‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.73Chapitre 61 sur 112 · EXEMPLE · texte numérisé non relu

EXEMPLE

oi loi

oiii soin

oui l'iuiiiie

ui lui

uè (luèpiie

oué fouet

Mais il ne faudrait pas croire que au, ai, eu, œu, ou, sont des diphthongues.

Ainsi que nous l'avons précédemment démontré, ce sont des sons voyelles, qu'on peut appeler, si on veut, polygrammes, par opposition aux voyelles a, é, i, 0, u, qui sont monogrammes.

Il ne faut pas non plus regarder comme de véritables diphthongues ien, ié, iai, ian, ia, ion, que quelques grammairiens ont appelées diphthongues mouillées. On s'est laissé tromper par l'orthograplie, on a dit ié, par exemple, se compose de la voyelle i et de la voyelle é, deux sous différents : donc c'est une diphthongue ; on n'a pas piis garde que ié se prononce comme s'il s'écrivait yé ou illé avec un / mouillé. Ceux qui les ont appelées diphthongues mouillées avaient entrevu la chose, car à la vérité c'est tout simplement une syllabe formée par l'articulation de la consonne //, mouillée, avec la voyelle é. Ainsi :

ien est la même chose que yen, illivi, illain.

ié — yé, illè.

iai — yui, yè, illè, illai.

ian — yan, illan.

ia — ya, illa.

ion — yon, illon.

L'y, ici, n'est pas une voyelle, mais bien une consonne. Qu'on essaye, en effet, de prolonger cette lettre comme cela se fait pour les voyelles, on ne le pourra pas. Ce n'est autre chose que la consonne II, et, de même qu'au point de vue phonétique on peut écrire indifféremment :

ai ou è on peut écrire aussi :

iai, iè, yai, illai.

Il faut également remarquer que les associations de voyelles que nous avons données plus haut comme des diphthongues n'ont pas toujours cette valeur. En poésie, par exemple, il est parfaitement admis que certaines diphthongues sont comptées pour deux syllabes. Nous citerons comme exemple le mot nuage, qui dans la conversation ordinaire a deux syllabes, tandis (|ue dans un vers il devra en former trois par suite de la disparition de la diphlhongue lia; exemple : nu-a-ge.

Celte séparation des deux éléments de la diphthongue est ce qu'on appelle une diérèse.

Yaïsse a émis sur les diphthongues une opinion que nous ne partageons pas, mais que nous ne pouvons passer sous silence, vu la notoriété scientifique de l'auteur.

Pour lui, ce qu'on appelle généralement diphthongue n'existe pas. C'est une syllabe ordinaire composée d'une consonne et d'une voyelle. Des deux éléments d'une diphthongue, dit-il, il y en a un qui est nécessairement une consonne.

A dire vrai, nous n'avons pas trouvé quelles étaient les raisons pour avancer cette proposition. Nous avons bien vu que pour Yaïsse la voyelle est caractérisée par un étal particulier de tension des parois du pharynx sous l'action des muscles constricteurs de cette cavité, état de tension qui se produit exclusivement pour les voyelles, et nous croyons que dans sa pensée, l'un des éléments de la diphthongue, étant accompagné de cette tension caractéristique, la diphthongue est détruite et devient une syllabe ordinaire.

C'est ainsi que pour lui ou, comme dans les mots ouate, oui, oie, oint, est une consonne; de même pour u dans huit, nuage, lueur, suant.

« L'on ne comprend pas, dit encore cet auteur', comment ceux qui ont défini les diphthongues n'ont pas été frappés de ce fait que toutes les voyelles ne paraissaient pas, après tout, susceptibles de se soumettre à cette union prétendue, à cette fusion de leurs valeurs, et comment ils ne se sont pas demandé à quoi il tenait que telles voyelles en se rapprochant pussent former une diphthongue, tandis que telles autres ne le pouvaient pas; pourquoi, par exemple, on peut réunir en une syllabe ia et ai (ail) et non pas éa et aé. »

Nous répondrons à cela que cette impossibilité n'existe pas. De ce qu'en français on ne prononce pas éa et aé d'une seule émission de voix, il n'en faudrait pas conclure qu'on ne le peut pas. Cette impossibilité réside uniquement dans les règles de la prononciation française, car l'italien et l'espagnol considèrent éa et aé comme des diphthongues dans une infinité de mots.

Donc cet argument tiré de l'impossibilité de former des diphthongues par l'association de telles ou telles voyelles ne nous paraît pas fondé et nous croyons au contraire, pour notre part, que toutes les combinaisons possibles de voyelles entre elles sont considérées comme diphthongues dans quelque langue.

Kersten fait remarquer, avec beaucoup de raison, qu'il est bien plus facile d'exécuter les mouvements labiaux d'avant en arrière que d'arrière en avant. C'est ce qu'expliquent les affinités des voyelles pour former des diphthongues.

