‹ Dictionnaire général des sciences théoriques et appliquées ... avec des figures intercalées dans le texteChapitre 188 sur 385 · CI.ETHRA (Botanique), Clethra^ Lin., du grec klê · texte numérisé non relu

CI.ETHRA (Botanique), Clethra^ Lin., du grec klê

thra ou klêthros, nom que les anciens donnaient à l’aune. Ce mot, dérivé de klao, je romps, allusion faite au peu de souplesse des rameaux, a été appliqué à des arbres dont le port et le feuillage ont quelque ressemblance avec ceux de l’aune. — Genre de plantes de la famille des Ericacees^ tribu des Andromédées, Il renferme des arbrisseaux à feuilles alternes, à fleurs blanches, disposées en grappes terminales. La plupart habitent l’Amérique septentrionale. On en rencontre aussi dans le nord de l’Amérique méridionale. Leur floraison a lieu vers l’automne. Une odeur très-suave s’exhale de leurs fleurs. L’espèce la plus répandue en horticulture est le C. en arbre (C. arborea. Ait.), qui atteint au moins 3 mètres, à Madère, sa patrie, mais que nos jardiniers tiennent à l’état nain, et auquel ils font produire une grande quantité de fleurs d’un blanc rose, petites, en épis, à odeur suave, du mois d’août au mois d’octobre. G — s.

GLIANTHE (Botanique), Clianthus^ Soland., du grec kleioSy gloire, et anthos^ fleur, à cause de la beauté de ses fleurs en grappes pendantes. — Genre de plantes, famille des Paipilionaee'es^ tribu des Lote'es. Le C. ponceau (C. puniceus^ Soland.) est un joli arbrisseau de la Nouvelle-Hollande. Ses rameaux sont glabres et diffus. Ses fleurs, très-nombreuses à chaque grappe, sont d’un ponceau vif, qui est d’un joli effet dans les jardins.

CLIGNEMENT (Médecine). — On appelle ainsi un mouvement par lequel on rapproche les paupières l’une de l’autre, de manière à ne laisser pénétrer la lumière que partiellement. Ce mouvement s’opère instinctivement, soit pour diminuer l’impression d’une lumière trop vive, soit pour examiner des objets très-petits ou éloignés. C’est quelquefois le résultat d’une mauvaise habitude.

CLIGNOTANTE (Membrane) (Anatomie comparée). — C’est le nom que l’on donne à une troisième paupière qui existe chez les oiseaux ; elle est placée verticalement à l’angle interne de l’œil, entre le globe et les paupières; elle est demi-transparente, et l’animal peut à volonté la déployer au-devant du globe de l’œil, pour le garantir de l’impression d’une lumière trop vive. Quelques mammifères, comme le cheval, par exemple, présentent des rudiments de cette membrane.

CLIGNOTEMENT (Médecine). — Espèce de maladie due aux mouvements convulsifs, rapides des paupières. Quelquefois, les paupières s’ouvrent et se ferment alternativement avec promptitude ; d’autres fois, ce sont de simples tremblements. On l’observe surtout chez les personnes nerveuses, chez les femmes hystériques, à la suite des névralgies, etc. Le clignotement est difficile à guérir, à moins qu’il ne tienne à une cause maladive, comme les affections vermineuses, par exemple.

CLIMAT (Météorologie), du grec climax, échelle, division. — Les anciens géographes divisaient la surface de la terre, du pôle à l’équateur, en trente-deux zones parallèles qu’ils appelaient climats^ et calculaient cette division d’après la longueur dos jours comparée à celle des nuits au solstice d’été. De l’équateur au cercle polaire, ils comptaient vingt-quatre climats dits de demi-heure^ parcs qu’en passant d’un climat à l’autre, les jours, au solstice d’été, variaient d’une demi-heure. Du cercle polaire au pôle, on comptait six climats dits de mow, parce que sur la limite de chacun d’eux la durée du jour différait de un mois de la durée du jour à la limite des deux climats voisins.

Actuellement, on désigne du nom de climat l’ensemble des conditions météorologiques qui distinguent les unes des autres les diverses régions de la surface du globe.

