PAYS CHAUDS (MALADIES DES
boisson. I! y a un établissement. Si l'analyse qui précède est exacte, cette
eau minérale offre une constitution qu'on rencontre rarement.
pauileac (Fiance, Gironde). A 86 kilomètres de Bordeaux, sur la rive gauche de l'embouchure de la Gironde. Chemin de fer du Médoc, de Bordeaux au Verdon.
/Juins de mer.
paute (la) (France, Isère, arrond. de Grenoble). Dans la plaine des Sables, vallée de la Romanche.
Sulfurée calcique. Froide.
Eau : un litre.
Mire.
Azote traces
Acide carbonique 0,02928
Acide sulfhydrique libre ou combiné 0,007 25
Carbonate de chaux 0,028
— de magnésie 0,010
— de fer traces
Sulfate de soude 0,138
— de chaux 0,029
— de magnésie 0,097
— d'alumine traces
Chlorure de sodium 0,237
— de calcium 0,007
— de magnésium 0,012
Iode et glairine traces
(NlEPCE.
La source de la Paute est peu abondante et se forme probablement, comme les eaux sulfurées calciques, par la réduction du sulfate de chaux sous l'influence des matières organiques. Elle n'a pas, que nous sachions, d'emploi et de valeur thérapeutique quelconques:
pays cilAt'DS (Maladies des). On rassemble généralement sous celte désignation un groupe de phénomènes pathologiques paraissant dériver des lièvres intermittentes, des fièvres gastriques bilieuses, etc., de la dysenterie ou de l'hépatite, et aboutissant à un état véritablement cachectique, que l'on peut appeler cachexie des pays chauds, et dont le type le plus rapproché de nous a encore été dénommé cachexie africaine (possessions françaises du nord et de l'est de l'Afrique).
Quel que soit le rôle que l'on fasse jouer à l'élément paludéen (voy. Jacquot, Haspel, Armand, Dulroulau, etc.) dans la paihogénie de ces divers états morbides, des indications a peu près identiques se rapportent à chacun d'eux. Quand les malades sont parvenus à cette période commune qui constitue l'état cachectique, si la nécessité d'une médication résolutive se fait sentir (engorgements hépatiques, spléniques, abdo-
minnnx), on d'une médication substitutive (diarrhée, dysenterie), ce qui domine, c'est l'indication d'une médication reconstituante.
Un grand nombre d'eaux minérales peuvent être utilement appropriées à cette dernière indication, surtout si l'on a plutôt affaire à une constitution altérée qu'à une affection locale persistante. Cependant nous devons reconnaître que, jusqu'ici, les eaux de Vichy sont celles qui ont acquis la notoriété la plus formelle au sujet de cet ordre de faits ; elles possèdent en effet des propriétés multiples et une constitution complexe qui leur permettent de remplir à la fois les diverses indications que nous avons signalées plus haut. On a beaucoup vanté, et avec exagération, les applications des eaux de Carlsbad aux engorgements hépatiques rapportés des Indes. Nous pensons que ces eaux devront être écartées alors qu'il existe un véritable état cachectique.
PEU (maladies de la). Sans entrer dans les questions de doctrine qui se sont renouvelées récemment à propos des maladies de la peau et qui, nous le croyons, aboutiront à fixer une élude du plus haut intérêt en médecine, il est possible de tirer de la pratique hydrominérale des indications précises et essentielles.
Nous rappellerons seulement qu'en présence d'un malade atteint d'une affection cutanée à l'état chronique, on doit rechercher s'il s'agit ou non d'une diathèse présidant à la production et à la marche de la dermatose, quelle forme particulière caractérise la lésion organique, et quels éléments ressortent de la constitution, des antécédents et des habitudes du sujet. Il s'y joint l'appréciation des circonstances accidentelles et celle des complications si fréquentes dans la pathogénie du tégument externe. Quelques-uns de ces points de vue demandent à être envisagés ici.
