OBSERVATIONS
en grammes
en grammes
par
par mètre cube
cubes
mètre cube
ou 1000 litres
(analyses de
par htre
d'eau
d'eau.
(analyse de
et 187i).
grammes.
grammes.
cent, cubes.
Le bras gauche, for-
mé par l'île Saint-
Denis, présente, à
la hauteur d'Épi-
nay, les doses sui-
vantes :
Azote organique.. 0,55
— total. . 1,30 c. c.
Oxygène . . . 5,00
O.iO
De ces chiffres il résulte donc que l'eau est profondément altérée par des matières organiques fermentescibles dans toute sa largeur de Clichy à Saint-Ouen. tout le long de l'île Saint-Denis sur le bras droit entier, et retrouve, à ce point de vue, le même état qu'à Asnières, entre Bezons et Marly; que, dans ce dernier parcours, elle est encore chargée de matières azotées minérales; qu'en outre cette eau, dépouillée progressivement de son oxygène jusqu'à l'extrémité de
l'île Saint-Denis, conserve une aération absolument insuffisante jusqu'à Marly et au delà, reprend le titre d'Asnières seulement au delà de Maisons-Laffitte et n'arrive à une bonne qualité que vers Meulan. En ce point, l'eau se trouve régénérée à la fois par la transformation de ces matières organiques azotées en matières minérales et par la récupération de l'oxygène qu'elle avait perdu par la fermentation.
Celte enquête de 1874 n'a été que trop souvent confirmée depuis par des expériences d'un autre genre.
Dans ses études sur l'altération de la Seine, poursuivies pendant dix-huit mois (juin 1875 à janvier 1876), sur les divers points de la Seine compris entre Gorbeil et Honfleur, Gérardiu a démontré, d'après les variations du titre oxymétrique de l'eau, que l'infection causée par le déversement du grand égout collecteur s'étendait sur un parcours de 88 kilomètres, c'est-à-dire jusqu'à Mantes où le fleuve est revenu aux mêmes conditions de pureté qu'au Port à l'Anglais, situé à 10 kilomètres en amont de Paris; le maximum d'infection existe à Chatou à 25 kilomètres au-dessous de l'embouchure du collecteur, et la Seine doii encore parcourir 65 kilomètres et recevoir les eaux assez pures de la rivière de l'Oise pour que son assainissement spontané soit complet.
Les recherches toutes récentes d'Albert Lévy (avril 1883) établissent que le titre oxymétrique aurait encore diminué sur quelques points de ce parcours, notamment à la hauteur de Maisons et de Poissy.
Mais c'est surtout l'extrême degré de contamination du fleuve au-dessous du débouché du grand collecteur à Clichy qui a été mise en évidence par les analyses les plus modernes et les plus variées : celles de Neuville reconnaissant par le microscope sa pauvreté en algues ei sa richesse en principes de fermentation putride; de Fauvel et Proust démontrant, par leur culture dans la gélatine le chiffre énorme des bactéries recueillies en aval du débouché du collecteur; de Daremberg établissant qu'à ce niveau la moyenne des matières organiques dépasse 20 milligrammes par litre.
En résumé, considérée au point de vue de l'alimentation, l'eau de Seine a contre elle : 1" son peu de limpidité due à la présence de cette quantité considérable de limon qui lui vient surtout de la Marne, quantité telle que l'eau est louche ou trouble à peu près un jour sur deux (en moyenne cent soixante dix-neuf jours par an); 2" sa richesse, malheureusement toujours croissante, en matières organiques, soit dans la traversée môme de la ville, soit en amont, soit en aval, en raison de la multiplication des établissements insalubres et surtout du déversement en Seine des égouts de Paris; 3° enfin sa température soumise aux variations saisonnières les plus considérables. Cette eau, en effet, se refroidit à peine en été et se réchauffe fort peu en hiver dans le parcours des conduites. De 1856 à 1861, pendant la période des grands froids, la température de l'eau de Seine, de G degré environ à son point de départ, s'élevait à peine de 1 degré à 1°,50 pendant son trajet jusqu'au lieu de distribution; d'après les recherches faites par le service des eaux en cette même période de six ans, cette température atteint jusqu'à 27 degrés centigrades au moment des grandes chaleurs. Elle s'est élevée :
degrés.
En août 1856, à -^ 24,50
En août 1857, à -t- 25,50
En juin 1858, à + 27,00
En juillet 1859, à -H 27,00
DICT. ENC. 2° S. XXI. 14
Cette température diminue à peine de 1 degré à 2 degrés et demi, quand l'eau est recueillie dans des réservoirs abrités, ou soustraite au contact de l'air par des canalisations souterraines longues parfois de plus de 5 kilomètres.
Aussi, durant plusieurs mois de l'année, de juin à septembre, la température élevée de l'eau de Semé en fait une boisson fade et souvent indigeste ; quelle différence entre les fontaines qu'elle alimente et celles de certaines villes, de Rome, par exemple, où, en plein été, alors que le thermomètre atteint +56 degrés, les aqueducs des eaux Felice, Virgine, Argentine, etc., apportent une eau limpide et fraîche dont la température ne dépasse pas +15 degrés!
