‹ Dictionnaire général des eaux minérales et d'hydrologie médicale (volume 2)Chapitre 117 sur 310 · MONDA · texte numérisé non relu

MONDA

et mériterait d'être résolue par des faits comparatifs qui nous manquent. On a seulement rapproché les résultats recueillis à Molitg de ceux que donnent les eaux de Preste (la) et celles de Saint-Sauveur (voy. ces mots). Comme toutes les eaux analogues, elles comprennent dans leurs applications, mais à un moindre degré que la spécialisation dont nous venons de parler, les rhumatismes chroniques, les engorgements articulaires, les plaies et les ulcères atoniques, les aff. étions catarrhales des bronches, et quelques affections des organes utérins tenant à un affaiblissement général de l'économie ou à l'herpélisme.

Les sources de Molitg sont connues dans la pratique depuis il5U, grâce aux écrits de Carrère et d'Anglada. Quelques installations récentes ont amélioré le séjour dans cette station, qui mériterait un développement plus considérable, eu égard à l'intérêt médical que ses eaux présentent.

MOL LA (La). (Italie, Piémont, prov. de Voghera).

Ferrugineuse bicarbonatée. Tempér., 18° centigr.

Plusieurs sources, décomposition analogue, émergent dans cette localité et ont été analysées par Brugnatelli. Mlles sont employées en boisson dans la chlorose et les affections qui s'y rattachent.

MONACO (Principauté de Monaco).

Bains de mer.

MONCADA Y REIXACH (Espagne, prov. de Barcelone).

Ferrugineuse sulfatée. Tempér., 17° centigr.

Eau : une livre. Eau: un litre.

Grains. G ru m.

Sulfate de soude 3,360 = 0,328

— de chaux 0,240 = 0,23.%

Carbonate de fer 1 ,300 = 0,127

Pouc. euh. Cenl. euh.

Gaz acide carbonique 5 = 270

(Sampontes.)

Analyse très incomplète.

Ces eaux sont employées en boisson dans les états chlorotiques et dyspeptiques. Il y a un établissement.

MONCHIQUE (Portugal, prov. d'Algarve).

Source indiquée comme sulfureuse et thermale, sans publication d'analyse. Établissement bien installé et très fréquenté.

MONDA (Espagne, prov. de Malaga).

Sources indiquées comme salines froides et employées pour leur action diurétique.,

M0NEGK1LL0. 3S>j

iiomion (Espagne, prov. d'Orênse).

Source ferrugineuse bicarbonatée froide, près d'une mine de fer, réputée parmi un grand nombre d'eaux analogues qu'on trouve dans cette province.

MONDORF (Allemagne , grand-duché de Luxembourg). Village à \h kilomètres de Luxembourg.

Chlorurée sodique. Tempér. , 25° centigr.

Eau : un litre.

Giii m.

Acide carbonique et azote traces

Chlorure de sodium 8,8197

— de potassium 0,2082

— de calcium 3,201 7

— de magnésium 0,4288

Bromure 0,1 000

Iodure 0,0001

Sulfate de chaux 1,6600

Carbonate de chaux 0,0865

— de maguésie 0,0065

— de protoxyde de fer 0,0227

Silice 0,0072

Acide arsénieux 0,0002

— autimonieux 0,0001

Manganèse, cuivre, étaiu et matières orgauiques. traces

14,5417 (Van Kerckhoff, 1848.)

La source de Mondorf jaillit à une petite dislance de celle de Sierck, avec laquelle elle a la plus grande analogie de constitution. Elle a été découverte en 1861, à la suite d'un forage pratiqué dans le trias, qui s'étend de la Lorraine française jusqu'à Luxembourg.

Ces eaux sont employées en boisson, associées avec du petit-lait, en bains, et sous forme d'inhalations. On trouve la source et des établissements particuliers de bains à peu de dislance de Mondorf même. Mais il paraît que cette station recevra prochainement les développements qu'elle mérite.

M. Seegen regarde comme un élément important de médication la présence du bromure de magnésium, et recommande l'usage de ces eaux dans les diverses formes de la scrofule. Quant à l'efficacité que des inhalations, d'ailleurs imparfaitement pratiquées, peuvent avoir dans la cure des catarrhes bronchiques chroniques, elle lui semble, à bon droit, fort douteuse.

MONEGRILLO (Espagne, prov. de Saragosse).

Source indiquée comme saline et purgative, sans publication d'analyse et de température ; employée dans la dyspepsie et les étals chlorotiques.

390 MOSESTIEU-DE-CLERMOKT (LE).

moxestiek de briaxçoi* (le) (France, Hautes-Alpes, arrond. de Briauçon). A 15 kilomètres de cette ville.

Sulfatée calcique. Tempér. , 22° à Zi5°

Deux sources, l'une au nord, ou de la Rotonde, marquant, suivant l'état de l'atmosphère, de 22° à 30° ; l'autre, du Midi, marquant de 39° à &5°.

Eau : un litre.

Acide carbonique

Oxygène

Carbonate de chaux . . . .

— de magoésie. . .

— de fer

— d'ammoniaque.

Sulfate de chaux

— de soude

— de magnésie

Phosphate de chaux

Chlorure de sodium

— de potassium. . .

— de calcium

— de magnésium. .

Oxyde de manganèse. . . .

Acide silicique

Matière organique

Source do Nord.

Source du Midi

Lit.

Lit.

Grain.

Gram.

traces

traces

traces

(Tripier.)

La constitution de l'eau des sources de JMonestier de Briauçon est très sujette à varier, le captage n'en ayant pas été fait d'une manière régulière.

L'eau de la source du Nord est destinée à la boisson, et celle du Midi aux bains; l'une et l'autre sont fréquentées par les malades des environs. Il y a un établissement thermal qui laisse beaucoup à désirer sous le rapport de son installation. Ces eaux sont surtout employées en bains dans les rhumatismes chroniques, les engorgements articulaires, les accidents consécutifs aux plaies d'armes à feu, et les maladies de la peau. Prises à l'intérieur, elles ont été conseillées dans les dyspepsies et les obstructions abdominales.

«o\i vin h -DE < lermont (ie) (France, Isère, arrond. de Grenoble).

Bicarbonatée mixte. Tempér., 12°.

Acide carbonique libre et demi-combiné.

