en arrière la ligne d'implantation du cornet inférieur, de telle sorte qu'en suivant .si cela était possible la partie supérieure du méat inférieur, on serait sûr de rencontrer son orifice. De l'ouverture de la trompe à la paroi postérieure du pharynx, il y a une distance de 1 centimètre, et de l'extrémité postérieure du cornet inférieur à la même ouverture ou trouve 12 à lo millimètres. Mais cette distance paraît quelquefois moindre, car il arrive que la muqueuse pituitaire l'orme à l'extrémité postérieure du cornet inférieur un bourrelet qui eu parait le prolongement jusqu'au niveau du bord supérieur du pavillon de la trompe. De la face supérieure du voile du palais à l'ouverture du pavillon, la distance est également de 12 à 15 milhmètres. M. Tillaux indique à cet égard un point de repère précieux; il signale la résistance particulière que présente le voile du palais jusqu'à 1 centimètre 1/2 en arrière de son insertion et fait remarquer que c'est juste au niveau du point où cette résistance cesse, que se trouve sur la paroi latérale la cavité béante du pavillon. Enfin il est une distance que nous ne devons pas oublier de mentionner, c'est celle qui s'étend de l'ouverture du pavillon d'un côté à celle de l'autre. Elle est égale à la largeur de l'arrière cavité des fosses nasales et varie de 25 à 50 millimètres.
La structure de la trompe est assez compliquée et comprend : une charpente osseuse et cartilagineuse, une charpente membraneuse à laquelle il faut joindre un appareil musculaire, et à l'intérieur, un revêtement muqueux, des vaisseaux sanguins et lymphatiques, des nerfs et des glandes muqueuses.
Dans l'espèce humaine, la partie osseuse de la trompe d'Eustache, se présente sous forme d'une sorte de fissure triangulaire dont la base, située en haut, serait séparée par une lamelle osseuse mince du canal arrondi qui loge le muscle interne du marteau. Quelquefois, cette lamelle de séparation s'incurve à sa partie supérieure, et rétrécit la partie correspondante du canal, qui alors est pîesque au même niveau que la loge du muscle interne du marteau. L'extrémité interne du tube osseux, se continue directement avec la charpente cartilagineuse. L'extrémité interne osseuse, est oblique et un peu dentelée, la paroi interne et postérieure se prolonge plus en dedans que l'antérieure; la formation cartilagineuse pénètre
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dans l'intervalle des dentelures, de telle sorte qu'extérieurement la paroi cartilagineuse paraît une simple prolongation de la paroi osseuse. Cependant le cartilage hyalin n'est pas rattaché directement à l'os. Celte union se fait par l'intermédiaire d'un cartilage fibreux, qui passe de l'os au cartilage hyalin, oii il disparaît et établit la transition, ce dont on s'assure sur des coupes fines microscopiques, oîi l'on voit à la limite du tissu osseux apparaître quelques capsules cartilagineuses disséminées dans un stroma fibreux; puis cette dernière formation disparaît au fur et à mesure que le nombre des capsules augmente.
/. h.ifit.ii
Fig. 3. — Structure do la trempe d'Eustache (coupe transversale du côté droit.
A, crochet latéral du cartilage. — B, partie moyenne du cartilage. — C, muscle péristapliylin interne. — D, muscle] périsiapliyiin externe. — E,E, glandes atineuses. — F, partie supérieure de la cavitéde la trompe.
Le cartilage de la trompe n'entoure pas la totalité du canal. Sa forme varie suivant les espèces animales et a été très-bien étudiée à ce point de vue par Pii'idinger. Dans l'espèce humaine son étendue et sa forme sont un peu modifiées suivant qu'on l'étudié dans le voisinage de la portion osseuse ou au niveau de la partie moyenne de la trompe.
Dans le voisinage de la région osseuse, le cartilage a la forme d'un crochet coudé à angle droit, et on lui décrit, une portion horizontale sous-jacente à l'extrémité interne de la région pétreuse du rocher, et une portion latérale dont la direction est perpendiculaire à la précédente; de telle sorte que le bord supérieur et la paroi antérieure du tube, sont limités par une lame cartilagineuse, cette dernière étant des plus minces ; en arrière la paroi ne contient pas de cartilage et à ce niveau l'espace vide de la cavité est limité par une lamelle osseuse, prolongation de la paroi postérieure du tube osseux. Si on se rapproche du pavillon, on constate sur une coupe transversale, que la forme du cartilage est m difiée sensiblement; le plateau supérieur se recourbe fortement en arrière et en bas et occupe toute la paroi postérieure. Celle qui appartenait à la paroi antérieure n'est plus représentée que par un crochet, une sorte de bec mince, et
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qui laisse sans charpente solide et résistante une étendue assez considérable de la paroi antérieure. Par suite de ces changements, les parois et les bords du tube de la trompe renferment du cartilage dans les parties suivantes : environ dans le tiers supérieur de la paroi antérieure, an niveau du bord supérieur, et dans presque toute l'étendue de la paroi postérieure. La lame cartilagineuse qui limite en haut la paroi antérieure est plus mince que le reste du cartilage; elle se recourbe un peu en dedans vers la cavité et représente assez bien, ainsi que le fait remarquer Piûdinger, le crochet d'un hameçon.
Il arrive quelquefois que le cartilage, au lieu d'être unique, est multiple, et que chacune des parties que nous avons délimitées est formée par un cartilage isolé. M. Tillaux a même rencontré et décrit des dispositions anatomiques plus compliquées.
La face convexe qui répond au bord supérieur, est rattachée à la base du crâne au moyen du fibro-cartilage basilaire. Dans son intérieur la substance hyaline est croisée par quelques fibres, et renferme des îlots arrondis ou ovales de capsules cartilagineuses. Le tissu tibrcux vient se continuer, sans ligne de démarcation nette avec le périchondre du cartilage propre de la trompe.
Quant au cartilage tubaire de l'homme, il appartient à la variété hyaline. Le périchondre du bord conve:;e est épais et envoie quelques prolongements qui pénètrent dans l'inlérieur môme du cartilage. C'est par là que pénètrent des vaisseaux sanguins, llùdinger a étudié la situation et les caractères particuliers de ce cartilage dans la série des mammifères; il a ti'ouvé que chez les pachydermes il est formé de plusieurs lamelles, ce qui répond à la disposition signalée par M. Tillaux. Chez la loutre il est calcifié ; chez le chien il devient ûbio-carlilagineux. Enfin le même auteur a noté une infiltiation graisseuse abondante du cartilage, en rapport avec une dilatation considérable de la cavité de la trompe.
L'espace laissé libre par le cartilage est comblé par la charpente membraneuse. On voit qu'elle est bien moins étendue que la précédente. C'est une lamelle fibreuse, qui part du sommet du bec du cartilage en avant, et qui va rejoindre en bas et en arrière, le tissu sous-muqueux de la portion verticale postérieure du même cartilage. Par suite de cette disposition les deux tiers inférieurs de la paroi antérieure, et le bord inférieur de la trompe, sont limités par une membrane fibreuse, tapissée en dedans par la muqueuse, doublée cl renforcée sur sa face externe par un appareil musculaire ijuc nous aurons à étudier. Celte lauie fibreuse est mince, à son origine à la face interne du crochet cartilagineux ; elle s'épaissit au fur et à mesure qu'elle descend et se termine à sa partie inférieure, par une zone formant un fascia épais et résistant, qui devient ensuite assez mince et assez faible dans l'angle de séparation des deux muscles salpingiens, où elle concourt à former un fascia salpingo-pharyngien qui se porte au-dessous du muscle péristaphylin externe et donne insertion à quelques fibres de ce muscle. Le tissu connectif qui le constitue est dense en haut, moins résistant en bas, et infiltré de lobules adipeux au niveau de sa continualion avec le fascia dont nous venons de parler. Ce segment membraneux est moins étendu relativement, chez l'adulte que chez l'enfant nouveau-né. Chez ces derniers l'étendue si considérable de la portion membraneuse, est due à ce que chez eux, la paroi inférieure est très-développée, et à ce que le crochet cartilagineux est très-petit. Il en résulte dans ces conditions, une dihitibilité et une largeur relative plus grande de la cavité de la trompe. A cette partie delà trompe sont annexés deux muscles qui renforcent ses parois membraneuses, et qui agissent sur elles de façon à les
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rapprocher l'un de l'autre. Ce sont le dilatateur de la trompe ou péristapliylin externe mieux dénommé sphéno-saJpingo-alaphylin, et le péristaphylin interne (pétro-salpingo-daphi/lin) agissant plus particulièrement sur le voile du palais. Le muscle péristaphijlin externe (sphéno-salpiiigo-staphylin) s'insère en haut au sphénoïde dans une petite fossette située à la base de l'apophyse ptérvgoïde, à la face externe et au bord inférieur du cartilage et enfin à la partie supérieure de la portion membraneuse. Cette insertion est moins intime à la lame membraneuse vers le pavillon. De là le muscle se dirige en bas, se termine sur un tendon qui s'infléchit sous le crochet de l'aile interne de l'apophyse ptérvgoïde et se termine sur les bords de l'aponévrose palatine qui lui sert de point fixe. 11 résulte de la direction du muscle et de son mode d'insertion supérieure, que lorsqu'il se contracte il attire en bas, en avant et en dehors, toute la portion membraneuse de la paroi de la trompe et ouvre ainsi le conduit tubaire.
Le péristaphylin interne (pétro-salpingo-staphylin) s'insère à la face inférieure du rocher près de l'entrée du canal carotidien. Il n'a guère que des rapports de voisinage avec la portion cartilagineuse et fibreuse de la trompe d'Eustache, et Trœltsch refuse à ce muscle, toute espèce d'insertion aux parties molles de ce canal. Le corps musculaire ainsi formé, se place au-dessous de la portion verticale du cartilage, puis sous le bord inférieur membraneux, de telle sorte que le sphéno-salpingo-staphylin étant en avant, en haut et en dehors, le pétro-salpingo-staphylin est placé en arrière, en dedans et en bas. Il suit une direction presque parallèle à celle de la trompe, croise cette direction en dedans à angle très-aigu, et va se terminer sur la partie médiane de la face supérieure du voile du palais. Par suite de cette direction un peu plus oblique que cello de la trompe, le corps musculaire est successivement en rapport, avec l'extrémité inférieure de la portion verticale du cartilage, puis avec le bord inférieur de la trompe, et est alors immédiatement sous-muqueux, surtout dans la partie qui correspond au pavillon. Ces rapports étroits rendent compte de l'action du muscle qui agit surtout sur le voile du palais, mais qui, accessoirement, amènerait le rétrécissement de l'orifice pharyngien de la trompe, parce que le plancher de cette ouverture est repoussé en haut et en dehors, par le corps de ce muscle devenu plus épais au moment de sa contraction. Cette action serait caractérisée par un changement dans la forme et la direction du bord inférieur, qui de concave, devient rectiligne et même convexe en haut.
La muqueuse de la trompe se continue directement avec celle de la caisse, et avec celle qui tapisse l'arrière cavité des fosses nasales. Au niveau du pavillon elle est épaissie, plissée et remplie de glandes en grappe, dont on peut apercevoir les orifices à l'œil nu. Elle s'amincit au fur et à mesure que l'on se rapproche de la caisse, et atteint son maximum d'épaisseur, au niveau de la portion osseuse, alors que dans la portion cartilagineuse elle est séparée de ia face interne du cartilage par un tissu sous-muqueux. Elle y est également adhérente, mais plissée et forme de véritables valvules. Dans la portion osseuse du conduit, elle présente des caractères anatomiques et histologiques spéciaux. En effet, sur le plancher du conduit on y rencontre des replis très-fins, très-minces et peu saillants, apparaissant comme de véritables prolongements villeux. Dans le reste du pourtour de cette portion du canal la muqueuse est lisse. Elle présente une épaisseur qui varie de 0'°"',0'2 à 0'"™,ll!2. On ne trouve aucune ligne de démarcation nette entre ce qui appartient à la muqueuse proprement dite et ce qui dépend du périoste. Le revêtement épithélial est le même dans toute
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rétendue du conduit ; mais la couche sous-épithéliale est formée par du tissu connectif fibreux envoyant des prolongements dans la substance de l'os. Au niveau des replis villeux du plancher, le tissu connectif est plus abondant et plus serré dans l'épaisseur de ces replis, et on y rencontre des vaisseaux sanguins qui communiquent avec ceux de l'os sous-jacent. Enfin dans la partie de la muqueuse, qui recouvre la lamelle osseuse de séparation d'avec le muscle interne du Marteau, Rûdinger signale des formations lymphoïdes. Cette couche est continue au niveau de la région indiquée et a une épaisseur qui varie de 0'""\04 à O^^jOS. Ce tissu est accompagné de vaisseaux à parois minces et pâles, formant de véritables lacunes, qui se rapprochent par leurs caractères des vaisseaux lymphatiques.
Dans la région cartilagineuse la muqueuse présente des replis plus accusés et constants en certaines i-égions, qui par leur présence modifient considérablement la forme de la cavité de la trompe. Dans la fissure tubaire humaine, on peut distinguer deux portions essentielles : l'une principale et permanente, formant une sorte de chambre à air, toujours ouverte d'après Rûdinger ; elle est demiarrondie et est située sous le ciochet du cartilage. L'autre est accessoire, habituellement fermée, par suite de l'accolement des deux parois ; elle est représentée [lar la fente linéaire qui, du bord inférieur de la précédente, s'étend au plancher de la cavité de la trompe. Dans la partie qui correspond à la concavité du crochet cartilagineux, la muqueuse est dans les mêmes conditions que dans le conduit osseux, c'est-à-dire qu'elle est très-adhérente et elle ne présente de replis saillants et volumineux, qu'au niveau du point où cesse la chambre à air, oij commence la fissure accessoire. Des replis au nombre de deux, l'un antéro-externe. est habituellement plus développé que celui qui appartient à la paroi postérointerne. Ce sont eux qui par leur présence assurent la persistance de la perméabilité de la chambre à air.
Ces replis sont constants dans la série des mammifères, ainsi qu'il ressort des recherches multipliées de Rïidinger. On en trouve aussi mais bien moins développés et revêtant l'apparence de sortes de villosités, dans la partie du conduit qui appartient à la fissure accessoire. Ces dernières formations avaient été signalées et décrites depuis longtemps par Huschke et Arnold.
Le revêtement épithélial a une épaisseur de 0,020 millimètres et appartient à la variété de l'épithélium prismatique cilié. Il est formé de plusieurs couches en rapport avec l'arrangement et la disposition des deux variétés de cellules épithéliales qu'on y décrit. Sur la surface libre on trouve des cellules allongées larges à leur base, étroite à l'autre extrémité par laquelle elles entrent en rapport avec la couche cellulaire. Ces cellules sont très-rapprocliées par leur base et sont garnies sur cette face, de cils vlbratiles ; leur Hoyau rapproché de leur pointe est allongé. Dans les espaces laissés libres profondément par l'écartement de l'extrémité inférieure des cellules de la couche superficielle, on rencontre des cellules également prismatiques, mais inversement orientées ; en effet leur base élar^^ie repose sur la membrane sous-épithéliale. et leur extrémité amincie s'enfonce dans les espaces laissés libres entre les cellules de la couche superficielle. Les noyaux des cellules de la seconde couche sont arrondis. Enfin Schultze a vu dans ce revêtement épithélial, des cellules cupuliformes, analogues à celles que Letzerich a décrites dans l'intestin. Ce fait a été vérifié par Riidinger et divers autres histologistes.
