‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.73Chapitre 50 sur 112 · CINQ FONDATIONS · texte numérisé non relu

CINQ FONDATIONS

Boulard-Saint-Michel '^ 12

Brézin. La Reconnaissance 3-20

Devillas 65

Chardon-Lagache 165

Lenoir-Jousseran 100

DEUX ÉTABLISSEMENTS d'aLIÉNËS

Bicêtrc 600

Salpêtrière '20

soit au total 10045 lits qui ne donnent lieu, il est vrai, en raison de l'incurabilité de la plupart des occupant-:, qu'à 2 ou 3000 entrées par an.

En ce qui concerne les vieillards, l'Administration de l'Assistance publique bâtit actuellement un terrain de 39 hectares qu'elle a acheté à Boissy-Saint-Léger ; au mois de mai elle pourra y recevo:r 100 vieillards. Au fur et à mesure des crédits qui seront accordés par le Conseil municipal, des pavillons nouveaux seront élevés; on espère arriver un jour à installer 2500 vieillards dans cet établissement.

On étudie également le plan d'un hôpital de varioleux et d'une annexe de l'hôpital de Berck devenu insuffisant.

Ces besoins vont sans cesse en augmentant dans des proportions exagérées : la statistique démontre que sur 100 étrangers qui viennent à Paris 90 sont pauvres, et une grande partie d'entre ces derniers sont destinés à échouer, la vieillesse venue, dans les hospices de Paris : ce n'est donc pas selon une proportion arithmétique qu'il faut prévoir le développement des services hospitaliers, mais selon une proportion géométrique par rapport à l'accroissement de la population.

Nous voudrions pourtant voir réduire la population de quelques-uns de ces grands établissements, susceptibles de se transformer en foyers épidémiques redoutables, comme la Salpêtrière si cruellement éprouvée par le choléra en 1832, mais surtout en 1849 où, sur 4200 pensionnaires, il y eut 1859 malades et 1402 décès!

Paris en est venu bien lentement à la période d'architecture normale, hygiénique, des hôpitaux ; les convictions des médecins et même des architectes sont loin cependant de faire défaut ; c'est dans les sociétés savantes de Paris, Académie, Sociétés de chirurgie, de médecine publique, etc., qu'ont été élaborés les plans qui se sont réalisés en plusieurs grandes villes de France et même dans la banlieue (hôpital de Saint-Denis) ; plans d'hôpitaux composés de pavillons isolés, composés d'un simple rez-de-chaussée sur caves, et situés dans la zone périphérique où l'air est plus salubre et les terrains moins coûteux.

Espérons donc qu'on en linira bientôt avec cette obstination de bâtir les hôpitaux, et de les rebâtir, quand ils sont brûlés ou trop vieux (comme l'Hôtel-Dieu) dans la zone centrale où les terrains sont relativement hors de prix.

« Avec les sommes dépensées pour la (;pnstruclion de Lariboisière et de l'Hôlel-Dieu, on aurait pu entourer Paris d'une ceinture de 10 hôpitaux de 500 lits, fonder 24 hôpitaux de secours et créer un système de transports aussi confortables que possible. Lariboisière a coûté 10445143 francs; l'IIôtel-Dieu 40 millions environ, total : 50 445 143 francs. -- 10 hôpitaux de 500 lits à 5000 francs

le lit (ce qui suffit pour un hôpital excentrique) auraient coûté 25 millions, 24 hôpitaux de secours de 100 lits à 6000 francs (ce qui suffirait même au centre de Paris, parce que ces petits hôpitaux n'ont pas de dépendances) auraient coûté 14400 000 francs. Les 7400 lits seraient donc revenus à 59400 000 francs, et il serait encore resté à l'Assistance publique une somme de plus de 11 millions pour établir son système de transports et pour le matériel devenu nécessaire, tandis qu'elle a dépensé toute la somme pour fonder 1000 lits en tout » (Jules Rochard).