Nous ajouterons que ce mariage de voyelles, où chacune d'elles conserve son individualité tout en constituant, grâce à cette union, un tout différent de chacune d'elles, nous paraît être enharmonie complète avec ce que nous observons, et celte fois sans conteste, pour les consonnes dites doubles. ' Art. Parole dans le Supplément de l'Enctjclopédiemod., p. 277.

Personne ne songe à nier que bl, br, pi, br, gl, etc., ne soient des combinaisons dans lesquelles chacune des consonnes garde sa prononciation particulière tout en se prononçant cependant dans une seule articulation ; en un mot, ne sont-ce pas e'galement des diphthongues? Et si en français ces consonnes doubles ne sont pas plus communes, la raison en est dans le génie de notre langue qui, sans être dure, ne présente pas cependant les articulations douces de l'italien et de l'espagnol. Le français à ce point de vue nous semble être une langue intermédiaire. Voyez en effet l'allemand, l'anglais, le russe, les articulations doubles y sont plus fréquentes que chez nous, tandis que dans l'espagnol ou l'italien nous n'en rencontrons que fort peu.

Bien que j'aie l'occasion de revenir tout à l'heure sur les consonnes diplithongues, je tiens cependant à montrer immédiatement la différence qui sépare la diphtiiongue voyelle delà diphthongue consonne. La diphthongue voyelle, quelle que soit la rapidité de sa prononciation, peut toujours se décomposer ; c'est un son composé dont il est toujours facile de dégager les deux composantes. Il n'en est pas de même de la diphthongue consonne. Le son initial peut rtre modifié plusieurs fois, mais il n'est pas possible de le décomposer. Et, bien qu'il soit possible de séparer les deux éléments qui forment la diphthongue consonne, tous deux n'existent pas à part comme sons ; il n'y a toujours qu'un seul son.

Pour nous donc il y a des diphthongues voyelles, et, quant au mécanisme de leur prononciation, il n'y a qu'à les décomposer pour le connaître.

Pour la diphthongue oi, par exemple, qui se prononce oua, il faut faire les manœuvres nécessitées par ou et par a et prononcer ces deux sons en une seule émission de voix. De même pour toutes les autres diphthongues.

Consonnes- Qu'est-ce qu'une consonne ?

C'est une définition bien difficile à donner et qui. en tout cas, nécessite quelques explications préalables destinées à faire bien connaître la nature de la consonne.

Le mouvement d'inspiration ayant introduit de l'air dans les poumons, si le courant d'air expiré s'échappe par le larynx en faisant vibrer les cordes vocales, il se produit des sons ; l'expiration est dite sonore. Si pour une raison quelconque le passage du courant d'air à travers le larynx n'a pas mis les cordes vocales en vibration d'une manière régulière, l'expiration s'accompagne d'un simple bruit; l'expiration est dite muette. Cette expiration muette ou sonore peut être utilisée pour la parole à haute voix et la parole à voix basse ou chuchotée.

Le? voyelles elles-mêmes, qui, ainsi que leur nom l'indique, sont des sons, peuvent cependant être produites à voix basse, c'est-à-dire sans le secours des vibrations laryngiennes, mais par la simple résonnance dans la cavité buccale du bruit du courant d'air expiré.

Si maintenant nous prenons cette voyelle produite par une expiration sonore ou muette et qu'à l'ouverture de la bouche modifiant la caisse de résonnance nous ajoutions des obstacles nouveaux provenant delà position de la langue ou des lèvres, nons aurons la consonne.

La consonne est donc le résultat de manœuvres spéciales de la langue ou des lèvres ayant pour but de modifier la sortie naturelle de Vair expiré, que cette expiration soit muette ou sonore.

Il résulte de la définition même que nous venons de donner de la consonne que les manœuvres spéciales de la langue ou des lèvres jouent le plus grand

rôle dans leur production. C'est donc ce mécanisme que nous allons étudier maintenant.

Parmi ceux qui se sont le plus distingués dans cette étude, nous citerons Millier S Kersten-, Steplien de la Madelaine% Gerdy*, Fournie*, Morin% Vaïsse'^, Milne-Edwards^, etc. Mais il est regrettable de dire que des résultats complètement différents séparent trop souvent des observateurs également recommandables.

Nous ne voulons pas donner ici la liste complète des classifications proposées, mais nous pensons cependant qu'un tableau récapitulatif, comprenant quelquesunes d'entre elles, ne serait pas inutile pour résumer brièvement les opinions des auteurs et faire connaître l'état de la question.

Il est une préoccupation qu'on retrouve dans un grand nombre de classifications : Quelles sont les consonnes qui peuvent être prolongées ou soutenues? Quelles sont celles qui sont explosives? Au premier abord ces questions ne paraissent pas d'une importance capitale, mais, si on se reporte à l'époque où elles furent émises et que l'on considère que les voyelles étaient souvent définies des sons qui peuvent être proloiigés, on voit que le motif de cette investigation était de savoir si certaines consonnes ne pourraient pas être classées parmi les voyelles.

C'est ainsi que Kersten, Mûller, Vaïsse, ont partagé les consonnes en deux grandes catégories : 1" consonnes souteimes; 2° consonnes non soutenues ou explosives.

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