MADRID, G. BAILLY-BAILLIÈRE, GALLE DEL PRINGIPE
Droits de tradnclion et de reprodnclion ré, serves.
WELLCOME INSTITUTE LIBRARY
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No.
PRÉFACE
L’hydrologie médicale comprend un grand nombre de matières : chimie analytique, géologie, thérapeutique, pathologie, balnéothérapie, géographie, climatologie, art de l’ingénieur, questions administratives.
Un traité des eaux minérales, quelque étendue qu’on lui assigne et quelque forme qu’il affecte, doit laisser nécessairement de côté toute une série de sujets d’étude, impossibles dès lors à retrouver pour les besoins des recherches ou des applications spéciales.
Un dictionnaire peut seul réunir toutes les connaissances nécessaires pour que la science des eaux minérales se constitue et se vulgarise. Il ne saurait se pi'êter, il est vrai, à l’arrangement méthodique des fails et à l’exposition philosophique des principes : aussi ces deux sortes d’ouvrages, traités et dictionnaires, sont-ils destinés, non pas à se suppléer, mais à se compléter mutuellement, en fournissant d’un côté les doctrines, et de l’autre les faits, dont la combinaison est nécessaire pour former un ensemble scientifique.
En un mot, le traité est fait pour l’étude, et le dictionnaire pour la re<dîerche.
Mais si la forme de dictionnaire ne se prête pas à l’exposition méthodique et dogmatique des faits, elle ne s’oppose pas à l’expression doctrinale. Ce dictionnaire n’est pas un simple assemblage de documents: nous avons cherché à revêtir l’ensemble de nos articles de l’esprit suivant lequel nous concevons l’hydrologie médicale et la pathologie des maladies chroniques; nous nous sommes attachés à soumettre à la critique tous les faits de thérapeutique qu’il n’était pas possible d’admettre sans discussion ; et, dans l’exécution matérielle elle-même, pour remédier aux inconvénients qu’emporte ' avec soi l’ordre alphabétique, en divisant et en subdivisant les matières, nous avons relié entre eux par des renvois les articles que
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rapprochait la nature des sujets, de manière à permettre au lecteur de reconstituer l’ensemble des questions. De plus, nous avons cru devoir, pour faciliter encore une étude méthodique, présenter, dans des index^ un tableau synoptique des différentes matières qui constituent chacune des branches de l’hydrologie.
Tel est le caractère et telle sera, suivant nous, l’utilité de ce livre. L’énumération faite plus haut des différents sujets qui y seront traités, montre combien de questions variées et inabordables pour un ouvrage dogmatique il nous a été possible d’y réunir.
Sans doute nous n’avons pas la prétention d’avoir traité complètement chacun de ces sujets. Les matériaux nécessaires n’existaient pas encore, et il ne nous était pas possible de les créer ; mais nous nous sommes du moins attachés à rassembler le plus de faits possible, et surtout à apporter la plus rigoureuse exactitude dans leur constatation et leur appréciation.
Nous pensons qu’il ne sera pas sans utilité d’exposer succinctement la marche que nous avons suivie, à propos des principaux sujets traités dans notre livre.
Sources minérales ; stations thermales. — Nous avons donné place à toutes les stations et à la plupart des sources minérales dont l’existence nous a été révélée, non-seulement en Europe, mais dans les différentes parties du globe. Si, pour les plus importantes de notre pays et des contrées voisines, des documents précis sur la topographie, la constitution chimique, les applications thérapeutiques, nous ont permis d’en présenter de véritables monographies, les renseignements connus, ou les plus essentiels, sont consignés sur les moindres d’entre elles et sur les plus éloignées de nos contrées civilisées.
Une grande attention a été apportée spécialement à la reproduction des analyses chimiques, soigneusement contrôlées, et empruntées aux autorités les plus récentes et les plus recommandables. Nous avons dû en signaler un grand nombre dont l’imperfection notoire réclame de nouvelles investigations et ne permet de déterminer le classement que d’une manière incertaine et provisoire.
