V - (Panthéon
VI* — (Luxembourg) 1014
VII' — (Palais-Bourbon) 1021
VIU* - (Elysée) 1093
IX' (Opéra) 1075
X'. — (Enclos Saint-Laurent) 1138
XI' - (Popincourt) 1169
XII' - (Beuilly) 1106
XIII' — (Cobelias) 1269
XIV" arroiidissemerit (Observatoire) l'Ut
XV — (Vaugirard) 1300
XVI' — (Passy) 1226
XVII' — (Batignolles-Monceaux) 1237
XVIII' — (Buttes-Montmartre) 1186
XIX' — (Buttes-Chaumont) 1212
XX' — (Ménilmontant) 1286
Donc le développement demeure faible, nul ou même négatif, dans les quartiers du centre, qui ont atteint de longue date leurs populations maxima, où la surface disponible est bâtie depuis longtemps et dont les larges avenues, substituées aux voies étroites de l'ancien temps, ont diminué l'agglomération des habitations. Il atteint son maximum au pourtour de la ville.
11 y a plus : cette tendance à l'accroissement périphérique de la population se manifeste au delà de l'enceinte; tandis que, pour Paris, le chiffre proportionnel des habitants de 1876 à 1881 est monté de 1000 à 1141, il s'est élevé, en la même période, de dOOO à 1261 pour le département de la Seine en général, à 1207 pour Tarrondissement de Sceaux, et à 1295 pour celui de Saint-Denis, soit pour ce dernier près de 500 pour 1000 !
Durand-Claye enfin a fait ressortir, dans une carte spéciale, l'accroissement simultané de population des parties limitrophes du département de Seine-et-Oise, surtout vers le nord, oii ce département est contigu à la banlieue de Paris.
Cette question touche étroiteuient à celle de la densité de la population parisienne. La surface de Paris est, on le sait, de 7802 hectares.
Le recensement de 1866 donnait, comme densité de cette population, 234 habitants par hectare, soit 25 400 habitants par kilomètre carré, alors que la moyenne en France est de 70, campagnes et villes comprises. Ce chiffre de 254 n'est, bien entendu, qu'une moyenne, certains arrondissements renfermant à l'hectare jusqu'à 650 habitants (Hôlel-de- Ville), 799 (Temple) et même 820 (Bourse).
On peut s'assurer par le tableau suivant, emprunté aux recensements ultérieurs, que cette densité est restée presque stationnaire, ou a légèrement décru dans deux ou trois des arrondissements du centre, tandis que l'accroissement général dans les autres s'est fait surtout au profit des quartiers excentriques.
NOMBRE d'habitants PAR HECTARE
POPULATION
Arrondissements. 1872. 1876. 1881.
I" (Louvre) 391 578 597
II' (Bourse) 754 797 783
III' (Temple) 775 782 812
IV' (Uôtel-de-Ville) 607 628 665
V (Pantiiéon) 589 il8 460
■VI' (Luxembourg) 428 462 462
VII' (l'alais-Bourbon) 196 207 207
VIII' (Elysée) 198 220 234
IX' (Opéra) 487 545 o77
X' (Enclos Saint-L,aurent). ... 474 500 S59
XI' (Popincourt) . ". 463 503 579
XII' (Reuiliy) 154 165 180
XUI' (Gobelins). . 111 115 146
XIV (Observatoire) .^ 150 162 198
XV (Vaugirard) ^ ... 103 109 140
XVI' (Passy) 61 72 86
XVII' (Batignolles-Moaceaus) . . 229 262 522
XVIII' (Buttes-Montmartre) ... 266 295 545
XIX' (Buttes-Chauraonl) 163 174 208
XX' (Ménilmontant) 178 192 244
Il importe de noter que certains arrondissements, où la proportion minime des habitants par hectare ferait accepter au premier abord l'excellence des conditions hygiéniques de leur installation, peuvent être redevables de cette apparence de supériorité à l'existence de vastes surfaces non bâties, comme l'esplanade des Invalides pour le Vil* arrondissement, les Champs-Elysées pour le XVI'', les jardins des Tuileries et du Luxembourg, etc., surfaces en somme profitables à l'aération de la cité, mais autour desquelles la population sera parfois agglomérée dans des ruelles aussi resserrées que celles des autres quartiers.