Au point de vue physique, un grand nombre de circonstances peuvent modifier la nature d’un climat. Parmi les plus importantes, nous signalerons la force et la direction des vents dominants, les variations et la valeur moyenne de l’état hygrométrique de l’air, le régime et la fréquence des pluies, et surtout la température moyenne du sol et la grandeur des oscillations qu’elle subit de la nuit au jour et de l’hiver à l’été (voy. les mots Vents, Hygrométrie, Température, Baromètre).

Au point de vue physiologique, à ces causes il faut en ajouter d’autres souvent inconnues dans leur nature et qui font qu’un climat est réputé sain ou malsain.

D’une manière générale, on divise la surface du globe' en cinq zones climatériques : la zone torride^ comprise entre les deux tropiques; deux zones tempérées, comprises entre les tropiques et les cercles polaires et séparées de la zone torride par deux bandes de déserts; deux zones glaciales renfermées dans les cercles polaires. Mais dans chacune de ces zones nous rencontrons de.^ climats marins ou uniformes et des climats continen-

taux ou excessifs^ caractérisés par la différence plus ou moins grande qui existe entre la température de l’été et celle de Thiver.

Les climats marins^ quoique ou très-chauds ou trèsfroids, empruntent un caractère particulier de douceur et d’uniformité au voisinage des grandes masses d’eau qui les entourent. Tel est le climat des îles, surtout quand elles ont peu d’étendue et qu’elles sont placées au milieu de vastes mers. La mer, à cause de son agitation continuelle qui en mélange incessamment les diverses parties, s’échauffe peu en été et se refroidit peu en hiver. Les vents, de quelque direction qu’ils soufflent, ont pris à la mer qu’ils ont traversée sa température, et conséquemment leur degré de chaleur varie peu. Ils rafraîchissent donc l’air des îles en été et le réchauffent en hiver.

Dans l’intérieur des grands continents, au contraire, les réglons du nord se refroidissent fortement en hiver et celles du midi s’échauffent beaucoup en été. Les vents, en un même lieu, peuvent donc passer brusquement du froid au chaud, ou réciproquement, suivant la direction d’où ils soufflent, en même temps que la température moyenne du jour peut éprouver de grandes oscillations d’une saison à l’autre.

Tal>le drs températures extrêmes observées dans divers lieux.

lieux.

Tempéranre

maiima.

Température

mioima.

Différence.

Surinam

Martinique

Madras

Pondichéry

Le Caire

Rome ;

Copenhague

Padoue

Cambridge (États-Unis). .

Prague

Pétersbourg.

Port-Élisabeth

Moscou

Températures moyennes de l’hiver et de l’été pour divers points des côtes d’Angleterre.

LIEUX

llirer.

Eté.

Différence.

Feroë

llo,60

Ile Unst (Shetland)

Aberdeen

Edimbourg

Ile de Maü

Lancaster

Londres

Penzance

Les vents du sud-ouest, si fréquents en hiver, amènent en Angleterre les chaudes vapeurs de l’océan Atlantique qui s’opposent au rayonnement de la terre et dégagent en se condensant vers le sol une énorme quantité de chaleur latente ; de là l’extrême douceur des hivers en Irlande et sur les côtes occidentales de l’Angleterre.

Températures moyennes de l’hiver et do l’été dans difFérentes villes du continent, situées non loin des côtes.

LIEUX

lliver.

Été.

Différence.

Amsterdam

Maëstricht

Bruxelles

La Haye

Saint-Malo

Dunkerque

La Rochelle

Paris

Pour toutes ces villes, la température moyenne de l’hiver est restée sensiblement la même que dans le tableau précédent ; mais en été les vents d’est, plus fréquents, donnent plus de beaux jours et permettent au sol de s’y échauffer davantage ;

Températures moyennes de l’été et île l’hiver dans diverses villes continentales.

LIEUX

Hiver.

Été.

D fférence.

Tubinge

Augsbourp:

Berlin

Dresde

Munich

Prague

Vienne '. . .

