USSAT. S
galeries, convergent vers un bassin longitudinal .souterrain contre lequel sont adossées les baignoires. Ce bassin forme avec l'ensemble des galeries une nappe alimentée par des eaux de température progressivement décroissante dans le sens de l'axe de distribution. Il en résulte pour chaque bain une température spéciale invariable, comprise entre les limites de 31 ",55 à 36°, 25.
Cette circonstance donne au régime balnéaire d'Ussat un cachet tout particulier. On conçoit en effet quel parti, avec de telles températures, invariables par le fait de l'écoulement constant, un praticien éclairé peut et doit tirer de l'usage rationnel de ces eaux carbonalées et sulfatées sodiques et magnésiennes.
Nous avons indiqué, au mot Pression hydrostatique, le mode, d'isolement et de concentration inauguré sur les eaux d'Ussat par le recours à la pression de l'eau froide.
Les eaux d'Ussat peuvent eue considérées comme sédatives. Elles constituent surtout un traitement externe, et, sous ce rapport, la série de bains à eau courante et à température graduée que l'on y rencontre, fournit des conditions d'appropriation toutes particulières. Le traitement se compose de 30 à /il) bains, que l'on peut répéter deux fois par jour.
Dès les premiers bains, les baigneurs éprouvent une surexcitation légère, des fourmillements à la peau, parfois des traces érythémateuses, de l'insomnie, de l'inappétence, de la diarrhée, une légère exacerba lion de l'étal pathologique et presque toujours de la céphalalgie. Ces manifestations ne sont pas constantes et l'action sédative agit souvent dès les premiers jours; d'autres fois, celle-ci ne se montre que du quinzième au vingtième bain. Plus, lard, il survient de la lassitude, de la somnolence, ce qui annonce la suffisance du traitement.
La spécialisation des eaux d'Ussat concerne d'une manière toute particulière les affections utérines. Voici dans quelles circonstances elles se trouvent spécialement indiquées. La métrile chronique s'accompagne souvent d'un état névropaihique général, de névralgies du tronc ou de l'utérus, ou d'un simple étal d'excitabilité, qui rendent difficile toute intervention thérapeutique et qui prolongent indéfiniment la maladie locale. Les eaux d'Ussat réussissent parfaitement alors. A la faveur des propriétés sédatives qu'elles empruntent sans doute a leur propre constitution, mais qu'el'es doivent aussi aux procédés auxquels se prèle leur mode d'installation, elles peuvent exercer sur les organes malades une action modérément résolutive qui détermine, sinon toujours une guérisou directe, du tnyins u:i retour vers la guérison, propre à rendre loiérables ei efficaces les traitements vainement essayés jusqu'alors.
L'existence d'un état nerveux rend donc formelle l'indication de ces eaux. S'il existe des conditions opposées, on trouvera, près des eaux sulfurées actives ou bicarbonatées ou chlorurées, des ressources, au point de vue des médications altérante, reconstituante, ou résolutive, que ne sauraient fournir celles d'Ussat. Du reste, dans des conditions moyennes, au point de vue de l'état morbide local, les eaux d'Ussat fournissent toujours une médication parfaitement appropriée à ce genre de traitement.
M. Bonnans (Guide du méd. aux eaux therm. d'Ussat) recommande les eaux d'Ussat dans beaucoup de névroses générales ou partielles, par exemple, l'hystérie, la chorée, la gastralgie, les névralgies abdominales, certaines névroses de la peau. Ce que nous avons exposé précédemment porte à admettre l'excellente appropriation de ces eaux et de leurs modes d'administration dans les faits de ce genre : mais il ne nous est pas possible de déterminer le degré absolu de leur efficacité.
USSOX (France, Ariége).
Sulfurée sodique. Tempér. , 20 et 30° ccntigr.
Deux sources dites n° 1 (30") et source des Clayes (20°) jaillissant au voisinage des eaux de Carcanières et d'Escouloubre, sur les bords de la rivière d'Aude et près des confins du département qui porte ce nom.
