‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 138 sur 864 · MEE · texte numérisé non relu

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mais la flotte grecque , commandée par Eurybiade, et , sous ses ordres, par Thémistocle, avait déjà essayé ses forces au combat d’Artemisium ; la flotte persane fut battue dans le golfe de Salamine, et Xerxès se hâta de regagner l’Asie. L’année suivante , Pausanias et Aristide battirent à Platée l’armée laissée en Grèce à Mardonius, tandis que Xantippe et Léotychide écrasaient à Mycale les derniers ■vaisseaux des Perses. Depuis ce moment , les Grecs prirent Toffeusive : Pausanias s’empara de Cypre et de Byzance, 475, et les succès de Cimon assurèrent le triomphe définitif des Grecs. V. Cimon. F— T.

MÉDITERRANÉE (.Mer), anc. Medilerraneum ou Inlernum mare, ou encore Mare nostrum (notre mer) des Romains, mer située entre l’Europe au N. , l’Asie àl’E. , et l’Afrique au S. , de 30° à 46® lat. N., et de 8® long. O. à .34» long. E.; en communication avec l’océan Atlantique par le détroit de Gibraltar, avec la mer Noire par le détroit des Dardanelles , et séparée de la mer Rouge par l’isthme de Suez, facilement canalisahle. Superf. évaluée à 1 ,600,000 kil. carr. Sa plus grande longueur est de .3,400 kil. environ , et sa plus petite largeur de 130, entre la Sicile et l'Afrique. Elle se divise en deux bassins, que sépare une chaîne de hauts-fonds placés à une profondeur de 7 à91 brasses : l’un, ■oriental, entre le détroit de Malte, les Dardanelles, l’isthme de Suez; l’autre, occidental , entre les détroits de Gibraltar et de Malte. Les détroits de Gibraltar, de Malte , des Dardanelles, et l’isthme de Suez, sont les 4 clefs de cette mer. La Méditerranée occidentale baigne les côtes de l’Espagne, de la France , de l’Italie , de la régence de Tunis, de l’Algérie et du Maroc. Les grands ports situés sur cette mer sont : Carthagène et Barcelone, en Espagne; Port- Mahon, dans l’île Minorque ; Port-Vendre, Cette, Marseille et Toulon, en France; Gênes, Livourne, Civita- Vecchia et Naples, enltalie; Tunis, Alger, Oran et Tanger, ■sur la côte d’Afrique. On y trouve les îles Baléares à l’E. de l’Espagne; les îles d’Hyères et de Lérins sur les côtes de Provence; la Corse, l'ile d’Elbe, la Sardaigne, la Sicile et les îles de Lipari à l’O. de l’Italie. La Méditerranée occidentale prend les noms de canal des Baléares , entre l’Espagne et les Baléares ; de golfe du Lion , sur la côte de France; de golfe de Gênes , sur la côte d’Italie. La mer Tyrrhénienne , comprise entre la Corse , la Sardaigne , la Sicile, l’Italie et bile d’Elbe, forme un grand nombre de golfes , entre autres celui de Naples , et les détroits de Piombirio, de Bonifaeio et de Messine. La Méditerranée orientale baigne les côtes de la régence de Tunis , de la Sicile . de l’Italie, de l’Empire d’Autriche, de la Grèce, de la Turquie, de l’Asie-Mineure, de la Syrie, de l’Egypte, de Tripoli. Les ports principaux situés sur cette mer sont : Parente, Ancône Venise, Trieste, Corfou, lePirée, Salonique, Smyrne et les Echelles du Levant , Alexandrie. Les îles sont : les îles Ioniennes, possessions anglaises, qui commandent l’Adriatique par Corfou et surveillent l’entrée de l’Archipel par Cérigo; l’archipel Illyrien à l’Autriche; les Cyclndes aux Grecs: Candie, les Sporades, Rhodes et Chypre, aux Turcs. La Méditerranée orientale porte différents noms : mer Ionienne, entre l’Italie et la Grèce, formant les golfes de Lépante et de Tarente , et communiquant avec la mer Tyrrhénienne par le détroit de Messine et avec la mer Adriatique par le canal d’Otrante ; mer Adriatique , entre 1 Italie et la Turquie , terminée au N. par les golfes de Venise, de Trieste et de Fiume ; Archipel, entre la Grèce, la Turquie et l’Asie-Mineure, formant les golfes de Nauplie , d’Athènes , de Salonique et de Smyrne. Sur la côte d’Afrique , on remarque les deux grands golfes de la Sidre et de Cabès. Les marées se font généralement peu sentir dans la Méditerranée ; à Venise , elles dépassent à peine un mètre , et sont d’un demi-mètre à Alexandrie; les anciens Grecs les avaient remarquées dans l’Euripe. Les principales productions de cette mer sont les éponges (Syrie | , le corail ( province de Bone ) , et l’ambre gris (sur la cô(e E. de la Sicile). Elle reçoit les eaux de l’Océan par un courant très-rapide , auquel elle n’oppose qu’un contrecourant à une assez grande profondeur, et deux contre-courants plus faibles à la surface. La Méditerranée est généralement plus salée que l’Océan. Elle est sujette à de grands coups de vent, qui viennent de l’intérieur des terres, et rendent la navigation difficile; les vents du N.- O. y dominent une grande partie de l'année. Des fleuves considérables affluent à la Méditerranée : l’Ebre , le Rhô :e, le Tibre, le Pô, l’Adige , le Drin, la Narenta, le Vardar, la Strouma, la Maritza, le Nil , etc. V. Daussy, Carte générale de la Méditerranée , 1849.

