Casse d'imprimerie, v. 3. Casse, action de casser
châsse. voy. le suivant.
Casser est le latin quassare, formé sur le supin qaassum du verbe quatere qui signifie secouer (au sens juridique, le mot vient peut-être d'un autre verbe latin, cassare, annuler).
1. Substkntif verbal : casse; dérivés : cassation, casse> ment (de tète), casseur, cassure, incassable, casson, cassonade (sucre cassé): composé : concasser, proprt casser ensemble. Casse-museau, coup sur le visage et gâteau qu'on se jetait à la tète dans certaines fêtes populaires. V. fracasser,
2. Les composés latins de quatere, quassum, sont en -cutere, -cussum. De là discuter {v, dis-), discutable, indiscutable, et discussion; le sens propre de discuter est secouer en séparant, d'où agiter une question. De là aussi le mot de la langue médicale percuter, dont la langue ordinaire a le dérivé percussion et le composé répercuter (proprt frapper en retour), sur lequel a été fait répercussion. Nous n'avons pas emprunté le verbe concutere, secouer fortement, ébranler, d'où au figuré extorquer, mais nous avons le dérivé concussion et concussionnaire.
3. Les deux seuls composés de quatere qui aient passé en français par la voie populaire sont : 1® succutere (agiter de bas en haut), en vieux français secourre, devenu secouer par changement de conjugaison, et dont l'ancien participe féminin secousse est employé substantivement; 2^ excutere, secouer pour retirer, en vieux français escoarre, surcomposé rescourre, dont nous connaissons encore le substantif participial rescousse par la locution archaïque : à la rescousse.
Casserole, origine dou- Cassette, v. châsse.
teuse. Cassis, origine inconnue.
Cassolette^ espagnol cazoleta.
Cassonade, cassure, v. cas- Caste, u. chaste.
ser. Castel, v. château.
Castagnette, v. châtaigne.
Castor, grec kastôr, d'où castorine.
Castrat, castration se rattachent au verbe latin castrare^ mutiler, qui est devenu châtrer en formation populaire.
Casuel, casulste, casuistique, v. choir.
104 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Cautère
Cata-9 préfixe d'origine grpcque (cf. cadastre, au mot acrostiche) ^ signifie proprt de haut en bas (sans passer un échelon, d'où résulte aussi une valeur distributive). La préposition grecque kata avait passé en latin populaire notamment dans l'expression cata unum, *catunumj <c par un », d'où le sens de : chacun. D'autre part, l'indéfini latin quisque (chaque), suivi du même unum, avait produit au nominatif *qaiscunus qui avait le même sens que ^catunum. Ces deux mots se sont fondus en *cascunum, d'où le français chascun, chacun, et de chacun nous avons tiré chaque. De telle sorte . que, dans chacun et chaque, la syllabe cha- est la forme populaire du préfixe grec kata-, et c ou qu qui suit est ce qui reste dans ces mots de l'indéfini latin quisque, qui avait le sens de chaque.
Cataclysme» originairement inondation, se rattache au verbe grec kluzein, qui signifie arroser, nettoyer. On retrouve ce verbe dans clystère, et on a sans doute la racine latine correspondante dans cloaca, cloaque, égout (qui nettoie en réunissant les immondices, d'où le sens de réduit infect).
Catacombe, mot italiea d'origine incertaine.
Catafalque, v. échafaud. Catalpa, origine inconnue.
Catalepsie, t;. épilepsie. Cataplasme, v. plastique.
Catalogue, cataloguer, v.
logique '.
Catapulte, mot latin d'origine grecque, apparentéÀ pousser. Cataracte, mot grec, proprt <c qui se précipite ».
Catarrhe, v. rhume, Cs^tégorie, catègorlqn^e, v.
Catastrophe, v. strophe. allégorie.
Catéchiser, catéchisme. Cathédrale, v. chaise.
catéchumène, v. écho. Cathode, v. épisode.
Catholique, v, olographe,
Catin, abréviation familière de Catherine ; c'est un exemple de nom propre employé dans un sens péjoratif.
Catogan, déformation de Cadogan, nom d'un général anglais du xviii'^ siècle. Cf. cadenette.
Cauchemar, v. chausser, causer, causerie, causette.