Au-dessous du revêtement épithélial on trouve une couche conjonctive et
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"landulaire, qui ne présente pas partout les mêmes caractères. Le stroma du derme est formé par un tissu conjonctif riche en noyaux. D'après Kùdinger, le tissu conjonctif fibreux de la paroi supérieure dans la région osseuse, passe dans le derme et dans le périchoudre de la région cartilagineuse, et se mêle à ce niveau, avec les fibres tendineuses qui donnent insertion aux muscles sphéno-salpingo . staphylin (péristaphylin externe) et pétro-salpingo-staphylin (péristaj)hylin interne). On dirait qu'à ce niveau il existe un renflement fibreux spécial, destiné à donner au coude de la charpente de la trompe un appui solide.
Les glandes muqueuses font défaut dans la partie de la muqueuse qui tapisse la portion concave du crochet cartilagineux ; elles apparaissent au niveau des replis, et sont très -abondantes dans la muqueuse qui correspond à la partie accessoire de la fissure tubaire. Ce sont des glandes en grappes acineuses. Les acini sont remplis par des cellules claires et cylindriques ou cunéiformes. Les acini se réunissent pour former des grappes. Les conduits excréteurs qui en partent, sont relativement assez larges, et revêtus par un épithélium cvlindrique formant transition entre l'épitliélium acineux et celui des conduits.
Les vaisseaux sanguins de la trompe proviennent de deux sources différentes : les uns tirent leur origine des petites artérioles de la muqueuse pharyngée ; les autres sont un prolongement des vaisseaux de la caisse. Ils s'étendent en longues branches dans la partie permanente du canal, et sont surtout logés à la base des replis que nous avons signalés.
Les vaisseaux lymphatiques vont se confondre avec ceux du voile du palais et de la paroi pharyngée, et aboutissent finalement, aux ganglions de l'angle de lu mâchoire.
Enfin les nerfs de la trompe proviennent de diverses sources. Ceux qui innervent les muscles moteurs directs ou indirects, seraient originaires du facial par l'intermédiaire du grand nerf pétreux superficiel. Cette opinion n'est pas partagée par tous les anatomistes. Luschka admet en cft'et que les péristaphylins interne et externe reçoivent chacun un filet du nerfptérygoïdien interne, branche du maxillaire inférieur, après avoir traversé le ganglion otit|ue.
Les nerfs sensitifs proviennent du maxillaire supérieur par rinterniédlaire du nerf pharyngien supérieur ou nerf de Bock qui se distribue surtout à la muqueuse du pavillon de la trompe, et du plexus tympanique, et par conséquent du glossopharyngien, du pneumo-gastrique et du grand sympathique. Ces filets nerveux formés parla réunion en faisceaux . de fibres nerveuses à double contour, donnent naissance à un plexus nerveux sur lequel on rencontre de distance en distance, des agglomérations de cellules nerveuses ganglionnaires.
D'après les recherches de Riidinger, les différences que présente la trompe d'Eustache dans la classe des Mammitères, reposent surtout sur l'étendue de la chambre à air, de la fissure tubaire et sur le nombre et l'étendue des replis valvulaires formés par la muqueuse. Chez les Cétacés, on constate l'existence d'une disposition spéciale : la trompe d'Eustache toujours garnie de replis valvulaires très-marqués s'ouvre dans Lèvent. Chez les Oiseaux on voit fréquemment les deux trompes se rapprocher beaucoup sur la ligne médiane et même se confondre. Sur la tortue on constate une disposition analogue. Les Crocodiliens présentent à la voûte palatine un orifice commun pour les deux trompes ; puis ce canal se divise, et chaque canal secondaire en forme trois, qui vont s'ouvrir isolément dans la cavité de la caisse. Enfin chez les Batraciens supérieurs, mais dépourvus de caisse du tympan, la trompe d'Eustache est représentée par deux fentes une
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(le chaque côté ; quelquefois elles se réunissent sur le plan médian de la voûte palatine, pour déboucher par un orifice commun.
Appareil de réception. Dans SOU ensemble il est constitué par deux parties secondaires. A. In appareil de pkotectio.x tonné par les parois osseuses et les parois fibreuses résistantes qui remphicent les premières en certains cas. C'est le labyrinthe osseux.
B. Un APPAREIL sEAsiTiF représenté par les parties membraneuses de l'oreille interne, les nerfs el les terminaisons nei'veuses spéciales. On donne à ce dernier le nom de labyrinthe membraneux.
Le Ifibyrinthe oiseux présente le même nombre de divisions que le labyrinthe membraneux. 11 est creusé dans la partie compacte du rocher et se subdivise en deux parties importantes : l'une située en dedans et en arrière, correspondant à la fenêtre ovale, c'est le vestibule avec ses annexes, les canaux demi-circulaires; on doit y adjoindre l'aqueduc du vestibule : l'autre est placée un peu plus en avant et en bas, répond à la saillie du promontoire qu'elle remplit en grande partie, c'est le limaçon osseux avec sa dépendance immédiate, l'acqueduc du limaçon. Enfin, en arrière et en dedans de ces deux parties, présentant une importance secondaire le conduit auditif interne, par lequel les branches du nerf auditif entrent dans le labyrinthe osseux pour rejoindre le labyrinthe membraneux.
Le l'cxtibulc osaeiix est constitué par une cavité irrégulièrement ovoïde, située entre la caisse du tympan en dehors, le conduit auditif interne en dedans, les canaux demi-circulaires placés au-dessus et en arrière, et le limaçon situé en avant et en bas. Cette cavité est aplatie de dehors en dedans; son diamètre transversal est de 5 ou 4 millimètres, alors que les diamètres verticaux et antéropostéiieurs sont le premier, de 4 à 8 millimètres, et le dernier de 5 à 6 millimètres. On lui décrit une paroi interne ou profonde, une paroi externe qui la sépare de la cavité de la caisse et une circonférence qui se subdivise elle-même en plusieurs régions secondaires. La paroi interne correspond à la partie profonde du conduit auditif interne et regarde en dehors et un peu en arrière. On lui décrit deux fossettes, une crête qui sépare ces fossettes, une gouttière, l'aqueduc osseux du vestibule et les taches criblées. La crête du vestibule naît de la paroi inférieure de cette cavité, dans le voisinage de l'orifice de la rampe vestibulaire du limaçon, se porte d'abord en haut, puis se recourbe en haut et en avant, puis enfin en avant pour venir se terminer au-dessus du bord supérieur de la fenêtre ovale, en formantàce niveau, une petite saillie triangulaire connue sous le nom de pyramide. A l'endroit où de verticale elle devient transversale, elle présente un épaississement triangulaire et envoie une petite crête oblique en haut et en arrière, qui limite l'extrémité postérieure de la fossette semi-ovoïde. Au-dessous de la partie horizontale et terminale de la crête, on trouve une fosse arrondie, la fossette hémisphérique, qui occupe la partie inférieure de la paroi interne, au-dessus de l'orifice vestibulaire, par lequel elle est séparée de la gouttière sulciiorme et de la fossette semi-ovoïde. On y trouve également une fossette très-allongée transversalement d'avant en arrière, c'est la fossette semi-ovoïde qui se rapproche de la paroi supérieure et dont le bord supérieur est formé par la crête vestibulaire.
En arrière de la partie ascendante de la crête, dans la région la plus reculée de la paroi interne du vestibule, se trouve la gouttière mlciforme sous forme
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d'une gouttière allongée, oblique en haut et en ari'ière, et se dirigeant vers l'embouchure commune des canaux demi-circulaires supérieurs et postérieurs. C'est à son sommet, dans le voisinage de l'orifice commun, que l'on trouve l'orifice vestibulaire de l'aqueduc du vestibule.
On donne le nom à'aqueduc du vestibule à un canal osseux, qui partant de la partie supérieure de la gouttière sulciforme. vient rejoindre la face postérieure du rocher où il s'ouvre en s'élargissant. Cet orifice, placé sous la dure-mère, se présente sous la forme d'une sorte de fissure transversale, à bords irréguliers, recouverte en partie par une lamelle osseuse assez épaisse. Cette ouverture est placée dans le sens transversal, à égale distance de l'orifice du conduit auditif interne et du rebord qui limite le sinus latéral. Elle correspond à la facette articulaire jugulaire, par laquelle le bord postérieur du rocher s'articule avec l'occipital. Le trajet de ce canal, décrit une courbe à concavité supérieure peu prononcée, et livre passage, non seulement à un repli de la dure-mère, à une artériole et à une veinule, comme l'admet M. Sappey, mais aussi à des organes sur lesquels nous reviendrons à l'occasion du labyrinthe membraneux.
Les taches criblées sont au nombre de trois. La première, ou tarhr cribler antérieure, occupe la pyramide de Ja crête vestibulaire, s'étend sur toute la moitié antérieure de la fossette semi-ovoïde, et arrive jusqu'à l'orifice ampullaire du canal demi-circulaire supérieur. Cette tache blanche i^sur l'os sec) donne passage par ses orifices à des filets nerveux qui proviennent du nerf auditif. Par ceux de la pyramide, passe le nerf utricidaire ; par ceux de la région de la tache criblée qui occupe la partie la plus antérieure de la fossette semi-ovoïde pénètre le nerf ampullaire supérieur, et par la moitié postérieure de la même tache, passe le nerf ampullaire externe.
La tache criblée moyenne ou encore hémisphérique, occupe le fond et la partie antérieure et inférieure de la fossette hémisphérique. Les pertuis de cette tache livrent passage aux filets du nerfaacculaire. Enfin, \3i tache criblée postérieure, la plus petite des trois, occupe le voisinage immédiat de l'orifice ampullaire du canal demi-circulaire postérieur, en arrière et en bas de l'extrémité inférieure de la gouttière sulciforme. Elle donne passage au nerf ampullaire inférieur.
Lb. paroi externe du vestibule présente à étudier sept orifices, dont cinq dépendent des canaux demi-circulaires, et les deux derniers font communiquer, l'un le vestibule avec la caisse, et le second le vestibule avec le limaçon. Ces orifices sont disposés par rangées étagées de haut en bas, et qui en comprennent deux chacune, sauf l'inférieur qui en renferme trois. On les distingue aussi en antérieurs et en postérieurs à chaque étage.
La rangée supérieure occupe l'angle de réunion de la paroi externe avec la voûte. L'orifice antérieur est elliptique, situé sur un plan plus élevé que son congénère, plus large, et forme l'orifice ampullaire du canal démi-circnlaire supérieur. Le second est postérieur, plus bas que le précédent, et constitue l'embouchure commune des canaux demi-circulaires supérieurs et postérieurs.
La rangée moyenne est représentée par deux orifices, qui tous les deux appartiennent au canal demi-circulaire e\terne. L'antérieur est plus large , situé immédiatement au-dessus de la fenêtre ovale, correspond à l'orifice ampullaire; l'autre, en général plus petit que le précédent, est situé en arrière de son congénère.
La troisième rangée comprend : en avant un orifice ovoïde allongé transver-
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salement et qui s'ouvre dans la caisse, c'est la fenêtre ovale. En arrière uu orifice arrondi, correspondant à l'orifice inférieur ou ampullaire du canal demicirculaire postérieur. Entre ces deux orifices, plus bas qu'eux, presque au-dessous de la fenêtre ovale, on en trouve un troisième allongé, dont le grand axe est oblique en bas et en dedans. C'est l'orifice d'entrée de la rampe vestibulaire du limaçon, séparé de la fenêtre ronde et de la rampe tympanique, par l'extrémité inférieure et externe de la rampe vestibulaire qui va se continuer avec l'origine de la lame spirale.
La circonférence du vestibule comprend : une voûte ou paroi supérieure concave, se confondant en partie avec la fossette semi-ovoïde et la rangée supérieure des orifices que nous venons d'énumérer; un plancher ou paroi inférieure, sur lequel empiètent les orifices ampullaires du canal demi-circulaire postérieur et l'entrée de la nmipe vestibulaire, séparés par une petite crête osseuse transversale; une paroi postérieure qui offre en haut à l'angle qu'elle forme à sa jonction avec la paroi supérieure, un orifice commun pour les deux canaux demicirculaires supérieurs et postérieurs, et en bas, à la continuation de la paroi inférieure avec la paroi externe, l'orifice ampullaire du canal demi-circulaire postérieur et la tache criblée postérieure ; une paroi antérieure qui correspond en haut à l'aqueduc de Fallope, en bas et en dedans au limaçon, en bas et en dehors à la caisse du tympan; elle est légèrement échancrée à sa partie moyenne par la demi-circonférence antérieure de la fenêtre ovale, et au-dessous et par conséquent tout à fait en bas, par une portion restreinte de l'orifice qui conduit à la rampe vestibulaire du limaçon.
Les canaux demi-circulaires o.s.stm^' sont au nombre de trois : deux sont verticaux, ce sont les canaux demi-circulaires supérieur et postérieur, un est horizontal, c'est le canal demi-circulaire externe. Ils tirent leur nom de leur situation relativement au vestibule. Le supérieur est situé au-dessus de cette cavité ; le postérieur en arrière, et l'externe est placé en dehors et un peu en arrière. Leur calibre varie de 1 millimètre à 1 millimètre 1/2; ils se contournent en demi-cercle, et possèdent chacun, une embouchure dilatée et désignée par le nom d'orifice ampullaire.
Le canal demi-circulaire supérieur décrit sa courbe à peu près dans un même plan vertical et perpendiculaire à l'axe du rocher. La courbure qu'il décrit, dépasse le demi-cercle, et représente une longueur qui varie de 12 à 15 millimètres. Sa partie convexe arrive jusqu'au niveau du bord supérieur du rocher, et s'y caractérise par une légère saillie osseuse transversale. Il s'ouvre à la partie antérieure de la voûte du vestibule, par un orifice ampullaire ovoïde et un peu aplati. Cette ouverture est placée dans le voisinage immédiat de l'extrémité antérieure de la fossette semi-ovoïde et de la partie supérieure de la tache criblée antérieure. L'extrémité non ampullaire se réunit à une extrémité du canal postérieur, et de cette réunion, résulte la formation d'un canal commun long de 3 à 4 millimètres, qui vient s'ouvrir dans le vestibule au niveau de l'angle formé par la réunion de la voûte avec la paroi interne et la paroi postérieure, immédiatement au-dessus du fond de la gouttière sulciforme et de l'abouchement de l'aqueduc du vestibule. Le canal demi-circulaire supérieur, est croisé à sa partie antérieure par la première partie de l'aqueduc de Fallope, qui passe atidessous de lui dans l'angle formé à ce niveau, par la base du limaçon, la lame des contours et l'extrémité ampullaire du canal demi-circulaire supérieur.
Le canal demi-circidaire postérieur est contenu dans un plan pai'allèle à
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Taxe du rocher. La direction de sou trajet est assez complexe. Il commence pai' un orifice ampuUaire situé à la partie infe'rieure, postérieure et externe du vestibule, au niveau de l'endroit où nous avons décrit la tache criblée postérieure. L'ampoule, par laquelle commence cecanal, est arrondie. Partant decette ampoule, le conduit se dirige en bas, en arrière et en dehors, puis de bas en haut et décrivant alors une courbe à concavité inférieure, s'incline et se recourbe en dedans, en avant, et rejoint le canal demi-circulaire supérieur, pour former le conduit commun que nous avons décrit. La courbe qu'il décrit représente les 5/4 d'un cercle, et a une longueur moyenne de 18 millimètres.
