‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales Volume 91Chapitre 138 sur 145 · SOURDS-MUETS EN NORVEGE · texte numérisé non relu

SOURDS-MUETS EN NORVEGE

NOMBRES ABSOLUS. Sur 1000 liabilants

Masculin. Feminin. de sourJs-mucts ?

Idiots et aliene's. Le nombre des idiots parait osciller assez irregulierement, quoiqu'il s'eleve a 3650 (1875). Quant au nombre des aliene's, il augmente en Norvege comme dans tous les autres pays de 1'Europe :

POUR 1000 HABITANTS, COMBIEN D'lDIOTS ET 1/ALIENES?

Idiots. Alienes.

Le nombre des idiots I'emporte constamment un peu sur celui des femmes idiotes. 11 est remarquable que la proportion est inverse pour les aliene's.

Phthisie pulmonaire. Nous ne pouvons insister sur la frequence des differentes maladies en Norvege, d'autant plus que, malgre le service medical organise dans ce pays, la moitie seulement des causes de mort sont determinees. Cependant nous ferons une exception en faveur de la phthisic, a cause de 1'importance toute speciale de cette cause de mort.

Une brochure de M. le Dr L. Dahl, directeur du service sanitaire, nous rensei^ne sur cette maladie. Comme les cliiffres qui se rapportent a la frequence des differentes causes de mort sont tous incomplets en Norvege (la moilie des causes etant determinees), M. Dahl n'a pas pu comparer le nombre des cas de deces par phthisic a la population. Fallait-il supposer la phthisie aussi frequente

D1CT. EKC, 3e S. Ml. 51

parmi les cas indetermines que parmi ceux qui out ete 1'objet d'une enquele? Quoi qu'il en soil, M. Dahl a pensc plus prudent de baser son travail sur la proportion des cas de phthisie parmi les causes de mort deter mine'es.

Le de'faut de ce genre de calcul n'a sans doule pas echappe a son auteur ; c'est que sa grandeur depend de deux inconnues qui sont d'abord la frequence de la phlhisie, puis la frequence des autres maladies. Le chiffre qu'on obtiendra ainsi est done un resullal cemplexe et qui ne permetlra que des comparaisons tres -prudenles. Pour echapper autant que possible a ce reproche, M. Dabl a mis de cole les deces par maladies epidemiques parce que ce sont celles qui fournissent a la mort les contingents les plus variables, et c'est apres en avoir fait la deduction qu'il a compare entre elles les difierentes prefectures de Norvege.

Voici d'abord quelles sont les conclusions generales de M. Dahl :

Sur 100 deces par cause counue, la proportion des cas de phthisie a ete, en 1871-1875, de 14,5.

Si Ton fait deduction des deces par maladies epidemiques, ce rapport s'eleve a 23,2 pour 100.

Si 1'on suppose la phthisie aussi frequenle parnu les deces dout la cause n'a pas ete de'termine'e, la mortalite annuelle due a cetle cause serait de 2,5 deces annuels par 1000 habitants.

Si nous e"ludions la frequence relative de la phthisie parmi les decedes (de duction faite des deces par maladies epidemiques) , nous trouverons que, en termes geueraux, cette maladie est surtout frequente dans 1'extreme sud de la peninsule, ou Ton compte de 30 a 40 phlhisiques sur 100 decedes. Hors de la partie la plus meiidionale, la presqu'ile presente une proportion bien moindre de phthisiques : 15 a 25 pour 100 deces, en general; mais cetle proportion s'abaisse generalement dans les parlies les plus occidentales.

« La frequence de la phthisie dans les diffe'rentes contrees du pays ne parait pas dependre essentiellement du climat ni des conditions geologiques », dit M. Dahl dans ses conclusions.

Relativement a 1'age et au sexe des phthisiques, M. Dahl remarque la frequence beaucoup plus grande de la phthisie parmi les femmes de cinq a vingt ans. Le nombre des phlhisiques femmes depasse celui des phthisiques hommes de 56,6 pour 100, et pourtaut a cet age le nombre des hommes vivants depasse un peu celui des femmes. « Le nombre des femmes mortes de cette maladie surpasse celui des hommes pour 1'age de :

5 a 10 ans, de 41 pour 100.

10 a 15 ans 88

15 a 20 ans 48

« Cela ne peut guere resulter, dit I'auteur, quedu fait que pendant les longs hivers les jeunes filles sont le plus souvent occupees a la maison, dans de petites chambres mal aerees, tandis que la vie au grand air que menent les garcons plus que les filles vainc les germes de la maladie. »

Nous avons essaye dans les pages qui precedent d'etudier les populations suodoise et norvegienne. C^s peuples que tant de motifs rendent dignes d'inte'ret, de sympathie, se signalent notamment par la faiblesse de leur mortalite. Quoique la vie soil dure a gagner en Suede et surtout en Norvege, le sol n'offrant que

SUELTO. 803

pcude ressources, il n'est point de pays oil 1'existence soil plus longue et expnsee a moins de danger.

Cependant nous voyons Suedois et Norvegiens fuir en foule ce climat qui leur est si favorable, pour al'er chercher aventure en Amerique, et s'y perdre dans une population ctrangere, tendance aussi funeste a leur patrie qu'a leur propre interet. Mais les hommes, que le ?oin de leur longevite semblerait devoir toucher plus que celui de leur fortune, se soucient pourtant si peu de cet avantage qu'ils ne font rien pour 1'acquerir quand ils ne 1'ont pas , ni pour le conserver quand ils en jouissent. JACQUES BERTILLON.

