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DE LA DEUXIÈME ÉDITION

La première édition du Dictionnaire général de la Politique a été trop bien reçue par le public pour que nous ne nous soyons pas cru obligé de faire les plus grands efforts pour améliorer notre œuvre, pour la mettre au courant des faits et des doctrines, pour la maintenir au niveau de la science.

Nous avons, en effet, voulu rester dans ces hauteurs sereines où la vérité seule trouve accès, où ne pénètre pas le bruit de la polémique du jour. Nous n'avons sans doute pas toujours réussi ; qui peut espérer atteindre l'idéal? Nous avons du moins fait ce qui a dépendu de nous pour nous en rapprocher. On n'a qu'à jeter les yeux sur la liste de nos collaborateurs : les représentants les plus éminents des partis opposés s'y rencontrent comme sur un terrain neutre ; car, si le Dictionnaire n'est pas neutre entre la vérité et Terreur, il l'est assurément pour les luttes du jour, qui, le plus souvent, ont heu sur le terrain des passions. Et les passions, on le sait, ne sont pas toujours nobles et désintéressées.

Nous avons pris le terme de j)oUtique dans son acception la plus large. Pour nous, la politique c'est la science du gouvernement. Par conséquent, nous étudions toutes les formes que prend le pouvoir, toutes les constitutions qui régissent les États. Nous exposons les doctrines, nous indiquons les faits, nous définissons les termes, préférant, dans le doute, aUer un peu au delà plutôt que de rester en deçà de notre domaine. Nous ne savons s'il est vrai que la nature a horreur du vide ; quant à nous, nous affirmons avoir horreur des lacunes. Nous n'avons pas à nous justifier d'avoir traité les impôts, les finances étant une matière essentiellement politique. De l'administration et de l'éco-

nomie politique nous n'avons pris que ce qui touche à la science du gouvernement ; ces matières ont d'ailleurs été considérées au point de vue politique. Il en est qui ont été examinées pour la première fois, — nous pouvons même dire l'unique fois, — à ce point de vue.

Pour bien remplir le vaste cadre que nous nous sommes tracé, nous avons ajouté un certain nombre de mots nouveaux. Nous n'avons pas reculé devant la refonte entière ou partielle d'un très-grand nombre d'articles ; presque tous d'ailleurs ont été retouchés. Pour mieux montrer avec quel soin toutes les parties de l'œuvre ont été combinées, et aussi pour faciliter les recherches, nous avons rappelé à la fm de chaque article ceux qui le complètent ou qui traitent de matières analogues, et ceux auxquels il faut se reporter, si l'on n'a pas encore trouvé ce que l'on cherche.

Ce n'est pas à première vue que l'on peut juger la valeur d'un dictionnaire, ce n'est pas même après avoir lu quelques articles : c'est après l'avoir pratiqué. Or, quand nous nous représentons tous les efforts que nous avons faits, toutes les peines que nous nous sommes données pour rendre le Dictionnaire aussi utile que possible, nous ne pouvons nous empêcher d'espérer que le lecteur le jugera avec bienveillance, et qu'il l'appréciera plutôt d'après ce qu'il offre que d'après ce qui lui manque.

Paris en mai 1873.

Maurice Block.

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