Caudal, caudataire, v, causeur, v. chose, queue. Caustique, v. brûler.
Caudex, v. coche 2. Cauteleux, v. caution.
Causal, oausalité, cause, Cautère, cautériser, cau-
térisation, V. brûler.
Ce] DU FRANÇAIS. 105
Caution, latin cauiionem, se rattache au verbe cavere^ supin cauium, qui signifie prendre garde. Une caution est une garantie; dérivés et composés : cautionner, cautionnement, précaution, se précautionner. Un homme cauteleux prend garde, se défie ; ici le sens s'est compliqué d'une idée accessoire de finesse hypocrite; cauteleux est fait sur l'ancien français cauièle, latin cautelOy défiancis.
Cavalcade, cavale, cavalerie, cavalier, v. cheval,
Cavatine, mot italien.
Cave, adj. (des yeux caves), est tiré de Tadjectif latin cavum, qui signifie creux, et le substantif cave est le même adjectif employé substantivement.
1. Dérivés : caveau, cavité, concave et concavité, caverne et caverneux ; excavation ; encaver, d'où encavage et encaveur. Chai (entrepôt de vins) pourrait être la forme populaire d'un dérivé de cauum. Nous avons emprunté à l'italien un verbe caver, qui se rattache à la même racine, avec le sens spécial de creuser sa^ poche pour en extraire la somme qu'on engage au jeu; cette somme a été désignée par un nouveau substantif cave, tiré de ce verbe caver; le joueur est décavé quand il a perdu sa « cave ».
2. De l'adj. cavum, le latin avait tiré les substantifs cavea et *caveola altéré en gavèola, l'un et l'autre ayant le sens de u loge d'animal, cage », qui sont devenus en français cage, forme originairement dialectale, Bijaiole, auj. geôle. Composés : encager au sens propre et enjôler au sens figuré, d'où enjôleur. Après avoir eu le sens de cage, geôle, par une figure facile ^ comprendre, a pris celui de prison, d'où geôlier. La forme provençale de cage, u gabi », au sens figuré de hune, a engendré gabier, nom d'un matelot qui se tient dans les hunes.
Caveçon, v. c<i^ A. Caverne, caverneux, oa^
vite, V. cave.
Caviar, mot d'origine turque.
Ce, pronom neutre, est le latin ecce-hoc. Sur le préfixe ecce qui a produit iç-, ç-, voy. ici.
1. Le pronom hoc signifie à lui seul « cela »; la locution toute latine ad hoc équivaut h « pour cela », une réponse ad hoc est celle qui convient pour la circonstance. Ce mot est représenté dans le pronom proclitique ce par un simple e après le piréûxe' ç-, il est plus reconnaissable dans avec
106 DICTIONNAIRE ÉTÏMOLOGtOUE [CCCÎ
= av-ec (y. ce mot), et plus encore dans l'affirmation provençale oc, qui signifie proprt(c cela, c'est cela ». La vieille affirmation française est la même, avec le pronom personnel en plus : « Est-il venu?— 0 (=oc) il (l'a fait) »; puis oil s'est employé quel que fût le sujet du verbe non exprimé de la réponse, et ultérieurement oil est devenu oui (d'où l'exclamation familière ouiche) par la chute de / final et par le changement régulier de l'o initial en o«.
— Le latin hoc a la valeur non plus de pronom, mais d'adjectif dém. masculin, dans hodie, ce jour, dont le français a fait le vieil adverbe ai, hui; aajourd'hui équivaut étymologiquement à « au jour de ce jour ». Dans hui, c'est hu- qui représente le latin /lo-, -i est ce qui reste du mot latin signifiant jour, que nous avons conservé dans mi-di {v. jour).
— Hoc est donc devenu, dans la composition des mots français dont il fait partie, tantôt ce, tantôt ou, tantôt ui en se combinant avec di, tantôt simplement e.
2. Ce démonstratif latin s'employait adverbialement sous les formes hic et hac = dans et vers cet endroit. Ce sont ces deux mots qui, précédés du préfixe, sont devenus en français ici, ci et çà. Hic est conservé tel quel dans la locution « c'est là le hic » qui équivaut à : c'est dans cet endroit que git la difficulté. On avait également hue = par là, d'où peut-être hucher, appeler en criant, expliqué aussi comme germanique.
