CÉT
ne pas compromettre la vie de l’enfant, et pourtant pas avant qu’on soit à peu près sûr de la mort de la femme ; cependant, quel que soit le temps écoulé, il ne faut pas iiésiter à faire l’opération : la malheureuse princesse de Schwartzenberg, qui périt à Paris en 1810 dans un incendie au milieu d’une fête, était enceinte; on ne l’ouvrit que le lendemain, l’enfant était vivant. C’est par cette raison que les mêmes précautions doivent être prises, et le même procédé opératoire suivi, que s’il s’agissait d’une femme vivante. On ne décrira pas ici les procédés opératoires proposés pour les différents cas qui peuvent se présenter; ils rentrent tout à fait dans la pratique de la grande chirurgie. 1* — N.
CESTOÏDES (Zoologie). — Voyez Vers intestinaux.
CESTREAU (Botanique). — JNom vulgaire du genre Cestrum de Linné, du grec kestra^ marteau pointu. Les Grecs donnaient ce nom à la bétoine, parce que les fleurs de cette plante réunies en pelote imitaient assez bien, selon eux, un marteau. Aujourd’hui on nomme Cestrum un genre dont les fleurs ont quelque analogie avec cette disposition. Ce genre est le type de la famille des Cestrinées^ voisine des Solanées, suivant la classification de M. Brongniart. D’autres auteurs font desCestrinées une simple tribu de cette dernière famille. On ne connaît pas moins d’une quarantaine d’espèces de Cestrum appartenant presque tous à l’Amérique méridionale. Ce sont des arbrisseaux à feuilles alternes, à corolle en entonnoir, allongée, à 6 étamines dont les anthères s’ouvrent longitudinalement, à ovaire biloculaire, à placentas globuleux, munis d’un petit nombre d’ovules. Leur fruit est une baie entourée ou renfermée dans le calice. Les cestreaux sont de belles plantes d’ornement dont les fleurs exhalent un arôme agréable. On distingue surtout le C. roseum^ Kunth., arbrisseau du Mexique, qui donne de jolies fleurs roses sessiles, et le C. orangé [C. aurantiacum, Lindl.), arbrisseau spontané dans îeGuatémala, et donnant de juin en août des fleurs d’un beau jaune orangé. G — s.
CÉTACÉS (Zoologie), en grec kêtos, baleine. — C’est le neuvième ordre de de Cuvier; caracté-
risé surtout par l’absence de pieds de derrière, le tronc se continuant en une queue épaisse, terminée par une nageoire horizontale ; la tête se joint au tronc sans ce rétrécissement qui constitue le col. Ils ont presque en tout la forme des poissons; aussi se tiennent-ils constamment dans l’eau ; mais, comme ils respirent par des pou mons, ils sont obligés de venir souvent à la surface pour y prendre de l’air ; du reste, ils sont pourvus de mamelles pour allaiter leurs petits. La pêche des cétacés est un des grands mobiles du développement maritime de toutes les nations. Chaque année, des milliers de navires baleiniers partent des ports d’Europe ou d’Amérique, pour aller, dans les mers de l’un ou l’autre pôle, rechercher les immenses mammifères marins qui constituent cet ordre. Dans la plupart des espèces de cétacés, les fosses nasales, au lieu de venir s’ouvrir un peu au-dessus de la bouche, à l’extrémité du museau, font, avec la cavité buccale, un angle plus ou moins grand et vont former leurs narines à la face supérieure de la tête. Cet appareil, qu’on nomme évent^ a, de plus, dans sa portion terminale, un sac contractile où l’eau qui s’introduit dans la bouche lorsque l’animal avale, etqui est rejetéepar les fosses nasales, s’amasse pour être ensuite projetée en jets d’écume quand l’animal est à la surface de l’eau. Tous les cétacés qui offrent cette disposition forment la famille des Cétacés souffleurs ou C. ordinaires. Ils vivent d’animaux marins ; tandis qu’une autre famille, formée des genres dépourvus d’évent, et dont les espèces vivent de matières végétales, porte le nom de Cétacés herbivores. Tous les cétacés sont d’ailleurs, comme les amphibies, des animaux marins.
C’est parmi les souffleurs que se rencontrent les genres les plus intéressants. Nous citerons particulièrement :
Fig. 4’!9. — Un Cétacé (le marsouin commun).