— tout à fait libre

Azote

Eau : un litre.

Lit.

MONREPOS. 391

Gram.

Bicarbonate de soude 0,794

— de chaux 0,886

— de magnésie 0,547

— de fer traces

Silicate d'alumine 0,033

— dechaux î traces

— de soude I

Chlorure de sodium 0,050

Sulfate de soude 0,333

— de chaux 0,015

2,674 (Leroy.)

Par sa température et la nature des principes qui la minéralisent, celteeau paraît réunir toutes les conditions les plus avantageuses comme boisson de table.

>io\i ALtoxF (États autrichiens, Illyrie). Ville sur legolfe deTrieste, dans l'Adriatique.

Bains de mer, et source thermale.

Chlorurée sodique. Tempér. , U0° centigr.

Eau : 1 6 onces. Eau : un litre.

Grains. Gram.

Chlorure de sodium 83,200 = 9,152

— de magnésium 13,160 = 1,337

Sulfate de magnésie 6,186 = 0,680

— de chaux 5,333 = 0,586

Carbonate de chaux 5,546 — 0,610

(VlDALI.)

Ces eaux, connues très anciennement et citées par Pline, jaillissent à très peu de distance du littoral. On les emploie en bains dans les affections rhumatismales et les paralysies. Il y a un établissement bien installé.

uovitii'ih (France, Gironde, arrond. de Bordeaux). Près de cette ville.

Ferrugineuse bicarbonatée. Froide.

Acide carbonique \ mdéu

Air atmosphérique )

Carbonate de chaux 0,215

— de fer 0,018

Chlorure de sodium 0,055

— de magnésium 0,017

Sulfate de chaux 0,021

Crénate de fer 0,020

Silice et matière organique 0,018

0,364 (Fauré, 1853.)

302 MONTBAUIil.

Celle source esl située à la base du coteau boisé du Cypressàl, et offre un faible débit. M. Fauré ne dit pas si elle est de quelque utilité.

MONSAO (Portugal, prov. de IVlinho). Plusieurs sources, peu distantes entre elles, et jaillissant sur le bord du >linho. Llles sont indiquées connue chlorurées sadiques, sans mention d'analyse; leur température s'échelonne entre 33°, 37" et Zi3" centigrades. On les prend eu bains dans des piscines communes.

raovrACM^UE (Portugal, prov. d'Lstramadure). Près de Lisbonne.

Ferrugineuse bicarbonatée. Tempér., 16° centigr.

Eau : 4 kilogr. Eau : un liire.

Grains. Grani.

Carbonate de ter. 4,5 = 0,0551

— de magnésium.. .... . 4,0 = 0,0499

Sulfate de magnésie 3,0 = 0,0367

— de soude 2,0 = 0,0250

— de chaux 2,5 = 0,0306

Matière organique 0,5 = 0,0061

Pciuc. cub. Cent. cub.

Gaz acide carbonique 8 1/2 = 55

Celle analyse est rapportée par M. Jordào {Thèse, Paris, 1857).

MONTAFIA (Italie, Piémont, prov. d'Asli).

Sulfurée calcique. Tempér., 11° à 13° centigr.

Cette source, nommée Fonlana di Solfo, est abondante. Le docteur Bertini y signale du gaz hydrogène sulfuré et du gaz acide carbonique ; des carbonates de soude, de chaux et de magnésie, et de fer; du sulfate de soude ; du chlorure de sodium; de la silice. M. Canlù y a trouvé des iodures. Les habitants au pays en font un grand usage dans les maladies cutanées. Elle a été conseillée comme utile dans le traitement de la pellagre chronique avec accidents nerveux. On recueille dans ses dépendancesuneboue minérale qui pourrait être utilisée en applications topiques.

HONTAIGUT. Voy. GRANDIiYROL.

montbarri (Suisse, canton de Fribourg). A 6 kilomètres de Gruyère. Altitude: 2860 pieds.

Sulfatée calcique. Tempér., 11° centigr.

Eau : 16 onces. Eau : un litre.

Grains. Grain.

Chlorure de magnésie 0,660 = 0,069

Carbonate de chaux j =

— de magnésie )

Acide silicique 0,660 = 0,069

(LUTHY.)

montbruis. :•,"■.

(les eaux sont employées dans les maladies cutanées et les affections rhumatismales. Il y a un établissement.

*io\ ikkiso\ (Fiance, Loire, près de la ville).

Ferrugineuse bicarbonatée. Froide.

Trois sources: la Romaine, de X Hôpital, de la Rivière.

Source Souice Source

la Romaine, de l'Hôpital, de la Rivière.

Lit. Lit. Lit,

Acide carbonique 1,190 2,110 1,140

Gram. Gram. Grain.

Carbonate de soude 2,425 2,755 2,025

— de fer 0,098 0,03ri 0,075

— de magnésie 0,207 0,150 0,150

Matière végétale et anormale. 0,025 0,075 0,035

Acide silicique et terre végétale. 0,065 0,120 0»075

Perte 0,025 0,010 »

(Denis.)

Les sources minérales de iUontbrison jaillissent à une petite distance les unes des autres, et à 1500 eu 2000 mètres de la source de (Vloingt. M. Grimer, ingénieur des mines, a mis hors de doute, par une analyse comparée des eaux de Montbrison et de Moingt qu'elles avaient une origine commune. Voici du reste les résultais obtenus :

Eau de Eau de

MONTBRISON. MOINGT.

Gram. Gram.

Carbonate de soude 2,340 2, SU

— de chaux 0,286 0,259

— de magnésie 0,300 0,281

Oxyde de fer 0,015 0,020

Chlorure de sodium 0,018 0,071

de potassium 0,185 0,122

Silice 0,045 0,065

Les légères différences qu'on observe peuvent provenir aussi bien des erreurs d'analyse que des eaux elles-mêmes. Les essais entrepris pour découvrir l'iode, le brome et la matière organique, ont été négatifs.

Les sources de Montbrison sont connues depuis très longtemps, et cependant, en ce moment, elles ne sont pas, que nous" sachions, très fréquentées. Leurs applications seraient celles des eaux ferrugineuses.

HOMidtl x (France, Drôme, arrond. de Nyons). A 16 kilomètres deCarpentras, dans un vallon agréable et fertile.

