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MIER

BALZANES (Hippiatrique). — On donne ce nom à des taches blanches qu’on remarque quelquefois à la partie inférieure des membres des chevaux. C’est un signe important à consigner dans les signalements, et on ne doit jamais y manquer. Elles peuvent être plus ou moins grandes ; elles peuvent môme faire le tour de la couronne ; elles peuvent être mouchetées ou herminées ; elles peuvent varier beaucoup en nombre.

BAMBOU (Botanique), Bambusa, Schreber, mot latinisé de l’indien bambos. — Genre de plantes de la famille des Graminées, tribu des Festucacées, type de la soustribu des Bambusées. Il comprend des végétaux arborescents très-élevés ; leurs rameaux, nombreux et divisés, naissent des nœuds de leurs grosses tiges. Les épillets sont sessiles et formés de 3 ou un plus grand nombre de fleurs. Le caractère principal de ce genre est de présenter 6 étamines. Le B. roseau [B. arundinacea, Willd. ; Arundo bambos. Lin.) s’élève souvent à plus de 20 mètres. Ses rameaux sont très-nombreux, flexibles, portant aux nœuds 2 ou 3 épines fortes qui avortent souvent par la

culture. Ses feuilles sont oblongues, lancéolées, arrondies à la base, aiguës au sommet et à gaîne un peu poilue. Ses épillets sont oblongs, comprenant de 2 à 6 fleurs. Cette espèce est très-abondante aux bords des eaux dans les Indes orientales. Le R. guadua[B. guadua, Humb. et Bonp. : Guadua est le nom que donnent à ce bambou les habitants de l’Amérique méridionale) s’élève à 12 mètres environ. Ses entre-nœuds sont longs de 0“,30 et pleins d’une liqueur agréable au goût, qui porte le nom de tabashir. Le Guadua forme des forêts situées principalement dans les endroits un peu élevés et présentant une température douce. Le B. agrestis, mentionné par Loureiro dans sa Flore de Cochinchine, est aussi une très-belle espèce garnie de fortes épines, qui la font employer pour former des palissades. On signale aussi comme espèce cochinchinoise le B. mitis , qui s’élève souvent à plus de 15 mètres. Il est probable qu’il existe une grande quantité d’espèces de bambous» mais elles sont peu connues au point de vue botanique ; car leurs tiges arrivent toutes coupées en Europe, et dénuées ainsi de tout caractère distinctif. Les usages de ces végétaux sont nombreux. La liqueur mielleuse qui se coagule sous l’influence de la chaleur, et que l’on extrait des tiges de toutes les espèces, était le sucre des anciens. Le bois, qui est très-dur et très-résistant, est employé à toute sorte d’ouvrages ; ainsi les jeunes tiges servent à faire des cannes, des manches de parapluies, d’ombrelles, etc. Plus tard, il entre dans la construction des maisons, et enfin avec son écorce on tresse des corbeilles, des nattes et des paniers élégants. C’est en frottant rapidement deux morceaux de bambou l’un contre l’autre, que les Indiens obtiennent du feu. La pellicule des tiges de bambou s’emploie à faire du papier chez les Chinois. Auguste Saint-Hilaire a parlé du ver du bambou nommé par les indigènes bicho de tacuara, et que Latreille a reconnu pour une chenille du genre cossus ou du genre hépiale. Il est regardé au Brésil comme un aliment délicieux. D’après les indigènes, le tube intestinal de cet insecte contient un principe narcotique qui a sur le cerveau une influence telle que ceux qui en font usage, tombent dans un sommeil extatique, accompagné de songes merveilleux. G — s.

BANANIER (Botanique), du mot banana, que les habitants de la Guinée donnent au fruit de ce végétal ; il désigne en français le genre Musa, Tourn. (de mauz, mouz.

Fig. 270. — Bananier.

nom arabe d’une espèce, selon Forskahl, ou, selon Linné, dédicace faite à Musa, médecin de l’empereur Auguste), appartenant à la famille des Musacées, à laquelle il a servi de type. — Ce genre comprend de grandes herbes vivaces, à hampes entourées de gaînes de feuilles emboîtées, constituant ainsi les tiges. Les Bananiers habitent les régions tropicales et subtropicales.^ Le B. commun (M. paradisiaca. Lin., nom métaphorique donné à ce végétal pour exprimer à la' fois le goût de son fruit et la magnificence de son feuillage), appelé aussi figuier d'Adam, parce qu’on a supposé que le prernier homme se couvrit de ses feuilles en sortant du paradis terrestre, ^

BAN

BAN

•s’élève à 4 ou 5 mètres. Ses tiges sont épaisses, coniques, et terminées par un très-gros bouquet de feuilles, longues quelquefois de plus de 2 mètres du centre desquelles nait une hampe terminée par une grappe couverte de larges bractées charnues, les supérieures stériles et les inférieures se changeant en fruits {bananes)^ qui se mangent cuits et ont un goût de beurre frais légèrement sucré. On dit avec raison que, grâce à ce bananier, personne ne meurt de faim dans les contrées où la culture en ^st possible. En effet, chaque pied, par an, produit 50 kil. de fruits ; et une bananerie rapporte cent trente-cinq fois plus qu’un champ de blé. La cosse d-u fruit n’est pas comestible et s’enlève facilement; dans l’intérieur, se trouve la pulpe molle, partie alimentaire qui, suivant les différents degrés de maturité, est plus ou moins farineuse, ou acide, ou sucrée. Cette substance donne par la fermentation une liqueur vineuse. Les feuilles sont employées pour une foule d’abris. Le B. des sages [M. sapientium. Lin.) a les fruits plus sucrés que ceux de l’espèce précédente ; aussi sont-ils servis de préférence en dessert, ils se mangent crus ou rôtis sur le gris et ont nne chair fraîche et abondante. On les nomme figues-bananes, bacoves ou camburi en Amérique. Le B. de la Chine (M. Chinensis^ Swet. ) arrive à mûrir en serre. Son régime porte de cinquante à quatre-vingts fruits. Le B. textile {M. textilis, Née), appelé chanvre de Manille, présente dans sa tige des fibres qui donnent une bonne filasse et •qui servent à faire des tissus précieux. Il croît dans les Philippines. Ses fruits ne sont pas comestibles. Caractères : fleurs en groupes nombreux à l’aisselle de grandes bractées. Étamines au nombre de 5. Fruits en baies, renfermant un grand nombre de graines au milieu d’une pulpe abondante, où elles avortent souvent. G — s.

BANC A TIRER (Mécanique industrielle). — Machine servant à faire passer les métaux au travers d’ouvertures de formes très-diverses, et à leur donner la forme même de ces ouvertures, soit par l’effet de leur malléabilité, soit parce que les bords de l’ouverture, étant taillés en arêtes vives, découpent le métal à sa surface. Cette machine se compose d’un banc en bois formé de madriers assemblés et solidement fixés au sol. A l’un des bouts du banc se trouve une forte pièce de fonte sur laquelle on aiuste la plaque d’acier trempé, appelée fdièï^e, dans la-

quelle est pratiquée l’ouverture indiquée plus haut. A l’autre bout se trouve un système d’engrenages c, l mû à la main ou à la vapeur, et engrenant avec une crémaillère e ou une chaîne en fer articulée. La tige métallique est apointie, à l’un de ses bouts, à la lime ou au marteau. Cette extrémité passée au travers de la filière a est saisie par une pince s fixée à la chaîne ou à la crémaillère, et la traction s’opère avec lenteur pour que le métal ne se fatigue pas trop. A mesure qu’il passe au travers de la filière, il prend extérieurement la forme et les dimensions de celle-ci, soit par un étirage, soit par une espèce de rabotage<\m enlève l’excédant du métal.

Banc a emboctir. — Nouvelle machine imaginée dans le but d’augmenter les ressources que présente le banc à tirer. Dans ce nouvel appareil, le métal, au lieu d’être tiré au travers de la filière, y est, au contraire, poussé au moyen d’un mandrin d’acic rlogé dans son intérieur. On est ainsi parvenu à transformer des rondelles de cuivre ou de fer en tubes creux, de longueur presque indéfinie et sans soudure. Le travail est d’abord préparé au balancier (voyez Balancier, Emboutissage), puis, quand le tube a acquis une certaine longueur, on le monte sur un mandrin cylindrique en acier poli, et on le force par la pression à passer à travers des filières de plus en plus étroites. Les tubes obtenus de cette manière peuvent rester fermés à l’une de leurs extrémités : c’est

ainsi que sont fabriqués les tubes de fer étamé pour le moulage des bougies et chandelles, les porte-plumes creux en métal, etc. Mais lorsqu’ils ont acquis une certaine longueur, on les crève par le bout et on continue à les étendre au banc à tirer. L’usage de ces tubes se répand de plus en plus à mesure que leur fabrication s’étend, se perfectionne et devient plus économique.

Le cuivre rouge supporte facilement le travail de l’emboutissage et de l’étirage; le laiton, et surtout le fer et l’acier, exigent plus de précautions. Tous ces métaux doivent être recuits après avoir passé deux ou trois fois à la filière. M. D.

Banc d’Hippocrate ( Médecine ) , Scamnum Hippocraticum. — Machine inventée par Hippocrate pour la réduction des luxations et la coaptation dans les fractures de la cuisse. Elle est complètement abandonnée aujourd’hui ; cependant Scultet l’a figurée dans son Armamentarium chirurgicum.

BANDAGE (Chirurgie). — Application méthodique des bandes, compresses, et autres pièces destinées à maintenir un appareil sur une partie du corps. Il désigne aussi tout ce qui compose cet appareil lui-même : ainsi les bandes, les compresses, les bandelettes, la charpie, les attelles, les planchettes de bois, les coussins, les fanons, etc. On y ajoute même les tourniquets, le brayer (voyez ces mots), tous les bandages à hernies et beaucoup d’autres. L’art d’appliquer les bandages n’a rien d’absolu, il est tout entier dans l’habileté manuelle du chirurgien et dans sa facilité de conception. La forme de la partie malade, la région du corps où le bandage doit être fait, la disposition des surfaces, le but qu’on veut atteindre, sont autant d’éléments du problème qu’il s’agit de résoudre, et font de cette partie de l’art une branche importante de la chirurgie. Toutefois, il en est quelques-uns dont les pièces sont tellement déterminées qu’elles ne peuvent être employées que d’une seule manière. La matière première principale des bandages est la toile de chanvre ou de lin ; le coton peut aussi être employé, mais dans les circonstances où on ne craint pas de maintenir une trop grande chaleur : le linge doit être demi- usé et blanc de lessive. Les différentes pièces qui composent un bandage doivent être appliquées méthodibuement, en faisant le moins de plis possible ; le degré de constriction doit être modéré, à moins que l’on n’ait besoin d’une forte compression; en général, il doit être également compressif dans toutes ses parties ; les bandages peuvent être appliqués à sec ou imprégnés d’eau simple ou chargée de substances diverses, telles que du sel commun, de l’eau de-vie simple ou camphrée, des décoctions de quinquina, de plantes émollientes, de l’amidon, etc. Suivant le but qu’on se propose, ils peuvent être contentifs, compressifs, unissants, etc. Les bandages ont reçu des noms tirés soit de leurs formes, de leurs usages, de leurs directions, etc. Ainsi il y a le bandage étoilé, le renversé, le circulaire, le spica (en épi), bandage croisé dont les tours de bande sont disposés autour d’un membre, comme les épillets des Graminées le long de leur axe, le gantelet, le couvre-chef, le suspensoir, Vétrier, le scapulaire, dont les noms indiquent les usages ; les bandages en T, en 8 de chiffre, Vécharpe, le monocle pour un seul œil, le binocle pour les deux yeux, le nœud d'emballeur, le bandage de corps destiné à maintenir les appareils sur le tronc, le bandage de Galien ou des pauvres, qui entoure la tête du sinciput au menton, le bandage à dix-huit chefs ou de Scultet, pour les fractures des membres, etc. H y a encore les bandages pour contenir les herniea. Il en sera parlé à ce mot. F. — n.

BANDE (Chirurgie). — On appelle ainsi une pièce de toile dont la longueur surpasse de beaucoup la largeur; ainsi une bande peut avoir de 1 à 4, 6, 8, lO mètres de longueur; en général, elles doivent être d’aulant plus longues qu’elles sont plus larges; ainsi les bandes de corps, de cuisse, pourront avoir 7 à 8 mètres de long et jusqu’à 0“,08 ou G“,10 de largeur; celles qui servent pour \& jambe, le pied, le bras, l'avant-bras, le poignet, auront de 2 à 6 mètres de longueur sur 0“,0S à 0“',0G ; enfin, celles qui serviront pour les doigts auront une longueur de 1 à 3 mètres sur 0;*’,O2 ou 0‘",03 envii on de largeur. Les bandes doivent être en toile un peu usée, ou môme, en coton, coupées droit fil et non déchirées, sans ourlet. Les différents bouts qui seront réunis pour former une bande seront cousus à plat.

Bande (Anatomie). — Une aponévrose en lanière allongée porte le nom de bande aponévrotique on en dit autant d’une lanière ligamenteuse : c’est une bande ligamenteuse (voyez Aponévrose, Ligament),

BAO

BAR

BANDEAU (Chirurgie). — Espèce de bandage qu’on emploie pour maintenir un appareil sur le front, les yeux, les tempes ou l’occiput; c’est ordinairement une pièce de toile longue de l“,25, et d’une largeur qui permette de la plier en deux ou môme en quatre, ou bien une bande de 2 à 3 mètres de long ; on fait ce bandage en appliquant d’abord le milieu sur le front et en portant les deux chefs sur l’occiput où ils sont croisés, puis ramenés en avant, etc. On les fixe avec des épingles, sur les côtés de la tête autant que possible.

BANDELETTE (Chirurgie). — On a donné ce nom quelquefois à de petites bandes longues de l mètre à et de 0ï«,02 de large, qui servent pour panser les parties peu volumineuses, telles que les doigts, les orteils. On appelle bandelettes agglutinatives de petites lanières d’une largeur de 0«',01 à 0'",02, que l’on coupe dans un morceau de toile enduite de diachylon (sparadrap) ou de taffetas d’Angleterre, etc. (voyez ces mots), et dont on se sert en général pour tenir rapprochées les parties divisées qu’on veut réunir par 'première intention (voyez Béiinion). Ces bandelettes doivent être de longueur et de largeur différentes, suivant les parties où on doit les appliquer ; en général, elles seront moins larges au milieu que dans le reste de leur longueur. Pour les appliquer, on les exposera au-dessus d’un fourneau de braise ou de charbon, afin qu’elles adhèrent mieux (voyez Agglutinatif).

BANDOLJNE, de bandeau. — Substance mucilagineuse extraite des pépins de coing ou des graines du psyllium, et aromatisée par les parfumeurs. Elle sert à maintenir les cheveux lisses.

BANIANS (Arbre des) (Botanique). — Espèce de fl guier {Ficus Indica, Lin. ; Ficus Benghalensis, Lin. ) qui rentre aujourd’hui dans le genre Urostigmate, sous le nom de U. Benghalensis, Gaspar. C’est un grand arbre à branches horizontales, à écorce d’un gris cendré , à feuilles longuement pétiolées, coriaces, couvertes de petites ponctuations. Son réceptacle est à peu près de la grosseur d’une prune. Le figuier des Banians ou Banyans est l’objet d’une grande vénération de la part des Indiens. Les branches de cet arbre émettent des racines aériennes qui viennent s’implanter dans la terre et produire des rejetons. Un seul arbre peut donc se multiplier de manière à couvrir une grande étendue. Il arrive souvent que les oiseaux viennent déposer sur un palmier, le Borassus flabelliformis des graines de ce singulier végétal; celles-ci y germent alors. Des racines se développent et bientôt de nouveaux individus arrivent à entourer complètement le palmier. De là le culte des indigènes, qui regardent cette particularité comme une union sainte faite par la Providence. G — s.

BAOBAB (Botanique), de bahobab., nom de cet arbre e’n Égypte. — Genre de plantes appelé Lin.

(dédicace faite par Bernard de Jussieu à Michel Adansouj botaniste français, qui donna le premier de justes notions sur cet arbre) ; il appartient à la famille des Sterculiacées ^ tribu des Bornbacées. Caractères prinpaux : 5 pétales ; étamines indéfinies, monadelphes ; style très-long, terminé par plusieurs stigmates; capsule indéhiscente à 10 loges ou plus, renfermant plusieurs graines au milieu d’une pulpe farineuse. Le B. digité (Adansonia digitata. Lin.), appelé aussi Pain de singe., parce que sa capsule est remplie d’une substance farineuse, aigre, très-recherchée des singes, est un des plus gros végétaux que l’on connaisse. Il s’élève à 30 mètres environ; son tronc a 4 mètres au plus; mais la circonférence de celui-ci acquiert jusqu’à 25 à 30 mètres. Les branches extrêmement volumineuses s’étendent presque horizontalement, et, entraînées par leur poids, elles penchent leur extrémité jusqu’à terre ; de sorte que l’arbre prend une forme hémisphérique qui est du plus singulier effet. Les feuilles sont composées à 5-7 folioles inégales, ovales, aiguës. Les fleurs sont solitaires, axillaires, pendantes et blanches. Elles ont 0“,20 de diamètre. Le fruit est une capsule ovale, ligneuse, atteignant souvent 0“,40 de longueur; il est couvert d’un duvet épais, verdâtre, et contient de 10 à 14 loges renfermant de 50 à 60 graines osseuses, noirâtres, luisantes, réniformes et entourées d’une chair spongieuse qui devient farineuse. Le baobab croît dans les terres sablonneuses de l’Afrique occidentale, et principalement au Sénégal. On l’a transporté en Amérique, où il se développe parfaitement. On en signale de très-gros individus, à la Martinique, à Saint- Domingue. Dans son jeune âge, le Baobab s’accroît trèsrapidement, tandis qu’à l’age adulte son accroissement devient très-lent. Ainsi, d’après un tableau dressé par

Adanson, à 1 an le Baobab a 0“,03 à 0“‘,04 de diamètre au plus; à 20 ans, 0"',30 ; à 30 ans, 0“,G0; à 100 ans, 1“,30 ; à 1 000 ans, 5 mètres ; à 2 400 ans, 6 à 7 mètres ; et enfin à 5 150 ans, 10 mètres. « Il est vraisemblable, dit Adanson dans son magnifique mémoire présenté à l’Académie des sciences {Mém. de V Acad, des sciences de Paris, 1 76 1 , p. 218), que son accroissement, qui est trèslent relativement à sa monstrueuse grosseur, doit durer ^ plusieurs milliers d’années, et peut-être remonter .jusqu’au déluge, fait assez singulier pour faire croire que le baobab serait le plus ancien des monuments vivants que puisse fournir l’histoire du globe terrestre. » Le célèbre naturaliste a observé aux îles du cap Vert un baobab sur lequel des voyageurs anglais, trois cents ans auparavant, avaient gravé des lettres. En entaillant le tronc, il a retrouvé au-dessous de trois cents couches ligneuses ces mêmes inscriptions, et il a mesuré l’épaisseur des couches qui les recouvraient. C’est ainsi qu’il a pu se rendre compte de l’accroissement de l’arbi'e. Le Baobab présente des propriétés émollientes mucilagineuses analogues à celles des mauves. Les feuilles séchées et pulvérisées constituent le /a/o, que les nègres mêlent à leurs aliments, surtout au couscous., pour arrêter l’excès de la transpiration. La tisane faite avec ces feuilles est calmante. Adanson l’a employée avec succès contre les fièvres ardentes du Sénégal. L’écorce du fruit est employée par les nègres pour faire du savon. Enfin, ceux-ci creusent souvent l’arbre de manière à former de vastes cavernes où ils viennent pendre les cadavres de ceux qu’ils jugent indignes de sépulture. G — s.

