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(Demagri.)
Osann range ces eaux parmi les indifférentes. Elles sont employées en bains dans les affections rhumatismales et névropathiques.
massa (Italie). A h kilomètres du golfe de Gênes.
Bains de mer.
massage (de pajactv, pétrir). La pratique du massage ou massement, aussi ancienne et aussi répandue que celle du bain, est représentée par diverses manœuvres de pression et de traction graduellement et alternativement exercées sur les parties musculaires accessibles du corps et sur les articulations. Après être restée pendant longtemps à peu près confinée dans les coutumes de l'Orient et de l'Inde, ou dans les programmes d'écoles gymnastiques, elle occupe déjà un certain rang en médecine thermale. Il est même des établissements, comme celui d'Aix en Savoie, où le massage est Tobjet d'une application spéciale; des stations renommées en France ont suivi cet exemple (Luchon, Uriage, Plombières, etc.); les médecins allemands commencent à le préconiser. Nul
doute que cet utile auxiliaire de la médication des eaux minérales ne soit bientôt en vigueur dans la plupart des bains de l'Europe.
On sait, d'une manière générale, que le massage a pour but, en provoquant des alternatives de pression et de dilatation sur la peau et sur les muscles, d'imprimer plus d'activité à la circulation capillaire et aux organes émonctoires, plus d'énergie aux fibres et aux plans musculaires, de dissiper les commencements d'infiltration et d'engorgement, de rendre aux jointures leur souplesse et toutes leurs conditions normales. De plus, il résulte de cette pratique un bien-être assez marqué cbez beaucoup de sujets pour modifier, en se répétant, les conditions de l'économie entière. On aurait beaucoup d'intérêt à en connaître les règles et les indications formelles.
Jusqu'à ce jour, l'exercice du massage a été abandonné à la direction empirique de gens plus ou moins habiles, mais dépourvus des moyens ou du désir d'en transmettre l'enseignement. Il est vrai de dire que l'habitude aide singulièrement à perfectionner la main du masseur, et que tel acquiert les plus merveilleux talents en ce genre sans pouvoir s'en rendre compte. Chez quelques-uns, la manipulation devient un véritable art. On comprend qu'alors l'imitation et en quelque sorte des aptitudes naturelles fassent plus que des préceptes généraux, d'ailleurs assez difficiles à poser.
Les écrits publiés sur la gymnastique, tant en France qu'à l'étranger, ne font que mentionner le rôle passif du massage et le prescrivent à l'égal des frictions et de la percussion dans les cas où les mouvements volontaires ne peuvent avoir lieu. Les traités d'hygiène en parlent comme d'un détail de mœurs particulier à certaines nations du Levant et qui trouverait parfois son utilité dans notre genre de vie. Les relations de voyages seules fournissent des renseignements sur la manière dont on masse en diverses contrées. Chez un grand nombre de peuples, vivant sous des climats différents, les Turcs, les Égyptiens, les Indiens, les Islandais, les Russes, les Chinois, les habitants des îles de la mer du Sud, on rencontre cet usage ; mais il ne se pratique pas chez tous de la même façon ni avec les mêmes soins. Il paraît vraisemblable que les tractatores, dans le bain des anciens (voy. Bains) avaient aussi leur procédé particulier. Ce n'est pas le lieu de reprendre un exposé descriptif qui n'aurait qu'un mérite de pure curiosité et qu'on lit en maint ouvrage. Mais le docteur Epp (de Dùrkheim), après un séjour et une pratique médicale d'une vingtaine d'années aux Indes orientales, a publié sur les pratiques balnéaires de ce pays (Halneolog. Zeituny, V, 401), des notions qui, sous une forme aphorislique, caractérisent très bien les temps et le but du massage. Nous reproduisons ce qui, dans son résumé, a trait à la manipulation successive des membres et du tronc par le serviteur du bain.
