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les Gibelins, les Capulets , les Montaigus , etc. — Les Romains avaient ordinairement 3 noms : 1° le prœnomen, désignant l'individu (Caïus, Lucius, Marcus, Cneius, Sextus, etc.); 2° le nomen , désignant la gens à laquelle cet individu appartenait, et généralement terminé en ius ou en eius (Tullius, Cornélius, Servilius, Porcius, etc.); 3° le cognomen, désignant la famille ou division de la gens (Scipion , Caton , Brutus, Crassus, César, etc.). Quelquefois ils avaient un 4° nom , agnomen , donné comme distinction honorifique, en mémoire de quelque événement (Africanus, Asiatieus, Macédoniens, Achaïcus, Numidi-cus, etc.). Un très-grand nombre de plébéiens ne portaient que le prénom et le nom. Les femmes avaient seulement le nom de la gens sous sa forme féminine ( Sempronia, Cornelia, Tullia); deux filles dans une même famille étaient surnommées major et minor, et , s’il y en avait davantage', prima, secundx, lerlia, etc.; plusieurs femmes eurent aussi un surnom tiré de quelque particularité personnelle ( Rufa, Pusilla, etc.). Quand on passait par adoption d’une famille dans une autre, on prenait le prénom, le nom et le surnom de son père adoptif, en ajoutant le nom de la première famille avec la terminaison anus ( Caïus-Julius-Cœsar-Octavianus). Les esclaves gardaient le nom qu’ils avaient avant de tomber en esclavage ; rendus à la liberté, ils recevaient le prénom et le nom de leur maître, et y ajoutaient leur propre nom (Lucius-Cornélius-Chrysogonus, Marcus-Tullius- Tiro, etc.). — LesFranks ne portaient qu’un nom, et il avait un sens : Clodion, illustre; Mérovée, éminent guerrier; Childéric , fort ou brave au combat; Clovis, illustre guerrier; Théodoric ou Thierry, brave ou puissant parmi le peuple ; Clodomir, chef célèbre; Childebert , brillant dans le combat; Clotaire, célèbre et éminent; Chilpéric , brave ou puissant à secourir; Théodebert, brillant parmi le peuple; Théodebald, hardi parmi le peuple; Chariberl, brillant dans l'armée; Sigebert , brillant par la victoire; Gontran , fort au combat; Dagobert, brillant comme le jour, etc. Vers la fin de la 2e race, pour distinguer les membres d’une même famille, on commença de recourir à des sobriquets, pris d’une qualité honorable ou d’une particularité vicieuse ou ridicule ; ainsi Hugues Capet signifiait Hugues à la grosse tête, ou le bon esprit, ou l’opiniâtre. Bien que l’on trouve auparavant Pépin le Bref , Charles le Simple, Charles le Chauve, il n’est pas vraisemblable que ces princes aient été désignés ainsi de leur vivant. On ne mettait que lés noms dans les actes publics; mais le sobriquet, par la force de l’usage, étant devenu une notoriété, on l’ajouta au-dessus du nom, en interligne, ce qui paraît l’avoir fait appeler surnom. De bonne heure on adopta l’usage des ■noms de baptême , qui sont devenus les prénoms. Ce n’est que vers le xme siècle, que l’on conserva dans les familles un nom héréditaire ; la noblesse le prit de ses terres, les vilains se transmirent celui qu'ils devaient à des particularités physiques, au caractère, à l’âge, au lieu de naissance ou d’habitation, à la profession , tels que : Leroux, Lenoir, Levilain , Lepetit , Leblanc , Legros , Legrand , Lefort , Ledoux , Lejeune, Lenormand, Lepicard, Lebreton, Duval, Dupré, Marchand , Charpentier, etc. Ces noms ne devinrent fixes que quand on eut institué les registres de l’état-civil. Dès lors, il fallut l’autorisation du chef de l’Etat, et certaines formes légales pour pouvoir changer de nom. V. E. Salverte , Essai historique et philosophique sur les noms propres, Paris, 1824, 2 vol. in-8°.
NON (Cap). V. Noun.
NONA, Ænona, v. des Etats autrichiens (Dalmatie), à 17 kil. N. -N. -O. de Zara, petit port sur l’Adriatique; 600 hab. Evêché.
NONACRIS , anc. ville d’Arcadie, près du mont Cyllène, ainsi nommée d’une fille de Lycaon. Patrie d’Evandre et d’Atalante.
NONAGRIA. V. Andros.
NONANCOURT, ch.-l. de cant. (Eure), arr. et à 35 kil. S. d’Evreux , sur l’Avre ; 1,255 hab. Filatures de laine et de coton , fabr. de cardes, tanneries. Comra. de grains, papier, tuiles et briques. Restes de fortifications.
NONCE, Nuntius, ambassadeur du pape près d’une cour étrangère. Celui qui ne représente que provisoirement le Saint-Siège s’appelle Internonce. — Les députés de h*, noblesse polonaise dans les diètes portaient aussi le nom de nonces.
NON-CONFORMISTES. V. Conformistes, Dissen-
TKRS.
NONE, une des parties de l’office divin, et la dernière des petites heures ou heures canoniales; elle se dit avant vêpres. Son nom vient de ce que, dans l’anc. manière de diviser le jour, on la récitait à la 9e heure.
NONES , Nonœ, une des divisions du mois dans le calen-
drier des anc. Romains. On les nommait ainsi de ce qu’elles se trouvaient 9 jours avant les ides. Elles étaient un peu mobiles , et revenaient le 5 du mois en janvier, février, avril, juin, août, septembre, novembre et décembre, et le 7, pendant les autres mois. La superstition romaine regardait tous les lendemains de nones comme funestes. — Nones Caprotines. V. Populifugium et Caprotine.
NONIUS MARCELLUS, grammairien latiu et philosophe péripatéticien , né à Tibur dans le me siècle , a laissé un traité De proprielale sermonum , compilation médiocre, mais riche en citations de beaucoup d’auteurs dont les ouvrages sont auj. perdus. La meilleure édit. deNonius est celle de Mercier-des-Bordes, Paris, 1614.
nonius (Pedro nunnez , en latin) , mathématicien portugais, né en 1492, m. en 1577, professeur à l’université de Coïmbre , s’est surtout occupé de géométrie. On lui attribue l’idée d’une méthode pour la mesure des petits arcs de cercle. Il écrivit un traité De arte navigandi , en 2 livres, qui attira l’attention des géomètres sur les problèmes nouveaux que faisait naître l’usage de la boussole.
NONNIUS P1NCIANUS. V. Pincianus.
NONNOTTE (Claude- Adrien) , jésuite , né à Besançon en 1711, m. en 1793, prêcha pendant plusieurs années à Paris , à Versailles , et à Turin. Il entreprit de relever les erreurs historiques de Voltaire, dans un ouvrage qui a pour titre : les Erreurs de Voltaire , Avignon , 1762, 2 vol. ; Besançon, 1718 , 3 vol. ; il le fit le plus souvent avec succès pour la vérité , mais en attirant sur soi les sarcasmes de Voltaire. On a de lui encore: Dictionnaire philosophique de la religion, en réponse aux objections des incrédules , Avignon , 1772, 4 vol. in-12; les Philosophes des trois premiers siècles de l'Eglise, Paris, 1789, in-12. C. N.
NONNUS, poète grec, neA Panopolis en Egypte vers 410 ap. J.-C., est auteur d’un poème en 48 chants, les Dionysiaques , qui roule sur l’histoire de Bacchus. Rien n’est plus inégal que ce poème ; à des élans d’inspiration véritable , succède une stérile abondance de mots ; la prédominance de l’élément descriptif et l’abus de l’érudition mythologique en rendent la lecture fatigante. Les Diony-: siaques ont été publiés par Falkenberg, Anvers, 1569, gr. in-8»; par G. -H. Moser, Heidelberg, 1809; et par Græfe,1819 et 1826, Leipzig, 2 vol. in-8°, ettrad. en français par Boitel , Paris , 1625 , in-8°, et par le comte de Marcellus, dans la BibAothèque des auteurs grecs de Didot, 1856 , gr. in-8°. On attribue encore à Nonnus une Paraphrase en vers de l’Evangile de St Jean, publiée pour la lre fois à Venise , 1501; à moins que le poète ne se soit fait chrétien , cet ouvrage ne peut lui être rapporté. V. Weichert, De Nonno Panopolitano , 1810, in-4°.
NONTRON, s.-préf. (Dordogne) , à 40 kil. N. dePérigueux. Tribunal de lre instance ; 2,444 hab. Autrefois fortifiée. Fabr. de couteaux; forges, tanneries. Comm. de bestiaux. Exploit, de fer, plomb sulfuré, manganèse et oxyde noir aux environs.
NONZA , ch.-l. de cant. (Corse) , arr. et à 12 kil. N. -O. de Bastia, au sommet d’un roc escarpé; 445 hab.