3. Hac était aussi une forme adjective du féminin. Hac (ou *ha)- hora, qui signifie à cette heure-ci, est devenu ore, or {ores, ors, avec 1'* adverbiale), dont le sens primitif est « maintenant », de même que illa hora (v. il) a donné lopj lors (d'où alors, et lorsque), dont le sens primitif est à cette heure-là. Dans ces deux mots, l'o représente la fusion de l'a du démonstratif féminin et de l'o du substantif hora, lequel 0, sans démonstratif agglutiné, a donné en formation populaire la voyelle eu du mot heure, voy. ce mot.
Ce adjectif, cet, cette, se composent du préfixe latin ecce^ réduit à ç- [v. ici) et du démonstratif latin istum, féminin istam. De là les vieilles formes : masculin cest, devenu cet, et même ce devant les consonnes; féminin ces/e, devenu cette. Le pluriel ces, des deux genres, est une forme contractée.
Céans se compose de ça (voy. ce, pronom ^) et de ans, sur lequel voyez en. A,
Ceci. Dans ceci, cela, abrégé en ça, celui-ci, celle-ci, celui-là, etc., les adverbes ci et là (v. ici et il) sont de simples
Céder] du français. 107
renforcements des pronoms démonstratifs (voy. ce, pronom, et celui), déjà renforcés dans le latin populaire par le préflxe devenu ç-; ce préfixe se trouve deux fois dans ceci (= ecce hoc ecce hic), celui-ci, etc.
Cécité se rattache au latin caecum, aveugle, conservé tel quel dans le nom de la première partie du gros intestin, qui forme cul-de-sac.
CédePy du verbe latin cedere, supin ceksum^ qui signifie proprt aller, d'où s'en aller, renoncer, abandonner.
1. Dérivés : cession, cessionem, cessible et incessible; cesser, cessare, ne pas continuer, interrompre, d'où cesse, cessation, incessant, continuel, incessamment, sans interruption entre le moment où l'on parle et celui de l'action du verbe, par conséquent à très bref délai.
2. Composés de ce verbe au sens transitif d'abandonner : concéder (v. corn-), d'où concession, sur lequel a été fait concessionnaire; rétrocéder, — d'où rétrocession, — et recéder, de formation française, qui ont la même valeur étymologique {v, re-^), mais entre lesquels l'usage a établi des nuances de signification.
3. Composés de ce verbe au sens primitif d'aller. — Accéder, proprt aller vers, d'où se rallier à (un désir); dérivés : accès avec les sens divergents de « possibilité d'approcher » et de « atteinte d'un mal »; accessible, accession; accessoire, proprt qui se joint à, d'où, par connexion, if qui n'est pas le principal »; accessit, forme toute latine qui signifie « il a approché ».
— Avec le préfixe pro-, on a procéder, proprt aller en avant, avancer, au propre ou au figuré, d'où u sortir de, être engendré par )),.et « agir d'une certaine manière »; les dérivés processus, forme latine, avec son doublet procès, procession, procédure et le substantif participial procédé, expriment tous les cinq, en principe, l'action d'avancer, mais chacun d'eux a été spécialisé arbitrairement, processus dans le sens de marche progressive (particulièrement des idées), procès, d'où processif, dans le sens de poursuite judiciaire, procession dans le sens de marche solennelle, procédé dans le sens figuré de manière d'agir, procédure dans celui de manière régulière d'agir en justice ; cf. progrès, au mot grade.
— Avec le préfixe inier- on a intercéder (d'où intercesseur, intercession), proprt aller dans le milieu, intervenir, d'où solliciter en faveur de quelqu'un.
108 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Cela
— Les préflxes latins ab-, de- et ex- expriment tous les trois réloignemènt, rextraction, l'origine, mais les composés de céder formés avec ces préfixes se sont spécialisés dans des directions différentes, abcédcr comme terme médical, décéder, en passant du sens latin de sortir de charge (d'où prédécesseur, proprt celui qui est sorti de charge avant) au sens de sortir du monde vivant, excéder dans l'acception de sortir des bornes, et dans le sens plus général de dépasser (d'où excédent\ chacun de ces verbes étant accompagné d'un substantif dérivé du supin : abcès, proprt « sortie » de pus, et, par connexion, tumeur qui contient le pus, décès, sortie de la vie, excès (d'où excessif), sortie des bornes légitimes.