10 l^e%Bauphins (DelpMnus, Lin.), dont les deux mâchoires sont armées de dents coniques toutes semblables entre
elles, et dont le régime est très-carnivore, ont dû aux anciens une célébrité peu justifiée parce que les modernes ont pu en observer. Ce sont, en général, les moins grands des cétacés, bien que certaines espèces atteignent jusqu’à 8 mètres de longueur. Le Dauphin commun {Delphinus delphis. Lin. ) n’a guère plus de 3 mètres ; il peuple en abondance toutes les mers : c’est le fameux dauphin des anciens. ho, Marsouin commun {B. phocœna, h\n.) {fig. 479) est le plus petit cétacé ; il ne dépasse pas 1“',80. On le distingue du dauphin, parce que son museau n’est pas prolongé en bec, mais simplement arrondi. Ou le voit souvent sur nos côtes (voyez Dauphin).
2° Les Cachalots [Physeter., Lin.) n’ont de dents qu’à la mâchoire inférieure. Leur tête volumineuse est renflée à sa partie supérieure et antérieure par un vaste dépôt d’une matière huileuse qui, figée par le refroidissement, est connue sous le nom de sperma-cæti., blanc de baleine ou adipocire; elle sert, comme la cire, à faire des bougies. V ambre gris paraît être une concrétion formée dans leurs intestins. Ces animaux ont, en général, des dimensions énormes; on les chasse très-activement pour en extraire le blanc de baleine et la petite couche de lard qu’ils portent sous la peau. On trouve des cachalots à peu près dans toutes les mers (voyez Cachalot).
h^^Baleines Lin.), non moins grandes que
les cachalots , fournissent au commerce une huile précieuse et la substance cornée, désignée sous le nom de fanons de baleine ou simplement baleines. Mais ce qui rend les baleines célèbres dans le monde, c’est moins leur importance commerciale que leur taille monstrueuse. La
B. franche (B. mysticetus., Lin.) dépasse tout ce qu’on peut imaginer : c’est le plus grand des animaux connus. Sa longueur va jusqu’à 30 mètres; la circonférence de son vaste corps, à 28 ou 30 ; l’ouverture de sa gueule mesure près de 7 mètres (voyez Baleine).
Les cétacés herbivores forment trois genres {Bègue animal de Cuvier), 1» les Lamantins ou Manates {Manatus., Cuv.); 2“ les Bugongs.^ Lacép. [HalicoreSy Ilig.); 3" les Stellères, Cuv. (Ritina., Ilig.).
CÉTÉRACH (Botanique), de chetherak, mot par lequel les médecins arabes et persans désignent cette plante. — Genre de la famille des Fougères.^ tribu des Polypodiacées . Ses caractères sont : capsules en groupes épars ou diversement agrégés, recouverts d’écailles membraneuses ou filiformes. Le C. officinal (G. offeinarum, Willdw; Gymnogramma ceterach., Spreng. ; Asplenius ceterach. Lin.) est une petite plante que l’on appelle vulgairement doradille.^ de l’espagnol doradilha, à cause des reflets dorés que présentent ses feuilles. Celles-ci sont profondément pinnatifides, à lobes alternes^ triangulaires, trèsobtus, aussi longs que larges. Cette espèce vient sur les murailles, dans les fentes de rochers des régions tempérées. On la rencontre en différents endroits des environs de Paris. Elle passait autrefois pour dissoudre les calculs, guérir les maladies de rate et une foule d’autres affections. Aujourd’hui, c’est à peine si elle figure dans les officines comme pectorale. Aussi se contente-t-on de prescrire ses feuilles en infusion. G — s.
CÉTIOSAURES (Zoologie), Cetiosaurus., Ovven. — Genre de Reptiles sauriens, famille des Crocodiliens (fossile), caractérisé par des os spongieux et l’absence de cavité médullaire dans les os longs. Deux espèces indiquées, Tune à Meudon, l’autre dans le New-Jersey, dans l’étage crétacé sénonien; d’autres, réparties dans les étages tertiaires d’Auteuil et de Provence. Ces reptiles égalaient en grosseur les plus grandes baleines actuelles. M. Owen pense qu’ils étaient marins.