Mais le plus grave inconvénient de cette élévation delà température de l'eau de Seine, c'est défavoriser la fermentation des matières organiques, d'oiî son odeur putride dès qu'elle est renfermée dans des réservoirs, et l'impossibilité de la conserver sans altération dans les appartements.
Et c'est pourtant de la Seine que la plupart des riverains, surtout en dehors de Paris, tirent ou plutôt reçoivent l'eau qu'ils boivent! La carte de Mille montre en face des ouvertures d'égouts et des ruisseaux d'urines, de vidange, les nombreuses prises d'eau pour la distribution à domicile. La banlieue de Paris et la plupart des forts sont alimentés par des refoulements d'eaux empruntées soit à l'amont (Choisy), là oîi commence à s'accentuer l'infection du fleuve, soit à l'aval, à Saint-Ouen (au-dessous du grand collecteur), où cette infection est arrivée à son plus haut terme !
Il importe à tous égards de modifier cet état de choses déplorable ; un assainissement complet de la Seine est nécessaire non-seulement à l'iivgiène de la ville et de la banlieue, mais même à la sécurité de la place forte. En effet, au point de vue de l'alimentation en eau, un système contenu tout entier, sinon dans l'enceinte de Paris, du moins dans ses défenses effectives, offre seul des garanties en temps de guerre. 11 est très-important que, dans l'ensemble de distribution d'eau de la ville, une partie présente ce caractère, et il faut même que ce soit une partie assez considérable pour pouvoir suffire à la rigueur pendant quelques mois.
Cet assainissement s'impose en raison même de la valeur naturelle des ressources alimentaires que le fleuve fournirait à Paris. L'eau de Seine, en effet, bien que renfermant un chiffre de principes minéraux légèrement supérieur à celui des grands cours d'eau voisins : Loire, Garonne, Rhône, Saône, Rhin, Moselle, rentrerait néanmoins sous ce rapport, et en bon rang, dans la catégorie des eaux de rivière potables; son degré bydrométrique moyen ne s'élève qu'à 18 degrés. Il faut donc intervenir et, sans aller bien loin, il suffit, pour réussir, d'appliquer les prescriptions législatives.
En France, plusieui's ordonnances royales et arrêts du conseil interdisent de troubler les eaux des rivières. Nous citerons l'ordonnance des eaux et forêts d'août 1669, les ordonnances royales du 16 décembre 1672, du 20 février 1775, les arrêts du conseil du 24 juin 1777, des 17 et 25 juillet 1785. Toutes ces ordonnances, tous ces arrêts, qui ont encore, sans exception, force de loi, portent qu'il est défendu sous peine d'amendes de jeter dans la Seine ou dans les autres cours d'eau « aucunes ordures, immondices, gravois, pailles et fumiers «. Les lois des 22 décembre 1789 et 16-24 août 1790 permettent aux autorités départementales et municipales de pourvoir à la conservation des rivières et d'intervenir quand les eaux deviennent une cause d'insalubrité. Une décision ministérielle en date du 24 juillet 1875, visant l'avis du conseil général des
ponts et chaussées, a rappelé' ces prescriptions et recommandé leur application dans les ternies suivants : « L'ordonnance du roi en date du 20 février 1773 et l'arrêt du conseil du 24 juin 1777, qui interdisent de jeter dans la Seine des liquides ou des immondices, ou déjections quelconques susceptibles de rendre ses eaux insalubres et impropres aux usages domestiques, doivent en principe recevoir leur application )>.
La commission technique d'assainissement de Paris, constituée en 1882, et dont nous rappellerons plus loin les travaux, était donc en droit de regarder l'État comme suffisamment armé pour donner suite à l'article 33 de ses résolutions, ainsi conçu : « Il y a lieu de demander au gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour interdire la projection des eaux impures dans le cours de la Seine et de la Marne, dans la traversée des deux départements de la Seine et de Seine-et-Oise ». Grâce à l'élan donné par cette commission, et au renouvellement de ce vœu par l'Académie de médecine (septembre 1884), on paraît entrer aujourd'hui dans la réalisation pratique de ces souhaits si légitimes.
Le projet qui a été étudié et récemment formulé par la direction des travaux consiste essentiellement dans l'établissement de collecteurs sur les deux rives de la Seine, soit en aval, soit en amont de Paris, de telle sorte que les eaux des égouts des établissements insalubres soient détournées du fleuve et recueillies dans des collecteurs latéraux. Ces eaux seraient ensuite refoulées par des machines élévatoiies, soit sur des terrains que la ville a affermés de l'Assistance publique, en amont de Paris, à Gréteil, soit sur les terrains d'Achères, en aval, terrains qui viennent d'être mis dernièrement à la disposition de la ville pour y continuer l'expérience d'épandage des eaux d'égout entrepris à Gennevilliers.
B. Marne. La Marne, qui contribue, par les matières limoneuses dont elle est chargée, à donner aux eaux de la Seine l'aspect trouble qui leur est si souvent reproché, fournit à Paris, avant son embouchure dans le fleuve, une somme quotidienne de 43 000 mètres cubes d'eau élevée par les machines de Saint-Maur, et refoulée jusqu'à Ménilmontant dans un bassin voisin de celui qui reçoit les eaux de la Dhuis et du Surnielin.
