‹ Dictionnaire étymologique de la langue franc̜aiseChapitre 70 sur 169 · ISntonner, v. ton · texte numérisé non relu

ISntonner, v. ton

Entonnoir, v. tonne.

Entorse, entortillement, entortiller, v. tordra.

Entourage, entourer, entournure, V, tour.

Entrailles, v. en, A.

Entrain, xontrainant, entraînement, entraîner, entraîneur, V. traire 3.

Entrave,entraver,t;. travée.

Entpe» préposition et préfixe; nous indiquons l'origine et la valeur de ce mot à l'article en, B. Il faut noter en outre que le préfixe entre- peut marquer que l'action s'arrête au milieu de son développement, reste incomplète : entr'oavrir.

EntrebAiller, v. bayer, Entreohat, v, capable <• Entrecouper, v. coap.

Entrecroiser, v. croix»

Entrée, o. en, A.

Entrefaite, v. faire *.

Entrefilet, V. j^Z ^ Entregent, v. génital *.

Entrelacement, entrelacer, entrelacs, v. lacs.

Entrelarder, v. lard.

Entremêler, v. mêler.

Entremets, entremetteur, entremettre, entremise, v.

mettre '.

Entrepont, v. pont.

Entreposer, entreposltaire, entrepôt, v, site 3.

Entreprenant, entreprendre, entrepreneur, entreprise, V, prendre, .. Entrer, v. en, A.

Entresol, v. sol. 2.

Entretemps, v. tant.

Entretenir, entretien, tenir '^.

' Entrevoie, v. Moie,

Entrevoir, entrevue, Xi6ir ♦.

Entripaillé, m. tripe, Entr'ouvrir, v. ouvrir, Énucléation, v. noix.

Énumératif, énumération, énumérer, v. nombre.

EnvahiP» latin classique invadere, supin invasum, d'où invasion; envahir, c'est proprt aller sur ou dans. Dérivés : enTahissement, qui double invasion, et envahisseur. Vadere est l'un des verbes latins qui signifiaient aller (v. errer 2 et aller); nous n'en avons gardé que les formes va, je vais, tu vas, ils vont, et l'impératif tout latin dans le nom composé vade-mecum, qui signifie : va avec moi. — Le composé savant avec le préfixe é-, s'évader, lat. evadere, signifie : aller hors de. Dérivés : évasion;' évasif, qui permet de s'évader, au figuré, qui ménage une porte de sortie.

Envelopper est fait, avec le préfixe en-, sur un radical d'origine inconnue. Substantif verbal : enveloppe, dérivé :

â3â DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE [Ép^

enveloppement. Composé avec le préfixe dé- : développer, d'où développement, développateur.

Envenimer, v. venin. Envisager, v. voir *.

Enverguer, envergure, v. Envoi, v. voie,

verge. Envolée, envoler (s*), v.

Envers, V. vers ^ . voler ^.

Envi (à 1'), t7. inviter. Envoûtement, envoûter, v.

Enviable, envie, envier, vouloir.

envieux, v. voir ♦. Envoyer, envoyeur, v, voie.

Environ, environnant, environner, V. virer.

Éollen, proprt qui vibre au souffle d'ÉoIe, dieu du vent.

Épacte, V. agir ^,

Épagneuly chien espagnol, est le latin *hispaniolnm, Esnagnolette, fermeture de fenêtre à Tespagnole.

Epais est le latin spiêsam. Dérivés : épaisseur, épaissir, d'où épaississement.

Épanohement, épancher, âpandre, v, pas,

Épanouipy d'un verbe germanique qui signifie étendre la main. La forme ancienne, épanir, s'est altérée sous l'influence à^évanouir. Dérivé : épanouissement. A cette racine se rattache aussi empan, jadis espan, mesure de longueur formée par la main étendue.

Épargner, origine germanique, cf. ail. sparen. Substantif verbal épargne.

Éparpillement, éparpiller, Toy. le suivant.

