DES BAINS. DE LA BUVETTE
• Gram. Gram.
Acide carbonique libre 0,075 0,045
Carbonate de chaux •. . . 0,260 0,150
Sulfate de soude 0,030 0,020
— de chaux 0,145 0,025
— de magnésie 0, 1 80 0,303
Chlorures traces traces
(Hivot.) Les sources de Ginoles, fréquentées surtout par les habitants du département de l'Aude, passent pour laxatives el diurétiques.
GiSEMEvr 1>E* eaux mixérales. Le mot gisement, que l'on
emploie souvent dans l'exposé des questions d'hydrologie souterraine, ne saurait être exactement et toujours entendu dans le sens de son application aux matières minérales. Ces dernières, en elïet, sont fixes, invariables de position, tandis que les eaux minérales essentiellement mobiles se renouvellent continuellement. Aussi, dans l'hydrologie minérale, le mot gisement exprime moins la chose en elle-même que ses rapports et ses conditions d'existence avec les terrains ambiants desquels émergent les eaux. Ce n'est donc qu'en suite de certains rapprochements, de certaines analogies, que l'on a pu étendre la signification de ce mot et l'appliquer au mode de provenance souterraine des eaux minérales.
C'est qu'en effet certaines eaux gisent, dans le sens propre du mot, par nappes concordant avec la stratification des terrains sous-jacenls, et rappellent, avec assez de vérité, les couches de substances minérales. D'autres fois, et, comme on le verra, le cas est fréquent, des eaux minérales, les unes froides et coulant de haut en bas, les autres thermales et douées d'un mouvement ascensionnel, sortent de véritables filons métalliques ou minéraux.
Cela posé, si l'on considère que le mode de gisement des eaux minérales doit procéder à la fois de la provenance souterraine et de la constitution des terrains, on est conduit à diviser la question entre les eaux dites thermo-minérales, à température propre, avec émission ascensionnelle, et les eaux seulement minérales, sans température propre, provenant de l'action immédiate des infiltrations superficielles sur les terrains traversés.
Les eaux thermo-minérales, qui composent la division de beaucoup la plus importante, ont dû, par suite de leur émission ascensionnelle, tendre à se créer des voies par les points de moindre résistance, tels que les liions, les fentes de retrait des roches éru prives, les failles, les lignes de fractures, les limites séparatives des terrains appartenant à des formations différentes, enfin les thalwegs des vallées.
Sauf des cas, assez rares pour faire exception, les eaux thermo-minérales gisent dans les pays de montagnes. Généralement elles y sont d'autant plus fréquentes que les formations cristallines et érnptives diverses s'y sont fait jour et se montrent à la surface. (Jette fréquence paraît d'ailleurs être en rapport avec l'abondance et la diversité des roches d'origine ignée. Enfin, toutes circonstances égales d'ailleurs, elle y est d'autant plus développée, que les montagnes où ces eaux se rencontrent sont d'origine plus rapprochée, ou bien qu'elles ont été le théâtre de phénomènes platoniques ou volcaniques plus récents.
Si l'on considère dans son ensemble une chaîne de montagnes, riche
en eaux ihermo-minérales, on observe que les points d'émergence de ces eaux tendent à se grouper suivant des droites sensiblement parallèles à
l'axe, ou aux axes de soulèvement. Ce fait est surtout déterminé quand ces axes se rapprochent des lignes d'éruption de roches plutoniques. En outre de celte tendance, les eaux thermo-minérales d'une chaîne gisent fréquemment aux limites des massifs de la roche cristalline à laquelle se rapporte la formation de la chaîne. Elles se rattachent également aux lieux d'apparition des roches éruptives, ainsi qu'aux axes de fractures, aux thalwegs et aux failles. Enfin la composition des sources paraît avoir des rapports et varier avec l'âge relatif et la nature des roches éruptives auxquelles elles se relient de position.
Nous citerons, à l'appui de ce qui précède, les groupes thermaux de la chaîne des Pyrénées, de celles du Canigou, des Cévennes, des Alpes el des montagnes du Centre (Puy-de-Dôme et Mont-Dore). Dans ces dernières, on ne peut nier des rapports d'origine et de position des eaux thermo-minérales avec le granit d'une part, avec les porphyres et les roches volcaniques d'autre part. De Chalelguyon à Chàteauneuf, par Kouzat, Saint-Myon, le voisinage el souvent la juxtaposition du porphyre et des eaux thermales sont manifestes. On peut en dire autant de certaines eaux et des serpentines des Alpes, notamment dans les montagnes du duché de Gènes, des provinces d'Aosteet u'Acqui.
