YEN
des Bourbons. Il accepta cependant d’être député de Toulouse en 1842 et en 184.6. Outre des brochures politiques de circonstance, il a publié : De la force du droit et du droit de la force , 1850, in-8°, ouvrage en faveur de la restauration du droit divin dans l’ordre politique ; Histoire de la campagne de 1800, 1854, in-8°, écrite à l’aide de odcuments laissés par le maréchal Kellermann.
VALPARAISO (Prov. de), division politique du Chili, au centre; entre celles d’Aconcagua au N., de Santiago à l’E. et au S., et l’océan Pacifique à l'O. ; 3,403 ldi. carr.; 116,043 hab.; ch.-l., Valparaiso. C. P.
VAN CLÉVE (Corneille), sculpteur, né en 1645 à Paris, m. en 1732 , appartenait à une famille originaire de la Hollande. Elève de François Anguier, qu’il aida dans l’exécution des bas-reliefs de la porte Sl-Martin, il remporta le grand prix de Rome en 1671. Le groupe appelé la Loire et le Loiret, qu’on voit dans le jardin des Tuileries, autour du grand bassin, est le plus connu de ses ouvrages. B.
VANDERBURCH (Louis-Emile), auteur dramatique, né à Paris en 1794, m. en 1862. Parmi ses pièces, que distinguent la facilité de l’invention, l’à-propos et la gaieté, on remarque : Brelan de Gascons , 1816 ; Jean de Calais ,
1827 ; Cotillon III , 1831 ; l'Avoué et le Normand, 1837 ; Quatre-vingt-dix-neuf moutons et un Champenois, 1838, etc. Il a donné aussi : l 'Oncle en tutelle, avec Etienne, 1828 ; le Tailleur et la Fée , avec Langlé, 1831; le Gamin de Paris, avec Bayard, 1836, etc. On lui doit enfin quelques romans.
VARNHAGEN D’ENSE (Charles-Auguste de), écrivain allemand, né à Dusseldorf en 1785, m. en 1858, prit du service, en 1809, dans l’armée autrichienne, et, en 1812, dans l’armée russe, quitta l’armée pour la diplomatie en 1814, accompagna Hardenberg au congrès de Vienne, puis à Paris en 1815, fut ensuite ministre résident de Prusse à la cour de Bade, et protégea efficacement le grand-duché contre les réclamations territoriales de la Bavière. A partir de 1819, il vécut à Berlin dans la vie privée. Varnhagen a publié des Monuments biographiques, Berlin, 1842-30, 5 vol., et des Souvenirs et Mélanges, Leipzig, 1842-46, 7 vol., où il peignit d’une manière judicieuse et vive, quoique pleine de discrétion, les écrivains, les hommes d’Etat et les généraux de sa patrie, ainsi que toute la société allemande et russe du commencement du xixe siècle. Ces deux ouvrages le placèrent au premier rang dans le genre de la biographie, et lui valurent l’amitié de Goethe et d’Alexandre de Humboldt. La perfection du style, égale à l’intérêt des sujets, assure à Varnhagen la première place après les grands génies de l’Allemagne. On a publié de lui après sa mort : Souvenirs et Mélanges , le Journal de Varnhagen ( de 1835 à 1845 ) , et Lettres d’Alexandre de Humboldt à Varnhagen de 1827 à 1858. Les Souvenirs sont aussi intéressants que les précédents, mais écrits avec moins de discrétion , avec un esprit chagrin , et ils offrent des peintures souvent satiriques de la Cour et du gouvernement de Prusse. Plusieurs morceaux en ont été traduits dans la Revue germanique de 1859 à 1863. Les Lettres d'Alex, de Humboldt , dont l’auteur ni Varnhagen n’auraient sans doute pas autorisé la publication, ont surtout excité du scandale en Allemagne par les railleries amères qu’elles renferment à l’adresse d’un grand nombre de hauts personnages encore vivants. C. P.
VARSOVIE (Gouvernement de), gvt de la Pologne russe, entre ceux de Plock au N., de Lublin à l’E., de Radom au S., et les prov. prussiennes de Posen et de Silésie à l'O. Sol assez fertile, arrosé par la Wartha, la Prosna, la Vistule et ses affluents, Pilica, Bug, Wieprz, etc. Belles forêts de pins et de bouleaux; grand commerce de céréales ; fabr. importantes de tapis, draps, toiles, gants ; tanneries. Ce gvt est divisé en 12 districts. Ch.-l., Varsovie. Superf., 36,773 kil. carrés; pop., 1,716,880 habitants. C. P.