Toutes les analyses des eaux minérales françaises se rapportent à un litre d’eau, et les nombres sont exprimés d’après le système décimal, le seul pratiqué en France.
Quant aux eaux étrangères, nous avons conservé pour chaque
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analyse le mode de représentation des nombres indiqué par les chimistes, mais nous avons placé à côté la conversion de ces nombres en poids décimaux, atin que l’on puisse établir de suite la comparaison entre la constitution des eaux étrangères et celle des eaux françaises.
Nous ferons observer, toutefois, que cette conversion ne peut être qu’approximative, car, de même qu’en France chaque province avait autrelois un système nuînéri(|ue particulier, de même chaque province à l’étranger adopte encore des systèmes numériques spéciaux, qui changent de temps à autre. Ici, l’analyse se rapporte à la livre médicinale de 12 onces, ailleurs à la livre de 1(5 onces, qui représente l’ancienne livre française. Disons enfin que les auteurs qui ont relevé les travaux des chimistes n’ont pas toujours pris le soin de signaler le volume réel du liquide sur lequel l’analyse a porté. Il règne donc sur ce point une incertitude que nos recherches spéciales n’ont pu souvent approfondir. Il est vrai d’ajouter que les différences qui résultent de la conversion de ces nombres ne comportent pas des erreurs plus grandes que celles résultant ordinairement de l’analyse chimique quantitative.
Dans l’exposé des applications thérapeutiques des sources les plus usitées, nous nous sommes attachés moins à reproduire rén-umération des trop nombreuses applications qui ont été attribuées à la plupart d’entre elles, qu’à faire ressortir la véritable spécialité d’action de chacune d’elles, c’est-à-dire ce qui peut servir à la distinguer des autres et à déterminer les indications thérapeutiques.
Hydrologie générale. — \J hydrologie générale est l’objet d’articles importants, articles de méthode et de doctrines, où sont exposés les principes de la science hydrologique et résumés les faits d’un ordre général qui la constituent. C’est la partie dogmatique de notre livre, que l’on trouvera dans les articles Eaux minérales. Médication thermale, Traitement thermal, etc.
Géographie hydrologique . — Une série d’articles particuliers est consacrée à !a géographie hydrologique de chacune des régions où la présence d’un certain nombre d’eaux minérales a été constatée. Si nous avons dù suivre lesdivisions politiques dans le plus grand nombre des cas et présenter le tableau général des eaux minérales de la France, de l’Espagne, de la Suisse, de chacune des parties de l’Allema-
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gne,etc. , nous avons égaîement étudié à part certains groupes géologiques, tels que les Alpes, les Pyrénées, les Vosges, le Caucase, le Taunus, etc. La réunion de ces tableaux, que l’on ne rencontrera nulle part ailleurs, permet de se faire dès à présent une idée de la distribution générale des eaux minérales dans les diverses parties du globe, d’autant que nous n’avons pas cru devoir nous borner aux eaux minérales propres à l’usage thérapeutique, et que nous avons donné place à un grand nombre de sources qui ne sauraient avoir pour nous qu’un intérêt purement hydrologique.
Pathologie thérapeutique. — La pathologie théi^apeutique tient une place considérable dans le Dictionnaire. D’après la méthode introduite par l’un de nous dans l’hydrologie médicale, chacune des maladies et des conditions de l’organisme, dans lesquelles les eaux minérales ont à intervenir, est l’objet d’un article spécial, où les indications relatives aux applications des eaux minérales sont posées d’après les données de l’expérience, et où la valeur comparative des différentes sources thermales est soigneusement étudiée.
Chimie analytique. — On sait combien l’analyse chimique des eaux minérales offre de sujets de recherche et de divergence entre les savants qui s’y sont adonnés. Nous avons donné place à toutes les questions qui s’y rattachent. Chacun des corps simples ou composés dont l’exislence a été reconnue dans une eau minérale quelconque, est étudié dans ses conditions d’existence, et les procédés d’analyse qui les concernent sont reproduits et critiqués avec tous les détails nécessaires à une étude aussi délicate.