Pétersbourg

Moscou

Kasan

Irkustzk

Les grands courants marins exercent une jnfluence très-marquée sur la température des côtes. lTcs alizés de l’Atlaniique déterminent dans cette mer un courant qui se dirige vers l’ouest et se divise en deux branches au niveau de la Floride orientale ; l’une descend vers le sud, l’autre pénètre avec impétuosité dans le canal de Bahama, où elle a une température de 27”; puis elle remonte, sous le nom de Gulfstream^ le long de la côte est de l’Amérique du Nord, en augmentant de largeur aux dépens de sa vitesse. A la hauteur de Terre-Neuve, le gulfstream se divise à l’est pour redescendre le long des côtes occidentales d’Afrique, dont il tempère le climat brûlant; mais il envoie une branche dans le nord, car ou trouve sur les côtes occidentales de l’Écosse et jusqu’au cap Nord et au Spitzberg des graines de fruits d’Amérique et des débris de naufrages qui ont lieu près des Florides. Sous l’influence de ce courant, la température des côtes occidentales de l’Europe est notablement plus élevée que celle des côtes orientales de l’Amérique.

Climats français. — Le territoire de la France peut être partagé en cinq régions climatériques présentant entre elles des différences générales assez tranchées sous le rapport delà température, du régime des pluies, de la direction des vents, de la fréquence des orages, etc.

Climat du nord-est ou yosgien. — Climat de la région comprise entre le Rhin, la Côte-d’Or, les sources de la Saône et la chaîne qui s’étend de Mézières à Auxerre. C’est dans la vallée du Rhin qu’il est le plus accentué ; il présente les plus grandes analogies avec celui de l’Allemagne continentale.

Température. — La température moyenne y est de 9“,G. Les hivers y sont rigoureux, car leur moyenne ne s’y élève pas au-dessus de 0“,6, mais en môme temps l’été y est plus chaud que dans les climats voisins à latitude égale : la température moyenne y est de 18”,C. La diffé-^ rence entre les températures moyennes des deux saisons y est donc de 18°, ce qui constitue relativement un climat excessif. La différence moyenne entre les plus grands froids et les plus fortes chaleurs est de 44°,7 (de 1811 à 1834), tandis qu’à Paris elle n’est que de 42",5. Les plus fortes gelées, notées à Mulhouse, Strasbourg, Épinal, Béfort et Metz, sont en moyenne de 23°,2 au-dessous de zéro. Le nombre annuel moyen des jours de gelée y est de 70 et à Paris seulement de 66.

Pluie. — La quantité annuelle moyenne d’eau pluviale est plus grande dans celte région que dans les régions voisines ; la distribution des pluies dans le cours de l’année y est également différente ; il y tombe, en effet, pins d’eau en été qu’en automne, et le nombre des jours pluvieux, qui est de 32 dans la seconde saison, y est de 34 dans la première.

Le nombre total des jours de pluie dans l’année est d’environ 137 en moyenne.

Vents. — Les vents du nord-est y soufflent presque aussi fréquemment que les vents du sud-ouest, tandis qu’à Paris les premiers sont moitié moins communs que les seconds, et c’est en grande partie à cette particularité, qui maintient souvent le ciel pur, qu’il faut attribuer la rigueur des hivers dans la région vosgienne, comme aussi la température élevée de ses étés.

Orages. — Le nombre des orages est assez considérable dans cette région, qui se trouve comprise entre les lignes de lO à 25 orages en moyenne par année; ils se produisent presque tous (62 p. 100) pendant l’été.

Climat du nord-ouest ou séquanien. — Climat de la région nord-ouest de la France, comprise entre la frontière du nord depuis Mézières jusqu’à la mer, le contre-'

fort du plateau qui règne de Mézières à Auxerre et le cours de la Loire et du Ciier. C’est sur les bords de la mer, de Nantes à Dunkerque, qu’il est le mieux caractérisé ; il y ressemble beaucoup à celui de l’Angleterre et de la Belgique, tout en s’échaudant graduellement à mesure qu’on descend vers la Loire, et s’y rapprochant beaucoup du climat de la région du sud-ouest.