Malgré son parcours souterrain assez long, cette eau arrive encore chaude, ce qui était, il y a Quelques années, son principal défaut; son litre hydrolimétrique, en effet, est très-convenable, car il varie de 19 à 25 degrés ; et, d'autre part, d'après les recherches micrographiques faites par Neuville, en 1880, elle renfermait une quantité convenable d'algues vivantes, peu d'infusoires et une proportion modérée de débris organiques. Malheureusment ce bon état de choses a changé ; aujourd'hui, de l'asile de Yille-Évrard seulement jusqu'à la Seine, la Marne reçoit 20 égouts et contribue ainsi notablement, pour sa part, à l'altération du fleuve par excès de matières organiques.
G. Ourcq. Ledécretdul9 mail802,quiprescrivaitlaconstructiond'uncanal de dérivation destiné à amener la rivière d'Ourcq dans un bassin de La Villette, décret qui n'a guère été réalisé qu'en 1825, était, pour l'époque surtout, de la plus grande importance ; c'était mettre à la disposition de la ville une quantité d'eau trente fois plus considérable que la totalité de celle qui était jusque-là distribuée, et qui aujourd'hui l'emporte encore en quantité (105 000 mètres cubes par vingt-quatre heures) sur toute autre dérivation ; c'était pourvoir d'eau toutes ces fontaines monumentales élevées depuis deux siècles, ne servant que de décor et faisant d'autant ressortir la pénurie d'eau de la ville. Mais il importo
(le noter que cette dérivation de la rivière d'Ourcq avait aussi un tout autre but et le principal peut-être : la création, non-seulement d'un canal navigable entre son point d'origine et la capitale, mais encore, à Paris même, celle d'un important réseau de navigation ayant pour centre le bassin de La Villette et pour principaux embranchements les canaux Saint- Deuis et Saint-Martin, dont la construction allait réduire, de trois jours à quelques heures, le temps nécessaire aux bateaux pour remonter de Saint-Denis à Paris.
Cette dérivation n'offre donc, au point de vue de l'hygiène bromatologique, aucune des garanties des eaux de source, qui d'abord sont soigneusement choisies, ce qui, dans l'espèce, n'a pas été fait, et ensuite protégées dans leur parcours contre toute chance de contamination, ce qui ne l'a pas été davantage. En voici les preuves :
Les sources de l'Ourcq prennent naissance dans des vallées tourbeuses où leur eau contracte en été une saveur désagréable ; autre inconvénient, elles traversent (les terrains gvpseux. La nécessité de maintenir un niveau suffisant pour les besoins de la batellerie a rendu moins scrupuleux sur le choix des rivières : Collinance, Gergogne, Therouenne , Beuvronne, qui alimentent ce canal, et dont les eaux, très-calcaires, élèvent, au total, à 30 le degré hydrotimétrique de l'eau d'Ourcq ; son parcours à ciel ouvert sur une longueur de 98 kilomètres, ses chances de pollution par les immondices de la population riveraine et du personnel de l;i batellerie, si active sur ce canal, la rendent surtout suspecte de contamination par des matières organiques.
D'après un rapport récent (2 avril 1884) de l'ingénieur en chef des eaux de Paris, il est établi que, pour sa distribution dans la capitale l'eau d'Ourcq est prise actuellement, non plus, comme autrefois, à sa sortie du bassin de La Villette, où les chances de pollution atteignaient leur maximum, mais en amont de ce bassin, où elles sont naturellement moins complètement contaminées.
Il n'eu reste pas moins certain que tous les autres inconvénients signalés ci-dessus existent toujours, et, comme l'établissait déjà Dumas dans son rapport du 18 mars 1859, que l'eau du canal de l'Ourcq n'est pas « vraiment digne, par sa pureté, d'être affectée aux usages domestiques d'une grande cité ; elle est trop chargée de sels calcaires ; elle est trop exposée, par son parcours à ciel ouvert, par son affectation aux besoins de la navigation, et par la lenteur de sa marche, à recevoir et à conserver des impuretés inquiétantes » ,
Si l'on ajoute que la température des eaux de l'Ourcq est aussi froide en hiver, aussi chaude en été que celle des eaux de la Seine, on comprendra mieux encore ([u'elles aient été l'objet d'une réprobation spéciale consacrée par le paragraphe l" de l'article 24 du règlement de 1882 sur les abonnements avec la Compagnie des eaux : « Les eaux d'Ourcq sont exclusivement réservées, en dehors des services publics, aux besoins industriels et aux services des écuries, remises, cours et jardins ».
Celte eau d'ailleurs eût-elle été excellente, qu'il était difficile, avec elle seule, de répondre aux besoins domestiques de la population, car aboutissant, à Paris, à un réservoir situé à 25 mètres au-dessus du niveau d'étiage de la Seine, soit 51 mètres environ au-dessus de la mer, elle ne peut parvenir aux étages supérieurs que dans les parties basses de la ville ; le plus souvent elle n'arrive qu'aux rez-de-chaussée.
