S GASTEIN OU WILDBAD -GASTEIN
Nous ne jurerions pas que l'amour du merveilleux n'entre pour beaucoup
dans les appréciations louangeuses auxquelles Gastein sert d'objet.
La spécialisation de ces eaux, à s'en rapporter à la plupart des renseignements, comprend quelques troubles du système nerveux, à caractère essentiel, mais par-dessus tout elle s'adresse aux paralysies et aux rhumatismes; on insiste toutefois, pour la cure des hémiplégies et des paraplégies, sur la nécessité d'une date déjà reculée de l'affection, ainsi que sur l'absence de toute altération ou dégénérescence organique. Quel traitement purement thermal n'en revendiquerait autant dans les mêmes circonstances? [Voy. Apoplexie. Paralysie.]
La température du bain à Gastein, d'après le docteur Granville, est de 37° à 38° centigr. Nous ne pouvons donc accepter que suus là plus stricte réserve l'influence physiologique de ce bain, telle que les expérimentateurs ont cherché à l'expliquer en dehors des conditions de thermalité où ils se plaçaient. La première immersion est désagréable; on sent la peau devenir rude et raboteuse se resserrer en quelque sorte, et pendant quelques minutes la respiration s'embarrasse, le pouls est plein ; enfin on sort du bain avec une grande envie de dormir. Nous ne voyons rien laque les effets, soit topiques, soit généraux, provoqués par un bain très chaud, et il y a certainement urgence à ne pas subir pendant trop longtemps cette sorte de caléfaclion. M. .lames affirme qu'il en est de même dans les bains de Gastein, donnés à la température de 32° et 33°. M. Rotureau n'indique, en aucun passage de l'article qu'il a consacré aux eaux de Gastein, si les variations de thermalité déterminent des impressions ou des conséquences différentes. Jl insiste seulement, en plus que ses devanciers, .sur la production de contractions involontaires et fibrillaires dans les membres paralysés, sous l'influence des bains et des douches dont on use. à Gastein. Il n'est pas de médication à la foishydrothérapique et thermale qui ne détermine le réveil instantané des propriétés du tissu musculaire, et nous nous garderons bien d'assimiler à cette occasion, avec le docteur Streinz, l'action salutaire des eaux de Gastein à celle des huiles volatiles et des excitants diffusibles. L'analogie avec les effets du galvanisme s'entendrait davantage.
De ce que ni Berzelius, ni le docteur Wolff, ni le professeur Liebig, n'ont découvert de minéralisation particulière dans ces sources fameuses, et faute de pouvoir les distinguer des plus vulgaires eaux potables, on a invoqué une décomposition particulière de leurs éléments par la pile; on a même avancé qu'elles déviaient l'aiguille du multiplicateur électrique, tout autrement que ne le fait l'eau distillée simple, et l'on assure que l'eau ordinaire, chauffée à 3ft" et 37°, prise en bains, n'aurait pas la même action que celle de Gastein.