CÉTOINE (Zoologie), Cetonia., Fab. — Genre éî Insectes coléoptères pentamères., famille des Lamellicornes, tribu des Scarabées, section des Mélitophiles ; caractérisé par des antennes de 10 articles, labre membraneux caché sous le chaperon, mandibules en forme d’écailles membraneuses, menton presque aussi long que large, corps ovale déprimé, corselet en trapèze. On trouve les cétoines en été sur les fleurs en ombelle, sur les peupliers, , les buissons fleuris ; elles ne font presque aucun tort aux plantes à l’état de larves, bien différentes en cela des hannetons avec lesquels il ne faut pas les confondre. A l’état parfait, elles se contentent de la liqueur miellée I des fleurs. Un grand nombre d’espèces sont remarquables par les couleurs métalliques variées qui les parent. La C. brillante {C. nitida, Fab.), de l’Amérique septentrionale, d’un vert mat en dessus; corselet et élytres d’un jaune obscur. La C. dorée [Scarabœus auratus, Lin.;
C. aurata, Fab.), longue de 0“,02, d’un vert doré brillant en dessus, rouge cuivreux en dessous; se trouve
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dans toute l’Europe, sur les fleurs surtout du rosier et du sureau. La C. drap mortuaire (S. sticticus^ Lin. ; C. stictica, Fab.), longue de 0“,01, d’un noir luisant, un peu velue, avec des points blancs. Très-commune sur les chardons, en Europe.
CÉTRAIRE (Botanique), Ceiraria^ Achar. — Genre de la famille des Lichens, que certains auteurs fondent ou dans les Physcia, ou dans les Lobaria eX Bornera. hQ C. d'Islande {C. islandica, Achar.; Physcia islandica^ de Cand. ; Lichen islandicus, Lin.), appelé aussi Mousse d’Islande, est caractérisé ainsi : thallus un peu cartilagineux, olive châtain, à laciniures canaliculées, dentelées, munies de cils concolores, à bords très-entiers. Cette espèce est roulée à sa base, agglutinée. Ses fructifications sont sessiles, arrondies, planes, d’un brun foncé. Elle croît en touffes sur la terre, dans les bois montueux et rocailleux, et sa base offre comme des taches sanguinolentes. Le lichen d’Islande se prend en tisane dans les maladies de poitrine (voyez Lichen) ; il entre dans plusieurs préparations pharmaceutiques et renferme de l’amidon et des principes amers. Berzelius y a trouvé 80,8 p. 100 de matière amylacée. Réduit en poudre, on en fait dans certains pays une bouillie agréable et saine; on en fait aussi du pain, ou même on l’emploie dans le potage sous forme de gruau.
CÉVADILLE ou Cébadille (Botanique). On donne dans le commerce ces noms aux fruits et graines pulvérisés d’une plante qui n’est pas encore bien déterminée ; les uns pensent que c’est YAsagrée officinale {Asagrœa offcinalis, Lindl. Le botaniste Retzius les a attribués à un Veratrum, auquel il a donné le nom de Veratrum sabadilla. cette suüstance a ete nommée vulgairement aussi poudre de capucin. La cévadille possède des propriétés yénéneuses énergiques, c’est un vermifuge très-puissant, dont on pourrait faire usage, si on n’avait à craindre les dangers qui peuvent résulter de son emploi. Les graines qui portent ce nom sont renfermées dans des capsules longues d’environ 0“,014, inodores, mais d’un goût âcre ; les semences elles-mêmes sont noirâtres, rugueuses ; elles ont une saveur caustique et brûlante. C’est dans ces graines que Pelletier et Caventou ont découvert le principe alcaloïde nommé vératrine. On prétend que l’usage même externe de ce principe peut occasionner la mort (voyez Vératrine).
CEYX (Zoologie), Ceyx, Lacép. — Sous-genre Ôl' Oiseaux passereaux, section des Syndactyles, genre des Martinspêcheurs. Ce ne sont , dit Cuvier , que des martins-pêcheurs à bec ordinaire, mais où le doigt interne n’existe pas. On en a plusieurs espèces des Indes. Le C. tridactyle {Alcedo tridaciyla, Pall. et Gm.) a, dans la forme de son bec, de l’analogie avec les martins chasseurs. Le C. tribrachys (J . tribrachys, Sh.), et le C. meninting {A. meninting, Horfs.).