Le canal demi-circulaire exlerne est horizontal, et situé au-dessous et en dehors du su|^iérieur. Il débouche dans la cavité du vestibule, par un orifice ampullaire appartenant à la deuxième rangée des orifices de la paroi externe, et situé immédiatement au-dessus de la fenêtre ovale. De là, le canal se dirige en dehors et en arrière, arrive dans le voisinage du canal pétro-masfoidien, se recourbe en dedans pour s'ouvrir sur la même paroi exlerne par lorifice [lostérieur de cette même seconde rangée. 11 décrit aussi presque les 5/i d'un cercle. II est plus court que les deux précédents, la longueur de la courbe qu'il décrit ne dépassant pas 12 millimètres. Il est en rapport par sa convexité avec les cellules mastoïdiennes, et par la portion antérieure de la courbe qu''il forme, avec la seconde partie de l'aqueduc de Fallope en saillie sur la paroi interne de la caisse. Le limaçon ou cochlée est situé en avant et en bas du vestibule, entre le fond du conduit auditif interne en dedans, et la caisse du tympan en dehors, dans laquelle il proémine par l'intermédiaire du promontoire, formation dont la saillie est due à la présence dans le centre d'une partie du limaçon. On a également comparé cette formation anatomique à un cône aplati, dont la base s'appuie sur l'extrémité externe du conduit auditif interne, et dont le sommet regarde en avant et en dehors. Il résulte de cette disposition générale que l'axe du limaçon est dirigé d'arrière en avant et de dedans en dehors ; de plus il est horizontal. Lorsqu'on cherche à décomposer le limaçon en ses parties élémentaires, on voit qu'il est constitué :
1" Par une lame osseuse contournée pour former un tube incomplet qui s'enroule, décrit sous cette forme plusieurs tours de spires, et se termine au sommet, après avoir constitué l'enveloppe de tout l'appareil, c'est la lame de^ contours;
2» Un axe intérieur, autour duquel s'enroule le tube incomplet de la lame des contours. Cet axe part de la base, se dirige vers la coupole formée par la termmajson de la lame des contours, au-dessous de laquelle il se termine, séparé par un intervalle assez grand. C'est le noyau du limaçon ;
ù° Une cloison incomplète sur l'os sec et macéré commençant entre la fenêtre ronde et l'orifice vestibulaire du limaçon par une partie recourbée de la crête du vestibule, enroulée en tom's de spire autour de cet axe, et qui sépare la cavité tuhulée en deux demi-cavités superposées, les deux rampes. C'est la lame spirale osseuse;
4" Par un conduit osseux, qui s'étend de l'extérieur du rocher à la rampe tympanique, et forme l'aqueduc du hmaçon.
Des rapports réciproques contractés par la lame des contours et par l'axe du noyau du limaçon, on peut dire d'une façon générale que le squelette de cet organe est constitué par un tube osseux conoide enroulé en spirale autour d'un cône osseux, creux également et droit, situé au centre et qui forme l'axe de tout
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le système. Cette manière de concevoir le limaçon, permet de se rendre compte des relations re'ciproques des diverses parties qui entrent dans sa constitution, et nous verrons qu'elle est également en rapport avec les données de l'anatomie comparée et de l'embryogénie.
La lame des^ contours est masquée par du tissu osseux, spongieux chez l'enfant, par du tissu compacte chez l'adulte. Lorsqu'elle est débarrassée des parties osseuses qui l'enveloppaient, on voit qu'une partie de son étendue forme l'enveloppe ou la coquille extérieure. Elle répond en haut, au coude formé par les deux premières portions de l'aqueduc de Fallope et par conséquent au nerf facial. En bas à la caisse du tympan ; en avant et en bas au coude que forme le canal carotidien; en avant au conduit du muscle inlerne du marteau ; en arrière au vestibule. La partie de la lame visible à l'extérieur est élargie à sa base et correspond au sommet du promontoire, où elle commence entre la fenêtre ovale et la fenêtre ronde. De là, elle se porte un peu en bas et en avant, jusqu'au niveau du coude du canal carotidien, puis en haut, ensuite en arrière, se place là en arrière et en dedans de l'aqueduc de Fallope et vient rejoindre l'extrémité antérieure de la fenêtre ovale où se termine le premier tour de spirale. A partir de ce point elle décrit deux nouveaux tours de spire, conceniriques au premier. Ces tours sont divisés par étage de la base au sommet, et sont unis de la manière la plus intime, au niveau du sillon qui marque la juxtaposition des deux tours de spire contigus. 11 est impossible de séparer en ce point les deux lames. Si on examine la lame des contours par sa lace interne, on lui reconnaît deux régions; l'une externe, sphérique, opposée à l'axe du limaçon; une autre interne, adhérente au contraire à cet axe. La paroi externe décrit deux tours complets pour arriver au sommet de l'axe, puis continuant à s'élever elle décrit un troisième tour au-dessus de ce sommet; elle donne ainsi naissance à une gouttière curviligne dont la demi-circonférence extérieure est épaisse et compacte et constitue le sommet ou la coupole du limaçon. La paroi interne formée d'abord par une seule lame, puis après le premier tour par l'accolement et la réunion eu une seule des deux lames juxtaposées, est plus fragile, moins épaisse que la précédente et peut être détachée du noyau ou axe. Elle ne s'élève pas au-dessus de l'axe du limaçon, et ne décrit ainsi que deux tours. Elle se termine sur l'extrémité du noyau, en formant une lamelle mince et fragile, enroulée en un demi-cône et qui se continue par son sommet avec le sommet du noyau, par sa base avec la circonférence de la coupole. Cette lamelle est connue sous le nom de lamelle semi-infundibuliforme de la lame des contours et le demi-cône qu'elle forme sous celui d'infundibulum.
Le noyau ou axe du limaçon, connu également sous le nom de columelle, c*après Breschet, de inodioluf. d'après Yalsalva, s'étend de la base vers la coupole du limaçon, sous laquelle il se termine. Il présente la forme d'un segment ac cône creux, tronqué à son sommet, large de 3 millimètres à sa base et de 4 millimètre à son extrémité terminale. Sa direction est horizontale oblique en avant et en dehors, et se termine à 1 millimètre environ de la coupole. Il est creux, et renferme un canal infundibuliforme qui par sa base élargie, se continue avec le conduit auditif interne. Sur le pourtour de ce cône creux, on remarque un grand nombre de trous, disposés sur une double ligne spirale enroulée dans le même sens que le tube cochléaire et connue sous le nom de lame criblée spiroïde de la base du limaçon. Cette lame criblée et les pertuis qu'elle présente, ne décrivent que deux tours de spirale et s'arrêtent à la partie qui repré-
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sente l'extrémité terminale du noyau du limaçon. M. Sappey fait remarquer que la double série de trous de la lame spiroïde. sont séparés par une crête osseuse qui disparaît peu à peu dans la partie supérieure, et que sur cette crête spiroïde ascendante, viennent se terminer perpendiculairement de petites crêtes divergentes qui limitent autant de petites fossettes percées chacune de 5 à 6 trous. Chacun de ces trous, représente l'orifice inférieur d'un petit canal d'abord parallèle à l'axe du limaçon, puis qui s'inflt'chit pour pénétrer dans le canal spiral de Rosenthal situé à la base de la lame spirale osseuse. A son sommet, le noyau présente un orifice qui correspond au canal central qui le parcourt dans toute son étendue. Cet orifice présente deux lèvres, dont l'une interne se continue avec la lamelle semi-infundibuliforme de la lame des contours et concourt à former le demi-conduit dont nous avons parlé. La lèvre externe s'miit à la partie terminale de la lame spirale osseuse. La surface du noyau est recouverte alternativement par les parties réfléchies de la lame des contours et par la lame spirale osseuse, qui par leur réunion, forment la paroi interne du tube spiral cochléaire. Le tissu osseux qui appartient au noyau proprement dit du limaçon, est formé de tissu osseux compacte, très-poreux cependant à cause du grand nombre de canalicules nerveux qui le traversent, et très-friable. Quant au canal spiral de Rosenthal, que beaucoup d'auteurs décrivent comme une dépendance de la columelle ou noyau du limaçon, nous croyons qu'il appartient bien plus à la lame spirale qu'il caractérise d'une façon particulière.
La lame spirale se subdivise en deux zones : l'une osseuse est iuterne, l'autre membraneuse la complète et vient rejoindre la face interne de la partie extérieure de la lame des contours. La réunion de ces deux zones constitue une cloison transversale qui divise le tube cochléaire en deux rampes, dont la première est en communication avec le vestibule, et la seconde avec la cavité de la caisse par la fenêtre ronde. La portion osseuse de la lame spirale décrit deux tours complets; elle part de l'extrémité inférieure de la crête vestibulaire et va se terminer sous la coupole, sous le bord concave de la lamelle semiinfundibuliforme, par une pointe curviligne connue sous le nom de bec ou hamulus. L'une de ses faces regarde en dehors et en avant, et appartient à la rampe vestibulaire; l'autre, dirigée en arrière et en dedans, répond à la rampe tympanique. Son bord libre est convexe et plus long que le bord concave adhérent à la columelle. Au niveau de ce bord concave, la lame spirale osseuse se continue avec la zone interne réfléchie de la lame des contours. Au-dessous du point d'attache de la lame spirale et de la columelle, on signale l'existence de saillies verticales, parallèles, régulières, et qui donnent à la partie du noyau saillante dans la rampe tympanique, l'apparence d'une colonne cannelée. Ces sailhessont connues sous le nom de colonnes, delà rampe tympanique. La largeur de la lame spirale osseuse est assez considérable à son origine. Elle représente plus des deux tiers de la cloison ostéo-membraneuse. Au niveau du second tour, elle diminue d'étendue et se termine à son sommet sous forme d'une pointe curviligne. Ce même bord concave est creusé d'un canal spiroïde, connu sous le nom de canal spiral de Rosenthal. Ce canal est situé tantôt dans le voisinage immédiat de l'axe, tantôt plus en dehors et se rapproche du bord libre de la lame spirale osseuse. Ce fait dépend des espèces animales et de la région du limaçon que l'on étudie. Chez l'homme, le canal spiral est placé très-près de l'axe et très-bas, de telle sorte que sa paroi interne est formée par les lames osseuses du noyau du limaçon et ses parois supérieures et inférieures par les
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deux lamelles de la lame spirale ; mais il correspond dans la plus grande partie de son étendue à la rampe tympanique. En effet, le noyau osseux est formé de plusieurs lamelles parallèles les unes aux autres, réunies par des brides osseuses transversales; la lame spirale s'insère sur celle de ces lamelles qui est la plus intérieure; celle des deux lamelles de la lame spirale osseuse qui forme la paroi supérieure du canal de Rosenthal, se sépare à angle droit du tissu de l'axe et se dirige transversalement en dehors. La paroi externe et inférieure du canal est formée par une lamelle plus épaisse que la précédente, qui partant des parties les plus extérieures de Taxe, situées en dehors de la lame criblée spiroide donnent naissance aux colonnes de la rampe tympanique. Cette lame osseuse se dirige presque verticalement en haut, en s'élargissant, puis se dirige transversalement en dehors, parallèle à la supérieure et séparée d'elle par l'espace spiroide qui renferme les fdets terminaux du nerf limaçéen. Il résulte de cette disposition, que sur une coupe faite suivant le grand axe du limaçon, le canal spiral est représenta par un espace ovoïde un peu irréguli^r, dont les parois sont formées par les parties osseuses que nous venons de signaler, sauf en deux points oîi existent des orifices. L'une de ces ouvertures est inférieure; souvent multiple, elle répond à une dépression de la lame criblée spiroide et met le canal de Rosenthal en comnmnication avec le canal central de l'axe ; l'autre est externe, correspond à l'endroit où les deux lamelles de la lame osseuse deviennent parallèles. A ce niveau ces deux lamelles présentent sur la face qui correspond à la cavité du canal, chacune un éperon osseux saillant qui rétrécit notablement cet oritice. Nous devons ajouter que la forme ovoïde est due à ce que le bord interne, qui forme les lamelles internes du noyau est excavé, ce qui est dû à un empiétement de la cavité sur la substance de ce noyau. D'autre part, dans le second tour, la substance osseuse devient plus rare et finit par manquer tout à fait.
Immédiatement en dehors du canal spiral de Rosenthal, la lame osseuse est formée de deux lamelles qui pour certains auteurs sont entièrement indépendantes l'une de l'autre, et qui pour d'autres, sont réunies par des travées osseuses en autant de canaux secondaires destinés à loger les filets nerveux provenant du ganglion spiral. Corti et KùUiker adoptent cette dernière opinion. Krause et i)eiters penchent vers la première manière de voir et croient avoir observé que les deux lames sont indépendantes l'une de l'autre et ne sont réunies que par des faisceaux de tissu conjonctif. Lowenberg est d'une opinion mixte; chez l'homme il a trouvé la disposition admise par Krause etDeiters; chez certains animaux, le cochon et le lapin entre autres, celle qui a été décrite par Corti et Kôlliker. Il résulte de nos recherches personnelles qui confirment la plupart des données de ce dernier anatomiste, que chez l'homme, la lame spirale osseuse est formée dans toute son étendue de deux lamelles secondaires distinctes et indépendantes l'une de l'autre, réunies tout au plus par de rai'es tractus fibreux et que chez le chat et le chien ces tractus manquent complètement.
Les deux lamelles se terminent extérieurement par deux petites plaques qui sont situées sur un même plan horizontal et sont séparées par les orifices correspondant aux canalicules nerveux. Ces deux extrémités se joignent en convergeant vers la partie médiane de la lame spirale. La plaque supérieure est formée extérieurement de deux lamelles distinctes qui se réunissent bientôt et forment une lame compacte étendue transversalement et recouverte par la protubérance de Huschke. La plaque inférieure, d'abord parallèle à la précédente à partir de
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l'orifice externe du canal spiral, s'incline d'abord doucement puis brusquement se recourbe en haut, pour venir se mettre au même niveau que la partie terminale de la plaque supérieure.
Ces deux plaques sont formées dans leur moitié interne de lamelles de tissu compacte; puis on ne trouve plus pour chacune, qu'une seule lamelle mince de tissu compacte et enfin arrivé dans le voisinage des canalicules nerveux, les ostéoplastes ou se modifient beaucoup, ou disparaissent même, et sont remplacés par une substance lamellaire compacte percée d'une foule de trous ronds, ovales ou irréguliers. La substance intermédiaire réfracte fortement la lumière et est très-fragile.
L'espace ainsi limité communique en dedans avec le canal de Rosenthal par les orifices que nous avons déjà décrits, et en dehors il se termine par de petits canalicules de formes variables, suivant les espèces animales; ils sont connus sous le nom de canalicules nerveux.