NOODT (Gérard), jurisconsulte et publiciste, né à Nimègue en 1647, m. en 1725, professeur de droit dans sa ville natale en 1671 , à Franeker en 1679 , à Utrecht en 1684 , et à Leyde en 1686 , a laissé , entre autres ouvrages estimés : Probabilium jurislib. m , 1674-79; de Juri imperii etlegeregiâ, 1699, et de Religioneab imperio, jure gentium, libéra , 1706, ouvrages trad. en français par Barbeyrac, sous ce titre : du Pouvoir des souverains et de la liberté de conscience, Amst. 1707, 1714, in-4°. La meilleure édit, des Œuvres de Noodt est celle de Leyde, 1735, 2 vol. in-fol.
NOORDHUISEN. V. Nordhausen.
NOOT (Henri-Nicolas Van der) , avocat au grandconseil du Brabant , né à Bruxelles en 1750 , m. en 1826, joua un rôle important dans l’insurrection des Pays-Bas autrichiens en 1789. Obligé de fuir en Hollande pour quelques écrits contre l’empereur Joseph II , il se joignit à d’autres mécontents, organisa le comité de Bréda , qui se proposait l’expulsion des Autrichiens , et devint président du pouvoir exécutif, formé à Bruxelles lors de l’insurrection. Mais les troupes impériales revinrent plus nombreuses ; Van der Noot, qui n’avait pu, d’ailleurs, empêcher les excès du parti républicain , chercha encore un asile en Hollande. Bien qu’il eût publié, en 1792, une adresse à ses concitoyens pour les engager à se joindre aux Français, il fut arrêté , en 1796 , par ordre du Directoire , et retenu, pendant près d’un an , dans la citadelle de Bois-le-Duc. Depuis cette époque, il vécut ignoré à Bruxelles.
NOOTKA. V. Noutka.
NOR , fils de Thorron , qui régnait sur la Gothie et la Finlande, fut envoyé à la recherche de sa soeur Goé, qu’on
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avait enlevée, et, selon les traditions Scandinaves, arriva dans le pays qui , de son nom , s’appela Norvège.
NORA , auj . Bour ? v. forte de l’anc. Cappadoce, au pied du Taurus, célèbre par le siège qu’y soutint Eumène contre Antigone, 320 av. J.-C. — anc. v. de Phrygie , sur les confins de la Lycaonie. — anc. v. de Sardaigne , sur la côte S. ; auj . Nori ou San-Giovani di Pula.
NORADIN. V. Nour-Eddyn.
NOllAGHES ou NURAGHES, nom par lequel on désigne de très-anciens monuments situés en Sardaigne. Ils ont la forme d’une tour ou d’un cône surbaissé de 15 à 16 mèt. de hauteur, et de 29 à 30 de circonférence à la base. Quelques-uns sont élevés sur un soubassement de forme irrégulière, de 100 à 200 mèt. de large. L’entrée extérieure, toujours entre le S.- E. et le S.- O., n’excède jamais 1 mèt. 60 centimèt. de haut, sur 0 mèt. 60 centimèt. de large, et est souvent plus étroite ; l’intérieur est divisé en plusieurs chambres superposées. Il existe encore environ 3,000 monuments de ce genre, bien qu’un grand nombre aient été détruits. On croit qu’ils ont été fondés par une colonie pélasgique, environ 200 ans av. la guerre de Troie , et que leur nom vient de Norax, conducteur d’une de ces colonies. Il y a aussi en Sardaigne d’autres monuments , formés par de grosses pierres rangées sans ciment autour d’une fosse creusée de 12 à 16 mèt. de long sur 1 à 2 d’ouverture, et sur lesquelles sont posées de larges pierres plates formant un toit ; à l’une des extrémités de la fosse, on trouve plusieurs pierres posées perpendiculairement; ces fosses sont appelées par le peuple sépultures des géants : c’étaient probablement des tombeaux. V. Petit-Radel, Notice sur les Nuraghes de la Sardaigne, Paris, 1826.
NORBA, auj. Normv , anc. v. d’Italie (Latium) , chez les Yolsques. Colonie îomaine depuis l’an 262.
norba cæsarea , v. de la Lusitanie ; auj. Alcantara.
NORBERT (Saint), né à Santon (Clèves) vers 1092, m. en 1134. D’une famille illustre du comté de Clèves, il mena d’abord une vie fastueuse et dissipée; un orage, qui mit ses jours en danger, détermina sa conversion ; il reçut les ordres, passa quelques années en mission , et, en 1120, fonda à Prémontré, dans la forêt de Coucy, un monastère ayant pour objet la réforme des chanoines réguliers ; le nouvel ordre fut confirmé par le pape Ilonorius II en 1126, et fit de rapides progrès dans toute l’Europe. La même année, S1 Norbert devint archevêque de Magdebourg; il rendit de grands services à l’Eglise lors du schisme qui suivit la mort d’Honorius II , et , d’accord avec S1 Bernard , entraîna l’empereur Lothaire II dans le parti d Innocent IL II suivit Lothaire en Italie comme archichancelier, et , au retour, fut nommé primat des deux Saxes. Il fut canonisé en 1582 par Grégoire XIII. Fête, le 6 juin.
Norbert (Pierre parisot, dit le Père), capucin, né en 1697 à Bar-le-Duc, m. en 1769, fut emmené à Rome en qualité de secrétaire par son provincial en 1734, et là se fit nommer, 1736 , procureur-général des missions étrangères. Arrivé à Pondichéry, il fut choisi comme curé de la ville par le gouverneur Dupleix; mais son animosité contre les Jésuites le fit revenir à Rome en 1740, pour prés en ter à Benoit XIY son ouvrage sur les Rites malabares, où étaient des attaques violentes contre les Jésuites. Cet écrit, publié malgré le pape, causa un grand scandale. Norbert quitta son ordre, erra sous différents noms en Angleterre, en Allemagne, en Portugal, etc., et finit misérablement ses jours dans un village de Lorraine. Son principal ouvrage est intitulé : Mémoires historiques sur les affaires des Jésuites arec le Saint-Siège, Lisbonne, 1766, 7 vol. in-4°.
NOlvClA, anc. Nursia , v. du roy. d'Italie (Pérouse), s tuée à 31 kil. N.-E. de Spolète, près de la rive dr. de 1 Nera ; 9,795 hab. Evêché. Fabr. de lainages et de drar communs. Cette ville eut autrefois un gouvernement me mcipal dont les chefs s’appelaient Illettrés, parce qu’ils n devaient savoir ni lire ni écrire.
NORD (Mer du) ou d’ ALLEMAGNE , anc. Océan ne, mamque, mer d’Europe, formée par l’océan Atlantique entrf *a, Grande-Bretagne à l’O., la Norvège et le Dane mark à I L. l’Allemagne (prov. pruss. de Holstein et Ha novie), la Hollande, la Belgique et la h rance au S F
ITusZ “•FY'-i e*î— iq».nî avecMa BaUiqu par le Skager-Rack, le Cattégat et le Sund . avec 1
Hollandais 16 Pas'de:Calai3- Elle a reçu son nom de Hollandais par opposition au Zuyderzée (mer du Sud]
Les eaux de la mer du Nord contiennent plus de partie
ne gMentna^ n S ^ h BaltlqUe; elles sont moins froides e ne gelent pas, mais charrient souvent d’énormes glaçons I
long des côtes. Cette mer est peu profonde, surtout prés des côtes, ce qui la rend très-houleuse ; e>le a aussi beaucoup de hauts-fonds. La Grande-Bretagne possède sur la mer du Nord les ports de Londres, Yarmoutli, Leith, et Dundee ; la France, ceux de Dunkerque et de Gravelines; la Belgique, celui d’Ostende ; la Hollande, ceux de Rotterdam et d’Amsterdam; l’Allemagne, ceux d’Emden, Brême, et Hambourg ; la Norvège, ceux de Christiansand et de Bergen. Les affluents de cette mer sont : sur le continent , l’Elbe, le Wéser, l’Ems, le Rhin , la Meuse, et l’Escaut ; en Grande-Bretagne, le Tay, le Forth, la Tweed, la Tyne, l’Humber, l’Ouse , et la Tamise.