L'augmentation générale de densité de la population, démontrée par le tableau précédent, ne s'est malheureusement pas accomplie par une augmentation parallèle des surfaces bâties ; les 1 800 000 habitants que renfermait Paris en 1865 occupaient 66 333 maisons, soit 27 habitants par maison ; aujourd'Imi le nombre des maisons serait de 76 000 pour plus de 2 300 000 habitants, soit environ 50 habitants pour chacune d'elles, moins certainement qu'il n'y en a à Vienne ou à Saint-Pétersbourg, mais A fois plus qu'à Londres. Cette augmentation de la population de chaque maison prend, nous l'avons démontré plus haut, un caractère spécial de gravité quand il s'agit de garnis.
11 importe de connaître en outre, ne fût-ce qu'au point de vue de leur influence sur la répartition des maladies, les différences réciproques des arrondissements, comme provenance de leur surcroît de population, proportion des sexes, prédominance des divers groupes d'âge, etc.
Si Ton doit attribuer l'augmentation de la population parisienne à l'immigration venue du dehors, ce serait une erreur évidente que de généraliser cette conclusion, et d'attribuer l'accroissement de la population de tel arrondissement à des immigrés venus de la province ou de l'étranger. Il en est beaucoup, tels que le XV1I% qui se sont accrus principalement parce que des Parisiens, habitant déjà depuis longtemps dans la ville, ont quitté leur quartier pour s'y établir. Les arrondissements les plus riches, Vllt*^ et IX*', sont ceux qui ont le moins d'enfants ; ils en ont bien moins que les Xlll'\ XIX^, XX*", qui sont au contraire les plus peuplés sous ce rapport.
En revanche, comme l'a démontré Bertillon, les arrondissements riches possèdent une proportion de femmes considérable, spécialement de femmes non mariées, et comprises néanmoins dans la période de 15 à 50 ans; dans les YIII' et IX^ arrondissements, il j a plus de 3 femmes pour 2 hommes!
« Inversement les arrondissements où il y a un notable déficit de femmes mariables, moins de deux femmes pour trois hommes, sont précisément ces arrondissements où abonde la population besoigneuse, comme dans le Y" et le XIP où il n'y a que 660 femmes mariables pour 1000 hommes mariables; et les XV« et XIV' où il n'y en a que 686 et 760 ; ainsi de suite.
Il résulte donc de ces investigations que ce ne sont pas indistinctement toutes les femmes qui se rencontrent nombreuses dans les arrondissements les plus riches, mais que ce sont exclusivement les jeunes femmes libres, c'est-à-dire mariables, qui s'entassent dans des arrondissements où elles ne trouvent pourtant que peu d'hommes mariables, mais beaucoup d'hommes riches.
Inversement, ce ne sont pas indistinctement les femmes de toute catégorie qui font défaut dans les arrondissements pauvres, mais tout particulièrement les jeunes femmes mariables.
Ces résultats pouvaient être sans doute soupçonnés des Parisiens expérimentés,
mais il nous semble qu'on ne pouvait les croire aussi prononcés. Nous les livrons ^ux moralistes, pour lesquels ils nous paraissent avoir un intérêt tout particulier » (Bertillon, Annuaire statistique, etc., pour 1880).
Pathologie. Dans notre Traité des maladies épidémiques, nous avons fait ■ressortir la complexité de l'évolution des maladies populaires dans les grandes villes, notamment dans les capitales, où le concours incessant de nouveaux venus vient troubler la règle d'évolution normale de ces affections dans les milieux à population scdenlaire; par le renouvellement ininterrompu des organismes prédisposes, il donne en particulier aux affections transmissibles un caractère d'expansion et de continuité tout particulier ; cette circonstance, qu'il importe de se rappeler sous peine d'exagérer les conditions d'insalubrité locale, se retiouve spécialement à Paris. Elle prend une part importante à la détermination de sa patbologie actuelle, et il n'est point téméraire de supposer que, depuis que Paris est capitale, elle a joué toujours un rôle prépondérant dans l'aggravation des influences épidémiques qui ont pesé sur sa population.