BAQUET MAGNÉTIQUE (Médecine). — Espèce de petit V réservoir autour duquel Mesmer et ses adeptes faisaient leurs pratiques de magnétisme : c’était une petite cuve ronde, ovale ou carrée, de 1”,50 environ de diamètre, de 0“,60 de profondeur, fermée par un couvercle en deux pièces qui s’enchâssait dans la cuve. On plaçait au fond des bouteilles couchées, de manière à former des rayons convergents, tous les goulots étant tournés vers le centre du baquet. D’autres, placées au centre, étaient disposées en sens contraire ; toutes étaient remplies d’eau, bouchées, magnétisées par la même main, autant que possible ; on mettait souvent plusieurs lits de ces bouteilles; on remplissait la cuve de manière à les recouvrir. Le couvercle était percé de trous pour laisser passer des tringles en fer, mobiles, plus ou moins longues, afin de pouvoir être dirigées sur différentes parties du corps des malades : c’était autour de ce baquet, dans un appai>* tement mystérieux, éclairé par un demi-jour, que les malades venaient s’asseoir pour être magnétisés; ils devaient se rapprocher le plus possible entre eux pour se toucher par les genoux, les pieds, afin de faire circuler plus aisément le fluide magnétique (voyez Magnétisme animal). Ce fameux baquet, d’abord simplifié, fut bientôt abandonné tout à fait. F — n.

BAQUOIS, Vaquois (Botanique). — Voyez Pandanüs.

BAR, Bars (Zoologie), Labrax., Guv. — Genre de Poissons établi par Cuvier parmi les Acanthoptérygiens

Fig. 272. — Bar ou Bars commun.

percdides., très-voisin des Perches, dont il ne diffère que par ses opercules écailleux terminés en deux épines, et par sa langue couverte d’âpreté (dans la Perche, l’operculeest osseux, la langue lisse). Le Bars est d’une couleur gris bleu d’acier, avec des reflets argentés sur le dos et tout à fait blanc sous le ventre; il atteint 0“,70 à 0'",80 de longueur. Le B. commun, Loup., Loubine des Provençaux {Labrax lupus, Cuv. ; Perça labrax. Lin.), quia neuf rayons aiguillonnés à la première dorsale; est un beau et grand poisson dont la chair est excellente ; ou le pêche souvent sur nos côtes de l’Océan, mais il abimae surtout dans la Méditerranée ; en Normandie, en Bretagne comme en Provence, il a reçu le nom de Loup, ce

BAR

qui ne laisse guère de doute que ce ne soit le Lupus des anciens Romains, le Labrax des Grecs. Il existe aux États-Unis une autre belle et grande espèce de Bars^ dont la chair délicate est encore supérieure. Il est plus grand que le nôtre ; il a le museau plus aigu, les dents plus fortes et le dos rayé longitudinalement de noirâtre, c’est le B. rayé des Américains [Labrax lineatus^ Guv.) tvoyez Perche).

BARATTE (Économie rurale). — On désigne sous ce nom un instrument au moyen duquel on réunit en masses plus ou moins considérables, les molécules de beurre contenues dans le lait ou dans la crème. On sait que la matière grasse du lait est renfermée dans des espèces d’enveloppes très-minces de caséine ; le problème du barattage consiste donc par un moyen quelconque à déchirer ces petites enveloppes, afin que les globules puissent se réunir, adhérer entre eux et former le beurre. Le procédé le plus simple, celui que l’expérience a enseigné de temps immémorial, est une agitation rapide et violente du lait ou de la crème qui, produisant un frottement incessant des globules les uns sur les autres, finit par déchirer leurs enveloppes, et détermine l’agglomération du beurre en petites masses, qui se réunissent pour constituer les masses plus grosses que tout le monde connaît. Le batbeurre ordinaire [fig. 273) remplissait bien ces conditions pour de petites quantités ; mais, outre qu’il est très-fatigant à manier pour un mince résultat, il est encore insuffisant pour les grandes exploitations ; voici du reste en quoi il consiste : c’est une espèce de seau très-allongé, de 0'“,80 à 0“,90 de haut, plus étroit en haut qu’en bas, en cône tronqué. On le remplit au quart environ de crème ; alors un ( disque deboispercéd’unemultitude de trous et d’un diamètre moindre que la baratte est agité dans son intérieur par des mouvements rapides de haut en bas au rno3^en d’un bâton auquel il est emmanché et qui sort par un trou à Taise pratiqué dans le couvercle ; ce manche dépasse en longueur la baratte d’environ 0“,50 et sert à manœuvrer l’instrument. Il n’est pas possible de citer ici tous les perfectionnements qui ont été apportés depuis quelques années à cette machine primitive, il ne sera question que des principaux. La baratie Touzet a une grande analogie avec la précédente, seulement l’agitateur est Fi". 273. — Baratte ou coiuposé de quatre petites ailes perbai-beurre. cées de trous, fixées sur un arbre

en fer, et mises en mouvement par une petite roue à manivelle agissant sur un pignon conique qui termine en haut l’arbre en fer. C’est un bon instrument. La baratte de il/. Seignette est horizontale, c’est une caisse, plus longue que large, dans laquelle se meut avec une grande rapidité un double piston percé de trous qui ne se correspondent pas, et mis en mouvement par une espèce de roue excentrique qui a certaines analogies avec celles qu’on remarque dans les locomotives de chemin de fer : au moyen de cette baratte on extrait le beurre directement du lait dans un temps très-court, trois ou quatre minutes par exemple. On peut citer encore comme curiosité la petite baratte de M. Houdaille^ au moyen de laquelle on peut faire du beurre sur table : c’est un vase en verre dans lequel tourne avec rapidité un agitateur évidé en forme de lyre et mis en mouvement à l’aide d’un archet semblable à celui dont se servent les serruriers. 11 serait trop long de citer toutes les autres barattes, qui ont été inventées dans ces derniers temps. On pourra en voir les détails dans les traités spéciaux. Consultez le Livre de la ferme (vojœz Beürre).

BARBACOU (Zoologie), Cuv., Monasa, Vieil. — Genre d'Oiseaux de Tordre des Grimpeurs^ classé par Cuvier parmi les Coucous^ mais que Vieillot et Lesson ont placé avec raison dans leur famille des Barbus’ ils diffèrent des coucous par les narines cachées par les soies du front, le tour des yeux nu, les tarses robustes, les deux doigts internes les plus courts, la queue plus longue que les ailes ; ces oiseaux nommés Barbacous^ parce qu’ils ressemblent à la fois aux barbus et aux coucous, habitent l’Amérique méridionale, ont des mœurs nocturnes, vivent d’insectes et nichent dans des trous d’arbres. On en connaît plusieurs espèces.

BARBARÉE (Botanique), Larbarea, R. Brown. Plante

BAR

ainsi appelée parce qu’une espèce porte vulgairement le nom d'herbe rie Sainte-Barbe. — Genre de la famille des Crucifères, tribu des Arabidées. La Barbarée, Herbe de Sainte-Barbe [B. vulgaris, R. Brown), appelée aussi Barbarée commune, Julienne jaune, est une plante haute de 0“,65 environ, à tige dressée, striée, rameuse, à feuilles lisses et lyrées. Ses fleurs, disposées en thyrse terminal, s’épanouissent en mai et sont d’un beau jaune. Cette plante est indigène. Elle se développe de préférence dans les lieux humides. On la cultive quelquefois dans les ■jardins à cause des fleurs doubles qu’elle y donne. Scs propriétés sont amères et antiscorbutiques. Elle est employée parfois dans certains pays pour assaisonner les salades. La B. printanière [B. prœcox , R. Brown) a la tige plus petite et les fleurs plus pâles. Elle est également indigène. Les Barbarées faisaient autrefois partie du genre Erysimum. G — s.

BARBAZÀN (Médecine, Eaux minérales). — Village de France, arr. et à 8 kil. S. -O. de Saint-Gaudens (Haute- Garonne). Il y a trois sources d’eau sulfurée calcique contenant une assez forte quantité de fer. Elles sont toniques et astringentes. (Bains et boissons.)

BARBE (Anthropologie), Barba. — On désigne sous ce nom la réunion des poils qui garnissent le menton, les joues et la lèvre supérieure chez Thomme : c’est en quelque sorte l’emblème de sa force et de sa puissance, puisque les jeunes garçons en sont privés jusqu’à la puberté, et que les femmes, à quelques rares exceptions près, n’en ont jamais. La barbe offre de grandes variétés de couleur, de densité, de longueur, qui se rapportent en général aux tempéraments, aux climats, à Tâge, à l’état de force et de vigueur, à la nature des aliments, etc. Noirs, durs, secs, rares dans les tempéraments bilieux et dans les pays méridionaux, les poils de la barbe sont blonds, épais, plus doux au toucher chez les hommes lymphatiques, dans les pays froids et humides; avec une nourriture bonne, succulente, avec les soins du corps, les lotions fréquentes, la propreté, la barbe devient douce, molle ; elle est rude, âpre au toucher, dure, dans les conditions contraires.

Quant à la structure des poils de la barbe, à leur production, à leur mode d’accroissement et de vitalité, etc., voyez au mot Peau.

Barbe (Zoologie). — Par analogie on a donné le nom de barbe à de longs poils qui recouvrent le dessous de la mâchoire inférieure de certains singes, du bouc, de la chèvre; aux longs crins qui dépassent les fanons des baleines. Ciiez les oiseaux les filaments qui garnissent les deux côtés d’une plume portent aussi le nom de barbe., aussi bien que les faisceaux de petites plumes qui garnissent la base du bec dans certaines espèces.

Barbe, (Botanique). — On nomme ainsi la pointe qui termine l’enveloppe extérieure de la fleur ou glume dans un grand nombre de Graminées. C’est un prolongement piquant et ferme de la nervure médiane. On l’appelle souvent arête.

Un organe est dit barbu quand il est recouvert de poils réunis en touffe en nombre indéfini. Ainsi le filet des étamines est barbu dans l’éphémère de Virginie, dans les genres Mouron, Bouillon blanc, Lyciet, Antliérie, etc. L’anthère est barbue dans l’acanthe, la pédiculaire, la plupart des lobélies, le charme, etc. Le style présente aussi ce caractère dans plusieurs sauges.

Barbe-de-boüc (Botanique). — Nom vulgaire du salsifis. On appelle aussi Barbe-de-bonc ou Barbe-de-chèvre, une espèce de Spirée {Spirœa aruncus, Lin.).

Barbe-de-capücin (Botanique). — Nom de la salade blanche d’hiver qui fournit la Chicorée sauvage.

Barbe-de-Jupiter (Botanique). — Nom que Ton donne à une espèce du Anthyllide [Anthyllis barba Jovis, Lin.), à cause des feuilles très-fines et très-so^'euses de cette plante. On appelle Barbe-de-Dieü, le Barbon [Andropogon, Lm.). G — s.

Barbe (Cheval) (Hippiatrique). — Cheval de Barbarie, très-estimé, comme cheval de guerre surtout (voyez Races) .

BARBEAU (Zoologie), Barbus, Guv.—- Sous-genre de Poissons de Tordre des Malacoptérygiens abdominaux , famille des Cyprinoïdes , genre Cyprin. Les Barbeaux sont caractérisés par une nageoire dorsale et une anale courtes, une forte épine pour second ou troisième rayon de la dorsale, quatre barbillons dont deux sur le bout et deux aux angles de la mâchoire supérieure. L’espèce la plus connue est le Barbeau commun [Cyprinus barbus. Lin.), il a la tète oblongue, le corps allongé et arrondi comme le brochet, olivâtre en dessus, bleuâtre sur les

BAR

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côtés. Il habite les eaux claires et vives des rivières de l’Europe; sa longueur ordinaire est de 0“,40 à 0"*,50. Cuvier dit qu’il atteint quelquefois plus de 3 mètres. Sa chair est blanche, délicate et de bon goût. On a dit que ses œufs étaient un purgatif dangereux ; Bloch s’est assuré qu’ils étaient aussi bons que ceux de la carpe. s Barbeau (Botanique) , l’un des noms vulgaires du bleuet. — On nomme aussi Barbeau vivace, la Centaurée ou Jacée des montagnes [Centaurea moniana, Lin.) ; Barbeau jaune., la Centaurée odorante (C. Amberboi, Lamk); Barbeau musqué , la Centaurée musquée ou Bleuet du Levant [C. moschata, Lin.., Aiiiber boa moschata, deCand.) (voyez Centaurée). G — s.

BARBET (Zoologie). -- Nom donné vulgairement aux Mulles de Cuvier, surtout soi Rouget et au Barbeau commun (voyez ces mots).

Barbet (Zoologie). — Variété de Chien à longs poils (voyez Races).

BARBETTE. — Une barbette est un massif de terre qu’on élève contre le talus intérieur d’un parapet de fortification, afin de pouvoir tirer le canon par-dessus les crêtes de l’ouvrage dans un champ de tir plus étendu.

BARBÎCAN (Zoologie), Barbican., Bufibn, Pogonias , llig. — Genre d’oiseaux grimpeurs, famille des Barbu';, caractérisé par une ou deux dents fortes de chaque côté <le la mandibule supérieure, dont l’ai èto est mousse et arquée ; le bec garni à sa base, sur les côtés, en dessus et en dessous, de barbes très-fortes. Ils habitent l’Afrique et les Indes, et vivent de fruits plus spécialement que les autres Barbus. Leur nom vient de ce qu’ils tiennent à la fois des Barbus et des Toucans.

BARBILLON (Zoologie). — Nom donné par Broussonnet à une espèce de Squale {Squalus Barbillon, Squale pointillé, Lacép.) (voyez Squale). On a aussi appelé ainsi les petits Barbeaux.

Barbillons (Zoologie). — Espèces de filaments qui se trouvent autour de la bouche de beaucoup de poissons, et qui sont probablement des organes de toucher. On les remarque surtout chez les silures, les loches, les cyprins, les esturgeons.

Barbillons (Zoologie). — Quelques entomologistes ont désigné sous ce nom les antennules ou les palpes de certains insectes : ce sont des filets articulés de forme et de consistance différentes qui accompagnent la bouche de presque tous les insectes.

Barbillons (Vétérinaire). — Les vétérinaires donnent ce nom à de petits corps cartilagineux qui protègent, de chaque côté, l’orifice des canaux partant des glandes sous-maxillaires chez les chevaux et les bœufs. Quelques ignorants, sous prétexte que ces corps qu’ils regardent comme des excroissances les empêchent de boire et de manger, les coupent avec des ciseaux. C’est une opération qui ne peut être d’aucune utilité si elle n’est pas nuisible.

BARBOTAN (Médecine, Eaux minérales). — Village de Fiance, arr. et à 30 kil. O. de Condom (Gers), 14 S.-E. d’Eauze. Il y a de nombreuses sources minérales d’eau ferrugineuse bicarbonatée, d’une température de 32“ à 38” cent.; elles dégagent un peu de gaz sulfhydrique, auquel elles doivent leur propriété médicale. On emploie surtout les boues, qui renferment des carbonates, des sulfates de potasse et de chaux, des chlorures, du fer, et une matière analogue à la barégine. On les prescrit surtout contre l’atrophie des membres, les rétractions musculaires, la roideur des articulations, etc.

BARBIER (Zoologie) , Anthias, Bloch. — Sous - genre de Poissons de l’ordre des Acanthoptérygiens, famille des Percoïdes, du genre Serran [Sei'ranus, Guv.). Ils ont, comme les perches, le préopercule dentelé, l’opercule osseux, terminé en une ou plusieurs pointes, et se distinguent des autres Serrans en ce que les deux mâchoires et le bout du museau sont armés d’écailles trèssensibles ; c’est de là que vient leur nom de Barbiers. Une charmante espèce existe dans la Méditerranée, lé Barbier de la Méditerranée {Anthias sacer, Bl.), c’est un joli poisson, d un beau rouge de rubis, changeant en or et en argent, avec des bandes jaunes sur la joue.

BARBION (Zoologie), Micropogon, Teram. — Sousgenre d Oiseaux grimpeurs, famille des Barbus (voyez ce mot), caractérisé parle bec long, aigu, faiblement courbé, les barbes qui sont à sa base très-courtes ; les doigts antérieurs sont réunis jusqu’à la dernière phalange ; ailes et queue médiocres. Ces oiseaux, très-peu connus, habitent l’Afrique, particulièrement l’Abyssinie et le cap de Bonne- Espérance. ■

BARBOTE (Zoologie). — Nom vulgaire donné à la

Loche franche { Cobitis barbatula. Lin.) ; et à \SiLotte commune {Gadus Iota, Bl.) (voyez ces mots).

BARBOTINE (Matière médicale). — • On donne souvent ce nom dans le commerce au Semen-contra , qui n’est qu’un mélange des sommités de V Artemisia judoica, de VArtemisia contra, et souvent de quelques autres plantes du même genre (voyez Semen-contra).

BARBOUQUET (iVIédecine vétérinaire). — Espèce de dartre qui alfecte les moutons (voyez Bouquet, Noir Museau).

^ BARBUE (Zoologie), Pleuronectcs Bhombus, Lin. — Espèce de Poissons du sous-genre Turbot, grand genre Pleuronecte, famille des Poissons plats, ordre des Malacoptérygiens subbrachiens , sous- embranchement des Poissons osseux. La Barbue a le corps plus ovale que le Turbot (voyez ce mot) (le turbot est presque

Fig. 274. — Barbue {Pleuronectes Rliomhus, Lin.).

aussi haut que long), la peau lisse et sans tubercules, de plus les premiers rayons de la nageoire dorsale sont à moitié libres, et ont leur extrémité divisée en plusieurs lanières. Ce poisson, que l’on trouve dans toutes les mers où on pêche le Turbot, a une chair tendre et délicate, presque aussi estimée que celle de ce poisson (voyez Turbot, Pleuronectes).

BARBUS ou Bucconées (Zoologie), Bucco, Lin. — Ce sont des Oiseaux de l’ordre des Passereaux grimpeurs, dont Cuvier avait fait un genre divisé en trois sousgenres : les Barbicans, les Barbus proprement dits, les Tamatias. Aujourd’hui, d’après Lesson, les Barbus constituent une famille comprenant cinq genres : les Barbus proprement dits, les Barbicans, les Coucoupics, les Barbacous,les Tamatias. et caractérisée par un bec conique, renflé sur les côtés et garni à sa base de plusieurs faisceaux de barbes roides dirigées en avant, qui lui ont valu son nom ; les ailes courtes, le vol lourd. Ces Grimpeurs habitent les parties chaudes des Amériques; ils se nourrissent de fruits, d’insectes ; mais les grandes espèces attaquent quelquefois les petits oiseaux : ils vivent solitaires ou en troupes peu nombreuses, dans les forêts les plus sombres, et restent souvent des heures entières perchés sur la même branche.

Barbus proprement dits {Bucco, Guv. ; Co)dîïo, Vieil.); ils ont le bec simplement conique, légèrement comprimé, l’arête mousse, un peu relevée au milieu, et garnie de soies longues et serrées. Il y a des espèces de ce genre dans les deux continents, et plusieurs sont peintes de couleurs vives. Lesson subdivise ce genre en quatre sousgenres: 1° les Pogonias, qui ont le bec dilaté et renflé sur le rebord de la mandibule supérieure : ils sont tous d’Afrique ; 2° les Vrais Barbus; bec à bords lisses, la base renflée et arrondie : on y trouve un grand nombre d’espèces, toutes d’Asie ; 3® les Barbions (voyez ce mot); 4° les Barbuserics ; bec triangulaire à la base, pointu, queue un peu fourchue, ailes très-courtes : ils habitent tous l’Amérique méridionale.

Barbus (Poissons), Barbus, Guv. — Nom latin du genre Barbeau (voyez ce mot).

BARDANE (Botanique), de l’italien barda, couverture de cheval, à cause de l’extrême largeur de ses feuilles. — Nom vulgaire du genre Lappa, Tourn. (de Ilap, main, en celtique : le fruit de ce genre est hérissé et s’accroche à tout ce qu’il touche), appartenant à la famille des Composées, tribu des Cinarées, sous-tribu des Carduinées. U comprend des herbes rameuses à feuilles pétiolées, cordiformes, plus ou moins tomenteuses en dessous, La B. tomenteuse {txippa tomentosa, Lamk; Arctiuni hardana. Willdw) est une plante bisannuelle, élevée de I mètre environ et se distmguant spécialement par ses

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involucres chargés d’une pubescence qui ressemble à des toiles d’araignée. La B. grande {L. maJo>\ Gærtn.) et la B. petite {L. minor, DG.) ont : la première, son involucre glabre, à folioles vertes, môme les intérieures ; la seconde, son involucre glabre, à folioles, au moins les intérieures, colorées en violet purpurin. Ces Bardanes croissent dans les mauvais terrains et sont toutes trois indigènes. Plusieurs auteurs considèrent toutes ces plantes comme des variétés d’une seule et même espèce. La B. commune {L. communis^ Germ., Cosson; Arctium lappa. Lin.), connue vulgairement sous les noms de Bardane^ Glouteron, etc., a une racine longue, charnue, grosse comme le pouce, vantée comme sudorifique dans les rhumatismes; Alibert la recommandait dans les maladies de la peau, et surtout dans les dartres squammeuses et furfiiracées avec sécheresse de la peau ; on l’a aussi prescrite comme succédanée de la salsepareille dans les maladies vénériennes. Percy a employé avec succès le suc et les feuilles dans les excoriations légères, les croûtes de lait, la teigne squammeuse; c’est cette dernière propriété, bien connue des anciens, qui lui avait valu le nom à' Herbe-aux-teigneux. On la trouve sur le bord des chemins. G — s.