La portion haute de Paris n'avait en somme pour ressource, en 1858 (Haussmann, 2' Rapport du 16 juillet 1858), que le produit des machines élévatoires
de Chaillot, des conduites d'Arcucil et de Bellevillc et du puits artésien, soit par jour 23 000 mètres cubes, le cinquième de ce qu'il lallait.
2° Eaux de sources. Ce fut un des points principaux des réformes accomplies en ces dernières années que la substitution de bonnes eaux de sources à celles de la Seine et de l'Ourcq, qui, chaudes l'été, froides l'iiiver, troubles ou louches eu toute saison, étaient en outre de plus en plus gâtées par les résidus de l'industrie et les déjections humaines.
Ce refour au passé méritait d'être célébré comme un progrès : « On a pris en dédain les travaux hydrauli((ues des peuples qui, ne connaissant pas la machine à vapeur, ont construit à grands frais des aqueducs fermés pour amener aux villes l'eau des sources lointaines. L'erreur et la barbarie ne sontelle pas, au contraire, du côté de ceux des modernes qui regardent comme le dernier terme du progrès de faire monter chaque mètre cube d'eau par la combustion d'une certaine quantité de charbon, de soumettre l'alimentation d'une grande ville aux chances de dérangement de machines compliquées, et de livrer aux consommateurs une eau mêlée de matières étrangères, et qu'à cause de sa température élevée on ne peut boire six mois sans dégoût? La meilleure application du savoir et de la perfection véritable n'est-elie pas, au contraire, chez les Romains, auteurs de ces magnifiques aqueducs, fleuves suspendus d'eau pure et toujours fraîche, un bienfait éternel que ne peut interrompre une roue qui se brise ou un foyer qui s'éteint? n (Ilaussmann, Premier mémoire sur les eaux de Paris, 4 août 1854, p. 25.)
C'est à Belgrand que revint l'honneur d'inaugurer ce programme et même de l'accomplir presque entièrement au point de vue de l'approvisionnement de Paris en eau potable.
Son premier soin fut de s'enquérir de la valeur des différentes sources du bassin de la Seine qui, au point de vue des matières minérales, peuvent se classer ainsi par ordre de pureté :
Degrés hydrotiraétriques.
l" Sources du «ranite du Morvan, de 2,00 à 7,00
2° Sources des sables du green-sand et du terrain crétacé inférieur 7,00 à 12,00
5° Sources des grès de Fontainebleau 6,00 à 22,00
Sources de r infra-lias 11,00 à 19,b0
I Sources de la craie blanche 12,00 à 17,80
5° Sources de la craie marneuse 14,30 à 22,00
t)° Sources du calcaire à entroques 16,90 à 21,50
Sources du calcaire de Beauce 17,00 à 25,00
[Sources de la craie recouverte de terrains tertiaires. . . 17,00 à 27,50
Sources des calcaires oolithiques durs 17,o0 à 20,00
8° Sources des marnes veries, partie non gypsifère 19,60 à 30,00
9° Sources de l'argile plastique . 20,00 à 33,00
10' Sources des calcaires oolithiques marneux 21,50 à 3-4,00
11° Sources des terrains tertiaires entre les marnes vertes et
l'argile plastique 21,30 à 46,00
12° Sources du lias 27,50 à 120,00
15° Sources des marnes veries, partie gypsiféic 25,00 à 155,00
D'après cette analyse, le sulfate de chaux ne se trouve en quantité notable que dans les eaux de sources qui sortent des terrains tertiaires compiis entre les marnes vertes et l'argile plastique, et seulement dans la partie de ces terrains qui correspond à la grande lentille de gypse du bassin parisien, entre Meulan et Château-Thierry.
C'est dans les terrains de la craie blanche que se trouvent les sources les
plus abondantes, et d'un degré hydrotimélrique presque aussi satisfaisant que celui des eaux des terrains arénacés : granités, sables, etc.
D'autre part, les eaux du bassin de la Seine ne contiennent presque jamais de matières organiques en quantité nuisible.
Une seconde question de la plus haute importance était la nécessité de faire arriver les sources dérivées en des réservoirs situés sur les points les plus élevés de la ville, et déterminés d'avance : l'un à Ménilmontant, à l'altitude de 108 mètres, l'autre à Montrouge, à 80 mètres, altitudes nécessaires pour . assurer la possibilité de distribuer l'eau sur tous les points de Paris, à tous les étages, dont les plus élevés dépassent d'environ 15 mètres le niveau du sol.
Tout réservoir placé plus bas n'eût fait qu'un service incomplet.
La basse altitude du bassin de la Seine rendait dès lors très-difficile l'entreprise de dérivation des sources: en effet, du pied de la chaîne de la Côte-d'Or à l'Océan, le sol s'élève rarement au-dessus de l'altitude de 200 mètres ; d'autre part, les lieux des grandes sources, des sources pérennes, sont encore plus basque les plateaux, et se trouvent au fond des vallées principales. 11 faut, pour que la cuvette de l'aqueduc ne s'envase pas, une pente de 15 mètres par 100 kilomètres: donc, à 100 kilomètres de Paris, il faut une source de 95 mètres d'altitude pour le réservoir de Montrouge, et de 125 mètres pour celui de Ménilmontant.