Dans les Cévennes occidentales, les eaux acidulés s'observent le plus souventvers la limite des massifs granitiques (La Malou.Rieumajou, elc.), tandis que les salines mixtes sont liées de voisinage aux porphyres qui s'y sont fait jour dans les formations secondaires (Avesnes, Lacaune, etc. ) .
Dans le Canigou, les sulfurées sodiques, depuis La Preste jusqu'à Lonlpédrouse, forment une ligne non interrompue, courant du sud au nord-ouest, autour du massif granitique, en suivant les limites de ce massif, et se faisant jour aux thalwegs sur des lignes de fractures (La Preste, Vernet, etc.), soil sur des affleurements de roches porphyriques (Amélie-Ies-Bains), soit enfin dans des filons de pétrosilex et de quartz (Olette, Canaveilles, Thuez).
Dans les Pyrénées, les sulfurées sodiques des deux versants suivent les axes et surtout les limites des massifs granitiques, tandis que les salines mixles (le plus souvent chloro-sulfalées) courent selon les lignes et les lieux d'apparition des ophites.
Les sulfureuses de cette chaîne ne sont pas indifféremment réparties sur les limites des massifs granitiques, ou au voisinage de ces limites; on les observe notamment près ou dans les roches éruptives plus récentes, telles que les pegmaliles, les amphibolites, pétrosilex, eurites, etc., qui ont percé près de ces limites.
A Molilg, à Carcanières, à Cauterels (groupe du sud), etc., le gisement des sulfureuses se rattache à des lignes de fractures dans le granit. A Ax, à Mérens, à Ludion, dans les vallées d'Arrau et d'Aran, on constate le voisinage et la juxtaposition de pegmatiles diverses, d'eurites, de granits à mica palmé. Le pétrosilex plus ou moins chlorité, passant à l'eurite, s'observe à Baréges, à Saint-Sauveur et à Cauterels (groupe de l'est). Enfin, quoique liées aux limites de massifs primordiaux, les sulfureuses de Bonnes, celles de Gazost et de Labassère paraissent en rapport de position avec des lignes d'ophites. Il est remarquable que ces dernières eaux se distinguent par une chloruration plus marquée et par une teneur plus sensible en iodure alcalin.
Quant aux salines mixtes des Pyrénées, leurs relations avec les ophites ne laissent pas le plus léger doute. Plusieurs de ces sources, telles que celles de Salies, de Roc-de-Lannes à Bagnères, de Salies (Ariége), de Saint-Christau (Basses-Pyrénées), émergent du sein môme de l'ophile. Partout on observe les rapports de position et de voisinage les plus développés.
Il résulte de ce qui précède que, dans une chaîne de montagnes où les roches cristallines, pluloniques ou volcaniques, ont marqué à la surface, si l'on rencontre des eaux thermo-minérales, ce sera sur les points qui présentent la moindre résistance à l'émission ascensionnelle : ainsi, vers les thalwegs, sur les lignes de fractures, sur les filons, fentes et fissures, enfin vers les limites des massifs primordiaux. Ln outre, le lieu le plus général de gisement de ces eaux sera au voisinage, ou même à l'intérieur des roches éruptives, plutoniques ou volcaniques, qui se sont fait jour au travers des massifs cristallins ou des formations sédimentaires qui les recouvrent. L'agrégat minéral des eaux varie le plus souvent avec l'âge et la nature des roches éruptives auxquelles elles se rapportent de position. Parmi les roches éruptives d'une chaîne, les plus récentes paraissent, toutes circonstances égales d'ailleurs, se présenter le plus souvent en rapport de position ou de gisement avec les eaux thermo-minérales. On conçoit en effet que, pour des eaux de provenance souterraine douées d'un mouvement ascensionnel, il n'existe aucune cause plus favorable à la formation de canaux émissaires, de cheminées ascensionnelles, que les vides provoqués par l'éruption d'une roche, soit que l'on considère les actions diverses exercées par cette éruption sur les terrains encaissant, soit que l'on s'arrête simplement aux effets du retrait dus au refroidissement après l'éruption.