BARDOT, Acad. Bardeau, Buff., Milne-Edwrds (Zoologie domestique), Hinnus. — Mulet qui provient d’un cheval et d’une ânesse; comme les métis ressemblent plus à leur mère qu’à leur père, le bardeau se rapproche plus de l’âne que du cheval : il est assez rare, et on le regarde généralement comme plus robuste et plus sobre que le mulet ordinaire qui vient d’un âne et d’une jument.

Bardeau (Terme de bâtiment). — Morceaux de bois que l’on dispose à côté les uns des autres sur les solives, pour recevoir le terré ou terre argileuse qui sert à donner de l’épaisseur aux planchers et à former le lit sur lequel on établit le carrelage.

BARDOTTIER (Botanique). — Nom vulgaire d’une espèce A’ Imbricarie appartenant à la famille des Sapotées. C’est V Imbricarie pétiolee [Imbricaria petiolaris, Alp. de Gand.), appelée aussi bois de natte. Cette espèce est un arbre à rameaux cendrés, roux au sommet et pubescents. Ses feuilles sont longuement pétiolées, ovalesarrondies; ses fruits sont gros et bons à manger. Le Bardottier originaire de l’île Maurice, où on l’emploie à faire des lattes [nattes dans le pays) ou bardeaux pour couvrir les maisons; la nature de son bois le rend trèspropre à cet usage.

BARÉGE. — Etoffe de laine légère et non croisée qui tire son nom de la ville de Baréges, quoique ce soit à Bagnères-de-Bigorre (Pyrénées) que sa fabrication ait pris le plus d’extension.

BARÉGES (Médecine, Eaux minérales). — Établissement thermal, arr. et à 18 kil. S.-E. d’Argelès, à 30 kil. S. de Tarbes (Hautes-Pyrénées). Il y a neuf sources sulfurées sodiques d’une température de 31® à cent., et qui contiennent de 0s%020 à 0s*',040 de sulfure de sodium ; de plus une substance azotée, connue sous le nom de baréy ine. Ces eaux sont très- excitantes ; elles sont vantées dans les vieilles blessures, dans les paralysies, dans les vieilles entorses, dans les ulcérations herpétiques, et autres variétés des maladies de la peau.

BARÉGINE ou Glairine. — Substance gélatineuse, de nature organique, tiue Ton rencontre dans certaines eaux minérales sulfureuses, particulièrement celles de Baréges. Cette substance, à laquelle on attribue une partie des bons effets des eaux de Baréges, n’est pas encore bien connue. Dans les eaux artificielles, on la remplace par la gélatine.

BARÊME. — Livre de calculs tout faits à l’usage de la Êomptabilité domestique et du petit commerce. Il tire son nom de Barrème., auteur du premier livre de ce genre. Ces sortes d’ouvrages sont aujourd’hui très-nombreux.

, BARGE (Zoologie), Limosa, Bechst. — Sous- genre d' Oiseaux échassiers famille des Longirostres , grand genre des Bécasses {Scotopax) ; caractérisé par un bec droit, quelquefois même légèrement arqué vers le haut, et encore plus long que chez les bécasses ; une palmure entre les bases des doigts externes; une taille beaucoup plus élancée et des jambes plus élevées que les bécasses. Elles se plaisent autour des marécages, des marais salés et des bords de la mer; elles aiment la boue, y plongent leur long bec pour y chercher des vers, de petites plantes dont elles se nourrissent : ce sont des oiseaux timides, soupçonneux, qui ne se laissent point approcher ; on les rencontre en bandes, et les chaleurs de Tété les

chassent dans les contrées froides et humides. On a observé que le mâle est toujours plus petit que la femelle. Les espèces les plus connues sont : la B. abogeuse ou a queue rayée (Scolopax leucoptiœa., Lath.; Sc. laponicüy Gm.),qui est d’un gris brun foncé, à plumes bordées de blanchâtre en hiver; rousse et à dos brun en été; ]& B. à queue noire (Sc. cegocephala et belgica., Gm. ; Limosa melanura., Leisler); en hiver, gris cendré, ventre blanc; en été, tête, cou, poitrine, roux. Cos deux oiseaux ont le double de hauteur de la bécasse.

BARIGOULE (Botanique). — Espèce de champignon du genre Agaric (voyez ce mot).

BARIL. — Petit tonneau de bois destiné à contenir des produits secs ou liquides, et dont la capacité varie beaucoup suivant la nature de ces produits. Pour l’ancien baril français, cette capacité était d’environ 30 litres, le huitième d’un muid ou 18 boisseaux de Paris. Le baril de poudre contient 50 kil., le baril de savon, 126 kil., le baril de harengs, 1 000 de ces poissons.

BARILLET (voyez Horlogerie).

BARITE, Barium. — Voyez Baryte, Baryum.

BAROGENTRIQUE (Courbe) (Géodésie), — La terre n’étant pas exactement sphérique, les verticales élevées sur le môme méridien ne se rencontrent pas en un même point ; leurs intersections successives donnent lieu à une certaine courbe indiquée pour la première fois par Maupertuis; cette courbe a reçu le nom de courbe bo.rocentrique.

BAROMÈTRE (Physique). — Instrument de physique destiné à mesurer la pression exercée par l’atmosphère à la surface du sol en un lieu quelconque. Sa forme extérieure est très- variable; quelle qu’elle soit cependant, on peut la rattacher à deux types principaux, le baromètre à cuvette et le baromètre à siphon.^ qui tous deux reposent sur le même principe d’hydrostatique.

Baromètre a cuvette. — Il se compose d’un tube de verre de 0'",0I0 à 0"‘,015 de diamètre de 0™,90 de hauteur, que Ton a rempli exactement de mercure et purgé d’air, et que Ton a renversé, l’ouverture en bas, dans

une cuvette contenant elle-même du mercure. La figure 275 représente ce baromètre dans sa plus grande simplicité. La colonne de mercure BCqui reste suspendue dans le tube s’appelle colonne barométrique; la hauteur du sommet G au-dessus du niveau du mercure dans la cuvette, hauteur barométrique; l’espace vide AG, chambre barométrique. ...

Dans les laboratoires, le baromètre est ordinairement libre, le tube soutenu seulement par une pince près d un

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mur. On mesure sa hauteur au moyen d’un cathétomètre (voyez ce mot), et, pour y parvenir plus sûrement et n’ôtre pas gêné par les parois de la cuvette, on dispose au-dessus de celle-ci une vis à deux pointes 27 G); en fait affleurer à la surface du mercure la pointe inférieure de cette vis, et on mesure au cathétomètre la distance verticale du sommet de la pointe supérieure au sommet G de la colonne barométrique. Il suffit d’ajouter à cette distance la longueur connue à l’avance de la vis D.

Ce baromètre n’est pas portatif; pour le rendre usuel, on le fixe généralement sur une planche en bois qui porte en outre une échelle divisée, dont le zéro correspond au niveau moyen du mercure dans la cuvette. La division de cette échelle, à laquelle correspond le sommet C de la colonne, indique immédiatement la hauteur approchée du baromètre.

On conçoit, en effet, que ce procédé de mesure ne saurait fournir des résultats bien précis. Alors même que l’on déterminerait avec exactitude la division ou fraction de division à laquelle correspondrait le sommet C, on n’aurait que la distance de ce sommet au-dessus du zéro de l’échelle, et pour que cette distance mesurât en môme temps la hauteur du baromètre, il faudrait que le niveau du mercure dans la cuvette correspondît exactement et toujoui’s à ce zéro. Or le baromètre est sans cesse variable; quand il monte, du mercure passe de la cuvette dans le tube, le niveau baisse dans !a cuvette; ce niveau monte, au contraire, quand le baromètre descend; il est donc perpétuellement changeant. Pour diminuer ses oscillations, on se sert de trèslarges cuvettes qui donnent en effet plus de précision à l’appareil.

Ce palliatif, cependant, ne suffit pas encore quand on veut atteindre au degré d’exactitude exigé dans les opérations scientifiques ; on a recours alors au baromètre de Fortin.

Baromètre de FortiNç a cuvette mobile. — Dans ce baromètre, la cuvette est à fond mobile; elle y est formée par un cylindre de verre 277) fermé supérieurement par un plateau en bois ou eu fer évidé en son centre, pour donner passage au tube de verre qui y est fixé par une peau de chamois et portant une pointe d’ivoire O, dont l’extrémité inférieure plonge dans la cuvette et correspond au zéro de l’échelle graduée. Ce cylindre est en outre fei-mé inférieurement par une peau blanche en forme de sac, dont le centre porte un petit plateau de bois qui vient appuyer sur l’extrémité d’une vis V. Cette vis elle-même traverse le fond d’un cylindre de cuivre

qui enveloppe la peau et la protège en même temps qu’il sert de point d’appui à la vis.

En tournant celle-ci dans un sens ou dans l’autre, on abaisse ou soulève le fond de la cuvette, on fait descendre ou monter le mercure qu’elle contient, en sorte que l’on peut toujours à volonté faire affleurer le niveau du liquide à l’extrémité de la pointe, et par suite au zéro de l’échelle graduée. Dans ce genre de baromètres appelés baromètres de Fortm ou de Ernst, du nom de son inventeur ou du mécanicien qui l’a ramené à des .. 1 i , dimensions plus porta-

tives, le tube de verre est renfernjé dans un étui en cuivre, vissé à la table supérieure de la cuvette, et portant dans ses deux tiers supérieurs une double rainure longitudinale au travers de laquelle on peut apercevoir l’extrémité supérieure de la colonne. Sur l’un des bords de cette rainure est tracée l’échelle graduée en millimètres • un curseui mobile sui 1 étui [^fig 278 ,et dont l’extrémité supeiieuie a bien diessee, est abaissée jusqu’à ce qu’on cesse de voir le jour entre son bord inférieur et le sommet de la colonne mercurielle. 11 suffit alors de lire sur l’échelle à quelle division et fraction de division de cette échelle correspond le point de repère z du curseur pour

Fis, 277. - Ciivelle du baromètre de Fortin.

Fi^. 278. — Curseur au baromètre de Fortin.

avoir la hauteur cherchée. Enfin, ce baromètre est muni d’un thermomètre qui indique la température. La figure 27 9 représente le baromètre de Fortin avec son pied

et le mode de suspension qui lui permet de se tenir verticalement.

Baromètre a siphon. — Le tube barométrique, au lieu de s’ouvrir dans un réservoir distinct, se recourbe verticalement comme un siphon {fig. 280) en une branche courte B, ouverte supérieurement et faisant elle-même fonction de cuvette. Dans les baromètres communs, cette courte branche doit être large , afin que les variations de niveau du mercure y soient aussi faibles que possible ; le zéro de l’échelle correspond à la position moyenne de ce niveau.

Dans les baromètres à siphon, de précision, construits sur le modèle imaginé par Gay-Lussac [fig. 28 1 ), la courte branche a les mômes dimensions en largeur que la grande et en est séparée par un tube étroit destiné à empêcher l’air de pénétrer dans la chambre barométrique. Bunten, pour rendre cet accès encore plus difficile, a disposé sur le milieu de ce tube de jonction un réservoir de garde CD, destiné à loger les bulles d’air qui pourraient, par accident, franchir l’espace BC. Dans l’un et l’autre cas, la courte branche du baromètre ne communique avec le dehors que par une ouverture O, assez large pour laisser passer l’air, trop étroite pour laisser écouler le mercure; l’échelle est double ; le zéro commun est situé sur la partie moyenne du baromètre; l’une des échelles va en montant vers la partie supérieure du tube, l’autre descend vers la courte branche; deux curseurs servent à mesurer la distance de chacune des deux colonnes de mercure à ce zéro commun : la somme de ces distances

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forme la liauteur totale du baromètre. Le baromètre à siphon de Gay-Lussac ou de Bunten est du reste tantôt fixé sur une table en bois garnie de règles divisées en cuivre, tantôt abrité dans un étui en cuivre percé de rainures longitudinales dont les bords sont gradués, et

Fig. 28). — Baromètre à Fig. 281. — Tubes du baromètre à siphon de siphon ordinaire. Gay-Lussac, modifié par Bunten.

sur lequel glissent les deux curseurs. Dans l’un et l’autre cas, le baromètre est toujours muni de son thermomètre.

BAROiMÈTr.E A CADRAN. — C’est un baromètre à siphon dont les variations sont indiquées par une aiguille mobile

sur un cadran {fig. 282). Dans la branche ouverte A, plonge un petit tube lesté par cle la grenaille ou du mercure, et qui flotte à la surface du mercure du baromètre. Ce tube est suspendu à un fil de soie qui s’enroule sur la gorge d’une poulie très-mobile P , et dont l’autre extrémité est tendue par un petit contre-poids B, moins lourd que le premier poids; sur l’axe de la poulie est fixée l’aiguille.

Quand le baromètre monte ou descend, le mercure descend on monte dans la branche ouverte et entraîne dans ses mouvements le poids qui flotte à sa surface, et par lui la poulie et son aiguille. Le baromètre à cadran est toujours un instrument assez grossier, quel que soit le luxe de sa monture.

Théorie du baromètre. — C’est la pression exercée par l’air atmosphérique à la surface du mercure situé dans la cuvette des baioinètres à cuvette, ou dans la branche ouverte des baromètres à siphon, qui tient suspendue la colonne barométrique. Dans un baromètre bien construit, la hauteur de cette colonne est telle que le poids du mercure qui la compose soit juste égal à la pression exercée par l’air sur une surface de même étendue que la base de la colonne barométrique. Ainsi, au niveau de la mer, la hauteur barométrique moyenne est de 0“,7G; la pression atmosphérique moyenne sur une surface de 1 mètre carré y est donc égale au poids d’une colonne de mercure de 1 mètre carré de base et de 0“,76 de hauteur. Le volume de cette colonne serait de 0"“’,7G0 ou de7G0 litres, et, comme l litre de mercure pèse 13’', G, cette pression est de 10 33G kil.

Mais pour que cette assimilation des pressions soit exacte, il est nécessaire que rien ne vienne peser sur le sommet de la colonne barométrique, attendu que cette pesée diminuerait d’autant la hauteur de cette colonne. Il est donc nécessaire que la chambre barométrique soit vide d’air ou de tout autre gaz ou vapeur, et qu’elle se conserve dans cet état.

Pour satisfaire à cette condition, on remplit le tube barométrique, avant de le monter, avec du mercure bien pur ; puis on le place dans une position inclinée, l’ouverture en haut, au dessus d’un fourneau allumé, de manière à faire bouillir le mercure dans toute sa longueur, en allant graduellement de l’extrémité fermée k l’extrémité ouverte du tube. Les vapeurs du mercure en ébullition balayent le tube et le dépouillent exactement de toutes les substances volatiles ou gazeuses qui pourraient adhérer à sa surface interne. On met le tube en place dans le baromètre quand il a été complètement refroidi.

Si on penche peu à peu un baromètre ainsi construit,, la colonne de mercure s’allonge graduellement dans le tube pour conserver sa môme hauteur verticale et finit parvenir en contact avec le sommet de ce tube. Elle fait entendre alors un bruit sec et métallique dû au choc du mercure contre le verre. Dès que la moindre bulle de gaz a pénétré dans la chambre barométrique, le choc devient mou et sourd, parce que le gaz forme un coussin qui amortit le choc. Lorsque cette modification se produit, le baromètre est hors de service ; il faut remplir son tube à nouveau. Ce remplissage est assez facile dans les baromètres à cuvette pour' que chaque physicien puisse l’opérer partout; le baromètre à siphon de Gay-Lussac présente des difficultés plus grandes; aussi a-t-on pris dans sa construction des précautions particulières pour y empêcher la rentrée de l’air.

Usages du baromètre. — Le baromètre sert directement à mesurer les pressions atmosphériques, et subsidiairement à étudier les variations qui se produisent dans l’état de l’atmosphère, ou à mesurer les hauteurs des divers points de la surface du globe au-dessus du niveau de la mer.

Lorsqu’on suit attentivement les indications du baromètre, on s’aperçoit bientôt qu’elles varient perpétuellement. Les vents sont la cause la plus active de ces variations dans nos contrées. A Paris, et d’une manière générale, c’est par le N. 24» E. que le baromètre ést moyennement le plus haut, et par le S. 5" O. qu’il se tient le plus bas. Ces directions changent un peu avec les saisons. Ainsi, en hiver elles sont N. et S.-S.-O. ; en automne, N. -O. et S.-S.-O. ; au printemps, N.-E. et S.-S.-E. Ces faits nous expliquent l’intérêt que l’on accorde vulgairement en France aux variations barométriques comme pronostics du temps. La hausse ou la baisse du baromètre n’indique pas d’une manière directe le beau temps ou la pluie, mais la prédominance des vents du N. ou du S. Comme la pluie, à Paris, est le plus souvent amenée par le S. ou S.-O., l’abaissement du baromètre la présage d’une manière assez exacte. A Pétersbourg, où il pleut indifféremment par tous les vents, les indications barométriques sont sans valeur. Au reste, à Paris môme, le baromètre se trompe une fois sur cinq environ. Supposons que le vent du N. règne dans l’atmosphère, le baromètre est haut; s’il baisse lentement, d’une manière progressive, on peut annoncer avec une grande probabilité que le vent du N. cède la place à un vent du S. ou. S.-O. ; souvent môme on remarque déjà qu’il règne dans les hautes régions ; ce vent étant très-chargé de vapeur, la ploie est probable; elle peut cependant ne pas tomber si l’air était primitivement très-sec et que les vents du S. ne durent pas trop longtemps; d’un autre côté, il peut pleuvoir par un vent du N. quand il arrive brusquement dans une atmosphère chaude et chargée de vapeur; mais, dans ce cas, la pluie dure généralement peu.

Les cultivateurs qui ont le plus d’intérêt à prévoir les changements de temps, acquièrent souvent une grande intelligence des signes météorologiques, et le baromètre les trompe beaucoup moins souvent que les habitants des villes.

Les variations brusques et considérables du baromètre ont une signification plus positive encore; elles sont un indice de perturbation dans le temps et un présage do tempête. Les grandes tempêtes sont toujours précédées d’un abaissement du baromètre d’autant plus grand qu on s’éloigne plus de l’équateur. Lors de l’ouragan qui dévasta une partie de l’Europe, en février 1783, le haro-

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mètre avait baissé brusquement de 0”,031 en Angleterre, de 0‘“,018 à 0“»,030 en France et en Allemagne, de 0“,007 seulement à Rome. En dehors de ces variations dites accidentelles, parce qu’elles ne sont soumises à aucune règle connue dans leur succession, le baromètre éprouve chaque jour deux oscillations régulières qui dans nos climats sont perdues dans les variations accidentelles, mais qui deviennent d’autant plus apparentes qu’on s’approche de plus l’équateur. Dans les régions intertropicales, elles ont assez d’amplitude et de régularité pour qu’elles puissent presque servir à indiquer les heures; par contre, les variations accidentelles y sont presque milles, et un écart de 0“,001 ou 0“,002 suffit pour y présager les plus violents ouragans. Au reste, comme le poids total de l’atmosphère est invariable ou à peu près, à cause de la très-faible proportion d’eau qu’elle contient, si le baromètre baisse en un lieu, il faut qu’il monte en d’autres lieux. C’est, en définitive, la distribution inégale et changeante de la chaleur à la surface du globe qui est la cause première de ces oscillations.