NORD ( Canal du ), détroit formé par l’océan Atlantique au N. de la mer d’Irlande, entre la côte N.-E. de l’Irlande et la côte S.- O. de l’Ecosse.
nord (Cap), promontoire de Norvège, à l’extrémité N. de l’île de Magero, par 71° 11’ 40” lat. N., et 23° 40’ îong. E. C’est le point le plus septentrional de l’Europe. — Il y a d’autres caps Nord : à l’extrémité N. -O. de J’ile du Prince Edouard , dans le golfe SVLaurent ; à la pointe N. de la Nouvelle-Zélande; à l’extrémité N.-E. de la Nouvelle-Géorgie.
nord (Le), département le plus septentrional de la France, ch.-l. Lille; formé de la Flandre française, du Cambrésis et d’une partie du Hainaut; borné au N. par la mer du Nord , au N.-E. par la Belgique ( Flandre occidentale et Hainaut), et entre les dép. de l’Aisne et de la Somme au S., du Pas-de-Calais à l’O. Superf., 569,904 hect. ; pop., 1,392,041 hab. Arrosé par l’Escaut et ses affluents (laHaisne, laScarpe, la Sensée, la Lys, la Law, et la Deule), parla Sambre, l’Aa, la Colme, l’Yser, et par un grand nombre de canaux. Ce départem. est, par son agriculture, son industrie et son commerce, le plus riche de la France. Sol très-fertile en céréales, betteraves, houblon, colza, lin (3,500,000 kilogr. par an), légumes, tabac. Nombreuses pépinières. Elève de chevaux, porcs, gros bétail. Grande exploitation de houille, fer, tourbe; carrières de marbre, pierres. Fabrication de toiles, batistes, linge de table, cotonnades, fils de coton, de lin et de laine, tulle, dentelles, faïence, porcelaine, verre, sucre de betteraves, huiles (près de 500,000 hectol. par an), savons; usines à fer; raffineries de sucre et de sel, distilleries de betteraves. Eaux minérales de S'-Amand. Ce départem. forme le diocèse de Cambrai, et dépend de la cour impériale de Douai.
nord , l’un des 4 points cardinaux, celui qui répond à l’extrémité du pôle boréal. On l’appelle aussi septentrion, nom que les anciens avaient donné à la constellation de l’Ourse, près du pôle arctique.
NORDALBINGIENS , nom donné pendant le moyen âge aux peuplades saxonnes qui habitaient au N. et sur la rive dr. de l’Elbe, vers son embouchure.
NORDBERG (Georges), chapelain de Charles XII, roi de Suède, né à Stockholm en 1677, m. en 1744, fut nommé, en 1703, aumônier de l’armée suédoise, et, en 1707, aumônier du roi. Fait prisonnier à Pultawa en 1709, il fut échangé contre des prisonniers russes en 1715, et rentra comme pasteur à Stockholm. Il écrivit , par ordre et sous l’influence de la reine Ulrique-EIéonoreja Vie de Charles XII, Stockholm, 1740, 2 vol. in-fol., trad. en franç. par Warraholz, La Haye, 1742, 3 vol. in-4°. Voltaire, avec lequel il n’est pas toujours d’accord, l’a poursuivi de ses sarcasmes.
NORDBOTTEN ou NORRBOTTEN. V. Nordland.
NORDEN (Frédéric-Louis), voyageur danois, né à Gluckstadt ( Holstein ) en 1708, m. en 1742, était capitaine de la marine royale du Danemark. Après des voyages en Europe, qui le mirent en contact avec les savants et les artistes, 1732-37, il fut, en 1737, envoyé par Christian VI en Egypte, avec mission d’en dessiner et d’en décrire les monuments antiques, visita successivement Alexandrie, le Caire, les Pyramides, remonta le Nil jusqu’au delà du tropique du Cancer, à Deyr ou Derre (Nubie) , et ne s’arrêta, en 1738, que devant les obstacles insurmontables opposés par la mauvaise volonté des habitants. Accueilli avec honneur à Copenhague, il servit comme volontaire dans la guerre de 1740 entre l’Angleterre et l’Espagne, alla ainsi en Amérique, et , au retour, nommé membre de la Société royale de Londres, composa pour elle, 1741, un Mémoire en anglais Sur les ruines et les statues colossales de Thèhes. Attaqué de consomption, il voulut passer dans le midi de la France, mais mourut à Paris. On publia à Copenhague, 1752-55, son Voyage en Egypte et en Nubie, tel qu’il l’avait laissé, sauf une très-légère révision pour la mise en ordre, 2 vol. gr. in-fol., avec 159 cartes et planches. Avaut Volney, qui , d’ailleurs, se préoccupe moins de la partie descriptive et archéologique que des usages et des mœurs,
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Norden est le premier voyageur qui ait entrepris une pareille exploration au point de vue artistique, géographique, scientifique et pittoresque : l’expédition d’Egypte a le plus souvent suivi son plan neuf et ingénieux, ses habitudes d’élévation , ses coupes géométries, etc. Dans 29 planches, il a détaillé le cours du Nil jusqu’au point visité par lui , et si cette partie renferme des erreurs inévitables, elle ne mérite pas les durs reproches que lui ont adressés Danville et Bruce. Une 3e édition en 3 vol. in-4°, qui n’a pas peu servi à préciser les notions au moment de l’expédi tion d’Egypte , a été donnée, 1795-98, par MM. Langlès, P. Didot, et G. -J. Constantin. A. C.
norden , v. du Hanovre , jointe à la mer du Nord par un canal de 4 kil. , à 15 kil. N. -O. d’Aurich; 6,000 hab Chantiers de construction; toiles, bière, esprits, tabac.,
NOKDENDITHMARSCHEN. V. Dithmarses.
NORDENFIELD, une des 3 grandes régions géographiques de la Norvège , entre le Nordland au N. , la mer du Nord à l’O. , le Sœndenfield au S. et à l’E. Elle comprend 5 lan : Nordre-Trondhiem , Sœndre-Trondhiem , Romsdal , Nordre-Bergenhuus , et Sœndre-Bergenhuus ; 600 kil. sur 200; 450,000 hab. Elle est séparée du Sœdenfield par la chaîne des Langfields. Côtes très-découpées , .offrant beaucoup de baies et de ports. Sol peu fertile : pommes de terre, houblon, chanvre. Exploit, de cuivre, fer, marbre, chaux. Comm. de poisson.
NORDERNEY, île de la mer du Nord (Hanovre), près de Norden, séparée de la côte par une plage découverte à la marée basse ; 13 kil. de tour; 700 hab. Bains de mer fréquentés.
NORD-EST (Ile du) , terre dans l’océan Glacial arctique ; par 79» 5’-81° lat. N. , et 17» 25’ -21» 15’ long. E. ; 400 kil.
sur 250.
NORDGAU, c.-à-d. canton du Nord, anc. pays d’Allemagne, dont les limites ont beaucoup varié, et qui est ai j. compris dans le N. de la Bavière. — On donnait le même nom ù la Basse-Alsace.
NORDHAUSEN, en hollandais Noordhuisen , v. des Etats prussiens (Saxe) , sur la Zorge et le Hartz, à 66 kil. N. d’Erfurt ; 17,500 hab. Ville gothique , entourée de murs flanqués de tours; libre et impériale au moyen âge. Fabr. de batistes, draps, toiles, tabac à chiquer, eau-de-vie renommée, huile, quincaillerie, chicorée, produits chimiques, savons, etc.; bière excellente. Marchés de bétail. Gymnase, Ecole polytechnique supérieure.
NORDHE1M , v. murée du Hanovre , à 19 kil. N.-E. de Gœttingue; 4,200 hab*. Entrepôt royal de fers. Fabr. de tabac , toiles , lainages ; brasseries. Bains sulfureux. Anc. abbaye de Bénédictins de S1 Biaise. — Les titulaires de l’atic. comté de Nordheim héritèrent du duché de Brunswick en 1090; la ligne mâle s’étant éteinte en 1101, Richenza , héritière du comté, épousa, en 1106, le duc de Saxe, Eothaire de Supplinbourg, qui devint empereur d’Allemagne. La fille qui naquit de ce mariage épousa Flenri le Superbe, en 1128.
NORDKŒPING. V. Norrkœping.
NORDLAND , stift de Norvège, au N., entre 65° et 71° 35’ lat. N., borné par le Nordenfield au S. , par la Suède à l’E. , baicné par l’océan Glacial au N., et la merdu Nord à l’O.; 950 kil. sur 350; 132,000 hab. Ch.-l. Alstuhoug. Il se divise en 2 amt ou bailliages , le Finma'rk et le Nordland propre; sup., 106,500 kil. carrés.
nordland, amt ou bailliage de Norvège, dans le stift de son nom, entre le Finmark au N., les Alpes Scandinaves à LE., le Nordenfield au S., et la mer du Nord à l’O., 37,100 kil. carrés; 78,000 hab. Ch.-l., Bodœ. Pays froid, peu fertile : orge, avoine, pommes de terre, bois. Pèche active.
nordland, la plus septentrionale des 3 grandes régions géographiques de la Suède, entre la Norvège au N. et à l’O., la Suède propre au S., le golfe de Botnie et l’empire russe à l’E. ; entre 61° 35' et 69° lat. N., 12° et 21° long. E.; 233,000 kil. carrés; 317,892 hab. Pays froid et peu fertile. Elle se divise en 4 lan ou préfectures : Norr-botlen ou Botnie septentrionale, ch.-l. Pitea; Wesler-botten ou Botnie occidentale , ch.-l. Umea ; Wester-norrland ou Norrland occidental, ch.-l. Hernôsand; et Iœmlland, ch.-l. Ostersund.