Épars est le participe passé du verbe latin spargere, répandre, supin sparsum. Les composés sont en -spergere, -spersum : adspergere^ français asperger, aspersion. Nous n'avons pas disperger^ mais nous avons dispersion, et un nouveau verbe formé sur le supin, disperser. Éparpiller, d'où éparpillement, parait se rattacher à cette famille (On y a vu aussi le mot paille, d'après la vieille forme française esparpailler.)

Épatant, épatement, épa- Épaule, épaulement, épau-

ter, v. patte, 1er, épaulette, v. épée.

Épave, v. peur,

Épeautre est le latin spelta,

Épée est le latin spatha, grec spathêf d'où le diminutif

épIee] ' DU FRANÇAIS. 233

spatule, instrument dont un bout est élargi 6t aplati. Le doublet populaire de spatule est épaule, qui a d'abord signifié omoplate; dérivés : épaulette, et épauler d'où épaulement. Notre mot espalier, mur d^appui, est un dérivé de la forme italienne d'épaule. La forme italienne d'épée, spada^ nous a donné les dérivés espadon et spadassin. — Le mot latin pour désigner les épaulés était scapulas, d'où scapulaire ; le sens primitif de scapula est pelle. ^

Épeler. Ce mot, d'origine germanique, a subi dans sa forme Tinfluence du verbe appeler.

Éperdu, éperdument, v. dé à jouer *.,

Éperlan^ origine germanique, cf. ail. spierling.

Éperon, origine germanique, cf. ail. sporn. Dérivé : éperonner.

Épepvîep, origine germanique, cf. ail. sperher.

Éphèbe, grec ephêbon (préfixe épi- et hêbêy jeunesse, cf. le nom de la déesse Hébé).

Éphémère, éphéméride, v. jour.

Epi, substantif, est le latin spicuruy pointe^, apparenté à spina, épine. Cf. porc-épic.

Épi', préfixe grec qui est apparenté au préfixe latin ob- et qui a le plus souvent le sens de « sur ».

Épiçe et espèce sont des doublets venant du latin speciem qui signifie proprt « aspect, apparence », d'où, par connexion, espèce en général (les espèces se différenciant par l'aspect), puis, par restriction, espèce d'assaisonnement, sens d'épiée,

1. Dérivés d'épice : épicer; épicier, d'où épicerie. Dérivés savants de speciem : spécial, specialem (qui a le caraotère d'une espèce), d'où spécialiser, spécialité, spécialiste; spécieux, speciosuin, qui a de l'apparence. Composés : spécifique, qui caractérise l'espèce, et spécifier d'où spécification (v. faire''). ^

2. Trois autres substantifs latins se rattachent directement à. la même racine : spécimen et spéculum^ que nous avons empruntés tels quels, et spectrum, emprunté au grec par le latin, et dont nous avons fait spectre; un spécimen est un exenaple spécifique ; un spectre et un spéculum sont proprt l'un une vÎBion, l'autre un miroir, et ces deux mots se rapprochent plus que les autres du sens primitif de la racine, car l'origine de la famille est un verbe latin qui avait le

234 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE ^ [Épice

sens de <c regarder » ; les composés, en -spicere, supin -gpec» iurriy ont produit un bon nombre de mots français.

3. Au composé de "specere ayec le préfixe ad- se rattache aspect, vue. Le composé avec circum- nous a donné circonspect, proprt qui regarde tout autour, et circonspection. Le composé avec de-y qui signifiait' « regarder de haut», nous a laissé le mot populaire dépit; en dépit de signifie proprt en dédain de; puis, par connexion, dépit, sur lequel a été formé dépiter, a pris le sens de : chagrin causé par le dédain. Le composé avec in- a produit inspection, action de regarder dans, inspecteur, et un nouveau verbe formé .sur le supin du premier, inspecter. Au composé avec per- se rattachent : lo perspicace (qui voit à travers, clairvoyant), d'où perspicacité: 2° perspective, aspect des objets ou de l'avenir en tenant compte de Téloignen^ent. Le composé avec pro- a donné le mot tout latin prospectus, proprt vue anticipée, et prospecteur, prospecter, spécialisés dans le sens de la recherche des gites minéraux. Le respect, c'est proprt l'action de regarder en arrière, d'où l'idée d'égards, de déférence, qu'on retrouve dans respecter, respectable, respec-" tabilité, respectueux, irrespectueux, celle de' ménagement qui est au fond du doublet populaire de respect, répit, et l'idée de réciprocité conservée par respectif. On a aussi rétrospectif, où l'idée première de regard en arrière s'est mieux maintenue. Au composé avec sub- se rattachent le mot populaire soupçon, d'où soupçonner, soupçonneux, dont le sens propre est « act. de regarder en dessous », et les mots savants suspicion, suspect, suspecter. Y. aussi auspice au mot oiseau^.