Sulfurée calcique. Tempér. , 12°, 5 à 13°.

Deux sources, l'une dite des Rochers, l'autre des Plutrières, espacées

394 MONTCHANSOK.

de 500 à 600 mètres, et jaillissant d'une sorte de roche gypseuse, au

long d'un chemin à mi-côte.

Eau : un litre.

Source des Source des

Rochers. Platrières.

Degré sulfhydrométrique 7°, 8 4°, 6

Grain. Giam.

Sulfure de calcium 0,030 0,018

— de magnésium traces »

Sulfate de chaux 1,050 1,400

— deso^e.. j

— de magnésie j

Bicarbonate de chaux.

— de magnésie )

Chlorure de sodium \

Sel ammoniacal \ ... ...

Traces de potasse \ '" ' "'

Silice, alumine, phosphate terreux. ) „ . nwA

Oxyde de fer | °'60 °'0'°

Matière organique bitumineuse. . . . indiq. indiq.

(0. Henry, 1858.)

La source des Rochers abandonne une boue de nature argileuse qui est employée avec quelque succès comme^topique; d'après M. O. Henry, elle contient des éléments sulfureux, du sulfate de fer, etc.

Il existe à Montbrun un établissement thermal de création récente, contenant dix-huit ou vingt cabinets de bains et de douches ; il n'est du reste fréquenté que par les gens de la localité, et ces eaux attireraient un plus grand nombre de malades si le pays n'était pas d'un accès assez difficile.

montcel (France, Puy-de-Dôme, arrond. deRiom).

Bicarbonatée sodique. Froide.

M. Nivet signale sur la route de Combrondeà Saint-Pardoux, au milieu du communal de Laschamps, une source minérale gazeuse, contenant par litre d'eau 3 grammes de sels composés principalement de bicarbonate de soude, d'un peu de bicarbonate de chaux, d'une quantité minime de sulfate de soude, de bicarbonate de magnésie, de silice et de traces de sels de fer, d'après une analyse ancienne du docteur Mosnier. Elle est fréquentée presque exclusivement par les gens de la campagne, dans des cas de digestions lentes et difficiles.

hovm'I! i\m»\ (France, Cantal, arrond. de Saint- Flour).

Sur le territoire de la commune de Faverolles, non loin du château de Montchanson, existe une source ferrugineuse bicarbonatée froide, qui

jaillit d'une roche granitique. Pas d'analyse ; cette eau minérale ne semble d'aucun emploi.

mont-doré (France, Puy-de-Dôme, arrond.d'Issoire). A 35 kilomètres de cette ville, 1k de Saint-Nectaire et 53 de Clermont-Ferrand. Altitude: IO/16.

Cette station appartient au département, qui la met en ferme.

Bicarbonatée mixte et ferrugineuse bicarbonatée. Tempér., 12° à Zi5°,5.

Huit sources, dont sept thermales et une froide, jaillissant des terrains volcaniques, au milieu des trachytes et des tufs ponceux, à la base du plateau de l'Angle. Voici leurs noms, avec leur température et leur débit par vingt-quatre heures.

Température. Lit.

Source César 45° 59 040

— Caroline 45 61920

— du pavillon de Saint- Jean ou du

Grand-Bain 38 54 720

— Madeleine 45,5 144 000

— Ramond 42 18 720

— Riguy 42 17 280

— Boyer ou de l'Exportation 43,3 »

— Sainte-Marguerite 15 28 800

384 480 Les sources de César et de Caroline, quoique désignées sous deux noms, n'en forment par le fait qu'une seule : aussi ne compte-t-on réellement que sept sources au Mont-Dore.

Toutes les eaux de cette station ont- elles une composition identique? Telle est la question que depuis longtemps déjà on s'est posée, mais qui n'a pas encore été résolue ; il y aurait cependant un grand intérêt à ce qu'un travail d'ensemble fût entrepris à ce sujet.

Les analyses des sources remontent à l'année 1810, et encore ne portent-elles que sur les eaux des sources César, du Grand-Bain et de la Madeleine .

Bicarbonate de soude. . .

— de chaux. . . .

— de magnésie.

— de fer

Sulfate de soude

Chlorure de sodium...

Alumine

Silice

Apocréuate de fer

Matière organique

Eau : un litre.

Source de

Source du

Source de la

César.

Grand-Bain.

Madeleine.

Gram.

traces

traces

traces

traces

3'Jb MONT-DURE.

Ces analyses sont dues à Bertrand père, niais non comme nous les transcrivons ici. M. Nivet a transformé par le calcul les carbonates en bisels et l'oxyde de fer en bicarbonate, se basant sur ce principe très judicieux, que, dans une eau minérale, les carbonates ne peuvent exister à l'état neutre à côté de l'acide carbonique en excès.

M. Chevallier, le premier, a constaté dans l'eau des sources de César et de la Madeleine la présence de l'arsenic ; Thenard, quelques années après, est arrivé à un résultat identique, et cet illustre savant a montré qu'un titre d'eau de la source de la Madeleine contenait 0millisr-,053 d'arsenic, équivalant à 0millisr-,811 d'acide arsénique ou à lmillisr-,'253 d'arséniale de soude.

L'établissement thermal, d'une grande élégance et assez bien installé, contient 55 cabinets de bains ainsi répartis: 7 dans la division Saint-Jean, 18 dans la grande salle, '20 dans la galerie du nord et 10 dans la galerie du midi; trois grandes baignoires ou piscines de famille ; deux grandes piscines avec 8 appareils de douches ascendantes; k salles d'aspiration et 16 cabinets de douches de vapeur. Les appareils consacrés aux vapeurs, douches, aspirations, sont renfermés dans un corps de bâtiment spécial.

Les sources de César et Caroline, qui ne sont que deux griffons d'un seul et même réservoir souterrain, sont placées à 50 centimètres l'une de l'autre, et jaillissent dans le même bassin. Elles desservent les baignoires, les appareils de douches de la grande salle, les douches et les piscines des pauvres, après avoir séjourné dans deux réservoirs construits de telle manière que les eaux conservent leur température native ou à peu près.

