‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquéesChapitre 212 sur 396 · CID · texte numérisé non relu

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l'Europp, au printemps. La C. hybride {C. h>/hrtiJa,Lw.), un peu plus grande que la précédente, est d'un gris verdâtre, teinte dorée ou cuivreuse en dessus, vert luisant doré en dessous. Deux taches blanches sur chaque étui. Dans les sablonnières. La C. dr.i fon'ls [C. sijlvnlica, Lin.), qu'on trouve dans les bois de pins de la forêt de Fontainebleau, est très-voisine de la précédente, mais

elle a le corps noir.

CICINDÉLÈTES (Zoologie), C!e!n<We/(P,Latr.— Tribu

A-Insectes (voyez Ciciivdéi.ks), à six palpes, pattes propres à la course, extrémités d«s mâchoires terminées par un crochet, mandibules très-fortes et très-dentées. Elles ont la tête forte, de gros yeux ; sont éminemmeiit carnassières. La plupart des espèces sont exotiques. On les a divisées {Règne animal) en neuf genres, savoir : les Manticores, les Mégacépha/es, les Oxychet/es, les Euprosnpes, les Cicimlèles propres, les Ctenostomes, les Thérafes, les Col/iures^ les Triconrlyles.

CICUTAIRE (Botanique), Cicuta, Lin.; Cicutnria, Lamk. — Genre de plantes de la famille des Omhelhfères, composé de trois espèces, qu'on trouve en général dans les lieux aquatiques, les prés humides ; une seule se rencontre en Europe, les deux autres en Amérique. La C. aquatii/ue {Ciciitaria aquatica , Lamk; Cicuta virosa, Lin.) a une tige cylindrique, fistulcusc, haute de près d un mètre; elle est garnie de feuilles ailées, d'un vert foncé, à folioles étroites, lancéolées, dentées; fleurs blanches, en ombelles lâches. Elle croît en France, sur le bord des étangs. Elle est vivace et fleurit en été. Toutes les parties de la plante sont un violent poison pour l'homme. Il donne lieu aux mêmes accidents que la ciguè (voyez ce mot). Il ne faut pas la confondre avec la phellandre aquatique, qu'on appelle aussi vulgairement ciyuè d'eau (voyez Phellandbe). Caractères du genre : involucre nul ; involucHle multi-foliolé, calice à limbe S-denté, 5 pétales, ovales, courbés, 5 étamines, ovaire inférieur, deux graines ovoïdes appliquées l'une contre l'autre.

CIDRE (Chimie iudustrielle),du latin sicer, liqueur fermentée. — Le cidre est une boisson qui remplace le vin dans certaines contrées, et particulièrement en Normandie. Il se fabrique avec les pommes ; on a cependant vulgairement étendu ce mot à des liqueurs ferinentées provenant d'autres fruits, et même du marc de raisin dont le jus a été soutiré pour le vin. Les meilleures pommes à cidre sont âpres, amères au goût; ce sont elles qui donnent le cidre le plus riche en alcool, le plus facile à conserver et à clarifier; les pommes douces viennent après, et en dernier lieu les pommes acides.

Après la récolte, ces fruits sont mis en tas pour y compléter leur maturation, puis, au bout d'un mois ou six semaines, on les écrase avec un pilon en bois dur, ou sous une meule verticale en bois, ou enfin entre des cylindres cannelés en bois, pour éviter d'écraser les pépins qui donneraient au cidre un mauvais goût ; puis on les met immédiatement en presse à la manière du raisin ; toutefois, quand on veut avoir un cidre très-fortement coloré, on dépose la pulpe dans des cuviers en bois, où on la laisse macérer pendant plusieurs jours en la remuant cinq à six fois par jour, pour l'empêcher d'entrer en fermentation. La pulpe portée sur le pressoirs'égoutte sous son propre poids pendant vingt-quatre heures, et donne la mère youlle qui fournit le cidre le meilleur; puis on presse fortement. Le marc est ensuite délayé avec •2b p. IliO d'eau, et soumis, an bout de vingt-quatre heures , à une seconde pression , quel(|uefois même à une troisième avec 3à p. 101) d'eau, ce qui donne un cidre très-faible, consommé par les g(!us pauvres. On calcule, en Normandie, que 2 340 kil. de pommes donnent environ 1 GOO litres de bon cidre, obtenus de la mère goutte et des deux premiers pressurages. Le jus, au sortir du pressoir, est transvasé dans des tonneaux dont la bonde est siniploment fermée par une toile. Au bout de quatre ou cinq jours, une fermentation tumultueuse s'établit d'abord ; elle s'.apaise peu i peu, et il se forme un chapeau île mousse, qu'il est utile de laisser intact pour empêcher le contact de l'air avec la liqueur. Après cette première rerineiuation, le cidre est soutiré, puis soutiré de nouveau un mois après dans des tonneaux de " ou 800 litres, oii il reste jusqu'à la consomiuiUion, ou bien mis dans des bouteilles de grès, pins fortes et moins chères que les bouteilles de vi'rre. Du reste, le travail du cidre pont être modiliéd.Mln, I ,-, ni,Miiii.'^,'t l'oiiniinl.-- |n imIimn d. 'qualités très .illl ■., iilr,. (Iu;i 11.1 Mil V'Mli|ilr l,'i lihr r. --IrdiiUX,

on s'oppo-r ,1 s;i irriiii-iil;ili"n piii-d.'s li-iiiis\:isriiicnls ou soutirages multipliés, que l'on opère dès que ce phénomène commence à so manifester. Si l'on veut obtenir du

cidre mousseux , on décante une seule fois le moût de pommes avant la première apparence de fermentation, et OH le transvase dans un tonneau dans lequel on a fait brûler une mèche soufrée, ou mieux encore un peu d'alcool enflammé, contenu 4ans une coupe et promené dans toutes les parties du tonneau. Cette opération paralyse pendant assez longtemps la fermentation pour que le moût se clarifie avant qu'elle ne commence à se déclarer. Dès qu'elle menace, on soutire dans des bouteilles de grès, qu'on bouche, qu'on ficelle et que l'on cachette. Ce cidre mousse comme du Champagne, et est très-agréable à boire. Les cidres doux sont ordinairement préférés par les habitants des villes; mais quand, après la seconde fermentation, il est renfermé dans de grands tonneaux, il ne tarde pas à éprouver une dernière fermentation qui lui donne une saveur acide et amère ; on le nomme alors cidre paré, et c'est dans cet état qu'il est préféré dans les pays de production.