Méditerranée, nom d’un département formé en Toscane sous le 1er Empire français , et borné au N. par la principauté de Lucques, à l’O. par la mer Tyrrhénienne,

au S. par la principauté de Piombino, au S.-E. et àl’E. par les départem. de l’Ombrone et de l’Arno. Ch.-l. Livourne; sous-préf. , Pise et Volterra.

MEDITERRANEE arctiqde , nom sous lequel on désigne une mer formée par l’Atlantique , et qui comprend la mer d’iludson et la mer de Baffin.

Méditerranée COLOMBIENNE , nom donné quelquefois à la réunion du golfe du (Mexique et de la mer des Antilles.

MÉDITRINALES , Meditrinalia , fête de la dégustation du vin nouveau , considéré comme remède utile à la santé, chez les anc. Romains. Elle revenait annuellement le 5 des nones d’octobre (11 octobre).

MEDIUS JANUS. V. Janis. — Fidius. V. Sancus.

MEDJERDAH , anc. Bagradas , fl. de l’Afrique septentrionale, a sa source dans l’Atlas, à 45 kil. E. de Tebessa, arrose l'Algérie, et se jette dans le golfe de Tunis à Porto- Farina. Cours d’environ 400 kil. Il reçoit l’Hamise.

MEDJIBOJ, v. de la Russie d’Europe (Polodie), à 100 kil. N.-E. de Kaminiec; 4,300 hab.

MEDJ1DIÉ. V. Niciian.

MEDLING ou ME1DLING, brg des États autrichiens (Basse -Autriche), à 15 kil. S.-O. de Vienne; 4,000 hab. Ëaux minérales et bains.

MEDOACUS, nom île 2 rivières de l’anc. Vénétie (Italie septentrionalel : Medoacus major , auj. la Brenta; et Medoacus | mùior, auj. le Bacclnglione.

MEDOC , Medulicus pagus , anc. pays de France (Bordelais ) , maintenant dans le départem. de la Gironde, entre la Garonne et l’Océan; ch.-l. , Lesparre. Il était divisé en Haut et Bas-Médoc. Excellents vins rouges, dont les meilleurs, ceux de Talence, Haut-Brion, Barsac, Sauterne , Langon, sont l’écoltés dans les Graves (b. ce mot).

medoc ( fort) , sur la rive g. de la Gironde , vis-à-vis du pâté de Blaye ( V. blaye ) , et complétant la défense du fleuve pour en intercepter le passage.

MEDON, fils de Codrus, roi d’Athènes, fut le 1er archonte, 1132 av. J.-C., et cette dignité resta dans sa famille pendant 12 générations.