VATIMESNIL (LI. Lefebvke de), homme politique et jurisconsulte, né en 1789, m. en 1860. Reçu avocat en 18 iO, nommé conseiller auditeur à la Cour impériale de Paris en 1812, substitut du procureur du roi en 1815, et du procureur-général à Paris en 1817, il se fit remarquer en portant la parole dans plusieurs procès politiques, particulièrement contre les poètes Béranger et Barthélemy. En 1822, M. de Peyronnet, en arrivant au ministère de la justice, le choisit pour son secrétaire général. Dans cette fonction, de Vatimesnil s’acquit l’estime de tous. Avocat général près la Cour de cassation en 1824, il accepta en
1828 le portefeuille de l’instruction publique dans le ministère Martignac, et opéra dans son département d’importantes modifications : on lui doit l’introduction de
l’enseignement des langues vivantes dans les collèges, e* l’amélioration du sort des professeurs, en faveur desquels il établit un boni, qu’on supprima en 1850. Sa sollicitude s’étendit aussi sur les instituteurs primaires, qui, lors de sa retraite en 1829, lui offrirent une médaille d’honneur. Elu député à Valenciennes en 1830, de Vatimesnil signa l’adresse des 221, et resta dans la Chambre jusqu’en 1834 ; il rentra alors au barreau, où il occupa une place distinguée. En 1844, au moment où le gouvernement, poussé par une certaine opinion, inquiétait les Jésuites sur l’existence non reconnue de leur société en France, de Vatimesnil prit spontanément leur défense : il publia, sous forme de consultation, un Mémoire sur l'état légal en France des associations religieuses non autorisées, et prouva que, les lois anciennes contre les ordres religieux étant abrogées, on ne saurait proscrire l’existence religieuse, intérieure et privée, des associations non reconnues, sans violer la Charte, qui proclamait la liberté de conscience. En 1849, le département de l’Eure envoya Vatimesnil à l’Assembléelégislative, où il vota avec la majorité monarchique. Après le coup d’État du 2 décembre 1851, il renonça à la politiqueet refit de nouveau inscrire au tableau des avocats de Paris. Retiré, vers les derniers temps de sa vie, dans une propriété près Etrépagny, il se livra à l’exploitation agricole, et contribua à développer la culture dans le Vexin normand. On a de lui de nombreux Mémoires judiciaires, des notices insérées dans le Recueil général des lois et arrêts, des brochures politiques, et une traduction française du Traité de la Clémence, de Sénèque (1822). B.
VAULT (François-Eugène de), né àLure (Haute-Saône), en 1717, m. en 1790, entra dans les mousquetaires à 16 ans, lit toutes les guerres du règne de Louis XV, et, à la paix de 1763, devint directeur du dépôt de la guerre, puis, en 1780, lieutenant-général. 11 est connu pour avoir, pendant les 30 ans qu’il fut au dépôt de la guerre, colligé, en forme d’annales, sous le titre d 'Extrait de la Correspondance de la Cour et des généraux, une histoire des guerres de la France depuis 1672 jusqu’à 1762, 117 gros vol. in-fol., avec 5 vol. de tables. Cet immense recueil a été publié avec des notes et des éclaircissements, par le général Pelet, dans la Collection des documents inédits sur l’histoire de France , avec le titre de Mémoires militaires relatifs à la succession d'Espagne sous Louis XIV, Paris, 1835-1855, 9 vol. in-4°. C. D — v.
VECHTE (Antoine), sculpteur et orfèvre, né en 1800 à Vic-sous-Thil (Côte-d’Or), m. en 1868, s'est placé au premier rang dans l’art du repoussé. On a surtout remarqué un vase en argent où il a figuré les Passions vaincues (1847), un intérieur de coupe représentant l’Harmonie dans l’Olympe (1848), et un intérieur de plat figurant le Frappement du rocher par Moïse (1850).
VELPEAU (Alfred- Armand-Louis-Marie), chirurgien, né en 1795 à Brèche (Indre-et-Loire), m. en 1867. Fils d’un maréchal-ferrant, il fit seul ses premières études, fut admis comme interne à l’hôpital de Tours dirigé par Bretonneau, et prit le grade de docteur à Paris en 1823. Chirurgien de l'hôpital Sl-Antoine en 1828, de la Pitié eu 1830, membre de l’Académie de médecine en 1833, professeur de clinique chirurgicale à la Faculté en 1835, il remplaça Larrey à l’Institut en 1843. On a de lui : Traité d’anatomie chirurgicale , 1825-26, 2 vol. et atlas ; Traité de l’art des accouchements, 1829, 2 vol. ; Nouveaux Eléments de médecine opératoire, 1832, 3 vol. in-8° et atlas ; Embryologie, 1833 ; Traité de l’opération du trépan dans les plaies de la tête, 1834; Anatomie chirurgicale, générale et topographique, 1836, 2 vol. in-8° et atlas ; Petit traité des maladies du sein, 1838 ; Manuel prtaique des maladies des yeux, 1839; Leçons de clinique chirurgicale, 1840-41, 3 vol. gr. in-8° ; Du strabisme, 1842 ; Recherches sur les cavités closes de V économie animale, 1843 ; Des injections médicamenteuses dans les cavités closes, 1846; Traité des maladies du sein et de la région mammaire, 1853, etc.