Outre le cidre proprement dit, résultant delà fermentation alcoolique du jus de pommes, il en existe un autre connu sous le nom de poiré, qui se fabrique, avec des poires, ex.actement comme le précédent. Les poires douces doivent seulement être pressurées dès qu'elles sont cueillies, tandis que les poires âpres doivent achever en tas leur maturation. Dans tous les cas, le pressurage doit suivre immédiatement le broyage.

Le poiré est plus capiteux que le cidre, et par une. bonne préparation et un séjour de quelque temps dans les bouteilles, il devient complètement vineux, et peut être confondu, par des palais pou exercés, avec les vins blancs de l'Anjou et de la Sologne, et même, quand il est mousseux, il peut prendre le masque des vins légers de la Champagne. Mais généralement cette boisson est préparée sans soin et avec de mauvais fruits, ce qui donne de très-mauvais produits. Cependant les poires sont plus sucrées et donnent plus de jus, plus d'alcool que les pommes; le poiré donne 10 p. 100 d'eau-de-vie à 20 ou 22°, pouvant servir à tous les usages de l'eaii-devie de vin; il donne d'excellent vinaigre, et, sous l'un ou l'autre de ces rapports, il pourrait devenir la sourcû d'un produit important pour le Nord.

Dans quelques contrées de la France, les classes pauvres font du cidre avec des cormes, des baies de ç/eiiièvre, etc. Le corme est excessivement acre, quand pour le préparer on n'a pas laissé blettir les fruits; mais il peut servir avantageusement à conserver les cidres qui veulent tourner au gras.

Les maladies des cidres tiennent la plupart à une préparation défectueuse et à l'usage vicieux de puiser pour la consonmiation dans des tonneaux qui restent ainsi plus ou moins longtemps en vidange. Le cidre noircit ou s'aigrit. Mais, même dans des tonneaux bien clos, le cidre tourne souvent au gras, maladie analogue à celle des vins blancs, qui porte le même nom et qui est due à un défaut de tannin dans la liqueur (voyez Vin).

Quelques fabricants avaient imaginé de clarifier les cidres par de l'acétate de plomb ; une certaine quantité de cette substance vénéneuse restait dans la liqueur et produisit de graves accidents. Son usage a été interdit en 1852. Le meilleur cidre vient de Normandie.

CIEL (Mouvement ininNE du) (Astronomie, Cosmographie). — La plus simple observation du ciel nous montre que le soleil se lève chaque matin à l'orient; il s'élève progressivement, puis s'abaisse et va se coucher à. l'occident. La lune se comporte absolument de même. Enfin, si l'on suit avec quelque attention les étoiles qui brillent au ciel pendant la nuit, on reconnaît qu'elles se déplacent dans le même sens que le soleil ; elles montent graduellement au-dessus de l'horizon, redescendent ensuite pour disparaître au couchant. Dans nos climats, en se tournant vers le midi, on voit ces astres décriredes courbes sensiblement circulaires, par;dlèles et inclinées sur l'horizon. Les unes, les plus méridionales, ne se montrent que (pielques instants; d'autres parcourent uu demicercle et sont visibles pendant douze heures. En se tournant vers le nord, on observe encore ce mouvement des éiciiles; mais certaines d'entre elles oflrent cette particulaiid', qu'i'lles no descendent jamais au-dessous de l'iioriznii cl iirrri\ent un cercle entier autour d'un point VDisiii ili \ rhi.li; polaire, <\m elle-même reste à peu près iniiu.'liili' dans le ciel. Le mouvement de ces étoiles, qui sont diles circum)i'il<iires. semble dirigé d'occident eu orient dans la partie inférieure de leur cercle.

On entend par moinvmeitl diurne du ciel ce mouvement de circulation des étoiles qui les entraine do l'est à l'ouest, et les ramène i lu même position au bout d'ea-

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viron vingt-quatre liciiros. Ce mouvement est commun i tous les astres qui apparaissent dans le ciel.

Parmi les astres, la plupart conservent entre eux les mêmes positions relatives : leurs configurations restent les mêmes; ce sont les étoiles fixes que roii a classées par constellations, afin de mieux les reconnaître. Tout

Fig. 561. — Spliire Colcslc.

se passe comme si ces étoiles étaient fixées à une sphère solide ifig. SGI ) qui tournerait d'orient en occident autour d'un de ses diamètres PP', qu'on appelle l'axe du monde. Cet axe est incliné sntVhorizon d'environ iS» dans nos climats. A la surface de cette sphère idéale d'un trèsgrand rayon, qu'on appelle la sphère céleste, imaginons une étoile. Il sera facile, suivant sa position, de reconnaître si elle est circumpolaire, si elle reste douze heures sur l'horizon, ou bien n'y parait pas du tout. Pour les étoiles, le mouvement diurne consiste en ce qu'elles décrivent, sans changer de position relative, des circonférences parallèles dont les centres sont sur une même droite qui passe toujours par l'étoile polaire.

D'autres astres, tels que le soleil, la lune, les planètes, les comètes, tout en participant au mouvement diurne, ne conservent pas les mêmes positions relatives entre eux, nia l'égard des étoiles. On dit alors qu'indépendamment de ce mouvement diurne, ils possèdent un mouvement propre.