Pestes. Il serait difficile de donner son véritable nom à chacune des maladies pestilentielles rapportées par les divers chroniqueurs, et dont plusieurs, nous le verrons, appartiennent à l'ergotisme, au scorbut, à la variole, etc. Quant à la véritable peste, la peste inguinale, pendant plus de mille ans elle a fait coup sur coup de terribles apparitions, dépeuplant Paris en 666, 1255, 1315; atteignant son maximum d'énergie en 1548-1549, alors que sous le nom de peste noire elle ravageait toute l'Europe ; tuant à Paris plus de 50 000 personnes, n'épargnant pas plus la cour que le peuple, enlevant la reine de France et presque tous les prévôts de la ville.
Les épidémies de 1412, 1418, 1466; 'celle de 1561, qui fut le point de départ de réglementations édictées par la Faculté de l'époque, enlevèrent en moyenne de 50 à 40000 habitants chacune. Celle de 1606, qui devait être l'une des dernières manifestations de ce fléau, détermina l'Administration à faire construire un hôpital de pestiférés, l'hôpital Saint-Louis.
Choléra. C'est actuellement la seule des maladies pestilentielles avec laquelle Paris ait à compter.
Pour chacune des épidémies de choléra, dans le département de la Seine, sur la population entière, civile et militaire, on a enregistré :
En 1852, 2550 décès sur 100 000 habitants;
En 1849, 1766 décès sur 100 000 habitants;
/En 1855 et 1854, 826 décès sur 100 000 habitants;
En 1865 et 1866, 270 décès sur 100 000 habitants;
En 1875, 47 décès sur 100 000 habitants.
Ainsi, la mortalité proportionnelle décroît, d'une épidémie à l'autre, pour 10 000 habitants, comme les nombres 255, 176, 82, 27, 4, en chiffres ronds (J. Worms). La preuve la plus éclatante et la plus encourageante de la diminution de réceptivité de Paris pour le choléra, c'est la faible intensité de la dernière des épidémies signalées ci-dessus, de celle qui, en 1875, a tué 869 personnes, 50 fois moins, en tenant compte de la différence du chiffre des habitants, que l'épidémie de 1852 ; elle a cédé le pas, ou le sait, à la fièvTe typhoïde qui, au lieu de disparaître devant elle comme autrefois, l'a dominée et dépassée en mortalité durant tout son cours ; elle a réservé presque tous ses coups pour la population nosocomiale, indiquant ainsi pour l'avenir l'opportunité de protéger cette malheureuse population par l'installation des cholériques dans des asiles spéciaux.
C'est en nous appuyant sur ces considérations que nous avons émis, dès le mois de juillet dernier (voy. Bull, de VAcad. de méd., 15 juillet 1884), la pensée de la bénignité probable de l'épidémie qui sévit actuellement à Paris (novembre 1884) et qui est la sixième.
Loin de nous la prétention de prédire la marcbe ultérieure de celte épidémie, bien qu'elle soit à sa période de décroissance; mais, si l'on tient compte de l'augmentation de la population, l'année 1884 nous paraît devoir rester inférieure, comme mortalité proportionnelle par le clioléra, à l'année 1873.
Un caractère remarquable de l'épidémie actuelle (novembre 1884) est la lenteur, nous allions dire la difiiculté de son développement à Paris, malgré le voisinage, depuis cinq mois, des foyers intenses de Toulon et de Marseille, et malgré un certain nombre d'explosions locales plus voisines encore (Compiègne, Aubervilliers). Ce qui caractérise en outre cette épidémie, c'est sa prédilection pour les quartiers les plus insalubres, sa limitation aux classes les plus malheureuses de la ville. Quelle différence avec les invasions cholériques de 1852, 1848, qui ont causé tant de deuils dans toutes les classes de la société !
Conformément aux épidémies antérieures, celle de 1884 a fait subitement explosion sur plusieurs quartiers de la ville, sans relation apparente au moins entre les premières victimes ; circonstance qui nous semble une preuve nouvelle à l'appui de la dissémination des germes par l'intermédiaire de l'atmosphère plutôt que par les eaux de boisson.
L'ensemble de ces faits permet d'espérer, en ce qui concerne Paris, que les manifestations du choléra indien sont désormais entrées dans leur période de déclin.
Parmi les groupes de maladies populaires qui sont encore de notre époque «t de nos climats, il en est deux qui jadis prélevaient une part considérable dans la morbidité et la mortalité parisiennes et qui actuellement, comme dans la plupart des pays civilisés, ne jouent plus qu'un très-faible rôle : ce sont les maladies alimentaires et les maladies telluriques.