Si maintenant nous admettons une chaîne de montagnes dont les versants soient entièrement formés par les terrains sédimentaires, sans apparition, à la surface, des roches dont le soulèvement a provoqué la formation
de la chaîne, les points de moindre résistance, servant d'émissaires ou de cheminées ascensionnelles aux eaux thermo-minérales, ne peuvent se rencontrer que sur les lignes de fractures, sur celles qui séparent des formations différentes, ainsi que dans les failles, et principalement dans celles parallèles aux axes de soulèvement dont les causes de formation sont généralement plus puissantes et plus profondes que celles des lignes transversales. Aussi dans les chaînes ainsi constituées, les eaux thermominérales sont moins abondantes, moins répandues et moins diverses.
La portion du versant occidental des Alpes formé par les départements des Basses-Alpes, de Vaucluse, des Hautes-Alpes et par la partie sud-est de l'Isère, en offre un exemple remarquable que l'on retrouve d'ailleurs dans les Alpes savoisiennes de Montmélian au lac d'Annecy et au delà. C'est en effet à de grandes lignes de fractures, à des failles courant N.-S. et N.-N.-E., vers les limites séparatives de formations secondaires (crétacées, jurassiques et basiques), que se rapporteraient les thermo-minérales de Gréoulx, d'Allevard, deChalles, de Marlioz et d'Aix-les-Bains.
On pourrait également citer comme exemple partiel du cas qui nous occupe le groupe des eaux de Luxeuil, de Bourbonne et de Bains, qui ont pour émissaires des failles ouvertes dans le trias (muschelkalk et grès bigarré) par l'épanouissement vers l'ouest du massif des roches cristallines de la pointe sud-est des Vosges.
Le groupe des eaux de Rennes, de Campagne et d'Alet (Aude), dans la partie occidentale des Corbières, présente un autre exemple du même cas. Ici les canaux émissaires sont ouverts sur des lignes de fractures et sur des failles du terrain crétacé.
L'émission ascensionnelle des eaux thermo-minérales se fait donc par voie de cheminées plus ou moins régulièrement ouvertes au travers des terrains, soit par des fentes de retrait, par des fractures, des filons et des failles, soit par les limites séparatives de terrains ou de formations de nature ou d'âge différents.
Il arrive quelquefois que la cheminée aquifère se trouve recoupée par une ou plusieurs nappes. Ce cas se présente lorsque la cheminée, pour arriver au jour, doit traverser des terrains stratifiés dont les couches sont ou sensiblement horizontales ou en fond de bateau. On le rencontre fréquemment dans les bassins de l'Allier ou du Sichon, aux environs de Vichy. Les roches éruptives en rapport de position avec les eaux thermominérales y sont recouvertes par une série de couches tertiaires, dont quelques-unes, perméables, donnent naissance à des nappes d'eau minérales. Le cas de nappes sous-jacenles d'eau thermo-minérale est fort rare d'ailleurs. On cite l'existence de nappes partielles, de peu d'étendue, à Bagnères-de-Bigorre et à Dax.
L'émergence par les filons se présente plus fréquemment. Le groupe des sources de La Malou sort en grande partie de filons de quartz faisant gangue à des sulfures métalliques, ouverts dans des micaschistes au pied du massif granitique du mont Carrouche (Cévennes occidentales). On cite également les liions aquifères de Canaveilies et d'Olette (Pyrénées-Orientales), ceux du Mahoura (Caulerets) et du groupe du Pré (Ludion), et enfin ceux de Plombières, récemment mis à nu par les travaux de M. Jutier (galerie des Savonneuses).
Quelques eaux thermo-minérales gisent dans des pays de plaines : ainsi la partie du bassin de Vichy comprise dans la vallée de l'Allier; ainsi quelques sources de la l.imagne d'Auvergne; ainsi les eaux de Pougues, près Nevers, et celles de Préchac, de L)ax (Landes), de Barbotait et du Casléra (Gers). Si l'on rapproche la nature de ces eaux, la constitution des terrains ambiants de celles que présente l'ensemble des groupes thermaux les plus voisins, on ne larde pas à reconnaître qu'elles se rapportent à l'épanouissement, au delà du pied des chaînes, des roches cristallines on éruptives diverses, et que l'on se retrouve, à l'égard de ces eaux, dans le cas signalé ci-dessus des chaînes ou massifs dont les versants sont recouverts par les formations sédinienlaires.
