‹ Dictionnaire féodalChapitre 34 sur 158 · BUL · texte numérisé non relu

BUL

demandé au pape Innocent VIII une bulle de cette sorte, le saint père la lui vendit, selon la coutume, mais beaucoup trop cher, puisque outre les sommes d’argent que les Portugais donnèrent, ils s’engagèrent à recevoir désormais sans examen toutes les bulles et tous les décrets du saint siège.

Les rois d’Espagne tirent encore aujourd’hui de très-grosses sommes des bulles de la cruciade , et il est juste qu’ils partagent ces petits profits avec le pape. On sait que , dans ce royaume , on ne se permettrait pas de manger des œufs, du beurre, du fromage, etc. , pendant le carême, sans une bulle du souverain pontife qui en vend la permission (f) : le roi d’Espagne achète donc une bulle de la cruciade, laquelle bulle est trois ans en vigueur. A chaque carême, on fait le commerce des permissions; ce qui rapporte d’abord passablement. On publie en outre , pendant les trois années , six jubilés pour le moins; chaque tête espagnole est obligée de payer huit maravédis pour chaque jubilé, et de donner quatre maravédis, pour chaque mort de sa famille qui a quitté le monde

(i ) Jérome Acosta. Histoire des revenus ecclésiastiques .

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