L'absence de culture maraîchère autour de l'ancienne Lulèce, l'existence, au lieu de champs et de jardins, d'une vaste zone de marais couvrant les emplacements actuels de l'Opéra, de la Madeleine, de la place de la Concorde, marais dont le défrichement, commencé au douzième siècle, ne se terminait que dans les temps modernes, constituaient alors des circonstances éminemment favorables au développement de ces deux groupes d'affections.
Maladies alimentaires. Comme tant de villes de France, Paris eut, au moyen âge, ses léproseries dont la principale, dite maladrerie de Saint-Germain, occupait l'emplacement du square actuel de la rue de Sèvres. Alors aussi sévissait l'ergotisme dans ses formes les plus graves : a Quantité de monde, tant à Paris « qu'aux environs, périrent d'une maladie appelée feu sacré ou mal des « ardens. Ce mal brûlait petit à petit, et consumait sans qu'on pût y remé- « dier. Pour s'en préserver ou en guérir, ceux de Paris quittaient la ville pour « se rendre aux champs, et ceux de la campagne se réfugiaient dans Paris. « Hugues le Grand fit éclater sa charité en nourrissant tous les pauvres malades, •* quoique parfois il s'en trouvait plus de 600. Comme tous les remèdes ne « servaient de rien, on eut recours à la Vierge, dans l'église Notre-Dame, qui « servit longtemps d'hôpital dans cette occasion. »
29ti PARIS.
Celte maladie eul lieu après l'invasion des Normands, qui ravagèrent Paris. En mémoire de cet événement, on établit qu'on allumerait 6 lampes devant l'autel de la Vierge {voy. Ozanam, Hist. des épidémies).
Des épidémies générales de scorbut se manifestèrent jusqu'à la fin du dixbuitième siècle, acquérant une gravite toute spéciale aux époques de privation exceptionnelle, comme en 1590 où Paris, assiégé par Henri IV, perdit 13000 habitants du fait de la famine et des affections qui en résultent.
Les documents suivants démontrent qu'à Paris même le scorbut atteignait la gravité qui le caractérise dans les guerres les plus prolongées :
({ Les administrateurs de l'Hôtel-Dieu de Paris, avertis du grand nombre de scorbutiques qui arrivaient dans cette maison et des suites funestes de cette épidémie contagieuse, firent transporter ces malades, le 2 mars 1699, dans l'hôpital de Saint-Louis, où MM. Poupart et Thibault, chargés de leur traitement, firent les observations suivantes :
La maladie était caractérisée par les symptômes suivants : douleurs générales par tout le corps, les membres perdaient le mouvement sans perdre le sentiment, céphalalgie, mouvements convulsifs, démangeaison si grande aux gencives, que les enfants en emportaient les lambeaux avec les ongles. Le sang qui en sortait était aqueux, salé et corrosif, et la bouche exhalait une fétidité insupportable. Taches livides aux jambes et aux cuisses, hémorrhagies fréquentes par le nez et par l'anus. La faiblesse des genoux était si grande, que les malades ne marchaient qu'en chancelant. En remuant ces malades, on sentait une espèce de cliquetis des os, dont on reconnut la cause dans la dissection des cadavres, les épiphyses étaient séparées du corps des os, et en se froissant les uns contre les autres ils donnaient lieu à ce bruit.
Chez quelques jeunes gens on entendait, lorsqu'ils respiraient, un bruit sourd qui provenait de ce que les cartilages du sternum étaient séparés de la partie osseuse des côtes. Ces malades moururent tous, à l'exception d'un seul, chez lequel on n'entendit plus ce bruit après sa guérison. Ceux chez qui l'on trouvait du pus et des sérosités dans la poitrine avaient les côtes séparées de leurs cartilages et en partie cariées ; la plupart des cadavres qu'on ouvrait avaient les os noirs, nécrosés et vei'moulus; les articulations ne contenaient qu'une eau verdàtre et caustique; chez les malades qui avaient eu de la peine à respirer, on trouvait après leur mort les poumons infiltrés de pus ou de lymphe acre. D'autres, morts subitement, avaient le péricarde adhérent ainsi (jue les poumons, et toutes ces parties ulcérées étaient adhérentes et ne formaient qu'une masse; le foie était en partie abcédé et putréfié, la rate avait trois fois son volume ordinaire, elle se réduisait en pâte eu la touchant, quelquefois les reins étaient aussi abcédés. »
Actuellement, à Paris comme à Londres, le scorbut ne se manifeste plus que très-exceptionnellement, dans des milieux absolument circonscrits, hôpitaux ou prisons, et sous ses formes les plus bénignes.