Les architectes doivent également se rappeler qu'il faut à un hôpital autre chose qu'une situation excentrique et une grande largeur dans son extension superficielle : telles étaient les bonnes conditions réalisées par l'hôpital des Mariniers, construit en quelques mois pendant l'été 1885, dans la partie la plus excentrique du XIY* arrondissement, où le prix minimum des terrains a permis d'étaler, sur une surface relativement étendue, des pavillons légers, ne comprenant qu'un rez-de-chaussée. Mais, en revanche, une discussion récente du Conseil municipal nous apprend que cet hôpital, bâti pour 550 malades et destiné originairement à l'isolement des cholériques, a reçu des malades à partir du 1"' mai 1884, sans qu'on ait au préalable assuré l'écoulement des vidanges et eaux sales qui, pendant un certain temps, ont été déversées en uu puisard communiquant avec la nappe d'eau souterraine de l'argile plastique ! [voy. Robinet, Question relative au système de vidange de Ihôpital des Mariniers, in Bull, municipal off., 21 juin 1884).

Ce qui importe surtout, c'est l'assainissement des hôpitaux d'enfants. Nous disions dans notre Traité des maladies épidémiques (p. 991) que maintes fois nous avions en nous-même félicité les malheureuses familles n'ayant pu, faute de place, faire admettre en ces milieux l'edoutables des enfants auxquels mieux valait continuer leur misère et la privation de soins médicaux.

Des hôpitaux consacrés à l'enfance il faut donc exclure, dans la mesure du possible, tous les contagieux : variole, rougeole, scarlatine, diphthérie, en les transférant d;ms des établissements spéciaux situés autant que possible hors de la ville ou au moins hors des quartiers populeux.

Il en est de même pour les affections contagieuses des adultes et surtout pour la variole, qui en cette catégorie prime toutes les autres ; les faits que j'ai recueillis à Bicêtre ont prouvé, je l'ai rappelé plus haut, que tous les varioleux de Paris pouvaient être hospitalisés hors de la ville sans avoir à subir aucun danger spécial du fait, soit d'un long trajet, soit de leur agglomération.

L'influence des hôpitaux sur la salubrité des quartiers voisins a été signalée spécialement par Bertillon en ces dernières années ; il a mis Jiors de doute la plus grande fréquence de la variole aux environs des hôpitaux de varioleux, fait tenant surtout à notre sens aux contacts entre les personnels de ces hôpitaux et les habitants voisins. Même observation en ce qui concerne la diphthérie, dont la multiplication en certains quartiers nous paraît due non-seulement au voisinages des hôpitaux (Enfant-Jésus et Trousseau), mais au passage, plus fréquent en ces quartiers, des voitures, omnibus, etc., transportant les malades de la ville en ces établissements; on a vu plus hjut la part qui, suivant nous, revient à ces hôpitaux dans le développement de celte maladie chez les soldats de la garnison.

Nos prédécesseurs avaient soin de reléguer hors de l'enceinte les asiles de lépreux, comme Saint-Lazare, dont l'emplacement était alors bien au nord de

la ville, comme la maladrerie de Saint-Germain, qui devint plus tard l'hospice des Ménages, récemment démoli, et qui, à l'époque de sa fondation, se trouvait, comme tout le faubourg Saint-Germain, situé en dehors de Paris.

Nous ne pouvons indiquer par le menu la nature et la fréquence des maladies motivant les entrées aux hôpitaux ; nous nous bornons à indiquer celles de ces maladies qui ont dominé pendant l'année 1882, la dernière dont nous possédons, à cet égard, la statistique :

DESIGNATIOÎS DES MALADIES

AYANT MOTIVÉ l'eNTRÉE DANS LES HÔPITAIX CIVILS DE TARIS.

A. — Maladies infectiedses et épidémiqi'ES.

Fièvre typhoïde

Variole

Rougeoie

Scarlatine

Diphthérie, croup

Grippe

Fièvre intermittente

B. — Maladies a généralisations diatuésiql'ES,

Tuberculoses

Scrofules

Syphilis

Cancer de l'estomac ou du foie

— de l'utérus. .'

Rhumatisme

Diabète

Anémie, chlorose

Alcoolisme

Intoxication professionnelle

— saturnine

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