C'est ainsi que pour Dax, pour Préchac et pour r>arbotan, on constate le voisinage des ophites. Dans le bassin de Vichy, la berge droite de l'Allier est formée par le massif de granit et des porphyres rouges quartzifères du Eorez. Eu outre, des affleurements basaltiques viennent s'épanouir jusqu'aux environs de Cusset. Enfin, des sources de Vichy, et notamment la source de Lucas, ont amené spontanément au jour des fragments de basalte et de poudingue du porphyre rouge.
A l'égard du gisement, nous avons admis une division spéciale pour les eaux minérales dites froides, ou sans température propre, autre que celle des terrains traversés, et provenant de l'action immédiate des infiltrations pluviales sur ces terrains.
Par opposition aux eaux thermo-minérales qui gisent généralement en montagnes, on les a appelées eaux minérales de plaines. Cette dénomination n'est pas très exacte , car certaines d'entre elles se rencontrent en pays de montagnes. Elles coulent de haut en bas comme les eaux ordinaires, avec lesquelles elles se confondent pour la provenance-
On sait que les eaux pluviales renferment de l'oxygène, de l'azote et de l'acide carbonique. En pénétrant dans les terrains, elles y exercent une action dissolvante d'autant plus déterminée qu'elle a lieu sous une pression plus grande. Aussi les eaux des sources, celles des puits, sont-elles toujours plus ou moins chargées d'agrégat minéral dans lequel se retrouvent la plupart des parties intégrantes des terrains traversés, quel qu'en
soit le degré de solubilité. De là les eaux calcaires, séléniteuses, suivant que les terrains traversés renferment le carbonate ou le sulfate de chaux.
Les eaux minérales résultant immédiatement de l'action dissolvante de infiltrations sur les terrains sont :
Les carbonatées calcaires (Arcueil,Vernet, etc.), que l'on rencontre surtout dans les formations tertiaires; les sulfatées calcaires (eaux du bassin de Paris), qui proviennent surtout des formations tertiaires et de celles du trias.
Les salées, ou chlorurées sodiques froides avec iodure et bromure, provenant du lessivage, soit des terrains du trias, notamment des marnes irisées (salines de l'Est) , soit aussi de terrains métamorphiques des ophites [Salies en Béarn, Salies et Camarade (Ariége)]. Les magnésiennes froides, provenant du lessivage de certaines couches du trias, et notamment du muschelkalk [Contrexéville, Vittel, iMartigny (Vosges), Alontmirail-Vacqueyras (Vaucluse)l. Des ferrugineuses et manganésiennes venant de l'action directe sur certains calcaires ou grès ferrugineux et sur des minerais (Sermaise, Luxeuil, Forges, etc., etc.)
Il est d'autres variétés d'eaux minérales froides dans la formation desquelles interviennent, en dehors de l'action dissolvante, les réactions réciproques des terrains et des eaux. Ainsi sont :
1" Les sulfureuses froides, telles que celles d'Enghien, de Pierrefonds, deBelleville (bassin de Paris), celles de Montmirail-Vacqueyras et de Ca« moins, que l'on rencontre à l'aval de terrains gypsifères, et qui résultent de l'action réductive des matières organiques sur les sulfatées calcaires.
2" Les ferrugineuses sulfatées résultant du lessivage, soit des terrains ou roches chargés de pyrites, soit des dépôts et des anciens travaux de mine. On cite les eaux de mine de Cransac (Aveyron) et de Cauvalat (Gard) ; on cite aussi les ferrugineuses de Yailchis (Ariége), de Gouaux-de-Luchon (Haute-Garonne), etc., qui proviennent de la lixiviation, la première de débris du terrain houiller d'Aubin, les autres de schistes pyrifères de transition.
3° Les ferrugineuses, dites de prairies, dans lesquelles l'oxyde de fer est combiné avec un acide organique, et dont les éléments proviennent de la décomposition des racines de certaines plantes, telles que les prêles, les joncs, etc. Telles sont les ferrugineuses de Pierrefonds, de Cambo, etc.
