‹ Dictionnaire général des eaux minérales et d'hydrologie médicale (volume 2)Chapitre 173 sur 310 · PRESTE (LA · texte numérisé non relu

PRESTE (LA

rête pas à la limite de hauteur de l'enceinte, elle se poursuit plus profondément. C'est qu'aii-desSOUs du radier de l'enceinte se trouvent mises enjeu les causes qui tendent à maintenir la séparation des deux eaux, telles que la différence de température, de densité, d'agrégat minéral, l'émission ascensionnelle de l'eau minérale, les obstacles naturels du terrain. C'est là ce qui caractérise essentiellement le captage par pression hydrostatique. Son action descend spontanément et pénètre dans la profondeur, aussi bien qu'elle s'épand latéralement à l'enceinte. N'est-ce pas ainsi que l'on peut expliquer comment celte action finit par ra'mener à l'intérieur de l'enceinte les griffons épars et perdus à l'extérieur?

Ce procédé a eu ses détracteurs. On se fait difficilement à l'idée d'accroître débit , température, agrégat minéral par réaction immédiate d'eau froide. Mais des faits existent, déjà anciens, corroborés par d'autres faits naturels, qui répondent assez aux objections qui se sont produites.

PRESTE (la) (France, Pyrénées-Orientales, arrond. de Céret). Sur le plateau qui domine la vallée de la Tech, à 20 kilomètres d'Amélie-Ies- Bains, à 56 de Perpignan, sur la route de Perpignan à Amélie.

Sulfwée sodique. Tempér. , de 37° à kk°, 60.

Quatre sources.

Débit

Température. par 24 heures,

o Lit.

Grande source (source d'Apollon). 44,60 284 000

Source nouvelle (source de Diane). 44 216 000

Source des Lépreux 43,80 172 800

Petite source 37 129 600

802 400 Voici l'analyse de la source d' Apollon, qui est seule utilisée pour l'alimentation de l'établissement:

Eau : un litre.

Gram.

Carbonate de soude 0,0397

— de potasse traces

— de chaux et de magnésie. 0,001 1

Sulfure de sodium 0,0127

Sulfate de soude 0,0206

— de chaux 0,0007

Chlorure de sodium 0,00 14

Acide silicique 0,0421

Barégine ou glairine 0,0103

Perte 0,0051

0,1337 (Anglada.) M. Roux, qui s'est livré au dosage du sulfure de sodium contenu dans l'eau de la source à.' Apollon et dans celle des Lépreux, a obtenu pour l'une et pour l'autre 0ê',0156.

584 PRINCIPES MINÉRALISATEURS.

L'établissement, restauré récemment, contient des baignoires de marbre blanc tiré des carrières environnantes. L'eau minérale jaillit d'une jolie fontaine ornée de colonnes de stalactites, et se rend ensuite dans les cabinets de bains.

Les eaux de la Preste peuvent se prendre en général impunément à dose élevée. Elles augmentent l'appétit et se digèrent très bien. Cependant il convient d'apporter quelque ménagement dans leur usage, surtout dans les affections urinaires; on les coupe même souvent avec du lait ou de l'eau d'orge. Même à petite dose, elles paraissent assez manifestement diurétiques. L'urine perd rapidement ses qualités acides, mais elle devient rarement alcaline (Ferran, Thèse cit.). Les bains à température indifférente déterminent des sueurs abondantes, sans affaiblir.

Ces eaux sont employées avec avantage dans les affections catarrhales de l'appareil pulmonaire, dans les dermatoses, sèches en particulier, dans le rhumatisme. Mais elles sont surtout recommandées dans les catarrhes de l'appareil urinaire et dans la gravelle phosphalique. Mieux tolérées en général que les bicarbonatées sodiques, elles calment l'état douloureux de la vessie, et amoindrissent rapidement les sécrétions muqueuses. Leurs appropriations se rapprochent en ce sens de celles de Conlrexéville ; mais nous sommes assez portés à leur attribuer une action curative plus prononcée. Les eaux de la Preste peuvent être utilement administrées dans la gravelle urique, accompagnée surtout de coliques néphrétiques, mais nous pensons que c'est par suite d'une analogie trompeuse qu'on leur a attribué (Ferran) une action directe sur l'état diathésique qui domine la gravelle urique et la goutte. On assure encore que les eaux de la Preste sont très salutaires dans les pollutions nocturnes et les pertes séminales involontaires. Mais ceci reste à démontrer, et il y a d'ailleurs bien des distinctions à établir dans cet ordre de faits.