La disposition générale aux maladies cutanées existe d'une manière incontestable chez un certain nombre d'individus, sans qu'on découvre chez eux aucune autre influence diathésique. Des phénomènes morbides tlenaiure variée se rattachent aux manifestations dont la peau est le siège ordinaire, et il ne reste point de doute sur la corrélation de ces expressions différentes d'une même cause, dénommée par les uns vice dartrewe, par d'autres diathèse herpétique ou herpétisme. Nous avons exposé ailleurs comment la notion de l'herpélisme avait en quelque sorte ses répondants parmi les observations de la thérapeutique thermale ellemême [voy. Herpétisme]. Avec Alibert et M.M. Hardy et Bazin, nous voyons dans les dartres, non pas seulement les produits d'une altération locale, mais un ensemble de caractères qui en font une famille très naturelle à inscrire au cadre nosologique. l'eu importe, du reste, quelle signification théorique on attache à cetle expression, réhabilitée aujourd'hui en
vertu d'une judicieuse synthèse. Les traits des affections idiopathiquemenl dartreuses sont suffisamment connus. L'hérédité, la récidive, la tendance à s'étendre à la surface du corps, l'existence de démangeaisons, etc., les déterminent, concurremment avec le défaut de tout autre état diathésique ou constitutionnel qui puisse rendre compte de ces manifestations. On ne saurait oublier toutefois que, dans un grand nombre de cas, ainsi que le fait remarquer M. Hardy [Leçons sur les maladies de la peau, 1858), la diathèse dartreuse est complètement latente et se produit, même en dehors des moments d'éruption, par des caractères particuliers, ou par des accidents ptoléiformes, occupant alternativement ou simultanément les membranes muqueuses, la peau, le système nerveux, et même les organes viscéraux.
« Les mots dartre et soufre, dit M. Pâtissier {Rapport académique, 185/4), se rencontrent presque toujours ensemble. »
C'est là l'opinion générale, celle que confirme la tradition appuyée suides faits recueillis avec le plus grand soin. Elle a soulevé cependant des contradictions, soit dans le camp de ceux qui s'efforcent de caractériser les conditions du vice dartreux, soit de la part de l'école anatomique de Willan. Jusqu'à ce queces dissidences soient mieux légitimées, on doit regarder les eaux minérales sulfureuses comme la médication spéciale de la diathèse herpétique et des maladies de la peau considérées en ellesmêmes.
L'action des eaux sulfureuses s'exerce à un double titre dans le traitement des dermatoses. Leur usage interne, et c'est celui dont la valeur est le plus discutée aujourd'hui, s'adresse à la disposition morbide. On ne peut pas plus analyser les propriétés formelles de ce médicament, en tant qu'altérant, que s'il était question d'un antre agent spécifique de la matière médicale. Tout jugement exclusif ou précipité à cet égard manque de bases certaines. Il est d'ailleurs assez remarquable que les praticiens les mieux autorisés assignent une portée secondaire à l'emploi des eaux sulfureuses en boisson, et les prescrivent surtout sous forme externe, en bains et en douches. Ces eaux se recommandent donc principalement par leur action topique sur l'enveloppe cutanée.
Est-ce à dire que la cure des affections dartreuses repose uniquement sur un appel d'irritation substitutive, provoqué par la sulfuration et la thermalité des bains minéraux? iNous ne le pensons pas; le sujet est plus complexe qu'on ne semble vouloir le considérer en général. Il y a certainement dans les modifications produites à la surface de la peau par l'emploi des eaux sulfurées autre chose que des phénomènes de contact. Sans invoquer des preuves imparfaites d'une absorption néanmoins admissible, on ne saurait contester que l'atmosphère d'hydrogène sulfuré dans
laquelle le malade est plongé journellement, que les changements opérés avec plus ou moins de rapidité sur l'étendue d'un appareil de sécrétion et d'émonction complété par un réseau de capillaires et de fdeis nerveux, que cet ensemble de traitement intus et extra ne constitue une thérapeutique antidiathésique, ou générale, comme on l'a appelée.
