‹ Dictionnaire féodalChapitre 81 sur 158 · IND · texte numérisé non relu

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par toute l’Europe , des indulgences générales, en faveur de ceux qui contribueraient à la construction de cette église , et préposa deux personnes, dans chaque pays, pour prêcher les indulgences et recevoir les deniers.

)) Albert de Brandebourg , archevêque de Mayence , fut commis pour l’Allemagne. Albert, au lieu de donner le soin de prêcher les indulgences aux religieux augustins, dont on, avait coutume de se servir dans ces sortes d’occasions, en chargea les dominicains ; parce que les pères de cet ordre avaient tout récemment recueilli de grandes sommes, en prêchant de semblables indulgences , accordées par le pape aux chevaliers de Tordre teutonique, qui étaient en guerre contre la Moscovie.

» Cette préférence fâcha les augustins, soit qu’ils la prissent pour un mépris de leur ordre, soit qu’ils eussent regret de se voir frustrés de la part qui leur pouvait revenir, dans l’argent que les fidèles donneraient pour gagner les indulgences. Ils avaient alors, pour vicaire général en Allemagne, Jean Staupitz, homme de qualité , allié et ami des princes saxons, et qui avait beaucoup de crédit auprès de l’électeur de Saxe. Staupitz lui parla contre la publication des indulgences, et ordonna en même temps à

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Martin Luther, religieux augustin , de prêclier sur ce qui se faisait en Allemagne.

» Luther déclama, dans ses prédications, dans ses leçons et dans ses écrits, contre la manière dont les indulgences se distribuaient. 11 prouva qu’on exerçait publiquement la simonie , et qu’on vendait le ciel. Il foudroya les maximes que les dominicains avançaient, pour faire valoir le désintéressement du pape.

» Les sermons de Luther furent tant admirés , et lui attirèrent tant d’éloges, qu’ils redoublèrent son ardeur. Il prêcha bientôt que le pape ne pouvait remettre que les peines qu’il pouvait imposer ; que les indulgences n’étaient d’aucun profit aux morts; qu’elles n’avaient point d’effet chez les criminels endurcis; que les moindres bonnes œuvres étaient préférables devant Dieu, a des pardons achetés à prix d’argent.

» L’inquisiteur de la foi en Allemagne n’eut pas plutôt vu la tournure que prenaient les choses, qu’il dressa une thèse toute contraire à celle de Luther , l’accusa d’une foule d’erreurs , et le déclara hérétique, aussi-bien que ses adhérens.

» Luther, qui avait proposé des choses bonnes et justes, ne voulut point se rétracter contre le vœu de sa conscience ; la division fut bientôt éclatante; et bientôt Luther eut pour sectateurs

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