‹ Dictionnaire général des eaux minérales et d'hydrologie médicaleChapitre 94 sur 259 · BADEN-BADEN · texte numérisé non relu

BADEN-BADEN

Les analyses qui précèdent ne signalent pas l’iode et le brome, cependant !M. Heyfelder pense que ces métalloïdes s’y rencontrent.

On compte treize sources dans cette localité, mais elles ne présentent aucune différence dans leur composition, quoiqu’on les désigne diversement. Toutes empruntent leurs eaux à la source principale nommée la Hauptquelle VUrsprung.

Les sources de Baden-Baden sont pour la plupart très abondantes, et leur chaleur ne descend pas au-dessous de L\k^ cent. On en cite deux d’une nature particulière, le Stohlbad [bain ferrugineux), et le Stephansbad [bain de Stéphanie), sur lescpielles aucune analyse chimique n’a encore été publiée.

Une nouvelle trinkhalle, salle réservée aux buveurs, a été disposée avec un luxe qui fait négliger les conditions plus simples de l’ancienne. Elle est pourvue de la plupart des eaux minérales qui peuvent se trans^ porter. Chacun des hôtels de la ville communique par des tuyaux souterrains trvec la source principale (Hauptquelle), possède un réservoir de réfrigération et offre tous les aménagements balnéaires voulus, baignoires, appareils de douches, bains russes, etc. Ces élablissenients rivalisent surtout de richesse et de séductions. On a réservé pour l’administration des bains, douches et inhalations de vapeur, un pavillon qui enclôt V Hauptquelle et se distribue en appartements attribués à ces divers modes d’atmidiatrique. C’est le Dampfbad [bain de vapeur). Pour compléter ces ressources médicatrices , les fumigations de pommes de pin récoltées dans la forêt Noire et la cure au petit-lait de chèvre d’Appenzell ont également leur débit à Baden.

Il y a un Bain des pauvres, appartenant à l’État ainsi que les sources. Quarante-six baignoires et des secours de toAis genres sont dispensés

avec libéi alité aux indigents du grand-duché, et souvent à ceux des pays voisins.

Enfin, les animaux malades sont traités à Baden-Baden, sous la surveillance d’un vétérinaire; une grande piscine l^ir reste destinée (Rotureau).

A en juger par l’exposé de ces installations, il semblerait que les sources de Baden-Baden tiennent un rang éminent parmi les stations thei males de 1 Euiope. Cependant il est vrai de dire r|uela mode et surtout l attrait des plaisirs, joints aux enchantements d’une contrée délicieuse, ont plus fait pour leur prospérité que les relevés thérapeutiques. Jusqu’ici les renseignements que nous possédons sont peu concluants. Prise en boisson à la dose de cinq à six verres, cette eau excite l’appétit, active les secrétions; mais comme elle ne tarde pas à exercer une action astringente sur le tube digestif, les médecins de la localité lui adjoignent

BADENWEILEH.

fréquemment les sels de Karlsbad, mélange de sulfate et decai bonaïc de soude très prisé en Allemagne. C’est bien plutôt sur la ihermaliié de l'Ursprung et de ses dépendances que ces praticiens comptent pour la cure de leurs malades, et encore associent-ils aux bains tant de moyens étrangers et même de boissons minérales de toute provenance, qu’il est malaisé de discerner la vérité dans cette sorte de polypharmacie. Toutefois les formes de rhumatisme et de goutte, avec engorgement articulaire, qui contre-indiquent des eaux trop excitantes par suite de l’irritabilité du sujet, pourront être traitées efficacement à Baden-Baden. Là où il sera besoin d’activer la transpiration, chez de jeunes sujets lymphatiques ou scrofuleux, quelque peu impressionnables, chez des dyspeptiques dont l’embarras gastrique ou intestinal tient h un défaut ou à une insuffisance de sécrétions, nul doute qu’en combinant les divers moyens dont on dispose dans cet endroit on n’obtienne d’heureux effets. La thermalité de ces sources, appliquée avec ménagement, convient à certaines névralgies et aux paralysies symptomatiques d’alTections rhumatismales. Nous ne croyons pas que dans les maladies cutanées, pas plus que contre certaines diathèses ou maladies liées à un état diathésique, les eaux de Baden-Baden doivent être préférées à celles qu’une minéralisation plus notable caractérise davantage.

Les Romains avaient une colonie sur l’emplacement de Baden-Baden qui florissait alors, comme aujourd’hui, sous le nom de Civitas Aurélia Aquensis. Des fragments de sculpture antique, des restes de piscine, de vaporarium bien conservés, attestent la splendeur de ces thermes. Le grand* duc régnant, en en faisant une de ses résidences d’été, a " ajouté une attraction de plus au concours immense de visiteurs qui, du i mois de mai à la lin de l’automne, se succèdent dans les salons de con- 1 versalion de Bade.

t (grand-duché de Bade , cercle du Haut-Rhin).

! Village au pied du Blauen, au voisinage de la forêt Noire, à peu de I distance de Mülheim, station du chemin de fer de Francfort à Bâle.

! Carbonatée calcique. Tempér. , 26», 5 cent.

Eau : un litre.

Gram.

Carbonate de chaux . 0,091

Sulfate de chaux . 0,049

Chlorure de magnésium . 0,044

Matières extractives . 0,002

(Kcelreüter.)

Il y a un établissement assez fréquenté, auquel on a joint la cure du petit-lait. En l78ô, des bains romains furent découverts dans cette loca-

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