MEDUANA, rivière de la Gaule ( Lyonnaise me) ; auj. la Mayenne .

MÉDULES , Meduli , peuple de la Gaule (Aquitaine n®), faisait partie des Bituriges-Vivisques. Son pays a formé plus tard le Médoc.

MEDULICUS bagus , nom latin du Medoc.

MEDULLI, anc. peuple de la Maurienne, habitait la partie de la vallée qui avoisine Miolans , localité désignée au moyen âge sous le nom de Castrum Medallum.

MEDUNTA , nom latin de Mantes.

MÉDUSE , bune des trois Gorgones , n’était pas immortelle comme ses sœurs. Minerve , à qui elle voulut le disputer en beauté , changea ses cheveux en serpents ; sa tête pétrifiait quiconque la regardait. Persée coupa la tête de ce monstre à l’aide d’un miroir où il la voyait sans la regarder en face. Du sang de Méduse, ou de son union avec Neptune, naquit le cheval Pégase.

MEDVIEDITZA, rivière de la Russie d’Europe, affl. du Don, arrose le gvt de Saratov et celui des Cosaques du Don. Cours de 480 kil. — Un aflfl. du Volga porte le même nom.

MEDWAY, Vaga, riv. d’Angleterre, naît près d’East- Grinstead ( Surrey), et se jette dans la Tamise, à Sheerness (Kent). Navigation facile et importante entre Tumbrigde, Maidstone, Rochester,etChatham. Bords très-pittoresques.

MEDWISÇB , v. de Transylvanie. V. Mediasch.

MÉE (La) , Media, petit pays de l’anc. France (Bretagne)^ où était Ercé-en-Mée (Ille-et-Vilaine).

MEEL (Jean) , peintre flamand, connu en France sous le nom de Miel , né en 1619 , m. à Turin en 1664 , étudia longtemps les chefs-d’œuvre des grands maîtres à Rome, exécuta plusieurs fresques au Vatican en 1648 , et fut appelé à la cour du duc de Savoie , où il orna le château de la Vénerie de 20 tableaux remarquables. Il excellait surtout dans les tableaux de chevalet , avait de l’expression et de la couleur, mais peu de noblesse dans le choix de ses sujets, et un dessin incorrect. Le musée du Louvre possède de lui un Pauvre demandant l'aumône, le Barbier napolitain, une Halte militaire, la Dinée des voyageurs, Paysage avec animaux, et Bnlrée d'auberge. 11 a aussi gravé à l'eau-forte.

MÉEN (SAINT-), ch.-l. de cant. ( Ille-et-Vilaine ) , arr. et à 20 kil. O.- XL- O. de Montfort-, 1,358 hab. Coinm. de bestiaux. Ruines d’une abbaye , dans la cour de laquelle Dugueselin battit un parti d’Anglais.

MEENEN , nom flamand de Menin.

MEERBEKE , brg de Belgique | Flandre orientale), arr. et à 34 kil. E. d’Oudenarde, 2,500 hab. Fabr. de fil; distilleries.

MEERENDRÉ, brg de Belgique (Flandre orientale),

MÉG

MËH

arr. et à 9 ldi. 0. de Gand , sur le canal de Bruges à Gand ; 2,700 hab. Tissage de lin.

MEERHOLZ , vge de Prusse (Hesse), à 3 kil. S. de Gelnhausen ; 900 liab. Château des princes d’Isenberg-Meerholz.

MEERHOUT, v. de Belgique (Anvers), sur la Grande- Nèthe , à 25 kil. S.-E. de Turnhout; 3,300 hab. Fabr. de draps, toiles, tabac. Comm. de beurre.

MEERMAN (Gérard) , savant magistrat, né à Leyde en 1722 , m. en 1771 , a laissé , entre autres ouvrages : Novus Thésaurus juris civilis et canonici, 1751-54, 7 vol. in-folio; Origines typoqraphicæ , La Haye, 1765, trad. en franc, par l’abbé Goujet, 1762 , in-8°.

meerman (Jean) , fils du précédent , né en 1753, m. en 1815 , fut directeur des beaux-arts et de l’instruction publique sous le roi Louis Bonaparte, puis comte de l’Empire et sénateur. On a de lui , en hollandais : Histoire de Guillaume , comte de Hollande et roi des Romains , La Haye, 1783-97, 5 vol. in-4°; Relations de la Grande-Bretagne et de l'Irlande , de l’Autriche , de la Prusse et de la Sicile , 1787-94 ,

5 part. in-8° ; Relations du Nord et du Nord- Est de l’Europe , 1805-06, 6 vol. in-8°; une traduction de la Messiade de Klopstock , etc.

