‹ Dictionnaire général des eaux minérales et d'hydrologie médicale (volume 2)Chapitre 294 sur 310 · fi · texte numérisé non relu

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(Boi'Quet, 1855).

Le bain de V Hôpital est alimenté par la source de ce nom.

Les bains de première et deuxième classes, et l'assistance publique, sont alimentés parle Puits Carré, la Grande Grille, Lucas, Mesdames et le Parc.

Il peut se donner par jour de "2500 à 2800 bains.

La moyenne de température dans les bâches de recette, pour les bains du grand établissement, est de 3^° ; aux robinets des baignoires, la température varie entre 30 et 32°, suivant le plus ou moins d'activité du service.

Les douches, ascendantes et à percussion, sont installées d'une manière très complète.

On compte 17 douches ascendantes, 18 douches avec baignoires, 12 grandes douches, dont la pression peut être réglée à volonté jusqu'à 7 mètres, et la température variée suivant les indications. Les grandes douches sont également munies de douches écossaises, ou à températures alternatives. On a installé dans 62 cabinets de bains, des douches ou appareils à irrigations vaginales, dont la pression peut être réglée entre 50 centimètres et 2 mètres.

Des tentatives de traitement par l'inhalation du gaz acide carbonique ont été faites au-dessus du puits Carré; elles sont restées à l'état d'essai, pour être reprises ultérieurement.

Au point de vue physiologique, comme au point de vue thérapeutique, les eaux de Vichy peuvent servir de type aux bicarbonatées sodiques, aux bicarbonatées sodiques fortes du moins, car on trouve dans l'application bien des dissemblances entre celles-ci et les eaux faiblement minéralisées.

Ce qui frappe d'abord au sujet du mode d'action apparent des eaux de Vichy, c'est le défaut de phénomènes physiologiques caractérisés, ou seulement même appréciables.

MM. Péirequin et Socquet ont étudié avec beaucoup de soin l'action physiologique des eaux alcalines (bicarbonatées sodiques), eleette étude est certainement une des parties les plus intéressantes de leur livre ; mais ils ont eux-mêmes trop marqué les traits de cette action physiologique, et trop généralisé des faits particuliers. (Traité gén. prat. des eaux min., 1819.)

Il est des individus pour qui les eaux de Vichy sont réellement diurétiques; d'autres qui n'en peuvent faire usage sans éprouver des effets purgatifs. La transpiration cutanée est très souvent ramenée, vivement développée dans de rares circonstances. Ou ressent souvent une excitation assez vive, rarement quelque éruption, plus fréquemment des signes de congestion vers la tète ; mais rien de tout cela n'a d'apparence caractéristique. Les effets diurétiques ne dépassent généralement pas ce qu'on

doit attendre d'un traitement balnéaire et de l'introduction d'une certaine quantité de liquide. Les effets purgatifs s'expliquent par le changement de régime, par la proportion exagérée de la boisson, plus souvent, comme nous le dirons plus loin, par des influences météorologiques ou saisonnières. L'action sur la peau est réelle, mais habituellement insensible et très graduelle. Les phénomènes d'excitation, de congestion sont, dans la plupart des cas, faciles à arrêter par une direction méthodique.

Le fait le plus remarquable, celui sur lequel l'attention doit se fixer, est le suivant : qu'il est inutile, pour les résultats définitifs du traitement, que des phénomènes physiologiques extérieurs se manifestent ; que, plus l'action physiologique du traitement est insensible, mieux on doit augurer de son action curative.

C'est donc là essentiellement une action altérante, intime, et dans laquelle les effets de révulsion, d'excitation, de substitution tiennent très peu de place.

Cependant il n'y a rien d'absolu en thérapeutique, et nous ne pouvons exprimer ici que ce qui se passe dans la généralité des faits. On peut rencontrer quelques exemples où une crise violente, ou le retour d'un état aigu, ou la vive surexcitation d'une fonction quelconque auront pris place entre l'intervention du traitement et la guérison. Mais ces faits sont rares. Peut-être ne constituent-ils, pour ainsi dire, qu'une méthode de curation intervenue le plus souvent à l'insu du médecin, et qui n'était pas toujours nécessaire; et, dans notre pensée, la meilleure pratique est celle qui s'attache à éviter, plutôt qu'à provoquer, le développement de tels phénomènes.

