‹ Dictionnaire général des eaux minérales et d'hydrologie médicale (volume 2)Chapitre 63 sur 310 · DURING · texte numérisé non relu

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Une analyse plus récente delà source de Munster lui attribue 8gr,60i de matières fixes, résultat qui diffère peu de celui de SI. Mohr.

Les eaux mères sont obtenues dans les bâtiments de graduation qui dépendent des sources salines de Kreuznach. Elles représentent le résidu liquide de l'évaporalion obtenue par la cuisson dans les chaudières, après que le sel commun en a été puisé par trois fois. On les emploie, soil à l'étal liquide, soit sous forme de dépôt solide, soit encore en inhalation. [Voy. Eaux mères.]

Dict. des Eaux MiNtR. — T. II. 15

2J6 kliKl'/NACH OU CREUTZNACH.

Eau mère de la source Muksteh.

Eau: 1000 grammes.

Gram.

Chlorure de potassium 20,1916

— de sodium 20,9475

— de lithium 0,1035

— de ca'cium 230,3069

— de magnésium 30,0054

— d'aluminium 0,0203

Bromure de sodium 0,7700

Iodure de sodium 0,0007

Chlorure de fer ^

— • de manganèse > traces

Acide phosphorique ;

302,3479 (Polsdorf, 1855.)

Nous devons mentionner aussi l'eau graduée elle-même, telle qu'elle est préparée pour la saunerie, et dont le docteur "NYiesbaden a recommandé, dès 1839, l'addition aux bains de Kreuznach. Suivant lui, cette eau serait fort riche en chlorures, et représenterait un composé plus effectif que celui des eaux mères obtenues par ébullilion.

Des éléments variés de médication caractérisent donc la station de Kreuznach. Us sont appliqués à l'aide dé bonnes conditions d'installation, lesquelles tendent encore à s'accroître età s'améliorer. Le principal établissement, desservi par la source d'Elisabeth, est pourvu de buvette, de cabinets de bains, et de six pièces spéciales destinées aux douches de toutes sortes et aux bains de vapeur. La source, qui en est éloignée de k à 500 mètres environ, communique avec le bâtiment de bains par des tuyaux et est élevée au moyen d'une pompe. On la chauffe par l'introduction de vapeurs d'eau bouillante dans un espace vide réservé entre le double fond de chaque baignoire. D'agréables plantations entourent ce Kurhaus. Il en exisle deux autres également bien ordonnés, l'un au Theodoi'sfialle, l'autre à Munster. Leur éloignement de la ville empêche qu'ils soient aussi fréquentés que le premier. Enfin, on prend encore des bains dans les hôtels et maisons particulières de Kreuznach, et c'est au réservoir des diverses sources dont nous avons parlé que se fait l'approvisionnement par tonneaux de transport.

L'usage interne des eaux de Kreuznach est à peu près exclusivement restreint à celui de VElisenquelle. On en prescrit deux à trois verres le matin, à jeun et à un quart d'heure d'intervalle. Quoique l'analyse ne le signale point, le docteur Prieger attribue à une proportion assez notable de gaz aeîdc carbonique la possibilité de digérer cette eau aisément. Suivant qu'on la boit à faible dose, elle produit de la constipation et des effets diurétiques, et au contraire elle devient purgative lorsqu'on en use large-

KREUZNACH OU CHEUTZNACH. 227

ment, (l'est là, concurremment avec les propriétés toniques et reconstituantes qu'on lui attribue, une conséquence de la prédominance des chlorures dans sa minéralisation [voy. Chlorurées sodiques (Eaux) ]. Quant aux sources de Théodore et de Munster, leur saveur saumàtre les rend plus difficiles à boire, et il en est rarement fait usage pour ce motif.

Les bains sont administrés à des températures variées, selon les circonstances du traitement, comme partout ailleurs. On les préparc d'abord avec l'eau minérale pure, et plus tard on y ajoute, soit de l'eau graduée des salines, soit, plus souvent, des eaux mères. M. Prieger préfère de beaucoup l'addition de ces derniers résidus ; il conseille de commencer par un litre, ou même un quart et un demi-litre, lorsqu'il s'agit d'enfants, et il augmente la dose progressivement. On ne dépasse guère, en général, la quantité de vingtà trente litres. Bien entendu, ces prescriptions, comme celles de la durée du bain, se basentsur des cas déterminés.