NORDLAND (WESTElt-). V. HERNIES AND.
NORD-LIBRE , nom de Condé-sur-Escaut pendant la Révolution.
NORDLINGEN, v. de Bavière (Souabe-et-Neubourg), sur l’Eger, â 60 kil. N.-O. d’Augsbourg; 7,000 hab. On remarque l’église neuve de la Madeleine, dont la tour est haute de 86 mèt. Fabr. de tapis de pied en poil de chèvre, tissus de laine, draps, charcuterie. Vieilles murailles flan-
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quées de tours. — Jadis ville libre et impériale, elle appartient à la Bavière depuis 1802. Le 6 septembre 1634, Bernard de Saxe-Weimar et les Suédois y furent défaits par les Impériaux. Condé et Turenne y battirent Mercy, le 3 août 1645. Combats entre les Français et les Autrichiens en 1796 et 1800.
NORD-OUEST (Territoire du). V. Wisconsin. NORDRE-BERGENHUUS, amt ou bailliage de Norvège, dans le stift de Bergen , entre ceux de Romsdal au N. , de Christian à l’E. , de Samdre-Bergenhuus au S. , et la mer du Nord à l’O. ; ch.-l. Leganger; 17,120 kil. carr. ; 82,000 hab. Il s’appuie aux monts Thuliens et Dofrines à l’E. La mer forme , sur la côte O. , le golfe de Sogne.
NORDKF. TROXml.IEM. V. TRONBIIJHM.
NORDSTRAND, île de Prusse (Slesvig), dans la mer du Nord, par 54° 34’ lat. N. et 0° 40’ long. E. ; 5 kil. de tour; 3,000 hab. Fortes digues, rompues en 1634 par une inondation , où périrent 6,400 personnes. Bon bétail.
NORFOLK, comté de l’Angleterre, à l’E., entre le Wash au N. , la mer du Nord à FE. , les comtés de Suffblk et de Cambridge au S. , de Lincoln à l’O. Aréa : 521,144 hect., dont 483,000 susceptibles de culture; 435,422 hab. Rivières: grande et petite Ousc,Nene, Tare, Bure. Sol bien cultivé; beau bétail; excellent beurre. Capitale, Norivich; ville princip., Yarmouth, I.ynn, Thetford. C’était uue partie du territoire des Iceni, et, sous les Saxons, du royaume d’Est-Atiglie. Il donne le titre de duc et pair d’Angleterre aux Howard, descendants des Mowbray.
Norfolk, v. des Etats-Unis (Virginie), I on port militaire et de commerce sur la rive droite de l’Elisabeth, à 50 kil. de l’Océan, et 144 kil. S.-E. de Richmond; ch.-l. de comté; 15,600 hab. Arsenal, chantiers, grand commerce. A 2 kil. de là est un bel hôpital maritime.
Norfolk, petite île de l’océan Pacifique (Océanie anglaise I , entre la Nouvelle-Zélande et la Nouvelle-Calédonie , découverte par Cook en 1774 , et visitée par La Pérouse en 1788 ; par 29° 1’ lat. S., 165° 50’ long. E.; 22 kil. de tour. Très-fertile ; colonie de déportés anglais.
Norfolk (new-), contrée de l’Amérique russe , entre 56» et 60» lat. N. , sur le Grand-Océan, au N. du Nouveau-Cornouailles , et renfermant au S. les îles de l’Amirauté et l’archipel du roi George. On en tire des fourrures.
Norfolk (Baie de), sur la côte O. de l’île du roi George, près de la côte du New-Norfolk ; par 56° 46’ lat. N., et 135° 10’ long. O.
Norfolk , anc. et illustre famille d’Angleterre , descendait de la famille royale des Plantagenets par Thomas Plantagenet de Brotlierton , comte de Norfolk, 2e fils d’Edouard Ier. Au xive siècle, Marguerite, fille de Thomas de Mowbray , duc de Norfolk , ayant épousé Robert Howard , le titre de duc de Norfolk passa à celui-ci et à ses descendants.
Norfolk (Roger bigod, comte de), maréchal d’Angleterre , assista , comme ambassadeur du roi et des barons , au concile général de Lyon en 1245 , y combattit les prétentions du pape, qui s’arrogeait la suzeraineté sur l’Angleterre en vertu d’un acte de Jean-sans-Terre, et fut un des seigneurs qui forcèrent Henri III à confirmer la Grande- Charte, la Charte des forêts , et à se conformer aux Provisions d’Oxford.
Norfolk (Jean et Thomas howard, ducs de). F. iioward.
NORICA, Nokicuji castellum, Norimberga, noms latins de Nuremberg.
NORIQUE, Noricum , prov. de l’empire romain, était bornée au N. par le Danube, qui la séparait de la Germanie, à FO. par la Vindélicie et la Rliétie, dont elle était séparée par le cours inférieur de l’Œuus (Inn) et une ligue partant de ce fleuve et se dirigeant au S. vers la source delà Drave dans les Alpes Noriqucs, au S. par l’Italie, dont la séparaient les Alpes Carniques, la Save et le mont Ocra ( Birnbaumer-Wald) , à l’E. par le mont Cettius { Wiener- Wald) et le cours supérieur du Marins ( Muhr ), qui la séparaient de la Pannonie. C’est auj. l’arehiduché d’Autriche au S. du Danube et à l’O. du Wiener-Wald, le duché de Salzbourg, la Bavière à l’E. de l’Inn, la Styrie, la Carinthie, une partie de la Carniole, et l’E. du Tyrol (Pusterthal et Pinzgau). Pays montagneux, surtout au S. Les cours d’eau, affluents du Danube, étaient, outre ceux déjà nommés : le Jovavus (Salzach), 17sès (Y ps), F Arlape (Èrlaph ), YAnisus (Ens). Dans le S., des mines de fer, d’argent, et même d’or, étaient exploitées dès le temps de Polybe; l’or donnait un produit si considérable, qu’après deux mois d’une exploitation où quelques Italiens s’étaient joints aux Noriei, le prix de l’or avait baissé d’un tiers dans toute l’Italie; les fleuves roulaient des paillettes d’or,
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selon Strabon; les anciens paraissent avoir également connu les riches mines de sel du pays de Salzbourg. La partie septentrionale, riveraine du Danube, était fertile depuis que les Romains en avaient desséché les marais, et nourrissait de nombreux troupeaux de moutons. — Les habitants du Norique étaient d’origine celtique; ils paraissent avoir porté d’abord le nom générique de Taurisci (montagnards); les Romains les nommèrent Norici, sans doute de Noreia, leur capitale et leur principale place de commerce; et Strabon joint ensemble les deux noms, Taurisci-Norici. Leur histoire est très-obscure. Noreia fut assiégée et prise par un autre peuple gaulois, les Boit , vers fan 58 av. J.-C. Puis le pays fut ravagé par les Gètes, qui firent un désert de la partie occupée par les Boii. Toute la contrée fut soumise par Drusus et Tibère, l’an 13 av. J.-C., et forma une province impériale, administrée par un procurateur. Mais elle fut souvent désignée sous le nom de Royaume de Norique, parce qu’elle était, avant la conquête, gouvernée par un roi. Les Romains y établirent plusieurs colonies, cultivèrent les rives fertiles du Danube, et profitèrent des richesses métalliques du pays pour fonder à Lauriacum ( Lorch ) une manufacture impériale d’armes, qui devint célèbre dans tout l’Empire. Le pays était défendu par une légion, dont le quartier-général était à Lauriacum; trois flottilles stationnaient sur le Danube : Classis Comaginensis, près de Toula et de Kaumberge; Classis Arlapensis, à Arlape, à l’embouchure de l’Erlaph dans le Danube; Classis Lauriacensis, à Lauriacum même. Au temps de Ptolémée, on trouve dans le Norique les peuplades et les villes suivantes : les Rigusci, cap. Bedacum ( Burghausen ) ; les Halauni , cap. Juvavia (Salzbourg); les Suanetes etSevaces, villes i Boiodurum (Innstadt) et Lauriacum; les Ambisontii, aux sources de la Salza et del^Ens; les Byrrusti, v. Aguntum (Innichen) ; les Norici proprement dits, v. Noreia (Noring, près de Gmund); les Ambidravi; les Serretes ; les deux colonies Romaines de Varunum (Klagenfurth) et de Celeja (Cilly) avaient aussi de l’importance dans la division de l'Empire. Sous Constantin et ses successeurs, le Norique fut partagé en Norique riverain au N. ( Noricum Ripense ) , comprenant le pays plat qui avoisine le Danube, et Norique intérieur au S.
( Noricum Mediterraneum), comprenant la partie montagneuse. Lauriacum était la capitale du premier; Varunum, du second. Toutes deux dépendaient du diocèse d’Illyrie et de la préfecture dTtalie. C. P.
NORIQUES (Alpes). V. Alpes.