La suspension de la colonne de mercure dans le baromètre étant due à la pression de l’air, on comprend que sa hauteur doit diminuer à mesure qu’on s’élève dans l’atmosphère; la pression atmosphérique diminue en effet, dans ces circonstances, de tout le poids des couches d’air qu’on laisse au-dessous de soi. Aussi un baromètre réglé à Paris restera-t-il obstinément à tempête, s’il est transporté sur une montagne élevée. Au niveau de la mer, une ascension de lO mètres entraîne une diminution de 0“,00 1 environ dans la hauteur du baromètre, le mercure étant 10000 fois environ plus dense que l’air. On conçoit donc que le baromètre puisse servir à mesurer la hauteur des montagnes. Deux baromètres situés l’un aupied, l’autreau sommet d’une montagne y auront deux hauteurs inégales, dont la différence permettra de conclure la différence de hauteur des deux stations. Le calcul s’effectue au moyen de formules que l’on trouvera dans les traités spéciaux auxquels nous renvoyons. Le calcul se trouve d’ailleurs singulièrement simplifié et mis à la portée de tout le monde, par l’usage des tables d’Oltmans qui se trouvent reproduites, chaque année, par V Annuaire du bureau des longitudes,, où elles sont accompagnées d’une explication détaillée sur la manière de s’en servir.

Quoi qu’il en soit, pour ce genre de déterminations, il est nécessaire que la mesure de la pression acquière une grande exactitude. On ne devra donc faire usage que de baromètres de précision, tels que ceux de Fortin ou de Bunten ; de plus, comme, sans que la pression barométrique change, la hauteur du baiK?mètre varie avec sa température par l’effet de la dilatation du mercure et de l’échelle, il faut toujours corriger les observations des effets de la chaleur, en les ramenant à ce qu’elles seraient si la température du baromètre était invariablement à 0°. Ces corrections se font aussi au moyen de tables calculées d’avance. C’est pour connaître la température du baromètre au moment de l’observation, que cet instrument est toujours muni d’un thermomètre. Enfin, par l’effet de la capillari te, le sommet de la colonne mercurielle affecte une forme convexe qui tend à déprimer cette colonne. Il faut encore écarter cette cause d’erreur en faisant usage de tables spéciales.

Galilée paraît avoir eu le premier l’idée du baromètre. Des fontainiers de Florence ayant été amenés à construire une pompe dont le tuyau d’aspiration dépassait 10 mètres, et très-surpris de voir que l’eau ne pouvait arriver jusqu’au cylindre, étaient venus le consulter sur ce fait dont ils ne se rendaient pas compte. On attribuait alors l’ascension de l’eau dans les pompes à l’horreur de la nature, pour le vide. Galilée leur répondit que la nature n’avait horreur du vide que jusqu’à 32 pieds; mais, comprenant la futilité de cette réponse évasive, il chercha la cause du fait qui lui était signalé dans la pesanteur de l’air et la pression qui en était la conséquence. Mais ce fut Torricelli, son disciple, qui construisit le premier baromètre en 1G43. Depuis, on a fait subir à cet instrument des perfectionnements qui en font un de nos appareils les plus précis.

Baromètre métallique anéroïde. — Baromètre sans mercure et à parois métalliques. Ce genre de baromètres, fondé sur l’élasticité des métaux, principe essentiellement différent de celui sur lequel repose le baromètre ordinaire, a été inventé en 1847 par M. Vidy. La forme adoptée par l’inventeur était un peu compliquée. Un habile constructeur français, M. Bourdon, mettant à profit l’idée de Vidy et la propriété découverte parle Prussien

Linz, que présentent les tubes courbes à section elliptique de se déformer sous l’influence do pressions intérieures ou extérieures, réalisa une forme plus pratique, adoptée généralement aujourd’hui.

Le baromètre de Bourdon (fig. 283) se compose d’un tube de cuivre, large et fortement déprimé, de manière que sa section transversale ait la forme d’une ellipse très-allongée, et que le tube lui-môme ait l’apparence d’un épais ruban de cuivre. Ce ruban est courbé en arc de cercle formant un cercle presque complet ; il est fixé par sa partie moyenne m dans une boîte circulaire ; il est fermé à ses deux extrémités et le vide y est fait exactement à l’intérieur. Les deux extrémités a et 6 de ce tube sont en outre réunies par de petites tiges de cuivre aux deux extrémités d’un petit levier mobile autour de son centre, et

Fig. 283. — Rai'omètre de Bourdon.

auquel est fixé un secteur de roue dentée gh à grand rayon qui vient engrener avec un pignon o portant une aiguille c c?, dont les déplacements sur un cerde gradué servent à indiquer la pression atmosphérique. Dès que la pression augmente, le tube s’aplatit d’une quantité correspondante, sa courbure s’accroît, ses deux extrémités se rapprochent et l’aiguille tourne dans un sens ; quand la pression diminue, cette série d’effets se produit en sens contraire et l’aiguille marche dans une direction opposée. Ce baromètre a l’avantage d’être léger, peu volumineux, point fragile; il est exact et sensible ; mais, comme l’élasticité du métal peut changer avec le temps, il est nécessaire de vérifier de temps en temps son zéro. Ce joli baromètre de cabinet ne pourrait pas remplacer le baromètre à mercure dans les observations de précision ; mais, associé à ce baromètre, il peut rendre de grands services dans les excursions scientifiques. M. D.

Roses baroméiriques des vents» ou hauteur moyenne du baromètre en divers lieux sous rinfluence des huit principaux vcnls.

Ttnts.

Paris.

Londres.

Tienne.

l’ctersbonrg

lloscon .

Moyenne.

BAROSCOPE. — Voy. Archimède {principe d').

BARRAGE (Hydraulique). — Obstacle temporaire ou permanent à l’écoulement naturel des eaux. Les barrages ont tantôt pour but d’élever le niveau des eaux en un point de leur cours pour créer une chute d’eau que l’on puisse utiliser comme force motrice ; tantôt, comme cela a lieu sur les cours d’eau peu profonds, de diminuer la pente en la rachetant par des chutes convenablement espacées. En

BAR

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diminuant ainsi la vitesse de l’eau, on en accroît le volume dans le môme’ rapport. L’établissement des barrages, en effet;, ne change pas sensiblement le débit du cours d’eau ; la môme quantité d’eau continuant à passer en chaque section du lit du cours d’eau, si elle y coule moins vite, sa section sera nécessairement plus grande. C’est ainsi qu’on parvient à rendre navigables certaines rivières, et c’est sur le môme principe qu’est fondé l’établissement des canaux. Les barrages fixes sont ordinairement construits en maçonnerie à double talus, celui d’aval beaucoup plus prolongé que celui d’amont. Ces barrages sont souvent une cause de désastres pendant les inondations; aussi doit-on toujours leur préférer les barrages mobiles formés tantôt par des portes d’écluse suffisamment résistantes, et qu’un seul homme peut manœuvrer, tantôt par des madriers en bois couchés horizontalement les uns au-dessus des autres, et retenus à leurs extrémités par des obstacles en maçonnerie... Leur forme, du reste, est assez variable (voyez Canal).,

BARRAS (Botanique industrielle). — Espèce de térébenthine qui recouvre les parties latérales des incisions faites aux pins, et qui se concrète sous l’influence de l’air ; on l’enlève à la fin de chaque saison par un grattage, et on la met à part : cette térébenthine consistante est rendue impure par les différents corps étrangers qu’elle contient, surtout les débris de bois et d’écorce entraînés par le grattage (voyez Galipot, Térébenthine),

BARREAU AIMANTÉ. — Voyez Aimant.

BARRES (Hippiatrique). — On appelle barres dans le clieval un grand espace vide qui existe entre les dents canines et les molaires, et dans lequel on place le mors de la bride. Lorsque les barres sont minces et tranchantes, la membrane des gencives se trouve comprimée sur la crôte saillante de l’os maxillaire, et il en résulte une “Couleur plus ou moins vive, qui exige beaucoup de légèreté dans la main du cavalier : cela a lieu surtout pour les jeunes chevaux; on dit alors que ces chevaux ont la bouche tendre, délicate: on aura soin, dans ce cas, d’avoir des mors très-gros; en général, les vieux chevaux ont la bouche moins sensible, parce que les barres se sont arrondies par suite de l’action prolongée de la bride. Lorsqu’elles ont été blessées par un mors mal fait, il faut laisser le cheval au repos. Lorsque, par une violence quelconque du cavalier, la bouche a été déchirée et fendue, il peut se faire que le mors sorte des barres et se porte en arrière sur les molaires; alors le cheval ne peut plus être maîtrisé, \\ prend le mors aux dents ; c’est de là que vient cette locution.

BARTAVELLE (Zoologie). — C’est la perdrix grecque (voyez Perdrix).

BARTONIA (Botanique), dédié par Sims. au docteur B. S. Barton, professeur de botanique à Philadelphie. — Genre de plantes de la famille des Loasées. Galice à 5 lobes; lO pétales; étamines indéfinies, distinctes. Le B. blanchâtre {B. albescens, Gill. et Arnott.) est une herbe du Chili ; ses feuilles sont sinuées et ses fleurs jaune pâle. Le B. orné {B. ornata, Nutt.), plante bisannuelle qui croît au bord du Missouri, est, comme la précédente, une plante de serre tempérée, à feuilles lobées et à fleurs blanches.

BARYTE, Baryte caustique (Chimie) (BaO), du grec barus, pesant. — Combinaison d’une proportion (G8,6) de baryum et d’une proportion (8) d’oxygène. Découverte par Schèele en 1774, la baryte se présente sous forme d’une masse spongieuse, friable, infusible, d’une couleur grisâtre. Elle est vénéneuse ; sa saveur est âcre et urineuse ; elle forme une base puissante, soluble dans 2 parties d’eau bouillante et 20 parties d’eau froide. Son affinité pour ce liquide est telle que si l’on en verse quelques gouttes sur elle, il se produit un bruit analogue à celui d’un fer rouge plongé dans l’eau. Aussi, exposée à l’air, elle en absorbe l’humidité, se délite et tombe en poussière; elle s’empare également de son acide carbonique, et la dissolution de baryte se trouble à l’air, parce que le carbonate de baryte qui se forme est insoluble.

La dissolution de baryte évaporée dépose des cristaux qui retiennent 10 proportions d’eau, dont 9 seulement peuvent être chassées par la chaleur ; la dernière est fixée avec une grande énergie et ne peut être éliminée que par les acides. Cet hydrate fond à la chaleur rouge.

La baryte forme avec l’acide sulfurique et l’acide chromique des composés insolubles qui permettent de distinguer ces substances l’une par l’autre; la combinaison', surtout avec l’acide sulfurique, se fait avec assez d’énergie pour que l’alcali devienne incandescent. La baryte jouit en outre de la propriété de se combiner au

rouge sombre avec l’oxygène de l’air, d’en fixer ainsi une proportion égale à celle qu’elle contenait d’avance, et de se transformer en bioxyde de baryum (BaO^). Ce bioxyde à son tour, chauffé au rouge vif, laisse dégager son oxygène en excès. Cette propriété, constatée pour la première fois par M. Boussingaul, fournira peut-être le moyen de se procurer industriellement l’oxygène à bon marché (voyez Oxicène).

La baryte se rencontre en assez grande abondance dans la nature à l’état de sulfate et de carbonate qui servent à préparer tous les sels de baryte et la baryte ellemême. Le carbonate de baryte (BaO,CQ2), chauffé au rouge blanc, perd son acide carbonique ; la décomposition est rendue plus facile si au carbonate on mélange du charbon. On peut également dissoudre le carbonate dans l’acide nitrique qui le transforme en nitrate de baryte, et décomposer le nitrate par la chaleur. Pour retirer la baryte de son sulfate, on mélange celui-ci avec du charbon en poudre et de l’huile ou des graisses, de l’amidon, de la résine, et on le calcine fortement. Le charbon s’empare de l’oxygène du sulfate qui est transformé en sulfure. Si l’on veut obtenir de l’hydrate de baryte, on peut laver le résidu de la calcination et faire bouillir la lessive sur de l’oxyde de cuivre ; il se forme du sulfure de cuivre insoluble et de l’oxyde de baryum liydraté qui se dissout et qu’on fait cristalliser par évaporation. Mais si on veut avoir la baryte anhydre, il faut traiter le sulfure de baryum par l’acide nitrique qui le transforme en nitrate de baryte, et calciner ce dernier sel.

Baryte (Sels de). — Sels blancs, à moins que l’acide ne soit coloré par lui-même. On les distingue aux caractères suivants ; lorsqu’ils sont solubles, les carbonates alcalins y donnent un précipité blanc, très-peu soluble, de carbonate de baryte, tandis que l’ammoniaque pure n’y donne rien, ce qui les distingue des sels d’alumine et de magnésie. Les sulfates alcalins et l’acide sulfurique y donnent un précipité blanc de sulfate de baryte complètement insoluble.

Les chromâtes solubles y forment un précipité jaune de chromate de baryte, ce qui les distingue des sels de strontiane .

Les sulfures alcalins n’y produisent rien- ce qui les distingue des sels de plomb.

Dissous dans l’alcool ou mélangés avec ce liquide, ils donnent une flamme jaune verdâtre, tandis que les sels de strontiane donnent une flamme d’un beau rouge pourpre.

Lorsque le sel de baryte n’est pas soluble, il faut le rendre soluble en traitant, par exemple, le carbonate par les acides nitrique ou chlorhydrique, et le sulfate par le charbon.

Tous les sels solubles de baryte sont vénéneux à dose assez faible. Ils ont peu d’usages dans l’industrie.

Baryte (Azotate de) (BaO,AzO^). — Sel anhydre soluble dans 8 parties d’eau froide, dans 3 parties d’eau bouillante et moins soluble dans un excès d’acide. On l’obtient en traitant le carbonate de baryte ou le sulfure de baryum par l’acide azotique. C’est un réactif assez employé en chimie, mais très-peu dans les arts.

Baryte (Carbonate de). Baryte carbonatée, 'Withé- RiTE (BaO,GO^). — Combinaison naturelle d’acide carbonique et d’oxyde de baryum.^ Minéral blanc fibreux, d’une densité égale à 4,3. U est vénéneux, ce qui le fait désigner en Angleterre sous le nom de pierre contre les rats.

Baryte (Sulfate de). Baryte sulfatée. — Combinaison d’acide sulfurique et de baryte caustique (BaO,SO^). Son poids considérable et son très-bas prix le font souvent employer pour frauder les produits de l’industrie, et en particulier la céruse ou carbonate de plomb. Pour démasquer cette fraude, il suffit de verser sur la céruse de l’acide nitrique étendu qui doit la dissoudre en entier, si elle est pure, et qui est sans action sur le sel de baryte (voyez Barytine).

BARYTINE (Minéralogie) . — Sulfate de baryte naturel ; sa pesanteur spécifique, qui est environ de 4,4, le distingue d’un grand nombre de minéraux et lui a valu le nom de spath pesant; on l’appelle encore pierre puante, à cause de l’odeur fétide que lui communique la présence du bitume. Le sulfate de baryte naturel est ordinairement pur ou quelquefois mélangé de sulfate de chaux ; on le rencontre en cristaux ou bien en masses fibreuses, compactes ou terreuses. A l’état cristallin, la barytine offre un trèsgrand nombre de formes dérivant d’un prisme droit rhomboïdal dont l’angle est de 101” 42'. La barytine est quelquefois hyaline, et alors elle possède la double réfraction à deux axes optiques faisant entre eux un angle de 37“ 42 »

BAS

BAS

Le sulfate de baryte est essentiellement un minéral de filon ; on le trouve dans les mines du Cumberland,. en Angleterre ; en France, à Royat (Puy-de-Dôme) ; mais la Hongrie fournit les plus beaux écbantillons. Ce minéral s’y rencontre dans des filons qui fournissent du tellure argentifère : les mines d’étain sont les seules où on le trouve plus rarement. Sa présence dans un filon est, comme celle du spath-fluor, un indice presque certain de l’existence de minerais métalliques.

BARYUM (Ba=- G8,6), du grec barus^ pesant. — Métal d’un blanc d’argent, assez malléable, fusible avant la chaleur rouge, difficifement volatil, très-oxydable à l’air, <lécomposant l’eau avec rapidité pour se transformer en baryte (BaO), et d’une densité égale à 4,97 ; du reste, peu connu à cause de la difficulté de sa préparation et de sa conservation qui le rend sans usage. Ses combinaisons avec l’oxygène, le chlore, le soufre, etc., sont au contraire assez fréquemment employées dans les laboratoires.

Le baryum fut découvert en 1807 par H. Davy,à 1 aide de la pile. On forme avec de la baryte hydratée une petite capsule que l’on met en communication avec le pôle positif d’une forte pile, et on verse dans la capsule un peu de mercure dans lequel on fait plonger le pôle négatif de la pile. La baryte est décomposée peu à peu, et son métal se dissout dans le mercure. En soumettant ensuite l’amalgame à la distillation, on volatilise le mercure, et le baryum reste dans la cornue. On l’obtient aujourd’hui plus facilement en chauffant au rouge vif de la baryte dans un courant de vapeur de potassium ou de sodium qui s’empare de son oxygène.

Bauyüm (Oxydes de). — On en connaît deux :

Le protoxyde de baryum (BaO), ou Baryte. — Voyez ce mot.

Le bioxyde de baryum (BaO^), Baryte oxygénée. — Combinaison d’une proportion (68,6) de baryum avec 2 proportions (16) d’oxygène. Substance poreuse, grise, d’un aspect semblable à celui de la baryte, et que l’on obtient en chauffant de la baryte au rouge sombre dans un courant d’oxygène, ou simplement d’air sec. Cette substance peut se combiner aisément à l’eau pour former un hydrate peu soluble qui se décompose même à la température de l’eau bouillante, en oxygène qui se dégage, et en baryte qui se dissout. Le môme effet a lieu au rouge vif par l’action seule de la chaleur. La baryte oxygénée n’a que des usages limités dans les laboratoires : on s’en sert pour préparer Veau oxygénée .

Baryum (Sulfures de). — On en connaît plusieurs :

ViQ monosulfure (BaS), analogue à la baryte et jouant le rôle d’une base énergique en présence de sulfacides. 11 fournit un grand nombre de sulfosels. On l’obtient en calcinant le sulfate de baryte en présence du charbon qui lui enlève son oxygène. La matière obtenue est lavée à l’eau, la lessive est évaporée et laisse déposer des cristaux lamelleux blancs de monosulfure.

Le pentasulfure (BaS’) que l’on obtient en faisant bouillir du soufre dans une dissolution de monosulfure. En réglant convenablement la quantité de soufre sur laquelle on opère, on obtient des sulfures intermédiaires aux précédents. Ces sulfures peuvent également être produits en calcinant un mélange de soufre et de baryte.

Baryum (Chlorure de) iBaCl). — On le prépare aisément en dissolvant le carbonate de baryte naturel dans l’acide chlorhydrique, ou bien en dissolvant dans le môme acide le sulfure de baryum résultant de la calcination d’un mélange de charbon et de sulfate de baryte, ou enfin en calcinant dans un four à réverbère du sulfate de baryte en poudre avec la moitié de son poids de chlorure de calcium provenant de la fabrication de l’ammoniaque. La masse retirée du four est agitée vivement avec de l’eau froide, décantée rapidement et évaporée. Le contact un peu prolongé de l’eau détruirait le composé obtenu par j action du feu. Le chlorure de baryum est soluble dans 2,3 parties d’eau froide, 1,3 partie d’eau bouillante; par 1 évaporation ou le refroidissement on obtient des cristaux d apparence nacrée, d’une saveur piquante, âcre et désagréable, d’un hydrate contenant 2 proportions d’eau (BaCl,2HO) qu’il perd à lOO®.

Le chlorure de baryum est un reach/ souvent employé dans les laboratoires. Les autres combinaisons du baryum avec les métalloïdes sont sans usage. M. D.

BAS (Métier a). — Voyez Bonneterie.

