MINÉRALISATION DES EAUX
teilles bien bouchées; h° sur ce que les eaux thermales non sulfurées situées dans le voisinage des premières paraissent dépourvues de matières organiques et sont au contraire sulfatées.
M . Fremy a formulé une autre hypothèse, que MM. Lcconte et de Pui= saye regardent comme assez vraisemblable; M. Fremy suppose que, dans le sein de la terre, le sulfure de carbone peut se former et décomposer les silicates alcalins et terreux, de manière à produire du sulfure de silicium. Ce sel, en présence de l'acide carbonique produit, se convertirait ensuite en acide sulfhydrique et en silice soluble.
MAI. Leconte et de Puisaye croient, comme MM. O. Henry et Filhol, que le mode de minéralisation des eaux sulfurées est le même pour toutes; mais en ce qui concerne les eaux sulfurées calciques, ils placent le foyer de formation du principe sulfuré bien au-dessous du gisement du gypse. Il y aurait là des couches de combustibles de nature différente, imprégnés de pyrites qui les rendent spontanément inflammables. Les matières organiques brûlent, disent-ils; les pyrites s'oxydent, donnent naissance à des sulfates de fer, de chaux, de magnésie, d'alumine, lorsque la quantité d'oxygène fournie par l'air est suffisante. Si, au contraire, l'oxygène n'est pas assez abondant, les matières organiques se carbonisent, des pyrites abandonnent le tiers de leur soufre, et toutes les circonstances nécessaires à la formation du sulfure de carbone se trouvent réunies; et comme en même temps les combustibles sont mêlés à de l'argile qui se trouve en contact avec du charbon, il peut très facilement se produire du sulfure de silicium qui, par son contact avec l'eau, donne naissance à de l'acide silicique et à de l'hydrogène sulfuré.
M. Deville explique la production du sulfure de sodium dans les terrains primitifs de la manière suivante. L'acide carbonique et la vapeur d'eau, réagissant de concert sur les roches, donnent dans le premier moment des eaux minérales bicarbonatées. L'acide sulfhydrique, réagissant sur les bicarbonates, élimine de l'acide carbonique, et produit un sulfure et de l'eau.
M. Filhol a critiqué avec raison cette théorie. Du reste, si la réaction était aussi simple, toutes les sources sulfurées émettraient une grande quantité de gaz carbonique, ce qui n'a pas lieu.
3° et 4" Baux sulfatées et eaux chlorurées. — La minéralisation des eaux sulfatées et des eaux chlorurées semble être la plus simple de toutes. Sans parler des échanges multiples qui ont lieu entre l'acide sulfurique, l'acide chlorhydrique et les bases alcalines terreuses et métalliques, les sources chargées de sulfates et de chlorures trouvent ces sels tout formés dans le sein de la terre : ce sont, d'une part, les sulfates de soude, de chaux et de magnésie; de l'autre, le chlorure de sodium.