‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.73Chapitre 39 sur 112 · CT · texte numérisé non relu

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de la nécessité de cette opération que le malade est accepté après une période d'attente pendant laquelle son mal n'a fait qu'empirer.

Les affections chroniques en effet ne sont reçues que difficilement dans les hôpitaux, et alors ces malheureux enfants, retenus dans leurs pauvres demeures, continuent à subir les conditions d'insalubrité qui ont eu tant de part au développement et à l'aggravation de leur affection.

Si, à Paris même, dans la classe aisée, les maladies précédentes sont plus rares, mais surtout moins graves, c'est d'abord, comme l'a dit Marjolin, parce que le milieu dans lequel sont élevés les enfants de cette classe ne présente pas ces conditions d'insalubrité, cause première de beaucoup d'affections osseuses, mais c'est aussi parce qu'à la première apparition du mal les parents, qui connaissent les dangers de ces affections, ne négUgent aucun des moyens thérapeutiques propres à enrayer la marche de la maladie.

Aussi ne peut-on que demander la multiplication d'établissements comme ceux de Berk et de Forges, afin de pouvoir tirer à temps, de la misère qui les tue, tant d'enfants atteints d'affections scrofuleuses.

Pneumonie. La pneumonie fournit un chiffre de décès élevé qui, d'après le tableau ci-contre, a atteint 4061 en 1885; il importe de noter sur ce tableau la progression de ces décès avec l'âge pour être convaincu qu'il s'agit surtout ici de pneumonies franches et non de ces pneumonies secondaires, fréquentes dans l'alcoolisme, le scorbut, la cachexie palustre, et qui ]>èseraient tout autant sur les adultes que sur les vieillards (L. Colin, Traité des maladies épidémiques, p. 215). Dans les hôpitaux, il est vrai, la pneumonie est plus grave que sur l'ensemble de la population, moins subordonnée aux conditions d'âge, mais beaucoup plus à ces influences débilitantes, notamment à l'alcoolisme {voy. E. Besnier, Comptes rendus des maladies régnantes).

Pleurésie. La pleurésie est une des affections les plus constantes dans ses manifestations à Paris, où elle apparaît en toutes saisons, avec redoublement en hiver; sans pouvoir nous appuyer sur des documents statistiques, nous pensons que la pratique de la thoracentèse a diminué le nombre des terminaisons fatales entraînées, en cette maladie, par l'asphyxie consécutive à l'abondance de l'épanchement, au déplacement du cœur,] etc.; mais l'opération est, suivant nous, trop facilemejat pratiquée dans les cas bénins, où elle peut transformer en collection purulente un épanchement séreux, et nous estimons, somme toute, que la généralisation excessive de la thoracentèse a augmenté la mortalité de la pleurésie à Paris.

Maladies épidémiques vulgaires. Le tableau ci-après (p. 500) permet de comparer Paris à plusieurs autres grandes villes au point de vue de sa mortalité absolue et proportionnelle, en 1885, par les maladies épidémiques habituelles, que nous allons plus spécialement étudier :

Fièvre typhoïde. A l'époque actuelle, la fièvre typhoïde constitue, de toutes les maladies infectieuses, la plus fréquente parmi la population parisienne. Si en 1881 la mortalité typhoïde a été légèrement dépassée parcelle de la diphthérie, commeen 1870-1872 elle l'avait été par celle delà variole, en 1852, 1849, 1854, par celle du choléra, elle maintient son rang par la fatalité de ses retours annuels et sa tendance à une progression en rapport avec celle du chiffre de la population.

Après Saint-Pétersbourg, oij d'ailleurs la prédominance de la fièvre typhoïde en 1885 a été exceptionnellement élevée, Paris, Reims et Marseille, sont les trois villes où cette affection a causé la proportion la plus considérable de décès.

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