La source de Saint-Jean ou du Pavillon, nommée encore source du Grand-Bain, jaillit par cinq griffons qui donnent de l'eau minérale à des températures un peu différentes, mais que leur mélange ramène à la température moyenne de 38" ; elle alimente cinq salles de bains de la division Saint-Jean, située au deuxième étage de l'établissement. Au rez-dechaussée et sous un pavillon voûté de la galerie du midi, se trouve la source delà Madeleine, qui se rend d'abord dans un bassin servant à alimenter les baignoires du rez-de-chaussée dites du nord et du midi. Une pompe aspirante et foulante monte en outre de l'eau dans un vaste réservoir supérieur qui dessert les baignoires des galeries du nord et du midi. Enfin des tuyaux enfouis sous les dalles, et communiquant avec ce réservoir, amènent l'eau à une buvette, et aux chaudières où elle est échauffée pour le service des douches de vapeur et des salles d'aspiration.

A 20 mètres à gauche du bassin de la source de la Madeleine, et sous

MONT-DORK. 397

un tunnel, jaillit la source Ramond, qui est employée pour les trois piscines de famille et les deux grandes piscines.

La source Rigny, située à 25 mètres de la source Ramond et sous une voûte, alimente les piscines de famille et les deux grandes piscines.

La source Roger, dite encore de Y Exportation, est exclusivement consacrée à ce dernier usage.

La source Sainte -Marguerite est remarquable par sa position ; elle jaillit en plein air sur le versant occidental de la montagne de l'Angle, à 30 mètres au-dessus du sommet de l'établissement et sur un plateau. L'eau minérale descend dans un réservoir spécial placé à droite de la terrasse du pavillon des sources César et Caroline; elle est employée en boisson, et pour les robinets d'eau froide des baignoires et des douches.

Les eaux du Mont- Dore nous représentent une médication assez difficile à définir et à caractériser. Ici on se trouve en présence d'une eau faiblement minéralisée, et à laquelle ses qualités ferrugineuse et arsenicale, tout en entrant en ligne de compte, ne sauraient imprimer une véritable caractérisation ; et d'une ihermalité considérable, (pie la pratique consacrée par l'expérience s'applique à mettre en jeu d'une façon énergique et très particulière.

Quelle est la part respective de ces deux éléments dans la médication ? Au premier abord, on est nécessairement disposé à assigner à l'hydrothérapie thermale une part tout à fait prédominante. En effet, s'd est vrai que le bain très chaud et très court, et le séjour dans la salle d'aspiration, c'est-à-dire dans une véritable étuve, s'il est vrai que ces deux pratiques représentent le fond de la médication, on ne peut nier que celle-ci ne consiste essentiellement dans l'emploi de ce que nous pourrions appeler la thei malité humide. Cependant il ne conviendrait pas non plus de faire abstraction d'une action médicamenteuse, à laquelle on a recours lorsqu'on emploie les eaux sous forme tempérée, et surtout quand on en prescrit l'usage à distance. Quant au climat du Mont-Dure, il est difficile de lui attribuer une influence précisément favorable. Si l'altitude considérable de la station peut convenir à une partie des malades qui s'y rendent, les variations du temps, l'inégalité de la température, la durée très courte de la belle saison, ne doivent pas moins être prises en considération. Quoi qu'il en soit, nous essayerons de donner une idée aussi exacte que possible de la médication constituée par le traitement du Mont-Dore.

Ce qui caractérise spécialement ce traitement, avons-nous dit, c'est l'emploi des bains à température élevée, et de la salle d'aspiration. Les sources, émergeant dans l'établissement lui-même, fournissent les bains

à leur température native, c'est-à-dire de 40° à U5°, n'ayant à subir qu'une

très faible déperdition.

Les phénomènes que l'on observe pendant l'immersion dans le bain sont les suivants: D'abord, spasme, anxiété, difficulté de respirer; on s'enfonce et l'on ressort à plusieurs reprises avant de s'habituer à ce milieu inusité; bientôt le pouls devient large et fréquent, la respiration précipitée, la figure se colore ei se couvre de sueur; le pouls atteint en général 100 pulsations au bout d'un quart d'heure. Quand on sort du bain, la peau est fortement colorée, la sueur ruisselle sur tout le corps. Il existe, suivant Bertrand, un état fébrile très prononcé. Le baigneur est reporté dans son lit; ;ilors le pouls est large et souple, sa fréquence diminue; la respiration devient plus libre, l'état fébrile baisse insensiblement. Tout le corps se couvre d'une sueur abondante, qu'il importe de modérer au bout d'une demi-heure ou de trois quarts d'heure. La durée du traitement est de dix à dix-huit ou vingt jours. Les sueurs abondantes continuent pendant les premiers jours, puis diminuent d'une manière remarquable. Si elles persistent, il faut éloigner les bains. Modérées, ces sueurs rendent plus fort et plus dispos; exagérées, elles affaiblissent au contraire, ce qu'il faut éviter. Du troisième au huitième jour, les douleurs de rhumatisme, de névralgie, s'éveillent ou s'exaspèrent, quelquefois à un degré intolérable, circonstance d'un pronostic favorable (Bertrand).

Les bains dits tempérés, au moyen du mélange d'eau minérale refroidie, sont usités pour les individus trop excitables, ou pour préparer à l'usage des bains chauds. Leurs effets physiologiques sont naturellement moins prononcés que ceux des précédents. Nous ferons remarquer que les bains tempérés du !\lont-Dore ont généralement une température un peu plus élevée qu'ailleurs, 35° ou 36°.

Les bains de pieds sont très usités, non-seulement à titre de révulsifs, pour répondre à certaines indications, mais aussi pour corriger la tendance fluxionnaire que l'excitation produite par le traitement détermine assez fréquemment.

Nous n'avons pas à insister sur les effets des douches, qui ne se distinguent en rien au Mont-Oore de ce que l'on observe ailleurs, sauf leur température assez uniformément élevée.

L'eau de la Madeleine (U5°) est celle dont on fait à peu près exclusivement usage en boisson, pure ou coupée de sirop ou d'infusion. Elle produit des effets analogues à ceux des bains. Comme toutes les boissons chaudes, elle détermine de la sueur, de l'accélération dans la circulation. Les sueurs locales tendent à se généraliser. S'il survient quelquefois de la diarrhée , plus souvent on voit les urines et les excrétions

alvines diminuer par suite des transpirations abondantes. Des éruptions furonculeuses ou autres se manifestent quelquefois sous l'influence de la boisson seule. Si l'usage de celte dernière provoque au bout de quelques jours de l'inappétence, un état saburral, il ne faut pas hésiter à administrer un purgatif (Bertrand).

