PORT-REPUBLICAIN. V. PORT-AU-PRINCE
port-royal, célèbre abbaye de femmes, à 24 kil. S.-O. de Paris, près de Chevreuse (Seine-et-Oise). Elle fut fondée en 1204, de concert avec Eudes de Sully, évêque de Paris, par Mathilde de Garlande, à l’intention du salut et du retour heureux de son mari Mathieu Ier de Montmorency-Marli , parti pour la 4e croisade. On a voulu donner à ce nom un sens illustre, en l’attribuant à Philippe-Auguste, qui, égaré dans une chasse, aurait trouvé là un port de refuge; quelques-uns même ont fait à tort de ce monarque le fondateur de Port-Royal. L’abbaye fut soumise à la règle de S1 Benoît, et passa bientôt sous la juridiction de l’ordre de Cîteaux. De la lre abbesse bernardine, nommée Eremberge, à la mère Angélique Arnauld, l’histoire de Port-Royal ne renferme rien qui mérite d'être signalé, et sa célébrité ne date que du commencement du xvne siècle. Les guerres des Anglais , puis les guerres de religion , y avaient introduit un relâchement auquel on avait apporté de vains remèdes. Angélique, en 1608-9, réforma sou abbaye. Le local était étroit et malsain, et, au commencement de 1626, la communauté, composée de 80 religieuses, se transporta à Paris, vers l'extrémité S. du faubourg Sl-Jacques, à l’endroit où est auj. l’hospice de la Maternité. L’année suivante, l’abbaye fut enlevée aux Bernardins, et passa sous l’ordinaire , c.-à-d. sous la surveillance de l'archevêque de Paris. Un Institut en l'honneur de la Sainte Eucharistie, fondé par la première duchesse de Longueville, et dont la mère Angélique avair été la première supérieure, n’ayant pas réussi, les religieuses de Port-Royal en prirent l'habit et les principales pratiques, et ajoulèrent à leur nom celui de Filles du Si Sacrement , 1647. Ce fut à Port-Royal de Paris que vint, en 1636, l'abbé de Saint-Cyran, et il eut bientôt acquis sur l’abbesse et le monastère un pouvoir absolu. Pendant qu’il répandait ses doctrines par le ministère des femmes, il établit dans l’ancien monastère, qui devint alors Port-Royal des Champs, les fameux solitaires, dont les plus connus sont : Arnauld d'Andilly et Antoine Arnauld, frères de la mère Angélique, Lemaistre, Sacy, et Séricourt, ses neveux; Nicolle, Lancelot, Fontaine, Tillemont, etc. Nourris de littérature et d’ascétisme, ils furent, par leurs ouvrages et par leur enseignement, les apôtres du jansénisme. Pour faire concurrence aux Jésuites, maîtres alors de l’éducation, ils fondèrent de Petites écoles, d’abord à Port-Royal des Champs, puis, après le retour d’une partie des religieuses en 1648, soit aux Granges , qui devinrent leur séjour , soit au château des Trous, vers Chevreuse, soit au Chesnai près Versailles, soit dans l’impasse S1- Dominique d'Enfer à Paris. Ces écoles durèrent jusques vers 1660 ; alors elles furent dispersées, ainsi que les solitaires. Elles eurent pour principaux maîtres Lancelot, Nicolle, Guyot, Coustel, sous la direction de Wallen de Beaupuis; et, pour élèves les plus célèbres, du Fossé, les Bignon, les Harlay, et surtout J. Racine, et l’annaliste Tillemont. De cet enseignement sortirent la Géométrie, la Grammaire générale, la Logique, les Racines grecques, les Méthodes grecque et latine, etc., ouvrages estimés, quoique d’une valeur un peu surfaite. Les religieuses, de leur côté, se livraient à l'éducation des jeunes filles. Cependant l’orage grondait autour de Port-Royal, excité surtout par Antoine Arnauld, dont le Truité de ta fréquente communion et les deux Lettres à un duc et pair furent condamnées comme renfermant 1 hérésie janséniste. Port-Royal se défendit par des miracles (Sainte Epine), et, ce qui était plus sérieux, par les Lettres Provinciales, 1656. On fit de vains efforts pour obtenir des religieuses la signature du Formulaire qui condamnait les doctrines de Jansénius. Alors les jeunes pensionnaires furent rendues à leurs familles, les confesseurs jansénistes éloignés, et défense provisoire fut faite de recevoir des novices. Quelques religieuses furent dispersées dans d’autres monastères , et on les remplaça par des religieuses de la Visitation. — Après la pair de l Eglise, eu 1669, les deux monastères de Paris et des Champs, jus-