L'excitation joue un rôle important dans l'application des eaux sulfurées à la cure des maladies herpétiques. Cela ne fait aucun doute ; mais, comme toutes les médications, celle-là non-seulement a ses convenances et ses contre-indications, mais encore elle doit se plier aux circonstances d'idiosyncrasie, de période ou de susceptibilité morbide dont aucune thérapeutique ne fait abstraction, la médecine thermale moins encore que d'autres. Cette exacerbation de l'affection cutanée par les eaux ne s'observe même pas constamment, et dans beaucoup de cas n'est pas nécessaire à la guérison. Il est donc un milieu à garder entre les opinions qui attribuent à ce mode de stimulation un caractère critique, indispensable au succès du traitement, et celles qui regardent le mouvement fluxionnaire imprimé à certaines dermatoses comme dangereux, quand il n:est pas éphémère et illusoire. La vérité consiste à ne point trop généraliser les particularités dans un sujet qui n'a été que trop souvent embarrassé et obscurci à force d'analyse.
Les affections tégumentaires dépendant franchement de l'herpétisme se distinguent suivant qu'elles sont humides, c'est-à-dire accompagnées d'une sécrétion séreuse, ou séro-purulente: eczéma, impétigo dartreux, etc. ; soit que la présence de squames ou de papules et l'absence de sécrétion humide les rangent parmi les dartres sèches : psoriasis, lichen, pityriasis, etc. Cette division, très ancienne, à coup sûr la plus rationnelle de toutes, sert à la fois à déterminer le choix des eaux minérales, l'administration du traitement, et à faire juger par avance des résultats qu'on peut en attendre. On sait, d'une manière générale, combien les maladies sécrétantes de la peau sont sujettes aux récidives, aux transformations et aux métastases, combien aussi elles développent plus facilement l'état cachectique de l'économie, que ne le font les dartres de production solide, plus tenaces à leur tour, prenant un caractère de chronicité très spécial, et réclamant par cela même des moyens énergiques et prolongés.
Les eaux sulfureuses, appropriées à la thérapeutique des manifestations de l'herpétisme, se rapportent aux trois catégories suivantes: lu eaux sulfurées sodiques ; 2° eaux sulfurées calciques ; 3° eaux chlorurées
sadiques sulfureuses.
M. Astrié [Thèse, Paris, 1852) fait observer que le plus souvent la
tolérance des eaux sulfurées sodiques s'établit facilement. « Les dar-
SOS l'EAU (MALADIES DE LA).
» Ireov, dit-il (loc. cit., p. 128), paraissent avoir pour ces eaux une » tolérance particulière. Puis au vingtième ou quarantième bain, une » exacerbation des accidents locaux se montre, la lésion herpétique <> s'étend, jette une quantité considérable de liquide séro-purulent ; la » fluxion est douloureuse; toute la poussée consécutive, critique, semble » se porter sur elle. On modère ou l'on suspend le traitement, et les choses » reviennent à l'état premier; les bains sont repris, provoquent une » nouvelle exaspération du mal. Le malade part mécontent et désespéré; » le calme revient, la dartre s'anime une ou deux fois, puis guérit. Dans » d'autres cas, l'amélioration et la disparition de la dartre coïncident, » vers la même époque, avec l'apparition de sueurs abondantes vis- » queuses, de flux diarrhéique, d'un retour d'hémorrhoïdes ou d'un écou- » lement menstruel plus abondant. » Ce tableau, que nous reproduisons textuellement, résume la marche ordinaire du traitement des dermatoses humides par les eaux de cette classe.