PRIMITIVES et PRIMORDIALES (Eaux). Voyez SULFURÉES

vEaux).

PRINCIPES MINÉRALISATEERS. Sous les noms de principes ou d'éléments minéralisateurs, constituants, salins ou de substances minéralisantes, on confond généralement l'ensemble des gaz, des sels et des matières organiques que les sources entraînent avec elles des profondeurs de la terre. Nous croyons cependant utile, pour apporter un peu de clarté dans ces différentes dénominations, de classer les matières contenues dans les eaux en deux parties. Par principes élémentaires, nous entendons parler des substances simples ou binaires que l'analyse sépare les unes des autres, telles que les corps simples, les gaz, les acides, les alcalis et les oxydes. Nous appelons au contraire principes minéralisateurs les sels tels qu'on les suppose exister tout formés dans les eaux, ou tels qu'ils

PRINCIPES MINÉRALISATEURS. ^85

résultent de la combinaison des acides avec les bases et avec les oxydes par la voie empirique. Les principes élémentaires sont l'expression de l'analyse pratique, et les principes minéralisateurs de l'analyse théorique.

Nous n'avons pas à parler ici de l'origine et de la nature des principes élémentaires et minéralisateurs, ces renseignements devant trouver naturellement leur place aux articles Acides, Bases, Sels dans les eacx et Minéralisation.

Les qualités thérapeutiques des eaux minérales sont nécessairement sous la dépendance de la nature des principes qu'elles renferment. Mais on ne saurait affirmer qu'elles se trouvent toujours en rapport direct avec la proportion absolue de ces principes.

Nous avons distingué, au point de vue de cette proportion, des eaux foutes et des eaux faibles (voy. ces mots). Les eaux fortes ou très minéralisées présentent toujours une prédominance relative très prononcée d'un principe quelconque. Dans les eaux faibles, cette prédominance relative tend à s'effacer au contraire. Mais si elles perdent à cela une caractéristique facile à déterminer, il faut reconnaître qu'elles n'en possèdent pas moins, dans certaines circonstances, une activité absolue très notable. On sait que l'activité physiologique et thérapeutique dis médicaments est loin de se trouver toujours en raison directe de leur proportion, et que les différences dans les doses entraînent souvent des changements plus saisissables dans le caractère que dans le degré de leurs effets. Visà-vis des composés aussi complexes que les eaux minérales, et en considérant le défaut de certitude de nos connaissances relativement à la nature et à l'existence même des éléments dont peuvent dépendre leurs propriétés, nous devons nous imposer une grande réserve touchant les conclusions à tirer de la proportion de leurs principes constituants au sujet de leurs qualités respectives.

Les classes dans lesquelles on range les eaux minérales sont déjà un indice de la proportion de leurs principes minéraux. En général, on remarque que, dans les eaux sulfurées sediques, cette proportion s'élève rarement au-delà d'un gramme, tandis que les eaux sulfurées calciques contiennent depuis 0°',5 jusqu'à 3 et U grammes par litre. Aucune règle n'est applicable aux eaux sulfatées qui renferment depuis un grammejusqu'à 25 ou 30 grammes de principes minéralisateurs; c'est dans ces dernières qu'on retrouve surtout les sulfates alcalins. Il en est de même des eaux minérales bicarbonatées, soitsodiques, soit calciques, qui sont peutêtre de toutes celles dans lesquelles la proportion des principes minéraux varie le plus. Quant aux eaux franchement chlorurées sodiques, elles sont presque toujours les plus chargées de principes minéralisateurs : il nous suffit de citer, à ce sujet, les eaux des salines et des mers.

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