MEERSBURG, nom allemand de Mersebourg.

MÉES (Les) , ch.-l. de cant. (Basses- Alpes) , arr. et à 20 kil. O.-S.-O. de Digne, près de la Durance; 1,247 hab. Bons vins.

MEESSEN, nom flamand de Messines.

MEETING, mot anglais qui signifie une réunion populaire, dont le but est de discuter et de délibérer sur un sujet quelconque.

MÉGABYZE , l’un des sept satrapes perses qui renversèrent le faux Smerdis, 521 av. J.-C., fut père de Zopyre , et subjugua pour Darius 1er la Thrace et la Macédoine. — Son petit-fils , un des meilleurs généraux d’Artaxercès , comprima les révoltes d’Artaban et d'Inarus, mais fut vaincu par Cimon en 450. Disgracié , il se révolta , puis obtint, après plusieurs victoires, sa grâce et la permission de revenir à la cour.

MËGACLËS, Alcméonide , archonte d’Athènes , déjoua la conspiration de Cylon , fit massacrer ses complices dans le temple de Minerve , et fut, pour ce sacrilège , exilé avec tous les Alcméonides. — Un de ses parents, Mégaclès, chef du parti des Paraliens, se déclara contre Pisistrate , 560 , le chassa d’Athènes , puis lui donna sa fille en mariage , et favorisa son retour.

MÉGALARTIES, fêtes de Cérès à Délos; on y portait un grand pain en procession. Cérès était surnommée Megalartos, comme ayant donné le pain aux hommes.

MÉGALÉSIENS (Jeux) , fête romaine en l’honneur de Cybèle, dite la Grande déesse. Elle consistait en une procession des Galles, qui, accompagnés des matrones romaines , portaient par la ville la statue de Cybèle, momentanément enlevée de son temple sur le mont Palatin, et allaient la baigner dans le ruisseau de l’Almon, en dehors de la porte Trigemina. La procession se rendait ensuite à l’un des théâtres du Champ-de-Mars , où l’on célébrait des jeux scéniques. La journée se terminait par des banquets entre les patriciens. Les jeux Mégalésiens duraient 7 jours, et commençaient la veille des nones d’avril (4 avril). Ils avaient été institués l’an 547 de la ville, 206 av. J.-C., à l’occasion de prodiges arrivés pendant la 2e guerre punique. Un oracle sibyllin avait déclaré que l’on vaincrait l’ennemi et qu’on le chasserait d’Italie , si la mère Idéa (Cybèle) était apportée de Pessinonte à Rome. Le sénat envoya une ambassade demander la statue de la déesse au roi Attale ; on la transporta à Rome eu grande pompe , on lui éleva un temple, et des jeux furent institués à perpétuité en son honneur. On les appela Mégalésiens, de Mef a/.ûa, grande, surnom de Cybèle. C. D. — y.

MÉGALOPOLIS , c.-à-d. la grande ville , anc. v. de la Grèce (Péloponése) , en Arcadie, près du confl. de l’Alphée et de l’Hélisson. Fondée d’après le conseil d’Epaminondas, 370 av. J.-C. , elle devint la capitale du pays. Elle eut deux tyrans , Aristodème en 336 , et Lysiade en 266. Cléomène , roi de Sparte , la livra aux flammes ; elle se releva , et entra dans la ligue achéenne en 232. Patrie de Philopémen et de Polybe. — Le vge actuel de Sinano occupe une partie de son emplacement.