Les salles A' inhalation ou A' aspiration sont assez vastes pour contenir de soixante à quatre-vingts personnes. Les gradins qui y sont disposés permettent d'y atteindre des degrés différents de température. Le thermomètre marque 18° au gradin inférieur, et 65° au gradin supérieur (Chabory). Les vapeurs dites forcées, c'est-à-dire obtenues par l'élévation de l'eau minérale à l'ébullition, y arrivent par un serpentin contenu dans un tambour cylindrique portant des baies latérales, et placé vers le centre de la salle (voy. Inhalation). La composition de ces vapeurs ne saurait être aujourd'hui exactement définie.

Thenard les a analysées et y a reconnu des traces des matières salines et de l'arsenic contenus dans l'eau minérale elle-même, outre des matières organiques. Mais M. P. Bertrand s'est livré à des recherches semblables, et bien qu'aidé des conseils de Thenard et reproduisant autant que possible la même opération, il n'a pu reconnaître que de l'acide carbonique et de la vapeur d'eau, sans aucune trace de matières salines (Annales de la Société d'hydrol. médic. de Paris, t. I, 185&-55). M. Chabory pense que cette différence de résultats doit être attribuée à une différence dans la manière d'opérer (Etudes médic. sur les eaux miner, du Mont- Dore, 1859). Ne pourrait-on pas en inférer plus justement que ces vapeurs, obtenues par un moyen artificiel (l'ébullition), n'ont pas toujours la même composition, ce que Thenard paraît avoir lui-même pressenti [Annales de la Société d'hydrol. , t. I, p. 150) ? Quoi qu'il en soit de cette question qui n'intéresse qu'au point de vue de l'inhalation elle-même, il est certain que la salle dite d'aspiration n'est autre chose qu'une étuve.

Telle est la médication dont nous avons actuellement à exposer les applications, médication dans laquelle nous voyons prédominer d'une manière frappante l'emploi de la chaleur humide. Nous pouvons être d'autant mieux assurés de l'exactitude de ce point de vue, que Bertrand, qui n'a pas sans doute créé cette médication, mais qui l'a faite ce qu'elle est aujourd'hui sous nos yeux, a dit, à propos des bains tempérés : « Que, bien que ces derniers eussent une bonne part à revendiquer dans de nombreuses guérisons, il ne doutait pas que les eaux du Mont-Dore ne tombassent en désuétude, si jamais ces bains étaient mis en première ligne des secours que l'on y trouve, si l'usage venait à les faire prévaloir sur les grimas bûins. » (Rech. sur les propr. des eaux du Mont-Dore, 1823.)

C'est cette médication dont la spécialité d'application s'adresse, à tort ou à raison, aux affections de l'appareil delà respiration : catarrhe bronchique, asthme, phthisie pulmonaire. Nous nous occuperons d'abord de ce qu'il y a de mieux défini dans ces applications: le catarrhe bronchique, ou bronchite chronique. Mais, avant d'en aborder l'étude, les questions suivantes se présentent naturellement à l'esprit: cette spécialisation du Mont-Dore est-elle exacte et légitime, ou n'est-ce qu'une simple affaire de tradition ? Est-elle inhérente à la nature de ces eaux, ou n'est-ce qu'un résultat obtenu, créé en quelque sorte par des moyens artificiels ? Sur ce dernier point, nous croyons devoir suspendre notre jugement. Mais relativement au premier, nous n'hésitons pas à répondre par l'affirmative. Sans en appeler à d'anciens témoignages, reproduits par tous, nous n'hésitons pas à reconnaître que l'ouvrage de, Bertrand et l'observation journalière ne permettent de conserver aucun doute touchant la légitimité de l'application du Mont- Dore au catarrhe bronchique. Seulement il s'agit de définir et de limiter le champ de celte application.

Une première observation doit nous arrêter. Le traitement thermal du catarrhe pulmonaire est essentiellement représenté par les eaux sulfureuses. Quel rapprochement peut-on établir entre leur mode d'action et celui du Mont- Dore? Aucun, et le contraste le plus absolu se rencontre entre ces deux médications.

Dans l'administration des eaux sulfureuses, on recherche l'application d'un principe médicamenteux, que l'on s'attache à dégager de tout agent accessoire, et à réduire à sa plus simple expression. On a recours surtout à l'eau minérale en boisson, et les eaux froides ou lièdes comptent parmi les plus efficaces. Le bain n'est qu'accessoire, la douche exceptionnelle. L'éluve est écartée, et dans l'inhalation on s'attache à isoler le plus possible l'élément désigné, principe sulfureux.

Au Mont-Dore, au contraire, le bain est le fond du traitement, le bain très court et très chaud, c'est-à-dire dont l'action médicamenteuse est infiniment réduite; l'eau minérale est prescrite, mais à condition que. sa température soit élevée ; la douche est très usitée. Enfin, si l'inhalation est pratiquée, c'est dans une véritable étuve, et la vapeur d'eau, loin d'en être proscrite, en constitue l'élément essentiel et sans doute le plus constant.

Voici donc deux médications qui n'ont de commun que d'appartenir l'une et l'autre à la médication thermale. Dans l'une, la maladie est traitée par un agent direct, dans l'autre elle est attaquée indirectement. Ce sont deux procédés opposés que l'on emploie pour obtenir un résultat identique, chose très ordinaire en thérapeutique.

Lorsque nous avons étudié ailleurs l'action des eaux sulfureuses sur

le catarrhe bronchique, nous leur avons reconnu le caractère d'une médication substitutive, mais nous avons invoqué surtout une spécialité d'action qui nous paraît le côté essentiel du traitement qu'elles constituent ; ici nous trouvons difficilement quelque chose qui réponde à cette idée de spécialisation, mais nous voyons une médication a la fois révulsive et déplétive, exerçant sur l'économie un mouvement perturbateur et provoquant une diaphorèse considérable, lesquels nous permettent de nous faire une idée de la manière dont elle modifie l'état catarrhal des bronches.