VENDREDI SAINT, l’une des plus grandes fêtes de l’Église. On l’appelait autrefois Vendredi adoré, parce que ce jour-là on adore la croix de N. -S. J.-C. Saint Augustin nous apprend que cette fête a été instituée par les Apôtres, avec celles de Pâques et de la Pentecôte. Tout, dans l’office public de ce jour de deuil, respire la douleur: on n’y sonue point les cloches, les cierges sont éteints, les autels dépouillés de leurs ornements ; sur le maître-autel, on étend une simple nappe, image du suaire dans lequel fut enveloppé le corps du Sauveur. Au commencement de l’office, le célébrant et les assistants se prosternent la face contre terre. On ne célèbre pas même la messe : la messe est le sacrifice non sanglant, le sacrifice dépouillé de son aspect navrant et lugubre, le sacrifice du Dieu
VEN
VER
ressuscité: le Vendredi saint, le prêtre et les fidèles sont absorbés dans la contemplation du Dieu crucifié, sanglant, déchiré, expirant; devant ce sang et ces ténèbres qui couvrirent la terre delà 6' heure jusqu'à la 9e (de midi à 3 h.), l’Église ne sait que pleurer ; le diacre chante solennellement la Passion selon S* Jean. Il convenait d’appeler le témoignage de l’apôtre qui, fidèle jusqu'à la mort, seul, suivit son maître au Calvaire. La cérémonie de l’adoration de la croix est l’une des plus imposantes : couverte d’un voile, pour marquer que tout le monde n'en comprend pas les mystères, la croix est portée solennellement par des prêtres et des diacres. Lorsque le célébrant est arrivé devant l’autel, il découvre d’abord un bras de la croix, pour marquer que le mystère du salut n'a d’abord été connu que dans un coin de la Judée; puis il découvre l’autre bras, pour signifier qu’il fut prêché dans toute la Terre-Sainte ; enfin, il la découvre tout à fait, pour apprendre que ce même mystère a été annoncé à tout l’univers. Le prêtre élève ensuite la croix et la montre aux fidèles, en disant:
« Voici le bois sacré de la croix! » Et le peuple répond:
“ La croix sur laquelle a reposé le salut du monde, venez,
• < adorons-la tous! » Alors le célébrant, le diacre et le sousdiacre s’avancent successivement, se prosternent trois fois et adorent la croix, que l’on fait ensuite baiser aux fidèles. — Après l’adoration de la croix, le célébrant va processionnellement, et eu silence, chercher au reposoir ou tombeau l’hostie consacrée qui y a été déposée la veille, puis, revenu à l’autel, il communie. Personne autre que le célébrant, ni prêtre, ni laïque, ne communie ce jour-là. L’usage des fidèles est de se recueillirplus particulièrement et de baiser la terre à trois heures de l’après-midi, moment où le Christ expira. Dans les pays où la foi s’est conservée dans toute sa ferveur, en Portugal, par exemple, le Vendredi saint toutes les boutiques sont fermées, tout le monde est vêtu de deuil ; nulle part on n’aperçoit de lumières. Les fenêtres des églises sont voilées; il en est de même des tableaux et des ornements. Le lendemain, vers le soir, commence la réjouissance pascale. Tout change d’aspect. Un mannequin, représentant le traître Judas, est traîné la corde au cou, et pendu à un pieu ; enfin on allume des artifices dans sa tête, qui est ainsi lancée dans les airs, tandis que les débris du tronc sont précipités dans le Tage.
VENTURA (le P. Joachim), orateur et théologien italien né à Païenne en 1792 , m. en 1861, fils d’un baron de Raulica, entra chez les Jésuites de sa ville natale, qui lui confièrent leur chaire de rhétorique. Puis il se fit théatin, reçut la prêtrise, et ses succès comme prédicateur et polémiste lui valurent d’être nommé secrétaire général de son ordre, censeur de la presse et membre du Conseil royal de l’instruction publique à Naples. Ce fut alors qu’en traduisant la Législation primitive de M. de Bonald, et le livre Du Pape, par Joseph de Maistre, il importa en Italie la nouvelle philosophie catholique qui florissait en France. Une Oraison funèbre de Pie Vil et un livre Sur l’influence du xvic siècle consolidèrent sa réputation. Devenu supérieur général des Théatins en 1824, il s’établit à Rome, où il fut membre d’une commission de censure, professeur de droit public ecclésiastique, et aumônier de l’Université. Les attaques de quelques ennemis l’ayant déterminé à se démettre du professorat, il n’en conserva pas moins une grande influence à la cour pontificale, et contribua à la conclusion du Concordat avec le duc de Modène, à la réconciliation du pape avec Chateaubriand, ambassadeur de la France, et à la reconnaissance du roi I.ouis-Philippe. Bien que son livre De Methodo philosophandi , publié en 1828, eût été vivement attaqué par l’abbé de Lamennais, il conseilla au souverain pontife les ménagements et la douceur envers cette âme égarée : ses ennemis en ayant pris occasion de le rendre suspect, il ne s’occupa plus des affaires publiques. Livré de nouveau à l'étude et à la prédication, il publia en 1839 un ouvrage intitulé : beautés de la foi (3 vol.), fit à l’église S'-Pierre et à S‘-André-della-Valle, pendant plus de dix ans, des prédications qui furent très-suivies, et, dans le but d'empêcher l’introduction des idées païennes dans l’éducation, par le commerce avec les chefs-d’œuvre de l’antiquité, il forma pour les jeunes gens, sous le titre de Bibliolheca parva, seu graciosa et elegantiora opéra veterwn SS. Ecclesiæ Patrum, un recueil d’extraits des Pères de l’Église et des poètes sacrés. Lors des troubles qui suivirent l’avénement de Pie IX, le P. Ventura, qui croyait l’alliance possible entre la religion et la liberté, prit un grand ascendant sur la multitude, en prononçant VOraison funèbre d'O’Connell, et en célébrant les victimes du siège de Vienne en 1848 : il aurait voulu que le pape,
pour arrêter la Révolution, octroyât une Constitution au peuple romain. Pie IX l’autorisa, du moins, à accepter auprès de lui les fonctions de ministre plénipotentiaire du gouvernement insurrectionnel de Sicile. L’idée d’une confédération italienne, à laquelle eût présidé le Souverain Pontife, était venue au P. Ventura, ainsi qu'à l’abbé Rosmini ; mais elle ne put aboutir, par suite de l’aveuglement de Gioberti et de l’ambition du roi Charles- Albert. Après la fuite du pape à Gaëte, le P. Ventura refusa la candidature à l’Assemblée constituante. Quand l’expédition française contre Rome eut été décidée, il se retira à Civita-Vecchia, puis en France ; préparé, par un séjour de deux années à Montpellier, au maniement de la langue française, il se r-endit enfin à Paris, où il prêcha avec succès. Dans cette dernière période de sa vie, il a publié entre autres écrits : les Femmes de l Evangile, 1853, in-12; la Raison philosophique et la raison catholique , 1853, in-8°; Essai sur l'origine des idées, 1853, in-8°; la Femme catholique, 1854, 3 vol. in-8"; l’École des miracles ou les OEuvres de la puissance et de la grandeur de J. C. , 1854-55,
2 vol. in-18; le Pouvoir chrétien , 1857, in-8°. B.