Les médecins observant près des sources ayant cette même composition chimique la décrivent ainsi d'un commun accord. Tolérance d'une part, et de l'autre nécessité de recrudescences dont on doit graduer et surveiller la succession : telle est la caractéristique qu'il importe de signaler dans l'action effective des eaux minéralisées par le sulfure de sodium.
Les affections squameuses, qui présentent en général des conditions analogues aux précédentes, mais avec des phénomènes moins actifs, peuvent être adressées impunément à des eaux puissantes. M. Astrié (loc. cit.) insiste avec raison sur la considération de la surface sur laquelle on agit, et dont l'étendue et l'état de dénudation ou de siccité détermineront le mode de traitement. C'est à l'altération profonde du tissu cutané que le bain thermal et fortement sulfuré s'attaquera avec avantage, pourvu qu'il n'y ait aucune imminence de phlegmasie dartreuse. En pareil cas même, cela se voit surtout dans la cure du psoriasis, on obtient un changement assez notable pour faire croire à des succès que les effets consécutifs sont loin de confirmer. A ces considérations près, les dartres sèches se comportent comme les formes humides.
Au premier rang des stations thermales sulfurées qui se proposent pour le traitement de l'herpétisme, on trouve Luc/ton et Ax, cette dernière station inférieure à la première pour l'installation et l'aménagement. Ce qui vaut à ces eaux une mention exceptionnelle parmi les thermes analogues, c'est non pas l'efficacité de principes qu'on ne rencontrerait pas ailleurs, mais bien le privilège de sources nombreuses et variées, donnant la latitude d'accommoder le traitement aux exigences de la maladie et de l'impression nabilité individuelle. A côté de sources notoirement excitantes, il en est dans ces localités qui empruntent une action relati-
PËAl [MALADIES Dt; LA). 509
veinent sédative au fait de décomposition temporaire étudié t>ous le nom de dégénérescence (voy. ce mot). M. A liber t (Traité des eaux d' Ax) a revendiqué avec raison l'intérêt de cette sorte de gamme sulfureuse apte à remplir de nombreuses indications. Elle se retrouve d'ailleurs dans une autre station importante des Pyrénées, à Cauterets, où un groupe d'eaux, susceptibles d'altération et riches en matière organique, permet aussi de graduer l'activité des bains selon les besoins de la pratique.
Les Pyrénées offrent encore des ressources multiples pour le traitement qui nous occupe. CestBaréges, d'un côté, où l'on ne doit adresser que les maladies de la peau à forme éminemment torpide, pour lesquelles les effets énergiques d'un modificateur sulfureux, remarquable par sa fixité même, ne sont pas à redouter. Dans un rayon plus ou moins éloigné, ce sont Saint-Sauveur, Laux-Chaudes, Molitg. La Preste, sources faibles, relativement aux précédentes, ou dégénérées, et pour ce motif douées d'une action tempérante qu'elles partagent avec des eaux d'autres classes.
Quant aux sources d'Amélie, du Vernet, d'Olelte, de Bagnols (Lozère), d'Aix (Savoie), toutes fort thermales, elles ont certainement des affinités marquées avec celles que nous venons de citer, niais leur application n'a pas été assez précisée jusqu'ici pour en tirer des indications positives.
Comme l'un de nous l'a énoncé (Durand-Fardel, Traité thérapeutique des eaux minérales, 1857), il serait difficile d'établir un parallèle exact entre le degré d'efficacité particulière aux deux divisions capitales des eaux sulfurées. On a bien attribué aux eaux sulfurées calciques un pouvoir de stimulation plus rapide sur les lésions de l'appareil dermique, comparé à l'action des eaux sodiques. Mais ces observations recueillies dans des conditions le plus souvent contradictoires n'ont rien que de spécieux, ou du moins la solution de cette question intéressante de médecine hydrologique reste encore pendante. Toujours est-il que dans celte autre série, les sources s'échelonnent encore d'après des degrés divers d'activité.