4. Sur le supin du verbe simple les Latins avaient formé un nouveau verbe de même sens, spectare, d'où dérivent les mots latins qui nous ont fourni spectacle, spectateur, spectatrice. Nous avons signalé plus haut les verbes inspecter, respecter, suspecter, qui se rattachent au supin des composés avec m-, re- et sus-. Nous n'avons pas expecler, mais nous avons les dérivés expectative et expectant (médecine expectante), où l'idée de regarder en dehors amène celle d'attendre.

5. Un autre verbe latin sorti de la môme racine, specalari, nous a donné spéculer, dont le sens propre est observer, d'où faire des théories, et opérer en bourse d'après des théories, des combinaisons. Dérivés : spéculatif, spéculation, spéculateur.

Épine] DU FRANÇAIS. 235

6. Le verbe grec de môme racine nous a donné Sceptique, grec skeptikon (d*où scepticisme), dont le sens propre est : qui examine. Le grec episcopon, latin episcopam, qui a produit évêque et les dérivés savants épiscopal, épiscopat, est l'équivalent d'inspecteur, le préfixe grec epi- et le préfixe latin inayant Tun et l'autre le sens de sur; Tévôque est proprt un surveillant. Le télescope permet de voir au loin, le périscope de voir tout autour, le microscope de voir les petits objets, dérivé microscopique, le kaléidoscope de voir de belles apparences (v. çalligraphe et forme); Thoroscope « observe {'heure » de la naissance daus ses rapports avec les astres. Le grec skopelon, auquel se rattache le français écueil, signifierait, d'après une explication, rocher du haut duquel on «c voit » au loin.

^ioéa, u. poiic, Épi4enne, o. couenne.

Ëpidénile, épidômique, o.

peuple.

Épiep, de racine germanique, cf. ail. spàhen. Dérivé d'origine italienne : espion, qui a produit espionner, d'où espion^ nage. •

ÉpieUf origine germanique, avec influence du mot pieu,

Épigastre, v. estomac, graphie, ôpigraphique, épi-

Épigramme,épigraphe,ôpi- graphiste, v. graphie ^.

Épilepsie, épileptique se rattachent au verbe grec qui signifie prendre, de telle sorte qu' epilepsie (préfixe épi-) équivaut à « surprise ». Syllepse, syllabe et syllabas (même racine et préfixe syn-) renferment l'idée de « comprendre, prendre ensemble » ; ces trois mots ont d'ailleurs reçu des acceptions différentes, greffées sur le sens étymologique. La syllepse embrasse deux sens ou Tidée dans son ensemble, la syllabe coînprend les sons réunis dans la même émission de voix, le syllabus (le mot est de forme toute latine) est une liste où sont réunies et rappelées sommairement les questions traitées. Dérivés et composés de syllabe : syUabique, syllabaire, monosyllabe, dissyllabe (préfixe dî-), etc. Catalepsie signifie proprt : prise de haut en bas.

Ëpller, 6pllatolre,^v. poil. Épilogue, éplloguer, v. lo-

gique 3.

ÉpSnard nous vient de l'arabe par l'espagnol.

Épine est le latin spina, apparenté à spicum, épi; spina

236 DICTIONNAIBE ÉTYMOLOGIQUE [Épopée

siguifie arbrisseau à piquants (d'où, par figure, épine dorsale) et piquant. Dérivés : épinette, instrument de musique dont les cordes étaient pincées par des pointes de plumes; épineux, épinaie, épinière (moelle), le diminutif épingle, qui est le latin *spinala, d'où épingler; épiûoche, poisson épineux, et épinocher^ altéré en pignocher, proprt manger de répinoche. Composés : aubépine (v. aube)-, épine-vinette (v. vin).