Pendant le siège de 1870-1871, il ne s'est guère produit que les signes avant-coureurs de cette affection.
Maladies telluriqiies. Quant aux fièvres intermittentes, autrefois communes et graves, elles ne surgissent plus, elles aussi, que de foyers limités, adventices, créés par des remuements de terre, creusements de canaux, etc.
Nous en avons [voy. Léon Colin, Traité des fièvres intermittentes) signalé les apparitions lors du creusement du canal Saint-Martin, en 1812, lors de l'édi-
lication en ces trente dernières années des forts qni environnent Paris, et dans les diverses circonstances où de grands travaux de terrassement ont mis à nu les couches profondes du sol. Pour nous, l'intoxication tellurique, prise à Paris, est entièrement accidentelle, dépendante de conditions transitoires.
Le diagnostic : fièvre pernicieuse, est, à nos yeux, abusivement formule' à Paris, même et surtout peut-être par les praticiens du plus grand renom ; nous avons critiqué cet abus (Léon Colin , Du diagnosiic des fièvres intermittentes, etc.) , et démontré que la plupart des affections qualifiées d'accès pernicieux par nos confrères de Paris ne présentaient ni dans leurs formes cliniques, ni dans leur coïncidence saisonnière, aucun des attributs de l'impaludisme ; on n'en persiste pas moins à recourir à une appellation si commode pour couvrir l'ignorance où l'on est de la cause de bien des affections et souvent, en cas de terminaison malheureuse, pour abriter sa responsabilité.
Ce qui est réel, c'est la manifestation, à Paris, de ces accidents chez les personnes ayant antérieurement habité quelque foyer palustre et qui, par le fait même de leur brusque retour dans un pays relativement froid, offrent dos conditions personnelles favorables à ces manifestations morbides.
Les 57 024 décès subis par la population parisienne en 1885 ont été groupés, au point de vue des causes, de l'Age et du sexe, àsin?,\ Annuaire statistique auquel nous empruntons le tableau de la page suivante :
Tuberculose. La tuberculose constitue la cause principale de décès de la population parisienne ; d'après le tableau en question (p. 298), elle aurait occasionné à elle seule, en 1885, H 458 décès sur 57 024, soit environ le 1/5, et plus que l'ensemble de toutes les maladies infectieuses ; il est même probable que la léthalité par tuberculose s'élève à un chiffre plus élevé, et doit renfermer la majeure partie des décès par méningite, et une fraction notable des décès par bronchite et par causes inconnues.
Paris, sous ce rapport, ressemble aux grandes capitales de l'Europe, Vienne, Berlin, Rome, etc. C'est même un fait remarquable que cette constance de la proportion des décès par tuberculose, et qui distingue absolument cette affection de la plupart des autres maladies populaires assujetties, nous allons le voir, à des oscillations remarquables de leur fréquence.
Nous avons le regret d'ajouter que jusqu'à l'époque actuelle la phthisie constitue l'affection la moins bien soignée dans la classe de la population qui en est le plus atteinte, la classe pauvi-e.
Très-difficilement admis dans les hôpitaux, vu la chronicité de leur maladie, la plupart de ces malheureux sont maintenus dans les misérables réduits où l'affection a pris naissance, et où elle trouve les meilleures conditions d'aggravation ; nous ne saurions trop insister sur la nécessité, depuis si longtemps ressentie, de la création d'hôpitaux soit dans la banlieue, soit en province, pour l'installation de ces malades, et nous partageons l'avis de Marjolin sur l'insuffisance de l'expédient actuellement pratiqué à leur égard, et qui consiste à les reléguer dans leurs familles en accordant à ces dernières un secours annuel d'une centaine de francs.
Affections scrofuleuses. La scrofule, en général, la carie des vertèbres, la coxalgie et les autres arthrites chroniques, sont très-communes dans la population pauvre parisienne; chaque jour est admis aux hôpitaux quelque malheureux enfant pour qui n'existe d'autre espoir de salut qu'une opération grave, une amputation. Et, chose triste à dire, ce n'est souvent qu'en raison