Celle de Schinznach, en Suisse, représente la plus excitante de toutes, peut-être plus encore par le mode de traitement usité dans celte station, où l'on attache une grande valeur à la production de la Poussée (voy. ce mot), que par la composition des eaux. Dans l'acception des eaux d'énergie moyenne, et sans qu'il soit possible de subordonner entre elles des stations également bien pourvues et bien installées, nous avons à mentionner les eaux à'Enghien, de Suint-Honoré, d'Allevard et d'Acqui. On les distinguerait, néanmoins au besoin, d'après les qualités du climat ailerentes à chacune d'elles en particulier.
Enfin, à la condition expresse de rapprocher des eaux sulfureuses celles qui, beaucoup plutôt sulfatées, ne présentent qu'une médiocre sulfuralion, il faut nommer Baden (en Suisse) et Saint-Gervais dans la Savoie. Ces eaux se recommandent par l'absence de propriétés stimulantes, et leur indication dans les états névropathiques ou éréihiques se formule au même titre que celles de Molity et de Saint-Sauveur dans les Pyrénées. Si elles interviennent dans la modification de la diathèse herpétique, ce n'est que d'une manière éloignée et sans jamais atteindre le fond de l'affection constitutionnelle.
Nous n'en dirons pas autant de la division des eaux chlorurées sodiques sulfureuses. Celles-là ont un caractère mixte qui rehausse leur importance. Ce n'est plus le vice herpétique seul qu'on a en vue en soumettant les affections cutanées aux eaux d' Aix-la-Chapelle ou à celles plus minéralisées d'Uriage. Il s'agit d'éléments nouveaux à combattre, et dont l'immixtion à l'évolution des dermatoses n'est que trop commune. Du lymphatisme, en effet, soit originel, soit acquis, et dont la physionomie des premiers âges de la vie garde souvent l'impression, ressortent des caractères de résistance et de propagation qui créent aux maladies de la peau de celte catégorie une palhogénie et une thérapeutique à part. Tout ce que nous avons émis de propositions sur l'utilité des eaux sulfureuses comme agent topique se renforce ici de la participation d'une minéralisation franchement et efficacement altérante. Aussi la combinaison des deux médications spéciales , chlorurée sodique et sulfureuse, réaliset-elle, tantôt comme auxiliaire des moyens locaux dans ces sortes d'affections, tantôt comme modificateur général, le traitement le plus sûr nonseulement des dartres à racine lymphatique, mais encore de la scrofule cutanée dans toutes ses variétés.
Subsidiairement, si les eaux chlorurées sodiques proprement dites doivent figurer dans le traitement des dermatoses, c'est lorsque ces manifestations sont bien de nature scrofuleuse. Dans le choix à décider entre elles, comme pour les eaux sulfureuses par rapport à l'herpétisme, on se conformera à l'intensité des accidents et aux données individuelles du sujet. Bourbonne, Bourbon- i' ' Archamhault , la Bourboule, Lamotte peuvent servir d'exemples sur ce point. A Salins en France, à Kreuznach et Nauheim en Allemagne, à Lavey en Suisse, l'association des eaux mères aux eaux salines a fourni les plus heureux résultats pour la guérison des dermatoses scrofuleuses. JNous mentionnerons que l'usage interne des eaux de Niederbronn, prescrites à dose laxative, paraît influencer très favorablement les sujets atteints de scrofulides.
Les bains de mer ne sauraient être considérés au point de vue d'une spécialité élective que personne n'a songé à leur attribuer. Leur minera-
lisation peut avoir prise sur l'ensemble de l'organisme, et pour peu que ses effets soient supportés, de la part de sujets peu irritables par exemple, elle agira dans un sens très général. En sera-t-il de même de l'influence du froid, partie intégrante du traitement marin? On doit craindre les conséquences d'une résolution trop promplement obtenue, comme l'immersion courte et répétée dans la mer peut la provoquer : ce seul inconvénient imposerait la plus grande réserve dans la prescription de ce moyen.