La différence d'aspect du ciel, de jour et de nuit, tient uniquement à la présence du soleil qui, par sa grande clarté, nous empêche de voir les étoiles. On peut cependant apercevoir les plus brillantes à l'aide d'une lunette, ou bien lorsque le soleil vient à être caché, comme cela a lieu dans les éclipses totales. La lune, lorsqu'elle est pleine, produitle même effet pendant la nuit, mais à un moindre degré. Voici quelques définitions nécessaires pour bien comprendre les lois du mouvement diurne.

Les points où l'axe du monde parait rencontrer la sphère céleste se nomment les pAlcs, du mot grec pôléin, tourner; l'un d'eux est d'il Ijoréal ou arctique, à cause de son voisinage avec la constellation do l'Ourse, arkios; l'autre, que nous n'apercevons pas dans nos pays, se nomme austral ou antarctique.

L'Iiorizon, de horizo, qui signifie borner, est un cercle de la sphère céleste SN, tangent à la surface de la terre. 11 en résulte que pour chaipie point existe un horizon particulier. Nous entendons par surface de la terre la surface des eaux tranquilles, qui est perpendiculaire i\ la direction du fil à plomb ou à la xuTtienle. La verlicale rencontre la sphère céleste en deux poinis : celui (|iii est au-dessus de l'horizon Z est le /(/«i7/i, l'autre n le Nudir. Lorsqu'on se trouve dans un lieu découvert, l'horizon se termine en forme de cercle et sépare sur la sphère céleste une partie inférieure que nous ne voyons pas, et une autre qoi nous paraît comme une voûte surbaissée [voyez ATMosi'iikiiE).

Le méridien est un cercle de la sphère céleste qui passe par l'axe du monde et aussi par la vcriicalc. Il partage la sphère en diMix portions, l'une orientale, l'aulro occidentale. On l'appelle méridien, parce que le soleil se trouve dans ce plaji nu moment du »jiV/i', lorsqu'il atteint sa plus grandi' hauteur au-dessus de l'horizon ou sa rulmination. Le méridien divise en deux parties égales les ciTcle» décrit» par les étoiles; il contient le point le plus élevé et le point le plus bas de tous ces cercles. Knfin, iJ coupe le plan de I horizon suivant une droite horizon-

tale, qu'on apprlle nirridicmie. L'une des extrémités de

la mériiliru -t li' ;/■./(/ uu scptrutrion [sejdemtriones,

les sept .inili^ ilr l'tjiirse), i'^nire est le sud ou midi. Une droite hunzoïiiale, ]>erpeudiculaire à la méridienne, détermine l'est et Vuuest : ce sont les quatre points cardinaux.

L'équateur est un grand cercle qq' perpendiculaire à l'axe de la sphère céleste, qu'il divise en deux hémisphères, boréal et austral. On l'appelle équateur, parce que, lorsque le soleil paraît décrire ce cercle, le jour est égal à la nuit. Cela arrive deux fois l'année, aux équinoxes, c'està-dire vers le 2 1 mars et le 22 septembre.

Le mouvement diiu-ne de la sphère céleste est parfaitement uniforme. Chaque étoile décrit sou parallèle dans le même temps, et ce temps est rigoureusement le même à toutes les époques de l'année; il n'a pas varié depuis les siècles les plus reculés. C'est ce qu'on appelle \ejour sidéral, ou l'intervalle qui s'écoule entre deux passages consécutifs d'une même étoile au méridien. Le jour sidéral est plus court que le jour solaire de 4 minutes environ (voyez Accélékation dicbmî), parce que le soleil, ayant un mouvement propre d'occident en o.ient, parcourt dans un jour 59' ou près de 1°, et se trouve en retard par rapport aux étoiles de cet arc que la sphère céleste décrit i peu près en 4 minutes de temps. Ce retard, accunu.lé chaque jour, produit 24 heures au bout d'un an, de sorte que, dans l'intervalle d'une année, quand le soleil se trouve revenu à la même étoile, il y a eu un jour sidéral de plus que de jours solaires.

Pour reconnaître que les courbes décrites par les étoiles sont des cercles et que leur mouvement est uniforme, on emploie Véquatorial (voy. ce mot) ou machine parallactique. Ce n'est autre chose qu'un théodolite dont l'axe est dirigé suivant la ligne des pôles, le cercle horizontal devenant ici l'équateur. Si l'on dispose la lunette de manière à apercevoir une étoile, on reconnaît que, pour la suivre dans son mouvement, il suffit de donner à l'instrument un mouvement de rotation autour de l'axe sans changer l'angle que la lunette fait avec lui : la lunette décrit alors un cône circulaire droit. Donc, il en est de même de l'étoile. Or, c'est précisément ce qui doit avoir lieu si, l'étoile étant fixée à la sphère céleste, celle ci tourne autour de l'axe. Pour reconnaître l'uniformité du mouvement, il faut avoir de plus à sa disposition une horloge bien réglée, et comparer le temps écoulé avec la marche de l'aiguille sur le cercle équatorial. On trouve que les angles décrits sur le limbe sont proportionnels au temps ; le mouvement de rotation de l'instrument est donc uniforme, et il en est de même de celui de l'étoile dont on a suivi le mouvement.

Enfin, en observant à diverses époques, on trouve que l'intervalle de deux passages consécutifs d'une étoile au méridien est toujours le même ; c'est le jour sidéral. Dans les grands observatoires, on adapte à l'équatorial un mouvement d'horlogerie, de manière à lui donner autour de son axe un mouvement uniforme qui s'exécute de l'est à l'ouest en vingt- quatre heures sidérales, et alors dès qu'une étoile est amenée dans le champ, elle y reste indéfiniment; si on lui reconnaît un déplacement, on en conclut que ce n'est pas une étoile fixe, mais un astre possédant un mouvement propre.