Les eaux d'Usson n'ont pas encore été l'objet d'un examen chimique suivi. M. O. Henry est d'avis qu'elles ont la plus grande analogie avec les eaux sulfurées de Carcanières et d'Escouloubre : ainsi le sulfure de sodium en fait l'élément dominant, associé au chlorure de sodium, aux sulfate, carbonate et silicate alcalins et terreux, et à quelques autres principes peu importants d'ailleurs. Elles sont utilisées depuis longtemps pour le plus grand nombre des affections qui réclament les eaux sulfurées sodiques, et par les malades des communes avoisinantes.
UTÉRUS (Maladies de i'). Nous étudierons successivement les inflammations chroniques et les altérations organiques de l'utérus.
Métrite chronique. ■ — Nous sommes contraints par le cadre de celte étude de concentrer les expositions pathologiques, et de rassembler sous une même désignation des faits qui sans doute méritent des distinctions formelles. C'est ainsi que, sous la désignation de métrite chronique, nous comprenons une série de faits où l'engorgement utérin, les érosions ou les ulcérations du col, le catarrhe utérin ou vaginal, des déplacements de toutes sortes, tiennent une place secondaire ou dominante. Il y avait d'autant moins d'inconvénient à cela, que, dans l'immense majorité des cas, la considération de l'altération locale, prise en elle-même, est tout à fait subordonnée à des considérations d'un ordre différent. Nous aurons
soin d'ailleurs de signaler les indications particulières qui devront cependant ressortir de quelques circonstances inhérentes à l'état local.
Posons d'abord le problème à résoudre, tel qu'il se présente habituellement dans la pratique.
A la suite d'une couche difficile, ou non suivie des précautions nécessaires, ou bien de fatigues physiques ou de causes morales dépressives, ou sans cause occasionnelle appréciable, une femme est prise de symptômes propres à fixer l'attention sur l'état de l'utérus ; on rencontre à l'examen l'ensemble ou une partie des altérations énumérées plus haut, et que l'on désigne généralement du nom souvent impropre de métrite chronique. On prescrit un traitement approprié, el qui consiste assez uniformément en injections, cautérisations, régime, quelquefois de certains moyens contentifs, rarement un traitement général méthodique. Mais, soit que l'examen ait été fait tardivement, ou que le traitement ail été mal suivi, circonstances fréquentes, ou pour toute autre cause, il arrive très souvent que la maladie persiste avec une opiniâtreté remarquable; et tantôt les moyens employés semblent comme frappés de stérilité, tantôt leurs effets ne sont que temporaires, et des rechutes successives obligent de revenir périodiquement à leur emploi.
En pareille circonstance, la première chose à faire est de remonter aux causes de cette impuissance de la thérapeutique. Nous n'avons à nous occuper ici que de celles qui résident dans l'organisme lui-même.
Or, on trouvera que, dans tous ces cas ou à peu près, ces malades peuvent être rangées dans l'une des catégories suivantes : prédominance diathésique ou constitutionnelle ; atonie générale ; état névropathique.
La préexistence d'une constitution déterminée ou d'une diathèse suffit souvent pour éterniser les affections de ce genre. Les plus communes sont le lymphatisme,\ai scrofule et l' herpétisme. En général, la première rend surtout tenaces les engorgements, la seconde les engorgements et les ulcérations, la troisième l'état catarrhal. Il est facile de comprendre comment, tant que ces états constitutionnels n'auront pas été profondément et directement modifiés, les effets du traitement local seront incomplets ou entièrement négatifs.
Les notions exposées ailleurs relativement au traitement du lymphatisme, de la scrofule et de l'herpétisme, suffisent pour indiquer la direction générale du traitement à suivre. On recourra aux eaux sulfurées ou aux chlorurées sodiques. Les premières, grâce surtout aux applications plus variées et plus faciles qu'elles offrent, sont généralement les mieux applicables aux traitements de ce genre. Cependant nous pouvons ajouter dès à présenta cette pure considération de l'état général, que les eaux chlorurées sodiques (Lamotte, Bourbonne, Niederbronn, Wicsbaden) ,
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conviennent plus particulièrement quand l'engorgement prédomine ; les sulfurées [Cauterets, Ludion, Amélie, Ax, Bagnoles, Saint-Sauveur, etc.), quand c'est l'état calarrhal. Les ulcérations paraissent céder aussi bien aux modifications apportées par les unes et par les autres.