CHABOT (Zoologie), Cottus, Lin. — Genre de Poissons acanthoptérygiens, famille des Joues cuirassées ; caractérisé par une tête large et déprimée, cuirassée et diversement armée d’épines ou de tubercules ; deux dorsales, six rayons aux branchies ; ils n’ont pas de vessie natatoire. Les espèces d’eau douce ont la tête presque lisse, seulement une épine au préopercule ; la première dorsale est très-basse ; la plus connue est le C. de rivière, vul- ' gairement Tête (T âne, Meunier, Testard [C.gobio, Lin.) petit poisson de 0“,10 à 0“,12; il est noirâtre, trèscommun dans toutes nos rivières et nos ruisseaux, et nage avec rapidité ; il vit d’insectes aquatiques, de vers, de très-petits poissons : quelques personnes répugnent à le manger parce qu’il a la peau visqueuse et couverte de petits tubercules, et enfin à cause de la ressemblance de sa tête avec celle des têtards de crapauds ; mais c’est à tort, parce que sa chair est très- délicate. Les espèces marines sont plus épineuses ; quand on les irrite, elles renflent encore leur tête; nos côtes en ont deux : le Cotte chaboisseau (C. bubalis, Euphrasen), qui aquatre épines dont la première très-longue ; et le C. scorpion de mer (C. scorpius. Lin.), qui a trois épines au préopercule.
CHACAL (Zoologie), Canis aureus. Lin. — Espèce de Mammifères carnassiers du genre Chien; sa taille est entre celle du loup et celle du renard commun. Il ressemble au premier par les couleurs ; mais il a la queue touffue comme le renard, et bien plus courte. Le chacal de l’Inde et celui de Barbarie ne diffèrent point par les couleurs. Le chacal, répandu dans toutes les parties chaudes de l’Asie et de l’Afrique, vit en troupes nombreuses, dans des terriers qu’il se creuse. Ces animaux sont très-voraces et causent des dégâts dans les contrées où iis se sont multipliés, soit en déterrant les morts, soit
en pénétrant dans les étables où ils dévorent jusqu’aux cuirs des harnais, lorsqu’ils ne trouvent pas d’autre nourriture. Ils font entendre la nuit une sorte de hurlement tout à fait particulier dont les voyageurs ont été frappés. En général, ils n’attaquent pas l’homme; cependant, lorsqu’ils sont pressés par la faim, ils peuvent devenir dangereux. Ils se nourrissent ordinairement de charognes; aussi exhalent-ils une odeur forte et désagréable. On a voulu rapporter le chien domestique aa chacal ; il faut convenir qu’il y a entre le caractère du chacal et celui du chien beaucoup de ressemblance, et il ne serait pas impossible de trouver de bonnes raisons pour regarder le chien domestique comme une race de chacal soumise à l’homme et modifiée par une longue servitude. Au reste, et c’est l’opinion de Fréd. Cuvier,^^ c’est seulement par une expérience directe qu’on pourrait établir la faculté du chacal à acquérir la domesticité du chien. On trouve des chacals depuis les Indes et les environs de la mer Caspienne jusqu’en Guinée ; mais il n’est pas sûr qu’ils soient tous de la même espèce ; ceux du Sénégal, par exemple [C. anthus, Fréd. Guv.), sont plus élevés sur jambes, et paraissent avoir le museau plus fin et la queue un peu plus longue.
CHAIA Dü Paragüai, d’Azz. (Zoologie), Chauna, Ilig. ; Parra chavaria. Lin. — Genre â’ Oiseaux échassier s, lo.mille des Macrodactyles, tribu des Kamichi, caractérisé par le bec moins long que la tête, l’occiput orné d’un cercle de plumes qui peuvent se relever, la tête et le haut du cou revêtus seulement de duvet, un collier noir ; ils n’ont point de, cOitne sur le vertex, comme une espèce de Palamedea, très-voisine. Ils mangent des herbes aquatiques. Le Chdia ou Chavaria fidèle{Parra chavaria. Lin., Lath.) est de la grosseur d’un coq commun; on utilise, dans le pays de Garthagène,en Amérique, son intelligence et son activité pour en faire un gardien et un protecteur de la volaille dans les basses-cours; on dit môme qu’il les préserve des attaques du vautour sur lequel il s’élance et qu’il met en fuite au moyen de ses longues et fortes ailes. Haut monté sur jambes, il peut vivre dans les marais et les traverser. Get oiseau est encore remarquable par la longueur de son cou et la membrane rouge qui occupe une partie des côtés de sa tête. La ponte de la femelle est de deux œufs. La longueur totale de l’oiseau est de 0“,80.