— Avec le préfixe se-, on a sécession, proprt action d'aller en s'éloignant. Le préfixe sub- indiquant dans le temps la postériorité (v. ««a- 2, §*), succéder a pu preildre le sens de < venir après, venir ensuite » (d'où successif), celui de <c remplacer » (d'où succédané, successeur, successoral, succession), celui de « avoir une bonne ou mauvaise issue », en parlant d'une entreprise (d'où succès, qui s'est spécialisé dans le sens de bonne issue).
— Avec le préfixe pré- on a précéder, proprt aller avant ou devant un autre, d'où précédent, précession des équinoxes; nous n'avons pas "antécéder qui aurait signifié aussi aller avant, mais noug avons antécédent et le dérivé de formation populaire ancêtre, qui est le latin antecessor : les ancêtres sont proprt ceux qui nous ont précédés.
Cédille, espagnol zedilla, diminutif du grec zêta, petit z.
Cédrat, v. citron.
Cèdre^ grec latinisé cedrum,
Cédule, latin schediila, d'origine grecque.
Ceindre est le latin cingere, supin clnctum. Dérivés : sangle (et sangler), jadis cengle, qui est le latin cingala, d'où cingler 2, frapper d'un coup enveloppant; ceinture, qui est ci/ic^ura, d'où ceinturon; peut-être cintrer, cintrage, cintre. Composé : enceindre, d'où le substantif enceinte; l'adjectif enceinte semble être « sans ceinture » en- négatif, v. en l^. Composé savant : l'adjectif participial succinct, proprt ceint en dessous, retroussé, resserré (au (iguré).
Ceinture, ceinturon, u. Cela, v. ceci,
ceindre.
Cénotaphe] du français. 109
Céladon, nom du héros de TAstrée. Cf. lovelace.
Célèbre, latin celebrem, fréquenté, d'où illustre. Dérivés : célébrité, celebritàtem; célébrer, celebrare, rendre célèbre, publier, vanter, solenniser, d'où procéder à une solennité, dérivé : célébration. "
Celer {d'où déceler, receler, recel, receleur) est le latin celare. Même racine dans clandestin, clandestinum, dans occulte, occultum (dérivé : occultation), proprt caché devant (préf. ob-), dont la cause nous échappe. Cf. apocalypse et cil.
Céleri vient du grec selinon par l'intermédiaire de l'italien seleni, forme dialectale seleri. 11 y avait aussi le petro-selinon (selinon sauvage, qui pousse dans les rochers), c'est notre persil, d'abord perresil, dérivé : persillade.
Célérité, latin celeritatem^ formé sur l'adjectif celerem, rapide, d'où accélérer (dérivé : accélération).
Céleste, v. ciel.
Célibat, d'où célibataire, latin cœlibatum. Celle, 0. celui. Celle-ci, v. ceci.
Cellier est un dérivé du latin cella, cave et réduit; cellule est tiré d'un diminutif de cella. Dérivés de cellule i cellulaire, cellulose, d'où celluloïd, mot anglais (sur -id, voy. forme). Dérivé de cellier : cellérier, chargé du cellier.
Celui, et celle, ceux, jadis icelui, icelle, iceux, mots composés du préfixe ecce {v. ici) et des formes du démonstratif latin qui ont produit nos pronoms personnels lai, elle, eux,
(v. iiy
Celui-ci, celui-là, celle-ci, Cément, ». césure,
etc., v. le précédent et ceci.
Cénacle, latin cenaculum, salle où les apôtres se réunissaient pour la cène (latin cena, souper), d'où, avec une valeur souvent péjorative, groupe de personnes qui se font les apôtres d'une idée.
Cendre est le latin cinerem d'où : cendrier; cendré, nom de couleur; Cendrillon, nom de l'héroïne d'un conte de fées. Dérivé savant : cinéraire, adjectif qu'on joint à urne, et nom d'une plante à feuilles cendrées par-dessous. Composé gavant : incinérer, d'où incinération.
Cénobite, v. vivre *.
