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CHRENECHRUNDJ . — La loi salique n’avait établi pour Lhoniicide et pour tous les crimes, excepte le crime d’état, que des amendes pécuniaires ; et celui qui n’était pas assez riche pour payer ces amendes, trouvait dans la loi salique meme une ressource qui lui assurait l’impunité.
il était seulement obligé de renoncer à ses biens, avec des cérémonies assez bizarres : il assemblait sa famille, ramassait un peu de terre aux quatre coins de sa maison , et la jetait sur son plus proche parent. Ensuite, n’étant vêtu que de sa chemise, la tête découverte , les pieds nus , et tenant un bâton à la main , il allait sauter par-dessus une haie. Alors, on ne pouvait plus le poursuivre. Mais le parent, sur qui la terre avait été jetée , se trouvait possesseur des biens du coupable, et chargé de payer ses amendes; à moins qu’il ne fît à son tour la même cérémonie, et qu’il ne rejetât le tout sur un autre. — Cette singulière façon de se libérer se nommait chrenechrunda .
CLERGE. — Chez les peuples barbares, les prêtres ont ordinairement du pouvoir , parce qu’ils ont et l’autorité religieuse et la puissance que donne la superstition, il ne faut donc pas
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être étonné , dit Montesquieu, si, dès le commencement de la première race , on voit les évêques paraître dans les assemblées de la nation , s’ils influent si fort dans les résolutions des rois , si on leur donne tant de biens.
— Sous les deux premières races, et sous les premiers rois de la troisième , les ecclésiastiques allaient a la guerre. On voit, dans les capitulaires de Charlesde-Chauve, que les évêques, les abbés et les prieurs étaient obligés de marcher, en personnes, a la tête de leurs moines et de leurs serfs. Les abbesses envoyaient aussi leurs vassaux à l’armée , avec un équipage de guerre, et un porte-enseigne.
Du temps de Louis-le>Gros , les villes et les bourgs étaient obligés de lever des troupes qui marchaient par paroisses. Les curés allaient en tête ; et la bannière de leur église servait d’étendard. — Cependant Charlemagne avait décidé que les prêtres 11’iraient plus à la guerre , si ce n’est pour l’administration des sacremens, et pour la célébration du service divin (1). Mais on ne regardait pas Charlemagne comme un homme infaillible (2).
(1) V oyez les Capitulaires de Charlemagne.
(2) Il y a eu, depuis quelques siècles , bien des change-