Est-ce indifféremment et au hasard que Ton aura recours à ces médications si différentes? Non sans doute, et voici les indications qui nous paraissent s'adresser à l'une ou à l'autre.

Les eaux sulfureuses sont indiquées surtout dans les catarrhes qui paraissent se rattacher au lymphatisme ou à l'herpétisme, ou, si l'on veut, conviennent surtout aux individus lymphatiques et dartreux affectés de catarrhe. Ceci est une des considérations les mieux définies de la médecine tliermale.

Les indications du Mont-Dore ne sont peut-être pas aussi faciles à caractériser au premier abord. Cependant nous trouvons dans l'ouvrage de Bertrand de précieux renseignements sur ce sujet. Ces renseignements nous sont fournis en particulier par les titres des chapitres consacrés à la phthisie. On nous accordera sans doute que des observations dont la plus ancienne date de 1806 et la plus récente de 1819 laissent quelque chose à désirer sous le rapport du diagnostic, et l'auteur lui-même a pris soin de signaler le caractère indécis de ce dernier. Cette question de diagnostic, du reste, ne saurait modifier les déductions que l'on doit tirer de ces faits.

Bertrand a désigné ainsi qu'il suit les observations qu'il rapporte : « Maladies chroniques de la poitrine, présentant le caractère artificiel de la phthisie, survenues après la disparition de doideurs rhumatismales musculaires ; maladies survenues après la cessation de douleurs goutteuses, et présentant le caractère artificiel de la phthisie ; maladies présentant le caractère de la phthisie, survenues à la suite de la rétrocession d'une affection dartreuse. »

Ces indications ne sont-elles pas significatives, et en rapport précis avec la nature du traitement mis en œuvre au iMont-Dore? Lorsque l'affection chronique de la poitrine, quelle que soit sa nature, est symptomaiique de quelque affection rbumalismale, goutteuse ou dartreuse, dont les manifestations ont disparu, et qu'il soit indiqué de rappeler ces dernières à leur siège d'élection, alors cette médication perturbatrice et révulsive trouve une application utile.

Dict. des Eaux ihinêr. — T. U. 26

Telle serait donc la part respective l'aile aux eaux sulfureuses et au Mont-Dore. C'est ainsi que les eaux d'Ems, pour compléter ce rapprochement, réclament spécialement les individus sanguins ou nerveux, excitablesdans le sens fluxionnaire ou névropathique, auxquels les eaux sulfureuses ou le traitement du Mont-Dore ne sauraient être appliqués.

Ceci ne veut pas dire que les eaux du Mont-Dore et la méthode suivie dans leur usage ne soient pas avantageuses dans le catarrhe simple, bronchique ou laryngé : mais ce qu'il importait de faire ressortir, dans cet article, ce sont les indications spéciales de ce traitement, c'est ce qu'il offre de particulier et ce qu'on ne rencontre pas ailleurs.

Nous ne nous étendrons pas sur la question de la phthisie pulmonaire. Nous admettons très bien qu'une pareille méthode thérapeutique puisse modifier assez puissamment certains phénomènes de la phthisie, et par suite agir favorablement sur la marche de luberculisations locales et peu étendues. Mais nous nous refusons à admettre qu'elle puisse être impunément mise eu pratique chez la plupart des phihisiques; que ces eaux constituent une médication diathésique appropriée à la généralité des phthisiques ; enfin que les conditions climatériques et topographiques de cette station conviennent précisément à ces sortes de malades.

Le traitement de l'asthme par les eaux du Mont-Dore mérite une mention à part. Bertrand avait éiudié l'action de ces eaux dans les névroses de la respiration, et avaii nettement défini leur opportunité d'application. Il les avait vues réussir « dans l'asthme humide succédant au catarrhe pulmonaire chronique, ou à la rétrocession du principe rhumatismal ou dartreux. » Ces résultats étaient tout à fait concordants avec ceux que nous avons signalés plus haut à propos du catarrhe. Mais après avoir proscrit sévèrement l'usage des eaux, et des bains surtout, si l'asthme coexiste avec une altération organique du cœur et des gros vaisseaux, le même auteur ajoute: « Les eaux du Mont-Dore n'améliorent point l'état des personnes atteintes de dyspnée nerveuse ou asthme convulsif. »

Des observateurs plus récents ont cherché à faire prévaloir une opinion différente. M. Boudant, s'appuyant sur l'opinion de M. Bertrand (ils, assure que, depuis que l'inhalation est entrée dans la pratique méthodique du Mont-Dore, l'asthme nerveux peut y être modifié avec le plus grand avantage [De t'ernpliys. pulm. et de son traitent, par les eaux du Mont-Dore, 1859). M. Richelot soutient la même thèse, et ne doute pas que les eaux du Mont-Dore n'agissent de deux manières différentes, suivant les cas, soit en produisant des mouvements critiques et en faisant appel à la périphérie, soit par une action propre, directe, élective {Du traitem. de l'asthme par les eaux du Mont-Dore, 1859).

Nous avons dû insister sur ces applications des eaux du Mont-Dore,

parce que c'est sur elles surtout que repose la réputation de cette station thermale. Cependant nous ne pouvons nous empêcher d'émettre quelques doutes, non pas sur la réalité des propriétés assignées à ces eaux, dans un pareil ordre de faits, mais sur la justesse de la spécialisation presque exclusivement attachée au Mont- Dore.

La spécialisation véritable et primitive de ces eaux thermales est le traitement du rhumatisme. Effacée par l'intérêt véritable des faits qui nous ont occupés, nous pensons que la méthode adoptée au Mont-Dore offre une valeur considérable, non-seulement contre le rhumatisme en puissance et ses manifestations régulières, ce que ces eaux auraient de commun avec un grand nombre d'autres, mais contre le rhumatisme larvé, déplacé ; en un mot, contre toutes les manifestations irrégulières du rhumatisme.

Nous ajouterons seulement que, si les eaux du Mont-Dore ne possèdent aucune spécialité d'action vis-à-vis des dartres, vis-à-vis de la goutte, cependant elles ont à rendre les mêmes services dans bien des circonstances où des manifestations irrégulières de ces principes morbides réclament des indications analogues à celles que nous venons d'exposer à propos du rhumatisme. La médication du Mont-Dore nous paraît, dans les cas de ce genre, offrir des ressources que l'on chercherait peut-être vainement ailleurs.