Dans la plupart des cas, sinon toujours, au bout de quelques jours de traitement, il survient de la courbature, de l'agitation, quelquefois de l'inappétence, de la soif; cela se dissipe en interrompant ou en modérant le traitement, ou sans cela, et l'on voit l'appétit se développer, la digestion s'opère avec plus de facilité, les forces s'accroissent, surtout sous l'influence du bain. Mais, au bout d'un certain temps, de vingt à trente jours ou davantage, suivant les cas, de nouveaux symptômes de fatigue ou d'excitation surviennent, et annoncent la nécessité de suspendre le traitement ou de le terminer. C'est plus souvent après le traitement, que pendant sa durée, que surviennent les accidents plus sérieux, par leur forme aiguë ou leur caractère critique, dont nous avons parlé plus haut.

Un des caractères les plus saillants du traitement de Vichy est l'amélioration ou le rétablissement des fonctions digestives, et l'accroissement de la tonicité générale. Il est inexact, malgré tout ce que l'on a répété à ce sujet, qu'il ail une action débilitante. C'est à tort que l'on prend pour de

la faiblesse un simple état de fatigue qui suit fréquemment le traitement de Vichy, comme tout traitement thermal, et qui se montre surtout s'il n'a pas été dispensé avec une mesure parfaite, ce qui arrive souvent, par la faute des malades eux-mêmes.

Quant à la cachexie alcaline dont on a reproduit si souvent un type à peu près imaginaire, nous ne nions pas qu'elle ne puisse se produire par un usage indéfiniment prolongé du bicarbonate de soude, à doses fractionnées ou peu élevées, mais nous ne connaissons pas d'exemple de phénomènes de ce genre survenus à ia suite d'un traitement thermal proprement dit. [Voy. Satukation.]

Dans l'immense majorité des cas, et sauf contre-indication particulière, on fait un usage simultané des bains et de l'eau en boisson. Les bains ne sont guère contre-indiqués, excepté dans certaines circonstances de la goutte, que par des conditions étrangères par elles-mêmes à la plupart des maladies que l'on traite directement à Vichy, ainsi affections du cœur, disposition aux congestions actives des poumons ou des centres nerveux. L'usage interne des eaux n'est guère contre-indiqué que par une intolérance déterminée par un état particulier de l'estomac, spécialement la gastralgie douloureuse.

Si les douches de toutes sories sont rarement une condition essentielle du traitement, du moins elles rendent de grands services dans une foule de cas, à titre de moyens complémentaires. Les améliorations incessamment apportées dans cette partie de l'installation ont surtout mis à même d'apprécier les excellents résultats que l'on pourrait obtenir des douches de toute nature, externes ou à percussion, internes ou ascendantes.

Les bains sont composés, dans le plus grand nombre des cas, de partie égale d'eau douce et d'eau minérale. L'expérience a enseigné que cette proportion est la plus favorable à l'action du bain et préserve des effets excitants que les bains plus concentrés déterminent en pure perte, et souvent au grave détriment des malades. Il convient quelquefois de s'en tenir à une moindre proportion d'eau minérale, de même que, dans certains cas où une action plus vive est nécessaire, on l'obtient en l'augmentant.

La variété des sources en température et sinon en composition apparente, à part la teneur en principes ferrugineux, du moins en propriétés physiologiques dépendantes de qualités intrinsèques, permet de modifier le traitement suivant les indications. Il convient en général de s'en tenir à des doses très modérées d'eau minérale. L'apparente facilité de la tolérance a quelquefois abusé à ce sujet. Il est rare que cinq ou six verres d'eau par jour ne suffisent pas pour obtenir les effets thérapeutiques les

plus complets, et l'on peut, on doit même très souvent, se tenir fort au-dessous.

Les affections de X estomac et les dérangements de la digestion font le sujet des applications les plus répandues des eaux de Vichy. C'est la dyspepsie qui réclame le plus spécialement cette station thermale ; la dyspepsie simple, caractérisée par la lenteur des digestions, l'abattement pendant leur durée, le vertige, l'anorexie, les aigreurs, la constipation, depuis le degré le plus léger de cet état si commun, jusqu'à un véritable état cachectique que le développement indéfini de ces accidents peut entraîner. La dyspepsie pituiteuse, avec prédominance saburrale, se trouve habituellement mieux des eaux chlorurées et gazeuses, comme Niederbronn.