NORIS (Le cardinal Henri), célèbre critique et archéologue, né en 1631 à Vérone, d’une famille anglaise, m. à Rome en 1704, entra dans l’ordre des Augustins, et professa la théologie dans les maisons de son ordre, à Pesaro, à Pérouse, et à Padoue, où il mit la dernière main à une Histoire des Pélagiens, en latin, Padoue, 1673, in-fol., ouvrage qui fut cause de luttes opiniâtres avec les Jésuites. Le grand-duc de Toscane lui confia la chaire d’histoire ecclésiastique à l’université de Pise ; la reine Christine de Suède le nomma membre de l’Académie de son palais ; le pape Innocent XII le fit cardinal en 1695, et conservateur en chef de la bibliothèque du Vatican. Noris terminait une Histoire des Donatistes, quand il mourut. On a encore de lui, entre autres ouvrages : Cenolaphia Pisana Caii et Lucii Cœsarum, Venise, 1681, in-fol., fig., ou Pise, 1764, 2 vol. in-4° , recueil de 4 dissertations, très-savantes, sur Pise et son gouvernement, la vie de Caïus et Lucius, les funérailles qui leur furent faites , enfin l’examen critique des deux inscriptions. Les OEuvres complètes de Noris ont été publiées à Vérone, 1729-41, 5 vol. in-fol.
NORMA, anc. Norba, v. des Etats de l’Eglise, à 10 kil. N. -N. -O. deSezze; 1,000 liab. Elle a encore des murailles cyclopéennes et plusieurs portes antiques.
NORMALE (Ecole). V. Ecole normale.
NORMANDIE, Neuslria, Normannia , prov. de fane. France, bornée au N. par la Bresle (Picardie), au N.-E. et à l’E. par l’Epte, l’Eure et l’Avre (Ile-de-France), au S. par laSarthe et le Couesnon (Beauce, Perche, Maine), à l’O. par la Manche et la Bretagne. Une ramification des Ardennes (collines du pays de Caux), et une prolongation du plateau d’Orléans (collines du Perche et de Normandie ) y forment la ligne de partage des eaux. Elle est arrosée par la Basse-Seine, le Couesnon, la Vire, l’Orne, la Rilte, etc. Les Gaulois la divisèrent en pays des Véliocasses , Rouen; Calètes, Lillebonne (Juliobona) ; Lexovii, Lisieux; Eburovices, Evreux; Baiocasses (Bayeux); Unelli, Carentan ( Crocialonum ) ; Abrincalui, Avranches ( fngena). Les Romains la comprirent dans la Lyonnaise, puis la Lyonnaise 2e. L’Eglise adopta leurs divisions : l’archevêque métropolitain résida à Rouen, ses sufiïagants â Evreux,
Lisieux, Bayeux, Avranches, Coutanccs et Séez; mais rien ne put effacer la division naturelle en pagi ou pays: l°dans la Haute-Normandie (capitale Rouen) : le pays de Bray, au N.-E.; le pays de Caux, depuis la rive dr. de la Seine jusqu’à la mer; le Roumois, de la rive g. de la Seine à la Rille; VEvrecin, divisé en plaine du Neubourg et plaine de St-André, au S. du Roumois, entre la Seine et la Rille ; le Vexin normand, entre l’Epte, la Cailly, la Seine’ et le pays de Bray ; le pays d ’Ouche, entre la Rille et la Charentone; le Lieuvin, entre la Rille et la Touque; le pays d 'Auge, entre la Touque et la Dive; VHiémois, entre la Touque, la Vie ( affluent delà Dive), et le cours supérieur de l’Orne; 2» dans la Basse -Normandie (capitale Caen) : la Campagne de Caen, entre la Dive et l’Orne ; le Bessin et le Bocage normand, entre l’Orne et la Vire; le Cotentin et VAvranchin, entre la Vire et la mer; le pays d ’Houlme, sur la frontière de la Normandie et du Maine; la Marche, sur la même frontière, entre Séez et Alençon. On voit la Normandie partagée au xive siècle en 6 bailliages : Rouen, Gisors, Evreux, Caen, Coutances, et Alençon ; en 3 généralités dès 1635 : Rouen, Caen, et Alençon ; en 5 départements depuis 1791 : Orne, Seine-Inférieure, Calvados, Eure, Manche,
Histoire. lr« période. Quelques monuments druidiques sont les seuls vestiges de l’époque gauloise. La Normandie reçut de Rome une civilisation, une administration, une langue supérieures ; une voie romaine longeait l’Océan, de Boulogne à l’embouchure de la Seine ; une autre traversait le pays des Véliocasses et des Calètes, et aboutissait à Caracoticum , près d’Harfleur ; alors furent fondées ou agrandies : Rouen, Bayeux, Evreux, Lisieux. Le christianisme fut prêché par S1 Nicaise et S1 Mellon. Les Francs envahirent ce pays au ve siècle, et le comprirent dans le royaume de Neustrie. Pendant la période mérovingienne, les crimes des rois francs (V. Prétextât ) y contrastent avec les vertus des évêques S1 Romain, S1 Ouen, S1 Ansbert. Alors furent fondés les monastères de SL-VVandrille, de Jumiéges, deFécamp, de St-Michel-en-Péril-de-Mer. Les Scandinaves ou Northmans le ravagèrent pendant la 2* moitié du IXe siècle. En 912, le traité de S'-Clair-sur- Epte, en donnant à Rollon, leur chef, la Normandie, lei attacha au christianisme et à la hiérarchie féodale. — ' 2» période, de 912 à 1204. De 931 à 996, le nouveau duché s’étendit de la Bresle au Couesnon, de l’Epte, de l’Eure et de la Sarthe à l’Océan. Quelques chevaliers normands s’établissent au sud de l’Italie dès 1025. En 1066, Guillaume le Bâtard conquiert l’Angleterre, et ajoute le Maine à ses vastes possessions. Après lui, son fils aîné, Robert Courte-Heuse, hérite de la Normandie; mais son frère, Guillaume le Roux, s’empare de l’Angleterre. Au départ de Robert pour la croisade, 1095, les deux contrées sont réunies, puis divisées à la mort de Guillaume, 1100. Robert, de retour, règne en Normandie, et son jeune frère, Henri Beauclerc, en Angleterre ; mais, en 1106, la bataille de Tinchebray soumet la Normandie à Henri Ier. Quoique vainqueur des Français à Brenneville, Henri n’assura pas la double couronne à sa fille Mathilde, épouse en 2e noces de Geoffroy Plantagenet. Après une guerre civile de plus de 15 ans entre Mathilde et Etienne de Blois, petitfils de Guillaume le Bâtard, Henri Plantagenet, fils de Mathilde, régna dès 1150 en Normandie, et en 1154 en Angleterre. Son mariage avec Eléonore de Guienne lui donna encore l’ancien duché d’Aquitaine, de la Loire aux Pyrénées. En 1204 seulement, Philippe-Auguste conquit la Normandie. Jean-sans-Terre n’en conserva que Jersey, Guernesey, Aurigny. Les ducs de Normandie avaient été :
Rollon. 912-931
Guillaume Longue-Epée 931-943
Richavd-sans-Peur 943-996
Richard II 996-1026
Richard HI • 1026-1028
Robert le Magnifique 1028-1035
Guillaume le Conquérant 1035-1066
Robert Courte-Heuse 1066-1106
Henri 1er 1106-1135
Mathilde 1135-1150
Henri II 1150-1189
Richard Cœur-de-Lion... 1189-1199
Jean-sans-Terre 1199-1204
3e période, de 1204 à 1466. Province française, la Normandie conserva presque toutes ses libertés. Sa Coutume fut rédigée vers 1250 ; le grand tribunal nommé Echiquier subsista, et reçut en 1302 une meilleure organ satiou. En 1329, Philippe VI rétablit le duché de Normandie pour son fils Jean et son petit-fils Charles. En même temps pa-