Nous pensons que c'est dans ce sens qu'il en faut envisager et développer les applications. Ce point de vue ressort très clairement des importantes études de Bertrand. S'attacher à la recherche d'une action médicamenteuse directe, élective, qui fasse négliger la méthode à laquelle nous attribuons essentiellement la portée de cette médication, serait peutêtre suivre une direction fâcheuse. Cependant nous ne devons nousmêmes nous prononcer à ce sujet qu'avec réserve, et les recherches nouvelles qui nous sont promises sur cette question ne manqueront certainement pas de l'éclairer.

Les eaux du Mont-Dore sont employées à distance, et l'on en fait quelque usage, en Auvergne et en Bourbonnais, dans les affections chroniques des voies respiratoires. Elles possèdent, sous cette forme, une efficacité assez restreinte, et qui ne saurait être comparée à celle des eaux sulfureuses transportées.

De remarquables vestiges de monuments antiques avaient été retrouvés au Mont-Dore, sans (pie l'on eût pu établir à leur sujet autre chose que de simples conjectures. Mais lors des fouilles pratiquées pour la construction de l'établissement thermal actuel, il y a une quarantaine d'années, on a rencontré, à plus de U mètres de profondeur, les vestiges ignorés d'un ancien et vaste établissement thermal. C'est de cette époque que

404 MONTE-CATINl.

date la prospérité de celte station, el l'on ne saurait se dispenser de

rattacher à cette ère nouvelle, le nom de M. Bertrand.

MONTE-alceto (Italie, Toscane). Dans le val d'Arbia, à 20 milles de Sienne, trois sources sortant du travertin, au pied de la montagne qui porte ce nom.

Sulfatée calcique. Tempér. , 22°, 25 et 34° centigr.

Emi : un litre.

Source des Source Source

Bains. Poggio Pinci. Noceto.

Cenl. cub. Cent. cul). Cenl. cub.

— sulfhydrique traces traces »

Gram. Gram, Gram.

Sulfate de soude 0,027 0,027 0,027

— de magnésie 0,568 0,203 0,104

— de chaux 0,104 0,052 0,470

Chlorure de sodium 0,052 0,052 0,065

— de magnésium 0,027 0,027 0,013

de calcium 0,027 0,027 0,027

Carbonate de magnésie 0,287 0,287 0,208

— de chaux 0,781 0,365 0,365

— de fer 0,027 0,054 0,027

(GlULI.)

Ces eaux sont reçues dans des réservoirs naturels qui servent au bain. On les emploie peu en boisson, mais surtout comme usage externe contre les affections arthritiques, rhumatismales, dans les paralysies essentielles, et aussi à titre de médication reconstitua nie. Les boues qu'elles déposent sont utilisées en applications topiques. On signale, près de ces bains, une petite galerie souterraine où coule l'eau minérale et que remplissent des vapeurs chaudes chargées de gaz acide carbonique. Station fréquentée.

movi i. « % aiM (Toscane, prov. de Florence). Dans le val de la INievole, au pied du Monte Catini que couronne la ville de même nom.

Chlorurée sodique. Tempér. de 20° à 29°, 5 centigr.

Douze sources dont six principales, qui sont : 1° les Therme Leopoldine, 29°,5; 2° Bagno Regio, 21°; 3° Tetluccio, 25°; 'x° Rinfresco, 26°, 5 ; 5° Torretta, 24°, 5 ; 6° Tamerici, 20°. Les quatre premières appartiennent au gouvernement et les deux dernières à des particuliers. Les six autres, qui ne sont pas exploitées, sont désignées sous les noms de Martinelli, Fortuna, Ullivo, Cipollo, Regina et Tintorini : leur température et leur composition se confondent avec celles des six premières.

M0NTE-CATIN1.

Eau : un litre.

iOl

Acide carbonique libre.

Oxygène

Azote

Carbonate de chaux

— de magnésie

— de soude

Phosphate de chaux, alumine,

silice, oxydes de fer et de manganèse?

Thermes

Leopol-

dine.

Chlorure de sodium. . . .

— de potasse ,

— de soude

Perte

gr-

Bagno ReSio.

ce.

gr.

Riu-

fresco

Toireltu.

Tiimerici.

gr-

(Dupuis, 1859.)

A ces principes il convient d'ajouter l'iodurc de sodium trouvé dans les eaux de ces sources par M. Piria (de Pise).

Les sources les plus riches en chlorure de sodium sont utilisées en hains et en douches, el les plus faibles en boisson ; il est vrai de dire aussi que d'autres servent aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur. Mais comme l'usage interne occupe la principale place dans le traitement qu'on suit à Monte-Catini, c'est de l'eau en boisson que nous avons particulièrement à nous occuper.

Les eaux qu'on boit le plus souvent sont celles du Tettuccio et du Rinfresco, lesquelles sont très limpides, d'une saveur légèrement salée et tolérable, et peuvent être transportées au dehors sans rien perdre de leurs principes fixes. C'est surtout aux chlorures alcalins dont elles se composent qu'il faut rapporter leurs propriétés effectives. L'eau de Tettuccio provoque aisément des selles séreuses ; une proportion notable de gaz acide carbonique qu'elle renferme facilite encore son action sur la muqueuse gastro-intestinale. C'est ainsi (pi 'elle a été prescrite avec avantage dans les états dyspeptiques et les enléralgies avec ou sans diarrhée. On comprend que des engorgements passifs du foie ou de la rate, liés à des dérangements des fonctions digeslives, aient pu céder à mesure que celles-ci recouvraient leur type normal sous l'influence d'une médica-

406 MCfflTE-GÀTIM.

tion à la t'ois Ionique et substitutive. Il n'y a rien en cela de spécial à Monte-Catini et qui ne se retrouve dans le traitement par les eaux, soit bicarbonatées sodiques, comme à Vichy, soit sulfatées sodiques, comme à Karlsbad. Nous en dirons autant des calculs biliaires et de l'hypochondrie. Dans le premier cas, à l'aide d'un appel fluxionnaire du côté de l'intestin, on peut espérer de suracliver l'organe sécréteur de la bile et de vaincre une stase fâcheuse ; dans le second, on exerce une dérivation salutaire. C'est toujours à l'action plus ou moins laxative du Tettuccio qu'il faut recourir pour l'interprétation de son efficacité, trop volontiers vantée au nom de prétendues vertus mystérieuses. Ainsi s'explique comment on l'applique encore au traitement des maladies des centres nerveux, et à celui des fièvres d'accès, si communes en Toscane. M. le docteur Fedeli, dont nous discutons ici l'exposé médical, recommande avec raison ces eaux chlorurées sodiques dans les diverses formes de la scrofule, notamment dans la chlorose et l'aménorrhée qui se rattachent à cette dia thèse.