• Température. — La moyenne annuelle des températures est de 10",9. La différence entre les moyennes de l’hiver et de l’été y descend de 14,1 (Paris) à 10“,8 (Brest, Cherbourg). C’est donc un climat à température assez égale et s’éloignant d’autant moins du climat des îles que l’on s’approche davantage de la mer. Le gulfstream contribue d’une manière très-marquée à y adoucir la rigueur des hivers. A Dieppe, le maximum est en moyenne de 29®, le minimum de — 13“,6. La température moyenne de l’hiver est de 3®, 95 pour les villes de Bruxelles, d’Arras, Denainvilliers, Paris, Angers, Saint- Malo ; le. nombre des jours de gelée est de 50 à 55. La température moyenne de l’été est de 17®, 6 pour les mêmes villes.

Pluies. — La quantité moyenne annuelle d’eau qui tombe dans la région séquanienne est de 0'“,548 environ pour les villes de Paris, Bruxelles, Cambray, Lille, Troyes, Chartres et Bourges ; mais elle augmente en allant vers l’ouest, atteint 0“',800 dans les départements de la Manche, des Côtes-du-Nord et du Morbihan, et probablement 0”,900 dans celui du Finistère. Le nombre des jours pluvieux est en moyenne de f31 pour l’été, de 37 pour l’automne et de 140 pour toute l’année. Toutefois ces nombres varient un peu en allant de l’intérieur des terres vers les côtes. A Paris, les jours de pluie sont aussi fréquents en été qu’en automne. Mais à Dunkerque, Abbeville, Rouen, Saint-Brieuc, Saint-Malo et Nantes, il pleut 10 jours de plus en automne qu’en été.

Vents. — Les vents dominants sont les vents du sudouest, inclinant ou à l’ouest ou au sud, suivant les localités et la configuration du sol. Après eux viennent les vents du nord-est qui sont près de moitié moins fréquents.

Orages. — Le nombre annuel des orages est en moyenne de 12 à 20. La plupart éclatent en été.

Nous donnons ici quelques tableaux des températures principales observées à Paris.

Températures moyennes résultant ilc 33 années d’observations

à Paris.

Hiver

Été

Printemps. ..

iO ,3

Automne..

Température» mensuelles moyennes

(30 ans).

Janvier

Juillet. . . .

Février

Août

Mars

Septembre

Avri 1

Octobre. .

Mai

Novembre.

Juin

Décembre.

Maxima de froid.

13 janvier

25 janvier

. . . , . 17 janvier

Maxima de chaleur.

8 juillet

En moyenne, le 8 janvier est le jour où le thermomètre descend le plus bas, et le 19 juillet celui où il monte le plus haut. Pour que la Seine gèle, il faut que le thermomètre descende pendant plusieurs jours au-dessous de 9® de froid.

Climat du sud-ouest ou girondin. — Climat de la région de la France comprise entre le Loir, le Cher et les Pyrénées. Il règne aussi probablement sur le plateau central de l’Auvergne. Il participe du climat séquanien et du climat rhodanien, tandis qu’il a moins d’analogie avec les climats du nord-est et de la Provence. C’est dans la partie méridionale du bassin de la Loire et dans les bassins de la Gironde, de la Garonne et de l’Adour qu’il est le mieux caractérisé.

Température. — La température moyenne de l’année y est de 12®,7, de 2® environ plus élevée qu’à Paris. La différence entre les moyennes de l’été à l’hiver y est de 16»; plus élevée que dans le climat séquanien et moins que dans le climat vosgien. La moyenne température des hivers n’y est encore que de 5®, mais celle des étés s’élève à 20®, G. Le nombre des jours de gelée y atteint vingtcinq ou vingt-huit en moyenne à Toulouse et à Pau. Le minimum moyen des villes de Poitiers, la Rochelle, Agen, Toulouse et Pau est de — 12® environ; la moyenne du maxima y est de 35®. Ce climat est donc en moyenne plus chaud que celui de Paris, mais il est aussi relativement plus excessif. La température y varie entre des extrêmes plus éloignés. Ce caractère est encore plus tranché vers le massif de l’Auvergne et la chaîne des Pyrénées.

Pluies. — Les moyennes de 177 ans d’oWrvations ont donné 0®,586 pour les quantités d’eau pluviale qui tombent annuellement à Poitiers, la Rochelle, Saint- Maurice, le Girard, Bordeaux et Espalais. Ce nombre s’élève d’une manière très -notable à mesure qu’on s’avance vers les Pyr énées, qui produisent ici le même effet que l’Océan dans la région nord-ouest. La prédominance des pluies d’automne y est partout très-marquée, comme l’indique le tableau suivant :

Quantités «le pluies relatives par saison.