MÉGARE, fille de Créon , roi de Thèbes, et femme d’Hercule. Pendant la descente de ce héros aux Enfers , Lycus voulut s’emparer de Thèbes et contraindre Mégare à l’épouser. Hercule, de retour, le tua. Junon , pour venger la mort de Lycus , inspira à Hercule un délire furieux, pendant lequel il tua Mégare et les trois enfants qu il avait eus d’elle.

mégare, Megara, v. de l’anc, Grèce, capitale de la

Mégaride, entre deux rochers à l’entrée de l’isthme de Corinthe , avait deux ports : Nise’e sur le golfe Saronique, et Pégée sur la mer d’ Alcyon. Elle existait avant la conquête dorienne,et obéissait à des rois, qu’elle remplaça de bonne heure par des magistrats appelés Esymnètes. Lés Doriens, repoussés de l’ Attique , grâce au dévouement de Codrus , prirent Mégare en se retirant, la fortifièrent , et y appelèrent des colons , presque tous de Corinthe. Elle s’affranchit avec l’aide d’Argos. Dominée ensuite par Théagène , beau-père de l’ Athénien Cylon, elle s’empara de Salamine, qui ne fut reprise par les Athéniens qu’au temps de Solon. Byzance , Sélimbrie , Chalcédoine , Héraclée du Pont , Mégare-Hybléenne, furent des colonies de Mégare. Les Mégariens se signalèrent à la bataille de Salamine, et perdirent 600 hommes à Platée. Pendant la guerre du Péloponése, en haine de Corinthe, ils admirent une garnison athénienne dans leurs murs ; ce fut alors que des Athéniens rattachèrent le port de Nisée à Mégare , comme le Pirée à Athènes, par deux murs longs de 1,600 mèt. Quand la fortune d’Athènes pâlit, Mégare l’abandonna. Elle ne joua plus dès lors aucun rôle dans les affaires de la Grèce. A peine trouve-t-on auj. quelques débris de ses monuments. Mégare eut une école de philosophie fondée par Euclide et Stilpon , et qu’on surnomma éristique (disputeuse) , parce qu’elle ne s’occupa guère que de dialectique. F — T.

mégare hyblÉenne, anc. v. de la Sicile, sur la côte E., près du mont Hybla, fut fondée par des Mégariens en 728 av. J.-C., ruinée par Gélon en 480, et prise par les Romains en 214. Il n’en restait rien au temps d’Auguste.

MÊGAR1DE , Megaris, petit pays de l’anc. Grèce, comprenant Mégare et son territoire, occupait la partie E. de l’isthme de Corinthe.

MÉGARISSE (Golfe de). V. Mélane (Golfe).

MÈGASTHÈNES, historien et géographe grec, fut chargé par Séleucus Nicator, vers 295 av. J.-C., d’une mission auprès de Sandrocotus , roi des Indes , et publia, à son retour, une Histoire des Indes , qui ne nous est pas parvenue. Strabon y ajoutait peu de foi. Celle que nous avons a été fabriquée par Annius de Viterbe. On trouve les fragments de Mégasthènes dans les Fragmenta hisloricorum grœcorum de Didot, Paris, 1848.

MEGERE, c.-à-d. ennemie, l’une des Furies (K. ce mot).

MÉGLIN (J.-A.), médecin, néàSultz (Alsace), en 1756, m. à Colmar en 1824, a publié : Traité sur la névralgie faciale; Dissertation sur l'usage des bains dans te tétanos; Analyse des eaux de Sultzmal , 1779, in-8°. Il a donné son nom à des pilules antinévralgiques.

MEGNA, riv. de l’Inde Transgangétique, qui venait de la Scythie au delà de l’Imaüs. On la rapporte au Brahma poulra, qui se mêle au bras oriental du Gange, appelé encore aujourd’hui Megna.

MEGYÉS, nom hongrois de Mediascii.

MEHAD1A ou MEADIA , brg des États autrichiens dans les Confins militaires du Banat, à 24 kil. N. d’Orsova, sur la Bêla, petit aflfl. de la Czerna; 1,700 hab. Près de là sont des bains d’eaux thermales sulfureuses très-fréquentés, les bains d’ Hercule des Romains. Restes d un aqueduc romain à Teplecz. ,

MÉHALLET-EL-KEBIR, anc. Cxjnopolis ou Xoïs, v. de la Basse-Egypte, ch.-l. de la prov. de Garbièh, sur un bras du Nil, à 100 kil. N. du Caire; 1,700 hab. Filature de coton.