Le mouvement de rotation de la sphère céleste est le seul mouvement rigoureusement uniforme que nous puissions observer à la surface de la terre. Aussi l'utilise-t-on, en quelque sorte, comme une horloge. L'arc parcouru par une étoile sur son cercle diurne étant proportionnel au temps employé, ce temps s'évalue par une frac-lion du jour sidéral égale au rapport de l'arc à la rirrouférence entière. Ainsi, par exemples Stitl" étant décrits en vingt-quatre heures sidérales, 15° correspondront à une heure, .10° à deux heures, etc. ; et de même 15' à une minute de temps, l5" il une seconde do temps, et ainsi de suite.

Une remnnpie importante à noter, c'est que, quel que soit le point de la terre où l'on se trouve, le ciel semble toujours, pour chaque observateur, tourner autour d'un axe passant par ce point. Il s'ensuit que la distance de deux lieux prise sur la terre est iiilininii'nt petite par rapport aux distances dos étoiles. Pour (|ul■lc|u^^s astres voisins, tels que la lime, les dimensions de la terre sont loin d'Ctro insensibles; mais s'il s'agit di^s étoiles, notre globe est comme un point situé au centre de la spbère céleste.

L(M lois du mouvement diurne ne s'observent rigoureusement, comme nous les avons énoncée», qu'on tenant compte de la réfraclioniioM le» effets seront indiqués

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ailleurs. De plus, les étoiles ne sont pas absolument fixes, comme le croyaient les anciens, elles se déplacent sensiblement les unes par rapport aux autres, mais de très-petites quantifÇs. Un grand nombre d'autres corps parcourent le ciel tout eji participant au mouvement diurne. Les astres ne forment donc pas un système solide, comme le suppose la conception de la sphère céteHe; leurs distances sont d'ailleurs très-diffùrentes et variables pour un même astre. Ces considérations ont conduit naturellement à douter de la réalité du mouvement du ciel, et à chercher à expliquer les apparences, en attribuant à la terre un mouvement de sens contraire autour d'une droite parallèle à l'axe du monde. Cette nouvelle explication du mouvement diurne par la rotation de la terre rend compte tout aussi bien de l'ensemble des phénomènes que nous avons décrits. Elle est plus facile à concevoir mécaniquement; enfin, il en existe des preuves directes qui seront développées à l'article Rotation. E. R.

CIERGE (Botanique), Cereus, Haw., du grec kéros, cierge. En créant ce nom, on a fait allusion à certaines espèces à tiges droites et fermes qui ressemblent jusqu'à un certain point à des cierges. — Genre de la famille des Cactées, tribu des Céréastrées. Les cierges sont des plantes charnues qui prennent souvent de la consistance avec l'âge; leur tige est allongée, munie d'angles ou de côtes plus ou moins épais, plus ou moins ailés. Leurs fleurs sont disposées latéralement; elles s'épanouissent ordinairement la nuit et sont éphémères. Ce genre est très-nombreux en espèces. D'après la nomenclature de M. Salm-Dyck, qui est généralement adoptée pour la famille des Cactées, il renferme bon nombre d'anciens Cactus et d'0/mntia (Raquette). C'est dans ce dernier groupe que se trouvent le cochetûllier et le figuier de Hnrburie (voyez R.^qiette'. Nous citons parmi les espèces principales, le C. du Chili [C. chilensis, Pfeiff. ; Echinoructus elegans et pijramidalis, Hort.)qui est à 10l'i côtes, avec des aiguillons extérieurs au nombre de 8-10. Le C. laineux ( C. lanuginosus , Haw. ; Cactus lanugijiosus. Lin.) est couvert d'une laine blanche crépue, avec de longs aiguillons jaunâtres, au nombre de 10-12 extérieurement et de 3 au centre. Cette espèce, originaire tie l'Amérique méridionale, donne des fleurs vcrdâtres et des fruits rouges, lisses. Le C. du Pérou (C. perurianus, Haw.; Cactus peruvianus. Lin.) est une plante trèsgrande, d'un vert obscur, à 5-8 côtes verticales, et garnie d'aiguillons roides, bruns, accompagnés d'un duvet gris. Les fleurs de cette espèce, longues de 0", 15, sont blanches. On cultive souvent une variété monstrueuse de ce cierge (C perunianus mo/isfruoius, de Cand.), qui se distingue par la tige rameuse, extrêmement difforme et renflée en tubercules. Le C. magnifique (C. speciosissimus, de Cand., Cactus speciosissi>nus,ï)'ii(.) à tige rameuse, épineuse. 3 ou 4 angles; fleurs magnifiques, larges de 0",I2 à C'ilS, d'uu rouge pourpre à reflets irisés â l'intérieur. La culture en est facile. Le C. jiorie-épée [C. pugioniferus, Lehm. ; C. gladialor, Otto) est une belle espèce du Mexique. Sa tige est glauque, à cotes triangulaires cambrées, munies d'aiguillons noir bleuâtre et comme recouverts d'une rosée verdàtre. Le r. tétragone (C. tetragonus, Haw. ; Cactus tetragonus, Lin.) nous vient du Brésil. Sa tige émet de nombreux rameaux inférieurement; ses aiguillons sont grêles, de c<juleur fauve, au nombre de 7-8 extérieurement et un seul central dépassant à peine les autres. Les fleurs de cette espèce sont blanches, striées de rouge. Le C. pentagone (C. pentagonui, Haw.; Cactus penlagonus. Lin.) a la tige presque dressée, rameuse, articulée, avec des aiguillons roides, noirâtres et devenant blanchâtres. Le C. flagtlliftirme {C. flugelliformis, Haw.; Cactus fla- </rlltfurniis. Lin.) rentre dans la section dos Serpentins. Ses liges sont cylindriques avec des aiguillons roux dis posés en étoile. Ses fleurs sont nombreuses, d'un rouge pourpre. Il y a encore le C. à grandes fleurs^ que l'un cultive souvent (C. yra/irfi/Zonw, Haw. ; Cactus gi-aniliflorus, Lin.). Il vient des Antilles. Ses fleurs sont trèsgrandes, blanches en dedans, jaunes en di-liors, elles durent très-peu de temps; s'ouvrant le soir, elles exhalent pendant toute la nuit, une suave odeur de vanille.