VENTURA DE LA VEGA, littérateur espagnol, né en 1807 à Buénos-Ayres, m. en 1865 , vint étudier en Espagne sous la direction de Lista et d’Hermosilla, débuta par des œuvres lyriques (l’Agitation, la Défense de Séville, l’ Enthousiasme, etc.), et, après avoir traduit diverses œuvres des auteurs dramatiques français, écrivit pour le théâtre. Parmi ses pièces, on remarque : l'Homme du monde, comédie de mœurs ; la Mort de César, tragédie ; Jouer avec le feu, le Début d'un artiste, un Trésor caché, sortes de drames lyriques. Il fut secrétaire particulier de la reine Isabelle II, et directeur du Conservatoire de musique et de déclamation de Madrid. Ses OEuvres (en espagnol) ont été publiées à Paris, en 1866, 1 vol. gr. in-8“.
VERNET (Jean-Émile-Horace), célèbre peintre, né à Paris en 1789, m. en 1863, était fils de Carie Vernet. (F. ce nom dans le Dictionnaire. ) Élevé dans un miliett et à une époque où l’on ne parlait que de combats, il devait être, avant tout, le peintre du soldat français; il figura lui-même sous les .drapeaux pendant quelques jours, en 1814, et fut décoré à cause de sa belle conduite devant l’ennemi aux portes de Paris. Il se forma par les leçons ou les exemples de son père, de Moreau, de Chalgrin et de Vincent : néanmoins, il échoua au concours pour le prix de Rome en 1810, mais il remporta, la même année, un succès à l’Exposition des beaux-arts par un tableau représentant la Prise du camp retranché de Glatz. Une de ses premières œuvres fut la vignette qui ornait les lettres d’invitation pour les parties de chasse impériales, et il devint le dessinateur en titre du Journal des Modes. Le portrait du roi Jérôme Bonaparte, exposé en 1812, acheva d’attirer sur lui les regards. Pendant la Restauration, Vernet acquit une grande popularité en traitant des sujets empruntés àl’histoire nationale, la Bataille de Tolosa (1817), le Massacre des Mamelouks (1819), la Bataille de Montmirail (1822), la Dernière cartouche (1823), la Barrière de Clichy, la Bataille de Hanau (1824), les Adieux de Fontainebleau, la Bataille de Valrny et le Pont d’Arcole (1826), la Mort de Poniatowski, sans compter plusieurs portraits de Napoléon 1er. Un intérêt tout aussi vif s’attachait à de moindres sujets : le Chien du régiment, le Cheval du trompette, le Soldat de Waterloo, le Soldat laboureur, Mazeppa, etc. A l’avénement de Charles X, le gouvernement fit taire les vieilles répugnances; Vernet fut chargé de peindre les portraits des ducs de Berry et d’Angoulême; il donna aussi Charles X passant une revue au Champ-de— Mars, Philippe-Auguste avant la bataille de Bouvines , la Dernière chasse de Louis XVI, V Arrestation des princes au Palais-Royal (1828), tableau brûlé dans ce même palais lors de la Révolution de 1848, avec le Camille Desmoulins au Palais-Royal. Vernet entra à l’Institut en 1826, et fut, de 1828 à 1833, directeur de l’Académie de France à Rome. Pendant son séjour en Italie, il peignit le Combat de brigands contre les carabiniers du pape, la Confession du brigand (tableau détruit dans le sac du château de Neuilly en 1848), le Départ pour la chasse dans les Marais Pontins, Judith et Holopherne , le Pape Pie VIII porté dans la basilique de St-Pierre, une Rencontre de Michel-Ange et de Raphaël au Vatican, et, à la suite d’une première excursion en Afrique, des Arabes conversant sous un figuier, Abraham, renvoyant Agar, Rebecca à la fontaine , une Chasse au sanglier, et une Chasse au lion. A la même période appartiennent les portraits des rois Louis-Philippe et Charles- Albert, et quelques grandes compositions, telles que le Duc d'Orléans à i Hôtel de Ville, et le Choléra à bord de la Melpomène. De retour en France, Vernet trouva le musée
YIG
VIE
historique de Versailles en voie de formation : il concourut à cette œuvre par une suite de tableaux exécutés pendant les années 1836 à 1839, la Bataille d'iéna, la Bataille de Friedland, la Bataille de Waqram, la Bataille de Fontenay, le Siège de Constantine (en trois tableaux), Y Attaque de la citadelle d'Anvers , l 'Occupation du col de Tèniah, le Bombardement de Sl-Jean-d' Ulloa, le Combat de l'Abrah, la Prise de Bougie, l 'Occupation d'Ancône, Y Entrée en Belgique, la Flotte française forçant l’entrée du Tage, le Combat de Sickack, le Combat de Samah, le Combat d’ Afroum, sans compter les huit grandes figures allégoriques de la salle dite de Constantine. Les Batailles de Valmy, de Hanau et de Montmirail, du même musée, sont des copies très-agrandies de celles que l'auteur avait faites autrefois. A la suite d’un voyage en Russie, il peignit encore : la Prise de la smalah d’Âbd-el-Kader, toile de la plus grande proportion, et