Du sens.de « frapper de coups répétés », on a passé, par
Battre] du français. 59
connexion, à ceux de « produire ou subir des mouvements de va-et-vient » et de « produire des sons répétés ». Battre en retraite, c'est proprt exécuter la batterie de tambour qui commande le mouvement de retraite, d'où exécuter ce mouvement. Se battre, c'est proprt lutter ensemble en parlant de deux adversaires ; de là on passe à Tidée pure et simple de « lutter », par suppression de l'idée de réciprocité, et on peut dire : « se battre contre ou avec quelqu'un ». Substantif verbal de battre : batte, instrument de blanchisseuse, sabre de bois d'Arlequin, etc. Substantifs participiaux : battuç, spécialement action de battre les bois; battant, partie battante de certains objets. Dérivés : battement du cœur, d'ailes, etc. ; batterie^ action de se battre (aimer les batteries), action de battre les métaux, et produits de cette action (batterie de cuisine), action de biattre une position ennemie et instrument de cette action {batterie d'artillerie et, par comparaison, batterie électrique), sons produits par l'action de battre {batterie de tambour), etc.; bataille (d'où batailler, batailleur), ensemble de combats, ordre de combat (en bataille rangée) et aussi, jadis, corps de troupe, d'où le dérivé bataillon; battoir, instrument pour battre le linge; batteur {batteur d'estrade, proprt batteur de routes, v, estrade), batteuse, machine pour battre le blé.
2. Composés : abattre, proprt faire tomber en battant, et rabattre^ abattre en ramenant à l'état primitif, d'où : abat^ tement, qui ne s'emploie plus qu'au figuré, abatage, abatis (parties abattues d'une volaille qu'on pare), abatteur et rabat^ teur, abattoir; rabat, action de rabattre et résultat de cette action (pièce du col rabattue); mots composés commençani par abat- ou rabat-, abat-jour, rabat-joie, etc.; débattre, agiter une question, et se débattre, s'agiter fortement, débat, action de débattre; s'ébattre, proprt s'agiter en dehors, et, par connexion, se divertir en s'agitant, d'où ébats, ébattement; combattre, proprt battre avec, par conséquent lutter, d'où combat, combattant, combatif, comba* tivité; rebattre, battre à nouveau et fréquemment [rebattrs les oreilles).
3. Sur basculer, qui contient le verbe battre, voy. cul. Courbatu (d'où^ courbature) signifie proprt court-battu, battu à bras raccourcis, d'où : ressentant une grande lassitude dan? tous les membres; sur courbature a été fait courbaturé, qui remplace courbatu*
60 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [BâZar
Bau, V, balcqn.
Baudet) diminutif du vieux français baud, germanique baldy auquel se rattachent Tarchaïque s'ébaudir et son dérivé ébaudissement. Baudet signiQe donc proprt animal guilleret. (Il ne semble pas possible de le tirer, comme on l'a proposé, de Tanglais bald, chauve.) Cf. ribaud.
Baudrier, o. balzan. Baudruche, bauge, mots
d'origine inconnue.
I Baume (composé embaumer) nous vient de l'hébreu par rintermédiaire du grec et du latin balsamum. Dérivés savants : balsamine, nom d'une fleur qui entrait dans la composition d'un baume, et balsamique.
Bavard, bavardage, bavarder, o. bave.
Bavaroise, boisson que des Bavarois se faisaient servir au café Procope.
Bave, onomatopée, exprimant à la fois une idée de salive et de babil. A l'idée de babil se rattachent les dérivés bavard, bavarder, bavardage; à Tidée de salive écumeuse : bavette, baveux, baver, bavure.
Bavolet, V. voler ^. Bayadère, u. bal.
Bavure, v,.bave.
Bayer» Le verbe du latin populaire "batare, d'origine inconnue, et son fréquentatif *batacalare ont produit : d** 6aer, d'où bayer et jadis aussi béer : 2» baaillery bâiller, d'où bâillement, bâillon (qui empêche de fermer la bouche), entre-bàiller. Béant est le participe présent et bée (jadis béée), dans « bouche bée », le participe passé féminin de la forme béer, ce dernier employé substantivement avec l'orthographe baie, pour désigner une ouverture béante, au figuré une mystification. Sur bégueule, voy. gueule.