Cénotaphe. Le premier élément de ce mot est l'adjectif
110 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Cependant
grec kenorij qui signifie vide. Le second, taphon^ tombeau,^ se retrouve dans épitaphe, inscription sur un toml)eau. Comparez sarcophage au mot cercueil.
Cens, latin censum, se rattache au verbe censere, supin censura et censitum, qui signifie déclarer, dire solenneliement, compter, d'où : recenser, recenseur, recensement; recensien, proprt « dénombrement )> des fautes de lecture commises dans une édition.
— Le sens propre de cens est « dénombrement en vue d'établir les impôts, les redevances, la classe de chacun », d'où au moyen âge redevance féodale, et, de nos jours, quotité de l'impôt qui donnait le droit électoral (et qui le donne encore dans les pays de régime censitaire). « Être censé riche », c'est, au figuré, être classé comme riche.
— A Rome, le censeur était chargé de faire le cens et aussi de réprimer les fautes contre les mœurs, d'où les sens actuels de censeur, censi^re, censurer.
Cent est le latin centam, dont la forme grecque, {he)katçn, se trouve dans le préfixe multiplicatif hecto- et dans hécatombe, proprt sacrifice de cent bœufs. Dérivés : centaine, centenaire, centennal, v, an, centième (latin centesimum), centime, centésimal, et le préfixe diviseur centiqui, en latin, est multiplicateur, cf. déci- à dix. Composés : centuple, centuplum, d'où centupler, v. plier ^, centiare, V. aire; centigrade, v. grade; centigramme, v. graphie \ etc. L'habitude d'exprimer les proportions par un tant pour cent a fait créer le substantif pourcentage.
Centaurée, fleur du (c centaure » botaniste Chiron.
Centon, latin centonem, proprt vêtement rapiécé.
Centre, latin centrum, d'origine grecque, proprt point. Dérivé : central, d'où centraliser, centralisation, décentraliser, décentralisation. Composés : centrifuge, qui fuit le centre, et centripète, qui tend au centre, v. pélitioa^; concentrique; concentrer, d'où concentration; excentrique, d'où excentricité.
Cep, doublet populaire de cippe, latin cippum^ proprt pieu et demi-colonne. Dérivé : cépage. Le mot cèpe, champignon, est le même substantif avec une autre acception et une autre orthographe : l'Académie, dans ce sens, admet aussi « un ceps », d'après le pluriel gascon, cf. albinos à aube.
Cependant, v. ce pronom et pendre *.
Certain] DU FRANÇAIS. 111
Gôphallque, v. cap ^. Gérât, v. cire.
Céramique, céramiste, v. Cerceau, cercle, cercler,
pot. u. cirque.
Cepcueil, doublet populaire de sarcophage, est le latin sarcaphagum, mot d'origine grecque, dont le piremier élément est un mot qui signifie chair [v. chair), et le second le verbe qui signiGe manger (v. anthropophage). La forme jancienne de eercaeil était sarqueuy Vl mouillée a été ajoutée par analogie avec les mots terminés en -euil. Le mot savafit sarcophage ayant été appliqué d'abord au;c cercueils des anciens, aujourd'hui vides, on a été amené à donner ce nom à la représentation du cercueil dans les grandes cérémonies commémoratives. Comparez cénotaphe.
Gépéale» latin cerealem^ présent de Gérés.
Cérébral, v. cerveau.
Cérémonie, latin cœrimonia^ proprt service religieux; dérivés : cérémonial, cérémonieux.
Cerf est le latin cervunij proprt animal à cornes. Dérivé : cervier dans loup^ervier = loup qui attaque le cerf (mais ranimai ainsi nommé est plus voisin du chat que du loup). Composé : cerf-volant, insecte ailé à cornes, et^ par comparaison, le jouet d'enfant qui devient un appareil d'aviation. — Le grec kerasj corne, qu'on retrouve dans rhinocéros [v. nez), est de la même famille, ainsi que le latin corna {v. cor), le grec kranion (v, crâne), le latin cerebram, d'où dérive cerveaa (contenu du crâne], le latin cervicem, nuque (qui touche à la base du crâne, v. cervical) , le grec kara, tête (v. cerveau).
Cerfeuil est le latin cœrefolium, adapté du grec khairephullori, V feuille.