Nous n'insistons pas sur les douches, les injections ou autres modes d'appliquer les eaux de Kreuznach, et qui n'offrent rien de spécial. Il en est de même de l'inhalation pratiquée dans le voisinage des salines ou au-dessus des chaudières de la saunerie. Tous ces procédés, diversifiés ou étendus, entrent comme adjuvants utiles dans une pratique habilement dirigée [voy. Traitement thermal].

La donnée des eaux de Krenzuach indique dès l'abord que leur principale spécialisation s'adresse aux scrofules. Les autorités les plus recommandables en médecine ont confirmé cejugement. Veiter considère surtout la présence de l'iode et du brome dans ces eaux salines comme expliquant leur efficacité reconnue en présence des affections strumeuses. Nous pensons que leur caractère de chlorurées sodiques explique suffisamment l'influence qu'elles exercent sur les fonctions de nutrition, et par conséquent sur la diathèse en question. D'ailleurs la scrofule revêt bien des formes, et il est nécessaire d'indiquer celles qui rentrent plus directement dans le cadre de Kreuznach. A cet égard, on est assez généralement d'accord. M. le docteur Wiesbaden {Kreuznach etsessources miner., l$hh) exprime très bien que les scrofules à forme dite torpide sont efficacement soumises à l'usage interne et externe des sources mentionnées ici. Et il ajoute que la guérison des lésions locales se fera alors avec d'autant plus de facilité, qu'elles seront en rapports plus intimes avec la dyscrasie qui les produit et les entretient. Quant aux cas empruntant des caractères aigus à quelque phlegmasie primithe ou accidentelle, les plus grands ménagements sont de rigueur, et souvent il y a lieu à contre-indication. Ce sont là les principes qui dirigent toute pratique à Kreuznach. M. Rotureau revendique de son côté pour ces eaux une supériorité marquée dans les accidents où la cure

$28 KREUZNACH OU GREUTZNàCH.

externe, doit occuper, clit-il, la première place. Les eaux de INauheim, étant plus faciles à supporter, doivent s'appliquer, selon lui, d'une manière plus particulière au traitement interne. Celte opinion nous semble mériter attention, mais sousloutes réserves, jusqu'à ce qu'il soit démontré que le traitement minéro-thermal de la dia thèse lymphatique ou scrofuleuse se scinde de la sorte en effets distincts de la boisson et des bains [voy. Scrofules].

Les affections de la peau ne devront réellement obtenir de bons résultats de Kreuznach qu'autant qu'elles sont de nature scrofuleuse, ou qu'elles constituent une lésion purement locale. La dialhèse herpétique, et surtout la tendance aux névropathies, s'opposent tout à fait à l'emploi de ces eaux chlorurées sodiques fortes et des eaux mères.

On a cherché à les préconiser dans le traitement de la syphilis constitutionnelle; mais il est bien entendu que si leurs propriétés toniques et reconstituantes peuvent aider à combattre l'influence d'une cachexie invétérée, elles n'ont aucune action spécifique et ne sauraient servir que de complément à la médication rationnelle.

Ces points étant établis, on comprend que, d'une part, toutes les fois que la constitution lymphatique prédominera dans le cours d'une affection rhumatismale, arthritique, d'une névrose même, et que de l'autre, il s'agira de favoriser les fonctions sécrétoires, d'exercer sur la circulation des viscères abdominaux une salutaire stimulation , les qualités d'eau, tantôt purgative, tantôt excitante, qui sont afférentes aux sources de Kreuznach, les désignent avantageusement.

On doit à M. Oscar Prieger une série d'observations publiée en 1857, et montrant quel parti il est possible de tirer des applications topiques des mêmes eaux, en douches et en injections, dans les cas de tumeurs fibreuses de l'utérus. Nous n'avons pas besoin d'insister à ce propos sur l'intervention souvent favorable du traitement suivi à Kreuznach dans les troubles divers des fonctions de l'appareil utérin, selon qu'il se rattache à un état chloro-anémique, ou que le lymphatisme tient encore, en grande partie, ces phénomènes morbides sous sa dépendance. Il en seraitdemèmede l'affaiblissement contracté sous des influences analogues dans l'autre sexe.

iNous traiterons ailleurs de l'opportunité des eaux chlorurées sodiques dans la cure de la Phthisie pulmonaire [voy. ce mol].

Les contre-indications résultent de l'exposition même que nous venons de faire.

Quoique les documents authentiques fassent remonter l'usage des eaux de Kreuznach au XVe siècle, elles sont restées longtemps dans l'oubli, et il y a à peine trente ans que leur réputation a commencé à s'établir.