BASALTE (Minéralogie). — Roche d’origine ignée, ana> logue par sa composition aux dolérites et formée, par conséquent, de cristaux de pyroxène (silicate de chaux, de magnésie, d’alumine et de fer) et de labrador (silicate

d’alumine et de chaux) intimement mélangés. Ces cristaux sont d’une si grande ténuité que la roche a l’air tout à fait compacte. Le basalte est toujours d’un noir bleuâtre ; il renferme des cristaux de pyroxène isolés, mais peu de labrador sous cette forme. La présence du péridot (silicate de magnésie et de fer) est caractéristique de cette roche qui contient, en outre, du fer oxydulé^ de l’amphibole, des pyrites, du zircon et du mica noir. La densité du basalte est environ 3,3. Il est répandu en grandes masses qui affectent souvent des formes très-remarquables et d’un aspect tout particulier du à son mode d’origine. On ne peut douter, en effet, que cette roche n’ait été produite par des actions analogues aux éruptions volcaniiiues et qu’elle n’ait été poussée au dehors â l’état liquide sous l’action de forces intérieures puissantes. La forme de nappes plus ou moins puissantes, ou de filons qui^ en pénétrant dans les fissures des roches stratifiées, les ont plus ou moins modifiées, assimile en tout point les basaltes aux laves des volcans modernes. Répandue ainsi à l’état liquide, la roche s’est refroidie, et, pendant ce refroidissement, elle s’est fissurée dans plusieurs directions perpendiculaires à la surface de refroidissement-, il en résulte que la masse semble partagée en colonnes prismatiques qui ressemblent au premier abord à de gigantesques cristallisations. Cette dispositionse retrouve dans les chaussées de géants (comté d’Antrim en Irlande), nappes de basalte répandues à la surface du sol et qui semblent formées de pavés prismatiques accolés les uns aux autres. Les masses de basaltes prismatiques forment aussi des grottes dont la plus remarquable est la grotte de Fingal, île de Staffa, l’une des Hébrides. Quelquefois ces colonnes sont divisées en petits tronçons et ressemblent alors à des disques empilés : telle est la grotte des Fromages (Kasegrotté)^ sur les bords du Rhin, entre Trêves et Cologne. Dans les filons verticaux, le refroidissement s’opère par les parois latérales, aussi la division en prismes est-elle horizontale au lieu d’être verticale comme dans les cas précédents. Les dispositions les plus curieuses du basalte s’observent en Écosse et en France dans le Vivarais.

BASANE. — Peau de mouton, brebis ou bélier, travaillée au tan ou à l’alun.

Les usages de la basane sont très nombreux, et les apprêts qu’on lui fait subir varient avec les qualités qu’on veut lui donner. La basane tannée ou de couche., préparée comme le veau, est plus particulièrement destinée à faire les tapisseries de cuir doré, les dessus de banquettes ou de fauteuils. La basane alude préparée à l’alun au lieu de tan est préférée pour les couvertures de livres ou de portefeuilles.

La France fabrique annuellement une grande quantité de basanes pour sa consommation intérieure et pour l’exportation. On les prépare dans les départements, surtout ceux du centre, et on les termine à Paris.

BAS-BORD. — Terme de marine (voyez Bâbord).

BASCULE. — Instrument de pesage (voyez Balance).

BASE (Chimie). — Nom donné en chimie aux combinaisons des métaux avec l’oxygène, jouissant de la faculté de s’unir aux acides et d’en neutraliser les propriétés caractéristiques, en formant avec eux des sels. Ainsi les bases, quand elles sont solubles dans l’eau, bleuissent la teinture de tournesol rougie par un acide et brunissent la teinture de curcuma que les acides, au contraire, ramènent au jaune clair : un sel, combinaison en proportions convenables d’un acide et d’une base, restera sans action sur le tournesol et le curcuma. Toutefois, tous les acides et toutes les bases ne peuvent pas produire d’une manière complète ce dernier résultat. Les bases, comme les acides, ne sont pas toutes également puissantes.

Un petit nombre de bases sont très-sol ubies dans l’eau pure; on les appelle alcalis (potasse, soude, lithine) ; d’autres le sont peu, ce sont les bases alcalino-terreuses (baryte, strontiane, chaux). Les autres bases sont insolubles ; ce sont les plus nombreuses. Il est cependant des bases qui, dans certains cas, peuvent jouer le rôle d’acides : telle est, par exemple, l’alumine. L’eau est basique en présence des acides et acide en présence des bases (voyez Oxydes).

Le mot base s’étend aussi à des composés que l’on ne peut considérer comme des oxydes et qui jouissent cependant de la propriété de former des sels avec les acides : tels sont en particulier les alcalis organiques {voyez ce mot).

Base (Mathématiques) ; dans le levédes plans, on appelle base une ligne droite mesurée avec soin et servant de point de départ dans la construction des diverses lignes qui serviront à déterminer les distances ou les positions des

BAS

BAS

points à relever, ou des superficies à évaluer (voyez Levé des plans, au supplément).

En astronomie, la distance mesurée sur la terre entre deux points très-éloignés pour en déduire la longueur des degrés du méridien, et par suite les dimensions de la terre, ou ses distances au soleil ou aux diverses planètes (voyez Triangulation).

En géométrie,, celle des lignes ou surfaces d’une figure géométrique servant à évaluer la superficie ou le volume de cette figure. C’est ainsi que l’on dit que la surface d’un triangle a pour mesure le produit d’un de ses côtés servant de base par la moitié de la perpendiculaire abaissée du sommet opposé à la base sur cette base ellemême ; que le volume d’une pyramide est égal au produit de sa base (surface opposée au sommet) par le tiers de la distance de ce sommet à la base (voyez Surfaces, Aires, Volumes et le supplément).

En arithmétique,, le nombre qui exprime le rapport existant entre les différentes unités successives d’un système de numération. Ainsi notre système usuel, dont la base est lO, est appelé système décimal,, parce que chaque unité ne vaut 10 de l’ordre immédiatement inférieur. Si, au contraire, chaque unité en valait 12 de l’ordre précédent, on aurait ce qu’on appelle le système duodécimal dont la hase serait 12 (voyez Numération).

Dans Is calcul des logarithmes,, on nomme base le nombre qui a pourlogarithmel’unitéivoyezLoGARiTHMEs).

BASELLE (Botanique), Basella (d’après Rheede, ce nom est malabar). — Genre de plantes type de la famille des Basellées, voisine de celle des Ghénopodées. Tl se distingue par un calice double, des étamines soudées entre elles par leur base et un fruit globuleux enveloppé par le calice devenu charnu. La B. rouge {B. rubra,. Lin.), appelée aussi Épinard du Malabar,, Brède d’Angole ou Gandole,, est une herbe qui atteint souvent plus d’un mètre. Ses tiges sont grimpantes et teintées d’un pourpre fauve, et ses fleurs en épis sont d’un rose plus ou moins vif. Cette espèce, originaire des Indes orientales, donne par ses fruits d’un pourpre foncé une belle couleur rose, qu’on n’est pas encore parvenu à fixer. Les indigènes emploient pour leur alimentation les feuilles de cette plante en guise d’épinards. La B. blanche [B. alba,. Lin.), vulgairement L’prrtO'rc/ blanc du Malabar,, diffère par ses tiges verdâtres, ses fleurs blanches et ses fruits de môme couleur. Les racines de cette, plante, qui croît aussi au Japon, contiennent, dit-on, un principe laxatif. La B. tubéreuse (B. iuberosa,, Humb.) est cultivée comme herbe potagère à cause de ses racines alimentaires. G — s.

BASILAIRE (Anatomie), qui sert de base. — Cette épithète a été donnée à plusieurs objets : ainsi os basilaire ou sphéno-occipiial , plusieurs anatomistes ont décrit sous ce nom l’occipital et le sphénoïde réunis. L’apophyse basilaire ou angle inférieur de Voccipital est un prolongement de cet os qui s’articule avec le sphénoïde; sa face inférieure rugueuse forme la voûte osseuse du pharynx, sa face supérieure porte le nom de gouttière basilaire. — Artère basilaire, c’est le tronc artériel qui résulte de l’anastomose par convergence des vertébrales. Logé dans la gouttière basilaire sur laquelle il repose, il commence vers le bord postérieur de la protubérance annulaire, et finit au-devant de son bord antérieur en se bifurquant pour former les artères cérébrales postérieures : l’artère basilaire fournit la cérébelleuse antérieure et inférieure et la supérieure.

En botanique, le mot basilaire sert à indiquer qu’un organe est à la base d’un autre : ainsi un style est basilaire quand il naît de la base de l’ovaire.

BASILÉE (Botanique), Basilœa. — Genre de plantes établi dans la famille des Liliacées par Zuccagni, et fondu aujourd’hui dans le genre Eucomide.

BASILIC (Zoologie), Basiliscus, Daudin. — Genre de Reptiles Sauriens, famille des Iguaniens, section des Iguaniens propres; les Basilics se rapprochent des Ophryesses en ce qu’ils manquent, comme eux, de pores aux cuisses, qu’ils ont des dents au palais, et le corps couvert de petites écailles ; mais ils en diffèrent par leur crête qui est continue, élevée et soutenue par les apophyses épineuses des vertèbres : leurs membres sont allongés, les doigts grêles, ceux de derrière garnis en dehors d’une frange dentelée. L’espèce connue est le B. à capuchon [Lacerta basiliscus, Lin.), long d’environ 0'“,G0 à 0“,70, dont la queue fait à peu près les trois quarts; il se distingue par une proéminence membraneuse conique qu’il porte sur l’occiput, en forme de capuchon, soutenue par du cartilage. Il se nourrit de graine; on le trouve â la Guyane.

Le basilic des anciens était un animal fabuleux, aussi redoutable que le nôtre est innocent : il causait la mort non-seulement par sa piqûre, mais encore par son regard seul, à tel point qu’il se foudroyait lui-même, lorsque pour le prendre on lui présentait un miroir dans lequel il voyait son image. Les charlatans d’autrefois montraient dans les rues et vendaient comme basilics de petites raies auxquelles ils rompaient la colonne vertébrale, et qu’ils façonnaient d’une manière bizarre.

Basilic (Botanique), du grec basilikos, royal, à cause de son odeur suave et des plus agréables. — Nom français du genre Ocimum, Lin.), appartenant à la famille des Labiées et type de la tribu des Ocimoidées. Les basilics sont des herbes ou des arbrisseaux à fleurs oomposées d’un calice quinquédenté, d’une corolle à limbe bilobé, de 4 étamines à filets libres et d’un disque hypogyne. Les fruits sont des akènes renfermant souvent à la maturité une sorte de mucilage. Le B. blanc {O. canum, Sims.) de l’Afrique tropicale, le B. très-agréable (O. gratissimum, Lin.) des Indes orientales, sont des espèces vivaces ou sous-ligneuses qui se cultivent en serre chaude. Le B» commun (O. basilicum. Lin.), vulgairement appelé Oranger de savetier, est annuel et ne s’élève guère à plus de 0“,30. Ses tiges sont très-rameuses et pubescentes. Ses feuilles ovales, glabres, sont un peu dentées et ponctuées en dessus. Les feuilles florales, souvent colorées, sont garnies de cils et dépassent un peu le calice en longueur. Cette jolie espèce,, qui nous vient d’Asie et d’Afrique, est très-répandue et se cultive à cause de son excellente odeur. On l’a recommandée souvent en infusion théiformo pour les maux de tête. Sa saveur est très-piquante et aromatique. On connaît d’assez nombreuses variétés de cette plante. Le B. nain, vulgairement Petit-Bailic (O. minimum, Lin.) est l’espèce la plus ornementale, et par conséquent la plus répandue dans les jardins d’agrément. Elle est originaire du Chili et donne en été des fleurs blanches disposées en grappes simples. G — s.

BASILICUM ou Basilicon (Matière médicale), du grec basilikos, royal. — On donne ce nom généralement à tous les médicaments auxquels on attribue de grandes vertus; cependant il a été réservé spécialement à un on® guent que l’on croit propre à favoriser la formation du pus. L’onguent basilicon est composé de quatre substances : résine de pin, GO; poix noire, GO; cire jaune, 60; huile d’olive, 235 : le nom de tetrapharmacum (en grec tettara pharmaca, quatre drogues) lui a été donné à cause des quatre éléments dont il est composé.

BASILIQUES (Veines) (Anatomie), du grec basilikos, royal, parce que les anciens pensaient qu’elles jouaient un rôle important dans l’économie animale. — Ce nom a été donné à deux troncs veineux du bras ; 1° la V, basilique propre est une de celles sur lesquelles on pratique la saignée : née à la partie interne du pli du coude, audevant de l’artère humérale, de la réunion des veines cubitales et de la médiane basilique, elle se dirige d’abord obliquement d’avant en arrière, puis verticalement en haut le long de la partie interne du bras, au-devant du nerf cubital, et va se terminer dans la veine brachiale ou dans l’axillaire ; 2° la V. médiane basilique, tronc situé superficiellement, qui monte de dehors en dedans de la médiane commune à la cubitale pour former la basilique. C’est sur une de ces deux veines qu’on pratique très-souvent la saignée du bras; la disposition et les rapports des veines du pli du coude seront exposés plus au long à l’article Saignée.

BASIQUE (Chimie). — Nom donné, soit aux combinaisons qui jouissent de la propriété de s’unir aux acides et d’en neutraliser plus ou moins complètement les propriétés (la chaux est une base ou un composé basique), soit aux sels qui contiennent une proportion de base supérieure à celle qui correspond au sel neutre (le sousacétate de plomb est un sel basique). Un sel bibasique contient 2 proportions de base pour 1 d’acide ; un sel tribasique en contient 3, etc. On dit encore qu’un acide est monobasique, bibasique ou tribasique, suivant qu’il lui faut 1, 2 ou 3 proportions de base pour former un sel neutre. L’acide phosphorique ordinaire est tribasique ; par la calcination, il devient bibasique ; un degré de chaleur plus élevé le rend monobasique (voyez Sels, Bases, Acides).

BASSET (Zoologie). — Race de chiens de chasse trèsestimés : la plupart ont les jambes torses ; il y en a aussi h jambes droites [voyez Bacf,s),

BASSIE (Botanique), Bassia, Kœn., dédicace faite à Bassi ou Bassus, professeur de l’université de Bologne. — Genre de plantes de la famille des Saootées, comprenant

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des arbres de l’Asie et de l’Afrique tropicale, de 10 à 15 mètres de hauteur. Leurs tiges contiennent un suc laiteux; les feuilles sont entières, alternes; les fleurs, axillaires, fasciculées ou disposées en ombelle; la corolle, campanulée tubuleuse ; le fruit est une baie oblongue ou globuleuse renfermant de I à 5 graines. La B. à longues feuilles (B. longifolia, Lin.) est un grand arbre à rameaux velus présentant une couleur rousse au sommet. Ses feuilles sont lancéolées, acuminées, un peu ondulées, molles; les étamines, au nombre de 16 à 20, présentant des anthères très-allongées et se terminant par 3 dents ; le fruit est une baie grosse comme une belle prune, elle est recouverte d’une légère villosité. Cette espèce, qui porte dans le Malabar le nom indien delllupei, est employée à différents usages chez les indigènes; ainsi on mange les corolles que l’on fait rôtir; elles ont, dit-on, une saveur analogue à celle du raisin. On extrait des graines une huile grasse comestible. L’écorce et les baies contiennent un suc très-astringent dont on a fait usage contre les maladies de la peau. Le fruit, soit mûr, soit avant sa maturité, se mange en bouillie. Enfin, le bois est précieux pour sa dureté, sa solidité, et pour la résine qu’il contient en abondance. La B. à larges feuilles (B. lati folia, Roxb.) a des feuilles oblongueselliptiques ou ovales, aiguës ; baie oblongue, de la grosseur d’une petite pomme. Cette espèce, qui croît spontanément dans l’Inde ainsi que la précédente, fournit par ses graines une huile propre à remplacer celle du palmier. Son bois est aussi très- dur, et ses fleurs, dont les écureuils sont très-friands, sont recherchées par les indigènes pour préparer une sorte de liqueur alcoolique. Le B. hutyracea de Roxb. {Arbre à beurre) renferme dans ses graines une substance analogue au beurre, mais qui durcit promptement; les indigènes la regardent Comme un bon remède contre les rhumatismes, c’est le beurre de Galam. Cet arbre croît au Népaul. G — s.

BASSIN (Anatomie et Zoologie). — On appelle ainsi cette ceinture osseuse qui forme dans l’homme la base du tronc ; il termine l’abdomen à sa partie inférieure ou postérieure et s'appuie sur la région sacrée de la colonne vertébrale. Les vertèbres sacrées, au nombre de cinq , soudées ensemble forment le sacrum , de forme pyramidale dont le sommet situé en bas s’articule avec le coccyx ; de chaque côté il s’unit à un os considérable, aplati et contourné en une sorte de demi-cercle très-irrégulièrement figuré ; les deux extrémités antérieures se joignent en avant l’une à l’autre par une espèce de soudure qu’on appelle la symphyse du pubis. Ces deux os se nomment les os iliaques (îVf a, entrailles), les os coxaux {coxa, hanche) , ou os de la hanche. On distingue dans chacun de ces os trois parties qui, dans le jeune âge, formaient trois os séparés ; Vilium, partie élargie qui constitue proprement la hanche ; le pubis, qui, en s’unissant à son analogue du côté opposé, ferme le bassin en avant ; et enfin V ischion, tubérosité osseuse dirigée en arrière et en bas chez l’homme, et qui fait saillie du côté de l’anus. Le point de jonction de ces trois portions est remarquable par> son épaisseur et son rétrécissement en forme de col ; c’est dans cette épaisseur qu’est creusée en dehors la cavité cotyloïde qui reçoit la tête du fémur. Le bassin donne attache aux muscles de l’épine, du basventre, des cuisses ; il contient une partie des organes de la digestion, et ceux de la sécrétion urinaire, etc. ; il les protège contre les corps extérieurs.

L’homme seul a un bassin large, évasé, et pourvu de masses musculaires aussi puissantes, capable d’assurer le maintien de la station verticale; aussi est-il déjà beaucoup plus étroit chez les autres mammifères : chez certains carnassiers, tels que la taupe, les os iliaques sont très-resserrés et le détroit antérieur est d’une petitesse extrême ; on peut en dire autant de la roussette et de quelques autres. Dans les marsupiaux ou animaux à bourse, le bassin est d’une petitesse remarquable ; mais ce qui le distingue surtout, c’est l’existence d’un os particulier et mobile sur le pubis: ii soutient la poche dans laquelle l’animal porte ses petits après la mise-bas. Le bassin des cétacés n’est formé que de deux osselets suspendus dans les chairs. Les oiseaux ont le bassin trèsgrand et ouvert par- devant, excepté dans l’autruche. Les poissons qui n’ont pa^ de nageoires ventrales n’ont pas de bassin. Chez les reptiles, il manque dans la famille des Serpents vrais, parmi les Ophidiens.

BASSINET DU REIN, Petit Bassin (Anatomie). — Petite poche membraneuse située derrière l’artère et la veine rénale, au niveau de l’échancrure postérieure de la scissure du rein ; ce n’est, à proprement dire, que l’ori-

gine en forme d’entonnoir de l’uretère ; on no l’observe que chez les Mammifères (voyez Rein, Uretère).

Bassinet ou Bacinet, — *Nom vulgaire de la renoncule rampante ou bassin d’or (voyez Renoncule).

Bassinet. — Terme d’arquebuserie (voyez Fusil).

BASSORINE (Chimie). — Mucilage qui forme en grande partie la gomme adragante ; au contact de l’eau froide, il augmente considérablement de volume sans se dissoudre; par l’ébullition longtemps prolongée de ce liquide , il se convertit en arabine. La bassorine sèche ressemble à la gomme ordinaire; mais sa transparence est moindre et elle n’est point pulvérisable. Ses caractères distinctifs sont : fo de bleuir par la teinture d’iode; ce qui tient k la présence à peu près constante de granules d’amidon dans sa masse; 2° de donner une solution limpide dans l’eau par l’action des alcalis ou du verre soluble ; 3" de ne donner aucun précipité dans la dissolution de sulfate de sesquioxyde de fer.

La bassorine a été étudiée, pour la première fois, par Vauquelin et Bucholz.

BASTINGAGE. — Système de chandeliers de fer et de filières disposés sur les plats-bords et le long des gaillards d’arrière des vaisseaux de guerre, et supportant des filets garnis de toile peinte auxquels on suspend les hamacs de l’équipage durant le jour.

