‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.68Chapitre 7 sur 38 · ITALIE · texte numérisé non relu

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L'effectif des troupes de France étant pour celte période cinq à six fois supérieur à celui des troupes d'Algérie, on voit que les oreillons se sont montrés aussi communs au moins en Algérie qu'en France. Les chiffres précédents ne donnent du reste qu'une faible idée de la fréquence des oreillons dans l'armée, attendu qu'ils ne se rapportent qu'aux malades traités dans les hôpitaux et que la plupart des hommes atteints d'oreillons sont soignés dans les infirmeries. Pour cette période de quatre années, la statistique de l'armée n'indique aucun décès par oreillons non plus que pour les années 1866-1867-1868-1872-1873-1874. En

1869 il y a un décès suite d'oreillons (corps en Algérie); les statistiques de

1870 et 1871 font défaut.

M. Thieriy de Maugras a relaté dans sa thèse (Montpellier, 1851) l'histoire d'une petite épidémie d'oreillons observée en 1 848 sur une colonne expéditionnaire q'ii rentrait à Mascara ; un seul régiment, le 56'' de ligne, dont l'effectif était 1200 de hommes, fournit 74 cas d'oreillons simples ou compliqués d'orchite.

M. Widal a observé une épidémie d'oreillons dans des circonstances analogues à Milianah vers la fin de l'hiver de 1864-1865; l'épidémie se localisa dans un seul régiment, le 87'' de ligne, qui fournit 35 cas d'oreillons dont plus de la moitié compliqués d'orchite [Rec. mém. de méd. mil., 1866).

Au mois de juin 1879 une petite épidémie d'oreillons a régné à Sétif dans la garnison, notamment dans le [iremier régiment de tirailleurs algériens composé pi'esque exclusivement d'indigènes ; plusieurs cas d'oreillons se produisirent encore dans le l'égiment après son départ de Sétif au moment de l'insurrection de l'Aurès.

Les oreillons ne sont pas très-rares sur la côte ouest de l'Afrique pendant les mois de décembre et de janvier (Daniel, Sketches ofthe Med. Topogr. of theGulf of Guinea,hom\., 1849, p. 115).

Morehead et Don (cités par Hirsch) fournissent des renseignements analogues pour les Indes ; plusieurs épidémies ont été observées reprises à bord de navires qui transportaient des émigrants Indiens aux Antilles.

Dangaix dans sa thèse (Paris, 1860) rapporte qu'il eut l'occasion dans deux voyages d'émigration de l'Inde aux Antilles en 1858, 1859 et 1860, d'observer deux épidémies d'oreillons ; dans les deux voyages l'épidémie éclata huit jours environ après le départ des Indes, le premier convoi compta 88 cas d'oreillons, le deuxième 147 cas. Le docteur Huillet à signalé l'épidémicité des oreillons à Pondichéry {Archiv. de méd.nav., 1868).

Jobard a donné dans sa tlièse (Paris, 1875) la relation de deux épidémies d'oreillons développées à bord du Contest et de la Médusa sur des émigrants Indiens ; il y eut 83 cas d'oreillons sur 471 passagers à bord du Contest; l'épidémie commença cinq jours après le départ de Karikal; 67 personnes sur 512 furent atteintes à bord de la Médusa et l'épidémie ne débuta cette fois que vingttrois jours après le départ de Karikal ; nous aurons l'occasion de revenir plus tard sur l'interprétation de ce fait au point de vue de l'étiologie et de la nature des oreillons; pour l'instant, il noussuilitde constater que les épidémies d'oreillons sont communes sur les émigrants Indiens qui vont chercher du travail en Amérique ou aux Antilles. MM. Pioubaud, AUanic, Maillard, ont observé des faits analogues à ceux rapportés par Dangaix et Jobyrd. Dans l'archipel Indien les oreillons ne sont pas rares (Waïtz, cité par Hirsch).

Une épidémie d'oreillons a régné en 1859 à Ilavvaï (îles Sandwich), épidémie relatée par Wilkes et Jarves {History ofthe Sandwich Islands. Lond.,18i5, cité par Hirsch).

Aux États-Unis les épidémies d'oreillons sont aussi communes qu'en France ou en Angleterre. Pendant la guerre de la Sécession les oreillons ont fourni M 216 cas la première année et 9 décès ; 15 429 la deuxième année et 30 décès {Statistique de la guerre d'Amérique). Ces chiffres montrent que les oreillons ont du sévir avec une grande force dans les armées américaines, il y a même quelques réserves à faire quant à la mortalité qui paraît assez forte; peut-être a-t-on confondu avec les oreillons d'autres espèces de parotidites.

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