Le tube cochléaire. lorsque la lame spirale osseuse est complétée par la portion membraneuse, est divisée en deux rampes qui s'étendent de la base du limaçon au sommet oîi elles communiquent l'une avec l'autre. Celle de ces rampes qui s'ouvre dans la caisse par la fenêtre ronde est connue sous le nom de rampe tympanique, celle qui s'ouvre dans le vestibule est la rampe vestibulaire. Lorsqu'on recherche leur disposition relative, on voit que le limaçon étant supposé en place et par conséquent son axe horizontalement dirigé en avant et en dehors, la rampe vestibulaire est antérieure et la tympanique postérieure. La rampe tympanique commence au niveau de la fenêtre ronde, se porte d'abord en haut et se met au-dessous de la rampe vestibulaire, puis se dirige en bas et devient parallèle à cette même rampe, en arrière et en dedans de laquelle elle reste dans toute l'étendue ultérieure de son trajet. A son origine, et immédiatement en dedans et au-dessous de la membrane obturatrice de la fenêtre ronde se trouve l'orifice interne de l'aqueduc du limaçon.
La rampe vestibulaire commence dans le vestibule par un oritîce elliptique, situé en avant et en bas de la fossette semi-hémisphérique; elle se dirige d'abord en avant et en bas, puis en bas et en dedans décrit une courbe spirale placée d'abord au-dessus puis en avant et en dehors de la rampe tympanique. Arrivées au sommet du noyau du limaçon les deux rampes n'ont plus de paroi interne. Elles ne sont plus formées que par la partie antérieure de la lame des contours. La lame spirale divise la gouttière ainsi formée en deux plus petites; l'une est postérieure et se continue avec la rampe tympanique, l'autre est antérieure et constitue la terminaison de la rampe vestibulaire. On décrit à chacune de ces gouttières deux parois. La gouttière tympanique est limitée en arrière par la lame des contours, qui s'enroule au-dessus du noyau du limaçon et forme ainsi une sorte d'entonnoir. La gouttière vestibulaire est limitée en avant par cette lame des contours qui s'est réfléchie en haut pour constituer la coupole. Ces gouttières sont séparées l'une de l'autre par la lame spirale qui s'enroulant sur son bord concave devenu libre, circonscrit ainsi un orifice par lequel les deux rampes communiquent et désigné sous le nom dliiatus et d'helicotrema. 11 résulte de la situation de cette partie de la lame spirale, que sa face postérieure limite en avant la gouttière tympanique, et sa face antérieure forme la paroi postérieure de la gouttière vestibulaire.
On donne le nom d'aqueduc du limaçon à un canal osseux triangulaire, qui s'étend du bord inférieur et postérieur du rocher à l'origine de la rampe tympa-
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nique. 11 suit la même direction que le conduit auditif interne au-dessous duquel il est placé. L'orifice e.v te' rieur de ce canal, commence par une fossette iufundibuliforme dans la partie du bord postérieur du rocher qui forme le bord antérieur du trou déchiré postérieur, et limité exactement en dehors et en arrière, par une petite crête osseuse sur laquelle vient s'insérer le ligament fibreux qui circonscrit Toritice dure-mérien spécial au glosso-pharyngien. Le conduit qui part de cette dépression triangulaire et de forme pyramidale présente quelquefois une ou deux dépressions secondaires.
Le conduit auditif interne commence sur la face postérieure du rocher par un orifice de forme elliptique dont le grand axe est oblique en dedans et en avant. Sa direction croise celle de la portion pétreuse sous un angle de 45 degrés; et sa largeur est de 8 à 10 millimètres. Le fond de ce conduit est divisé en deux étages par une crête horizontale et falciforrae dont le bord branchant est oblique en arrière et dedans. L'étage supérieur est divisé en deux fossettes secondaires par une crête verticale. L'une de ces fossettes est verticale, et con- >titue l'entrée de laqueduc de Fallope destiné au facial; l'autre postérieure rentérme la branche sujtérieure du nerf vestibulaire. La partie située au-dessous de la crête horizontale est également subdivisée en deux fossettes; l'une est située eu avant, elle correspond au limaçon et se compose de fossettes plus jtetites qui constituent la lame criblée spiroïde. Celle qui est située en arrière et qui regarde en dehors dépend du vestibule. Elle offre d'abord un trou constant situé en haut et en arrière, décrit par Morgagni sous le nom de foramen aingulare; il débouche dans la tache criblée postérieure et donne passage au nerf ampuUaire inférieur ; puis plus bas et en avant deux ou trois trous qui viennent se terminer sur la tache criblée moyenne dans le fond de la fossette hémisphérique. C'est par eux que pénètre le nerf sacculaire.
Partiks molles de l'oreille IMEU.NE. Lcs formations molles de l'oreille interne, chez les mammifères et les vertébrés supérieurs, constituent un ensemble de parties très-compliquées par leur arrangement réciproque et par leur structure. Cet état de complexité forme le dernier terme d'une série de perfectionnements que l'on voit s'établir peu à peu, à mesure que l'on s'élève dans la série animale. Nous aurons à si'iualer un i^rand nombre de ces modifications dans leurs traits essentiels.
Nous avons vu que chez les vertébrés, l'oreille interne présente deux parties distinctes : une portion molle et une enveloppe osseuse qui reproduit, à peu près, les formes principales de la première. Nous avons décrit chez Thomme les caractères principaux que présente cet appareil de protection. Mais il est à peine nécessaire de dire que, de ces deux parties la portion molle est seule londamentale.
Quand on étudie le développement de l'oreille sur des embryons de vertébrés, on voit que les parties molles apparaissent les premières. Elles se montrent aussi sous leurs formes les plus simples et enfin existent seules pendant toute la vie dans un grand nombre d'espèces inférieures.
Les parties molles de l'oreille interne, connues plus habituellement sous le nom de labyrinthe membraneux comprennent d'une façon générale, les mêmes subdivisions que le labyrinthe osseux. Au centre, il existe un vestibule membraneux composé de deux cavités très-distinctes, bien que reliées intimement l'une à l'autre, ïutricnle et le saccule. Au-dessus et en arrière on rencontre des canaux demi-circulaires en communication avec l'utriculfi; en avant on
trouve le limaçon membraneux, relié au saccule par un petit canal {canalU reuniem) qui jusqu'à Hensen avait passé inaperçu. On voit, par cet exposé rapide, que le labyrinthe membraneux peut être divisé en deux portions bien distinctes : l'une supérieure qui appartiendrait au système de l'utricule et des canaux demi-circulaires, l'autre inférieure (système du saccule et du limaçon membraneux) ; mais les recherches récentes de Bottcher prouvent que, contrairement à l'opinion généralement reçue, ces deux systèmes ne sont pas absoluments indépendants l'un de l'autre. Il existe dans l'aqueduc du vestibule, d'après cet auteur et d'autres anatomistes qui adoptent son opinion, un petit canal formé en cul-de-sac du côté de la périphérie, ouvert par deux branches divergentes dans l'utricule et dans le saccule (voir le dessin schémamatique. fig. 4).
Les sacs et tubes membraneux de l'oreille interne sont logés dans les cavités osseuses (vestibule osseux, canaux demi-circulaires, rampes du limaçon) qu'ils
Fjg-, 1. — Schéma de la ilispositjou g-énérale des parties molles de IV>r('ilJe interne.
S, utricule. — B, saccule. — C, canal contenu dans la lame membraneuse (canal cocliléaire des auli'urs allemands). — D, D, D, canaux demi-circulaires à leur entrée dans l'utrieule. — E, aqueduc du vesli- Jjule ^recessus des Allemands). — Il communique par un double can;ilicule avec l'utricule et le saccule. — Entre B (iaccule) et C (canal cocliléaire), il existe un petit canal 'HnutH^ r.imi.i,^ ,i.. Hensen).
remplissent incomplètement. Ils sont reliés aux paroi^ de ces cavités par des adhérences limitées et très-variables dans leurs dispositions; enfin elles sont baignées partout où ces adhérences n'existent pas, par un liquide découvert par Cotugno, connu sous le nom de périlymphe et qui circulerait librement autour de toutes les parties membraneuses (sacs, tubes ou canaux), Mais nous reviendrons plus en détail sur ces points intéressants lorsque nous étudierons les liquides de l'oreille interne.
Vestibule membraneux. Le vestibule membraneux est situé dans le vestibule osseux, qu'il ne remplit pas en totalité, de telle sorte que sa forme ne représente pas exactement celle de la cavité tjui le renferme.
11 est constitué par la réunion des deux vésicules intimement accolées et placées l'une au-dessus de l'autre. La supérieure, la plus volumineuse, de torme ovoïde, est désignée sous le nom d'utricule; l'inférieure, plus petite au contraire, est arrondie, c'est le saccule. Lorsque l'on étudie l'organe qiL résulte de leur réunion, on lui trouve une forme assez régulière. En effet, la partie supérieure plus étendue transversalement, déborde par ses deux extrémités la partie inférieure qui est arrondie. Un sillon transversal, situé sur la
t)ti OREILLE (anatomie).
partie moyenne de la lace antérieure, vient indiquer l'existence de la cloison de séparation que l'on trouve entre la cavité de l'utricule et celle du saccule. Le vestibule membraneux se continue avec les canaux demi-circulaires par cinq orifices. Trois de ces points d'abouchement sont dits ampullaires et sont caractérisés par des renflements ovoïdes ou arrondis; extérieurement, la terminaison de ces renflements se différencie des parois du vestibule, par un étranglement peu marqué. De la partie antérieure et inférieure du vestibule, dans la portion qui appartient au saccule, part le canal de communication qui va se déverser dans les canaux de la lame spirale membraneuse.
Le vestibule membraneux n'occupe, d'après Kolliker et Rûdinger, que les deux tiers de la cavité du vestibule osseux : il est plus rapproché de la paroi interne que de la paroi antérieure et externe dont une couche mince de liquide, la périlymphe, le sépare. En aucun cas, la face antérieure des deux sacs vestibulaires n'entre en contact direct avec la base de l'étrier. La face interne au contraire touche immédiatement à la paroi osseuse et correspond ainsi directement aux losettes semi-sphériques et semi-ovoïdes ainsi qu'à la crête du vestibule qui les sépare.
Pendant la période embryonnaire ces espaces aréolaires situés entre les parties membraneuses et les parois cartilagineuses ou osseuses, sont remplis par un tissu d'apparence gélatineuse, rappelant par tous ses caractères histologiques ceux de la gelée de Wharton. Ce tissu se condense dans le voisinage immédiat des parois cartilagineuses et autour des parois membraneuses qui se continuent avec ce tissu spécial à l'aide de couches fibreuses. Ce tissu est traversé par des vaisseaux sanguins assez volumineux, qui entourent les parois membraneuses, s'y accolent par leurs branches secondaires. Ces vaisseaux servent de soutient aux mailles reticulaires du tissu muqueux. Dans une période ultérieure ce tissu se métamorphose, la substance muqueuse se résorbe ; il se produit des cavités et il persiste seulement comme vestige de son existence, le revêtement périostal, et les travées conjonctives fibreuses entourant les vaisseaux qui du périoste se rendent aux diverses parties du vestibule membraneux.
Toute la face interne du vestibule osseux est recouverte par une couche mince de périoste. Cette membrane est constituée par du tissu conjonctif plus ou moins dense, et des fibres élastiques fines; les vaisseaux qu'elle renferme se continuent avec ceux de la couche osseuse. La surface libre est inégale, elle n'est pas recouverte par une couche épithéliale, bien que la présence de noyaux, assez régulièrement disposés les uns à côté des autres, eût pu faire croire qu'il existait à ce niveau une couche d'épithélium pavimenteux. Ce revêtement épithélial avait d'abord été admis par Rûdinger qui met en doute maintenant son existence aussi bien sur les parois périostales que sur les travées fibreuses qui accompagnent les vaisseaux sanguins. Nous l'avons cherché à plusieurs reprises chez le chat et le chien soit par imprégnation d'argent ou d'acide osmique et coloration au picro-carminate, nous ne l'avons jamais trouvé. On retrouve dans l'épaisseur de ce périoste, les cellules pigmentaires décrites par Henle, mais peu nombreuses. Enfin on rencontre souvent des concrétions calcaires contenues dans le périoste et signalées déjà depuis lonc^temps par Kolliker et Henle.
Au niveau de certaines régions, le périoste est réuni très-etroitement aux parois des deux cavités du vestibule membraneux. C'est ce que l'on voit à la face postérieure où ces moyens de fixité sont plus denses et plus résistants
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que ceux qui existent ;i la face antérieure. Au niveau de ces adhérences postérieures, l'utricule est plus étroitement uni aux parois de la fossette semiovoïde que la portion correspondante du saccule ne l'est à la fossette hémisphérique. Ces dernières parties sont reliées par une couche épaisse et large de tissu conjonctif lâche, couche qui entoure les filets nerveux, et renferme les vaisseaux, qui vont se distribuer à cette partie du labyrinthe membraneux.
Nous devons faire remarquer cependant que le périoste est plus faiblement développé au niveau des points où les formations membraneuses sont en contact avec lui et adhérentes, que dans les endroits où les parois membraneuses et le revêtement périostal sont séparées par les espaces périlymphatiques. A ce niveau, le périoste est renforcé par des bandelettes de tissu conjonctif fibreux qui l'épaississent, qui vont ensuite rejoindre la couche externe conjonctive du vestibule membraneux et donnent ainsi naissance aux travées qui divisent l'espace périlymphatique en vacuoles plus ou moins considérables, dont nous avons vu l'origine par suite de la transformation du tissu muqueux de la période embryonnaire.
Une coupe transversale du labyrinthe osseux montre très-nettement ces relations. Elle permet de se rendre compte du trajet suivi par le périoste et de mesurer l'espace qui existe entre le feuillet périostal et la face antérieure du vestibule. Mais lorsqu'on étudie ces rapports dans certaines espèces animales, la grenouille entre autres, on voit que l'espace vide, rempli chez l'adulte par la périlymphe, est comblé par un tissu d'apparence gélatineuse reliant dans tous les sens les parois du vestibule membraneux à celles du vestibule osseux. Nous retrouverons une disposition analogue dans les canaux demi-circulaires et on est amené à reconnaître que dans les espèces animales le tissu qui remplit la portion de la cavité du vestibule laissée libre par le saccule et l'utricule est analogue à celui que l'on trouve pendant la vie embryonnaire de l'homme.
Vutricule [sacculus oblongus seu alveus commutm de Scarpa) occupe la moitié supérieure du vestibule. Son grand diamètre est transversal et varie de 3 à 4 millimètres, ses diamètres antéro-postérieurs et verticaux ne dépassent pas 2 millimètres. Il correspond successivement par sa face supérieure au nerf utriculaire, à la fossette semi-ovoïde, et en arrière et en bas à l'orifice ampullaire du canal semi-circulaire postérieur; en haut et en avant, il reçoit les autres terminaisons des canaux demi-circulaires, terminaisons dont deux sont ampullaires, tandis que les autres ne le sont pas. Sa face inférieure repose sur la face supérieure du saccule à laquelle elle est adhérente. Examinée sur sa face interne, ce qu'il est posssible de faire au moyen de coupes appropriées, on voit que la cavité de l'utricule est lisse dans la plus grande partie de son étendue, sauf en dedans. A ce niveau, elle présente une saillie ovoïde, de couleur blanchâtre, présentant d'après Kôlliker une épaisseur de 0'°™,4 : c'est ce qu'on a désigné sous le nom de tache auditive [macula acustica) de l'utricule. Cette tache a en moyenne 3 millimètres de longueur sur 2 millimètres de largeur; elle est assez nettement délimitée, et c'est a son niveau que se font les terminaisons nerveuses spéciales que nous étudierons ultérieurement. Sur cette face interne, on observe également les cinq orifices par lesquels débouchent les canaux demi-circulaires membraneux. Au niveau de ceux des orifices qui correspondent aux dilatations ampullaires, Steifeusand a signalé une sorte de cloison incomplète, semi-circulaire, qui
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recevrait, elle aussi, des filets nerveux; mais ils y seraient en moins grand nombre que dans les crêtes acoustiques. Boettcher et les auteurs qui avec lui ont mentionné le canalicule qui de l'utricule se rend à l'acqueduc du vestibule, ne font point connaître nettement son point exact d'abouchement. Mais nous avons pu nous assurer par des préparations dans lesquelles le sac endolymphatique situé sous la dure-mère de la face postérieure du rocher avait été injecté, et sur lesquelles ou pouvait suivre la matière à injection jusque dans l'utricule par l'aqueduc du vestibule, que ce canal s'abouchait en arrière en bas et en dedans de cette partie du vestibule membraneux, dans le voisinage immédiat, et au-dessous de la rainure qui marque la séparation du sacciile d'avec l'utricule.