Épingle, v. épine., Ëpiscopal, épiscopat, v.

Épique, V, épopée, épice *.

Épisode, grec epeisodion, signifie proprt : ce qui survient; dérivé : épisodiqae. Le mot est formé avec le préfixe épi- (sur) et ewodo/i=: entrée, qui lui-môme coùtient hodon, route, chemin; sur eis-, voy. en, 5", A.

— >- A hodon se rattachent : exode, sortie; période, proprt circuit, dérivés ; périodique, périodicité; méthode (prélixe meta-), proprt route à travers, dérivé : méthodique ; synode, réunion, cf. couventj convention, au mot venir; cathode, proprt descente (préf. cala-).

Épistolaire, épistolier, v. Épitaphe, v, cénotaphe,

épitre.

Épithalame^ d'origine grecque, signifie proprt : qui a comme thème (préfixe épi-^ sur) le lit nuptial. Cf. ophtalmie.

Épithète, V. thèse ^. Épitomé,, u. tome,

Épitoge, V, toit.

Épltpe, du latin epistola, d'origine grecque, sur lequel ont été faits épistolaire, épistolier. Ces mots contiennent, outre le préfixe épi-^ la racine grecque qui signifie i< envoyer )> et qu'on retrouve, avec le préfixe apo-^ dans apôtre (grec latinisé aposiolam)y apostolique et apostolat : l'ctp^^ra est proprt un envoyé. Cf. diastole.

Épizootie, v. zoologie. Éplucher, éplnchure, v,

Éploré, V. pleurer. poil.

Éployé, V. plier i. Épointer, v. poindre.

Éponge, d'où éponger, latin classique suongia, d'origine grecque. Dérivé savant : spongieux.

Épopée, grec epopoia, mot composé ûo»^ * le premier élément, qui signifie proprt parole, ici vers héroïques, a formé le dérivé d'où est tiré épique.. Sur -p4«, voy. poème.

Équiper] du français. 237

Époque, grec epokhê. Ce mot contient le préfixe épi- et le verbe grec qui signifie « avoir, tenir » comme le latin habere (v. avoir *). Le sens propre d'epokhê est : ce qui retient, arrêt.

Époumoner, v. poamofi. Épouvantable, épouvan-

ËpousaUles, épouse, époo- tail, épouvante, épouvanter,

ser, épousenr, v. époux» V, p$af. , Ëpousseter, v. poudre.

Époux (d'où épousailles, épouser, épousear), qui est le latin sponsurriy signifie proprt « engagé » et a eu d'abord le sens de fiancé.

^- C'est le participe passé d'un verbe spondere^ si^pin sponsam, dont respondere , devenu répondre, est un composé. Répondre signifie proprt s'engager de son côté, et c'est encore la valeur du mot dans la locution « répondre de quelqu'un >>. On a passé du sens de « s'engager de son côté >Aà celui de «c affirmer de son côté », d'où l'acception ordinaire actuelle. Substantifs participiaux : répons, terme liturgique, et réponse. Dérivés : responsable, responsabilité, irresponsable, irresponsabilité, et riposte, d'abord risposte, riposter, formes italiennes.

— Dans correspondre, d'où correspondance, le premier préfixe introdu^it l'idée d'une entente, d'un échange habituel ou d'une concordance.

Éprendre (b'), u. prendre, Équerre, v. quatre *.

Épreuve, éprouver, épron- Équestre, v. cheval,

vette, u, probe, Ëqul-, mot composant, v.

Épuisement, épuiser, v„ équité.

puits. Équidistant, v, ester ^ et

Épuration, épure, épurer, équité.

o. pur. Ëquilatéral, v. lez.

Équarrir, équarrisseur, v. Équilibre, équilibrer, équi*

quatre'^. Ubriste, v. livre^ poids.

Equateur, équation, équa- Équinoze, v. nuit.

torial, V. équité.