Chez beaucoup de femmes, chez lesquelles on ne parvient pas à reconnaître de dialbèse préexistante, on constate surtout de Vatonie, succédant soit à des pertes, soit à de mauvaises conditions hygiéniques, soit aux conditions même qu'entraînent après elles de pareilles maladies. C'est dans de pareils cas surtout que les ulcérations sont résistantes.
Cet état d'atonie constitue par lui-même une indication; formelle du traitement thermal. La plupart des eaux minérales lui sont utilement applicables. Et s'il existait toujours dans un parfait état de simplicité, les eaux bicarbonatées sodiques, ferrugineuses surtout, les sulfurées et les chlorurées sodiques fortes, fourniraient alors de précieux agents de reconstitution, dont l'efficacité répondrait à l'ordre dans lequel nous les avons rangés.
Mais il est un élément qui prend, dans la grande majorité des cas, une importance dominante, surtout chez les femmes affaiblies, primitivement ou consécutivement, c'est l'élément névropathique : cette circonstance peut provenir soit de ce que les affections utérines apparaissent de préférence chez les femmes de semblable constitution, soit de ce que l'état nerveux se développe fréquemment comme conséquence des affections utérines.
Ici la considération de l'état névropathique domine d'autant plus l'indication que, d'une part, il se montre par lui-même un obstacle direct à la guérison, et que, d'une autre part, il rend impossible toute action thérapeutique qui ne s'y rapporte pas formellement.
Il faudra recourir alors nécessairement aux eaux dites sédatives : eaux faiblement minéralisées de toutes les classes, Néris, Bains, Luxeuil, Aix (en Provence) ; eaux sulfatées ou bicarbonatées calciques ou mixtes, Bagnères-de-Bigorre, Ussat, Foncaude ; eaux sulfurées sédatives, comme Saint-Sauveur ; sulfurées dégénérées et riches en matière organique, comme certaines sources de Cauterets, et sans doute la plupart de celles des Pyrénées-Orientales, peu connues encore pour ce genre d'applications.
Telles sont les indications générales de la médication thermale dans les maladies qui nous occupent.
il résulte de leur exposé qu'il n'existe point d'eaux minérales spéciales dans le traitement de la mélrite chronique, que la considération de l'altération locale prend peu de place dans la direction du traitement,
que celle-ci dépend à peu près uniquement de circonstances existant, pour ainsi dire, à côté de la maladie utérine elle-même.
Arrivons maintenant à spécialiser d'un peu plus près les applications des eaux minérales, en choisissant nos exemples parmi les notoriétés les plus formelles dans les traitements de ce genre.
Lorsqu'il s'agit de femmes affaiblies, non disposées aux fluxions in- Ibmmaloires, ni aux accidents névropathiques locaux ou généraux, sans détermination diaihésique définissable, Vichy réussit parfaitement. Mais les cas de ce genre sont de beaucoup les moins nombreux, et, si l'on ne lient un compte attentif des restrictions que nous venons de présenter, les eaux de Vichy exaspèrent très facilement les accidents que l'on voulait combattre.
S'il existe une tendance fluxionnaire ou inflammatoire, avec apparition facile de symptômes de métrite, sensibilité habituelle et congestion fréquente des ovaires, les eaux sulfatées calciques ou mixtes, telles que Foncaude, Bagnères-de-Bigorre (Salut), Encausse, Ussat surtout, représentent une médication très appropriée, et dont les résultats sont souvent fort remarquables.
Lorsque, et c'est le cas le plus fréquent, il existe un état nerveux général ou local, avec disposition aux névroses hypogastriques, ces mêmes eaux, Saint-Sauveur, certaines sources de Cauterets, Nérù, Luxeuil, Bains, Aix (en Provence), etc., s'offrent avec des conditions en apparence à peu près égales : au moins nous paraît- il difficile de distinguer dans leurs applications des éléments d'indications différentielles.