Or il fallait aller à plus de 100 kilomètres, les eaux de sources analysées dans ce rayon étant trop dures ou ne fournissant qu'un débit insuffisant. Immédiatement au delà de ce rayon, les plus pures étaient celles de Somme- Soude (Champagne), supérieures à toutes les autres sources du terrain calcaire du bassin de la Seine, et ne marquant que 12 à 14 degrés à l'hydrotimètre.
C'est à ces sources que Belgrand avait donc accordé la préférence, et les travaux de dérivation allaient être entrepris lorsque les sécheresses exceptionnelles de la période 1857-1862 permirent de reconnaître, heureusement encore à temps, que le débit de ces eaux pouvait, en semblables circonstances, être l'éduit en des proportions si considérables qu'il y avait lieu d'y renoncer.
Après avoir démontré qu'en dépit de toutes ces difficultés le nombre des sources susceptibles de dérivation était bien plus considérable qu'on ne l'admettait, après avoir indiqué à ses successeurs les ressources qu'ils pourraient, à leur tour, trouvera cet égard, soit du côté d'amont vers les vallées de l'Aube et de ses affluents, soit du côté d'aval vers le pays de Bray et la rive gauche de la vallée de l'Eure, Belgrand arrêta définitivement son choix sur les eaux de la Vanne et de la Dhuys.
A. Vanne. C'est la rivière delà craie blanche du bassin de la Seine qui résista le mieux aux grandes sécheresses de 1857 à 1860.
Grâce aux conduites fermées qui l'abritent pendant son parcours de 176 kilomètres, la Vanne fournit à la consommation quotidienne de Paris 100 000 mètres cubes d'eau fraîche, limpide, d'un titre hydrotimétrique inférieur à 20 degrés et indemne de toute pollution organique ; les recherches de Miquel ont établi qu'à la bâche d'arrivée de Montsouris cette eau ne renferme que 120 microbes par centimètre cube, alors que la même quantité d'eau de Seine en contient 500 à Choisy, 5000 au robinet du laboratoire de Montsouris, et jusqu'à 200 000 à Saint-Denis.
B. Dhuys. La dérivation de la Dhuys, décrétée dès le 20 avril 1860, à la suite du rapport de Dumas, vaut à Paris 22 000 mètres cubes d'une eau légèrement
inférieure comme limpidité et titre liydrotimélrique (24 degrés) à celle de la Vanne, mais d'ailleurs excellente, et offrant les mêmes avantages que celle-ci au point de vue de la fraîcheur et de la pureté en ce qui concerne les souillures •organiques.
Dans son parcours en aqueduc de Parquy à Paris, sur une distance de plus de 130 kilomètres, l'eau de la Dhuys ne gagne pas plus de deux degrés de chaleur «n été, n'en perd pas plus d'un en hiver, en sorte que sa température, variant à Parquy entre 10 et H degrés, oscille à Paris entre 7 et 15°, 70, c'est-à-dire entre les extrêmes thermiques de l'eau fraîche ; Belgrand s'en est assuré lui-même par trois années d'observations (1867, 1808, 1869).
C. Arcueil. Indiqué par les vestiges de l'aqueduc romain qui, au commencement de l'ère chrétienne, amenait aux thermes de Julien une partie de la rivière de Rungis, l'aqueduc moderne d'Arcueil lut édifié de 1615 à 1624 pour conduire ces mêmes eaux au Cliàteau d'Eau de l'Observatoire.
Ainsi protégée, l'eau d'Arcueil arrive à Paris avec sa fraîcheur et sa limpidité initiales.
Elle gagne même en pureté durant ce court Irojet, s'il est vrai, comme l'ont constaté Boutron et Henry, que cette eau prise à Rungis même, origine des premières sources, renferme une quantité de bicarbonates alcalins et calcaires, presque double de celle que contient l'eau prise au Château tle l'Observatoire. De cette différence, suivant le point de prélèvement des échantillons, relève la différence des litres hydrotimétriques 28 et 37°, 5 attribués à l'eau d'Arcueil par les divers observateurs.
Ces eaux, bien qu'un peu dures, seraient en somme, vu leur pureté relative en matières organiques, très-précieuses pour les usages domestiques ; malheureusement la quantité en est insignifiante, ne s'élevant guère au-dessus de 1000 mètres cubes par vingt-quatre heures.
D. BellevUle, Ménihnontant, Pré-Saint-Gervais. Pendant des siècles, ces eaux provenant, sous le titre de sources du nord, des nappes des collines de Belleville, Ménilmontant, Pré-Saint-Gervais, ont été presque la seule ressource de la population de la rive droite de la Seine. Elles ont alimenté les premières fontaines de Paris (fontaine S;iint-Lazare, fontaine des Innocents), elles étaient Irès-appréciées, et d'ailleurs il fallait bien s'en contenter; aujourd'hui, leurs aqueducs sont à peu près détruits, et cette ruine est peu regrettable. Ce sont, en effet, des eaux séléniteuses, atteignant des titres hydrométriques qui varient de 70 à 150 degrés, et qui doivent être considérées comme absolument impropres aux usages domestiques ; c'est ce qu'indique depuis longtemps le nom de la principale fontaine qu'elles alimentaient : Maubuée (mauvaise lessive).