Pendant un engagement, les bastingages garnis de leurs hamacs forment une espèce de rempart qui protège, contre les effets de la mousqueterie, les hommes de servicesur le pont.

Les navires de commerce n’ont généralement pas debastingage.

BASTINGÜE. — Toile matelassée dont on se servait autrefois pour le bastingage.

BASTION (Artillerie). — Un bastion est un ouvrage de fortification, en général de forme pentagonale {fig. 288) ; ab et de sont les deux flancs, bc et cd. les deu: faces, ox la gorge généralement ouverte du côté de la place ; c est Vangle saillant ou flanqué ; b^td sont les angles d'épaule, a et e les angles de flancs. A l’origine de la fortification, les remparts étaient tracés en ligne droite ; mais on sentit bientôt le besoin d’élever des tours en saillie sur l’enceinte, afin de défendre le pied des mu- Fig. 284 —Bastion,

railles ; lorsque, à cause

des effets de l’artillerie, on fut obligé de terrasser lesremparts, ces tours devinrent trop petites ; mais en les agrandissant, par suite de leur convexité, une de leurs parties ne fut plus vue de la place; on imagina alors deles terminer par deux plans tangents, vus par les toims voisines; on eut ainsi les bastio?is. On attribue leur invention à Aclimet-Pacha, qui fortifia Otrante en i480. Les premiers bastions étaient très-petits; mais^ on lesagrandit successivement jusqu’à pouvoir établir dans leur intérieur un retranchement. Le bastion est l’ouvrage d’une place qui est le dernier attaqué, et dont la prise entraîne celle de la ville, à moins que le retranchement qui doit exister dans son intérieur, ou qu’on a dû y élever pendant le siège, ne puisse supporter un nouvel assaut, ou au moins permettre d’obtenir une capitulation honorable (voyez Fortification). M. M.

BAS-VENTRE (Anatomie). — Voyez Abdomen, Ventre.

BATARA (Zoologie), Thamnophilus , Vieil. — Genrede l’ordre des Passereaux, établi par Vieillot, famille des Dentirostres, du genre Pies-grièches de Cuvier {Lanius,. Lin.). Ces oiseaux ont le bec robuste, élargi à la base, resserré à la pointe, l’arête supérieure droite dans s.v longueur, et crochue seulement au bout ; les tarses allongés, la queue longue et très-étagée. « Leur forme, dit Cuvier, passe par des degrés insensibles à celle des fauvettes et des autres becs-fins. » Très-voisins des Vangas, ils n’en diffèrent guère que par leurs tarses plus^ longs et leur queue beaucoup plus étagée. Leui-s espèces qui habitent les régions chaudes de l’Amérique,, vivent dans les broussailles, où elles se tiennent cachées; elles se nourrissent d’insectes; les principales sont : la Pie-grièche rayée, de Cayenne {Lanius doliatus ou radiatus, Spix.), longue de 0“,15 àO“,lG; tara d’Azzara ou Th. magnus, qui a plus de C ,20 delong; le B. Tchagra de Vaillant, etc.

BATARDEAU. — - Encaissement temporaire constjuit

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en pilotis dans le lit d’une rivière pour empêcher l’eau d’arriver en un point de ce lit, où on veut exécuter quelques travaux de construction. On les établit ordinairement, soit au moyen d’une double rangée de pieux réunis par des planches formant une double paroi que l’on remplit de terre battue, soit surtout quand il doit avoir peu de hauteur, au moyen d’une seule rangée de piquets réunis par des branchages en forme de claie, le long de laquelle on amasse la terre. Dans les fortifications, on nomme batardeau un massif de maçonnerie qui sert à retenir l’eau d’un fossé.

Bz\TATE (Botanique). Voyez Patate.

BATEAU A VAPEim, Pyroscaphe. — Nom assez généralement étendu aux bâtiments de transport sur mer, aussi bien qu’aux bateaux qui desservent les fleuves, rivières ou canaux, lorsque les uns et les autres sont mus par la vapeur.

Moteur. — Les machines les plus généralement employées sur les bateaux à vapeur sont encore les machines à balancier, système de Watt (voyez Vapeur, Machines a) ; seulement le balancier est double pour chaque corps de pompe, et rejeté au pied de la machine pour en diminuer la hauteur, en condenser davantage les diverses pièces, offrir plus de résistance aux déformations inévi- (ables dans les bateaux à vapeur par suite du tangage et du roulis, et abaisser, autant que possible, le centre de gravité du système. Ces machines sont ordinairement couplées; les deux pistons agissent sur deux manivelles d’un même arbre, disposées à angle droit pour aider à franchir les points morts et donner plus de régularité à la marche. Elles offrent le grave inconvénient d’être encombrantes par leur volume et leur poids, et de trop restreindre le volume et la charge disponibles du bâtiment; aussi a t-on fait de nombreux essais pour leur substituer des machines plus simples et plus légères. Les machines oscillantes imaginées par Maudslay, de Londres, importées en France et perfectionnées par M, Gavé, avaient d’abord paru satisfaire aux conditions exigées; mais, dès qu’on voulut atteindre des forces un peu considérables, on fut arrêté par les énormes frottements éprouvés par les tourillons du cylindre. 11 convient mieux, quand on veut faire agir directement la tige du piston sur l’arbre de l’appareil propulseur, ce qui présente un avantage réel, de disposer les corps de pompe dans une position inclinée et même horizontale, pour donner aux bielles une suffisante longueur sans que la machine fasse trop saillie au-dessus du pont du bateau. Cette disposition est d’ailleurs la seule praticable dans les bateaux à hélice, où les machines doivent marcher avec une grande rapidité, à cause de l’obliquité de l’impulsion.

La basse pression., avec détente et condensation., est exclusivement employée en France et en Angleterre dans la marine de l’État; les dépôts de matière saline que produit l’eau de mer, les déplacements de l’eau dans les chaudières par l'effet du tangage et du roulis, et, par suite, la mise â sec d’une portion de la surface de chauffe qui se recouvre d’eau quelques moments après, rendraient une pression élevée trop dangereuse sur mer ; aussi les accidents sont-ils très- fréquents en Amérique, où on ne craint pas de l’employer. Il n’est pas douteux, cependant, que l’usage de la vapeur à 2 ou 3 atmosphères ne produisît des avantages. réels sous le rapport de la vitesse, et cette pratique est assez généralement adoptée dans la navigation fluviatile.

Les chaudières à vapeur sont à tombeau (Voyez Chaudière A vapeur) pour les basses pressions, leur nettoyage et leur entretien offrant une grande simplicité. Cependant, pour les grands bâtiments de la marine de l’État, on préfère généralement, surtout en Angleterre, les chaudières carrées à foyers intérieurs multiples et dans l’intérieur desquelles circulent l’air et les gaz du foyer dans des conduits en tôle repliés sur eux-mêmes, soit horizontalement, soit verticalement. Ces chaudières ont une grande puissance de vaporisation, mais elles sont d’un nettoyage difficile et d’un entretien coûteux ; or, ce nettoyage doit être fréquent en mer, à cause de la grande quantité de sel que contient l’eau de mer.

Les cheminées des bateaux à vapeur sont peu élevées ; elles sont faites en tôle qui se laisse facilement traverser par la chaleur; on ne peut donc y produire un tirage suffisant qu’à la condition de laisser aux gaz provenant de la combustion une température élevée, ce qui occasionne une perte notable de chaleur, ou de produire un tirage artificiel au moyen de ventilateurs, ce qui a été essayé, puis abandonné.

Propulseur, — L’impulsion est donnée aux bateaux à

vapeur, tantôt par l’intermédiaire de roues à aubes {fîy. 2S6) ou palettes disposées de chaque côté du bateau et plongeant dans l’eau par leur extrémité inférieure de O™, 08 à 0"‘,10 au-dessus du bord intérieur de palettes, tantôt par une roue unique à palettes hélicoïdales placée à l’arrière du navire , entièrement submergée et appelée hélice.

Les roues à aubes sont à peu près exclusivement employées sur les rivières, où elles ont, pour la marche, un

avantage réel sur l’hélice; elles ont été conservées également jusqu’à ce jour par les compagnies maritimes françaises, quoiqu’une grande partie de leurs avantages disparaissent quand la mer grossit. Sur les bâtiments de l’État, l’hélice, au contraire, se substitue de plus en plus aux roues à aubes. Tout l’appareil propulseur est alors situé au-dessous de la ligne de flottaison et, par conséquent, à l’abri des boulets. L’hélice a un autre avantage précieux pour les voyages au long cours et pour la marine militaire^ c’est qu’elle permet de ne rien changer aux formes extérieures du navire et de le faire marcher concurremment à la voile et à la vapeur. Ces bâtiments, appelés mixtes., et dont le Napoléon offre le type le plus parfait, prennent de jour en jour une plus grande extension dans les marines militaire et marchande. L’hélice, de plus, est à peu près seule praticable sur les canaux, à cause des ondulations de la surface de l’eau qui suivent les bateaux à roues et dégraderaient rapidement les berges.

La première idée de l’hélice comme agent propulseur appartient à deux Français, Du Quel et Panneton, et remonte à 1727. Le capitaine du génie Delisle l’avait reprise en 1853 et en avait fait l’objet d’une proposition au ministère de la marine, mais nous ne l’avons expérimentée qu’après que les Anglais l’eurent déjà fait passer dans la pratique. C’est l’ingénieur suédois Éricson qui, en 1836, en obtint le premier des résultats satisfaisants. La forme des hélices est assez variable; elles se composent, cependant, toujours d’un axe horizontal parallèle à la quille du bâtiment, mis en mouvement par la vapeur et portant vers son extrémité libre en dehors du bateau des ailes inclinées sur l’axe à la manière des ailes d’un moulin à vent, ou des lames spirales analogues à celles que l’on rencontre dans la vis d’Ar-

Fig. 286. Hélice d'un baleau à vapeur.

Fig. 287. — Hélice système de Sauvage.

chimède. Dans le système proposé par Sauvage et appliqué par MM. Smith et Rennie au navire l Archimeae

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l’hélice est composée de deux segments hélicoïdaux,, formant chacun une demi-révolution autour de l’axe et inclinés sur lui d’un angle moyen de 45° environ. Sur le Napoléon^ avec lequel on. a obtenu la vitesse considérable

i.. r TMtCBAUtJ:

Fig. 288. — Hélice du Napoléon,

de 10 nœuds (18i^'',56) à l’heure, en navigant sans voile, et de 13,5 nœuds (25 kilomètres) à l’heure avec l’aide de voiles, l’hélice est formée de trois ailes inclinées sur l’axe et formant chacune moins d’un quart de révolution. L’hélice entièrement submergée tourne rapidement sur son axe de manière à refouler l’eau en arrière, tout en lui imprimant un mouvement de tourbillonnement sur ellemême; la résistance du fluide due à son inertie donne lieu à une réaction qui pousse le bâtiment en avant.

Force des machines. — En général, on calcule la force à donner aux machines d’après le tonnage du bateau et la vitesse moyenne qu’on veut lui faire prendre, et à raison de 1 cheval-vapeur par 2 tonneaux pour les bateaux de rivière qui sont à grande vitesse. Un bateau pouvant recevoir 200 tonneaux ou 200 000 kilogrammede charge devrmt donc avoir une machine de 100 ches vaux-vapeur. Sur mer, où la vitesse est généralement moindre et les proportions des bateaux plus grandes, la force est environ de 1 cheval par 4 tonneaux ; sur les bâtiments mixtes et les remorqueurs, elle est encore moindre. Le tonnage, en effet, pour des bâtiments semblables de forme, croît comme le cube de leurs dimensions linéaires, tandis que la résistance qu’ils rencontrent dans leur marche ne croît que comme le carré de ces mômes dimensions. Un bâtiment d’une longueur, d’une largeur et d’une profondeur doubles pourra prendre un chargeaient huit fois plus lourd et n’exigera qu’une force quatre fois plus grande pour se mouvoir avec la même vitesse. -Il y a donc de sérieux avantages à employer des batiments d un très-fort tonnage pour la navigation au long cours. Le paquebot anglais le jauge 3 657 ton- ^ machine, qui est double, est de 1 200 chevaux, il fait 1 6 nœuds ou 30 kilomètres à l’heure, vitesse énorme pour la mer. L ingénieur Brunei a mis en chantier, paquebot géant dont le tonnage est de ^ motrice de 2600 chevaux, soit de 1 cheval pour 9 tonneaux environ. Après de nombreuses vicissitudes, ce bâtiment, connu sous le nom de Great-Eastern, a pu effectuer sa première traversée • mais à son deuxième voyage pour l’Amérique, il a été assailli par une tempête qui fa désemparé' complètement et mis, pour quelque temps du moins, hors de service.

Forme. — Les bateaux à vapeur, comme les barques

à rames, ont une forme plus effilée que les bâtiments ou bateaux à voile. La pression du vent contre les voiles,, presque toujours oblique par rapport à l’axe du bâtiment, oblige à donner à celui-ci une plus large assiette pour qu’il ne puisse être renversé ; tandis que dans lesbateaux à vapeur proprement dits la voile n’est qu’un accessoire et ce qu’on cherche avant tout c’est à diminuer la résistance qu’ils éprouvent à se mouvoir dans l’eau. Cette résistance croît sans doute avec la longueur de leurs parois, à cause du frottement de l’eau contre leur surface, mais ce frottement est très-faible. Au contraire, le bateau, pour s’ouvrir un passage, est obligé de rejeter devant lui ou de chaque côté une masse d’eau proportionnelle à sa largeur, ou mieux, proportionnelle à l’étendue de son maître couple., portion de la plus grande section transversale du bâtiment située au-dessous de la ligne de flottaison ; de là résulte la plus grande résistance au mouvement. Cette section doit donc être le plus faible possible, sauf à gagner en longueur ce que l’on perd en largeur. Sur les rivières et sur le Rhône en particulier, la, longueur des bateaux à vapeur n’a d’autres limites que celles qui naissent de la nécessité de pouvoir tourner dans toutes les parties du fleuve. De semblables proportions seraient impraticables en mer, où les inégalités de la surface de l’eau, faisant porter à faux le bateau, soit par le centre, soit par les deux extrémités, en amèneraient inévitablement la rupture. On a donc dû se restreindre à une longueur cinq ou six fois plus grande que la largeur; mais le rapport de ces deux dimensions, mesurées à la ligne de flottaison^ n’est que de 3,50 à 3,75 pour les bâtiments à voiles.

En dehors de ces dimensions, l’avant et l’arrière d’un bateau à vapeur doivent être terminés en forme de coin : à l’avant, pour que l’eau soit divisée sans être refoulée; à l’arrière^ pour que l’eau puisse graduellement reprendre la place que vient de quitter le bateau sansdonner lieu à des remous, qui retarderaient singulièrement la marche. M. Barlow a, en effet, déduit d’un grand nombre d’expériences que, pour un navire bien construit, la résistance à la progression est environ de quinze à vingt fois moindre qu’elle ne le serait pour une surface plane de mômes dimensions que le maître couple ; tandis que pour d’autres elle n’est que six ou huit fois plus faible. C’est là une des causes principales de l’inégalité souvent énorme que présentent sous le rapport de leur vitesse deux bâtiments semblables en apparence. Dans tous les cas, cette résistance croît d’ailleurs comme le carré de la vitesse ; elle devient quatre fois plus grande pour une vitesse double, ce qui explique le haut prix des transports par eau à grande vitesse, la force motrice et, par conséquent, la dépense devant croître dans le môme rapport que la résistance à vaincre.

Nature des matériaux. — Les bateaux à vapeur sont généralement construits en fer; leur coque est ainsi plus légère, plus solide, moins exposée aux incendies ; iis coûtent plus cher, mais ils font un plus long usage, et quand ils sont hors de service, leurs matériaux sont d’une vente plus avantageuse. Leur grand défaut est dans le manque de la souplesse qui fait les bons voiliers. On croyait autrefois que les vaisseaux mixtes construits en boissouffraient moins du boulet que les bateaux en fer, mais de nouvelles recherches relatives aux vaisseaux dits cuirassés, paraissent devoir modifier profondément les anciennes idées à ce sujet; on a réussi en effet à construire des vaisseaux cuirassés tout à fait inattaquables par les projectiles les plus puissants.

Historique. — La première idée de ]p navigation par la vapeur remonte à Denis Papin (1695). Le bateau qu’il avait construit et qui avait marché sur la Fulda, près Cassel, fut détruit par les bateliers de Munden au moment où Papin voulait le faire passer en Angleterre pour y continuer ses expériences. Le marquis de Jouffroy reprit ces essais un siècle plus tard ; un bateau à vapeur long de 46 mètres et construit par lui put marcher sur la Saône en 1781 ; mais la machine à vapeur était encore trop imparfaite, l’art du constructeur trop peu avancé pour qu’on pût obtenir des résultats sérieux. Ce n’est qu’après l’apparition de Watt que le problème pouvait recevoir une solution définitive. Un Américain nommé Fulton, qui avait assisté aux expériences de Jouffroy sur la Saône, s’associant avec un autre Américain, Livingston, auteur de semblables essais faits en I798 à New- York et chargé par son gouvernement d’une mission en France, reprit le problème de la navigation à vapeur. Le début fut désastreux; leur premier bateau, trop faible pour supporter sa machine, se rompit en son milieu ; un

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second, essayé le 9 août 1803, devant d’une^ commission de l’Académie des sciences, se comporta si bien qu’un témoin oculaire le qualifiait dès lors de brillante invention. Le premier consul attacha néanmoins peu d’importance à un procédé de navigation que Fulton lui-même, à cette époque, ne croyait applicable que sur les rivières; il ne voulut pas même consulter l’Académie des sciences. On a donc tort d’accuser sans cesse cette compagnie d’avoir méconnu une invention sur laquelle elle n’eut pas à se prononcer. Il est juste d’ajouterque la France ne pouvait guère en tirer parti en ce moment ; nous ne possédions alors ni usines ni ouvriers capables d’exécuter les travaux nécessaires. Un matériel comme celui qui eût été nécessaire est long à créer et le temps pressait. Fulton retourna dans sa patrie, et après plusieurs tâtonnements, il réussit à construire le premier bateau à vapeur qui ait fait un service régulier. Ce bateau, appelé Claremont^ avait ûO mètres de long, jaugeait 150 tonneaux et était monté par une machine de 18 chevaux, sorti des ateliers de Watt. Son premier voyage eut lieu le 16 août 1807, entre New-York et Albany, avec une vitesse de 7 600 paètres par heure. La navigation à vapeur était créée, mais c’est seulementen 18lG qu’elle fut appliquée aux transports sur mer(voyezL.FiGciEr., Decouv. scient .mod .). L'Angleterre fut la première à imiter l’exemple des États-Unis, puis vint la France; mais notre marche fut lente, et tandis qu’en 1838 l’Angleterre possédait 906 bateaux à vapeur, nous eu avions à peine 160, tous d’un petit tonnage. Depuis cette époque, la puissance industrielle de la France a considérablement grandi, et nos bateaux ou bâtiments à vapeur se sont multipliés. Ce n’est cependant qu’en 1838 qu’un service régulier par bateaux à vapeur fut établi entre l’Angleterre et l’Amérique. Aujourd’hui ces bateaux parcourent les mers les plus lointaines, et au mois d’avril 1862 le service des paquebots transatlantiques français a été inauguré à Saint-Nazaire.

BATELEUR (Zoologie), Le Vaillant; Falco ecaudatus^ Shaw; Terathopius^ Lesson. — Espèce du sous-genre Circaètes^ tribu des Aigles^ de l’ordre des Oiseaux de proie ignobles. Le bateleur a la queue d’un roux vif, très-courte, rectiligne, tronquée, dépassée par les ailes; il est remarquable par la belle variété de son plumage; la cire (membrane) de son bec est rouge. Le Vaillant lui a donné ce nom parce qu’il fait des cabrioles en volant. Il habite l’Afrique et se nourrit le plus souvent de proie vivante. On ne connaît que l’espèce Bateleur à courte queue {Terathopius ecaudatus, Lesson).