L'horticulture a obtenu une grande quantité de variétés par l'hybridation de plusieurs cierges. Les plantes de ce genre demandent une terre franche, légère, très-peu d'arroscment. Elles sont d'ime conservation facile, pourvu qu'on les rentre pendant le froid. Caractères: périanihe à tube longuement prolongé au-dessus de l'ovaire; étamines iudéUDics, insérées en plusieurs rangées & la base

du tube; style dépassant peu celles ci; stigmates rayonnants; baie munie de petites écailles ou de petits tubercules en aréole. G — s.

CIGALE (Zoologie), Cicada, Oliv. — Genre à' Insectes hémiptères, section des Homoptéres, famille des Cica- (laires, caractérisé essentiellement par des antennes de six articles distincts, la soie terminale comprise, trois petits yeux lisses; leurs élytres sont presque toujours tiansparentes et veinées; les mâles portent de chaque côté de la base de l'abdomen un organe particulier, à l'aide duquel ils produisent une espèce de son monotone et bruyant, qu'on a bien improprement appelé le citant des cigales. L'extrémité de l'abdomen de la femelle est pourvue d'une tarière en scie, renfermée entre deux lames écailleuscs. Elle a quelquefois jusqu'à 0",0I2 à 0",0I4 de longueur, et l'animal s'en sert ponr percer le bois dans lequel il dépose ses œufs. Mais ce qu'il y a de plus remarquable dans ces insectes, ce sont les organes du chant; les bornes de cet article ne nous permettant pas de donner la description de cet appareil compliqué, nous renverrons pour cela aux Mémoires de Réaumur, à l'article Cigale, signé Latreille, du Dictionnaire d'histoire naturelle de Déterville, et au Règne animal de Cuvier. Les cigales sont des insectes des pays chauds ; ils ne sautent pas comme la plupart des autres cicadaires ; on les trouve sur les arbres ou les arbustes dont ils sucent la sève. Les larves sont blanches, ont six pattes, et s'enfoncent dans la terre où elles vivent, dit-on, des racines des plantes. Au rapport d'Aristote, les Grecs mangc<aient les cigales et leurs larves. Parmi les nombreuses espèces, on doit citer : La C. de l'orme [C. orni. Lin.), longue d'environ 0"", 025, jaunâtre, pâle en dessous, mélangée de noir en dessus; elle est du midi de la France, de l'Italie, etc. ; il est plus que douteux que ce soit elle qui, en piquant Vorrne [Fraxinus ornus, Lin.), fait écouler ce suc mielleux, purgatif, qu'on appelle manne. La C. commune (C. p/ebeia, Lin.) {fig. 502), plus

r.g. 5C2. - Cigale

grande que la précédente, noire, tachetée de jaunâtre, la moitié inférieure des élytres à nervures testacées. Du midi de la France, de l'Italie, etc. La C. dix-sept ans {C. septeihdecim. Lin.) est une singulière espèce qui, reparaît tous les dix-sept ans en grande quantité en Pensylvanie ; elle fait un tel bruit que lorsqu'il y en a plusieurs ensemble, on ne peut s'entendre parler (Latreille).

CIG.\RE MÉDICINAL (Médecine). — Ces cigares peuvent avoir différentes formes ; tantôt ce sont des feuilles sèches de plantes médicinales qui sont roulées comme les cigares de tabac, et qu'on fume de la même manière ; ainsi les feuilles de belladone, de jusquiame, de digitale, de stramonium , sont employées contre l'asthme, la plithisie. Oa obtient de bons effets des cigarettes dites d'Espic dans le traitement de l'asthme essentiel et des bronchites nerveuses: on les prépare avec des feuilles de belladone, dejusquiame, de stramonium, de phcllandre aquatique, arrosées d'une solution d'extrait gommeux d'opium dans de l'eau de laurier-cerise. D'autres fois, ce sont des substances médicamenteuses qu'on renferme dans des cigarettes de papier et qu'on emploie de la même manière. Enfin, quelquefois on aspire sans combustion ces substances renfermé'cs dans des tuy.iux de plume ou d'ivoire; telles sont les cigarettes camphrées, fort en usage aujourd'hui.

CIGARES (Technologie). — Voye2 Tabac.

CIGOGNE (Zoologie ) , Ciconiu , Cuv. — Genre d'Oiseaux échussiers faisant partie de la troisième tribu de la famille des Cultrirostres {Itègne animal). Cet oiseau a le bec gros, médiocrement fendu, sans fosse ni sillon, les jambes sont réticulées et les doigts antérieurs fortement palmés à leur base, surtout les externes ; les man-

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dibules légères et larges du bec, en frappant l'une contre l'autre, produisent un claquement, presque le seul bruit qu'il fasse entendre. Les cigognes vivent dans les marais et se nourrissent surtout de reptiles, de petits poissons, de vers, etc. ; leurs mouvements sont lents et mesurés, et une disposition particulière de l'articulation du genou leur permet de dormir commodément sur une seule patte (fia. 504) en tenant l'autre fléchie. La C. blanche [C. atha. Vieil.; Ardea ciconia, I,in.) est blanche, avec lespennesdes ailes noires, le bec et les pieds rouges, (fig. 5C3) C'est un grand oiseau long de i'",IO, bien connu du vulgaire, et pour lequel le peuple a un respect particulier, qu'il mérite bien par ses qualités de sociabilité et par les services qu'il nous rend; en oll'ct, la cigogne bUuiclie semble née pour habiter parmi les hom-