— A la racine de *batare, par l'intermédiaire de formes méridionales, se rattachent badaud, badin, proprt celui qui va bouche bée; mais badin, par l'intermédiaire de « qui fait rire », a passé au sens favorable de « qui plaisante agréablement », dérivé badiner, d'où badinage et badine (baguette légère, comme pour badiner).
— On a voulu rattacher à la môme racine aboyer, jadis abaier, mais ces formes s'expliquent mieux par l'onomatopée.
Bazar, mot persan.
Bel] DU FRANÇAIS. 61
Bé; préfixe, V. bis 2. Béant, u. bayer.
Béaty emprunté du latin beaturriy bienheureux, s'est à peu près restreint à la langue religieuse, particulièrement dans les dérivés béatitude, béatifier, mettre au rang des bienheureux, des saints. Béat a pris une acception péjorative.
Beau, V. bon. Beaucoup, v. coup.
33aupré9 altération de l'anglais bowsprit. Beauté, V. bon. Bébé, v. baby.
BeCf mot celtique. Dérivés : bécasse, bécassine, oiseaux au long bec; béquille, canne à traverse en forme de bec; bé^uée, béqueter; bec-figue, pour bèqae-figue; bédane, proprt bec de canard, v. cane; bec de corbin (de corbeau); îiéjaune, pour bec jaune, oiseau qui a encore le bec jaune d'où niais (niais lui-même implique une figure semblable, V. nid) ; se rebéquer, proprt retourner son bec contre quelqu'un, comparez rébarbatif au mot barbe.
Béearre, emprunté à l'italien, signifie b carré, comme bémol signifie b mol (arrondi).
Béoasse, bécaaoiiie, bec-d&oorbin, beo-figue, v. bec.
Béchamel, saux» ainsi nommée en l'honneur de M. de Béchamel, gournwt du xvii® siècle.
Bêche, dérivé bêcher, ori- Bedaine, bedon, origine
gine incertaine. inconnue.
BêchLque, v. toux.
Bedeau» d'abord « huissier », origine germanique.
Bedon, v. bedaine. \ Bée, u. bayer.
Beffroi, origine germanique.
Bégaiement, bégayer, v. dérivé bégayer, d'où bégaie-
bègue. • ment. Cf. balbutier.
Bégonia, v. acacia. Bégueule, v. gueule. Bègue, origine inconnue;
Béguine, religieuse de l'ordre fondé par Lambert le Bègue ; un béguin est une coiffe comme en portaient les béguines; a avoir un béguin pour quelqu'un », en être coiffé, toqaé.
Beige, Vr^bis i. Béjaune, v. bec.
Beignet, origine inconnue. Bel, v. bon.
62 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Berline
Bêler, d'où bêlement, est le latin balare modifié par onomatopée.
Belette, v, bon.
Bélier, belin, désignent proprt le mouton h la clochette ; cf. le flamand bell, clochette. Autre dérivé : bélière, dont le sens primitif est : anneau portant le battant d'une cloche.
Bélître, allemand bettler, mendiant, sens primitif du mot français.
Belladone, de l'italien bella donna (belle femme), plante utilisée en Italie pour le fard.
Bellâtre, v. bon. Belvédère, v, voir*.
Belligérant, belliqueux, v. Bémol, v, bécarre*
deux^.
Bénédicité» proprt bénissez, impératif du verbe latin d'où vient bénir, v. dire *.
Bénédictin, religieux de l'ordre de Saint-Benoit, Benedictas en latin, v. dire^.
Bénédiction, v, dire^. Benôt, v. dire^.
Bénéfice, bénéficiaire, bé- Bénévole, v. vouloir,
néficier, v. faire''.
Bengali, oiseau du Bengale.
Bénin, bénigne, bénigrnité. Bénir, bénitier, v. dire <.