Après qu'il a fait exécuter à la tête et au cou des évolutions méthodiques, il saisit à pleine main la niasse du deltoïde, la presse et la pétrit profondément, et étend les libres musculaires dans tous les sens. Ensuite il masse le bras, pinçant les muscles de celte région, comme ferait un musicien sur la longueur des cordes d'un violon, jusqu'à l'origine de l'avant-bras ; même répétition sur le membre antérieur. Armé au poignet, il le soumet à plusieurs mouvements de rotation sur lui-même ; puis il suit le trajet de chaque muscle tant dans la paume de la main que sur la région dorsale, et sur la continuité des doigts, dont aucune articulation n'échappe aux flexions forcées et portées jusqu'au craquement le plus retentissant. L'auteur exprime celte dernière manœuvre en la comparant à la traction du pis de la vache nécessaire pour recueillir le lait. Jl fait remarquer aussi que, pour mieux opérer, la main du masseur doit être solide et ne transpirer jamais. Les manipulations des membres inférieurs se suivent d'une façon analogue, en procédant de la région ischiatique pour presser et étirer successivement les muscles et les articulations de la cuisse, de la jambe et du pied. Les mouvements de flexion sont surtout calculés pour celle partie du corps : c'est ce que M. Epp entend par faire exécuter de nombreux huit de chiffre aux jointures mobiles. En dernier lieu vient le maniement du tronc lui-même. Les muscles des gouttières vertébrales, de chaque côté, sont refoulés et pétris sur leurs attaches et dans leur trajet, et immédiatement après c'est le tour des parois abdominales, que le masseur malaxe fortement jusque dans les moindres replis, s'altachant spécialement au massage de la région des reins. Parfois, lorsque le patient est couché sur le ventre, son masseur presse de tout son poids entre les épaules et agit à l'aide des genoux et des mains sur les articulations des vertèbres spinales qu'il parvient à relâcher et même à faire craquer. C'est là le dernier acte d'un ensemble de manœuvres qu'on assimilerait volontiers à des tortures, et qui, néanmoins, si elles abattent momentanément celui qui les subit, lui communiquent, au bout de quelques instants de repos, une vigueur nouvelle et un équilibre parfait dans ses fonctions. On sait d'ailleurs quelle volupté les xVsialiques trouvent à ce complément du bain, indispensable pour eux, dans les deux sexes.
Le docteur Epp ajoute que le massage demande beaucoup d'adresse de la part de ses exécutants, et qu'il est administré diversement, selon l'habileté du masseur et en raison de l'impressionnabilité des sujets. Il insiste surtout, et avec juslesse,sur l'importance qu'il y a à s'adressera un servant déjà expérimenté dans le métier et dont la main exercée procure les sensations les plus agréables, en dépit de puissantes pressions et des pratiques les plus extraordinaires. Aux Indes, comme nous le remarquons
dans nos propres établissements, les femmes atteignent difficilement au degré de force et de dextérité cjue le massage réclame à la fois. M. Epp enjoint aux gens préposés à ces manoeuvres de ne jamais perdre de vue les yeux mêmes de leur patient et de respecter la prostration des forces, lorsqu'elle se prononce. Une longue expérience lui avait permis de constater les meilleurs résultats du massage méthodique, pour le rétablissement de la santé générale, autant que pour le rappel de beaucoup de fonctions frappées de torpeur, et il n'hésite pas à en recommander l'application dans les stations thermales de l'Allemagne.
Un seul opérateur suffit d'ordinaire pour le massage. A Aix en Savoie, les frotteurs, ainsi qu'on les appelle, sont au nombre de deux, et, en même temps qu'ils dirigent l'eau d'une douche sur le corps, frictionnent la peau, massent les chairs, plient les jointures. En général, il y a avantage à commencer par les extrémités inférieures, contrairement à ce qui se passe en Orient, et à suivre pour ces opérations le trajet du sang, delà périphérie vers le cœur.
Le massage peut être pratiqué sans qu'on ait d'abord été soumis à l'action de l'eau; mais on le combine, presque toujours, avec les bains, les étuves et surtout avec les douches à percussion, soit simples, soit écossaises.' La peau, humectée par l'eau ou par la vapeur, est d'autant plus souple et se prête davantage à un maniement graduel et prolongé. Les parties ligamenteuses des articulations participent à celte laxité. Pour peu que la position du sujet laisse ses muscles en relâchement, et c'est à quoi l'on doit toujours tendre, tout concourt à favoriser les effets du massement, tel que nous venons d'en donner l'esquisse. Il n'est pas nécessaire de démontrer la triple influence qu'il exerce sur la peau, sur les articulations et sur les muscles. Elle s'indique d'elle-même, et l'on ne s'étonnera pas qu'une pratique de cette valeur ait pu passer des habitudes orientales dans le domaine thérapeutique.
Le massage est conseillé dans toutes les affections dépendant du lymphalisme, dans celles qui se rattachent à la diathèse scrofuleuse, ou que caractérise un affaiblissement de l'organisme, à la suite des convalescences pénibles, dans certaines cachexies, à condition toutefois qu'aucun mouvement congestionnel ne soit à redouter vers les organes. C'est en quelque sorte à titre d'exercice passif qu'il agit alors, et qu'il complète efficacement l'emploi du traitement soit thermal, soit marin. Il est favorable également dans les affections rhumatismales chroniques, les contractures spasmodiques, les crampes et les névroses musculaires, ainsi que dans la roideur des articulations, les menaces d'ankylose. On a cité des engorgements de viscères abdominaux cédant aux manipulations décrites plus haut. Mois c'est surtout dans les cas de paralysie, avec imminence