Hiver 0“>,25 I Été 0"’ ,23

Printemps 0“‘,21 | Automne 0i« ,3 4

Le nombre des jours de pluie n’est plus que de 1 30 ; ils sont répartis dans l’année à peu près dans le même ordre que les quantités pluviales. Les hivers y sont donc très-beaux, ce qui tend à les rendre froids. Remarquons d’ailleurs que le nombre 5® est calculé sur la température moyenne de chaque jour de l’hiver, nuit comprise, et que ce sont particulièrement les nuits qui y sont froides. Si l’on prenait la moyenne température des heures pendant lesquelles le soleil est au-dessus de l’horizon, on trouverait un résultat beaucoup plus élevé qu’à Paris.

Vents. — Le régime des vents y est à peu près le même qu’à Paris ; cependant, à mesure que l’on s’approche des Pyrénées, les vents dominants remontent de plus en plus vers l’ouest et le nord-ouest.

Orages. — Un peu plus communs que dans le nordouest de la France, mais moins communs que dans le nord est. Ils varient de 15 à 20 en moyenne.

Climat du sud-est ou rhodanien. Climat de la vallée de la Saône et du Rhône, depuis Dijon et Besançon jusqu’à Viviers.

Température. — Elle est en moyenne de 11». Les différences entre les moyennes de l’été et de l’hiver y sont de 18°,6 dans les villes de Besançon, Dijon, Mâcon, Lyon, Vienne et Viviers et, par conséquent, aussi fortes que dans la région vosgienne. Mais les hivers y sont plus doux (moyenne, 2®, 5) et les étés plus chauds (moyenne, 210,3). C’est donc un climat continental tempéré^ tandis que le climat vosgien est un climat continental froid relativement aux autres climats de la France.

Pluie. — La quantité annuelle des eaux pluviales est supérieure à celle des autres régions de la France : 115 années d’observations faites à Dijon, Mâcon, Lyon, Bourg, Joyeuse et Viviers ont donné en moyenne ü“,946, répartis proportionnellement de la manière suivante :

Quantités relati%’es de pluies par saison.

Hiver 0™ ,20 j Été O™ ,23

Priutemps 0“,24 [ Automne 0™ ,34

Le long de la Saône, le nombre annuel des jours de pluie est de 120 à 130. Le long du Rhône, de Lyon à Viviers, il varie de 100 à 115. Si les pluies sont relativement rares, elles sont très-abondantes; ainsi, à Joyeuse, il tomba, le 9 août 1807, 0“,250, et le 9 octobre 1827, pendant un orage, 0“,792 de pluie en 22 heures, plus que dans toute une année à Paris.

Vents. — Les vents dominants sont ceux du nord et du sud. Ceux du sud-ouest et du nord-est sont assez rares, ce qui distingue nettement cette région des autres. Les vents du sud-est qui amènent la pluie sont la cause principale des débordements du Rhône.

Orages. — Cette région est une de celles où les orages sont le plus fréquents; leur nombre y oscille de 25

à 30 par année. Le climat vosgien est le seul qui présente une moyenne presque aussi élevée. Elle est aussi caractérisée par la fréquence et la violence des tremblements de terre et, sous ce rapport, elle ne peut être comparée à aucune autre région française.

Climat du midi, méditerranéen ou provençal. — Le plus nettement tranché de tous les climats français. Aussi de tout temps les météorologistes et les botanistes l’avaient-ils séparé des autres, avec lesquels il forme un contraste qui se traduit dans la végétation et les habitudes du pays. Viviers en forme la limite nord et il s’étend sur la Méditerranée en se modifiant un peu sous la corniche et vers le pied des Pyrénées.