Le saccule {saccuhnf rotundus de Scarpa) occupe la partie la plus déclive du vestibule. Sa forme est assez régulièrement arrondie et son diamètre est de l'"™,5. Il est relié à la face inférieure de l'utricule par un tissu fibreux, dense, résultat de Taccolement exact de la paroi supérieure du saccule à la paroi inférieure de l'utricule. Il ne se distingue extérieurement de l'utricule que par le sillon transversal que nous avons signalé. D'après Riidinger la partie de sa surface qui correspond à la fossette hémisphérique, et par laquelle il reçoit le nerf sacculaire, est assez faiblement unie à la paroi osseuse. Le tissu conjonctif qui existe à ce niveau est lâche, et contient dans son épaisseur, pour certaines espèces animales du moins, des cellules pigmentaires qui peuvent dans ce cas masquer en partie l'arrivée des nerfs dans l'appareil terminal. En dehors, nous retrouvons entre le périoste et le saccule, l'espace occupé par la périlymphe. En haut nous avons noté ses rapports avec la face inférieure de l'utricule. En haut, en arrière et en dedans, il envoie le petit canal qui allant se réunir à celui qui provenant de l'utricule. donne naissance au caual commun, et réunit ces deux formations labyrinthiques au sac endolymphatique situé sous la dure-mère par l'intermédiaire de l'aqueduc du vestibule ; enfin, en avant et en bas, il envoie le canal de communication canalvi reiiniem qui unit sa cavité à celle des canaux de la lame spirale membraneuse (canal cochléaire de certains auteurs allemands). Dans la cavité du saccule nous trouvons, comme dans celle de l'utricule, une tache auditive (macula acustica) située également en dedans, et correspondant à la terminaison du nerf sacculaire. Cette tache auditive présente à peu près les mêmes dimensions en longueur que celle de l'utricule, 5 millimètres, mais sa largeur est moins considérable et ne dépasse guère i'^^.'o (Kôlliker). Elle a une épaisseur plus considérable que celle de l'utricule, la même coloration blanchâtre, et la même délimitation exacte.
Tels sont les principaux caractères anatomiques, visibles à l'œil nu ou à un faible grossissement, que l'on peut constater dans le vestibule membraneux.
Canaux demi-circulaires membraneux. Les canaux demi-circulaires membraneux reproduisent d'une façon générale la forme et la direction des canaux demi-circulaires osseux dans lesquels ils sont situés, et dont ils occupent une partie de la cavité. Dans les vertébrés supérieurs et chez l'homme, ils sont au nombre de trois. On décrit un canal demi-circulaire supérieur, un postérieur et un externe. Chacun de ces canaux possède un orifice ampullaire, et un autre orifice dépourvu d'ampoule. Mais comme le canal supérieur et le canal postérieur se réunissent par leurs extrémités non ampullaires, il en résulte que les orilices par lesquels ils s'ouvrent dans l'utricule sont au nombre de cinq.
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Ils se présentent sous la forme de cylindres aplatis, renfles au niveau de leur orifice ampullaire. Ce renflement a une forme différente suivant le canal que l'on considère. Pour le canal supérieur et le canal externe il est ellipsoïde, tandis que pour le canal postérieur il est arrondi. Chacun de ces renflements se continue d'une part avec l'utricule, et de l'autre côté avec le canal demi-circulaire auquel il appartient. Étudiés sous l'eau, après ouverture des canaux demi-circulaires osseux, les canaux demi-circulaires membraneux paraissent flottants dans la cavité qui les contient, et également éloignés dans tous les sens des parois osseuses enveloppantes. C'est dans les mêmes conditions qu'ils paraissent un peu variqueux. Mais, si on les étudie à l'aide de coupes faites après durcissement, ils sont, d'après Riidinger, contigus à la convexité du canal osseux, tandis qu'un espace assez considérable les sépare de la courbure formée par la paroi opposée. Leur forme n'est pas exactement ronde, car sur une coupe transversale elle dessine
iig. 5. — A, cavité du canal demi-circulaire membraneux. — B, B, B, cavités périljmphaiiques situées entre le périoste b et lasurface eitérieurc du canal membraneux. — a, a, a, végétation saillante dans la cavité du canal demi-circulaire. — (I, d, vaisseaux sanguins renfermés dans l'intérieur des brides fibreuses.
un ovale assez régulier. Le diamètre de ces tubes membraneux, relativement aux conduits osseux, a été diversement interprété. D'après quelques auteurs, les tubes membraneux n'occuperaient que la moitié ou le tiers des canaux osseux. Pour M. Sappey, leur diamètre serait plus considérable : ils occuperaient la moitié ou les trois quarts de la cavité osseuse. Mais les mensurations de cet anatomiste ne nous paraissent pas exactes. Sur des coupes transversales faites sur des pièces dans lesquelles les canaux demi-circulaires membraneux ont été remplis par de DicT. F>c. 1- s. XYH. 5
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la gélatine colorée on voit que l'espace coloré ne remplit que le quart environ de l'espace total et laisse un espace considérable occupé par les aréoles périlymphatiques.
Au niveau de la face postérieure de chaque renflement ampullaire, ou observe une petite dépression longitudinale qui se caractérise dans la cavité par un repli que nous étudierons plus tard sous le nom de crête auditive. Etudiés par leur face interne, ce qu'il est facile de faire à l'aide de coupes, on observe dans toute l'étendue des canaux demi-circulaires membraneux, lorsqu'on emploie un fort grossissement, chez l'homme, si ce n'est dans toutes les espèces animales, des saillies et des dépressions qui sont dues à l'existence de végétations papillnires dont nous aurons à décrire les principaux caractères lorsque nous étudierons la structure des canaux.
Dans la cavité ampullaire, on trouve la crête auditive que nous avons déjà mentionnée et, au point d'abouchement dans l'utricule, la lame semi-lunaire {plamnn semi-limare de Steifensand) que nous avons également signalée. Nous reviendrons plus en détail sur ces parties intéressantes.
Ces tubes membraneux sont contigus avec la courbure convexe du canal osseux. Ils sont reliés à celte paroi par une bande de tissu conjonctif assez épaisse, connue sous le nom de ligament des canalicules membraneux, et c'est en réalité le moyen le plus puissant de fixation de ces conduits. Les parties fibreuses, qui constituent le ligament des canalicules membraneux, s'épaississent au niveau des deux bords des canaux. Cet épaississement est formé par la réunion des deux couches conjonctives extérieures qui, se réunissant à ce niveau, laissent entre leurs faisceaux des espaces vasculaires et vont se confondre avec le revêtement périostnl. En revanche, au niveau de la surface par laquelle le canal membraneux est appliqué contre la paroi du canal osseux, le périoste est peu développé, tandis que dans tout le reste de la surface osseuse le feuillet périostal, qui présente la même structure que dans la cavité vestibulaire, est épais et résistant. Dans l'espace qui de l'autre côté sépare le canal membraneux de la paroi osseuse, il existe un certain nombre de faisceaux de tissu conjonctif, plus ou moins considérables suivant les espèces animales, assez forts et suffisamment résistants, qui partant du périoste viennent se fixer sur la plus grande partie de la circonférence extérieure des canaux membraneux [voy. fig. 5, B). Ces faisceaux, quelquefois très-étendus, prennent la forme de membrane et, s'entre-croisant souvent entre eux, donnent une apparence aréolaire à la partie qu'ils occupent. On croirait même dans certaines circonstances qu'il existe de petits canaux juxtaposés au canal principal.
Au niveau des renflements ampuUaires, ces brides fibreuses sont moins développées que dans le reste de l'étendue des canaux, et se rapprochent de la disposition que l'on retrouve sur la plus grande partie de la périphérie du vestibule membraneux.
Dans l'intérieur de toutes ces brides fibreuses, ou cloisons, on trouve des vaisseaux plus ou moins développés, toujours assez nombreux. C'est pour cette raison qu'on doit les considérer comme le principal moyen de protection des vaisseaux qui se rendent du périoste dans les canaux demi-circulaires membraneux (doî/. fig. 5, d).
Ces cloisons sont fortes et résistantes chez l'homme, mais peu nombreuses, tandis que chez le rat elles donnent naissance à un réticulum très-serré. La disposition que nous venons de décrire chez les mammifères se retrouve également,
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d'après Hasse, chez les oiseaux. Dans cette classe, en effet, les canaux demicirculaires membraneux se rapprochent de la courbure convexe, et y sont fixés également par des tractus fibreux multiples et très-irréguliers dans leur forme. On constate une disposition analogue chez les poissons; mais la manière doul elles se présentent doit faire considérer ces brides ligamenteuses comme det^ vestiges du tissu conjonctif gélatineux qui remplissait ces canaux pendant la première période embryonnaire. En effet, chez certains poissons le tissu gélatineux persiste même à l'état adulte, et réunit la surface extérieure du vestibule membraneux aux parois osseuses ou cartilagineuses qui les enveloppent. On constate également cette disposition chez la grenouille, où de plus on trouve de nombreuses cellules pigmentaires dans les couches qui avoisinent la zone fibreuse des parois du canal membraneux.
Structure des canaux demi-circulaires. Sur une coupe transversale, les parois de ces canaux paraissent avoir une épaisseur inég;ile : ainsi, au niveau de la face par laquelle ils entrent en contact avec le périoste, cette épaisseur est en moyenne, en ne tenant pas compte de l'épaisseur de la couche périostale, de 16 millièmes de millimètre, tandis que le côté qui est libre atteint une épaisseur de 28 millièmes de millimètre et celui qui correspond au point d'attache des fibres ligamenteuses que nous avons décrites présente une épaisseur qui varie entre 60 et 80 millièmes de millimètre (Riidingcr); on voit que l'épaisseur de ces parois est loin d'être uniforme.
On peut considérer ces parois comme constituées par quatre couches qui sont, en allant de la périphérie vers la cavité du canal, les suivantes :
a. Une couche de tissu conjonctif, ou membrane fibreuse extérieure. Elle entoure de toute part le conduit membraneux et est formée de tissu conjonctil qui est de même nature que celui qui constitue les ligaments périostaux.
Elle contient de nombreux noyaux disséminés dans son cpaiseur, et qui, dans quelques cas, sont disposés concentriquement et marquent la limite des feuillets qui constituent cette membrane. On la trouve plus mince au niveau des points où le canal demi-circulaire est adhérent au périoste ; elle est beaucoup plus épaisse dans toute la zone d'où partent les ligaments qui vont se rendre aux parois osseuses et au périoste de revêtement de ces parois. Sur sa surface extérieure on ne constate pas l'existence d'une couche épithéliale, bien que Riidinger ait trouvé qu'il y avait en cet endroit un certain nombre de noyaux régulièrement disposés qui pourraient faire croire à la présence d'un revêtement de pareille nature.
Dans les parties les plus extérieures de cette membrane fibreuse conjonctive et plus particulièrement au niveau des points d'insertion des ligaments, Riidinger a noté la présence de plexus réticulés sur la nature desquels il ne se prononce pas, bien qu'il soit disposé à admettre qu'ils soient d'origine nerveuse, et que pour lui ils aient une apparence gangliforme. Ils sont formés en effet de bandelettes minces, de fibres pâles qui s'entre-croisent en donnant naissance à une sorte de réticulum à mailles larges. Le tissu fibrillaire qui les constitue renferme de larges cellules à gros noyaux qui sont réunies au niveau de certain entrecroisement des mailles du réticulum, de façon à simuler des ganglions nerveux plus ou moins volumineux. Enfin Kôlliker a noté dans cette couche conjonctive la présence de cellules pigmentaires analogues à celles qui se trouvent dans la lamina fusca de la choroïde.
b. La seconde couche ou membrane propre est d'apparence hyaline sur des
OREILLE (anatomie)
préparations fraîches et non soumises aux réactifs; elle est très-mince au niveau de la partie adhérente, plus épaisse dans le reste de son étendue, et atteint son épaisseur maximum aux deux extrémités de l'ovale au niveau des points où se fixent les ligaments des canaux membraneux; son épaisseur moyenne est de 5 à 6 millièmes de millimètre ; elle revêt l'aspect d'une surface faiblement ondulée, et, si à l'état frais elle paraît amorphe, elle devient légèrement striée et grenue lorsqu'on la traite par des réactifs colorés. L'adjonction d'acide acétique y fait, d'après Kolliker, apparaître une grande quantité de noyaux {voy. fig. 6 b) .
l'ig. 6. — A, cavité d'un canal demi-circulaire dans l'espèce humaine. — B, parois du canal. — /, couche externe ou ilbreusp. — rf, couche moyenne ou membrane propre. — f, f, f., végétations papiliaires recouvertej par une couche simple de cellules épithéliales cubiques.
Kn dehors, au niveau de la couche de tissu conjonctif, cette membrane amorphe est assez nettement délimitée ; sa fiice interne au contraire émet des prolongements de forme variée qui donnent naissance au stroma des villosités que nous allons décrire. Dans l'épaisseur de ces prolongements, on note l'existence de noyaux plus ou moins manifestes.
c. Végétations papillaires. Cette disposition n'a pas été observée par tous les auteurs. Rùdinger et Yoltolini seuls les décrivent comme constantes. Mais Lucae, qui les a également observées, les considère comme d'origine pathologique.
Elles revêtent la face interne de la membrane propre (couche hyaline) dont elles procèdent, et n'existent pas dans tout le pourtour de la surface interne des canaux demi-circulaires. On n'en trouve pas pendant toute la période fœtale et pendant les premiers temps de la vie ex Ira-utérine. Lorsqu'elles apparaissent, on les trouve d'abord du côté qui correspond à la cavité libre du canal osseux, tandis que la face qui correspond au bord adhérent en est absolument privée {voy. fig. 5). Elles ne manquent jamais au niveau des points d'attache des ligaments et on doit ajouter que, malgré de grandes variations individuelles, on n'a jamais constaté chez l'adulte leur absence complète. Ces formations n'existent pas non plus ni dans l'utricule ni dans le saccule ; on cesse aussi d'en rencontrer près des embouchures des canaux demi-circulaires dans l'utricule, si ce n'est au niveau de la partie dilatée du canal demi-circulaire externe, où l'on trouve parfois quelques végétations papillaires isolées.