Entre les deux grandes divisions des eaux thermo-minérales à émission ascensionnelle, liées de position et, on peut le dire, d'origine aux roches cristallines et érnptives diverses, d'une part, et d'autre paît des eaux minérales froides, sans thermalité propre, provenant de l'action directe des infiltrations superficielles, il y a, quant au gisement, une troisième division, ou mieux une classe intermédiaire, tenant à la fois des deux autres et
28 GLAINE-MONTAIGUT.
comprenant les eaux obtenues par voie de sondage sur clos nappes artésiennes.
On sait que ces nappes, alimentées par des eaux supérieures, gisent par agglomération dans les couches perméables de terrains stratifiés. Elles doivent leur émission ascensionnelle à un retour de niveau, mais non point, comme pour les nappes sous-jacentes, formées par expansion des cheminées d'eaux thermo-minérales, dans des couches perméables (bassins de Vichy, Cusset, Hauterive, Saint- Yorrc, etc.), à une force d'expansion souterraine. Ces eaux empruntent leur température et leur agrégat minéral aux terrains qu'elles traversent et imbibent.
Les eaux minérales artésiennes ne se rencontrent guère que sur la ligne des terrains salifères du trias de l'est, à Rosières (Meurthe) à Dieuze, à Vie, à Gounans, à Salins et à Lons-Ie-Saulnier. On en rencontre également sur quelques points du bassin sous-pyrénéen, comme à Camarade (Ariége), à Salies et à Ozaas (Basses-Pyrénées), dans les terrains métamorphiques des ophites.
L'ancienne source de Salins est la seule qui, depuis peu de temps, soit employée comme agent thérapeutique, avec ou sans addition d'eaux mères des salines.
On cite comme eaux minérales artésiennes, celles de Mondorff, provenant du grès bigarré du duché de Luxembourg, et celles des duchés de Bade et de Nassau, du Wurtemberg, etc., émergeant des formations triasiques de la zone des contrées d'outre-Rhin. Plusieurs de ces dernières ne sont pas purement artésiennes; elles empruntent au moins une partie de leur température et de leurs principes minéralisaleurs (fixes ou gazeux) à la rencontre, soit d'eaux thermo-minérales, soit de dégagements de gaz, notamment d'acide carbonique. Ce fait s'est produit surtout sur le groupe du Taunus, notamment à Nauheim, où les roches volcaniques ont soulevé et fixé les formations du trias.
Cet article sur le mot Gisement, que nous devons à notre collaborateur, M. Jules François, sera complété par cet ingénieur dans les mots : Origine des eaux minérales, Roches congénères.
«.i.%i\i >tiom %n.i s (France, Puy-de-Dôme, arrond. de Clermont-Ferrand).
Ferrugineuse bicarbonatée. Froide.
Deux sources, dites l'une de Font-Salade, l'autre du Cornet. La première est peu connue et peu fréquentée. La seconde, située dans une petite vallée, entre le château du Cornet et celui de la Molière, est très en vogue parmi les habitants des communes voisines. Elle convient aux personnes dont les digestions sont pénibles et laborieuses (Nivet). Pas d'analyse complète. M. Nivet a vu qu'un litre d'eau de cette source cou-
GLANDULEUSE (ANGINE). 29
tient 46 centigrammes seulement de sels solubles composés de carbonate et de sulfate de soude, de chlorure de sodium (20 cenligr. ), de carbonate de chaux mêlé d'un peu de silice, et de carbonates de magnésie et de fer (26 centigr. ).
GLAIRES et GLAIR1NE. Voy. ORGANIQUES (MATIÈRES).