Fig.«63. - Cigogne blanclie.

mes ; elle fixe son domicile sur nos maisons, place son nid sur les toits et les cheniincf«. rliorriic sa nourriture sur les bords des rivières les \>\\\~- Uri\iir\>\rr^, (liasse dans nos champs, presque dans ms j.nilin^, m' ^riliaie point du tumulte des villes, s'établit tur 1rs touis, et partout elle est bien venue et respectée. Son naturel est doux ; elle n'est ni défiante ni sauvage, s'apprivoise aisément, et semble même avoir une idée de la propreté, car clic choisit les endroits écartés pour rendre ses excréments. On prétend qu'elle donne des marques d'attachonient pour les botes qui l'ont re(;ue, et on connaît sa constance à revenir tous les ans aux mémos lieux. La cigogne a un vol puissant et soutenu ; elle s'élève très-haut et fait do fort longs voyages; elle a une grande affection pour ses petits, les nourrit longtemps et ne les quitte que lorsqu'elle .leur voit assez de force pour se défendre et se pourvoir d'eux-mêmes. Elle pose ordinairement son nid sur les combles élevés, sur les créneaux des tours, quelquefois à la cime des plus grands aj-bresqui sont au bord des eaux, de manière à dominer toujours tout ce qui l'enviionnc. La ponte est de deux à quatre œufs, d'un blanc sale, jaunâtre, un peu moins gros, mais plus allongés que ceux de l'oie ; le mille les couve alleniativemcnt avec la femelle; ils écloscnt au bout d'un mois. Malgré leur facilité à se familiariser, ces oiseaux ne mulliplient point dans l'état de domesticité. Les cigognes qui nous arrivent au prininmps parlent vers la lin d'aoiit; à cet effet, elles s'assemblent auparavant, à plu- Bicurs reprises, dans quelque plaine; puis, le moment du départ arrivé, elles s'élèvent toutes ensemble et en peu de temps se perdent au haut des airs; le plus souvent ce départ a lieu la nuit, et se fait dans le plus grand silence, lin France, c'est on Lorraine et en Alsace qu'on en voit le plus; il en reste même souvent dans ces contrées. L'Egypte, la Caibaiie, paraissent Cire les pays où clins se retirent on plus grande quantité.

Dans tous les temps et en toutpays, les cigognes ont été ro''pcclée» comme un oiseau d'un augure favorable ; ainsi, il faudrait citer tous le» peuples de l'Orient, les Égyptiens,

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les Arabes, les Mabnmétans, les Maures, les Thessaliens; puis les Romains; et jusqu'au farouche Attila qui s'attache à la prise d'Aquilée, dont il allait lever le siège, parce qu'il avait vu des cigognes s'enfuir de la ville, ce qu'il interprétait comme un présage fimeste pour elle. Aujourd'hui, on les protège en Hollande, et une des causes de cette protection, c'est qu'elles purgent les vallées humides des serpents, des grenouilles, crapauds et autres reptiles. La C. noire (C. nigra. Vieil. ; Ardea »i/.yra. Lin.) est aussi une espèce de notre pays; elle est noirâtre, à reflets pourpres, à ventre blanc ; elle fréquente les marécages écartés, niche dans les forêts les plus épaisses et ne se plaît que sur les plus hautes montagnes; elle offre , du reste , un contraste frappant avec la C. blanche, en recherchant les endroits les plus éloignés des habitations. La C à sac {Ardea dubia, Gmel. ; A. argala, Lath.) est une espèce étrangère, qui a sous le milieu du cou un appendice comme un gros saucisson, et dont les plumes du dessous de l'aile donnent les panaches légers, que l'on appelle marabous { voyez ce mot) . Ce sont les plus grands oiseaux du genre [fig. 664); ils ont le ventre blanc et le manteau noir bronzé. Il y en a deux espèces, l'une du p|„. gj^, ci^o^ne à jac.

Sénégal, à manteau uni

(C. marabou, Tcm.), l'autre des Indes, dont les couvertures de l'aile sont bordées de blanc (C.arj»/n,Tem.). Leur large bec leur sert à prendre des oise<tux au vol (Cuvier). '

GIGUE (Botanique médicale), Cicuta des Latins, Coniutn des Grecs. — On a donné le nom de Ciyiiè à plusieurs espèces de plantes vénéneuses appartenant à difiércnts genres de la grande famille des OmbelHfères (voyez OJiiiELLiriiKES); et ce mot rappelle à l'esprit le breuvage empoisonné dont se servaient les Athéniens, et qui a été surtout immortalisé dans l'histoire par la mort tle Phocion et de Socrate; et cependant des doutes sérieux se sont élevés sur la nature du poison dont on se servait dans ces circonstances; le hôneion employé déjà comme médicament du temps d'Hippocrate est-il bien la grande ciguë à laquelle Linné a cru devoir restituer ce vieux nom de Cnnium ? D'un autre cûié, Pline a-t-il eu des raisons suffisantes pour avancer que le poison dont on se servait A .Athènes était le suc de la ciguë? Cette assertion, répétée comme une vérité incontestable par tous les auteurs et corroborée par ce qu'il ajoute que Socrate avait péri par ce poison, est cependant sujette à discussion, si on considère que Platon, dans la relation historique de la mort de son maître, ne parle pas une seule fois du kôneion, et qu'il emploie fiéquenmient le mot de phiirmahon , drogue, poison ; il faut se rappeler aussi que les symptômes de la mort de Socrate, décrits dans le l'Iie'dmi, ne se rapportent guère à ccvix que déterminent les diverses espèrisde cit'uë. Du reste, Tliéophraste parle d'un certain lin j ii;, d-Mantinée, qui se vantait do doimer la nioii m J ■ ilmi- avec le suc de kûneion, de pavot et d'auir. . Im < ^ Minblablcs; il est donc probable que le poison des Athéniens était une préparation pharmaceutique, dans laquelle entrait sans doute la cignè, et l'on comprend alors le mot do pharmacon employé par Platon.