Des eaux d'une minéralisation faible [voy. Faibles (Eaux)], ou du moins assez peu significative, sont réputées comme propres à guérir les maladies de la peau. Dans un certain nombre de cas, où l'on a affaire à des troubles nerveux sympathiques de ces affections, l'indication de ces eaux est très justifiable. On connaît la solidarité qui unit les fonctions du tégument externe à celles de l'appareil digestif, et la médication sédative suivie à Nêris, Plombières, Bains, Bourbon- Lancy, Gastein, Wildbad, peut rétablir un équilibre salutaire dans l'économie. Il en serait de même si des complications survenaient à travers le cours d'une affection cutanée et revêtaient un caractère éréthique, par localisation sur un organe donné, ou par généralisation à tout un système. C'est ainsi que les eaux bicarbonatées sodiques conviennent dans les exanthèmes avec dyscrasie spécifique; celles cVEms et de Schlangenbad, comme étant moins fortes que Vichy, ont pu être conseillées utilement, alors que la diathèse graveleuse ougouUeuse se confondait avec le vice herpétique. Vichy même servira à remédier à un état dyspeptique ou à quelque complication abdominale, comme traitement préparatoire à la médication véritablement spéciale.
Des stations où la méthode du bain prolongé est demeurée en grande faveur, Pfe/fers et surtout Loèche, reçoivent un certain nombre de cas de maladies de peau et enregistrent des succès multipliés. On trouvera, à l'article Poussée, l'explication d'une action très remarquable d'ailleurs, et qu'on peut certainement rapprocher des effets substitutifs rapportés aux eaux sulfureuses. Nous ne croyons pas qu'il soit nécessaire de recourir à diverses hypothèses pour se rendre compte de ces résultats. L'imbibition due à l'immersion prolongée du corps dans les piscines de Loèche doit sans aucun doute modifier les conditions de vitalité de la peau, et amener une heureuse issue, s'il ne s'agit que d'une exagération des fonctionsderappareildermique. Ce procédé d'ailleurs a été misa l'épreuve ailleurs qu'aux eaux minérales. Nous en trouvons le témoignage dans la clinique d'Hébra de 1852 ( Wiener Zeitschr., t. IX, 8 et 9), où, entre autres observations, on en trouve deux d'eczéma chronique durant depuis plusieurs années, et que le savant professeur a guéris en soumettant
pendant quinze semaines les malades à un bain simple de huit heures consécutives par jour.
Ces faits, garantis par une sérieuse autorité scientifique, éclaireraient au besoin ceux très comparables qu'on recueille dans beaucoup de stations thermales. Parmi les eaux, en effet, désignées par les Allemands sous le nom tf indifférentes, et que nous nommons faibles parce que leur activité n'est pas toujours en rapport exact avec leur constitution apparente, il n'en est presque pas où l'on ne traite les affections cutanées et où l'on'n'en obtienne les effets les plus satisfaisants. Néris, Bains, Bourbon- Lancy, Foucaude, Ussat, pour ne parler que de ce qui se passe en France, ont la prétention de s'approprier souvent à celte cure. Il doit en être ainsi. Si l'influence diathésique prédomine dans la majorité des dermatoses, on conviendra que, pour un certain nombre de cas, il est beaucoup plutôt question de modifier le tégument externe dans sa constitution et, qu'on nous passe l'expression, dans ses habitudes, que de combattre une diathèse particulière, ou peu efficiente, ou réellement absente. Cela se voit principalement en présence des formes érythémateuses ou purement inflammatoires de la peau. Cette circonstance morbide peut se rencontrer aussi dans les dartres elles-mêmes, quoique avec moins de fréquence. Alors, bien entendu, une médication douce, graduelle, fondée sur