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laissent les Etats de Normandie, qui dureront jusqu’à Louis XIV. Un effort inutile, en 1339, pour conquérir l’Angleterre , devenue ennemie , l’invasion anglaise en 1346, la guerre civile, la Peste noire, désolèrent la Normandie jusque sous Charles V. Alors les Normands vont fonder sur la côte d’Afrique des comptoirs, 1366, et , sous Jean de Bétheneourt, ils colonisent les Canaries. Désolée de nouveau par la guerre des Armagnacs et des Bourguignons, la Normandie est aux Anglais de 1417 à 1450. De cette époque date l'université de Caen , établie par Bedford en 1435. La Ligue du Bien public agita encore la Normandie, qui fut reconstituée en duché, pour une année seulement , en faveur de Charles de Berry , frère de Louis XI, 1465-6. Le roi fit déclarer par les Etats-Généraux de 1468 que la Normandie ne serait jamais détachée de la couronne ; l’anneau ducal fut brisé en présence de l’Echiquier, et le titre de duc de Normandie ne fut plus porté que par le fils de Louis XVI (Louis XVII). — 4e période, depuis 1466. Après tant d’agitations, les Normands se livrèrent au commerce et à la navigation (V. Ango, Jean Parmentier, Jacques Cartier ). Secondés par François 1er, qui fonda le Havre, ils découvrirent le Canada, et y fondèrent nos premières colonies. Au commencement du xvie siècle, l’Echiquier fut transformé en parlement siégeant à Rouen. Les guerres de religion et de la Ligue ensanglantèrent la Normandie : Rouen était pour Charles de Bourbon, Caen pour Henri IV. Avec la paix, 1594, recommencèrent les expéditions maritimes : les Normands fondèrent Québec en 1608, s’établirent au Brésil en 1612, visitèrent les îles de la Sonde en 1617, colonisèrent la Guadeloupe en 1635. L’émeute des Nu-pieds, en 1639, et les troubles de la Fronde, y furent étouffés. Louis XIV enleva à la Normandie ses Etats en 1654; la Charte aux Normands et le cri de Haro n’eurent plus de sens. Les libertés municipales firent place aux mairies royales. Patrie de Malherbe, des deux Corneille et du Poussin, la Normandie donna encore à la France Duquesne, Tourville, Grémonville , Mézeray, Huet, Fontenelle , Vertot, Daniel, Bochart , Jouvenet, etc. Sous Louis XV, la Normandie ne s’émut vivement qu’à la suppression du parlement de Rouen, 1771. Louis XVI le lui rendit en 1774, et lui donna Cherbourg, 1786. Le Normand Thouret fut quatre fois président de l’Assemblée nationale; le mouvement girondin, organisé à Caen contre la Terreur, eut le Normand Buzot pour chef; de Caen partit la Normande Charlotte Corday. Mais la défaite de Wimpfen et du marquis de Puisaye à Vernon abattit l’opposition fédéraliste. La Normandie leva 100 bataillons contre l’étranger; les généraux Davenay, Bachelet, Canville, Bonnet, Brouard , Cavaliei-, Chauvel , Dagobert , Decaen , Delaunay, Lemarrois, Ruffin , Valhubert , tous Nornands, les commandaient. Le consul Lebrun, La Place, Vauquelin , Bernardin de Saint-Pierre, Boïeldieu, Casimir Delavigne, furent Normands. — Aujourd’hui, sur 56 millions de kilog. de coton importés annuellement en France, la Seine-Inférieure en file 28. Les draps de Louviers et d’Elbeuf, les dentelles d’Alençon, sont célèbres. — Les terres arables de Normandie sont évaluées à 1,270,000,217 liect., d’un revenu annuel de 500 millions de fr. Elle a 502,057 hect. de pâturages; elle nourrit 773,369 têtes de bétail (valeur annuelle: 80 millions). Les moutons y donnent un revenu de 30 millions. Ajoutez les porcs et 350,000 chevaux. La Normandie produit annuellement plus de 650 millions de fr. La vigne y était jadis cultivée. Il y a encore près de Vernon quelques médiocres vignobles ; mais les Normands ont, eu général, renoncé à la vigne pour le pommier à cidre, importé au xive siècle par les l'ois de Navarre, comtes d’Evreux. Le cidre y est auj. la boisson ordinaire. Le Normand , tour à tour conquérant, procureur, industriel, veut toujours gaigner. ILaslings et Robert Guiscard sont les types de cette race. La Normandie était appelée autrefois le pays de sapience , c.-à-d. d’esprit pratique , qui souvent dégénère en esprit de chicane et de duplicité. Ch.
NORMANDS ou NORTHMANS , c.-à-d. hommes du Nord, nom donné, pendant le moyen âge, aux pirates sortis du Danemark et de la Scandinavie (Suède et Norvège) pendant les deux siècles qui suivirent la mort de Charlemagne. Les uns découvrirent les régions les plus septentrionales du globe : Garnie s’établit aux îles Fœroë, 861 ; Ingolf , Nadod et Floke, en Islande, 870-875; Rurik fonda l’empire de Russie, 862 ; Eric le Rouge atteignit le Groënland, 982. — D’autres, désignés spécialement par le nom de Danois , se dirigèrent vers les îles Britanniques, trouvèrent les iles Shetland, s’établirent aux Orcades , dont ils avaient exterminé les habitants, fondèrent en
Ecosse un royaume de Caithness, qui dura jusqu’en 1198, et occupèrent également les Hébrides et la presqu’île de Cantyre jusqu’en 1166. En Angleterre, les Danois attaquèrent les successeurs d’Egbert, qu’ils dépouillèrent de presque toutes leurs provinces , furent momentanément expulsés par Alfred le Grand ( V. cemot) , reparurent après la mort de ce conquérant , et vengèrent le massacre de la S1 Brice, dont ils furent victimes en 1002 , par une formidable invasion , qui eut pour résultat d’imposer aux Anglo- Saxons une dynastie danoise (Suénon, Canut, Hard-Knut). La dernière troupe de Danois qui parut en Angleterre fut écrasée par Harold , 1066, avec Tostig, qu’elle était venue soutenir. — En France , les Normands se montrèrent sur les rivages de l’Atlantique dès les dernières années de Charlemagne. Ils s’établissaient dans des îles à l’embouchure des fleuves , se répandaient de là sur les contréçs voisines , et en rapportaient un riche butin. Us eurent 3 stations principales : 1° Station de la Meuse et de l’Escaut. Maîtres des îles de Betau et de Walcheren , ils infestèrent la Hollande, la Zélande , la Frise, la Flandre, le Hainaut, pénétrèrent jusqu’au Rhin , dont ils convoitaient les vignobles , et saccagèrent Aix-la-Chapelle. Leur chef Godefried ayant été tué en trahison par Charles le Gros, ils se joignirent aux Normands de la Seine pour assiéger Paris , 885-6, que défendirent Eudes, comte de l'Ile-de-France, l’évêque Gozlin , et Ebles , abbé de S'-Germain-des-I’rés , et que Charles sauva seulement au prix du pillage de la Champagne et de la Bourgogne. Une victoire d’Arnoul , roi de Germanie , à Louvain , 891 , mit fin aux incursions de ces Normands. 2° Station de la Seine. Les Normands incendièrent les abbayes de Sl-Wandrille et de Jumiéges, pillèrent Rouen en 841 , s’établirent dans une île d’Oscellus ( Oissel ? ), poussèrent jusqu’aux environs de Paris, et imposèrent d’énormes rançons aux moines de Sl-Denis. Les principaux chefs de cette station furent Oscher ou Ogier, Biœrn Côte-de-Fer, et Rollon ; sous ce dernier, les Normands obtinrent de Charles le Simple, par le traité de Sl-Clair-sur-Epte , en 912 , une partie de l’anc. Neustrie , et devinrent sédentaires. 3° Station de la Loire. Les Normands s’emparèrent de Noirmoutiers en 830 , désolèrent les deux rives de la Loire, la Bretagne, l’Anjou , le Maine, le Poitou, et descendirent jusqu’en Auvergne; leur principal chef, Hastings , après une expédition en Italie , où il prit Luna , tua au combat de Brissarthe , 866 , Robert le Fort, comte de l'Ile-de-France , et, en se faisant chrétien, obtint de Charles le Chauve la cession du comté de Chartres, 879. V. Depping , Histoire des expéditions maritimes des Normands, 2e édit., Paris, 1844 ; Capefigue , Essai sur les invasions des Normands, 1823. B.
NORNES, les Parques Scandinaves. Elles ne filent pas, comme les Parques grecques, mais elles donnent et retirent la vie à leur gré. Elles sont au nombre de trois : Ourda (le passé), Verandi (le présent), et Skalda (l’avenir).
NORONHA (FERNANDO-), ile de l’Océan équinoxial, sur la côte du Brésil; par 3° 56' lat. S. Lieu de déportation.
NOROY-LE-BOURG ou L’ARCHEVÊQUE, ch.-l. de cant. (H. -Saône), arr. et à 13 kil. E. de Vesoul ; 1,066 hab.
NORIt, c.-à-d. nord, septentrional, en gothique : Norrige (Norvège), royaume du nord, etc.
NORUBOTTEN. V. Nordland.
NORRENT-FONTES, ch.-l. de canton (Pas-de-Calais), arr. et à 25 kil. N. -O. de Béthune; 1,358 hab.
NORRISTOWN, v. des Etats-Unis (Pensylvanie), sur le Schylkill, à 31 kil. N.-O. de Philadelphie; 2,937 hab. Ch.-l. du comté de Montgomery.
NORRKGÎPING, v. de Suède, dans le lân et à 42 kil. N.-E. de Linkôping, port de commerce dans la Baltique, sur la Motala, à 150 kil. S. -O. de Stockholm; 20,850 hab. Forges et affineries de l’Etat; construction de machines; draps renommés, filatures de coton, tabac, papier, couleurs. Chantiers de construction ; raffineries de sucre. Ecole industrielle et agricole. Service de bateaux à vapeur sur Stockholm, Gothembourg, Lubeck, et Stettin.
