V. Pologne , an Supplément
POLOTSR, PeltUrum , v. de la Russie d’Europe, g et à lit) kil. R. -O. de Witebsk, sur la Dwina, à son co Huent avec la l’olota; 11,844 hab. Ane. château-fort. E\
ché grec depuis 1793. — Ch.-l. d’une principauté souveraine au moyen âge, cette ville passa, avec la Lithuanie, sous la domination de la Pologne, fut conquise par le tzar Ivan IV en 1563, reprise par Etienne Bathori en 1579 , tomba encore au pouvoir des Russes en 1655, mais ne leur fut définitivement acquise qu’au 1er partage de la Pologne en 1772. Elle fut ch.-l. d’un gouvernement russe jusqu’en 1796. En 1812, Gouvion-Saiut-Cyr défit près de là Wittgenstein.
POLOVTSES ou OUTSES, Uzi en latin du moyen âge, peuple asiatique, qui arriva en Russie au milieu du XIe siècle. Ils battirent Isiaslav Ier sur les bords de l’Aluta en 1067, furent défaits près de la Snove par Sviatoslav de Tehernigov en 1069, aidèrent OIeg, prince de Tmoutarakau , contre Isiaslav, puis contre Usévolod et Sviitopolk, et s'établirent entre l'Aluta et le Don. Ils se rendirent redoutables aux descendants de Rurik, aux Hongrois et à l’empire grec. Lors de l’invasion des Mongols, ils furent exterminés à la bataille de la Kalkha, en 1224.
POLTAVA, PULTAVA ou PULTAWA , v. de la Russie d’Europe, capitale du gouv. de son nom, sur la Poltavka, à 1,437 kil. S.-S.-E. de Sl-Pétersbourg; par 49° 35' 4" lat. N., et 32° 14' long. E.; 20,200 hab. Evêché g. ce ; cour d’appel ; séminaire ; é oies des cadets et de demoiselles nobles. Importante foire aux laines eu juillet. La citadelle et la plupart des maisons sont en bois. Monument de granit en 1 honneur de Pierre le Grand, pour la victoire qu’il remporta près de cette ville en 1709, sur Charles XII, roi de Suède. Fondée en 1608, elle a été réunie à la Russie en 1664. — Legvtde Poltava, dans la Petite-Russie, entre ceux de Tehernigow au N., de Kiev à 10 et auS.-O., d’Iékatérinoslav au S., de Kharkow et de Koursk à l’E., a 420 kil. sur 210, et 1,819,110 hab. 11 est divisé en 15 districts. Sol plat, limité à l’O. par le Dniéper, très-feriile et bien cultivé. Beaux pâturages ; élève de chevaux ; bœufs de la race tcherkasski; culture de tabac, superf., 49,025 kil. carrés.
POLTEN (SANKT-), c.-à-d. St-Hippotyte,v. des Etats autrichiens (Basse-Autriche), près de Vienne, sur la Traisen ; 5,000 hab. Evêché suffragant de Vienne, séminaire. Filature de coton , papeteries, forges, faïenceries.
POLTROT DE MÈRE (Jean), gentilhomme protestant de l’Angoumois, né vers 1525, fit le métier d’espion militaire en Espagne, puis, s’étant fait protestant, et voyant les succès du duc de Guise, commandant de l’armée royale, contre ses coreligionnaires, résolut de le tuer. Il l’assassina d’un coup de pistolet pendant le siège d’Orléans, et fut jugé et écartelé en 1563.
POLUS (Renaud Pôle ou Pool, dit), né en 1500 à Stowerton-Castle (Stafford), m. en 1558, parent du roi Henri VIII , fut cardinal et légat apostolique en Angleterre. Il déplut à Henri VIII en désapprouvant son changement de religion , n’échappa qu’à grand’peine à la mort , faillit succéder au pape Paul III, fut un des présidents du concile de Trente, et devint , sous Marie Tudor, archevêque de Cantorbéry et président du conseil royal. Il fut employé par le pape Jules III dans diverses missions politiques, où il montra les talents d’un homme d Etat. On a de lui: Pro unitale Ecclesiœ , ad Henricum VIII, Rome, in-fol.; R eformatio Anjliæ, Rome, 1556, et Louvain, 1569; Orazione délia pace a Carlo quinto, ibid., 1558, in-4°; de Concilio, ibid., 1562, in-4°; de Summi pontifiais officAo et potestnie, Louvain, 1569, in-8°; Tractalus de juslificalione, ibid., 1569; Epistola de Eucharisliâ , Crémone, 1584, in-8», etc. C’est le cardinal Pôle qui importa le figuier en Angleterre. B.