MÉHÉDI. V. Mahdi.

MÉHÈGAN (Guillaume- Alexandre, chevalier de), littérateur, d’une famille irlandaise , né à Lasalle près d’Alais en 1721, m. à Paris en 1766, fut appelé en Danemark, où il professa la littérature à Copenhague; de retour à Paris, il travailla au Journal encyclopédique. Parmi ses ouvrages, dont le style plein d’images trop recherchées fatigue le lecteur, on distingue : Zoroastre, 1751, in-12 ; Origine des Guèbres, ou la religion naturelle en action, 1751, in-i.2 ; Originê, progrès et décadence de l’idolâtrie , 1756, in 12; ces trois ouvrages le firent mettre à la Bastille ; Tableau de l’histoire moderne, depuis la chute de empire d’Occident jusqu’à la paix de Westphalie, 1766 et 1777, 3 vol. in-12; l’Histoire considérée vis-à-vis de la Religion, de l Etal et des Beaux-Arts, 1767, 3 vol. in-12.

MÉHÉMED, MEHÉMET ou MOHAMMED, calife ommiade de Cordoue, 852-886, eut un règne désolé par la guerre civile, fut plusieurs fois battu par Alphonse le Grand, et laissa Omar-Ibn-Afsoun se rendre indépendant en Aragon.

méiiémed-el-nasser ( Abou-Abdallah ) , prince de la dynastie des Almoliades, succéda en Afrique et en Espagne à son père Yacoub-Al-Mançour en 1199, perdit en 1212, contre les rois de Castille, d’Aragon et de Na-

MÉH — 1765 — MEH

■varre, la bataille de Tolosa, et mourut l’année suivante.

méhémed ier (Abou-Abdallah), 1er roi de Grenade, de la dynastie des Nassérides, né en 1194 à Ardjouna (Andalousie), m. en 1273, servit d’abord sous les Almohades, se joignit ensuite à Motawakkel leur ennemi, attaqua ce prince à son tour en 1232, lui enleva Jaen, Guadix, Lorca* Grenade dont il fît sa capitale, et prit le titre de roi en 1235. Moins heureux contre S* Ferdinand, roi de Castille, il dut se reconnaître son vassal et lui payer tribut , 1245. La même humiliation lui fut infligée par Alphonse X. Il protégea les arts, les lettres, le commerce et l’agriculture, et bâtit l’Alhambra.

méhémed il, 2e roi de Grenade, fils et successeur du précédent, 1273-1302, se rendit célèbre par sa magnificence, ses talents politiques et militaires, protégea les lettres, les sciences et le commerce, et remporta une grande victoire sur Alphonse X, en 1275.

méhémed ni, 3e roi de Grenade, fils et successeur du précédent, 1302-1314, conquit Ceuta en 1306, mais dut acheter la paix aux rois de Castille et d’Aragon. Ce traité servit de prétexte à une sédition qui lui ôta le trône pour le donner à son frère Nasser.

méhémed iv, 6e roi de Grenade, fils et successeur d’Ismail-ben-Feragh , 1321-1334, fut proclamé à l’âge de 12 ans, après le meurtre de son père. Des discordes intestines troublèrent le commencement de son règne. Ses troupes furent battues par les Castillans prés de Cordoue et devant Algésiras ; mais il remporta à son tour des avantages signalés à Baeza et à Gibraltar. Il périt assassiné.

méhémed v ( Aboul-Walid) , 8e roi de Grenade, succéda à son père Youçouf en 1354, fut renversé du trône en 1360 par ses frères Soliman, Ismaël et Méhémed, y fut replacé en 1362 par Pierre le Cruel, roi de Castille, qu’il soutint ensuite contre Pierre d’Aragon et Henri de Transtamare, et mourut en 1379.

méhémed vi , 9e roi de Grenade , fils et successeur du précédent, 1379-1392, eut un règne paisible; il encouragea les arts, le csmmerce et l’agriculture.