l'alternance d'un double effet de sédation et de réaction modérée, a qualité pour ramener le fonctionnement régulier de l'enveloppe dermique, en même temps que celui-ci subit une action tonique évidente. A plus forte raison, en arrivera-t-il de la sorte, si à l'exanthème s'associe un état nerveux ou éréthique, que nous avons déjà dit céder aisément par l'emploi de ces mêmes eaux. Ainsi s'explique pour nous l'intervention, dans le traitement des maladies de la peau, de beaucoup d'eaux minérales qu'on n'eût pas cru devoir être indiquées de prime abord. Il est vrai encore que les moyens balnéo thérapiques, à défaut d'une minéralisation caractéristique, prennent d'autant plus d'importance que celle-ci est moins développée. Objectera-t-on que la chimie n'a pas donné le dernier mot des analyses, et que les principes puissants, comme l'arsenic par exemple, découverts récemment dans une série de sources réputées peu minéralisées, rendent compte de leur efficacité'' Nous ne le contestons pas; mais il est assez remarquable que beaucoup d'entre elles soient dépourvues de cet agent recherché avec le plus grand soin, et que celleslà précisément s'appliquent aussi bien à la guérison des affections cutanées que celles où l'on en a constaté des proportions notables. Cette analogie de résultats nous semble, jusqu'à plus ample démonstration, devoir confirmer notre manière de voir.
Les syphilides ne se séparant pas des symptômes consécutifs de la ma-
PEIDE. 513
ladic syphilitique, le traitement de ces affections cutanées par les eaux minérales rentre dans ce que nous aurons à dire de la syphilis [voy. Syphilis].
A côté des maladies diathésiques de la peau, dont les recherches les plus récentes tendent à élargir le cadre, il en est qui constituent une lésion propre de l'enveloppe cutanée, sans relation évidente avec un état général quelconque. Les unes, représentant des difformités de la peau plutôt qu'une maladie, depuis la simple macule jusqu'à l'ichthyose, n'ont rien à attendre du traitement hydrominéral. La seconde classe admise par M. Hardy (Leçons sur les maladies de la peau, 1858) réunit des inflammations locales qui ne s'adressent aux eaux qu'à l'occasion d'un caractère fâcheux de permanence; il suffira de nommer l'érythème, l'urticaire, l'herpès, l'ecthyma. Les considérations relatives aux manifestalions de l'herpétisme s'adaptent parfaitement au traitement de ces lésions élémentaires, mais qui n'en constituent pas moins parfois un véritable état morbide qu'il faut enrayer.
Des affections beaucoup plus locales, si l'on peut ainsi les appeler, dues à la présence d'un parasite animal ou végétal (gale, sycosis ou menlagre, herpès circiné, favus), commencent à être mieux étudiées et plus connues qu'elles ne l'avaient jamais été, grâce à la savante impulsion de MM. Bazin et Hardy. L'indication thérapeutique se résume en la destruction du parasite. L'expérience ayant rangé le soufre parmi les moyens les plus efficaces à cet égard, il est à présumer que les eaux sulfureuses seront un précieux auxiliaire de cette médication. Mais aucune observalion n'a encore été publiée sur une matière qui mériterait de fixer l'attention des hydrologues.
peide (Suisse, canton des Grisons). Hameau à 8 kilomètres de Ilauz. Altitude : 2Zi00 pieds. Quatre sources semblables.
Sulfatée mixte. Tempér. , 7° centigr.
Eau : 1G onces. Eau : un litre.
Pouc. cul). Cent. cub.
Acide carbonique 9,600 = 518,5
Gniins. Gram.
Sulfate de soude 5,936 == 0,854
— de magnésie 2,310 = 0,332
— de chaux 10,150 = 1,461
Chlorure de magnésium 1,950 = 0,280
Carbonate de magnésie 3,150 = 0,453
— ferreux 0,230 = 0,033
Matière extractive 0,200 == 0,028
(Capeller.)
Dict. des Eaux miner. — T. II. 53