Équiper* Un mot germanique, représenté aujourd'hui par l'anglais ship et l'allemand schiff, avait donné en vieux français les deux formes esquif et esquipe, Â la seconde se rattache le verbe équiper, armer un esquif, puis, par figure, pourvoir du nécessaire un soldat, un chasseur, etc., d'où le sens du dérivé-équipement. Une équipée est à l'origine une aventure sur mer. Le substantif verbal équipe et le dérivé

238 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Errant

éqnîp^SfO, qui ont en principe la même valeur, continuent à désigner des matelots, mais on dit aussi « une équipe d'ouvriers )>, et équipage a pris le sens de : ensemble des bagages, des voitures, du matériel d'une armée, puis train de voitures aristocratique, enfin le mot est arrivé à s'appliquer à une seule voiture attelée, et, d'autre part, il peut être un synonyme d'équipement -

ËquipoUent, v, pouce. É(iultation, v. cheval.

Équitable, v. équité.

Équité, latin œquiiatem^ dérivé équitable. Le mot avait en latin le double sens d'égalité et de justice, et se rattache à Tadjectif aequum conservé dans ex-œqao (== de façon égale). Cet adjectif signifie « uni, égal )>, et prend la forme seqai-, en français équi-, dans les composés tels qu'équinoxe, équivoqucy etc. Sur œquum s'était formé un verbe œquare, égaliser, dont nous avons les dérivés : équation, formule exprimant une égalité, et éqaateur (d'où équatorial), ligne séparant le globe terrestre en deux parties égales ; péréquation, égalisation. Avec le in- privatif, on obtient l'adjectif inique, 1. iniquum, — dérivé : iniquité, — qui avait en latin le double sens d'inégal et d'injuste. Sur ce même œquum s'était formé ssqûalemy dont nous avons fait égal, d'où : égalité, qui a produit égalitaire ; égaler, égaliser, inégal, inégalité.

Équivalence, équivalent, ÉraUler, origine douteuse.

' équivaloir, v. valoir. Ère, v. airain.

Équivoque, équlvoquer, v. Érection, v, régira,

voix. Éreintement, éreinter, v.

Érable, v. arbre. rein.

Érafler, éraflure, v. rafler. Éi^lpèle, v. érysipèle.

• Epgo, « donc », mot tout latin, sur lequel on a fait le verbe ergoter, abuser des « donc », chicaner, d'où ergoteur.

Ergot, origine inconnue. Ériger, v. régir 6.

Ergoter, ergoteur, v. ergo.

Epmite, latin eremita, d'où ermitage, se rattache au mot grec erémon, qui signifie désert.

Érosion, v. corroder.

Épotique se rattache au mot grec erâs^ accusatif erôta^ amour.

Errant (dans juif errant)^ v. errer 2.

Errer! du pbançais, 239

' i . Eppep9 du latin errare, dont nous avons emprunté le substantif participial neutre sous les formes du singulier et du pluriel : erratum, errata. Dérivés tirés du latià : erreur, erroné, erratique. Le composé aberraré, errer en s'éloignant, s'égarer, nous a donné le dérivé aberration, que nous employons au figuré.

2« Epper^ marcher, dont il ne nous reste plus que le participe présent dans les locutions archaïques « Juif errant,chevalier errant », est le latin populaire *iierare. Ce verbe était formé sur le substan.tif iter, génitif itineris (d'où itinéraire), qui signifie : action d'aller, voyage, route. Le substantif verbal d'errer, erre, était encore . usité au xvii® siècle dans la locution « à grand erre », à grande allure. Le dérivé errement est particulièrement employé dans l'expression « suivre les anciens errements », c'est-àdire les anciennes marches, les anciens procédés, et non pas les anciennes erreurs, comme le croient ceux qui rattachent instinctivement ce sul)stantif à l'autre verbe errer,

A. Lé latin lier se rattache lui-même au verbe ire^ aller (supin itutn), d'où dérivent notre futur irai et notre conditionnel irais, qui servent pour le verbe aller (v. ce mot). Nous n'avons pas l'infinitif simple ir^ mais nous avons les composés subir (dont la forme populaire serait souvir)^ périr, transir.