POLUS, célèbre acteur athénien, né à Sunium , et contemporain de Périclès, gagnait, dit-on, un talent (5,216 fr.) par représentation. Sa voix avait une expression qui arra chait des larmes. On dit qu’un jour, jouant le rôle d’Electre portant Punie où reposent les cendres d’Oreste, il se servit de l’urne renfermant les cendres de son propre fils , qui venait de mourir.
PÛLVÉREL (Etienne), né dans le Béarn, m. en 1795, était avocat au parlement de Paris quand la Révolution éclata. Il en embrassa les principes avec chaleur. Après le 10 août 1792, la Convention l’envoya, avec Sonthonax, en qualité de commissaire civil à S'-Douiingue, pour y faire exécuter le décret sur l’égalité politique des affranchis. Revêtu de pouvoirsillimités,et d’ailleurs entraîné par le mouvement révolutionnaire, il proclama la liberté des noirs, qu’il voulait attacher à la conservation de la colonie en les dotant de la propriété. Dénoncé par les colons, il fut mis en accusation, 1793, revint en France, et mourut au moment où il allait être jugé. B. A.
POLYANDRION. V. Arachné (mont) et Hysies.
POLYBE, Potybius, roi de Corinthq, fils de Mercure et
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époux de Péribée, fut le père adoptif d’Œdipe. Il choisit pour successeur Adraste, chassé d’Argos.
polybe de Mégalopolis, grand historien grec, fils de Lycortas, né entre 210 et 200 av. J.-C., à Mégalopolis, m. en Arcadie vers 122. Formé à l’école de Philopœmen , il acquit de bonne heure la science des affaires. Aux funérailles de ce grand citoyen, il porta l’urne funéraire. Deux ans après, la république achéenne le nomma membre d'une députation envoyée à Ptolémée Epiphane, pour le remercier des secours qu’il avait envoyés aux Achéens, et pour renouer l’alliance du Péloponèse avec l’Egypte. Dans les délibérations politiques, il combattit vivement Callicrate.chef du parti romain , et plaida avec persévérance pour la neutralité entre Rome et la Macédoine. Après la chute de Persée, Callicrate porta Polybe sur la liste des ennemis de Rome, et, par suite, Paul-Emile le comprit dans les mille Achéens suspects qu’il déporta en Italie. Son exil dura Ifi ans, 166-150, mais fut adouci par l’estime et la faveur dont il jouit auprès de Scipion Emilien. Des ambassades des Achéens ayant sollicité du sénat le retour des exilés, et notamment de Polybe, il fut enfin autorisé à rentrer en Achaie ; mais on croit qu’il n'alla pas s’y fixer : il visita les lieux des événements qu’il devait raconter, les Alpes, les Gaules, l’Espagne, et même l’Afrique, où il accompagna Scipion dans son expédition contre Carthage , 146. Il fit de vains efforts pour prévenir les provocations des Achéens à l’égard de Rome, et quand il voulut se rendre auprès d’eux, il trouva Corinthe ruinée et la Grèce asservie; mais il sut adoucir le vainqueur, et , prenant le rôle de modérateur, concilia le maintien de certaines libertés nationales avec la domination étrangère. Polybe avait profité de son séjour forcé en Italie, et de sa liaison avec ce que Rome renfermait alors de plus éclairé, pour amasser les matériaux d’un grand ouvrage, YHistoire générait de ce qui s’était passé de son temps, c.