BIBLIOGRAPHIE. - - I. SUEDE. Expose' stalistique par le Dr Eli Sidenhladh, directeur du bureau central de statislique (redige a 1'occasion de 1'Exposition universelle de 1878). - Aperfnde lave'ge'tation et desplantes cultive'es de la Suede, par le profpseeur N.-J. Anderpson.

Les renseignements statistiques et notamment les renseignements demographiques de la Suede sont les plus anciens de PEurope. Les publications officielles qui Irs contiennent porlent le litre suivant : Bidrag till sveriges officie/a Statistik. Ils torment 24 series consacrees anx sujets les plus divers. Les series A (Befolkningsstalistik, stalistique de popu lation) ; K (flelso-och Sjukvaarden, service de sante et <Jes hopitaux), sont les plus importantes au point de vue demographique. Un resume excellent de la stati?tique de population

depuis le milieu du dix-huitieme sieclepar an sons le titre de Elements demographiques de la Suede. De nombreuses indications en franqais permettent a 1'etranger d'e"tudier ce volume sans difticulte.

Plnsieurs travaux recapitulatifs sur la Suede ont paru dans les Annales de Demographic : Motivement de la population en Suede, introduction aux taliloaux conrernant 1'annee 187") (Annales de Demographic, 1X78). — Relation enlre le nombre den nes vivanls et celui de lews survivants en Suede, avec un diagramme tir6 hors texte, par M. Elis Sidenbladh (Annales de De'mographie, 1879). — Da ge'mellite' en Suede, par M. le doctcur F.-Th. Derg (Annales de Ddmographie, 1880).

Enlin la revue suedoise Statistisk Tidskrift publiee par le bureau central de statistique contient d'excellentes etudes.

II. NORVEGE. La Nonage et le penple norvdgien, par le Dr 0. Rroch, ancien ministre. Christiania, 1878.

LPS publications stalistiqnes de la Norvege portent le titre snivant : forges officielle Sfatixtik, avec un sons-litre indiquant 1'objet special fie cliaque serie de publications. Nous at'irons ('attention eur IVxcellent volume recapitulalif ayant pour titre : Tabe/fer vedkommende Folkemoengdens Bevasgelse i aarene, 1851-1870. — De nombreupes indications on t'ranQais en facilitent la lecture. -- Annuaire statistique de la Norvege (en frangais) com mence en 1879. J--B.

SUEDOISE (GYMNASTIQUE). Voy. GYMNASTIQUE. SUEDOISES (PILULES). Ces pilules sont ainsi composees :

V Calomel 6 grammes.

Kermes mineral 4

Snlfure noir He mercure ^

Mie de pain q. s.

Faire lit pilules.

SUELTO (GARCIA). Medecin espagnol distingue, ne a Madrid le 29 decembre 1778. II fit ses etudes scientifiques a 1'universite d'Alcala de Henares et se perfectionna en meme temps dans les langues Inline et grecque ; une fois pourvu du grade de bachelier es arts et es medecine, il se rendit a Madrid pour y suivre pendant deux ans les lecons de Severo Lopez, medecin du roi el professeur a 1'Ecole royale de clinique interne. Apres avoir ete recu licenci^, il obtint une place de medecin dans I'hopital general civil et militaire de Madrid,

804 siLi/iU.

place nouvellement creee pour reconnaitre son merite comme polyglotte ; il y portait en effet le titre de medecin des e'trangers.

En 1810, un grand enthousiasme regnait en Espagne au sujet des nouvelles decouvertes en electricite et en galvanisme. Suelto saisit cette occasion pour faire connaitre a ses compatriotes le remarquable Traite sur le galvanisme public par de llumboldt; il enrichit sa traduction de notes fort curieuses qui contribuerent a augmenter sa reputation.

Suelto connaissait a fond la litterature medicale francaise; en 1804, il traduisit en espagnol les Recherches physiologiques sur la vie et la mart par Bichat, en 1805, les trois premiers volumes de Y Anatomic medicale de Portal, et a la meme epoque commenca la publication, de concert avec Ballano, d'un Dictionnaire de me'decine et de chirurgie, in-4°, dont 7 volumes avaient paru au moment de sa mort.

En 1807, sur la proposition du baron Larrey, il fut nomme medecin ordi naire de 1'armee francaise en recompense des soins devoues qu'il avait donnes aux blesses francais. Lors de la creation, en 1810, du Conseil supreme de saute publique, Suelto en devint 1'un des membres; il etait des lors assimile aux inspccteurs gi'neraux de sante.

En 1812, il suivit 1'armee frangaise lors de sa retraite de Madrid a Valence, puis ci Sarago.sse; il vint en France en 1815, et le gouvernement lui confia aussitot la direction de 1'hopital militaire d'Aucb et plus tard de celui de Montauban, ou il resla jusqu'en 1815. 11 vint alors se fixer a Paris, ou il ne tarda pas a jouir d'une reputation meritee. II devint en 1816 membre de la Societe do la Faculte de medecine, de 1'Athenee de medecine, de la Societe du cercle me dical (nom que portait alors 1'Academie de medecine), et publia cette meme annee dans la Bibliotheqiie medicale un Me'moire contre la pretendue incombustibilite du charlatan Mariano Chacon et une notice pleine d'erudition Sur la medecine des Arabes; dans le Journal universel des sciences medicales, il insera a la memeepoque un savant memoire Sur la medecine espagnole .

Cette brillante intelligence s'eteignit prematurement. Suelto mourut a Paris le 10 septembre 1816, age seulement de trente-huit ans.

Suelto etait a ses beures versificateur et homme de lettres ; nous n'avons riea a dire ici de ses productions litteraircs, qui sont, parait-il, tres-estimees en Espagne. L. H>-.

FIK DU DOUZ1EME VOLIMK DE L^. TRUlSltME SER1E

Page 1