3° Puits. Nous mettons à part les puits artésiens, ceux de Grenelle et de Passy, dont les eaux, d'une température à peu près constante de 27 et 28 degrés, sont remarquables par leur pureté hydrotimétrique ; Belgrand, qui pendant plus de trois ans a fait l'analyse de l'eau de Grenelle tous les huit jours, a constaté une seule fois le titre 12»,15; presque tous les chiffres de son tableau sont compris entre 9 et 10 degrés. Alimentées par les infiltrations de la bande de sable de green-sand qui traverse le bassin de la Seine des bords du Loing au pied des Ardennes, ces eaux, privées d'oxygène et légèrement alcalines (Dumas, Rapport delà Commission spéciale des puits artésiens. Paris, 1861), peuvent être considérées comme les meilleures pour les usines, comme convenables à tous les usages publics, et même comme susceptibles, moyennant quelques pré-
cautions, d'entrer dans les usages domestiques en concurrence avec toute autre eau potable ; mais leur température élevée ne permet de les distribuer que mélangées à des eaux plus fraîches; elles n'ont d'ailleurs aucune importance au point de vue de l'alimentation de Paris, leur débit quotidien n'étant pour ces deux puits que d'environ 5000 mètres cubes.
Quant aux puits alimentés par les nappes d'eau les plus voisines de la surface du sol, et qui seraient de 50 000 environ, ils ont joué un rôle considérable dans l'alimentation de Paris, à l'époque oiî la \ille ne recevait que l'eau d'Arcueil et celle des sources du Nord qui, au total, ne fournissaient guère qu'un litre par jour et par habitant ; ces puits d'ailleurs, on en comprend la raison, fournissaient alors une eau bien plus pure qu'aujourd'hui.
L'étude de la cai"te de Delesse nous a permis de les diviser en deux groupes principaux au point de vue du titre hydrotimétrique de leurs eaux.
Dans le premier groupe, de beaucoup le plus circonscrit, rentrent les puits de cette partie de la région sud-est de Paris correspondant à la nappe souterraine de l'argile plastique, et qui s'éteml, ausud, du cimetière Montparnasse et de la place d'Italie jusqu'au delà du mur d'enceinte et des collines qui l'environnent de ce côté de la capitale. En cette zone, la proportion des sels calcaires n'est pas excessive, le titre hydrotimétrique variant entre 25 et 50 degrés. C'est à cette même nappe qu'appartiennent, sur la rive droite, les eaux des lacs du bois de Boulogne qui ne marquent que 18 à 22 degrés.
Ces résultats hydrotimétriques confirment les recherches de Poggiale sur la composition des eaux de puits qui alimentent les forts voisins de l'enceinte méridionale de Paris, eaux supérieures, d'après la somme de leurs résidus à l'évaporation, aux eaux des forts avoisinant les autres points de cette enceinte.
« Les eaux de Vanves, d'Issy, de Montrouge, de Bicêtre et d'Ivry, offrent en général la plus grande ressemblance et ont une composition qui les rapproche singulièrement de celle d'Arcueil... ; comme l'eau d'Arcueil, les eaux des forts du sud sont fraîches, limpides et agréables à boire ; exposées à l'air, elles laissent déposer également un sédiment plus ou moins abondant de carbonates de chaux et de magnésie, tenus en dissolution par l'acide carbonique qui se dégage en même temps » .
La somme des matières fixes est notablement plus considérable dans les autres puits de Paris, c'est-à-dire sur presque toute la surface de la capitale : sur la rive gauche, leur titre hydrotimétrique dépasse en général 60 degrés, s'élevant à 150 et même 200 degrés autour du plateau du Panthéon; il en est de même sur la rive droite où ce titre franchit à peu près partout 80 degrés, et s'élève en quelques points au delà de 200 degrés.
Dans ce second groupe également, les résultats hydrotimétriques correspondent aux analyses chimiques antérieurement faites ; c'est dans certains puits des forts du nord de Paris que Poggiale a constaté les résidus calcaires les plus considérables ; et, dans l'enceinte même delà ville, les puits du poste caserne n" 4 (derrière la gare du i\ord) et n° 6 (au voisinage de la place Pereire) lui ont donné les proportions les plus élevées de résidu : lg%908 et 2g%420 par litre (Poggiale, Recherches sur les eaux des casernes des forts, etc., de Paris [Rec. de mém. deméd. mil., 2« série, t. XI, 1855]).
Mais ce qui fait le danger des eaux de puits de Paris, c'est leur degré de souillure organique. Les puits de la périphérie peuvent être relativement indemnes à cet égard, et les analyses de Poggiale ont établi que les eaux des forts voisins
(\e l'enceinte (sauf un seul : le fort de l'Est) ne renfermaient que des traces, parfois à peines sensibles, de matières organiques.