Température. — La moyenne température de l’année est de 14",8 pour les villes d’Alais, Avignon, Marseille, Montpellier, Nice, Orange, Toulon et Perpignan (182 années d’observations). La température moyenne de l’hiver est pour ces villes, la dernière exceptée, G",5 ; celle de l’été, 22®, G ; différence, IG". Malgré la douceur habituelle des hivers de la Provence, le thermomètre y descend quelquefois fort bas et le Rhône y gèle environ deux ou trois fois par siècle. La moyenne des minima pour les villes d’Alais, Arles, Avignon, Hyères, Marseille, Montpellier, Orange et Nice est — 11®, 5 ; mais ces températures basses se produisent pendant les nuits presque toujours belles, et il est assez rare qu’il y gèle pendant le jour. La moyenne des maxima est 36",3. Les hivers les plus froids notés depuis le commencement de ce siècle ont donné à Marseille les résultats suivants :

Mminia de Marseille.

Pluie. — Une série de 273 ans d’observations a donné, pour la quantité d’eau pluviale annuelle, 0'",651. La distribution des pluies dans le cours de l’année est donnée à peu près dans le tableau suivant :

Quantités relatives de pluie par saison.

Hiver 0m,25 1 Été 0"»,U

Printemps 0“i,24 I Automne 0“s41

L’été y est donc une saison très-sèche, et cela ressort encore du nombre de jours de pluie qui y est très-faible ; il est pour toute l’année de 56. Par contre, les pluies torrentielles n’y sont pas rares.

Vents'. — La prédominance du vent du nord-ouest, ou mnçiùtral, mistral., caractérise le climat provençal. Sa violence est souvent extrême ; sa vitesse peut atteindre 20 mètres par seconde. Il déracine alors les plus gros arbres et enlève les toitures les plus solides. Sa violence n’est pas la même dans toute la région méditerranéenne. C’est dans la vallée de la Durance qu’elle est le plus forte, puis à Aix, à Arles; à Marseille et à Nîmes et Montpellier elle est déjà considérablement moindre.

Orages. — Leur nombre annuel est de 11 à 25; la plupart ont lieu le printemps et surtout l’été. Ils ne sont cependant pas très-rares en hiver.

; On a prétendu que le climat de la France devient de plus en .plus rigoureux, rien ne démontre une pareille assertion.

On a cité le fait de la rétrogradation des cultures vers ! le Midi ; c’est un simple résultat de l’élévation croissante I du prix du sol et de la facilité plus grande des transports.

I On no cultive plus l’oranger dans la plus grande partie du Languedoc, parce que l’on trouve ailleurs des oranges meilleures et à plus bas prix, transport compris, et que l’on a trouvé à utiliser d’une manière plus profitable les terrains occupés par les orangers. Les oliviers disparaîtront peu à peu à leur tour en beaucoup de points qu’ils occupent aujourd’hui. Que le climat de la France passe par des périodes plus froides ou plus chaudes, il en est ainsi de tous les climats ; mais nous ne sommes certainement pas actuellement dans une des périodes les plus rigoureuses.

CLIMATÉRIQUE (Année) (Hygiène), du grec klimactér., degré, et au figuré crise. — Ce mot signifie donc véritablement année critique, et c’est bien là la signification que tous les auteurs lui ont donnée. La doctrine des an-

nées climatériques, qui paraît remonter jusqu’aux Ghaldéens, a longtemps régné dans les écoles. Suivant les uns, c’étaient toutes les années de la vie qui étaient des multiples de 7 ; d’autres ont admis comme telles celles qui étaient le produit de la multiplication de 7 par un nombre impair. Un grand nombre ont séparé les années climatériques par un intervalle de neuf ans, et d’après cela la soixante-troisième année, qui est à la fois un multiple de 7 et de 9, a été considérée comme la grande climatérique; elle inspirait une telle frayeur, qu’on lui donnait les noms les plus singuliers ; ainsi c’était la pernicieuse, la fatale, etc. Parmi celles de la période par 9, on regardait comme dangereuse la quatre-vingtunième; puis une des plus redoutées était la quaranteneuvième, etc. On pensait dans les écoles que ces périodes qui séparaient les années climatériques étaient nécessaires pour le renouvellement de toutes les parties du corps et qu’il ne restait plus rien de celles dont il était formé auparavant. Nous n’avons pas besoin de dire qu’il ne reste plus rien de cette doctrine dans nos écoles modernes, quoique cependant on ait conservé le nom de cr^tiques ou àe. climatériques à certaines époques de la vie ; ainsi la puberté, l’âge critique des femmes, etc. F — n.