CHAINES (Technologie). — On distingue trois espèces de chaînes dont la fabrication et les usages sont trèsdifférents.
Chaînes plates à mailles régulières non soudées, flexibles seulement dans deux sens opposés et employées au lieu de courroies ou de cordes dans la transmission des mouvements.
2° Chaînes ordinaires, à mailles soudées, qui remplacent les cordes et câbles dans les grues, chèvres, cabestans, etc.
3° Les chaînes à mailles étançonnées pour le service de la marine.
Pour les dernières, voyez Cables en fer.
Pour fabriquer les secondes, on prend une tige de fer rond, de la grosseur voulue, on l’enroule à chaud en spirale sur un mandrin en fer, et on coupe obliquement toutes les spires sur une même génératrice du mandrin. On a ainsi une série d’anneaux ouverts ayant tous les mêmes dimensions. On soude successivement chacun de ces anneaux en une seule chaude, après l’avoir passé dans le dernier chaînon de la portion de chaîne déjà faite. Quelque soin que l’on apporte à cette opération, on ne peut répondre de la solidité de la chaîne qu’après l’avoir soumise à un effort de traction au moins double de celui qui doit constituer sa charge habituelle ; les chaînes offrent une grande résistance et ont une grande durée, mais comme organe de transmission elles usent beaucoup de force.
L’invention des chaînes plates est due à Vaucanson, dont elles portent encore généralement le nom. Le mode de construction adopté par ce mécanicien est simple, mais n’est applicable qu’aux chaînes d’une faible puissance ; pour les chaînes sans fin des machines à draguer, des norias, des bancs à tirer..., on adopte la disposition suivante. Des pièces de tôle ayant la forme d’un 8 sont taillées dans des feuilles de tôle au moyen d’un emportepièce mû par un balancier, et percées en même temps vers leurs deux extrémités. Ces pièces sont réunies par paires au moyen de cylindres de fer rivés à leurs deux extrémités et formant une charnière, autour de laquelle peuvent se mouvoir deux chaînons successifs. Chaque chaînon est d’ailleurs formé par 2, 4, 6, 8... pièces, sui-
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vaut la force qu’on veut donner à la chaîne. Cette disposition est particulièrement adoptée pour les chaînes s ans fin remplaçant les courroies. Les poulies sont alors munies sur leur circonférence de saillies distantes l’une de l’autre de quantités égales à l’écartement des cylindres charnières, de manière que tout glissement soit impossible.
L es chaînes de montre sont construites d’une manière semblable.
Les chaînes à la Vaucanson et de Galle sont impropres au service des treuils, à cause de leur roideur dans le sens transversal ; les chaînes à mailles ordinaires y deviennent embarrassantes quand elles ont une grande longueur M. Neveu a fort heureusement levé la difficulté par la. modification qu’il a apportée au treuil. Son nouveau tr euil peut recevoir trois ou quatre chaînons à plat, séparés par autant de chaînons placés de champ. Ceux-ci sont embr asés par deux saillies du treuil qui prennent point d’appusi sur les extrémités des chaînons à plat, de manière à former une espèce d’engrenage. La chaîne se déroule d’un côté, tandis qu’elle s’enroule de l’autre ; elle peut donc avoir une longueur presque indéfinie. M. D.
Chaîne d’arpenteur (Géométrie). — Instrument destiné à mesurer la longueur d’une droite sur le terrain; il est formé par la réunion de cinquante petites tiges de fer ayant un peu moins de 0“,2; chaque tige est bouclée à ses deux extrémités, et deux tiges consécutives sont jointes par un anneau en fer ; la distance des centres de chaque anneau au suivant est rigoureusement 0“,2 : les deux tiges extrêmes n’ont pas la même longueur que les autres et sont terminées par deux poignées ; la chaîne a ainsi une longueur de 10 mètres quand elle est tendue, mais comme il est difficile de la tendre bien exactement, on lui donne quelques millimètres de plus; pour faciliter la lecture, on a séparé les mètres par des anneaux en cuivre au lieu d’anneaux en fer ; celui du milieu porte une petite fiche en fer ou en cuivre qui permet facilement de voir une longueur de 5 mètres.