méhémed vii, 15e roi de Grenade, 1423-1445, surnommé El At'çar (le Gaucher) , fils et successeur de Youçouf III, se rendit odieux par sa tyrannie, fut détrôné en 1427 par son cousin Méhémed-el-Soghair, rétabli en 1429 avec le secours du roi de Castille , renversé de nouveau pour avoir refusé de lui payer tribut , ressaisit encore la couronne en 1432, et la perdit définitivement en 1445. Son neveu Méhémed-el-Aradj le laissa mourir en prison.

méhémed-baetadji, grand-vizir sous le sultan AchmetlH, avait été d’abord fendeur de bois (baltadji). Après avoir passé par les grades subalternes, il fut nommé grand-vizir en 1704, fut déposé en 1706, reprit son rang en 1710, et marcha contre le tzar Pierre le Grand, qu'il cerna sur les bords du Pruth , et à qui il se contenta de faire signer la paix. Accusé de lâcheté et de trahison par le roi de Suède Charles XII , il fut exilé à Lemnos, où il mourut en 1713.

méhémed-riza-beyg , le 1er ambassadeur de Perse en France, 1714, était chargé de demander à Louis XIV une escadre pour repousser les attaques des Arabes de Maskate. Il ne réussit pas , et signa un traité qui accordait à la France les plus grands avantages en Perse. Prévoyant le châtiment qui l’attendait pour avoir rempli si mal sa mission, il se tua au moment de rentrer dans son pays,

méiiémed-effendi , defteraar ou grand -trésorier de l’Empire ottoman, fut plénipotentiaire au traité de Passavovitzen 1718, fut nommé, deux ans après, ambassadeur en France, et chercha en vain à obtenir, par la médiation de Louis XV, une trêve avec l’ordre de Malte , dont les armements inquiétaient la Turquie. La relation de son voyage en France a été publiée à Paris, 1758, in-12.

MEHEMET-ALI, vice-roi d’Égypte, né à Kavala (Salonique) en 1769, m. en 1849, était fils d’un agha. Orphelin de bonne heure, il fut recueilli et élevé par le gouverneur de sa ville natale. Un négociant marseillais, nommé Lion, se prit aussi d’aô’ection pour lui, et lui apprit de bonne heure à aimer la France. Méhémet épousa une fille du gouverneur, fit pendant dix ans le commerce du tabac, et, lors de la descente de Bonaparte en Egypte , alla combattre contre lui avec un corps d’Albanais. Il se distingua à Aboukir, 1799. Après la retraite des Français, il prétendit au gouvernement du Caire, et renversa Khosrew-Pacha, 1803. Profitant de la lutte des Mamelouks contre les pachas de la Porte, il se fit un parti puissant dans le peuple, se concilia les cheikhs et les ulémas, se déclara le défenseur de l’islamisme menacé, massacra les Mamelouks , et se fit r