Les plantes que l'on a désignées sous ce nom sont : I " hiidratide Cii/iic, Cig'iè tnclieli'e [Cortinm mnculnlum. Lin. ; Cirufn iiuijnr, Lanik, du genre Conhiin, Lin., tribu des Siiii/nK'f'), plaiiti' hi-,:iM[iui-lli', A tif;e r.uniMise, glabre, rylindri(|ue,inar(iMr'e :\ su hase de larhes d'un r(Ui^'ebrun, feuilles tn -ilirniiiH'.-,, il'un vert l'otu'é en ili'ssiis, llours blanchis, pi iin , . ilni > iilier, pi'-lnles ini'f;aii\ en rnHir, fruit gliihiil. ii\ ; ri h 11 ml ilaiis les lieux inciilles ; toutes se» parties ImisMes entre les doigts répandent une odeur nauséabonde 8i)éiiale, qui peut servira la faire distingour du cerfeuil avec lequel elle a beaucoup d'analogie j

CIM

elle renferme un principe actif très-vénéneux, nommé d'abord cicutiw, puis cOHiVi'/iP, couine (voyez Comne) ; plus développé dans les pays chauds et fourni par toutes les parties de la plante, mais plus particulièrement par les graines, si on en croit MM. Dcvay et Guillermond, de Lyon (voyez Comdm).

2° La Cic/iiê tireuse, Cictitaire aqvatiqxie [Cicvtavirosa. Lin. l'Cicutariaaqiialica, Devay, Lamk, du genre Cicuta,Un., tribu des Amminées), croit au bord des étangs ; c'est une plante vivace, à racine grosse, charnue, qui contient un suc jaune très-âcre; à tige dressée, rameuse, striée, fistuleuse; feuilles grandes, ailées, pointues, dentées ; fleurs petites, blanches, en ombelles lâches ; pétales entiers, presque égaux; semences cylindriques : ses propriétés vénéneuses sont plus intenses que celles de la grande ciguë.

3» La Petite Ciguë, Ache des chiens, Faux Persil{.Ethusa cynapium. Lin., dngeme^Etliusa, Lin., tribu des Sésélinées), croit dans les lieux cultivés, d'où le nom do ciguë des jardins, qui lui a été aussi donné; racine annuelle, longue, blanche; tige dressée, rameuse, cylindrique, cannelée ; feuilles d'uu vert foncé, ailées ; fleurs blanches, en ombelles très-garnies; calice entier, pétales inégaux, fruit ovoïde, semences demi -globuleuses; elle ressemble au persil ; voici ce qui l'en distingue : le persil a des ombelles pédonculées, garnies d'une collerette à une seule foliole; l'odeur du persil est agréable ; ses fleurs sont d'un blanc jaunâtre: dans la petite ciguë, les ombelles n'ont pas de collerette, l'odeur est nauséabonde, les feuilles sont d'un vert noirâtre, les fleurs sont blanches. Elle est très-vénéneuse comme la précédente.

4° La Ciguë d'eau (Phellandrium aquaticum. Lin. ; Œnanthe phellandrium , Lamk , du genre CEnaydlie, Lamk, tribu des Sëséline'es), nommée encore fenouil d'eau, commune dans les mares, tige creuse, feuilles trèsdivisées, fleurs très-petites, ombelles de sept à dix rayons, fruit ovoïde, allongé. Va peu moins vénéneuse que les autres espèces.

Les symptômes de l'empoisonnement par la ciguë sont l'assoupissement, la stupeur, le délire, les syncopes, le ralentissement du pouls, les vomissements, soif ardente, suffocation, etc. Les premiers moyens à employer sont de provoquer le vomissement, on donne ensuite les boissons adoucissantes , acidulées ; enfin , quelquefois les opiacés. La ciguë a été employée en médecine comme fondant et résolutif dans le squirre, le cancer, les engorgements chroniques; à l'intérieur, en poudre, en extrait; à l'extérieur, en emplâtres, etc. " F — N.

CILL\IRES (Anatomie). — Adjectif qu'on ajoute à plusieurs des parties contenues dans le globe de l'œil ; ainsi les artères ciliaires, les nerfs cilioire^, le corps ciliaire, le ligament ciliaire, les procès ciliaires (voyez CEiL, Procès ciiiAinEs).

CILIÉ (Botanique), ciliatus. — Ce mot s'applique à toutes lespaities des végétaux bordées de cils; ainsi, on dit des feuilles ciliées, des pétales ciliés, des bractées ciliées, etc.

CILLER (Hippiatrique). — On dit qu'un cheval commence à ciller lorsque les poils des sourcils blanchissent ; ce caractère indique une vieillesse déjà avancée.

CILS (Anatomie), du latin celare. cacher. — On appelle ainsi ces poilsdurs et roidcs, implantésdans l'épaisseur du bord libre des paupières; ou eu compte de cent à cent cinquante à chacune d'elles, un peu plus en haut qu'en bas. Ils décrivent dans leur direction une légère courbure qui, pour ceux de la paupière supérieure, présente une concavité en haut, et une en bas pour ceux de la paupière inférieure ; il en résulte que dans l'occlusion des yeux les deux convexités se rencontrent, mais sans jamais se croiser. Les cils ont pour but de tamiser l'air, pour ainsi dire, afin de garantir les yeux contre le contact et l'introduction des corpuscules qui y sont contenus. Tout le monde connaît les effets du renversement des cils en dedans de l'œil; ils viennent dans ce cas irriter, piquer cet organe, et y déterminent souvent une inflammation qui ne cesse que par leur ablation ; c'est 4 cette afl'ection qu'on a donné le nom de trichinsis (voyez ce mot). La perte dos cils par suite de maladie constitue une incommndité grave, parce que celte absence expose l'œil au contact trop direct de l'air et à l'impression souvent trop vive de la lumière. F — N.