Cette formation est spéciale à l'homme adulte, car jamais Utz, qui a étudié particulièrement cette question, n'a trouvé de formations analogues sur les canaux
OREILLE (anatomie). 69
membraneux des nouveaux-ncs. C'est ce qui fait que Voltoliniet Luca) les avaient
conside'rées comme d'origine pathologique. Ce dernier auteur même croyait qu'elle
était due à une altération amyloïde, qui lui paraissait vraisemblable d'après une
certaine réaction obtenue avec l'iode. Mais il faut remarquer que cette réaction
leur est commune avec la membrane propre dont les caractères normaux et la
constance ne peuvent être mis en doute. La constance de leur présence, leur
structure intime et l'existence à leur surface d'un revêtement épithélial doivent
plutôt les faire regarder comme des productions normales, d'autant plus que ni
Utz ni Rûdinger n'ont constaté leur présence plus particulièrement dans les
canaux membraneux d'enfants nouveau-nés atteints depuis quelque temps
d'otite moyenne. Il a été possible de suivre leur mode de développement. Ainsi
la surface interne de la membrane propre hyaline, d'abord lisse, unie, devient
vers le quatrième au cinquième mois un peu ondulée. Plus tard ces ondulations
se séparent, s'isolent et donnent naissance aux papilles, qui avec l'âge prennent
des formes variables et augmentent de volume et de nombre. On voit que ces
formations sont une dépendance directe de la couche hyaline dont elles émanent
par une sorte de boursouflement de la substance propre.
Le plus grand nombre de ces prolongements est en forme de massue, de telle sorte qu'ils ont une base moins large que leur extrémité libre; leur apparence est vitreuse et analogue à celle de la membrane propre. Ces villosités papillaires se présentent le plus habituellement sous la forme de petites sphères vitreuses à contour extérieur très-net, et pourvues dans leur substance d'une striation à lignes concentriques. Cette striation diminue et disparaît au fur et à mesure que l'on se rapproche du centre de la formation globulaire. A la périphérie, il existe une couche de noyaux allongés qui correspondent à la courbure de la sphère. Ces noyaux appartiennent à une couche d'épithélium formée de cellules aplaties et polygonales, qui recouvrent de toute part ces villosités papillaires. La plupart de ces prolongements est une base qui atteint à peine la moitié du diamètre de l'extrémité libre; cependant on constate sur des coupes transversales que le tissu de la membrane propre se continue directement dans l'intérieur de ces végétations et les constitue en grande partie; ce qui explique les caractères histologiques qu'elles offrent. Traitées par l'acide acétique, on y voit apparaître des noyaux allongés et une striation concentrique. 11 n'est donc pas douteux qu'elles soient une dépendance de la membrane pi'opre. En tout cas il est difficile d'admettre qu'on puisse les rattacher à des images artiticielles produites par le retrait de la membrane élastique après l'écoulement du liquide. Leur lonne est trop régulière, toute l'épaisseur de la membrane propre n'entre pas dans leur constitution comme cela devrait être, si elles étaient le résultat de plicatures de cette membrane.
d. La surface libre de ces végétations est recouverte, aussi bien sur leur partie saillante qu'au niveau des dépressions qui les séparent, par un revêtement épithélial formé par une seule couche d'épithélium pavimenteux. Cette couche épithéliale est facilement démontrée par des imprégnations au nitrate d'argent. Mais sur des pièces très-fraîches et fixées par l'acide osmique on peut aussi le déceler très-facilement. Nous avons pu l'étudier sur le chat et le chien par ce procédé et nous assurer qu'il était formé de cellules polygonales aplaties trèsminces, à bords très-réguliers et renfermant à leur centre un noyau un peu ovoïde.
Nous ne décrirons pas en détail les différences que présentent ces diverses
70 OREILLE (amtomie).
couches dans la série des vertébrés et qui ont été étudiées par liasse. Nous rappellerons seulement qu'un certain nombre d'auteurs. Deiters, Basse, ont désigné sous le nom de cartilage du labyrinthe chez les oiseaux, les poissons et les reptiles, la même membrane hyaline que nous venons de décrire sous le nom de membrane propre et qui sert en réalité par ses parties superficielles de base, de membrane de soutien au revêtement épithélial. Nous mentionnerons cependant une modification limitée de l'épithélium de revêtement, et qui a été signalée par ce même auteur chez les oiseaux. En effet, dans cette classe de vertébrés, au niveau de la face supérieure et à l'endroit où les parois sont le plus épaisses, on voit sur une très-petite étendue l'épithélium de pavimenteux devenir cyhndrique et ressembler à celui que l'on trouve dans l'utricule et les ampoules au voisinage immédiat des cellules épithéliales à terminaison nerveuse. Cette formation épithéliole toute particulière a été décrite par Hasse sous le nom de cellules de la voûte {Dach-Zellen). On retrouve cette formation connue sous le nom de cellules de la voûte chez différents poissons, entre autres, chez le saumon où liùdinger décrit une disposition spéciale très-curieuse. Il s'agit en effet d'une double crête cpitliéliale. séparée par un sillon assez profond et qui ne diminue de hauteur qu'aux approches de l'utricule. Ces crêtes sont formées de fibres pâles qui se divisent dichotomiqutnient plusieurs fois et se terminent à leur extrémité libre par des cellules ovoïdes, qui forment ainsi pour chaque fibre une sorte de grappe à demi flottante librement dans le sillon de séparation des deux crêtes, et même paraissant la recouvrir complètement de façon à le fermer par sa base.
Ecker avait également décrit des épilliéliums ciliés ù ce même niveau dans les canaux demi-circulaires du Petromyzon ; mais Ileich, un de ses élèves, a démontré que ces cellules spéciales n'existaient qn'au niveau des crêtes acoustiques.
Structure des ampoules, de l'utricule et du saccule. Les ampoules des canaux demi-circulaires présentent une structure très-peu différente de celle du reste des canaux. Les végétations papillaires sont absentes : aussi nous ne retrouvons que trois des quatre couches que nous avons décrites, c'est-à-dire la couche conjonctive, la membrane propre et le revêtement épithélial. La structure est Analogue pour les parois des vésicules du vestibule membraneux. Il est bien entendu que nous faisons abstraction de ce qui est relatif aux crêtes acoustiques, aux taches auditives et à une partie de ce qui est désigné sous le nom de lame semi-lunaire [planum semi-lunare). Leur importance au point de vue physiologique et leur complexité analomique nécessitent une description spéciale.
A leur face externe, nous trouvons une couche de tissu conjonctif qui contient des éléments cellulaires diversement arrangés et qui renferme, aussi bien que la couche externe des canaux semi-circulaires, des cellules pigmentaires (Kolliker).
Plus en dedans ou rencontre une membrane propre qui, à l'état frais, est amorphe, transparente, hyaline, et présente 10 à 15 millièmes de millimètre de diamètre. Ses limites sont très-nettes surtout en dedans, et comme dans les canaux demi-circulaires, elle devient striée sous l'influence des réactifs, et présente des noyaux concentriquement disposés. Ce fait doit faire écarter l'idée d'après laquelle on l'avait considérée comme une membrane limitante propre, et nous faire admettre plutôt qu'elle est constituée par un tissu conjonctif analogue au tissu cornée n.
OREILLE (anatomie). 71
La surface interne est lisse, sauf au niveau des points (|ui correspondent aux crêtes acoustiques et aux taches auditives. Les végétations papiliaires y sont absolument absentes. Toute cette surface interne, à l'exception des régions qui appartiennent aux terminaisons nerveuses, est recouverte par une couche simple cl'épithélium pavimenleux. La forme de cet épithélium est la même dans les ampoules et dans l'utricule, si ce n'est dans le voisinage immédiat des terminaisons nerveuses où existe un épithélium de transition. Sur toute la surface interne du saccule, l'épithélium se rapproche par ses dimensions de l'épithéliuui de transition, il est plus élevé et tend à prendre la forme cubique.
Les vaisseaux qui se distribuent au saccule et à l'utricule ainsi qu'aux ampoules y pénètrent en suivant le même trajet que les troncs nerveux. Arrivés au niveau des points où les nerfs traversent les parois membraneuses, ces vaisseaux forment des plexus à mailles assez élargies. De là naissent de fias capillaires qui doniienl naissance au delà des crêtes et des macules à un réseau très-fin. Chez les mammifères, ces vaisseaux capillaires ne traversent pas la membrane propre, mais chez les oiseaux et les poissons on les voit manifestemeut s'étendre jusqu'à la basement-memhra ne.
Chez l'homme de fins capillaires sanguins dépassent les limites des taches auditives et se distribuent aux couches fibreuses extérieures, même dans les régions ou les parois du saccule sont privées de nerfs. Pour les caniux demicirculaires, les artérioles provienent des vaisseaux du vestibule. Une branche artérielle monte dans chaque canal demi-circulaire osseux, placée au centre de la cavité et correspondant au bord concave de la courbure du canal membraneux. Ce vaisseau est contenu dans les faisceaux fibreux que nous avons précédemment étudiés, qui lui forment un moyen Je protection et envoient des branches secondaires au périoste, aux parois libres du canal membraneux et aux ligaments qui le fixent au périoste. La veine qui reçoit le sang apporté par les capillaires provenant de ces diverses sources est placée assez loin de l'artère, mais dans une position analogue. En arrivant près du vestibule ces vaisseauv se rapprochent l'un de l'autre et ne se distinguent plus que par la structure de leurs parois.
Structure des crêtes et des taches auditives. Dans les cavités du vestibule membraneux les terminaisons nerveuses se font au niveau des taches auditives; c'est dans une formation analogue, les crêtes auditives, que vont se rendre les filets nerveux destinés aux ampoules. Cependant dans ces dernières cavités quelques filets nerveux vont gagner une formation spéciale, décrite par Steitensand sous le nom de lames semi-circulaires (planum semi-lunare), formation que l'on trouve placée à l'extrémité inférieure des crêtes auditives.
Nous avons déjà fait connaître les caractères extérieurs principaux de ces divers appareils spéciaux ; nous n'y reviendrons pas.
La saillie que les crêtes et les taches auditives font dans les cavités qui les contiennent est due, ainsi que l'a démontré Steifensand, à une inversion et à un épaississement de la couche conjonctive à ce niveau. Il entre dans leur structure :
1" La couche conjonctive extérieure dont le tissu est plus ou moins dense, et qui est plus abondant que dans les autres parties de la paroi. Au milieu de ce tissu on trouve les branches vasculaires principales qui vont se distribuer aux crêtes et aux taches auditives et qui donnent naissance à un plexus vasculaire qui s'étend dans les autres parties de la zone conjonctive ;
72 OREILLE (anatomie).
2" Sur la face interne de ce feuillet conjonctif la membrane propre {tunica propria des auteurs allemands). Cette couche est deux ou trois fois plus épaisse qu'en tout autre point, et elle est limitée à sa partie interne par une basementmemhrane amorphe. Cette dernière zone, très-nettement marquée du côté du revêtement épithélial, est criblée de nombreux petits canaux qui donnent passage aux tubes nerveux. Elle n'est pas admise par tous les auteurs ; chez la poule, du moins, Ebner n'en a pas constaté l'existence ;
0° Tout à fait en dedans existe un revêtement épithélial constitué par des cellules de formes différentes et tout à fait spéciales. Les unes représentent des cylindres, d'autres sont fusiformes et munies de prolongements cihés ; une troisième variété est constituée par des éléments épithéliaux nucléaires ;
4° Enfin en dernier lieu nous étudierons des filets et des tubes nerveux dont le trajet et le mode de distribution ont été décrits par un assez grand nombre d'auteurs. Nous allons décrire en détail ces deux dernières parties.
Èpithéliwns. La surface libre des formations anatomiques telles que les crêtes, les taches acoustiques, recouverte par les couches épithéliales que nous avons à étudier, est lisse chez l'homme, les mammifères et les oiseaux. Elle est plissée au contraire diez les poissons. Les diverses couches d'épilhélium qui recouvrent le sommet des crêtes et des taches acoustiques ont dans leur ensemble une épaisseur qui varie suivant les espèces animales. Chez les oiseaux elle est en moyenne de 16 millièmes de millimètre, chez certains poissons elle est de 80 millièmes ; chez l'homme cette épaisseur est intermédiaire à ces deux extrêmes; elle n'est pas non plus la même dans toute l'étendue des zones auditives; elle est plus grande sur les crêtes et les taches, et devient plus faible sur les lames semi-lunaires. A la phériphérie de toutes les zones auditives, ces couches se continuent insensiblement avec l'épithélium du reste des cavités, eu prenant la forme d'épithélium de transition.
Ce sont surtout les éléments anatomiques décrits sous le nom d'épithélium nerveux par les anatomistes allemands qui subissent de grandes modifications de dimension. Ainsi chez les poissons, au niveau des lames semi-lunaires, cette couche épithéliale de\ient plus mince qu'elle ne l'est sur les crêtes acoustiques. Chez les oiseaux la crête acoustique, très-saillante cependant dans la cavité, n'est recouverte que par une couche mince d'épithélium dit nerveux. Cette couche diminue d'épaisseur dans le saccule et l'utricule, et y est moins élevée. Sa transition en épithélium cylindrique simple est moins brusque dans ces deux cavités que dans les ampoules. Enfin dans le saccule il n'est jamais pavimenleux, même au niveau des points oh. il n'y a pas de terminaisons nerveuses. Il est pai'tout épithélium de transition.
Considérées dans leur ensemble, toutes ces cellules épithéliales forment deux couches bien distinctes dont nous aurons à étudier la disposition particulière.
La zone la plus inférieure appliquée sur la hasement-memhrane est formée surtout des cellules nucléaires lâchement unies entre elles. La couche superposée à cette zone profonde est nettement limitée à son bord libre qui pourrait être comparé à la membrane limitante de la rétine ; ce bord libre est hérissé de cils rigides.
a. Les cellules nucléaires de la couche profonde sont lâchement unies, ainsi que nous l'avons dit, et entre elles existe le réseau des fibrilles terminales nerveuses d'apparence gangliforme admis par certains auteurs. Ebner décrit ces éléments sous le nom de cellules de la hasement-memhrane {Bazal-Zellen).
OREILLE (anatomie). 73
Ces cellules de la basement-membrane sont des éléments nucléaires qui, placés
les uns à côté des autres, constituent une couche de cellules recouvrant la face
interne de la couche dite cartilagineuse par certains auteurs et membrane
limitante de tous les autres anatomistes. Ces cellules nucléées sont accumulées
en certains points de la paroi, et sont plus rares au contraire au centre des taches
auditives où les cellules filiformes sont plus développées. Cette couche de cellules
a été décrite différemment par plusieurs auteurs. Max Schultze a le premier
signalé cette formation de cellules basales entre lesquelles il a vu pénétrer les
prolongements des éléments anatomiques situés au-dessous. Hasse, qui a décrit
deux formes de cellules dans les taches auditives, les cellules en forme de
baguettes et les cellules en forme de dents, voit dans les dernières les cellules
de la base de Schultze. Enfin Meyer. qui reconnaît aussi deux variétés d'épi-
thélium nerveux, en décrit une variété constituée par des cellules cylindriques et
une seconde en forme de cellules nucléaires. Cette dernière paraît se rapporter
aux cellules basales de Schultze.