le Portrait en pied du frère Philippe , supérieur des Frères des écoles chrétiennes, 1845; la Bataille d'Isly , 1846, autre très-grande toile; le Zouave épluchant des rats, 1847; le Portrait équestre du Prince-Président Louis-Napoléon, de grandeur naturelle, accompagné des généraux Changarnier et Rulhière, 1850; la Prise de Rome, 1852; la Bataille de l’Alma, le Portrait équestre de Napoléon III, celui du maréchal Bosquet, 1857 ; le portrait en pied du duc de Magenta; des Prisonniers autrichiens labourant la terre dans le midi de la France; un Soldat retenant une mule chargée de bagages dans un défilé d’Afrique; un Garde relevant des renards pris au piège, tableau inachevé. Peintre des batailles napoléoniennes et des combats de notre armée d’Afrique, Horace Vernet s’est ouvert une voie nouvelle, où, sans atteindre à l’exaltation épique, sans posséder même une grande puissance dramatique, il a saisi l’épisode avec une exactitude parfaite, et mis au service d’une conception originale, et prompte presque jusqu’à l’improvisation, un très-grand art naturel de composition, un dessin correct, un coloris suffisamment animé, et une rare habileté de main. Il travaillait souvent avec une sorte de fougue, au milieu d’une foule de visiteurs ou d’amis, chantant, faisant des armes, battant du tambour et sonnant de la trompe de chasse; il s’est plu, une fois, à représenter ainsi, sous le titre d 'Intérieur d’un atelier, son propre atelier, dans un de ses plus spirituels tableaux de chevalet. A l’Exposition universelle de Paris, en 1855, un jury composé de peintres de toutes les nations de l’Europe, lui décerna la grande médaille d’honneur. B.
VICAT (Louis-Joseph), né à Grenoble en 1786, m. en 1861, fut élève de l’Ecole polytechnique, eu sortit dans les ponts et chaussées, et devint assez promptement ingénieur en chef. Après avoir étudié chimiquement la chaux hydraulique naturelle, il en imita la composition, et en fit l’application à la construction du pont de Souillac (Lot), en 1822. Bientôt une véritable révolution économique s’opéra dans les travaux de maçonnerie hydraulique, puis dans tous les autres, où le béton, fait avec cette chaux, remplaça avantageusement la pierre pour les fondations des édifices. Chargé par l’administration de rechercher par toute la France quelles régions renfermaient des matériaux propres à la confection des mortiers, et, en même temps, de propager sa méthode pour la fabrication de la chaux artificielle, Vicat établit que les matériaux des chaux et des ciments se trouvent dans 28 départements composant les bassins du Rhône et de la Garonne, et publia les résultats de ce voyage géologique dans un Mémoire intitulé : Recherches statistiques sur les substances calcaires à chaux hydraulique- et à ciment, 1840. Vicat s’est aussi occupé avec succès des ponts suspendus, en câbles de fil de fer; il fut l’ingénieur de celui d’ Argentât (Corrèze), et publia : Description du pont suspendu construit sur la Dordogne, à Argentât, 1830, in-4°, fig. On a encore de lui : Recherches expérimentales sur les chaux de construction, les bétons et les mortiers, 1818, in-4°; Résumé des connaissances positives actuelles sur les qualités, le choix, et la convenance réciproque des matériaux propres à la fabrication des mortiers et ciments calcaires, 1828, in-4°, développement de l’ouvrage précédent ; Recherches sur les propriétés diverses que peuvent acquérir les pierres à ciment et à chaux hydraulique par l'effet d'une incomplète cuisson, 1840, in-4» ; Nouvelles éludes sur les pouzzolanes artificielles comparées à la pouzzolane d’Italie, dans leur emploi en eau douce et en eau de mer, in-4°, etc. On lui doit, en outre, divers Mémoires dans les Annales des ponts et chaussées et les Annales de physique et de chimie. C. D — y.
VICE-AMIRAL, officier supérieur des armées navales ayant le rang de général de division de l’armée de terre, et portant les mêmes insignes distinctifs. Il arbore son pavillon à la tète du mât de misaine. La loi du 17 juin
1841 a fixé le nombre des vice-amiraux à 10. Un viceamiral, commandant une flotte de 15 vaisseaux au moins, peut porter le titre d’amiral pendant la durée de son .commandement. Le grade de vice-amiral existait dans la marine française au moins dès le xive siècle. Sous Louis XIV et sous Louis XV, il n’y avait que deux vice-amiraux, l’un du Ponant, l’autre du Levant; le nombre en fut porté à quatre sous le règne de Louis XVI. Ils prenaient rang après les maréchaux de France. En outre , on donnait, temporairement, le titre de vice-amii-aux à des officiers commandant à la mer la 2e division d’une escadre dont le chef portait le titre d’amiral.