BATH (Médecine, Eaux minérales). — Ville d’Angleterre (Sommerset) à t'O kilomètres E. de Bristol et à 260 kilomètres O. de Londres. Il y a trois sources d’eaux minérales sulfatées calciques, d’une température de 4i» à 46° cent. Elles contiennent du gaz acide carbonique, des sels de soude, de la silice et un peu d’oxyde de fer. Ces eaux sont toniques et conviennent dans la goutte et le rhumatisme atoniques.

BATITURES ou Battitui\es. — Écailles qui se détachent d’un mêlai que l’on forge. Les batitures de fer sont formées d’un oxyde de fer de composition mal déterminée et comprise entre celles du protoxyde (FeOj et du sesquioxyde (Fe^O'^).

BATON DE Jacob (Botanique). — Nom vulgaire de V Asphodelus luteus., Lin. (voyez Asphodèle).

Bâton blanc (Botanique). — C’est VAsphodèle rameux.

Bâton royal ou pastoral. — Voyez Asphodèle.

Bâton de Saint-Jean. — C’est la Persicaire ou Renoue'e d’Orient. '

Bâton d’or. — Nom d’une variété de Giroflée [Cheiranthus fruticulosus) .

BATRACIENS (Zoologie), du grec grenouille,

type de ce groupe d’animaux. — Cuvier avait donné ce nom au quatrième ordre de sa classe des Reptiles. Mais, d’après les idées émises par de Blainville et Duvernoy, et adoptées généralement par les naturalistes modernes, la classe des Reptiles a été démembrée ; on en a retiré les Batraciens, dont on a formé la quatrième classe des Vertébrés, sous le nom de Amphibies ou Batraciens. Trèssemblables aux Reptiles proprement dits par beaucoup de dispositions de leur organisme, ils s’en distinguent cependant nettement par les caractères suivants : leur cœur est encore â trois cavités, mais les oreillettes ne se montrent pas bien distinctement doubles, elles communiquent avec le ventricule par un orifice unique placé entre les deux. La circulation est incomplète, le sang froid, et il charrie des globules elliptiques très-volumineux comparativement

à ceux des autres vertébrés. A l’âge adulte, les Batraciens respirent par des poumons; ceux-ci sont des sacs celluleux peu compliqués, dont les deux bronches vont s’ouvrir dans le larynx sans avoir formé une. trachée-artère.

Dans le jeune âge, il existe une respiration branchiale, les poumons ne sont pas encore développés : l’animal vit comme un poisson, respirant l’air dissous dans l’eau. Puis, en arrivant à l’âge adulte, il développe ses poumons en même temps que ses formes extérieures se modifient : alors les branchies se flétrissent et finissent par disparaître, excepté dans quelques espèces qui les conservent toute leur vie (les Protées, les Sirènes). Avant l’apparition des poumons, l’aorte se partageait au sortir du cœur en autant de rameaux qu’il y a de branchies de chaque côté ; les veines branchiales ramenaient de ces organes le sang oxygéné et le rassemblaient dans un vaisseau unique le long du dos, comme cela a lieu chez les Poissons. Au moment où paraissent les poumons, les veines branchiales se mettent en communication directe avec les ramifications de l’artère qui portait le sang aux branchies ; celles-ci se flétrissent; les crosses multiples de l’aorte se forment à la base des branchies atrophiées, qui bientôt ne laissent plus de traces. Une petite branche née de l’artère principale qui sort du cœur, se développe avec le poumon, et prend le rôle d’artère pulmonaire. A l’âge adulte, les Batraciens possèdent donc des poumons et respirent l’air ennature ; mais, comme les tortues, ils ne peuvent l’inspirer par la dilatation de la poitrine, car ils manquent de côtes, et le font pénétrer dans les pommons par une véritable déglutition.

La peau des Batraciens est nue, c’est-à-dire dépourvue de poils, plumes ou écailles. Un épiderme mince et perméable la recouvre, et, grâce à l’état humide où ils maintiennent leurs téguments, la respiration cutanée est chez eux très- active. Us ont généralement quatre membres, rarement deux ; leurs doigts sont presque toujours dépourvus d’ongles. Les uns manquent de queue comme les grenouilles, les autres en ont une fort longue comme les salamandres. Ils vivent dans les mares, la vase des marais, où ils s’enfoncent l’hiver pour demeurer engoui dis jusqu’au printemps; l’humidité est une condition essentiL'lle de leur genre de vie. Le petit n’a pas de membres et possède pour organe de locomotion une

Fig. 291.

Métamorphoses ou formes diverses de la grenouille verte pendant son jeune âge.

grande queue comprimée en nageoire verticale {fig> 292); il est conpu généralement sous le nom de têtard, et peuple nos mares et nos marais. C’est là que s opéré le curieux phénomène de métamorphoses ; lorsqu arrive le moment où se fait le changement qui va le transformer

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en animal aérien, les pattes commencent à se montrer ; chez les grenouilles {fig. 292, ce sont d’abord les pattes postérieures, elles acquièrent tout de suite une longueur considérable; chez les salamandres ce sont les antérieures qui paraissent les premières. La queue s’allonge dans les salamandres et les protées; dans les grenouilles, au contraire, elle s’atrophie peu à peu et finit par disparaître complètement.

BATTAGE des grains (Agriculture). — Opération agricole qui a pour but d’extraire de leurs enveloppes ou épis les graines des céréales et de quelques autres espèces. Il y a différentes manières de l’exécuter suivant les pays, l’usage auquel on destine les tiges et les graines, et la nature elle-même de ces graines.

Dans la plus grande partie de la France, et en général dans le Nord, le battage ne s’exécutait autrefois guère qu’au fléau, avant l’invention des machines battre. Dans le midi de la France et de l’Europe, on fait fouler les grains par les pieds des animaux; mais on y joint souvent aussi le fléau. Cet instrument se conipose de deux morceaux de bois de longueur inégale réunis par un système de courroie qui leur permet une grande mobilité l’un sur l’autre ; le plus court, beaucoup plus gros que l’autre, est celui qui est destiné à frapper sur le grain; le plus long ou le manche est manœuvré par le batteur. Le battage au fléau se fait, dans les granges, sur des aires (voyez ce mot) préparées à cet effet; quelquefois aussi, dans le Midi, on dispose des aires en plein air. Le battage par les pieds des animaux n’est guère pratiqué que dans les grandes exploitations ; il se fait ordinairement au moyen des mules d’après certains procédés qui seront indiqués au mot Egrenage. On exécute quelquefois aussi cette opération au moyen de rouleaux en bois ou en pierre. Enfin, lorsqu’on veut conserver la paille des céréales pour les usages domestiques, on bat sur une table ou au tonneau défoncé d’un bout; ce dernier procédé s’emploie aussi pour battre le chanvre (voyez Battre {machine à).

BATTANT brocheur. — Machine à l’aide de laquelle sont tissées les étoffes de soie à bouquets ou dessins séparés.

Si on examine des deux côtés les étoffes brochées, telles que les châles, on reconnaîtra que le dessin en est obtenu en faisant passer le fil de couleur destiné à le former sur certains fils de la trame et en dessous de tous les autres (voyez Jacquart, supplément). Il en résulte que pour une petite partie du fil utilisé tout ce qui passe en dessous du tissu est perdu et que dans les dessins compliqués cette dernière partie, augmentant considérablement le poids de l'étoffe, il faut la touper. Le dessin n’est plus alors formé que de bouts de fils isolés et retenus seulement par le serrage. Dans les châles de laine cet inconvénient n’est pas très-grand, parce que la laine se feutre ; mais pour les étoffes de soie il n'en est plu^ de même ; les fils coupés s’échapperaient facilement par l’usage, et l’étoffe serait promptement hors de service. Le battant brocheur imaginé par M. Meynier, de Lyon, remédie à cet inconvénient. Les fils colorés de la chaîne n’ont, dans le broché fait avec cette machine, que la longueur du dessin qu’ils sont destinés à former ; ils sont utilisés en revenant sur leurs pas comme dans leur trajet direct et sont formés d’un seul bout dans toute la longueur de chaque dessin. Ce résultat est obtenu en disposant dans le sens de la largeur de l’étoffe autant de porte-navettes d’une construction particulière que le dessin s’y trouve reproduit de fois, et comme chaque porte-navette peut être garni de fils d’une couleur particulière, tous ces dessins peuvent être teints de nuances différentes. Le battant brocheur est déjà utilisé pour faciliter le tissage des cachemires français, et il est probable qu’il fournira le moyen de fabriquer par des procédés mécaniques le cachemire façon de ITnde jusqu’à ce jour obtenu à la main.

BATTEMENT. — Oscillation périodique et régulière dans l’intensité de deux sons rendus simultanément à une petite distance l’un de l’autre, étayant quelque analogie avec le trille, quoiqu’elle ait une autre origine. Le phénomène des battements ne peut se produire que lorsque les deux sons simultanés sont très-voisins. Les renflements du son se manifestent à des intervalles d’autant plus éloignés que les deux sons primitifs diffèrent moins l’un de l’autre. Tous les instruments sonores ne peuvent pas leur donner naissance ; les instruments à embouchure de flûte sont ceux qui permettent de l’obtenir le plus facilement, puis viennent les instruments à anche. En examinant avec attention deux anches qui font entendre des

battements, on voit que l’ampleur de leur mouvement vibratoire, qui reste constante quand chaque anche parle seule, est soumise à des variations périodiques alternant entre les deux anches, l’une étant à son maximum quand l’autre est à son minimum, et réciproquement. C’est donc dans l’instrument lui-même, beaucoup plus que dans l’oreille et par l’influence réciproque des deux mouvements vibratoires, que les battements sont engendrés. Les battements peuvent être assez rapides pour constituer un véritable son que l’on a quelquefois utilisé dans les jeux d’orgues. Mais pour que ce son composé soit juste, il faut que les sons composants aient une très-grande précision ; aussi s’altère-t-il très-facilement. M. D.

Battement (Physiologie). — On donne ce nom au phénomène produit par les contractions et les dilatations, ou autrement les mouvements de systole et de diastole du cœur. Ces battements ne se succèdent pas à intervalles égaux : on entend ou on sent d’abord un battement assez fort, bien marqué, et qui heurte manifestement la parois antérieure de la poitrine; on peut l’attribuer à la dilatation des ventricules ; la pointe du cœur, se relevant et se déjetant vers la gauche, frappe la paroi thoracique, en même temps que le sang poussé par l’oreillette heurte les parois ventriculaires. Le second bruit se fait entendre un peu plus haut ; il est sourd et profond et doit être occasionné par le choc du sang qui rentre dans l’oreillette lors de sa dilatation. Ces deux battements successifs répondent à \xüQ diastole dilatation) ; mais après

vient un moment de silence qui marque la systole {systolê, contraction) ; puis les deux battements se renouvellent, et ainsi de suite (voyez Coeur, Circulation).

On remarque quelquefois des battements accidentels dans certains muscles, tels que ceux des paupières, des cuisses, des bras, ou dans les muscles intérieurs : tels que le diaphragme, l’estomac, la vessie, etc. ; d’autres fois dans différentes parties du corps pendant le cours des maladies aiguës.

BATTERIE (Artillerie). — L’artillerie donne au mot batterie des sens très differents (voyez Artillerie). Nous ne considérerons que le cas où il signifie un emplacement disposé pour recevoir des pièces qui doivent tirer sur place et de manière à abriter le mieux possible les hommes et le matériel. Les batteries prennent différents noms : 1° suivant l’espèce de pièces dont elles sont armées, batterie de canons, d’obusiers ou de mortiers; 2o suivant leur destination, batterie de siège, de place, de côte, ou de campagne; 3° suivant leur construction, batterie à barbette, à embrasures, blindée, casematée (voyez Barbette , Embrasure , Blindage, Casemate); 4« suivant le genre de tir auquel elles sont destinées, batterie de plein fouet, à ricochet (voyez Tir); 5° suivant la direction de leur ligne de tir avec l’objet à battre : une batterie est directe lorsque sa ligne de tir est à peu près perpendiculaire au front de la troupe ou à la face de fortification qu’elle doit battre ; ôl écharpe, lorsque sa ligne de tir est sensiblement oblique ; à.' enfilade, lorsqu’elle est presque parallèle, et enfin on dit qu’elle bat à revers lorsqu’elle est établie en arrière du prolongement du front de la troupe ou de la face de fortification.

Une batterie se compose de deux parties principales : une masse couvrante, appelée en général épaulenient; elle est presque toujours en terre, et un terre-plein, sur lequel sont établies les pièces. Dans les places, la masse couvrante est fournie par le parapet de la fortification ou par les murs des casemates. Mais dans tous les autres cas, il faut l’élever au moment où on veut établir la batterie et en général sous le feu de l’ennemi. Les terres nécessaires pour faire la masse couvrante sont fournies par des fossés que l’on creuse en avant et en arrière du trou de l’épaulement, lorsqu’il lï’y a pas d’inconvénient à ce que le terre-plein soit plus bas que le terrain naturel, et par un fossé creusé seulement en avant dans le cas contraire ; dans le premier cas, il faut 10 à 1 1 heures pour construire une batterie et l’armer, en employant 8 canonniers et 14 soldats d’infanterie par pièce ; dans le second, le travail dure au moins 3G heures. Les pièces sont établies sur des plates-formes, afin de rendre le tir plus certain et la manœuvre plus commode; ces platesformes sont faites avec des madriers pour les canons et obusiers, et avec des lambourdes pour les mortiers. Les dimensions de l’épaulement varient avec la nature des terres ; l’épaisseur entre les deux crêtes doit être de 6 mètres pour les terres sablonneuses et de 7 mètres pour les terres argileuses; le talus extérieur varie de 2 mètres de base sur 3 mètres de hauteur, pour les terres fortes, à

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3 mètres de base pour 2 mètres de hauteur, pour les terres légères ; le talus intérieur a, dans tous les cas, 2 mètres de base pour 7 mètres de hauteur, et il est revêtu en gabions, saucissons ou gazons (voyez ' Gabiok); la crête intérieure doit être au moins à 2‘",o0 au-dessus du terreplein pour protéger les hommes et le matériel.

Lorsque le terrain sur lequel la batterie doit être construite ne peut pas fournir la terre nécessaire, on l’apporte d’ailleurs dans des sacs; 00 sacs font environ 1 mètre cube. Dans ce cas, on construit la batterie soit en faisant les revêtements en sacs fermés et en vidant la terre à l’intérieur, soit en faisant tout l’épaulement en sacs fermés. Pai- la première méthode, une batterie de 2 pièces exige 2500 sacs fermés et 8000 ouverts ; 100 hommes la construisent en 8 ou 10 heures, en supposant que le rem- • plissage des sacs n’apporte aucun retard; par la deuxième méthode, il ne faut que 8000 sacs fermés : aussi doiton l’employer quand on a des sacs en quantité suffisante. M. M.

Batterie électrique. — Voyez Bouteille de Leyde, Condensateur, Electricité.

BATTEUR d’or, d’argent et de cuivre. — Artisan qui bat les lames cl’or, d’argent ou de cuivre pour les réduire au marteau en feuilles minces destinées à la dorure, à l’argenture ou à leur imitation. Les procédés employés pour ces trois métaux étant les mêmes, nous ne nous occuperons que du battage de l’or.

L’or fondu en lingots est étiré au marteau, puis au laminoir en rubans de 0®,001 d’épaisseur environ, puis on le découpe en quartiers de 0'^,027 de largeur sur 0'",O''i0 de longueur. On assemble ces quartiers par paquets de 24 que l’on bat sur une enclume en fer jusqu’à ce qu’ils soient réduits à l’épaisseur d’une feuille du papier le plus mince et aient atteint les dimensions d’un carré de O^^OGO de côté. Les feuilles ainsi obtenues sont superposées au nombre de 60 et séparées l’une de l’autre par des carrés de vélin de 0'“,10 à 0'“, l2 de côté; au-dessus et au-dessous du carré sont en outre disposées 20 feuilles de vélin destinées à amortir le coup du marteau. Le tout est renfermé dans deux fourreaux de fort parchemin disposés de telle sorte que l’ouverture du premier fourreau corresponde au fond du second. On a ainsi formé le premier caucher , que l’on bat sur un bloc de marbre poli avec un marteau à manche très-court, du poids de 7 kil. environ et dont la panne circulaire légèrement convexe a 0‘“, 12 à 0“,13 de diamètre. On dé fourre de temps en temps le caucher pour examiner l’état des quartiers qui ne s’étendent jamais tous également, séparer ceux qui sont arrivés au point voulu et continuer de battre les autres. Les feuilles du premier caucher sont coupées en quatre au moyen d’un couteau à pointe mousse, et les nouveaux quartiers sont réunis au nombre de 112 pour former un second caucher semblable au premier ; ce caucher, battu, donne de nouvelles feuilles que l’on coupe encore en quatre et qui servent à faire un troisième assemblage appelé chaudret et dans lequel les carrés de vélin sont remplacés par des carrés de baudruche. Les feuilles du chaudret, après le battage, sont encore coupées en quatre et assemblées au nombre de 800 pour former une moule. Enfin, les feuilles de la moule, convenablement battues, sont coupées en quatre et placées dans les quarterons ^ petits livrets dont le paj'ier de couleur rouge-orange donne un plus beau reflet à la feuille d’or et qu’on a eu soin de frotter préalablement avec un peu de terre bolaire, espèce d’argile douce au toucher, de môme couleur et destinée à prévenir l’adhérence du métal. Eu somme, chaque quartier de 0"’,e01 d’épaisseur est étendu sur une surface S32 fois plus grande et est réduit à une épaisseur de t /800 de millimètre environ. L’amincissement de l’or au marteau pourrait être poussé plus loin encore ; mais le peu de durée de la dorure et les difficultés d’emploi des feuilles couvriraient largement la légère économie qu’on réaliserait sur la matière première. Les déchets obtenus dans le battage de l’or sont employés à faire l’or en coquille (voyez Or).

M. Favrel, batteur d’or, a imaginé une batteuse mécanique pour réduire les métaux en feuilles ; le marteau estais en mouvement par la vapeur et frappe avec une grande régularité ; les cauchers ou chaudrets sont euxmêmes mis en mouvement sur le bloc de marbre au moyen d’un châssis dans lequel ils sont maintenus et mis en mouvement par la machine elle-même, de manière à présenter successivement leurs divers points au choc du marteau. Si cette machine n’a pas encore reçu son dernier degré de perfection, elle présente cependant déjà des avantages considérables sur le battage à la main. M. D.

BATTRE (Machines a) (Mécanique agricole). — Les machines à battre le blé sont connues depuis longtemps; mais leur emploi, jusqu’ici, réservé seulement aux grandes exploitations ne s’était pas généralisé. Depuis quelques années ces machines ont pris un grand degré d extension et ont été singulièrement perfectionnées ; il y en a de forces très-diverses; on peut d’ailleurs les mettre en mouvement soit à bras, soit par un manège, soit par une chute d’eau ou une machine à vapeur. Le cadre de notre ouvrage ne nous permet pas d’entrer à ce sujet dans de grands détails; nous nous bornerons à donner ici la gravure et la description succincte d’une des machines à battre les plus connues et les plus simples.

A est un tambour batteur formé de douze barres en bois fixées sur deux cercles de fonte; l’axe de ce tambour peut éprouver de légers déplacements de manière à faire varier sa distance au contre-batteur B. Ce dernier est formé d’une série de dents à rochet dont l’ensemble constitue une surface concave concentrique au tambour. Le

blé ou les céréales qu’on veut battre sont placés sur une table inclinée T et poussés par un homme entre les deux cylindres cannelés M ; de là ils passent entre le batteur et le contre-batteur et s’échappent à l’extrémité de celui-ci.

Le mouvement de la machine s’obtient de la façon suivante : l’axe du cylindre cannelé inférieur porte une grande roue dentée qui engrène avec un pignon situé sur l’axe du batteur; ces deux roues, placées sur les flancs de la machine, ne se voient pas sur la figure. Il suffit dès lors, pour faire fonctionner l’appareil, d’utiliser un moteur quelconque pour mettre en mouvement la grande roue dentée (V. Egrenage, Instruments agricoles).