Pour mesurer avec la chaîne une droite AB jalonnée sur le terrain, il faut deux personnes que l’on désigne ordinairement sous les noms d’arpenteur et d’aide. L’arpenteur se place au point A et y fixe une des poignées de la chaîne, tandis que l’aide s’éloigne dans la direction AB, en tendant la chaîne jusqu’à ce qu’elle soit complètement déroulée ; ce dernier porte dans la main dix tiges de fer pointues, qu’on appelle des fiches; quand la chaîne est bien tendue, il plante une de ces fiches de manière à ce qu’elle touche intérieurement la poignée qu’il a de son côté ; alors on enlève la chaîne et les deux opérateurs se remettent en marche dans le même sens; quand l’arpenteur est arrivé à la fiche plantée par l’aide, il y place extérieurement sa poignée, tandis que l’autre agit comme la première fois; il en résulte que l’on n’a pas à tenir compte de l’épaisseur des fiches, que l’arpenteur a successivement relevées sur son passage ; alors chaque fiche passée dans les mains de l’arpenteur correspond à une distance de 10 mètres, et à la longueur ainsi obtenue, il faut ajouter celle qui sépare la dernière fiche du point B, et que l’on peut évaluer, à l’aide des subdivisions de la chaîne, à 0“,1 près et môme à 0“,05, quand on a un peu d’habitude. Si, avant d’être arrivé en B, tout le jeu de fiches était épuisé , l’arpenteur le rendrait à l’aide et marquerait sur un carnet un trait que l’on appelle souvent une portée; chaque portée correspond ainsi à 100 mètres et on ajoute la longueur restante après la dernière portée complète, comme il a été indiqué plus haut.
CHAIR (Anatomie), du latin caro. — Ce mot désigne : chez les animaux, les parties molles et surtout les masses musculaires ; chez les végétaux, les masses de tissu cellulaire remplies d’amidon ou fécule.
CHALAZE (Botanique). — On appelle chalo,ze^ dans la graine, le point où le funicule franchit l’épaisseur du tegmen ou tunique interne du nucelle. Elle correspond souvent 'au hile et se trouve sous lui, mais souvent aussi elle est au niveau d’un autre point de la graine. La chalaze et le micropyle so’-ft toujours situés à deux points extrêmes et opposés de la graine ; aussi a-t-on considéré ces deux points comme déterminant un axe dans la graine ; la chalaze est la hase^ le micropyle le sommet., Vaxe est la ligne qui les joint (voyez Graine).
Chalaze (Zoologie). — On donne ce nom en zoologie à deux espèces de cordons qui maintiennent le jaune sus-
pendu dans l’œuf des oiseaux : ce sont des couches d’afbumine ou de blanc d'œuf., qui sont tordues sur elles-mêmes en spirale par les mouvements de l’œuf dans VovU ducte.
CHALAZIE (Médecine), du grec cholaô, je relâche. — Plusieurs oculistes, et entre autres Wenzel, ont donné ce norn à une séparation peu étendue de la cornée d’avec la sclérotique, et qui peut être déterminée, soit par le relâchenient de fibres de la cornée, soit par une petite plaie, soit par suite d’un hypopyon ou abcès survenu à la suite d’une ophthalmie.
CHALCIDES (Zoologie), Chalcides, Daud., nom qu’on trouve déjà dans Pline. — Genre de Reptiles sauriens, famille des Scincoïdiens, très-voisin des Seps, caractérisé par un corps fort allongé, presque cylindrique, rampant ; quatre pattes à peine apparentes, très-courtes, à trois
Fig, 480. — Chalcide.
OU cinq doigts, langue courte, échancrée à son extrémité. Quoique rapprochés des lézards par les pattes, ils ont toute l’apparence des serpents et se roulent sur euxmêmes : leurs pattes si petites touchent à peine la terre ; mais leur tête ressemble à celle des lézards. On en connaît une espèce à cinq doigts, des Indes orientales (C. lacerta seps. Lin.) ; une à quatre doigts (Lac. tetradactyla, Lacép.).