VICKSBOURG, v. des États-Unis (Mississipi), à peu de distance au S.-E. du confl. del’Yazoo avec le Mississipi, et à 50 kil. O. de Jackson; 4,591 hab. Sa position intermédiaire entre la Nouvelle-Orléans et Memphis et aux frontières des trois Etats de Mississipi, d’Arkansas et de Louisiane, lui donne une grande importance commerciale et militaire. C. P.
VICTORIA (Chutes), grandes cataractes du Zambèze, fleuve de l’Afrique australe, et appelées par les indigènes Mosiotunya. Elles furent découvertes par Livingstone en 1855, et sont situées vers le milieu du cours du Zambèze ; le fleuve, dominé par des collines boisées, se rétrécit tout à coup de 900 mètres de largeur à 25, et se précipite par une fissure de 30 mètres de hauteur. Le milieu du canal supérieur est occupé, comme dans le Niagara, par une île d’où l’on embrasse toute la sublimité du spectacle. A l’époque des basses eaux, le bruit s’en entend encore à 8 ou 10 kil., et de cette distance on aperçoit une colonne de vapeur qui s’élève à plus de 120 mètres, retombe en pluie, et forme des arcs-en-ciel qu’adorent les nègres. Le fleuve demeure resserré et impraticable pendant 5i> kil. au-dessous des chutes. C. P.
VICTORIA (Ciudad). V. Durango, dans le Dictionnaire. — V. du Mexique, appelée anciennement Nuevo- Santander, ch.-l. du département de Tamaulipas, sur un bras du Rio-Purifioaeion, à 105 kilom. du golfe du Mexique et à 600 N.-E. de Mexico, par 101° 30' long. O. et 23° 50' lat. N. ; 6,000 hab. Une barre ne permet l’entrée du Rio-Purificacion qu’à de faibles embarcations. Cette ville est célèbre par la défaite qu’essuya sous scs murs, en 1829, l’armée espagnole envoyée pour reconquérir le Mexique. C’est pour perpétuer ce souvenir qu’on lui donna le nom de Victoria. C. P.
VIliNNET (Jean-Pons-Guillaume), littérateur, né à Béziers en 1777, m. en 1868. Entré dans l’artillerie de marine en 1796, il fut pris, l’année suivante, par les Anglais, et passa huit mois sur les pontons de Plymouth. Ses votes contre le Consulat à vie et contre l’Empire nuisirent à son avancement, et il n’était encore que capitaine quand il fit la campagne de Saxe en 1813. Fait prisonnier à la bataille de Leipzig, il ne revint èn France qu’après la Restauration, à laquelle il se rallia. Pendant les Cent- Jours, il refusa de voter pour l’Acte additionnel. On l’admit en 1818 dans le corps royal d’état-major, où il devint chef d’escadron en 1823; mais il fut rayé des contrôles en 1827 pour une Épilre aux chiffonniers contre la législation de la presse. Il prit alors une part active aux luttes des libéraux contre les Bourbons, fut élu député de Béziers, et siégea dans les rangs de l’opposition. Ce fut lui qui, en 1830, lut au peuple assemblé devant l’hôtel-de-ville la proclamation de Louis-Philippe. Remis en possession de son grade, il prit sa retraite en 1834, après avoir été promu lieutenant-colonel. Il représenta sa ville natale à la Chambre des députés jusqu’en 1837, entra à la Chambre des pairs en 1839, et se retira de la scène politique en 1848. — Viennet cultiva de bonne heure les lettres : dès 1803, il publiait des Essais de poésie et d’éloquence, contenant un Éloge de Boileau. Après avoir écrit des poèmes sur les batailles d’Austerlitz et de Marengo, un certain nombre d ’Épitres, un recueil de notices et de jugements sous le titre de Promenade philosophique au cimetière du P. La Chaise , il devint tout d’un coup célèbre par son Épttre aux Muses, spirituelle déclaration de guerre à l’école romantique, qui ne cessa dès lors de le cribler d’épigrammes. Son Siège de Damas, poëme en 5 chants (1825), sa Pliilippide, poëme en 24 chants sur Philippe- Auguste (1828), et d’autres œuvres moins importantes, n’étaient pas de nature à renouveler l’éclat de l’école classique dont il se faisait le champion. Il fut néanmoins admis à l’Académie française en 1830. Ses tragédies de Clovis, à’Arbogaste (1842), etc., ses comélies, drames et opéras, n’eurent aucun succès, ou ne furent pas représentés. On a aussi de lui deux romans, la Tour de Montlhéry , 1833, et le Château S'-Ange, 1834, et un poëme
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épique, la Franciade, 1855. Mais il n’y a que ses Epitres et ses Fables qui puissent vivre. B.