Les gastralgies douloureuses réclament des eaux moins minéralisées, telles que Saint-Alban, Pougues, Schlangenbad, etc. Elles constituent une contre-indication des eaux de Vichy, trop souvent méconnue. Nous devons faire une exception pour la gastralgie par accès, crampes d'estomac, dans laquelle, au Contraire; les eaux de Vichy réussissent presque immanquablement. Mais leur indication est soumise à cette condition, que les accès soient séparés par des intermissions complètes des phénomènes douloureux, et les plus éloignés possibles de l'administration du traitement.

On a vu quelquefois des indurations de l'estomac disparaître sous l'influence de ces eaux. Mais la dégénération cancéreuse constatée les contre-indique formellement.

Les affections intestinales résistent beaucoup plus à ce traitement que les affections de l'estomac. Cependant il est une forme de Yentcrite chronique qui est souvent modifiée heureusement. C'est celle que caractérisent des coliques, ou mieux un point constamment ou habituellement douloureux, en général, sur le trajet du gros intestin, de la diarrhée glaireuse ou pseudo-membraneuse, alternant ou non avec de la constipation, des digestions pénibles, ou réagissant facilement sur la diarrhée, et un état général d'affaiblissement. (V. Entérite.)

Les maladies du foie représentent une des applications les plus spéciales des eaux de Vichy. On peut établir qu'en général ces eaux offrent une remarquable appropriation à tous les états morbides de l'appareil biliaire. Elles tendent à régulariser la sécrétion biliaire dans les flux bilieux périodiques, dans les sécrétions insuffisantes, à rendre très évidemment à la bile ses qualités normales. Aussi représentent-elles le traitement par excellence des calculs biliaires (coliques hépatiques).

Elles conviennent également dans les engorgements du foie simples, surtout s'ils ont succédé à des accidents aigus, hépatites, congestions

actives, ou encore s'ils sont consécutifs à ia lièvre intermittente. On les proscrira, sauf exception (voy. Foie (Maladies du), lorsqu'il existera des phénomènes d'hydropisie, dans tous les cas de dégénération cancéreuse ou tuberculeuse. Lorsque l'engorgement hépatique paraît se lier à la PLÉTHOi'.E abdominale (voy. ce mot), ou à un état hémorrhoïdaire profond, les eaux purgatives, Karlsbad surtout, et les chlorurées sodiques, Hombourg, Wiesbaden, paraissent offrir de meilleures conditions de traitement.

Dans la gravelle urique, l'action modificatrice des eaux de Vichy, curative lorsqu'il y a lieu, est aussi tranchée que possible. Les coliques néphrétiques sont presque toujours enrayées, à moins qu'elles ne soient très fréquentes, très rapprochées, et surtout que leur répétition ne soit actuelle. On recourra alors de préférence à Saint-Albanou Contrexéville, ou la Preste : mais, sauf à revenir plus tard à l'action plus formellement curative de Vichy.

Nous renvoyons, pour ce qui concerne la goutte, à l'article que nous avons consacré à cette maladie, et qui a très spécialement trait à la pratique de Vichy. Nous rappellerons seulement que c'est dans la goutte aiguë, régulière, que les eaux de Vichy sont le mieux indiquées, qu'elles doivent être employées à une époque aussi éloignée que possible des accès, jamais pendant leur durée ; que ce traitement est difficilement applicable aux gouttes mobiles, avec transport éventuel sur les organes splanchniques; qu'il ne l'est pas davantage aux gouttes atoniques, molles, où Wiesbaden ou des eaux analogues pourraient offrir des conditions mieux appropriées.

Nous n'insisterons pas non plus sur le diabète, auquel nous avons consacré un article où nous avons dû exposer presque exclusivement la pratique de Vichy.

Les eaux de Vichy peuvent rendre de grands services dans les maladies de la matrice, mais elles y sont quelquefois d'un emploi très difficile. M. le docteur Willemin, dans un travail très étudié sur ce sujet, a essayé d'établir l'indication des eaux de Vichy sur la considération de la nature inflammatoire ou non de l'engorgement utérin (De l'emploi des eaux de Vichy dans lesa/fect. chron. de l 'utérus, 1857). Malheureusement, celte louable tentative nous paraît manquer par la base, c'est-à-dire la détermination de la nature même de l'engorgement. Ce n'est donc pas à un point de vue pathogénique que l'on doit s'arrêter ; mais il faut savoir que toute disposition inflammatoire, congestive ou névropathique, dans les maladies de l'utérus, contre- indique les eaux de Vichy. La prédominance de l'engorgement sur l'exulcération et sur le catarrhe, l'état atonique de l'appareil utérin, avec ou sans tendance mélrorrhagique,

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