CHALCIDITES (Zoologie), Chalcidiœ, Spin. — Tribu à' Insectes hyménoptères , famille des Pupivores , distinguée par les ailes inférieures sans nervures, antennes de 12 articles, palpes très-courtes. La cellule radiale manque ordinairement ; une seule cellule cubitale. Cette tribu comprend le grand genre Chalcis de Fabricius.
GHALCIS (Zoologie), Chalcis, Fab. — Grand genre de la tribu des Chalcidites (voyez plus haut), caractérisé par une tarière souvent composée de trois filets, ainsi que celle des ichneumons, saillante ; les larves sont également parasites. Quelques-unes très-petites se nourrissent de l’intérieur d’œufs d’insectes; d’autres vivent dans les galles et les chrysalides des Lépidoptères. Ces insectes sont fort petits, ornés de couleurs métalliques trèsbrillantes, et ont, pour la plupart, la faculté de sauter. Ils ont été divisés dans le Règne animal en une quinzaine de sous-genres, dont les principaux sont : les Chalcis propres; les Leucopsis ; les Misocampes.
Chalcis proprement dits, Chalcis; Vespa sphex. Lin, — Se distinguent par des cuisses très-grosses, comprimées, dentelées, les jambes aussi très-fortes, arquées, ailes toujours étendues, tarière droite et inférieure. Ils se tiennent dans les lieux aquatiques. Le C. clavipède (C. clavipes, Fab.), long de 0“,007, est très-commun aux environs de Paris. Le C. nain {C. minuta, Fab. ; Vespa minuta, Lin.) a environ 0“,005 de long, très-commun sur les fleurs ombellifères ; il est noir avec les pieds jaunes.
CHALEF (Botanique), Elœagnus, du mot arabe khalêf, nom que les Arabes donnent au saule, et que l’on a appliqué à un genre offrant le port de cet arbre. — Nom vulgaire du genre Elœagnus de Linné (du grec elaia, olivier, et agnos, gattilier). On a cru trouver dans ces plantes de l’analogie avec l’olivier et avec le gattilier. Ce genre de plantes type de la famille des Eléagnées, comprend des arbres et des arbrisseaux à feuilles alternes qui doivent leur coloration, quelquefois de teintes très-vives, à des écailles qui les recouvrent. Calice tubuleux à 4 ou 6 lobes; disque annulaire ou conique, proéminent à la gorge du calice ; akène recouvert par le calice devenu charnu. Le C. à feuilles étroites {E. angustifolia. Lin.), souvent appelé olivier de Bohême, est un arbre à bran ches dressées, à feuilles argentées, luisantes, et à fleurs jaunâtres répandant une odeur très-agréable. Cette espèce est indigène dans quelques-uns de nos départements méridionaux. Elle habite spécialement l’Europe et l’Asie méridionale. Cultivée dans les jardins paysagers , elle y produit un très-joli effet. Son fruit drùpacé, de la forme d’une petite olive, est, dit-on, comestible en Perse et dans la Turquie d’Asie.
CHALEUR (Physique). — Nom donné soit à l’impression que nous ressentons en présence d’un corps chaud, soit à la cause physique qui produit en nous cette im-
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pression. C’est cette dernière acception que nous adopterons dans les articles suivants.
Les corps peuvent contenir des quantités inégales et variables de chaleur, donnant lieu à des modifications diverses de ces corps, soit dans leur volume, soit dans leur état (voyez Dilatation, Fusion, Congélation, Eiîullition, Vapeurs, Chaleur spécifique, Chaleur latente, Calorimétrie).
La chaleur considérée en elle-mônie jouit également de propriétés spéciales qu’il importe de connaître (voyez Chaleur rayonnante, Thermo-électricité, Conductiri-
LITÉ calorifique).
La nature de la chaleur nous est inconnue. On la considère encore assez généralement comme un fluide subtil, impondérable, immatériel, inégalement répandu dans les espaces et uni en proportions variables avec les particules des corps. Mais il se produit parmi les physiciens une tendance de plus en plus manifeste à assimiler la chaleur à la lumière et à la considérer comme un mouvement vibratoire imprimé kV éther qui remplit les espaces et transmis aux parties pondérales des corps.