VIGNY (Alfred-Victor, comte de), poëte, né à Loches en 1797, m. en 1863, fit partie, en 1814, des mousquetaires routes de Louis XVIII, passa en 1816 dans l’infanterie de la garde royale, arriva au grade de capitaine dans le 55e régiment de ligne en 1823, et donna sa démission en 1827 pour se consacrer exclusivement aux lettres. Déjà, en 1822, il avait publié, sous le titre de Poèmes , quelques morceaux élégants : lléléna, la Somnambule, la Fille de Jephté, la Dryade, Symétha, la Femme adultère, le Bal, la Prison, quelques-uns évidemment inspirés par André Chénier. On reconnaît l’influence de la Bible dans le Déluge , Moïse, Eloa ou la Sœur des Anges, que l’auteur réunit en 1826, avec le Trappiste, la Neige , le Cor, Dolorida, sous le titre de Poèmes antiques et modernes. Alfred de Vigny prenait place peu à peu dans l’école romantique, mais sans devenir populaire. Le roman historique de Cinq-Mars, qui parut également en 1826, 2 vol. in-8°, fit beaucoup plus que ses poëmes pour sa réputation. Un succès moins vif attendait Stello ou les Diables bleus, 1832, et Servitude et grandeur militaire, 1835, ouvrages qui offrirent le parallèle de la destinée du soldat et de celle de l’homme de lettres dans la société moderne. De Vigny aborda aussi le théâtre; il fit représenter : Othello, drame traduit de Shakspeare, 1829; la Maréchale d' Ancre, 1831 ; Chatterton, 1835. Après avoir donné, en 1843, dans la Revue des Deux-Mondes , plusieurs petits poëmes philosophiques, il entra, en 1845, à l’Académie française. Depuis il n’a publié que les Consultations du docteur Noir, 1856. Un nouveau recueil de poésies, les Destinées, parut après sa mort, 1864. De Vigny fut un poëte délicat et fin, assez rapidement oublié au milieu d’une école tendant de plus eu plus au réalisme, et qui se retira d’elle avec fierté.
VILLA-MA RIA, v. du Brésil (prov. de Mato-Grosso), fut bâtie en 1776 sur les bords du Haut-Paraguay, à l’endroit extrême où remontent les vapeurs qui desservent tout le bassin de la Plata; 2,000 hab. Voisine des frontières de la Bolivie, qui, n’ayant qu’un accès difficile sur le Pacifique, commerce principalement par l’Est et la voie de terre, elle est le centre des produits boliviens et brésiliens : or, diamants, ipécacuanha, bétail. C. P.
V1LLARS-DU-VAR, ch.-l. de canton (Alpes-Maritimes), arr. et à 17 kil. S.-E. de Puget-Théniers ; 872 h.
VILLERMÉ (Louis-René), médecin, statisticien et économiste, né à Paris en 1782, m. en 1863, servit comme chirurgien militaire sous le premier Empire, rentra dans la vie civile en 1814, et abandonna la médecine depuis 1832. Il fut membre de l’Académie des sciences morales et politiques. On a de lui : Des prisons telles qu’elles sont et telles qu'elles devraient être, 1820 ; Mémoire sur la mortalité dans les prisons, 1829; Tableau de l’état physique et moral des ouvriers dans les fabriques de coton, de laine et de soie, 1840, 2 vol.; Des associations ouvrières, 1848; Des accidents produits dans les ateliers par les appareils mécaniques, 1850; Considérations sur les tables de mortalité, 1853; divers Rapports et Discours imprimés dans le recueil de l’Académie des sciences morales et dans les Annales du comité d’hygiène.
VINCENDON-DUMOULIN (Clément-Adrien), savant hydrographe, né en 1811, m. en 1858, entra à l’Ecole polytechnique en 1831, fut attaché de 1834 à 1836 à la reconnaissance hydrographique des côtes de France sous Beauteinps-Beaupré, et fit de 1837 à 1810, avec Dumontd’Urville, le voyage en Océanie, qu’il publia après la mort de l’amiral. C’est là qu’il fit connaître sa remarquable théorie du lever sous voiles, qui résout le problème compliqué de lever, au moyen d’une triangulation régulière, la carte d’une terre sur laquelle on ne peut aborder. En 1854, il explora la côte N. du Maroc, sur laquelle il publia de bonnes instructions relativement aux vents et aux courants. Il est aussi l’auteur d’un travail sur la Détermination des longitudes au moyen des chronomètres, et de deux ouvrages sur les Iles Marquises (1843), et sur Vile Taïti (1844), en collaboration avec M. Desgras. C. P.
VINCHON (Auguste-Jean-Baptiste), peintre d’histoire, né à Paris en 1789, m. en 1855, remporta le grand prix en 1814, et, pendant son séjour à Rome, s’exerça surtout à la peinture à fresque. A son retour en 1818, il exécuta dans ce genre la décoration de la chapelle de ^-Maurice, dans l’église de Sl-Sulpice à Paris. En 1822, il exposa un Episode de la peste de Barcelone, toile placée au Lazaret de Marseille. Vers 1824, il peignit en grisaille, au palais de la Bourse, diverses figures allégoriques. On voit de lui au musée de Versailles : Jeanne d’Arc sous les murs d’Or-
léans, 1824; le Sacre de Charles VII à Reims, 1838; l’Entrée des Français à Bordeaux, 1839. Le tableau qui lui a fait le plus d’honneur est celui de Boissy d’Anglas, qu’il exécuta en 1835. On peut citer encore : Un Vieillard grec sur les ruines de sa patrie, 1827 ; la Présentation de la Vierge au Temple, à l’église Notre-Dame-de-Lorette, à Paris, 1836; la Mort d’ Henriette d’ Angleterre, 1840; Episode de l'histoire de Venise, 1847 ; les Enrôlements volontaires pendant la Révolution, 1850; les Martyrs sous l’empereur Dioclétien, 1853; Achille de Harlay et le duc de Guise, 1855. B.