Cerise, d'où cerisaie, cerisier, latin classique cerasum, qui est le grec Jterason, emprunté aussi par l'allemand : kirsché, cerise, d'où kirschrwasser, proprt eau de cerises, abrégé en kirsch. Même famille de mots que cornouille (d'où comoniller), diminutif du latin cornum, grec kranoit
Cerne, cerneau, cerner, v. eirquè.
Certain est le latin * certanum, dérivé de certum ; certes est le féminin pluriel certas employé adverbialement.
1. Certum se rattache lui-même au verbe cernere (cf. critérium), qui signifie trier (d'où le sens du dérive crible, l. cri'
GLÉDAT. — DICT. AtYM« FRANC» 0
112 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Cervelet
hrum) et voir ce qui doit être fait, le décider; ce qui est décidé est certain, sauf empêchement. Dérivé : certitude. Composés : certifier (u. faire '^)y d'où certificat; incertain, incertitude.
2. Les composés latins de cerner e étaient : décernerez sumn* decreium, d'où décerner et décret; dlscernere, supin atscretum, d'où discerner et discret; excernere, supin excretum, nettoyer en triant, d'où excrément, excrétion; secernere, sapin secretam, d'où secret; concernere (latin scolastique], d'où concerner. Nous allons reprendre la plupart de ces mots pour indiquer la filiation des sens.
Le sens français le plus ancien de décerner est décider, décréter; par restriction, le mot s'est appliqué à une décision relative à une récompense. Secret signifie proprt trié à part, mis de côté (sur se- préfixe, v. sans); secrétaire^ à l'origine dépositaire des secrets, dérivé : secrétariat; 1^ sécrétion est proprt une mise à part, une élimination, dérivé : sécréter. Discerner, c'est trier par là vue, dérivé : discernement; Tadjectif participial discret, d'où indiscret, a en français la valeur active : qui a du discernement, qui sait ce qu'il faut taire. La discrétion, d'où indiscrétion, est la qualité de celui qui est discret, et aussi le pouvoir de <c discerner » au sens latin de décider, d'où le dérive discrétionnaire. Concerner signifie proprt « mêler avec ».
3. Le verbe dérivé certareei son composé concertare signifient débattre, rivaliser, d'où, en italien, « s'entendre » (rivaliser d'efforts concordants), v, concert.
Certes, certificat, certifier, certitude, v, certain,
Céruse, latin cerussa^ sans doute d'origine grecque, cf. cire.
Cerveau. Sur cerehrum, auquel se rattache cérébral', le latin avait fait le diminutif cerebellum, terme de cuisine, forme fémin. cerehella, en français cerveau et cervelle. Dérivé : cervelet; composé : écervelé.
. — - La racine est la même que dans \è grec kara^ lêle, devenu en français chère, substantif : « faire bonne chère à quelqu'un » a d'abord signifié lui faire bonne mine, -bon accueil, d'où lui ofl'rir une bonne nourriture. Cf. cerf.
Cervelas, italien cervellato. Le rapport sémantique avec cervelle n'est pas clair.
Cervelet, cervelle^, v. cerveau.
Chaconne] du français. 113
• Cervical se rattache au latin cervicem, nuque. Cf. cerf, Cervler, v. cerf,
Cervoise, origine celtique.
Césarienne (opération), v. Geeser, cession^ v. céder,
césure.
Césure, latin eœsara, se rattache au verbe cœdere, supin cœsum, qui signifie couper et tuer; on appelait cœsar l'enfant tiré par une opération sanglante des entrailles de sa mère, d'où a opération céBarienne ». Sur un supin populaire *cisum au lieu de cœsum, ont été faits cisaille et ciseau, d'où ciseler, ciselure. Le mot cœrhentum, d'où viennent ciment et cément, signifie proprt biocaille, menu moellon.