Histoire naturelle et géologie. — Nous avons donné aux articles concernant V histoire naturelle et la géologie un développement proportionné à la place qu’elles occupent dans l’hydrologie, et subordonné aux questions d’un intérêt plus pratique et plus immédiat. Nous devons à l’obligeance de M. Cazin, à qui l’hydrologie est redevable de travaux estimés sur ce sujet, un article important sur les Matières organiques.
Balnéothérapie, procédés et appareils. — Nous sommes entrés dans des développements assez étendus au sujet des appareils et installations balnéothérapiques qui forment une partie intégrante du traitement thermal, et jouent un grand rôle dans quelques-unes de ses applications. On trouvera dans ces articles des détails techniques et
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pratiques que l’on clierclierait vainement ailleurs. Nous avons eu recours, pour la rédaction de l’article Hijdrothéropie, à l’expérience très autorisée de M. le docteur Gillebert d’Hercourt, directeur de l’établissement hydrothérapique de Longchêne, près Lyon ; cet article donne, outre l’exposition raisonnée des procédés hydrothérapiques, une étude très complète de l’hydrothérapie au point de vue physiologique et pratique.
Aménagement et installation. — Les eaux minérales fournissent à Vart de V ingénieur de nombreux et importants sujets d’application. Mais jamais jusqu’ici les principes qui doivent présider à cette intervention n’avaient été formulés, et les intéressantes questions qui peuvent surgir à ce propos n’ont même encore trouvé place dans aucune publication.
M. Jules François, ingénieur en chef des mines chargé du service des eaux minérales, à qui ses beaux travaux près des thermes les plus importants de l’Europe ont assigné une grande autorité sur la matière, a bien voulu prendre une part active de collaboration dans notre œuvre. Nous signalerons spécialement les articles suivants, où l’on trouvera un grand nombre de points de vue nouveaux, qui, appartenant entièrement à cet ingénieur, ouvrent une nouvelle ère à l’hydrologie médicale : Aménagement , Appropriation, Architecture, Baignoire, Buée, Buvette, Cabinets de bains et de douches. Piscine, Pression hydrostatique. Pression atmosphéricque, Captage, Chauffage, Conduite, Conservation, Distribution, Douches^ Etuves, Gisement, Groupement, Infiltrations, Inhalation, Jaugeage, Matériaux, Mines [Eaux de). Origine des eaux. Périmètre de protection, Puisement et transport, Pyrénées, Becherche, Réfrigération, Régime , Réservoir , Robinetterie , Seipentinage, Tremblement de terre, Vapeur, Ventilation, Volcans, etc., etc.
Questions administratives. — Enfin le dictionnaire renferme une reproduction complète de la législation qui régit actuellement les eaux minérales et un examen général des principales questions administratives qui s’y rattachent.
Nous avons consulté tous les ouvrages généraux et les notices particulières publiés en France sur l’hydrologie générale et les stations thermales. Nous avons mis à profit en particulier, pour le
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relevé des analyses, V Annuawe des eaux de la France^ et nous nous sommes attachés à mentionner scrupuleusement l’origine de tous les emprunts que nous avons dû faire.
k l’étranger, nous nous sommes adressés aux ouvrages les plus autorisés, qui tous ont été compulsés sur les éditions originales : ainsi nous citerons, entre autres publications consultées, celles de M\I. Rubio, pour les eaux minérales de l’Espagne, Bertini pour celles de l’Italie, Granville et Glover, pour celles de l’Angleterre, Osann, Simon, Helfft, Lersch et Seegen, pour celles de l’Allemagne, Lengyel, pour celles de la Hongrie. Nous devons, en outre, des remercîments particuliers à M. le professeur Bouros d’Athènes, qui a bien voulu mettre à notre disposition des documents inédits d’un grand intérêt.
Paris, 10 juin 1860.
Dcrand-FardiiL, Le Brkt, Lefort.