II ne saurait en être de même, on le conçoit, des puits creusés à l'intérieur de la ville, dans les quartiers populeux, au centre des habitations et au voisinage de ces milliers de fosses fixes qui, depuis des siècles, souillent le sol qui les environne; Boussingault a démontré la richesse de leurs eaux en azotates; déjà impropre aux usages domestiques par la masse de sels terreux qu'elle renterme, l'eau de ces puits doit en outre être exclue de la consommation en raison de la quantité de matières organiques qu'elle renferme. Aux environs derilôtelde-Ville, on y trouve la preuve manifeste de leur contamination par les résidus des anciennes fosses non étanches; en plongeant la main dans l'eau de certains puits de ce quartier et en la laissant sécher, Boussingault a reconnu l'odeur non douteuse des matières fécales.
Cette cause d'insalubrité serait notablement renforcée dans certains quartiers populeux sous lesquels passent les nappes souterraines qui reçoivent les infdtrations des cimetières, notamment de ceux de Montparnasse et du Père-Lachaise ; suivant les ingénieurs Belgrand, Ilennez et Deleins, les puits voisins de ces deux cimetières donneraient une eau ayant une saveur douceâtre et répandant une odeur infecte, surtout pendant les grandes chaleurs de l'été ! Qui sait si les infections de ce genre n'ont pas joué leur rôle sur quelques graves épidémies du moyen âge?
Rappelons enfin que ce n'est que récemment, le 31 juillet 1881, à la suite du rapport de Lalanne au Conseil d'hygiène publique et de salubrité de la Seine, qu'a paru une circulaire du ministre du commerce qui supprime, mais d'une façon trop peu radicale, à notre sens, les puisards ou puits absorbants, dont le contenu infect est une cause de souillure si redoutable des eaux de puits.
Il faudrait de bien graves inconvénients pour obliger la population à revenir, à notre époque, à l'emploi d'une eau à laquelle, par répugnance, elle a d'ellemême renoncé; dans les premiers jours du siège de Paris, en août 1870, Belgrand avait fait visiter et nettoyer i20 000 puits, dont heureusement l'usage n'a pas été nécessaire, et aurait sans doute été fort dangereux.
Des considérations précédentes, et en tenant compte uniquement des ressources actuelles, on est réellement autorisé à conclure que Paris possède dès maintenant une quantité d'eau de sources suffisante, et amenée dans des réservoirs suffisamment élevés pour alimenter, en boisson, toute la population, et même pourvoir à une large part des besoins domestiques ; ces ressources, composées des eaux :
Mètres cubes par jour.
D'Arcueil.' 1,000
De la Dhuis 22,000
De la Vanne 100,000
De la Source de Saint-Maur 5,000
forment un total quotidien de 128 000 mètres cubes auxquels pourrait s'ajouter à bref délai, et sans grandes dépenses, d'après les recherches des ingénieurs, un supplément de 20 000 mètres cubes fournis à l'aqueduc de la Vanne par la dérivation des sources de Cochepie et le canal des marais. Belgrand, en construisant l'aqueduc de la Dhuys, lui avait donné les dimensions voulues pour un débit de 40 000 mètres cubes, presque double par conséquent de ce que fournit actuellement cet aqueduc. Mais les recherches, faites, depuis ont
démontré à Belgrand lui-même que cette augmentation de débit de la Dhuys exigerait des travaux trop onéreux de dérivation et d'élévation de nouvelles sources.
En nous en tenant au chiffre actuel : 128 000 mètres cubes d'eau de sources que Paris reçoit chaque jour depuis plus de dix ans, il représente en somme de quoi en fournir quotidiennement à chaque habitant plus de 50 litres, alors qu'en 1 858, époque où la population n'était cependant que de 1 200 000 habitants, chacun avait pour contingent moyen 2 litres et demi par jour ! Et quand on songe que depuis l'époque de son adduction cette masse énorme d'excellente eau remplit les réservoirs construits dans Paris même, à la hauteur voulue pour lui permettre d'arriver partout, et circule dans la plupart de nos rues, on comprend ce supplice de Tantale d'une population qui, pour une large part, est cependant demeurée condamnée presque jusqu'aujourd'hui à la consommation des eaux impures, chaudes en été, glaciales en hiver, de la Seine ou de l'Ourcq. C'est que malgré cette facilité si apparente de distribution l'eau de source est loin d'être exclusivement consacrée aux usages domestiques, et contribue pour une trop large part à assurer certains services publics et privés : arrosage des voies et jardins, entretien des cours et écuries, etc. ; c'est que, grâce aux avantages mêmes de sa pression, elle est spécialement utilisée pour alimenter les bouches d'incendie et assurer le jeu des ascenseurs, etc. C'est qu'en outre la canalisation en était jusqu'à ce jour incomplète, soit que certaines rues fussent en dehors de son réseau, soit que l'absence de moyens d'alimentation en retour mît à chaque instant les abonnés à la merci d'un arrêt de conduite.
D'après les aflirmations récentes (Paris, 2 avril 188i) de l'ingénieur en chef du service des eaux, nous croyons pouvoir enfin considérer cette canalisation comme terminée. Mais pouvons-nous affirmer que ces eaux de source vont enfin arriver à tous les consommateurs et n'arriver qu'à eux ?