-à-d. depuis le commencement de la 2e guerre punique jusqu’à la ruine de Carthage et l’asservissement de la Grèce, 218-146 av. J -C. Cette histoire formait 40 livres; nous avons les 5 premiers complets, et des fragments plus ou moins importants des autres. Les livres 1 et n contiennent, comme introduction, le résumé des événements antérieurs à l'an 218; l’auteur y montre en même temps par quels moyens, pour quelles causes, les Romains, maîtres de l’Italie, portèrent leurs vues au dehors, et osèrent disputer la mer aux Carthaginois; il y fait ensuite connaître l’état où se trouvaient Carthage et la Macédoine, avec lesquelles la lutte allait s'engager successivement. Le 111e livre renferme l’histoire d’Annibal jusqu’à la bataille de Cannes. Le ive est un tableau de la situation des Etats formés des débris de l’Empire d’Alexandre (Egypte, Syrie, Cappadoce, Pergame, Macédoine, Grèce). Le ve présente l’histoire de Philippe 111 de Macédoine, d’Antiochus le Grand et de Ptolémée V, et le récit des premiers efforts de la Grèce contre la politique envahissante des Romains. Les parties les plus importantes des fragments sont : un précieux morceau relatif à la constitution de Rome et à celle de Carthage ( vie liv.); le texte du traité entre Philippe III et Annibal , et une explication du reproche d’avarice et de cruauté fait à Annibal (vne liv.); une diatribe contre l'historien Théopompe (viue liv.) ; les portraits de Scipion et de Philopœmen ( xe liv.); une longue et violente attaque contre l’inexactitude de l’historien Timée I xne liv ); la bataille de Cynoscéphales et la comparaison de la phalange avec la légion (xvme liv.); la description d’une superbe fête donnée par Antiochus IV (xxxie liv.); l’éloge de Paul-Emile et de Scipion Emilien , et le récit de la manière dont se forma l’amitié de Polybe avec ce dernier (xxxne liv.) ; des fragments curieux, dus à Strahon, sur la géographie d’Homère, sur la Lusitanie, l’Espagne, la Gaule, 1 Italie, la Thrace, l’Asie, la Libye (xxxive liv., qui était consacré tout entier à la géographie générale du monde au moment de la 3e guerre punique ); enfin des détail- intéressants sur la déclaration de guerre à Carthage en 149 (xxxvi« liv.). La chute de Carthage remplissait le xxxixe liv., et celle de la Grèce le xl", dont la con- ! clusion , qui était celle de tout l’ouvrage, nous est par- | venue en partie. — Polybe est un historien très-original, j en ce sens qu’il est le premier qui ait conçu le plan d'une j véritable histoire générale; mais son originalité consiste surtout à avoir voulu donner le modèle d’un ouvrage d'histoire qui fût d’une utilité réelle aux hommes de guerre et | aux hommes d’Etat, et comme un livre d'enseignement, | non-seu'ement politique, mais encore moral; aussi il i insiste sur la manière dont les hommes d'Etat et les capitaines habiles ont su conduire les affaires ou profiter des I événements, sur les erreurs et les fautes qui ont amené la '
perte d’une bataille, l'insuccès d’une négociation , la décadence et la chute des Etats, sur les vertus dignes d'être imitées, et les vices qui ne méritent que flétrissure. Sa passion pour la vérité, son impartialité sévère, son exactitude, ses réflexions judicieuses, son savoir vaste et varié, la justesse de son coup d'œil , intéressent à la lecture de son ouvrage : par lui mieux que par tout autre écrivain ancien, nous pénétrons dans les secrets de la politique du sénat, nous saisissons l’esprit des institutions de Rome et son admirable organisation militaire ; enfin , dans beaucoup de parties, son histoire est une sorte de manuel pratique à l'usage des politiques et des hommes de guerre, et dont il a soigneusement banni ce qu’on pourrait appeler la partie légendaire. Mais, considéré comme écrivain, Poîyhe est loin de s’élever aussi haut ; il entre dans des digressions perpétuelles, où sa personne et son système sont trop souvent étalés ; il raconte froidement; ses portraits sont ternes, manquent de vie, et son style est souvent prétentieux, pénible, dépourvu de force, et monotone. Ces défauts le placent dans un rang bien inférieur à celui des grands historiens du siècle de Périclès ou des grands