GLANDULEUSE (Angine). Cette affection, très commune, est encore connue sous divers noms, entre autres sous ceux d'angine ou de pharyngite granuleuse, d' 'angine papillaire, de laryngite chronique, etc. Elle a été l'objet d'une savante étude de la part de M. le docteur Noël Gueneau de Mussy. Nous reproduisons ses caractères, d'après la monographie importante publiée par ce [médecin en 1857, à savoir : « une » altération de la voix continue ou intermittente ; un besoin fréquent de » faire une expiration brusque et bruyante pour débarrasser le larynx » d'un obstacle qui s'oppose au libre exercice de ses fonctions; et enfin » le développement morbide des glandules du pharynx, du larynx et du » voile du palais, faisant saillie à la surface de la membrane muqueuse et » formant des granulations de volume et de configuration divers. » M. de Mussy insiste, en traçant ce tableau, sur la relation très fréquente de l'angine glanduleuse avec la diathèse herpétique. La coïncidence ne s'arrête même pas là. Non-seulement il a vu chez beaucoup de sujets des manifestations darlreuses s'allier au développement de l'angine ; mais, d'un autre côté, quelques autres phlegmasies concomitantes des muqueuses, et surtout la présence de douleurs rhumatoïdes chez le plus grand nombre de malades, le portent à considérer l'angine glanduleuse comme « une » angine à part, dont la lésion pathologique n'est que l'expression secon- » daire. » En dernière analyse, quoique la connexion pathologique soit difficile à établir ici, dans l'état actuel de la science, pour M. G. de Mussy l'herpétisme constitue le plus ordinairement la cause directe de cette forme d'angine, et, comme conséquence des mêmes principes, c'est la médication sulfureuse, c'est l'emploi des eaux sulfurées, qui lui semblent le mieux indiqués en pareille circonstance. Plusieurs observations recueillies aux Eaux-Bonnes, et très dignes d'intérêt, viennent confirmer les idées énoncées dans cet ouvrage.
La médication interne occupe le premier rang dans les préceptes donnés par M. de Mussy. L'expérience lui a appris à se tenir en garde contre l'énergie d'action des Eaux-Bonnes en particulier ; il conseille de n'en élever que progressivement la dose: quatre verres, en général, et pris graduellement, représentent pour lui, et dans la grande majorité des cas, le maximum de la médication. Concurremment avec ce moyen, l'usage des gargarismes, des injections dans les fosses nasales, des bains généraux, des douches générales, constituent des auxiliaires indispen-
30 (.LEICHENBERG.
sables au traitement. L'auteur voit dans l'emploi des bains et des douclies Un double effet, celui de modifier, en les stimulant, les fonctions de la peau, et, en même temps, un mode d'inhalation naturelle, capable d'agir efficacement sur la muqueuse des voies aériennes.
Ailleurs, comme à Engkien, on fait usage de douches directes sur la surface pharyngienne à l'aide d'un appareil qui permet de graduer la force et la durée de la douche locale. M. de Puisaye assure en avoir obtenu de bons résultats dans le traitement de l'angine glanduleuse, indépendamment de la thérapeutique applicable aux symptômes généraux. Du reste, comme M. de Mussy, il recommande d'unir à la médication thermale les cautérisations, plus ou moins fréquentes, des glandules du pharynx.
Nous pensons que dans des stations analogues à celles que nous venons de citer, le même traitemeut pourrait être institué. Étant donnée une caractéristique aussi précise que celle établie dans le traité de M. Noël de Mussy, nul doute que des faits ne viendront se grouper auprès de ce modèle. Reste encore à apprendre par quelle valeur réelle l'inhalation, soit pratiquée, comme elle est à Allevard et à S oint- Honoré, par simple aspiration gazeuse, soit d'après le système de pulvérisation de Pierrefonds, l'emporterait sur les autres agents modificateurs dans la maladie qui nous occupe.
En Allemagne, où l'angine glanduleuse est plus volontiers rattachée par les médecins à la diathèse scrofuleuse qu'à toute autre, on conseille les inhalations d'eaux salines, soit froides, dans les bâtiments de graduation, comme à Nctukeim, Kreuznach, Œynho.usen ; soit au-dessus des chaudières d'évaporation, à Munster, à Kissingen, à Ischl, etc. Enfin, l'application locale du gaz carbonique a été préconisée dans les mêmes cas. Ce mode d'inhalation se pratique particulièrement à l'établissement de Meinberçj et à Kronthal. Mais, depuis quelques années, on l'a employé à Ems sur !a source dite Augenquelle, dont le développement de gaz est encore accru artificiellement à l'aide d'un courant d'eau thermale qui arrive sous une forte pression et produit dans cette source une vive agitation. Les malades s'habituent très vite à humer le gaz ainsi dégagé. Ils y trouvent même un certain plaisir, et M. Spengler, auquel on doit des renseignements sur cette thérapeutique > en rapporte des résultats fort satisfaisants. Somme toute, ces divers procédés d'aspiration ne sauraient être qu'associés au traitement général, tel que nous l'avons envisagé, et pour lequel il faut distinguer à quelle diathèse ou à quelles causes différentes l'angine doit être rapportée [voy. Angine].