Quoiqu'il en soit de ces divergences, sur de bonnes coupes on peut constater l'existence d'une couche de cellules nucléaires arrondies, formant la limite extérieure de la tache auditive, pressées les unes contre les autres; elles s'étendent de la membrane limitante à la couche pourvue de cils vibratilcs, et on ne leur trouve aucune anastomose ou relation intime, ni avec les tissus sous-jacents ni avec les épithéliums et les nerfs ({ui les recouvrent. On peut croire qu'elles constituent une couche d'éléments indifférents que traversent les lormations terminales des filets nerveux acoustiques.
b. Les cellules cylindriques, ou plutôt allongées en forme de colonnes assez régulières, ont une de leurs extrémités terminée en cône tronqué ; l'autre est largement arrondie; c'est à ce niveau que se trouve un gros noyau. Dans certaines espèces animales, les poissons elles oiseaux, ces cellules sont pigmentées en jaune; elles forment la limite interne du revêtement épithélial dans la plupart des espèces animales; ces cellules cylindriques, décrites pour la première fois par Lcydig chez l'anguille, et Max Schultze dans la raie, constituent la limite interne du revêtement épithélial partout où il n'existe pas d'éléments anatomiques spéciaux. Chez les Cyprinoïdes, ces cellules se présentent sous la forme de cellules cylindriques courtes, uniformément épaisses, transparentes, d'égale grandeur, contenant un noyau très-réfringent, disposées à côté les unes des autres et très-étroitement serrées à la surface interne. Du côté de l'extrémité interne des poils auditifs, elles ont un bord clair et pâle. On n'observe aucune formation particulière qui les traverse dans toute leur étendue, et si on ne les voyait en place, ce qui fixe sur leur véritable nature, on les prendrait pour de simples cellules des bords des lames semi-lunaires. Mais tous ces caractères ne sont pas admis par tous les auteurs, surtout en ce qui regarde ceux que présentent le bord interne de ces cellules, considérées par les auteurs anciens comme privées de cils vibratiles.
Ces cellules tronquées et pigmentées sont appelées cellules de support parce qu'entre leurs faces latérales il existe des espaces dans lesquels s'engagent les extrémités des cellules fusiformes qui vont former des cils rigides.
C'est Max Schultze le premier qui avait considéré ces éléments comme indifférents, relativement aux terminaisons nerveuses, et c'est Rûdinger qui les décrivit comme cellules de support ou de soutien. Mais des recherches récentes de Meyer, de Pritchard et de Kuhn, que nous avons pu vérifier, modifient un peu les opinions
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acceptées par tous les auteurs antérieurs. En effet, Retzius chez les Téléosléeas a pu déjà s'assurer que les cellules cylindriques possèdent à leur bard libre des poils auditifs et que leur extrémité intérieure se termine en prolongement filiforme. C'est une disposition analogue de ces cellules, que constate Meyer chez les reptiles et les oiseaux. Pritchard a étudié le labyrinthe des jeunes chats et trouve deux variétés de cellules dans la couche superficielle, les unes en épine, les autres en brosse. Ces dernières répondent aux cellules cylindriques de support de Schultze et portent sur leur bord supérieur des accumulations de cils vibratiles. Les premières au contraire n'ont qu'un seul prolongement en forme d'épine rigide et qui répond au poil auditif. Nous avons retrouvé cette disposition chez les jeunes chats et les jeunes chiens dont nous avons examiné un nombre assez considérable de labyrinthes membraneux. Ces deux variétés de cellules rassortent assez nettement sur plusieurs de nos préparations. Kuhn les a retrouvées chez les poissons osseux et a pu constater que les cellules épithéliales cylindriques avaient à leur extrémité inférieure un prolongement filamenteux et portaient sur leur bord supérieur de nombreux cils vibratiles. Il est probable que ces différences d'opinion sont dues aux différences de technique. Mais dans les dernières recherches que nous voyons concorder on a employé l'acide osmique comme agent fixateur et on connaît l'utilité de ce réactif; ce qui le démontre, c'est que sur des pièces identiques et durcies par l'acide chromique les cils vibratiles ont disparu ou sont bien moins nombreux.
c. Les cellules fusiformes ou en forme de baguette [Stàbchen-Zellen) sont plus nombreuses que les précédentes. Hécrites par Max Schultze sous le nom de cellules mollea ou en fil, elles sont manifestement fusiformes et envoient un long prolongement vers la périphérie. Elles sont pâles à l'état frais, ce qui les différencie des précédentes.
Elles sont constituées par une petite cellule de forme ovale. Au centre du corps de la cellule se trouve un gros noyau qui remplit presque complètement la masse protoplasmique du corps cellulaire, de telle sorte que sur des cellules isolées, colorées par l'hématoxyline, il représente un corps sombre entouré par une très-mince membrane cellulaire. Traitées par l'acide osmique, elles se colorent en brun, mais plus lentement que les tubes nerveux. Si l'on continue un peu plus longtemps l'action du réactif, il apparaît dans leur partie centrale un filament strié et noir qui semble représenter le prolongement de leur longue extrémité filiforme. Cette strie parait entrer en contact avec le noyau de la cellule qui est également coloré en noir. Ce filament strié semble se prolonger jusque dans les cils auditifs. En effet, sur des préparations convenables on dirait qu'il n'existe aucune interruption depuis l'origine de cette ligne striée jusqu'aux cils auditifs. Pour Riidinger, ce fait serait péremptoire et démontrerait la nature nerveuse de ces cellules fusiformes .
Le même résultat a été obtenu par Y. Grimm pour les cellules fusiformes des crêtes audives du chat.
Ces cellules sont situées au-dessus de la couche des cellules basales et de la basement-membrane et se dirigent en haut. Leur corps est situé au-dessous de la couche constituée par la formation des cellules cylindriques. Elles sont plus nombreuses au centre des crêtes acoustiques qu'à la périphérie, où elles deviennent plus rares. Le prolongement supérieur monte entrée les cellules épithéliales cylindriques et peut être, d'après Kuhn, suivi jusqu'au bord supérieur de ces dernières cellules, puis se termine brusquement par une section nette. Ce
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prolongement supérieur est plus clair et moins sombre que l'inférieur. D'après cet auteur ce prolongement ne concourrait donc en rien à former les poils auditifs. Nos recherches faites à cet égard sur des chats et des chiens nouveaunés ne concordent pas à cet égard avec celles de Kuhn et nous portent à adopter l'opinion de Pritchard. Nous avons pu voir très-nettement sur un certain nombre de préparations ce prolongement supérieur dépasser le bord supérieur de la couche épithcliale et se terminer sous forme d'épine ou de poils rigides et répondre aux cellules à épine de Pritchard. Le prolongement inférieur, plus sombre que le précédent, se dirige profondément vers la couche des cellules basales et ne peut pas facilement y être suivi. Ce n'est que sur des coupes trèsfavorables par leur minceur qu'il est possible de voir ce filament se diriger vers de très-fins filaments nerveux ; et même à de très-forts grossissements il est impossible de décider si ce filament se continue directement avec un prolongement nerveux ou bien s'il passe au-dessus ou en dehors.
Les cils auditifs qui existent sur la surface libre des taches et des crêtes ont été signalés par Ecker, Reichert et Leidig; mais Max Schultze, le premier, les a décrits comme étant de longues fibres rigides qui s'amincissent par leur extrémité libre et qui, par leur extrémité profonde, se réunissent à des cellules dont ils sont une dépendance.
Leur longueur est variable suivant les espèces animales. Ils sont placés à des distances sensiblement égales les unes des autres, et, tandis que leur base se continue avec les cellules fusiformes, leur sommet est libre dans i'endolymphe.
Cette variété de cils vibratiles a une base assez grosse, leur longueur est de 0'°'",04 de ligne chez la raie d'après Max Schultze, chez les Mammifères ils sont moins longs. Mais à côté de ces cils rigides on en trouve d'autres plus minces souvent collés entre eux par du mucus et dont la chute facile rend difficile l'étude, ce sont ceux qui recouvrent les cellules cylindriques de Kuhn, les cellules en brosse de Pritchard. Le premier auteur a mesuré leuis dimensions chez les poissons cartilagineux et a constaté que dans l'utricule ils sont plus courts que dans [les formations ampullaires, mais que, à ce niveau, ils ont une longueur moyenne de 0'°'°,02.
Dans quelques espèces animales, leur extrémité libre est recouverte par des formations vésiculaires, sur la nature desquelles on n'est pas nettement fixé. De plus, ces cils auditifs sont réunis par une substance gélatineuse et paraissent comme agglutinés; il en résulte des apparences variées sur lesquelles nous n'avons pas à nous étendre longuement. Aussi chez les Cyprinoïdes, Rûdinger, Hasse, ont constaté l'existence de vésicules amorphes qui forment une couche inégale d'épaisseur et d'étendue arrivant jusqu'au contact de l'épithélium. Cette formation réticulaire s'observe aussi bien sur les crêtes acoustiques que sur les lames semi-lunaires. Dans certains cas en place de cette formation on en trouve une autre très-cuiieuse et connue sous le nom de cupule terminale. Cette dernière est constituée en cône légèrement excavé à sa base, occupant presque les deux tiers de la cavité de l'ampoule et formée d'une substance grenue parcourue par des lignes et des stries qui partent de la base pour se réunir au sommet. Elle recouvre comme une sorte de bonnet la crête acoustique. Elle ne dépasse pas les hraites de l'épithélium nerveux. Elle ne paraît pas adhérer fortement à la crête et elle se déplace en totalité ou en partie. Sa consistance paraît assez ferme, très-claire, presque transparente à l'état frais, elle prend par l'acide
T6 OREILLE (anatomie).
osmique un éclat d'or bruni particulier. Plus dense à son sommet qu'à sa base. e\\e paraît formée par des fibres entre-croisées et dont les longitudinales présentent une sorte de torsion sur elle-mêmes. Certains auteurs, Lang entre autres, ont pris ces formations pour des poils auditifs agglutinés qui remplacent ces derniers. Les recherches de Kuhn démontrent qu'il n'en est rien et que sous cette cupule terminale il y a des cils auditifs chez tous les poissons osseux. Mais les rapports qui existent entre les poils auditifs et les fibres de la cupule terminale sont très-intimes. Le plus souvent les cils s'inclinent dans un sens déterminé et s'inclinent les uns sur les autres en suivant la courbure même de la crcte et vont se perdre dans la cupule, fiasse a voulu admettre l'existence de trous dans l'intérieur de la cupule pour les recevoir. Ces orifices n'ont pas été retrouvés par Meyer ni par nous, et il nous a toujours paru que les poils très-longs des ampoules se confondaient de telle façon avec la masse de la substance située dans la cupule qu'il était difficile de les distinguer les uns des autres.
Meyer, qui a étudié cette formation chez les reptiles et les oiseaux, a pu avec raison la comparer comme forme et comme origine à la membrane de Corti. Il semble en effet que ce soit une matière analogue aux formations cuticulaires. Chez le chat et le chien, animaux chez lesquels nous avons retrouvé cette formation que personne avant nous n'avait signalée chez les mammifères, nous somme? arrivés aux mêmes résultats que cet anatomiste.
ISerfs. Chacune des branches nerveuses qui vont se distribuer au saccule, à l'utricule et aux ampoules, plonge dans la couche conjonctive qui relie ces divers renflements aux parois osseuses ; puis chaque rameau se divise eu deux faisceaux aplatis auxquels se mélangent des cellules ganglionnaires ; ils s'enfoncent alors dans l'épaisseur de la crête et de la tache auditive et, suivant un trajet presque rectiligne à travers la membrane propre, arrivent jusqu'à l'épithélium terminal. Ces tubes nerveux minces sous la forme de fibres pâles passent au delà de la hasement-membrane sans s'arrêter dans aucune cellule nerveuse ganglionnaire et se subdivisent seulement alors en un grand nombre de fibrilles. Chaque tube nerveux pénètre par un canal spécial que lui offre la membrane propre. C'est dans l'intérieur de ce conduit que les fibres qui jusqu'à ce moment avaient conservé leur double contour et leur manchon de myéline deviennent des fibres pâles, ne présentant plus qu'un seul contour. Après avoir subi cette modification elles traversent la hasement-membrane pour venir se mêlera l'épithélium nerveux des auteurs allemands.
Est-ce uniquement le cylindre-axe seul qui dépasse la hasemenl-memhrane (Max Schultze, Odenius),ou bien ce cylindre-axe est-il accompagné par ses enveloppes minces (Masse, V. Grimm) ? Il est difficile de se prononcer.
Quoi qu'il en soit, ces fibres pâles et privées de myéline se divisent en deux fibres secondaires, même avant d'avoir traversé complètement la hasemenlmemhrane; plus loin elles se divisent successivement en un grand nombre de fibrilles. Hasse, étudiant chez le poisson ces fibres pâles terminales, comparativement aux cylindres-axes des nerfs ampullaires du même animal, cylindres-axes qu'il est si facile d'isoler, a remarqué que ces deux parties anatomiques présentaient les mêmes réactions lorsqu'on les traitait par l'acide osmique ; c'est un fait qu'il invoque pour leur attribuer une nature identique.
Ces fibres et ces fibrilles, arrivées dans la couche profonde du revêtement épithélial, s'anastomosent fréquemment entre elles, et donnent naissance à un plexus à mailles serrées qui présente des renflements soit sur le trajet des
OREILLE (anatomie). 77
librilles, soit au niveau de leur point d'intersection. Reich a voulu considérer ces renflements comme de nature ganglionnaire. On ne peut rien affirmer à ce sujet, mais Max Schultze et Rùdinger sont disposés à ne pas accepter cette opinion.
Enfin, de ce plexus terminal partent des fibrilles qui, montant verticalement, se rendent dans la couche superficielle épilhéliale et pénétreraient, d'après Rùdinger et Max Schultze, dans les cellules fusiformes en se continuant avec la strie que nous avons décrite comme arrivant jusqu'à la hase des cils rigides. D'ailleurs voici comment Rùdinger s'exprime à ce sujet :
« Des fibres partent du plexus [tour se rendre verticalement à l'épithélium. Par suites des nombreux travaux ayant couclu en ce sens, je crois devoir admettre que les fibres qui pénètrent dans les cellules fusiformes sont la continualioit des nerfs. Si maintenant, eu égard à la teinte noire que l'acide perosmique leur donne, les stries et le nucleus des cellules fusiformes sont considérés comme ayant une structure nerveuse, nous pouvons aussi voir dans les cils auditifs la terminaison de l'expansion filiforme des cellules fusiformes. Cette expansion pénètre entre les cellules cylindriques par lesquelles ces dernières sont supportées, occupant les espaces angulaires qu'elles laissent sur les bords. On peut faire remarquer que, bien que les cils auditifs ne noircissent pas dans l'acide perosmique, ils prennent une teinte brune avant tout autre élément du tissu des parois de l'ampoule. »
Si nous voulons résumer en quelques mots la disposition décrite par la plupart des anatomistes qui se sont occupés de cette question, nous voyons que, parmi les cellules épithéliales qui se trouvent sur les crêtes et les taches auditives, les cellules fusiformes et les cils rigides seraient en continuité directe avec les fibrilles nerveuses terminales.