historiens romains : il n’est à leur hauteur ( et souvent même il les dépasse) que comme penseur et philosophe. Aussi les critiques grecs, si amoureux de la forme, lui ont-ils refusé une place parmi les écrivains classiques; ils lui reprochaient surtout des termes et des tours insolites, et une certaine affectation de mots techniques empruntés à l’école du Lycée. La lecture de Polybe faisait les délices de Décimas Brulus, et Tite-Live lui a fait de notables emprunts; Cicéron et Velléius en parlent avec éloge; Bossuet l’appelait le Sage, Moutesquieu, le Judicieux Polybe, et tous deux lui ont emprunté bien des réflexions. Polybe avait encore écrit la Guerre de Numance, la Vie de Philopœmen, un Truilé de l'habitation sous l'équateur, ouvrages perdus. Les principales éditions de son Histoire sont celles de Casaubon , Paris, 1609; de Gronovius, 1670, 3 vol. in-8°; de Schweighæuser, Leipzig, 1792, 8 vol. in-8°; de la Bibliothèque grecque de Didot , reproduction, avec quelques corrections et additions, de celle de Schweighæuser, 1840; de Bekker, Berlin , 1844. Ernesti a donné un Leiicon Polybianum. On a une traduction française de dom Thuillier, avec commentaire de Folard, 1727-1730, 6 vol. in-4°, fig.; une autre plus complète de M. F. Bouchot , Paris, 1847, 3 vol. in-12, où l'on trouve tous les fragments habilement reliés entre eux à l’aide de sommaires présentant la suite des faits dont le récit est perdu. P— T.
polybe, de Cos, médecin, élève et gendre d'Hippocrate, vécut au milieu du ve siècle av. J.-C., et fut l’un des fondateurs de l’école dite des Dogmatistes. On lui attribue quelques ouvrages sur la nature de l’homme, le régime dans les maladies, et l’accouchement prématuré. D — G.
POLYCARPE (St) , évêque de Smyrne, disciple de S1 Jean l’Evangéliste, souffrit le martyre à Smyrne vers l’an 167. Fête, le 26 janvier. Il reste de lui une Epilre aux Philippiens. 11 eut pour disciples S* Photin et S1 Irénée.
polycakpe, nom d’un recueil de canons, de constitutions et d'ordonnances touchant les affaires ecclé-iastiques, composé par Grégoire, prêtre espagnol , vers 1120.
POLYCLES, sculpteur grec du IIe siècle av. J.-C., est l’auteur, selon Winckelmann, de Y Hermaphrodite llorghèse. On voyait à Rome une Junon et un Jupiter, qu’il avait faits conjointement avec son frère Dionysius.
POLYCLÈTE, de Sicyone ou d’Argos, siatuaire et architecte grec, maitre et chef d’école dans ces deux arts, né vers 490 av. J.-C. Son plus célèbre ouvrage était une Junon île 10 mèt. de hauteur, dans le temple de cette déesse près d’Argos: elle avait la tête, la poitrine, les bras et les pieds en ivoire; le reste, composé des vêtements, était en i or. Cette statue rivalisait avec celles du même genre de Phidias. Polyclète exécuta un des trépieds de bronze que les Spartiates consacrèrent à Apollon dans le temple d’Amy- ■ clée, en mémoire de la victoire d’Ægos-Potamos. On citait aussi de lui le Doryphore, Y Alexélère, YArlémon , le Périphorete , et une statue-modèle, dite le Canon, c.-à-d. régie, où il avait établi la perfection des formes humaines. Il composa un traité sur les proportions qui constituent l'harmonie et la beauté du corps de l’homme. Comme architecte, on citait de lui un Tholus, monument circulaire en marbre blanc, à Epiilaure; et, dans l'enceinte du temple d’Esculape de la même ville, un théâtre : l’un et l'autre passaient pour des chefs-d’œuvre. B.
polyclète, dit le Jeune, statuaire, né à Argos vers 420 av. J.-C. On citait surtout de lui un Jupiter Phileus, à Mégalopolis, et un Jupiter Meilichios, à Argus.
POLYCRATE, tyran de Samos, où il s’empara de l’autorité vers 532 av. J.-C. Il fit périr ses deux frères, avec