enfin proclamer gouverneur du Caire, 1806. La Porte fut obligée de le confirmer dans ce poste. Après avoir repoussé doux escadres anglaises, il s’affermit encore, en faisant massacrer tous les Mamelouks au Caire dans un odieux guet-apens, 1811. Il obtint bientôt du sultan l’investiture de la Haute-Egypte , puis commença, en 1812, contre les Wahabites d’Arabie, une guerre de 6 années, que termina son fils Ibrahim, et qui lui valut la possession do l’Hedjaz. Un autre de ses fils, Ismaël, envoyé en Nubie, soumit le Kordofan, les pays de Dongolah, de Chendy, de Sennaar, 1822. Au milieu même de la guerre , Méhémet donnait ses soins au gouvernement de l’Egypte. 11 s’empara d’abord de toutes les propriétés foncières ( succession des Mamelouks , mosquées , biens des particuliers ) , n’accordant à ceux qu’il dépouillait d’autre indemnité que des pensions viagères. Maître absolu du sol , il en modifia la culture, et, accordant le premier rang à la plantation du coton, opéra en Egypte toute une révolution industrielle. Il donna une grande extension à la culture de l’indigo, de la garance, de l’opium, du riz, des céréales, fit planter des mûriers par milliers , commencer l’immense barrage du Nil, et percer des canaux. Au monopole des terres il joignit celui du commerce et de l’industrie : de vastes et nombreuses usines furent élevées à grands frais. Méhémet emprunta également à l’Europe son organisation militaire : secondé par le colonel Selves, officier français, qui, sous le nom de Soliman-Pacha, devint major-général de l’armée égyptienne, il créa une armée régulière, recrutée parmi les fellahs, mais dont tous les officiers étaient Turcs. Il forma un arsenal , ouvrit des chantiers de construction, des ateliers, des écoles de toutes sortes; de jeunes Egyptiens furent envoyés à Paris pour s’initier aux connaissances scientifiques et littéraires; Méhémet luimême apprit à lire à 46 ans, et fit apprendre l’exercice à son fils. Presque tous les établissements nouveaux furent dirigés par les Français (Clot-Bey. Mougel-Bey, Linant- Bey, Perron, Prince, Selves, etc.). Méhemet Ali fut plus d’une fois arraché à ses travaux par les soins de la guerre. En 1824, la Haute-Egypte fut le théâtre d’un soulèvement, aussitôt réprimé que produit. Dans la guerre de Morée, il envoya au secours du sultan une armée de 24,000 hommes et une flotte de 63 vaisseaux, accompagnée de 100 bâtiments de transport. Ibrahim commandait ces forces. Malheureusement la flotte fut détruite à Navarin, 1827. Pour prix de sa coopération , Méhémet avait reçu l’ile de Candie. En 1831 , des fellahs, fuyant son administration oppressive, avaient trouvé asile en Syrie; il les réclama vainement. Alors Ibrahim entra dans le pays à la tête de 30,000 hommes, et s’empara de Sl-Jean-d’Acre et de Damas, 1832; la journée de Homs lui donna les défilés du Taurus, celle de Konièh lui ouvrit le chemin de Constantinople. La Russie intervint : le sultan Mahmoud dut néanmoins signer le traité de Kutaièh (14 mai 1833) , et accorder à Méhémet l’investiture des 4 pachaliks de Syrie. En 1838, Méhémet réclama l’hérédité pour le gouvernement de l’Egypte et de la Syrie; le refus de la Porte amena une nouvelle guerre. Le sultan fut vaincu par Ibrahim à Nézib, 24 juin 1839; la diplomatie européenne arrêta encore les hostilités. Abdul-Medjid , qui venait de succéder à Mahmoud, accorda à Méhémet la vice-royauté d’Egypte à titre héréditaire, moyennant la restitution delà Syrie, de Candie, et de l'Hedjaz, 13 février 1841. Vers 1847, une maladie altéra les facultés intellectuelles de Méhémet, et Ibrahim régna en son nom. V. F. Mengin, Histoire de l'Egypte sous Méhémet-Ali , de 1823 à 1838; Ed. Gouin, l'Egypte au xixe siècle, 1849. F — t.

MEHENEDY, riv. de l’Inde. V. Mahanaddy.

MEHUL (Etienne-Henri), célèbre compositeur de musique, né à Givet en 1763, m. en 1817, vint à Paris en 1779, et reçut les conseils de Gliick. Il entra à l’Institut en 1796, fut inspecteur de l’enseignement au Conservatoire depuis 1795, et surintendant de la musique de la chapelle du roi en 1815. Outre des sonates, des symphonies, des cantates, des hymnes et des chansons patriotiques pour les fêtes républicaines, telles que le Chant du départ, le Chant de victoire , le Chant du retour, il a écrit 42 opéras, dont les principaux sont : Euphrosine et Corradin, 1790, en 3 actes, qui eut un très-grand succès, et dont un duo, dit de laja- | lousie, était regardé par Grétry comme un morceau sans | égal ; Stratonice, 1792, son chef-d'œuvre, remarquable par une manière large, une rare noblesse, et une entente parfaite des effets d’harmonie; Phrosine et Mélidor, 1794, dont on admire le magnifique finale du 1er acte ; le Jeune Henri, 1797, auquel une très-belle symphonie de chasse sert d’ouverture; Adrien et Ariodant, 1799; l'Irato, 1801, opéra-bouffe, où il sut assez bien saisir la manière ita-

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