Cils vibratiles (Zoologie, Botanique). — On donne ce nom à de petits appendices filiformes, très-fins, transparents, dressés sur toute la surface de certaines cellules épithélialesde quelques animaux invertébrés surtout et se coulractant parcux-mùmc8,80usrinnuence apparente des

nerfs, par des mouvements vibratiles très-vifs. On distingue : 1' Les cils vibratiles proprement dits, qu'on trouve chez les animaux à sang chaud ou autres sur des cellules d'épithélium dans toute l'étendue de la muqueuse des organes de la respiration, par exemple, et aussi sur des cryptogames vasculaires, des mousses, etc. 2° Des filaments vibratiles qui existent à la surface du corps des animaux, tels que les infusoires, sur les bi-yozoaires, etc.

Cils (Botanique). — Poils parallèles qui bordent les organes de certaines plantes et disposés souvent comme les cils des paupières. Ces organes sont alors dits ciliés. Exemples : les feuilles de la joubarbe, &a jonc poilu ; les bractées du charme, de la menthe verte; la gorge de la corolle de plusieurs gentianes; les pétales do la capucine, de la rue ; les anthères de la brunelle, de la lavande, de la petite orobanche ; la graine du mentjanthes nijmphoides; le stigmate du rumex scutatus, du sanguisorba média, etc. L'orifice de l'urne des mousses est souvent bordé de cils qui jouent un grand rôle dans la détermination des espèces de ces plantes. G — s.

CIMBEX (Zoologie), Cinibex,0\\y. — Genre d'Insectes hyménoptères, section des Térébrants, famille des Portescie, tribu des Tentlirédities, qui se distingue par un abdomen saillant ; des antennes de cinq à sept articles, terminés en massue conoide ou ovoïde. Ils diffèrent peu des autres espèces de la môme tribu ; cependant, l'abdomen est plus court et plus large. Ces insectes proviennent de fausses chenilles à vingt-deux pattes dont le corps est ras. Elles se nourrissent de feuilles de saule, de bouleau, d'aune, etc. Quelques-unes, quand on les touche, font sortir de chaque côté de leur corps une liqueur verdàtre, claire, qu'elles lancent quelquefois à la distance de plus de 0"",30. Le C. jaune (Tenthredo lutea. Lin.), long de O^iOSS, brun ; abdomen jaune. Sa fausse chenille est d'un jaune foncé. Sur le saule, le bouleau, etc. Le C. à épaulettes, Frelon à épaulettes, de Geofï. (C. humeralis), a environ 0™,020 de long, le devant de la tète jaune, le reste noir ; corselet noirâtre, velu ; une tache jaune, grande de chaque côté de sa partie antérieure, formant comme deux épaulettes; les pattes brunes. On la trouve aux environs de Paris.

CIMENT. — Voyez Chaux HïDiiAiLiQUE, Mortier.

CIMETIÈRE (Hygiène), du grec coimétèrion, lieu pour dormir, cimetière. — On désigne sous ce nom le lieu oi'i l'on enterre les morts. Plusieurs nations de l'antiquité ont livré leurs morts aux flammes ; mais les bûchers ne s'élevaient que pour les gens riches, et le vulgaire iuhumait ses morts ; chez les Romains , par exemple, il y avait des lieux destinés aux sépultures communes ; on les appelait puticuli, petits puits ; lorsque les chrétiens devinrent nombreux, des personnes riches leur donnèrent quelques fonds de terre destinés aux inhumations publiques; ce fut l'origine des cimetières. Bientôt ces lieux funéraires se multiplièrent ; ils furent d'abord situés le long des grands chemins les plus fréquentés, puis autour des églises. Il est vrai que quelques peuples de l'antiquité avaient déjà l'habitude de déposer leurs morts dans le sein de la terre; tels étaient les Égyptiens, les Chinois, etc. Mais ce n'étaient pas encore là les cimetières, c'étaient plutôt dessépultures particulières, sans ce caractère de généralité de nos cimetières modernes. Cependant, les sépultures, qui avaient d'abord eu lieu dans les villes, autour des églises, finirent par envahir le sanctuaire lui-même, et des évèques, do hauts fonctionnaires ecclésiastiques, des laïques même, furent enterrés dans les églises. Mais bientôt des inconvénients, des accidents môme, furent signalés et montrèrent le danger de ces inhumations dans les villes et dans les églises ; les médecins firent entendre des réclamations sérieuses, et parmi eux surtout Maret, de Dijon, Vicq-d'Azyr, etc.; enfin, en 1770, défense ful> faite d'enterrer dans les villes et dans les églises; plus tard, un décret du 2'2 prairial an XII (12 juin l«oi) comprend dans cotte défense également les villes et les bourij», et exige que les cimetières soient établis à la distance de 'i'.t k 'lO mètres de l'enceinte de ces villes et bourgs, qu'ils soient clos de murs de 2 mètres au moins d'élévation. D'après le décret du 7 mars 1808, aucune habitation ne doit exister à moins de 100 mètres des cimetières. Les grandes villes doivent avoir plusieurs lieux de sépulture, et, comme il faut an moins trois ans pour la décomposition d'un cadavre enfoui à 1",50 ou 2 mètres de profondeur, l'étendue du cimetière devra ôtro au moins le triple de l'étendue nécessaire pour le nombre de morts d'une année. Les trois cimetières de Paris, les cimetières

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