DE SAINT-SAUVEUR. DE HONTALADE
Gram. Gram.
Sulfure de sodium 0,0218 0,0199
Chlorure de sodium 0,0695 0,0780
Sulfate de soude 0,0400 0,0430
Silicate de soude 0,0704 0,0701
— de chaux 0,0q62 0,0054
— de magnésie 0,0031 0,0028
— d'alumine 0,0070 0,0060
Acide borique et iode traces traces
(FlLHOL.)
La source des Bains, dont le débit est de 1&5 000 litres, alimente l'établissement de Saint-Sauveur proprement dit. Cet établissement, propriété de la vallée de Baréges, renferme seize baignons, une buvette et une douche.
D'après les ordres de l'Empereur, il va être amélioré et agrandi suites plans de l'ingénieur J. François.
L'établissement de la Hontalade, construit en 1857 par M. Guillemin, sur les indications de M. le docteur Hédouin et de M. J. François pour l'appropriation médicale, renferme onze cabinets de bains, une buvette et une grande douche, pourvue d'un bassin hydrothérapique et d'un appareil à jet froid. Situé dans une position des plus ravissantes, au milieu de belles prairies, il est entouré de ruisseaux et de cascades d'eau froide dont l'emploi pour le traitement hydrothérapique est depuis longtemps indiqué.
La station thermale de Saint-Sauveur va se trouver dans des conditions de développement marqué par suite de l'ouverture de la promenade Eugénie et du pont gigantesque jeté sur le Gave à plus de 80 mètres au-dessus du Thalweg. Ces beaux travaux, dus à l'initiative et à la munificence de l'Empereur, vont relier Saint-Sauveur à la berge droite du Gave et en faire un lieu de passage très fréquenté.
Les eaux de Saint -Sauveur sont, d'après M. Fabas (Nouvelles observations, etc., 1852), vulnéraires, détersives, savonneuses, fondâmes, antispasmodiques, toniques, diurétiques et dépuratives. Cet énoncé comprend les propriétés générales des eaux minérales, et en particulier des eaux sulfurées douces. Le même auteur dit ailleurs que ces eaux sont douces, sédatives, hyposlhénisantes. Ceci se rapproche davantage de la spécialisation des eaux de Saint-Sauveur, et peut servir à la
déterminer. En effet, aux caractères généraux de la médication sulfurée, caractères un peu affaiblis chez elles, il faut ajouter qu'elles sont sédatives.
Cette circonstance est tout à fait digne d'attention. Mlle démontre, suivant la remarque de M. Filhol, que le degré d'excitation produit par les eaux sulfureuses n'est pas en rapport avec la quantité de sulfure qu'elles renferment. Les eaux de Saint-Sauveur sont notablement sulfurées, et un bain d'eau de la Reine, à Ludion, mis à la température de 35°, contient moins de sulfure qu'un bain de Saint-Sauveur et pourtant il est beaucoup plus excitant [Emu: miner, des Pyrénées, 1853). La proportion de matières organiques, le degré d'alcalinité présentés par les eaux de Saint-Sauteur, n'expliquent pas leurs qualités sédatives. La température peu élevée à laquelle les bains sont administrés, se prête aux propriétés que nous leurs reconnaissons, mais ne saurait non plus en donner par elle-même l'explication.
M. Gharmasson a concentré dans un cercle assez restreint la spécialité de Saint-Sauveur : les maladies des femmes, les maladies nerveuses ou névroses, et quelques étals intestinaux {Eaux de Saint-Sauveur, leurs spécialités, 1860). Cela ne siguilie pas que ces eaux ne soient pas applicables à une série de cas qui rentrent dans les applications ordinaires des eaux sulfureuses, mais que c'est dans cet ordre de faits particuliers qu'elles se distinguent des eaux de la même classe.
M. Charmasson étudie, dans les affections utérines, la congestion, l'inflammation chronique, la leucorrhée et les névralgies utérines. La congestion utérine et la leucorrhée trouvent facilement d'autres médications efficaces, parmi toutes sortes d'eaux minérales, les bains de mer, l'hydrothérapie. Mais c'est dans la métrite chronique en particulier qu'elles offrent des ressources précieuses, et le caractère de la médication qu'elles représentent à son sujet permet de déterminer les conditions dans lesquelles elle est applicable aux autres états pathologiques de l'appareil utérin.
Les eaux de Saint-Sauveur seront spécialement conseillées chez les femmes faibles, lymphatiques, et en même temps névropathiques. C'est plutôt l'excitabilité nerveuse que l'excitabilité congeslive ou inflammatoire qui les fera rechercher. Leurs propriétés résolutives s'exercent beaucoup plutôt sur l'état catarrhal que sur l'utérus lui-même : mais une fois le catarrhe utérin et l'étal névropathique modifiés d'une manière effective, cet organe entre plus facilement dans une ère de réparation, soit spontanément, soit sous l'influence de moyens thérapeutiques qui, impuissants jusqu'alors, auront retrouvé leur efficacité accoutumée. L'indication de ces eaux ne dépend du reste nullement du caractère ni du degré des altérations locales.