NORRLAND. V. Nordland.
NORT, ch.-l. de cant. (Loire-Inf.), arr. et à 37 kil. S. de Châteaubriant, sur la rive dr. de l’Erdre; 1,932 hab. Exploitation de houille; commerce de bois, charbon, fer.
NORTE (RIO-DEL-). V. Rio-Bravo.
NORTIl, c.-à-d. nord, septentrional en anglais ; Northborough, bourg du Nord.
NORTH (Frédéric, lord), comte de Guildford, né en 1733, m. en 1792, parut avec éclat à la Chambre des communes, fut nommé lord de la chancellerie à l’âge de 26 ans, 1758, chancelier de l’Echiquier en 1767, premier lord de la trésorerie de 1770 à 1782. L’insurrection des États-
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Unis, la guerre contre la France, l'Espagne et la Hollande, les attaques violentes de l’opposition parlementaire, rendirent sa position très-difficile. Sorti du ministère en 1782, il y rentra pour quelques mois l’année suivante, et céda définitivement la place au célèbre Pitt. Devenu aveugle, il se rendit rarement au parlement ; il y vint en 1787, pour soutenir l’acte du Test, qu’on proposait d’abolir, et en 1789, pour discuter le plan de régence proposé par Pitt. En 1790, il hérita du titre de pair, lorsqu’il ne s’occupait presque plus des affaires publiques. Lord North fut un habile financier, mais un homme d’Etat médiocre ; son 1er ministère fut marqué par une suite de désastres, comme on en trouve peu dans l’histoire d’Angleterre.
NORTHALLERTON , brg et paroisse d'Angleterre , comté et à 50 kil. N.-O. d’York (North-Riding), sur la Wiske; 4,755 hab. Tanneries, fahr. de toiles. Bataille dite de l’Etendard, où les Anglais défirent les Ecossais , en 1138.
NOR THAMPTON, Camulodunum, v. d’Angleterre, cap. du comté de son nom, sur la rive g. de la Nen, à 105 kil.
N. -O. de Londres par chemin de fer; 32,813 hab. Eglise du Sl-Sépulcre, l’une des 4 églises rondes bâties, croit-on, par les Templiers ; église SMjilles, d’une architecture trèsancienne; église S'-Pierre, du xie siècle. Ruines d’un château du XIe siècle. Immense fabrication de bottes et de souliers. Fabr. de fil, dentelles, soieries. Foire aux chevaux de trait. Plusieurs parlements se sont tenus à Northampton. Elle a eu quelque temps une Université. En 1460, Henri VI y fut battu et pris par Warwick. En 1642, la ville fut fortifiée par lord Brooke pour le Long-Parlement. En 1675, un incendie la détruisit. Patrie de Fletcher. — Le comté est au centre de l’Angleterre, entre ceux de Rutland et de Leicester au N., de Warwick et d’Oxford à l’O. , de Buckingham, de Bedford, de Hunting et de Cambridge à l’E. Aréa : 259,096 hect., dont moitié en prairies; 227,727 hab. Sol varié et fertile; beaucoup de parcs et de maisons de campagne. Beaux pâturages ; élève de chevaux et de bestiaux. Rivières : Nen, Welland, Ouse. Climat d’une salubrité proverbiale. Villes principales : Peterborough , Higham-Ferrers , Brackley, Wellingborough. Pays des anciens Coritani , il forma, sous l’Heptarchie , une partie de la Mercie.
northampton, v. des Etats-Unis (Massachusetts), sur la rive dr. du Connecticut, à 145 kil. O. de Boston ; ch.-l. de comté; 3,750 hab. Ville commerçante.
northampton (Henri howard, comte de). V. howard.
NORTHFIELD , v. des Etats-Unis ( New-York), à 8 kil.
O. de Southfield ; 2,745 hab. — v. des Etats-Unis (Vermont), à 14 kil. S. -S. -O. de Montpellier; 2,000 hab. Lainages.
NORTH-FLEET, vge d’Angleterre (Kent), sur la rive dr. de la Tamise, à 2 kil. O. de Gravesend; 2,200 hab. Chaufourneries , pierres à fusil; constructions maritimes.
NORTHMANS. V. Normands.
NOR f IIOP, vge et paroisse d’Angleterre, dans le pays de Galles (Flint), à 6 kil. N. deMold; 2,900 hab. Mines de plomb.
NORTH-RIVER. V. Hudson.
NORTHUMBERLAND, comté d’Angleterre, le plus au N.-E., borné au N. par les comtés écossais de Roxburgh et de Berwick, au N.-E. par une portion détachée du comté de Durham, à l’E. par la mer du Nord, au S. par le comté de Durham, à l’O. par celui de Cumberland. Aréa : 481,976 hect., dont 63,000 susceptibles de culture, 263,000 en pâturages; 343,028 hab. Monts Cheviots à l’O. Riv. : Tyne, Aine, Till. Agriculture avancée ; élève de bestiaux. Immense exportation de houille, surtout pour Londres. Industrie active : exploit, de fer, plomb, pierres meulières; verreries, faïenceries. Cap. Newcastle ; v. princ. ; iynemouth, Hexham, Morpeth. Ane. pays des Brigantes, il forma une partie du roy. de Northumbrie pendant l’Heptarchie. Il fut donné, après 1066, à la famille de Percy, par Guillaume le Conquérant.
north umberdand, comté des Etats-Unis (Pensylvanie), arrosé par la Susquehannah; 45,000 hab. Ch.-l. Sunbvry.
comté anglais du Bas- Canada, au N. du SVLaurent. — comté anglais de l’Ausïralie (Nouvelle-Galles du Sud) ; ch.-l. Nevicastle.
northumberland (l’es de), sur la côte N.-E. de 1 Australie; par 21»-22» Int. S. , et 147»-148» long. E.
northumberland ( Détroit de) , entre l’île Sl-Jean et les côtes du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse (Amérique anglaise).
northumberland (ducs de). V. dudley et percy.
NORTHUMBRIE , un des royaumes de l’Heptarchie
anglo - saxonne , ainsi nommé de sa position au N. de l’Humber, fut fondé en 547 par Idda et ses 12 fils , entre l’Humber et le Forth; ch.-l. York. Il comprenait le territoire occupé auj. par les comtés écossais d’Edimbourg, d’Haddington , de Berwick, de Peebles , de Selkirk , de Roxburgh, et par les comtés anglais de Nottingham, d’York, de Durham, de Northumberland, et de Lancastre. Après Idda, la Northumbrie fut divisée en deux royaumes, quelquefois réunis dans la suite : l'a Bernicie au N. , ch.-l. Edimbourg; et le Déira , ch.-l. York; la Tyne les séparait. Egbert le Grand réunit toute la Northumbrie à la monarchie anglaise en 827. Mais, à la faveur des invasions danoises , la partie située au N. de la Tyne fut envahie plus tard par les Pietés et les Scots.
NORTHWICH, v. d’Angleterre, comté et à 28 kil. E. N.-E. de Chester, sur le Weaver, à 6 kil. d’Hartford, station du chemin de fer du Nord-Ouest; 1,800 hab. Ane. église grotesquement décorée. Sources salées , et mines de sel, dont l’exportation s’accroît chaque jour.
NORTIA, divinité du destin, qui, selon les Etrusques, présidait aux périodes du temps, et à laquelle on donnait les attributs de la Fortune. Elle avait à Vulsinies un temple , où l’on enfonçait un clou chaque année , mode grossier de numération.