KRYNICA. 229

Depuis lors, des aménagements confortables, un climat doux et salubre, les beautés du site et les facilités de communication ont ajouté aux privilèges d'une thérapeutique importante. Kreuznach occupe une des premières places dans les ibermes de l'Allemagne,

On exporte ses eaux mères et l'eau de la source Elisabeth.

iticovi haï (Allemagne, duché de Nassau). Dans une vallée, à 6 kilomètres de Francfort-sur-le-Mein, en face du TaUjius. Altitude : 146 mètres. — Deux sources.

Chlorurée sodique. Tempér., 16° à 17° centigr.

Eau : 16 onces. Eau : un litre.

Stahlqdelle. Wilhehsûdelle.

Grains. Gram.

Chlorure de sodium 2,360 2,883

— de potassium 0,081 0,071

— d'ammonium 0,007 0,004

— de calcium 0,007 0,016

Carbonate de chaux 0.442 0,540

Sulfate de chaux 0,022 . 0,023

Carbonate de magnésie 0,076 0,076

— de fer 0,005 0,010

— de manganèse 0,002 0,001

Acide silicique 0,069 0,058

Matière organique 0,011 0,001

Pouc. cub. Cent. cub.

Gaz acide carbonique 1600 1320

(Lowe.) Ces eaux sont particulièrement employées contre le catarrhe pulmonaire. Elles conviennent aux constitutions irritables. Établissement bien installé, avec bains et douches d'acide carbonique. Site agréable. ititi >m:\< u (Bavière, Souabe). Village entre Ulm et Mcnimingen. Bicarbonatée calcique. Tempér.?

Grains. Gram.

Carbonate de chaux 1,010 = 0,121

— de magnésie 0,030 = 0,003

— de fer 0,010 = 0,001

Chlorure de sodium 0,080 = 0,009

Humus 0,010 = 0,001

(VOGEL

Ces eaux sont usitées dans le traitement des affections cutanées, rhumatismales, et des états névropathiques. On emploie les sédiments qu'elles déposent en applications topiques. Il y a un établissement.

KitiXH % (États autrichiens, Galicie). Dans une belle vallée des monts Karpathes,à 2000 pieds d'altitude. Plusieurs sources dont une seule, très abondante, est employée.

230 KYTHNOS OU THERMIA.

Bicarbonatée calciqw (ferrugineuse). Tempér., 9°cenligr.

Eau : 16 onces. Eau : un litre.

Grains. Gram.

Chlorure de sodium 0,61 = 0,087

— de calcium 0,37 = 0,053

Carbonate de soude 0,61 = 0,087

— de chaux 12,16 = 1,751

.J Matière organique 0,50 = 0,072

Pouc. cub. Lit.

Gaz acide carbonique 45,3 = 1,812

(Schulter.)

Cette source, remarquable par la proportion de gaz acide carbonique qu'elle présente, est employée en boisson et en bains, dans la chlorose, l'anémie, les états dyspeptiques et névropathiques qui en dépendent, moins rationnellement dans les scrofules. Un air salubre, montagneux, ajoute aux avantages d'une localité qui attend encore desaménagemenls convenables.

kythnos ou tiiermia (Grèce, îles Cyclades). Ile à un myriamètre

d'Athènes et à ZiO kilomètres de Syra. — Deux sources, l'une dans

l'établissement thermal même, l'autre à l'extérieur, désignée sous le nom

de Caccavos.

Chlorurée sodique. Tempér. , 43° el 58° centigr.

Eau : un litre.

Gram.

Acide carbonique libre 0,046

Chlorure de sodium 26,635

— de potassium 0,909

— de calcium 1,731

— de magnésium 2,282

— de lithium 0,008

— de chaux 0,328

Phosphate de chaux 0,002

Sulfate de chaux 2,463

Bromure de sodium 0,035

Iodure de sodium 0,001

Ammoniaque 0,012

Nitrate de soude, borate de soude, argile, car- •.

bonates de fer et de manganèse, arsenic, ' traces cuivre et matière organique. )

34,488 (Liebig, 1856.)

L'établissement de Kythnos, entretenu par les soins du gouvernement, est situé vers le nord-est de l'île, à environ cent cinquante pas de la côte; on y a disposé douze baignoires et des logements pour les malades. Des projets d'agrandissement sont en voie d'exécution.

On emploie ces eaux en boisson et en bains. Elles sont appropriées

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