VIRGINIE OCCIDENTALE, l’un des Etats-Unis de l’Amérique du Nord, bornée au N. par la Pensylvanie, à l’O. par l’Ohio, dont le sépare la rivière du même nom, au S. -O. par le Kentucky et la Virginie orientale, à l’E. par la Virginie orientale et le Maryland ; 60,225 kil. carrés; 393,234 hab.; ch.-l., Wheeling. Cet État faisait partie, en 1860, du grand Etat de Virginie; mais sur son sol montagneux, entre les Alleghanys et l’Ohio, il y avait peu d’esclaves, parce que son climat plus froid lui permet la culture des céréales et l’exploitation des mines de houille, de fer et de cuivre, qui exigent le travail libre; de plus, voisine des Etats libres d’Ohio et de Pensylvanie, sa population était attachée à l'Union et peu sympathique à l’esclavage. Aussi, quand la Virginie se sépara de l’Union en 1861, les 51 comtés de l’O. formèrent (26 nov. 1861- 3 mai 1862) un Etat particulier appelé Kanawka, du nom de sa principale rivière, affluent de l’Ohio. Le congrès fédéral ratifia cette séparation (31 déc.), et admit le Kanawka dans l’union sous le nom de Virginie occidentale (20 juin 1863). Le gouverneur est élu par le peuple pour deux ans; le pouvoir législatif est partagé entre un Sénat de 22 membres, élus pour deux ans, et une Chambre des délégués de 56 membres, élus pour un an. C. P.
, VITRO LLES (Eugène-François- Auguste d’Arnaud, baron de), né en Provence 1774, m. en 1854, émigra à la Révolution, servit dans l’armée de Condé, et ne rentra en France que sous le Consulat. Eu 1814, il se mit en rapport avec les souverains coalisés, et rejoignit à Nancy le comte d'Artois, qui, dès son arrivée à Paris, le nomma ministre d’Etat; arrêté pendant les Cent-Jours, il recouvra la liberté après le désastre de Waterloo. Membre de la Chambre introuvable , en hostilité avec les ministres de Louis XVIII, il perdit en 1818 sou titre de ministre d’Etat. Charles X, à son avènement, lui confia l’ambassade de Turin, et le créa pair de France en janvier 1830. Le baron de Vitrolles rentra dans la vie privée après la Révolution de Juillet. B.
VOGEL (Edouard), voyageur allemand, né à Hambourg en 1829, m. en 1856, fils d’un directeur de l’observatoire de Leipzig. Il se trouvait à Londres, adjoint au célèbre astronome Hind, quand il fut choisi pour compléter l’expédition africaine de Barth, privée d’Overvveg et de Richardson. Parti en 1853, il arriva à Tripoli, resta deux mois à Mourzouk, explorant le Fezzan et particulièrement les lacs de natron que nul Européen n’avait visités, se dirigea ensuite sur le lac Tchad par une route plus orientale que celle de Barth, et arriva à Kouka dans le Bornou en 1854. Il explora le lac Tchad et les rivières qui s’y jettent, s’avança au S. dans le Mousgou jusqu’à 10° lat. N., au S. -O. jusqu’à Salia, Yaeoba et la Tehadda (1855). Dans la dernière lettre qu’il ait écrite, il annonçait le projet de se rendre dans le Ouaday, que n’avait vu aucun Européen : mais on n’a plus reçu de ses nouvelles. On apprit seulement, en 1857, qu’après avoir séjourné dans le Baghermi, il était entré dans le Ouaday et jusqu’à Ouara, la capitale; mais que là, bien reçu d’abord, il avait été ensuite arrêté par des musulmans fanatiques, et exécuté par ordre du sultan, pour s’être approché d’une montagne sainte, interdite aux musulmans eux-mêmes. C. P.
VOIGT (Jean), historien allemand, né en 1786 à Bettenham (Saxe), m. en 1863, professeur à l’Université de Kœnigsberg depuis 1818, a publié : le Pape Grégoire Vil et son époque, 1815 ; Histoire de la Ligue lombarde, 1818 ; Histoire de la Prusse depuis les temps les plus reculés jusqu’à la fin de la domination de l’Ordre Teutonique , 1827-29, 9 vol. ; Codes diplomatiques prussiens, 1836-53, 4 vol. ; Manuel de l'histoire de Prusse jusqu’à la Réformation, 1842-43, 3 vol. etc.
VOLTIGEURS, troupes d’infanterie de l’armée française, qui furent créées en 1803. On en forma une compagnie par bataillon, et elle fut composée d'hommes de petite taille, lestes, robustes, bons tireurs, et bons sujets. Cette compagnie prit la gauche du bataillon, sans être d’abord compagnie d’élite ; plus tard elle eut la même solde que les grenadiers.
VOR
VOR
VOROSMARTY (Michel), poëte hongrois, né en 1800 à Nyeck (comitat de Weissembourg), m. en 1855. Outre une tragédie de Salomon (1821), un drame intitulé le Roi Siyismond (1822), et la Victoire de la fidélité, roman en vers, il publia trois épopées qui eurent un grand retentissement : la Fuite de Zalau (1824), Cserhalom (1826), et Eger (1828), et un nouveau roman en vers, le Vallon enchanté (1827). Ces ouvrages l’élevèrent au rang de chef de
l’école poétique contemporaine. Nommé membre de l’Académie hongroise en 1830, il ne composa plus que des lieder ou chansons. Député en 1848 à l’Assemblée nationale, où il ne joua point de rôle important, il fut momentanément incarcéré après le rétablissement de la domination autrichienne. En 1854, il entreprit une traduction de Shakspeare, que la mort ne lui permit pas d’achever. Ses Œuvres ont été réunies à Pesth, 1845-47, 10 vol. B.