— Subir signifie proprt « aller sous, en dessous », d'où le sens latin et français de (c être soumis & (des ennuis, un châtiment, etc.) », et le sens latin de « veniràl'improviste» représenté par l'adjectif dérivé subit (L'idée de « à l'improviste ») est exprimée par le préfixe mr- dans surprendre^ V» sou- 2, § 1.) Le mot subit avait en vieux français une forme populaire, que l'on retrouve, suivie du suffixe -airiy dans soudain ; ainsi s'explique la synonymie de subitement, de soudainement, et de la forme toute latine subito. Autre dérivé de soudain : soudaineté.

— Périr, transir et trépasser ont à peu près la même valeur étymologique, puisque le premier signifie proprt aller au travers ou de travers, le second aller au delà, le troisième passer au delà. Tous les trois ont pris le sens figuré de « mourir », mais transir (remplacé au sens propre par le terme commercial transiter, fait sur le substantif transit, V. ci-dessous) est arrivé à ne plus signifier que (c être engourdi par le froid », sauf dans le dérivé transes, inquié-

GLÉDAT. — OICT. ÉTYM. FRANC. ^ <

240 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Ës

tu des mortelles. DériYés et composés de périr ou du latin périr e : périssoire (bateau dangereux h manœuvrer;, périssable, impérissable, dépérir^ dépérissement. Les dérivés de transir e ont conservé le sens propre ou pris de nouvelles acceptions figurées : transit, transition, transitoire, transitif, intransitif. Un autre composé du latin ire^ avec le préfixe ob-y avait aussi le sens de mourir; il nous en reste les substantifs obit, cérémonie 'en mémoire d'un mort, et ôbituaire, liste des morts.

B. Un bon nombre «d'autres composés du latin ire n'ont pas passé en français, mais nous ont laissé des dérivés : adition, terme juridique, propri action d'aller vers, acceptation (d'une succession); l'air ambiant (v. amb- préfixe], c'est l'air qui va. autour; étymologiquement la caractéristique de l'ambitieux, de l'ambition (dérivé.: ambitionner), c'est de « tourner autour » des honneurs. Le préfixe circum- signifie également <( autour », d'où le sens du mot circuit, 1. circuitum. Le composé avec corn- nous a fourni comice, réunion, comte (latin comitem, dérivé : comté), dont le sens primitif est (( compagnon de route », et le surcomposé concomitanàe. Sur connétable, apparenté à com/e, v. ester ^, Le composé avec ex-, exircy nous a donné le mot tout latin ezeat (== qu'il sorte), et était devenu en vieux français le verbe issir (pari, passé issu), dont issae est un substantif participial ; réussir, d'où réussite^ est un surcomposé d'origine italienne. Au composé avec m-, qui avait le sens d'entrer, commencer, se rattachent initial, initier, initiation, initiative, et le surcomposé commencer (*cum'initiare), d'où commencement, recommencer. L'introït est la prière d' « introduction » de la messe; sur intro-, v. en B. Le préteur, magistrat romain, — • dérivés : prétoire, prétorien, — est proprt celui qui va devant (*prx-itor).. Au composé avec prxter- (comparatif de prae, « au delà ») se rattachent : prétérit, temps au delà duquel on est allé, temps passé ; prétérition, action d'aller au delà, d'omettre. Avec le préfixe séd- [v. sans), on a sédition, d'où séditieux, proprt action d'aller à part, sécession.

Erreur, erroné, v. errer i. Éruptil, éruption,», rofnpre.

Érudit, érudition, v. rude.

Érysipèle, grec erusipelas, apparenté h rouge et à peaxu

Eb-, préfixe archaïque, v. é-.

ÈS) contraction archaïque de en /es (docteur es lettres).

Esclave] , DU français. 241

Eflbronte, eabroofeiir, v. bouffer,

EscabeaUf ld.t\n scabellum.

Escadre, escadrille, esoa- * Eacalade/ escalader, esoadron, V. quatre^. le, escalier, v, éekelle,

Bsoalope, o. écaille.

Escamoter, d'où escamotenr^ escamotage, espagnol eteamotar, d'origine inconnue.

EscampatlTO, escampette, Bwsapade, v. cape K

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