Kuhn donne une description un peu différente. Pour cet auteur, les filets nerveux perdent leur myéline dans le réticulum nerveux intra-épithélial qui est situé au milieu de ce que nous avons décrit comme étant la couche de cellules basales. A ce moment les tubes constitués seulement par leur cylindreaxe se divisent dichotomiquement, puis deviennent très-fins et variqueux ; et ce même auteur a pu constater l'union de ces fins filaments variqueux avec les prolongements inférieurs des cellules cylindriques (cellules en brosse de Pritchard) et également avec le prolongement intérieur des cellules fusiformes ou en fils, dételle sorte que les relations de ces filaments nerveux terminaux lui paraissent doubles avec les cellules cylindriques, dii'ectes par suite de l'union du prolongement inférieur de ces cellules avec le filament nerveux, indirectes par les filaments qui s'unissant avec les cellules fusiformes pénètrent avec le prolongement ascendant de ces dernières entre les cellules cylindriques. Nous n'avons pu vérifier cette dernière disposition sur nos préparations, bien qu'elle paraisse probable.
iVous rattachons à la description du vestibule membraneux deux parties importantes sur lesquelles l'attention a été récemment attirée : 1^ V aqueduc du vestibule ; 'i° \e c&ivA àe communication {canalis reuniens de Hensen), faisant communiquer le saccule avec l'extrémité inférieure du canal cochléaire (canal contenu dans l'épaisseur de la lame spirale membraneuse).
L'aqueduc du vestibule (recessus des auteurs allemands) signalé par Duverney et Cotugno s'étend depuis la face postérieure du rocher jusque dans le voisinage de la face inférieure et postérieure du vestibule membraneux. Ou le considérait
78 OREILLE (anatomie).
tiabituellement comme une expansion de la dure-mère avec laquelle il communique, et l'on croyait qu'il avait pour unique fonction de conduire des vaisseaux sanguins depuis la dure-mère jusqu'aux parties molles du vestibule membraneux.
Cotugno, qui avait observé également ce conduit, avait supposé qu'il était destiné à établir une communication entre la périlymphe et la sérosité sousarachnoïdienne.
Cette opinion, qui avait été rejetée pendant longtemps, vient d'être reprise et étudiée d'une façon beaucoup plus complète, à la suite des recherches intéressantes de Boettchcr sur le développement du vestibule chez les mammifères, et
Fig. 7. — Schéma des espaces périlymphaliques et endolymphaiiques d'après Weber Lie! et Coyue.
A, utricule. — IB, saccule. — C, canal demi-circulaire membraneux et une ampoule. — d. canalis reuniens. — e, canal cochléaire. — f, aqueduc du vestibule formé par la réunion des deux conduits émissaires de l'utricule et du saccule. — h, aqueduc du limaçon avec un canal veineux à côté. — G, sac endolymphalique contenu dans la dure-mère. — I, fenêtre ovale fermée par la base de l'étrier. — K, fenêtre ronde.
du travail important de Basse sur la disposition que présentent l'aqueduc du vestibule et les canaux périlymphatiques dans toute la série des vertébrés. Le premier a démontré que l'aqueduc du vestibule forme un appendice important de cet organe, pendant la période embryonnaire ; il s'agrandit et s'élargit à son extrémité supérieure, de façon à être enveloppé par la dure-mère. Cet appendice persiste pendant toute la période adulte, sous forme d'un canal aboutissant dans un sac situé sous la dure-mère, et s'ouvre dans chacune des deux cavités du vestibule par un canal particulier. Ces deux canaux partant l'un de la face postérieure du saccule, l'autre de celle de l'utricule, se réunissent pour donner naissance à un canal unique tapissé à son intérieur par un revêtement épithélial pavimenteux qui s'ouvre ensuite dans le sac intra-dure-mérien dont nous venons de parler.
Hasse a trouvé, dans ses recherches d'anatomie comparée, que cet aqueduc du vestibule, qu'il désigne sous le nom d'espace endolymphalique, perfore la dure-mère et fait saillie dans l'espace épicérébral. Chez certaines espèces animales (le Siredon pisciforme) cet espace endolyraphatique communiquerait avec l'espace épicérébral. Dans un très-grand nombre d'espèces, il contient des formations otolilhiques plus ou moins développées.
Hasse admet aussi que, sur les embryons des mammifères, il existerait un
OREILLE (anatomie). 79
prolongement grêle de l'aqueduc du vestibule, et que ce prolongement, en traversant la dure-mère, se confondrait avec l'arachnoïde et établirait une communication entre la cavité endolymphatique et la cavité épicérébrale externe. Voici d'ailleurs ce qu'il dit à ce sujet : « D'après mes recherches sur des embryons de cochons et de taureaux dont la capsule auditive était encore cartilagineuse, et sur des enfants nouveau-nés, j'ai lieu de croire qu'un prolongement grêle infundibuliforme du sac situé à l'orifice de l'aqueduc du vestibule traverse la dure-mère par une ouverture fine et se confond avec l'arachnoïde, et que de cette façon, comme chez les oiseaux, il se fait une communication entre la cavité endo-lymphatique et la cavité épicérébrale externe (sous-araclmoï-
dienne). »
L'intérêt que présentent ces dispositions est considérable.
Ce sac endolymphatique et sa continuation avec le vestibule présente les caractères suivants dans la série des vertébrés : Dans l'état de simplicité extrême de l'appareil auditif comme celui que présente la myxine glutinosa, il part de la vésicule du labyrinthe sons forme d'un infundibulum qui se change en canal cylindrique, arrive sous la dure-mère, la traverse et s'étend sur le plancher encéphalique, s'étale en poche vésiculaire qui se termine par un cul-de-sac arrondi et dans l'intérieur de laquelle on trouve des concrétions calcaires. Bien que la lamproie ait un appareil auditif plus compli(jué, l'aqueduc du vestibule et le recessus sont analogues à celui que nous venons de décrire et il contient également des concrétions de même nature que les précédentes. Chez les téléostiens le labyrinthe se divise en deux cavités : l'aqueduc part de la paroi interne du vestibule; le sac endolymphatique dans lequel il se termine perfore la duremère et fait saillie dans la cavité crânienne et se trouve, ainsi que Rotzius l'a constaté, très-rapproché de son congénère. On constate une disposition analogue chez les Plagiostomes et on trouve des concrétions calcaires en forme d'ololithes non-seulement dans le sac endolymphatique, mais encore dans le canal qui y conduit. De plus le sac refoule le périoste et vient s'ouvrir par de fins orifices dans les téguments de la surface crânienne. Chez un certain nombre d'amphibies, les Batraciens entre autres, les deux sacs endolymphatiqucs communiquent entre eux librement. Ils sont très-développés et contiennent un grand nombre de cristaux, ce qui les avait fait considérer comme des appareils de résonnance. Chez d'autres amphibies, comme le triton et la salamandre, bien que très-développés, très-étendus dans tous les sens, les sacs endolyraphatiques ne communiquent ni entre eux ni avec l'espace épicérébral. Chez les reptiles et les tortues ces formations présentent un développement moins considérable, et on n'a trouvé ni continuation des deux sacs entre eux ni communication avec l'espace épicérébral. Les otolithes y sont développés pendant la vie embryonnaire et disparaissent à l'état adulte. Les oiseaux au contraire ont des sacs à large communication avec l'espace épicérébral et se différencient des crocodiliens où cette particularité nexiste pas. Enfin chez les mammifères l'aqueduc du vestibule et le sac endolymphatique se retrouvent avec leurs caractères, mais bien moins développés à l'état adulte; du moins nous avons fait connaître déjà les faits qui les concernent pendant la vie fœtale. Nous ajouterons aussi que d'après les mêmes auteurs, liasse et Boettcher, l'aqueduc du vestibule serait entouré par un espace périlympliatique, qui, très-dé veloppé chez les oiseaux, a pu faire supposer à Scklare^vsky qu'il y avait dans ce canal un prolongement de la substance cérébelleuse.
80 OREILLE (anato.mie).
Boettcher décrit l'aqueduc du vestibule de la façon suivante : 11 lorme à la surface du rocher une dilatation arrondie, et envoie dans le voisinage plusieurs petits canaux secondaires qui se déversent dans la cavité principale. Arrivé dans le voisinage du vestibule membraneux, il se divise en deux canaux secondaires très-étroits dont l'un se termine dans le saccule, tandis que l'autre rejoint l'utricule. C'est par l'intermédiaire de ce double canal que les deux cavités sont réunies [voy. fig. 5); la cavité principale de l'aqueduc contient des excroissances papillaires, vasculaires et très-fines, recouvertes d'un épithélium cylindrique. La paroi externe est formée de tissu conjonctif assez dense, et on y remarque, accolés à sa circonférence extérieure, des vaisseaux sanguins relativement volumieux.
Les recherches de Boettcher ne portaient encore que sur des embryons de mammifères et ses descriptions n'avaient aucune valeur pour les adultes. Weber Liel a repris cette question pour l'homme adulte et a pu démontrer soit par la méthode des injections, soit par la méthode de l'aspiration, que le sac endolyiuphatique existe réellement dans l'épaisseur de la dure-mère et qu'il communique directement et encore assez facilement avec l'utricule et le saccule. Nous avons répété les expériences de cet anatomiste et ses dissections et nous avons pu nous convaincre de la réalité de ses descriptions. Chez l'homme, le sac endolymphatique se présente sous la forme d'un sac ovoïde arrondi, situé dans l'épaisseur de la dure-mère, sur la face postérieure du rocher, et dont le cul-de-sac arrondi s'étend jusqu'au niveau du bord postérieur de la portion pétrée, dans le voisinage du trou déchiré postérieur et du golfe de la veine jugulaire.
Ce sac se trouve assez facilement par la dissection et on l'isole du feuillet de la dure-mère qui le recouvre et auquel il n'est rattaché que par un tissu aréolaire. 11 se continue au niveau de l'hiatus du vestibule avec un canal qui pénètre dans l'aqueduc et va se terminer par deux canalicules dans le saccule et l'utricule. Sur des pièces injectées nous avons pu le suivre et voir la double terminaison de ce conduit ; nos pièces ne nous ont pas permis de constater un fait qui est signalé par Weber Liel, c'est que la matière colorante pénètre aussi par le canalis reuniens, dans le canal cochléaire et arrive ainsi jusqu'à la terminaison supérieure des formations molles du limaçon.
Quant à la structure, nos pièces et celles de Weber Liel n'étaient pas favorables pour étudier la nature du revêtement épilhélial.
Espace périlymphatique . Autour de ce sac et autour du conduit de l'aqueduc ou recessus vestibuli il existe, avons-nous dit, d'après Boettcher et Hasse, un espace périlymphatique. Cet espace est en rapport avec les cavités aréolaires qui entourent le sac endolymphatique. Ces espaces ont été décrits dans un grand nombre de vertébrés et étudiés surtout par Hasse. Mais chez l'homme leur existence admise par un certain nombre d'auteurs n'était pas absolument démontrée jusque dans ces derniers temps. Weber Liel par les mêmes procédés d'aspiration a pu faire pénétrer la matière colorante autour du sac endolymphatique et voir que le liquide colorant entourait l'aqueduc, remplissait l'espace libre situé autour du vestibule membraneux, des canaux demi-circulaires membraneux et, passant par la rampe vestibulaire, finissait par pénétrer par l'hélicotrema dans la rampe tympanique.
Canal de communication (canalis reuniens des auteurs allemands). Découvert par Hensen, ce canal a été vu également par Reich, Henle et Rûdinger. Il est fixé au périoste du vestibule, et se distingue, au point de vue histologique,
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(les pai-ois du saccule par la délicatesse de sa structuie. 11 fait communiquer le saccule avec le canal contenu dans l'épaisseur de la lame spirale membraneuse, (le telle sorte que le saccule constitue, pour ainsi dire, la terminaison vcstibulaire de la partie la plus importante du labyrinthe membraneux du limaçon. Nous étudierons plus tard la manière dont l'abouchement du canal de communication se fait avec le canal cochléaire.
Nous devons nous contenter de signaler ce fait : c'est qu'il est le vestige du mode de développement des formations membraneuses du limaçon. Dans uu ■n'ànà nombre de vertébrés inférieurs, la communication entre le saccule et le canal cochléaire est largement ouverte. Nous avons vu que la séparatioii ne commençait à se dessiner que chez les crocodiliens et les oiseaux, oii le limaçon décrit un quart de spirale.
Des otûlithes. Les otolithes contenus dans l'endolymphe albumineuse du labyrinthe membraneux présentent dans la série animale de très-grandes différences relativement à leur volume, leur forme et leur consistance. Ainsi, chez les reptiles et les poissons osseux, les otolithes atteignent un volume considérable, tandis que chez les oiseaux, les mammifères et l'homme, ils ont l'apparence de petits corps amorphes ou cristallisés en forme de rhomboèdres, d'hexaèdres ou d'octaèdres.
Chez les poissons osseux, les otolithes sont au nombre de deux ou trois, vl occupent les deux cavités du vestibule ainsi que les ampoules des canaux demicirculaires.
Chez l'homme et les mammifères leur nombre est très-considérable, et ils produisent la couleur blanchâtre des taches acoustiques. Ils sont maintenus au niveau de ces parties par une substance gluante, gélatineuse, qui a été décrite comme une sorte de membrane fenètrée.
Cette sorte de membrane fenètrée, signalée d'abord chez les Cypriuoïdes, a été décrite ensuite sur la grenouille, et la présence de cette substance empêche le contact immédiat des otolithes avec les cellules épilhéliales. La réalité de cette disposition auatomique est eu rapport avec les résultats de l'action des acides qui laissent un résidu décrit sous le nom de cartilage otolithique.
Les otolithes sont essentiellement composés de carbonate de chaux ; néanmoins, d'après Heule, lorsqu'on les soumet à l'action d'un acide, on obtient un résidu de substance organique. D'après llyrtl, dans certains cas, on trouverait des otohthes, soit dans les canaux demi-circulaires, soit même dans les liquides du limaçon.
i\oiis avons vu qu'on en "trouvait dans le canal du recessiisel dans le sac endolymphatique chez un grand nombre de vertébrés inférieurs même à l'état adulte, et dans quelques autres vertébrés plus élevés dans la série, pendant la période fœtale.
Limaçon membraneux. Le limaçon membraneux des vertébrés supérieurs et surtout des mammifères est contenu dans le limaçon osseux. .Mais avant de le décrire nous devons rappeler quelques-uns des caractères qu'il présente dans la série animale et surtout dans ses rapports avec le vestibule. C'est chez les poissons osseux que l'on trouve la première trace d'un caualcochléaire, représentée par un diverticule que signale Masse et que Breschet avait désigné par le nom de cysticule. Chez les amphibiens, plusieurs parties dépendant du saccule peuvent être considérées comme représentant le limaçon. Tel est le prolongement qui correspond à la cysticule des poissons. Cette partie dépasse à peine, il
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est vrai, le niveau des parois du saccule, et quelques auteurs considèrent ces formations comme un simple épaississement des parois pourvues de terminaisons nerveuses spéciales. Les reptiles et plus particulièrement les crocodiliens ont une cochlée qui présente la forme d'appendice conique dépendant du saccule. Chez les oiseaux, le canal cochléaire s'allonge et commence à décrire uu trajet spiral. On lui décrit plusieurs divisions : une partie initiale qui représente la cochlée propremeni dite, une portion terminale connue sous le nom de lagena, et enfin une partie rétrécie qui fait communiquer les deux premières avec le saccule et qui est connue sous le nom de canalis reuniens de Hensen. Enfin, chez les mammifères, nous trouvons un canal cochléaire complet, décrivant plusieurs tours] de spire dont le nombre, avons-nous dit. varie avec les espèces