NORVÈGE (Royaume de) , en suédois Norrige (c.-à-d. royaume du Nord) , Nerigon des anciens, occupant l’O. et le N. de la presqu’île Scandinave; capitale, Christiania ; entre 57° 57’ 45” et 71° 11’ 40” lat. N., 2° et 29» long. E. ; superf. , 324,000 kil. carrés; sa longueur la plus grande est de 1,540 kil., et sa largeur de 440. Ses côtes, sans les golfes et les îles, ont 2,600 kil. La chaîne de montagnes qui la sépare de la Russie et de la Suède s’appelle Kjolen au N., Dofrines au centre, et Land-Fjeld, Hardanger- Fjeld au S. Elle offre des neiges perpétuelles et de vastes glaciers. Plus de la moitié du sol de la Norvège passe 650 mèt. de hauteur. Le sommet le plus élevé a 2,552 mèt. Toute la partie O. est montagneuse, les longues vallées ne se trouvant que sur le versant E. des Alpes Scandinaves. Peu de terres basses, si ce n’est autour du golfe de Trondhjem ou Drontheim. Les principaux golfes ou fjords sont, du S. au N. : le Bukke-Fjord, le Hardanger-Fjord, le Trondhjem- Fjord , le Salten-Fjord , l’Ofoden-Fjord , le Porsanger-Fjord, et le Varanger-Fjord. Au S., le plus grand est celui de Christiania. Une multitude d’iles et de rochers rendent l’accès de ces golfes difficile. On remarque parmi ces îles l’archipel de Lofoderi , plus au N. , les îles de Mageroe, Sorôe, Itingvalsôe, Hvaloe , et Senjen, et, au S. des Lofoden , celle de Hettezen. Les cours d’eau du versant oriental , affluant dans le Skager-Rack , sont seuls importants; ce sont : le Glommen , le Fœmund, le Wenern, le Reina ou Drammen, le Laaven, le Nid, et le Torris. L’Océan reçoit : le Tana , limite entre la Norvège et la Russie, le Namseo et le Romsdal. Us ne sont pas navigables, à cause de leur rapidité et de leurs nombreuses chutes d’eau Le climat est froid, mais tempéré par le voisinage de la mer : en moyenne, 6», 25 centigrades à Christiania, 4» à Trondjem, 0»,5 au cap Nord. La mer gèle rarement sur les côtes ; le Skager-Rack seul , peu profond, est gelé l’hiver. — L’automne est froid, et finit avec octobre ; de novembre à la fin de mars , la neige couvre la terre; en janvier etfévrier, on a — 10», souvent — 25°, et même — 35» C. L’été dure de mai à fin septembre , et la température s’élève quelquefois à -J- 42», 50 C. Dans l'intérieur, dix semaines suffisent pour semer, mûrir et récolter les moissons. Le climat de la côte O. , moins froid que celui de la côte S., est fort humide. — Les grandes espèces végétales manquent; mais le bouleau, le tremble, le pin et le sapin abondent ; le chêne , le hêtre , l’orme et le frêne s’y trouvent aussi. Le tilleul paraît au S. ; le noisetier et le groseillier sont communs. L’orge est partout. Population ; en 1769 , 723,141 âmes ; en 1801, 883.038; en 1835, 1,194,847; en 1845, 1,328,471; en 1865, 1,701,478. La population ne s’est guère agglomérée que dans les villes , qui sont au nombre de 44. Christiania et Bergen seules ont plus de 20,000 hab.; Drontheim en a plus de 15,000, 21 villes n’ont que de 100 à 1,000 hab. Trois provinces manquent de ville. — Les Lapons , au nombre de 13,000 environ, et les Finnois, au nombre de 6 à 7,000 , habitent l’intérieur au N. Us ont conservé leurs idiomes particuliers; le reste de la Norvège parle une langue semblable au danois. L’ancienne langue , appelée vieux norsk , est celle qu’on parlait dans tout le Nord scan dinave avant la formation des idiomes modernes. On nomme encore aujourd'hui cette langue islandais , parce que l'Islande l’a conservée presque intacte. C’est la langue des Sagas ou anciens récits historiques du Nord. — La
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pêche de la morue et du hareng , du homard et du saumon , et l’exploitation des forêts , sont les sources principales de la richesse du pays , dont les produits sont loin de suffire à la consommation. On ne compte que 640,000 hectares de terres labourables , dont la meilleure moitié appartient au versant oriental. Toutefois la prospérité actuelle des colonies agricoles, établies à la fin du siècle dernier à Bardodal et à Molslev dans le Nordland , prouve que la culture pourrait se développer au N. La culture des pommes de terre est devenue très-importante depuis quelques années. Les cerises , les poires et les pommes se récoltent jusqu’au N. de Drontheim. Les habitants des hautes vallées élèvent de nombreux bestiaux. Le renne est la seule richesse des Lapons. On exploite assez régulièrement, depuis le milieu du xvie siècle, l’argent à Kongsberg, le cuivre à Roraars , le fer autour du golfe de Christiania , le cobalt à Modum , le chrome, le marbre, etc. Les distilleries d’eau-de-vie et les scieries de planches sont , avec les fonderies de métaux , les principaux établissements industriels ; beaucoup sont établis sur les côtes , à cause de la difficulté des transports. On fait de grandes exportations en morue , harengs , saumons , homards , poterie , barils, bois, argent en lingots, cuivre, fer, lichens, cornes, et sabots, peaux de bœufs , de rennes, d’élans, pierres à aiguiser, etc. Altona et Hambourg sont au dehors les deux grands entrepôts de la Norvège. Drontheim , Bergen , Christiansand, Drammen, et Christiania, sont ses principaux ports. Le commerce extérieur est exclusivement entre les mains de négociants patentés établis dans les villes; la difficulté des communications s’oppose au développement du commerce intérieur ; les côtes seules peuvent communiquer facilement par mer, bien que des courants, comme le Mal-Strom , au S. des îles Lofoden , y gênent souvent même la navigation à vapeur. Un chemin de fer a été ouvert en 1854 entre Christiania et le lac Mjôsen.
La Norvège est divisée, sous le rapport religieux , en 5 évêchés ou diocèses, ceux de Christiania, Christiansand, Bergen , Drontheim et Tromsô , subdivisés en 57 Provslier, 340 Præstegjælde, et 791 paroisses; — sous le rapport administratif, en 19 Amter ou préfectures, subdivisés en 46 Fogderier ; — sous le rapport judiciaire, en 71 Sorenskriverier ou districts , subdivisés en 355 Thinylage. L’armée norvégienne, distincte de celle de la Suède, comprend environ 24,' 00 hommes de troupes régulières, et 19,000 hommes de milice. La marine miliiaire se compose de 4 frégates, 5 corvettes, 4 bombardes à hélice, 5 petits vapeurs, 125 chaloupes canonnières. Le revenu public est d’environ 27 millions de fr., et la dette de 46 millions. La flotte marchande comptait, en 1863, 5,541 bâtiments, jaugeant 2,492,000 tonneaux; le mouvement de navigation fut de 24,077 navires (12,094 à l’entrée, 11,008 à la sortie), et le mouvement commercial de 237 millions de fr. , dont 90 pour l’importation, et 147 pour l’exportation. L’instruction élémentaire est fort répandue en Norvège; 13 écoles classiques, avec 69 professeurs, et les écoles dites bourgeoises, donnent l’enseignement secondaire. L’Université de Christiania date de 1H1 1, et est déjà célèbre. Les écoles spéciales sont pou nombreuses. Plusieurs bibliothèques sont publiques, mais avec assez peu de volumes.
D’abord divisée en plusieurs Etats, et connue seulement par ses pirates, la Norvège a formé un royaume particulier depuis le ixe siècle jusqu’à l’union de Calmar, 1397. L’Islande en dépendait depuis 1261. Après la rupture de l’union , et par traité du 29 août 1450 , elle a été réunie, avec l’Islande , au Danemark , puis cédée à la Suède par les alliés en 1814 , malgré elle et malgré Christian-Frédéric, prince héréditaire de Danemark, le 4 novembre, en vertu du traité de Kiel. Elle n’a toutefois de commun avec la Suède que la personne du souverain , la direction de la politique extérieure, et le personnel diplomatique. Le culte évangélique luthérien y est religion d’Etat; les autres cultes y sont volontiers tolérés; les Juifs seuls sont exclus du royaume , ainsi que tous les ordres religieux. Les représentants de la Norvège concourent avec ceux de la Suède à l’élection du roi, en cas de défaut d’héritier. Le trésor du royaume doit rester en Norvège , et ses revenus être employés seulement pour la Norvège. En temps de paix, aucun corps suédois ne peut résider en Norvège, ni aucun corps norvégien en Suède, et la flotte norvégienne ne peut être montée par des Suédois , ni celle de Suède par des Norvégiens , excepté s’ils sont enrôlés volontairement. Le roi peut nommer un vice-roi , ou bien un lieutenant-général de la Norvège ; mais le vice-roi ne peut être que le prince royal ou son fils aîné; le lieutenantgénéral peut être Norvégien ou Suédois. En l’absence du roi, le gouvernement appartient à un conseil, composé du
vice-roi ou du lieutenant-général , et de 5 conseillers d’Etat au moins. Les affaires communes sont décidées dans le conseil d’Etat de Suède , où les membres du conseil norvégien ont voix délibérative. Les membres du Storthing ou parlement sont élus par un suffrage à deux degrés, tous les trois ans; un cens de 165 fr., et 25 ans d’âge, sont requis des électeurs primaires; le nombre des députés, âgés d’au moins 30 ans , est de 75 au moins , de 100 au plus; ils reçoivent une indemnité. La durée légale du Storthing n’est que de 3 mois. A sa réunion , le Storthing élit un quart de ses membres pour former le Lag-Thing ou première chambre ; le reste forme l’Odels-Thing ou 2e chambre ; chacune de ces deux assemblées partielles élit un président, délibère, et jouit de certaines attributions séparément. Une proposition adoptée par les deux Chambres, et sanctionnée par le roi , devient loi. Une proposition adoptée par trois Storthings ordinaires consécutifs, devientloi, même malgré le refus royal. C’est donc vraiment, comme on l’a dit, une monarchie avec des institutions républicaines.