BATTUE (Chasse). — Espèce de chasse organisée pour la destruction des loups, des renards, des sangliers et autres bêtes fauves nuisibles, et dans laquelle on bat avec des bâtons, et à grand bruit, les bois et les taillis pour en faire sortir les animaux. De tout temps, le gouvernement a eu à cœur de veiller à délivrer les campagnes des animaux qui portent préjudice à l’agriculture. Le Directoire, par un arrêté du 7 février 1 797, a renouvelé cette prescription, et a organisé, par l’autorité des préfets, ces battues auxquelles doivent prendre part les habitants valides des communes soit comme tireurs, soit comme rabatteurs ; une ordonnance du 20 août 1814; une instruction ministérielle du 9 juillet 1818; l’instruction de l’administration forestière du 23 mars 1821 ; enfin, la loi du 3 mai 1844, sur la police de la chasse, tel est l’ensemble des mesures qui ont réglé la manière de procéder aux battues pour la destruction des animaux nuisibles; nous y renvoyons les lecteurs^ désireux d’avo.r des renseignements spéciaux (voyez Vénerie).

BAUBI (Zoologie). — Variété du chien domestique, qu’on emploie pour la chasse du sanglier, du renard. Il a le corps plus épais, la tête plus courte et les oreilles moins longues que le chien français; on l’appelle aixssi chien normand, (voyez Races).

BAUD (Zoologie). — On donne ce nom à une variété du chien domestique propre à la chasse des bêtes fauves et du cerf: on le dit originaire de Barbarie. On le désigne aussi sous les noms de chien-cerf, chien muet (voyez Races).

BAUDET (Zoologie). — Nom qu’on donne vulgairement à l’dwe, et particulièrement à l’âne entier, à l’âne étalon (voyez Ane).

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BAUDRIER DE Neptune (Botaniqiie). Espèce de varech, la Laminaire saccharine {voyez ce mot) {Fucus saccharinus^ Laminaria saccharino)^ qui croît dans les mers de l’Europe. La forme rameuse des larges et trèslongues frondes simples et membraneuses de cette algue lui a valu ce nom.

BAUDROIE (Poisson), Lophius, Lin. — Genre de l’ordre des Acanthoptérygiens , famille des Pectorales pédiculées {voyez ce mot), caractérisé par une tête trèsgrande, grosse, large, déprimée , épineuse, queue trèsfendue, dents pointues sur les palatins, les mâchoires et le voraer, de nombreux barbillons à la mâchoire inférieure, deux dorsales distinctes, l’antérieure détachant en avant quelques rayons qui sont libres et mobiles sur la tête, au-dessus de laquelle l’animal les fait flotter : la membrane des ouïes soutenue par six rayons branchiaux très-allongés. Ce poisson atteint jusqu’à près de 2 mètres, il habite la Méditerranée, et l’Océan, et est aussi remarquable par sa laideur que par sa voracité. On dit <j[u’il s’enfonce dans la vase, et que, laissant flotter les rayons qui surmontent sa tête, il attire ainsi les poissons, qui les prennent pour des vers ; parmi les espèces qui habitent nos mers on peut citer la B. comrnune^^ Raie pécheresse, Diable de mer (Lophius piscatorius. Lin.), et la B. à petites nageoires (Lophius parvipennis, Cuv.).

BAUDRUCHE (Zoologie industrielle). — Espèce de parehemin très-mince que l’on prépare en dégraissant avec soin une fine pellicule tirée du gros intestin du bœuf et du mouton. La baudruche est employée par les batteurs d’or pour former les deux derniers moules dans lesquels ils réduisent l’or et l’argent en feuilles excessivement minces (voyez Batteur d'or). La baudruche est quelquefois employée par les chirurgiens pour soustraire certaines plaies au contact de l’air. On en fait aussi de petits ballons ou aérostats très-petits et qu’on remplit de gaz hydrogène.

BAUFFE (Pêche). — On donne ce nom à une grosse corde le long de laquelle sont distribuées un certain nombre de lignes garnies d’hameçons; les pêcheurs la nomment aussi la maîtresse corde. La bauffe sédentaire est simplement enfouie dans le sable au bord de la mer, ou retenue par de grosses câblières.

BAUHINIE (Botanique^ Bauhmia. Linné a créé ce genre en l’honneur des deux frères Bauhin, célèbres botanistes du xvi« siècle. Les feuilles des Bauhiniers présentent deux folioles soudées à leur base; en nommant ainsi ces plantes, l’illustre Suédois a donc fait ingénieusement allusion aux deux frères. — Genre deplantesde la famille des Césalpiniées, à calice cylindrique, à 5 longues divisions, 5 pétales insérés au sommet du tube du calice, 10 étamines soudées en un seul faisceau, ovaire stipité, gousse linéaire, comprimée bivalve et renfermant plusieurs graines. Les arbres ou arbrisseaux que comprend ce genre sont la plupart originaires de l’Amérique méridionale ou des Indes orientales. Ils se cultivent chez nous dans les serres chaudes; et donnent en juillet de grandes et belles fleurs blanches et en grappes. Plusieurs sont épineux.

BAUME (Chimie), de baUamon, balsnmum. — Ce mot ne s’applic|ue pas à des composés chimiques définis, mais à des mélanges. On l’étendait, dans l’ancienne pharmacopée, à une foule de matières résinoïdes, semifluides, durcissant à l’air, ainsi les B (te copahu, du Canada et de la Alecqne, etc. Actuellerhent ce nom a une acception plus restreinte, il s’applique à des substances résineuses, primitivement liquides lor-qu’elles découlent par incision des végétaux, mais s’épaississant peu à peu à l’air et se colorant par transfoi-mation de leurs huiles essentielles en résines et en deux acides définis. Dans les baumes delà première classe, cet acide est l’acide benzoïque (C'^H' O', HO) ; tels sont le Benjoin, les .S/oro r* dans ceux de la seconde classe, cet acide est l’acide cinnamique (C'^H '0\H0) : ainsi le B. du Pérou, le Stpra c liquide, le B. de loin. Quelques baumes paraissent offrir à la fois ces deux acides, ainsi les Liijuid arnbars , peut-être le B. de loin, car il donne à la distillation un mélange des deux acides. Tous ces baumes offrent une odeur douce et suave (|ui est due, non pas à ces deux acides, produits d oxydation et inodores à l’état de pureté, mais à diverses huiles essentielles formées sous l’action de la vie dans les végétaux divers, pas toujours bien déterminés, d’où l’on tire les baumes. On peut doiiiiGr coiTirriG cciroctorc cliirni<|uo coinmun do cgs substances qu’elles sont in.solubles dans l’eau, solubles dans l’alcool et l’éther, que l’eau les en ]u\ dpite en môme temps qu’elle leur enlève les acides benzoïque ou

cinnamique. Ces deux acides volatils se rencontrent dans les produits de la distillation des baumes. Les baumes sont inflammables et dégagent en brûlant une odeur agréable. Si on les fait bouillir pendant quelques heures avec un lait de chaux, on obtient un benzoate ou un cinnamate de chaux, sels qui, décomposés par l’acide chlorhydrique, donnent à l’état de pureté l’acide du baume.

Baume du Pérou (Chimie). — Substance extraite, par incision, du Myroxylum balsomiferum qui croît au Pérou et dans la province de Carthagène. Elle est tantôt solide, tantôt liquide; sous cette dernière forme, qui est lapins habituelle, elle contient deux produits immédiats ; la cinnaméine (C^^H^^O^), corps liquide d’une odeur agréable, tachant le papier comme le fait une huile fine, et la métneinnaméine (G‘®H®0-), corps solide, cristallin, isomérique de l’hydrure de cinnamyle. La cinnaméine, sous l’action des alcalis hydratés, se dédouble en acide cinnamique et péruvine.

C54H2608 = 2(C18h703) -f C18H1202 Cinnaméine. Ac. cinnamique. Péruvine.

La cinnaméine et la métacinnaméine en s’oxydant, produisent l’acide cinnamique ; cette réaction explique la présence de ce dernier acide dans le baume du Pérou.

L’étude chimique du baume du Pérou est due à M. Fremy. B.

Baume de Tolü (Chimie). — Corps résinoïde qui découle du myroxylum toluiferum, qui croît en abondance aux environs de la ville de Tolu ; il contient, en même temps que l’acide cinnamique (Gi®H''0'^), deux résines qu’on sépare facilement l’une de l’autre, en se fondant sur leur inégale solubilité dans l’alcool froid.

Résine a C*2H3806 Résine 6 C36H20O10

Ces résines soumises à l’influence des agents d’oxydation, notamment l’acide azotique, donnent de l’hydrure de benzoïle ; soumises à la distillation sèche, elles donnent les acides benzoïque et cinnamique et un hydrogène carboné, le benzoène.

C’est M. H. Deville qui a étudié, avec une grande sagacité, tous les produits que fournit le baume de Tolu. B.

Baume (Botanique). — On donne ce nom vulgairement à diverses plantes odorantes: ainsi, BW.Mimulus moschatus {Sci^ophulariées) , dont les fleurs jaunes exhalent une forte odeur de musc; à VOcimum basilicum, aux Mentha sylvestris, pulegium, aquatica {B. des champs, B. aquatique), Labiées dont les fleurs et les feuilles, criblées de vésicules pleines d’une huile essentielle, dégagent des odeurs agréables et pénétrantes; au Tonacetum vulgare, à la Balsamita suaveohms {B. des jardins, Menthe-coq), plantes de la famille des Composées.

Baume (Matière médicale), du grec balsamon, baume, parfum. — Substance végétale, résineuse, liquide ou solide et d’une odeur agréable. Pendant longtemps il a régné une grande confusion dans ce qu’on devait entendre par baume ; toutes les résines liquides, une foule de préparations pharmaceutiques différentes les unes des autres, portaient ce nom; appliquées d’abord dans la pratique des embaumements pour empêcher la putréfaction après la mort, on a pensé que ces substances avaient des propriétés analogues pour éloigner les causes qui tendent à amener la décomposition des éléments organiques pendant la vie ; de là, sans doute, leur réputation chez tous les peuples, de là le titre de baumes donné à une foule de médicaments vantés par le charlatanisme, et acceptés par la crédulilé publique. Aujourd’hui, et surtout depuis les travaux de Buquet, on a établi une différence nette et tranchée entre les baumes proprement dits et les substances naturelles ou pharmaceutiques auxquelles on avait donné ce nom : on n’appellera baumes que des produits végétaux qui présenteront les caractères suivants: sucs colorés liquides ou concrets, résineux, très-odorants et aromatiques, solubles en entier dans l’alcool, dans les huiles, et surtout dans les huiles volatiles, à la manière des résines dont ils se rapprochent beaucoup, mais dont ils diffèrent particulièrement en ce que, lorsqu’on les expose au feu, ils dégagent une vapeur blanche d’une odeur pénétrante, qui est de l’acide benzoïque, ou de l’acide cinnamique dans les baumes de Tolu et du Pérou, d’après M. Fremy. Les liqueurs alcalines chaudes dissolvent cet acide et forment avec lui des benzoates, et alors le ré-

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sidu ne diffère plus des résines. Les baumes découlent de récorce des arbres ou naturellement ou par incision, iis prennent de la consistance à l’air et se colorent davantage. Les principaux baumes sont ceux du Pérou ^ de Tolu, le Benjoin, le Styrax, les B. de cannelle, de vanille, etc. ; et d’après les principes posés plus haut, il faut mettre dans la division des térébenthines, les B. de la Mecque, de copahu, de Hongrie, etc. (voyez Résines, Térébenthine). Cependant, dans la suite de cet article et pour nous conformer à l’usage, nous serons forcés de conserver le nom de baume à des substances qui ne sont connues dans le monde que sous cette dénomination. Les baumes sont employés en médecine dans les circonstances où on veut une action stimulante sur les tissus capillaires et muqueux, surtout sur l’estomac et les poumons ; on a recours aussi à leurs propriétés aromatiques et antispasmodiques pour ranimer l’énergie du système nerveux.

B. acétique. — Employé en frictions contrôles douleurs ihumatismales; il est composé de : savon animal râpé,

10 grammes; camphre, I8 grammes; éther acétique, 80 grammes; huile volatile de thym, 30 gouttes; faire dissoudre à une douce chaleur dans un flacon bien bouché.

B. d’acier ou d' aiguilles. — Employé comme le précédent; on fait dissoudre 8 grammes de limaille d’acier dans 30 grammes d’acide azotique et on ajoute huile d’olive et alcool rectifié, de chaque 30 grammes. On chauffe et on triture, on a une pommade d’un rouge brun.

B. acoustique. — Contre les surdités accidentelles : il y entre plusieurs huiles, essences, teintures, etc. On peut y ajouter un peu de créosote.

B. d’ambre, ambre liquide. — Voyez Liqüidambar.

B. anodin de Baih. — Contre les névralgies et les rhumatismes chroniques ; il est composé de savon blanc, opium brut, qu’on fait digérer dans l’alcool camphré et aromatisé.

B. d’Arcæus. — Très-vanté contre les coups, les contusions, et pour hâter la cicatrisation des plaies ; c’est une sorte d’onguent mou, composé de suif de mouton, GO gr.; térébenthine pure et résine élémi, de chaque, 45 grammes; graisse de porc, 30 grammes. Faites fondre ensemble.

B. du Canada. — C’est une espèce de térébenthine d’une odeur moins désagréable que celle de copahu dont elle aies propriétés médicales; elle coule naturellement ou par incisions d’une espèce de pin du Canada.

B. de Chiron. — Tonique et adoucissant, ce baume est composé d’huile d’olive, de térébenthine, de cire jaune, de baume noir du Pérou, de camphre, le tout coloré avec de l’orcanette ; son nom vient, dit-on, du centaure Chiron, célèbre autrefois par son savoir en médecine.

B. du Commandeur. — Ce baume stimulant, qu’on administre à l’intérieur à la dose de l'2 à 15 gouttes, s’emploie surtout à l’extérieur ; voici sa formule : racine d’angélique, )ô grammes; hypericum, 30 grammes; alcool à 31°, I OOO grammes; myrrhe, 15 grammes; oliban, 15 grammes; baume de Tolu, 90 grammes; benjoin^ 90 grammes; aloès, i.S grammes.

B. de copahu. — C’est une térébenthine qui coule du Copaifera o^ficinnlis,lÀn., arbre du Pérou et du Mexique, de la classe des Légumineuses ; elle est liquide, transparente, s’épaissit un peu et prend une teinte jaune; elle a une odeur forte, une saveur âcre, amère, trèsdésagréable. C’est un stimulant très-actif, et l’expérience a prouvé qu’elle avait une action spéciale sur certaines inflammations des membranes muqueuses; aussi en lait-on un grand usage en médecine. On l’emploie liquide, en potion, dans de l’eau sucrée, ou bien on la solidifie au moyen de la magnésie fortement décarbonatée; on peut encore la prendre liquide, enveloppée dans des capsules de gélatine ou de gluten.

B. decopatme, B. d'ambre. Ambre liquide. — Matière liquide, recueillie, par incision, du Liqüidambar styraciflua. Lin. C’est un vrai baume; il est liquide, jaunâtre, d’une odeur agréable, d’une saveur âcre et aromatique;

11 devient solide en vieillissant. Ti ès-employô autrefois, non-seulement en médecine, mais même par les parfumeurs, il est aujourd’hui presque abandonné (voyez Liqui-

UAMBAR, SlYI'.AX).

B. de Fioraventi. — Stimulant très-énergique, recommandé en frictions contre les douleurs rhumatismales. On s’en sert aussi dans quelques cas d’ophthalmies chroniques; pour cela, on en met quelques gouttes dans la main, dont la chaleur suffit pour le réduire en une vapeur

à laquelle on expose l’œil. Voici sa composition : térébenthine, 150 grammes ; résine élémi, résine tacamaque, succin, styrax liquide, galbanum, myrrhe, de chaque de ces six substances, 30 grammes; aloès, lo grammes; baies de laurier, 40 grammes; galanga, zédoaire, girofle, gingembre, cannelle, muscade, de chaque, 15 grammes; feuilles de dictame de Crète, lO grammes; alcool à 3lo, 1 000 grammes. Après avoir fait macérer pendant quelques jours, on fait distiller au bain-marie ; le premier produit de la distillation est ce qu’on appelle \q B. de Fioraventi spiritueux, le seul qu’on emploie aujourd’hui ; il est liquide, piquant et sent fortement la térébenthine. En poursuivant la distillation, sur le marc de ce produit, on obtient encore un B. de Fioraventi huileux, et un autre noir, qui sont inusités aujourd’hui.

B. de Geneviève. — Employé comme le baume d’Arcæus et dans les mêmes circonstances. En voici la formule ; huile d’olive, 300 grammes; cire jaune, 00 grammes; poudre de santal rouge, 15 grammes; térébenthine, l20 grammes. Faites digérer à une douce chaleur, et ajoutez: camphre, 2 grammes.

B. de Giléad, de Judée, de laMecque. — C’est la térébenthine du Canada (B. du Canada).

B. hypnotique. — C’est une dissolution huileuse plus ou moins aromatique, préparée avec des sucs de plantes narcotiques, de l’opium, du safran, de l’huile de muscade; il a beaucoup d’analogie avec le baume tranquille, et a les mômes propriétés.

B. hystérique. — Très-employé autrefois, on en faisait respirer et on l’appliquait sur le ventre dans les accès d’hystérie; c’était un mélange d’huiles essentielles et de substances résineuses fétides ; il était composé de bitume de Judée, aloès, galbanum, labdanum, de chacun, 5 grammes; assa fœtida, 15 grammes; castoréum et opium, de chaque, 2S‘',50; battez exactement dans un mortier; incorporez-y ensuite : huiles volatiles de rue et de succin, de chaque, 12 gouttes; huiles volatiles d’absinthe, de Sabine et de pétrole, de chaque, i5 gouttes; beurre de muscade, lgf,G0. On formait du tout une masse demi-solide, qu’on conservait dans une boîte d’étain.

B. des Jardins, plante. — On a donné ce nom à plusieurs espèces de Menthes.

B. de Laborde ou de Fourcroy. — Employé contre les gerçures de la peau, les douleurs, et pour hâter lacicatrisation des plaies : il est composé d’oliban, de térébenthine, de storax, de benjoin, de plantes aromatiques, de genièvre, de thériaque, le tout infusé dans de l’huile d’olive.

B. de Lectoure, de Condom. — C’est un stimulant trèsactif; on le prend par gouttes, sur du sucre, comme sudorifique; il sert aussi comme aromate, c’est un mélange de safran, de musc et d’ambre gris, tenus en dissolution dans des huiles essentielles.

B. de Lucatel. — Employé utilement pour panser les plaies et les ulcères atoniques , il a été recommandé dans la phthisie pulmonaire; il est composé de: huile d’olive, 45 grammes; cire jaune, 30 grammes; vin de Malaga, 10 grammes; faites chauffer sur un feu doux, retirez ensuite et ajoutez : térébenthine, 45 grammes; poudre de santal rouge, 5 grammes ; baume noir du Pérou, 8 grammes. On peut voir qu’il a beaucoup d’analogie avec le baume de Geneviève.

B. il/flné.— Résine liquide qu’on obtient par incision

du Calaba balsamaria, de la famille des Guttiferes ; il est employé en médecine (voyez Balme vert.)

B. de la Mecque. — Voyez Térébenthine de Judée.

B. Nerval. — Employé en frictions contre les rhumatismes et les entorses; en voici la formule : moelle de bœuf, huile épaisse de muscade, de chaque GO grammes; huile volatile de romarin, baume de Tolu, de chacune 4 grammes; huile volatile de girofle, camphre pulvérisé, de chaque 2 grammes ; alcool à 34*' Cartier, 8 grammes.

B. opodeldoch. — Voyez Oeodeldoch.

B. du Pérou. — Il est souvent employé comme excitant pour fortifier le système nerveux, ranimer et exciter les vieux ulcères; il convient dans les catarrhes pulmonjiires anciens, à la dose de 0®*',I0 à ( ^‘',50 par jour dans un jaune d’œuf ou en pilules : il entre dans beaucoup de médicaments composés. (Voyez B. du Pérou [Chimie]).

B. du Samaritain. — .Composé d’un mélange par parties égales de vin et d’huile qu’on fait bouillir à petit feu : il a des propriétés relâchantes corrigées par 1 action légèrement tonique du vin. On s’en sert souvent et avec succès dans les ulcères douloureux, suites des plaies d’armes à feu ou d’amputations, On en fait aussi des I embrocations.

BAV

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