GLASZ-HITTEX. Voy. SZKLENO.
GLEICHEXBERG (États autrichiens. Styrie). Village du cercle de Gratz, dans une agréable vallée et avec des conditions très salubres.
GLEISSEN. 31
Bicarbonatée sadique. Tempér. , de 12 à 17° centigr.
Eau : un litre.
GONSIAHTlNSfi. JOHANNISBK. ROMKRBHUNNE.V Gram. Grain. Gram.
— de magnésie. 0,467 0,562 0,371
— de fer » 0,026 0,020
Sulfate de soude 0,095 » 0,067
Chlorure de sodium .. . 2,076 0,652 1,553
Silice 0,059 0,053 0,049
Lit. Lit.
Acide carbonique 1,917 1,220 »
(SCHROTTER Ct HrUSCHAUER. )
On compte six sources dans cctleïocalilé, sortant du trachyte. La source de Constantin, très chargée en chlorure de sodium, est la plus employée, particulièrement pour l'usage interne. Les autres sont plutôt réservées pour les bains; mais il en est une, le hlausnersquelle, à la température de 12° centigr., remarquable comme eau ferrugineuse. Nous en donnons
l'analyse d'après Holger.
Eau : un litre.
Gram.
Carbonate de chaux 0,070
— de lithine 0,040
— de fer 0,099
Sulfate de chaux 0.022
Chlorure de magnésium 0,013
Silice et alumine 0,013
Sous le rapport de l'installation, comme sous ceux des agréments du site, cette station ne laisse rien à désirer. On y joint habituellement l'usage du lait à celui de l'eau minérale.
Il est fait en Allemagne une grande expédition de la source Constantin. .Mais, quoiqu'on l'assimile souvent à celle de Selters (voy. ce mot), nous pensons qu'elle occupe un rang plus élevé parmi les eaux bicarbonatées. Elle manque d'ailleurs d'oxyde de fer.
C'est surtout dans le traitement des affections catari haies que ces eaux sont préconisées; elles ont même été indiquées comme succédanées des eaux d'Ems.
«.i.i',issi-:\ (Prusse, prov. de Brandebourg). Village et établissement à peu de distance de Laudeberg.
Ferrugineuse bicarbonatée froide.
Cette source passe pour très minéralisée. A son emploi sont annexés des bains de scories de charbon.
32 GODELHEIM.
GEEVN-SER-SPRINGS (Etats-Unis, État de la Caroline). Village à 86 milles de Columbia.
Sources sulfureuses chargées de magnésie. ïempér. ?
Localité pittoresque, très fréquentée.
GLORIAVES (France, Pyrénées-Orientales, arr. de Prades. ) A 8 kilomètres sud de Vinça.
Ferrugineuse bicarbonatée. Tempér., 12°, 5 centigr.
D'après un examen qualitatif fait par Anglada, cette eau minérale ne s'éloigne pas beaucoup de ses analogues existants dans le département des Pyrénées-Orientales; et, déplus, elle n'est pas chargée d'un grand excès de gaz carbonique. On l'utilise dans le pays sous le nom de Fon roubillouse, comme boisson habituelle et pour tous les usages économiques.
<:ms va» (États autrichiens, Carinlhie). Village au-dessous de l'Eus. On y signale deux sources sulfureuses froides.
GODELHEIM (Prusse, Westphalie, rég. de Minden). Village du cercle de Hoxter.
Ferrugineuse bicarbonatée, Tempér. ?
Ces sources, dont la première est réservée pour l'usage interne et la seconde pour les bains, jaillissent non loin du Wescr, dans un endroit fort agréable. Elles passent pour fréquentées depuis une restauration récente. C'est surtout dans les dyspepsies et à titre de médication tonique qu'on les emploie.
Deux sources.
Eau : un litre.
Source Source