Il faudrait, pour cela, pouvoir intervenir dans les marchés passés entre la Compagnie des eaux et ses abonnés, marchés dont la liberté est un des principaux obstacles à la répartition équitable de l'eau à boire.
Tel propriétaire s'obstine, en raison du bon marché relatif des eaux d'Ourcq et de Seine, à ne pas s'abonner aux eaux de la Vanne; tel autre, au contraire, prend celles-ci en quantité suffisante non-seulement pour en faire boire à ses locataires, mais pour assurer le service des bains, des cabinets d'aisance, des écuries, etc. Je suppose, et ceci est une hypothèse gratuite, mais qui eût pu se réaliser, que des 76000 maisons qui constituent Paris, il y en ait 10 000 qui reçoivent chaque jour en moyenne, par abonnement, 10 mètres cubes d'eaux de source : voilà 100 000 mètres cubes, la presque totalité, prélevés sur la consommation générale.
Paris, au contraire, se suffirait avec ses ressources actuelles, si une double canalisation amenait, en chaque maison, d'une part l'eau à boire, d'autre part l'eau servant à tout autre usage. 11 serait bien délicat sans doute, bien difficile de proportionner, par un jaugeage, la quantité d'eau potable ainsi distribuée au nombre approximatif des habitants de chaque immeuble; mais un tel rationnement n'aurait pas la signification presque odieuse de ce terme qui évoque habituellement la pensée de restriction et de pénurie ; ce serait au contraire l'abondance pour tous, chacun recevant ainsi par jour 50 litres d'eau; ce serait une garantie, également pour chacun, de préservation personnelle, les maladies développées ou importées par ceux qui boivent de mauvaises eaux étant de celles
qui peuvent compromettre la santé de tous, de ceux-là mêmes qui en consomment d'irréprochables.
C'est dire que l'alimentation, en eau de Paris, sera assurée non-seulement pour le présent, mais pour un avenir lointain, quand seront terminés les travaux votés récemment par le Conseil municipal et destinés à augmenter de 150 000 mètres,, par la dérivation des sources du bassin de l'Eure et de la Basse-Bourgogne, la quantité d'eau potable livrée à la population parisienne.
Les nouvelles machines construites à Ivry pour l'élévation quotidienne de 85 000 mètres cubes d'eau de Seine, à Saint-Maur pour augmenter de 15 000 mètres cubes la dérivation de l'eau de Marne, porteraient d'autre part au total à 356 000 mètres cubes, soit environ 150 litres par tète, la quantité d'eau de rivière introduite pour tous les usages autres que ceux de l'alimentation.
Météorologie. Le tableau de la page suivante, emprunté à l'annuaire de l'Obser\atoire de Montsouris pour 1884, résume les principales qualités de l'atmosphère pendant ces dix dernières années.
1° Température. Les observations thermométriques faites à l'Observatoire de Paris remontent à l'année 166G; mais, dans son rapport intitule : Recherches sur les grandes chaleurs qui ont eu lieu à Paris depuis 1G82 jusqu'en 1794, et inséré dans les Mémoires de VInslitut (t. IV, p. 338), J.-D. Cassini ou Gassini IV déclare qu'il est impossible d'avoir des observations précises sur les hauteurs du thermoiuctre avant 1671, époque oîi Gassini I vint s'établir à l'Observatoire et commença à consulter avec soin et régularité les instruments qu'il y établit. « J'ai été arrêté, dit ce -savant, par le manque d'indices et de renseignements suffisants sur l'état et la construction des premiers thermomètres qui furent employés, et ce n'est qu'à partir de 1682 que j'ai trouvé tout ce qui était nécessaire âmes recherches ». Les thermomètres construits à cette époque étaient encore très-imparfaits : aussi est-il difficile de tirer, des observations faites en ces premières années, des moyennes comparables à celles que l'on obtient aujourd'hui.
Cassini commença ses observations en 1682 et fut contraint de les interrompre en 1705 par la perte de son instrument, que la trop grande chaleur avait fait éclater.
En 1785, les recherches météorologiques avaient été réorganisées par Cas sinilVsiir un plan plus étendu et plus complet. Malheureusement les troubles de la Révolution ne tardèrent pas à apporter des lacunes regrettables dans ces recherches, surtout de 1787 à 1803.
Marié-Davy a divisé en six périodes, de trente ans chacune, la série des observations faites de 1699 à 1882, et en tire les conclusions suivantes au point de vue des extrêmes de chaleur en chacune de ces périodes :
« Dans la première période (1699-1730), la température la plus chaude a été observée en 1720 : elle est de 40°, 0. Ce serait une chaleur excessive pour Paris, si elle était exacte. Dans cette même période, la moyenne des maxima thermométriques n'est, au contraire, que de 30''4, nombre inférieur aux moyennes des périodes suivantes.
« Dans la deuxième période (1731-1760), la température la plus haute a été observée les 14, 18 et 19 juillet 1757 et 1760 : elle est de 37°,7. La moyenne des maxima est de 34°, 2, soit de 3°,8 plus élevée que dans la période précédente.
« Dans la troisième période (1761-1790), nous retrouvons les températures
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