— Les composés de cœdere sont en -cidere, supin rcisvLm\ de là nos mots en -cide qui signifient « meurtre de... » et parfois, en même temps, « meurtrier de... » (dans le premier sens, le latin a -cidium,' dans le second,, -cida) : homicide, parricide, suicide (v. se), d'où se suicider, infanticide, etc. .Occire, latin occidere (préf. 06-), c'est tlier. Les autres composés se rattachent à l'idée de couper : décider, c'est proprt couper de, trancher une difficulté ou un différend, dérivés : décision, indécision, indécis.. La forme de ce verbe aurait pu être décire, comme circoncire, qui signifie tiouper autour, dérivé : circoncision; la concision est la qualité qui consiste à couper les détails superflus; la précision coupe <c devant », limite strictement la pensée. Adjectifs correspondants : concis et précis. Faire une incision, c'est couper dans. Être incisif, c'est, au figuré, couper dans le vif. Une incise est une petite proposition coupée (qu'on peut couper) dans une phrase, qui est insérée dans la phrase mais qui en est indépendante; pour incidente, v, choir K Excision, d'où exciser, ablation par coupure. .
Cet, V. ce, adjectif.
Cétacé, de l'adjectif latin cetaceum, se rattache au grec kêtos, gros Tpoihson.
Cétoine, latin *cetonia,
Ceitte, v,ce, adjectif. "Chabler, v, chapelure.
Ceux, V. celui,
Chacal, mot persan et turc, d'origine hindoue. Chaeoime, origine basque.
114 DICTIONNAIRE ÉTÎMOLOGIQUE [Chair
Chaonn, v. eaia-^ préfixe. Chafouin, v. chat.
!• Chagrin^ adjectif et substantif, origine inconnue: * dérivé ; chagriner.
2. Chagrin (peau de), origine turque, dérivé : chagrinée (peau).
Chai, V. eave.
Chaîne est le latin catena. Dérivés : chaînette, chaînon, chignon (d'abord au sens de chaînon des vertèbres cervi* cales) ; cadenas, qui est d'origine provençale. Composés : enchaîner, d'où enchaînement; déchaîner, d'où déchaînement.
Chair est le latin carnerriy dont le sens primitif est tt morceau ».« La forme française régulière, char, d'abord charrif s'est conservée dans charcutier, marchand de « char )> cuite, et. charcuterie, d'où charcuter. Char est peut-être devenu chair par assimilation avec le mot chère y sur lequel voyez cerveau. Pour désigner la chair comestible, le mot il été remplacé, à une épioque relativement récente, par viande^ qui a étymologique ment le sens très général de nourriture, v. vivre K Dérivés de l'ancien français charnoM char : charnier, chama, charnel, charogne ; composés : décharné; s'acharner, d'abord terme de chasse, au sens de s'attacher à la chair de la béte, en parlant des chiens^ diérivé : acharnement.
— Dérivés savants ou empruntés aux langues , méridionales : carnation, carnage, carnassier et camier. Composés : carnaval, mot italien, dont le second élément est d'origine douteuse; Carnivore, qui dévore la chair; incarner, incarnation; incarnat et incamadin (diminutif italien), couleur de chair.
— Un des mots grecs qui signifient chair, kreas, génitif kreatos (qui n'a aucun rapport d'origine avec chair, mais qui est apparenté à cru) se retrouve dans pancréas, qui signifie proprt <c tout chair )), v. panacée, et dans pancréatique; dans créatine, substance qui existe dans la chair; dans créosote, proprt qui conserve la chair. Un autre mot grec, sarka, se retrouve dans sarcophage, proprt qui mange la chair, v. cercueil, dans sarcome, excroissance de chair, sarcopte (pour sarcocopie, cf. tragicomédie), proprt qui coupe la chair, et dans sarcasme (et sarcastique), proprt arrachement de chair.
Chamarré] du français. 115
Chaire ou chaise, d'abord chadièdrey chaière, est le latin cathedra, d'origine grecque (préfixe cato- et hedra, motnppa- , rente à siège, v. seoir et polyèdre). La cathédrale est lléglise où se trouve le siège épiscopal. Le mot chaire signifie proprt siège, sens qu'a retenu le doublet chaise (dérivé : chaisier), tandis que chaire prenait le sens connexe de ; sorîe d*estrade fermée, tribune surélevée ou suspendue où siège un professeur ou un prédicateur. Le mot latin est conservé dans ex cathedra, du haut de la chaire. Sur chaise dans certaintr noms de lieux, voy. case,
i • Chaland, grand bateau plat, d'un mot du bas grec, lui-même d'origine douteuse.