Il existe quelquefois une disposition aux hémorrliagies utérines. On se gardera des eaux chlorurées sodiques, qui favorisent les fluxions actives de l'utérus. Vichy, au contraire, s'accommode très bien à une telle condition. Nous ne saurions rien déterminer de précis à ce sujet, quant à l'emploi comparatif de Saint-Sauveur, d' Ussat ou de Néris, considérés comme types des médications que ces eaux représentent.
Le bain est le moyen par excellence dans ces sortes de maladies : le bain prolongé, en général, et en conséquence le bain de piscine. Il faut se garder des températures un peu élevées, et recourir souvent aux bains frais.
Les douches vaginales ou utérines seront généralement redoutées, à part certains cas d'atonie locale très caractérisée, avec défaut absolu de réaction, d'ulcères anciens et qu'il soit nécessaire de ranimer, d'aménorrhées persistantes. Mais les irrigations douces et fraîches rendent de grands services. On sera également très réservé dans l'emploi des douches lombaires ou hypogastriques; on s'accommodera à ce sujet aux circonstances individuelles. Les douches générales seront souvent préférées.
Uict. pts Kaix miner. — T. 11. 56
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U n'y a pas à attendre d'action directe du traitement thermal sur les déplacements et les déviations de l'utérus. Maison comprend que les modifications apportées aux conditions organiques ou dynamiques de cet organe puissent être de nature à se faire sentir indirectement sur de telles conditions.
La question des cautérisations du col utérin offre quelques remarques intéressantes à présenter au sujet de ses rapports avec le traitement thermal s nous les considérerons avant, pendant et après le traitement.
Le défaut de cautérisations antérieures des ulcérations ou érosions du col utérin rend le traitement thermal beaucoup plus difficile à supporter, près des eaux minérales actives, telles que les sulfurées actives, les chlorurées fortes on Vichy. Cette observation peut n'être pas absolue : mais elle s'est répétée assez souvent pour que l'attention des praticiens soit appelée sur ce sujet. La cautérisation semble ici un modificateur nécessaire pour que les surfaces malades ne ressentent pas trop vivement l'acdon excitante du traitement thermal.
Il est quelquefois utile de combiner ia cautérisation avec le traitement thermal ; mais il nous paraît prudent de ne recourir à cette pratique que près des eaux peu minéralisées et sédatives, et ce qui réussit très bien à Néris, Ussat, Bagnères-de-Bigorre, pourrait avoir de fâcheux résultats à Vichy, Luchon, Bagnols (Lozère), Lamotte, etc.
Il ne faut pas beaucoup compter sur l'action cicatrisante du traitement thermal ; les ulcérations, superficielles ou profondes, du col utérin, ne subissent généralement pas de modification appréciable pendant sa durée, malgré l'amélioration qui aura pu être ressentie du reste. Mais il arrive alors presque toujours que les cautérisations, pratiquées vainement avant le traitement thermal, présentent à sa suite une efficacité nouvelle, et qui en rend les effets définitifs.
Altérations organiques. — L'indication du traitement thermal peut être limitée aux trois catégories suivantes : engorgement simple du tissu même de l'utérus, tumeurs fibreuses, dégénérations cancéreuses. Poulies tumeurs ovariques [voy. Ovaires (maladies de 1')].
L'action résolutive des eaux minérales peut s'exercer très efficacement sur les engorgements simples de l'utérus. Lorsque ceux-ci font partie de l'ensemble de phénomènes morbides que nous avons exposé précédemment, tout ce que nous avons dit à ce sujet leur est applicable. Mais lorsque l'engorgement existe seul, ou seulement accompagné d'un peu de catarrhe, il devient l'objet exclusif du traitement. Ici l'on devra recourir à deux séries d'eaux minérales, eaux chlorurées sodiques et bicarbonatées sodiques fortes. Les circonstances générales que nous avons