Le rôle de la chaleur dans la nature est immense. Cet agent tient en effet sous sa dépendance immédiate tous les phénomènes de vitalité chez les animaux et les végétaux ; il est la cause première de tous les phénomènes météorologiques qui nous entourent; la plupart des transformations physiques ou chimiques subies par les corps lui sont dues ou exigent son intervention, et enfin chaque jour nous pouvons démontrer d’une manière plus évidente que la chaleur, résultat d’un travail moléculaire, n’est elle-même que du travail sous un certain état et qu’elle forme la source principale 'sinon unique du travail mécanique à la surface du globe.
Malgré l’universalité d’action de cet agent, les physiciens ne se sont occupés que très-tard de ses effets, de ses propriétés et de sa nature. L’invention du thermomètre et les perfectionnements apportés à cet instrument au commencement du xviii® siècle par Fahrenheit et Réau mur marquent les premiers pas sérieux de la science dans cette voie. Les dilatations des corps par la chaleur furent mesurées par Lavoisier et Laplace, Petit et Dulong, Hallstrom, Dalton, Rudberg, Gay-Lussac, et récemment par MM. Régnault, Magnus, Pierre Les chaleurs spé-
cifiques ou latentes^ dont Stahl, Crawford, Wilkes et Black avaient démontré l’existence, furent évaluées avec précision par Lavoisier et Laplace, Delaroche et Bérard, Dulong et Petit, de La Rive et Marcet, Régnault,
Person Les quantités de chaleur dégagées dans les
combinaisons: des corps ou pendant la vie des animaux ont été étudiées par Lavoisier et Laplace, Rumford, Dulong, Despretz, par M. Régnault, et plus particulièrement par MM. Favreet Silbermann.Les tensions des vapeurs aux diverses températures ont été déterminées par M. OErsted
et Perkins, Dulong et Arago, Régnault Les lois de
la propagation et de la distribution de la chaleur dans les corps ont été étudiées par Leslie Rumford, Nicholson, Bérard, Arago, Dulong, Despretz, Pictet, Melloni, Forbes, et tout récemmentpar MM. La Provostaye et Desains. Fourrier, Laplace et Poisson ont abordé ces mêmes questions avec le secours des mathématiques les plus élevées. Les efforts actuels des mathématiciens, physiciens et mécaniciens semblent faire entrer l’étude de la chaleur dans une nouvelle voie en mettant de plus en plus en évidence le rôle mécanique de cet agent.
Chaleur animale. — Chaleur produite par les animaux et servant à maintenir la température de leur corps dans les limites les plus favorables à l’entretien de la vie, limites qui varient beaucoup d’ailleurs dans les divers groupes de la série animale.
Des expériences nombreuses faites sur l’homme à l’état de santé ou de maladie, par MM. Breschet et Becquerel ou exécutées sous les climats les plus variés par Johiî Davy, ont montré que la température varie peu, du moins dans nos principaux organes. La température des hommes d’un même équipage montait à peine de 1“ en passant des pays froids aux contrées de la zone torride. En opérant sur des naturels de Ceylan, sur des Hottentots, des nègres de Madagascar et de Mozambique, sur des Albinos, des Malais, sur des Cipayes, sur des prêtres de Bouddha, qui ne mangent que des légumes, et sur des Vaidas, qui ne mangent que de la viande, les résultats ont été sensiblement les mômes. Le degré de chaleur le plus bas (35“,8) a été trouvé chez deux Hottentots du Cap. La plus élevée (38°, 9) appartient à deux enfants européens nés à Colombo, l’un de huit ans, l’autre de douze ans. La température moyenne de l’homme est de 37» cen-
tigrades environ. John Davy a également observé les températures d’un grand nombre d’animaux. Nous avons réuni les résultats obtenus par lui dans le tableau suivant:
NOM
DE l’animai,.
Sa
température en degrés cenUgrades.
TEMPÉR.
du
milieu daus lequel yit l'auimal, air
ou eau.
i LIEU
de
l’observation.
Singe
Mammifèr
es.
Colombo
Pangolin
Chauve-souris