L'eau de la source Rinfresco contient moins de sels purgatifs que la précédente. On la conseille plutôt aux sujets irritables ou atteints de névropathies. Ce n'est pas sans un certain doute que nous la signalons, à notre tour, comme diurétique et lithontriptique. Ces qualifications sont traditionnelles à Monte-Catini; mais il reste à connaître dans quels cas précis des maladies des voies urinaires, des eaux relativement très minéralisées ont pu amener une guérison et ne faire courir aucun danger aux malades. M. Fedeli assure que, non-seulement l'eau du Rinfresco favorise l'expulsion des calculs et de la gravelle, mais encore elle modifie la diathèsequi donne origine à ces produits, en rétablissant les fonctions digestives. Il y a un côté d'appréciation en ceci dont la justesse n'échappera à personne. Nous ne croyons pas toutefois qu'il faille se hâter, comme le fait l'auteur de la notice en question, de mettre la source de Monte-Catini bien au-dessus de celles de Vichy; il n'y a entre ces eaux que des points d'analogie dans l'action générale, mais pas de coïncidence possible. Enfin le Rinfresco s'emploie utilement par mode externe dans certaines affections prurigineuses de la peau, et dans les cas d'hémorrhoïdes avec grande exaltation de la partie malade et du tube intestinal.

La source Leopoldine, la seule à peu près où l'on se baigne, occupe un bâtiment bien distribué, avec bassins de marbre, baignoires, étuves et appareils de douches. Toutes les autres fontaines se trouvent à proximité de la grande route qui va de Borgo-Buggiano à Florence. Une promenade charmante y conduit, et des maisons commodes sont groupées autour d'elles.

MONTIONE Dl IMOMtilNO. 407

On fait des envois considérables en Italie de l'eau du Tettuccio.

La célébrité de ces eaux remonte au XIVe siècle.

MONTEFIASCONE (Italie, États romains).

A peu de distance de celte ville, dans une grande plaine, sources sulfureuses thermales, usitées en bains et en boisson, citées par Montaigne (Journ. des voyages en Italie, II, hll).

On emploie dans 1rs maladies de la peau, et délayé avec un corps gras, le limon d'un petit lac que forment ces eaux.

MONTE-GROSSO. Vov. ABANO.

MONTÉGET-SÊGEA (France, Haute-Garonne, arrond. de Muret). A 25 kilomètres de Toulouse.

Ferrugineuse bicarbonatée. ïempér. , 12° centigr.

Azote et oxygène 0,0810

Gram.

Acide carbonique 0,0710

Carbonate de chaux 0,2740

— de magnésie 0,0020

Bicarbonate de soude 0,0190

Sulfate de magnésie 0,0130

Chlorure de magnésium 0,0170

Bisilicate de soude 0,0310

— de potasse 0,0060

Alumine et oxyde de fer 0,0020

Matière orgauique 0,0010

0,4360 (Filhol, 1848.)

M. O. Henry a fait connaître, de son côté, une analyse de l'eau minérale de Moniégut-Ségla, où il indique en outre l'existence de traces d'un iodure alcalin.

Montégut-Ségla possède un établissement thermal fréquenté principalement par les habitants des environs.

fioMiovi: di PiOMBiftO (Toscane). Près Arezzo, dans le val de

Cornia.

Bicarbonatée calcique. Tempér., 35° centigr.

Acide carbonique 85

Gram.

Sulfate de chaux , 0,026

Chlorure de sodium 0,313

— de magnésium 0,052

— de calcium 0,052

Carbonate de magnésie 0,130

de chaux 0,757

— de protoxyde de fer 0,026

1,356 (Guili, 1809.)

408 MQNTMIRA1L.

Ces eaux sont employées en bains dans les affections rhumatismales et les maladies de la peau.

*iovrM<;\o\ (France, Seine-et-Oise, arrond. de Pontoise). Près de Montmorency et dans le domaine de Larive. FeiTugineuse bicarbonatée . Froide.

Eau : un litre.

Acide carbonique quant, indét.

Gram.

Carbonate de chaux 0,0285

— de magnésie 0,0571

Chlorure de sodium 0,1713

— de calcium 0,1142

0,5138 (Bocillon-Lagrange.)

MONT-LOUIS (France, Pyrénées-Orientales).

Anglada signale entre Mont-Louis et la Cabanasse, au milieu d'une prairie, une source ferrugineuse désignée dans le pays sous le nom de Fontaine du four de la brique, et dont l'eau marque 8°, 75. Elle dépose sur le sol une proportion notable d'oxyde de fer, caractère propre à toutes les eaux notablement riches en fer.

On ne possède aucune analyse complète de l'eau de cette source : Anglada la considère seulement comme à peu près privée de chaux, et peu chargée de principes fixes. Son débit est très peu considérable.

nom >i ■ se ail (France, Yaucluse, arrond. d'Orange). A 15 kilomètres d'Orange et h kilom. de Vacqueiras, dont le nom est quelquefois attribué à cette stalion thermale. Deux sources très voisines, l'une sulfatée magnésique et sodique, tempér., 16°, 5 ; l'autre sulfurée calcique, lempér. , 16°.

La première, désignée sous le nom d'eau verte, en raison de sa teinte légèrement verdàtre, est ainsi composée : Eau : un litre.

Gram.

Sulfate de magnésie 9,31

— de soude 5,06

— de chaux 1,00

Chlorure de magnésium 0,83

— de sodium

Bicarbonate de chaux 0,37

— de magnésie 0,16

Iodure traces sensibles

Sels de potasse et d'ammoniaque < non appréciables

Phosphates terreux \

Silice, alumine \ n va

Sesquioxyde de fer i

Principe arsenical I

Matière organique de l'humus très sensible

17,30 (0. Henry, 1856.)

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