CLIMATOLOGIE. — Branche de la météorologie : elle embrasse l’étude de toutes les causes qui constituent et caractérisent les divers climats, et exercent une influence si marquée sur les genres de culture qui leur conviennent, sur la nature des maladies qui y prédominent et les soins hygiéniques qu’il convient de leur opposer (voyez Météorologie, Climats).

CLINANTHE (Botanique), du grec klinê, lit^ anthos fleur. — Terme de botanique qui sert à désigner le sommet dilaté et chargé de fleurs d’un pédoncule commun simple. C’est principalement pour les plantes si nombreuses de la famille des Composées que de Mirbel a créé cette expression. Le clinantheest plane dans la matricaire, l’achillée ptarmique, l’achillée millefeuille. Il est convexe dans le carthame tinctorial, la marguerite des prés ; conique dans la pâquerette, la camomille d' s champs. Il présente souvent à sa surface des poils, des soies, des paillettes ou des alvéoles ; quelquefois il est nu comme dans le pissenlit, l’armoise, etc., etc. G — s. r.

CLINIQUE (Médecine), du grec cliné, lit. — On appelle clinique l’enseignement médical fait au lit môme des malades. Cet enseignement fut le seul dans les premiers temps de la médecine ; Hippocrate et môme ses prédécesseurs n’eurent pas d’autre école : mais lorsque ce grand homme, par ses écrits, eut fait de la médecine un corps de doctrine, on oublia les voies lentes et difficiles par lesquelles il était arrivé avec tant de succès ; et après lui on se jeta dans les discussions scolastiques, dans les théories spéculatives; on négligea alors l’observation et la médecine clinique. Depuis ces époques reculées, des siècles se sont écoulés, et ce n’est qu’au xvii® siècle que les études cliniques, recommandées du reste par quelques auteurs, ont enfin revu le jour. Sylvius de laBoë, Guill. Straten,Otho Heurnius, eurent la gloire d’inaugurer cet enseignement vers 1650; Boerhaave vint ensuite vers le commencement du xviiie siècle; mais ce fut Van Swieten qui fonda véritablement la première clinique, à Vienne, vers 1750. Desbois de Rochefort est le premier qui ait fait de l’enseignement clinique en France, où il reçut enfin une organisation spéciale à la création des écoles de médecine; Corvisart son élève, Pinel et Desault lui donnèrent tout de suite un vif éclat. Aujourd’hui, la Faculté de médecine de Paris a huit chaires de clinique, dont quatre médicales, trois chirurgicales et une d’accouchement, sans compter au moins autant de cliniques particulières sur toutes les parties de l’art de guérir.

CLINTONIE (Botanique), Clintonia, dédié par Douglas à de Witt Clinton, gouverneur de New-York, président des États-Unis. — Genre de plantes de la famille des Lobéliacées, type de la tribu des Clintoniées . Son fruit est une capsule à 3 angles et s’ouvrant en 3 valves. Les espèces de ce genre sont des herbes annuelles, à feuilles et à fleurs sessiles. La C. élégante (C. elegans, Lindl.), originaire de la Californie, et ia G. gracieuse (C. pulchella, Lindl.), ont les fleurs d’un beau bleu avec une tache centrale jaune. L’une a la corolle de la longueur des lobes du calice, tandis que la corolle de l’autre dépasse ces lobes.

CLIQUET (Mécanique). — Pièce de fer mobile autour de l’une de ses extrémités, et dont l’autre, amincie et légèrement recourbée, vient appuyer sur les dents d’une roue à rocket (roue à dents obliques). Celle-ci peut alors tourner librement dans un sens, chaque dent soulevant

GLO

Je cliquet quand elle passe ; mais si on veut la faire tourner en sens contraire, le cliquet s’engageant entre deux dents s’oppose à ce mouvement. La roue à rochet et son cliquet forment V encliquetage. L’encliquetage est fréquemment employé en mécanique. Les treuils , cabestans, grues, etc., en sont presque tous munis ; c’est également un encliquetage qui s’oppose à ce que le grand ressort Fig. 573.-ciiquet. d’ 11116 montre ou pendule se déroule par l’extrémité par laquelle on vient de le tendre ou monter.

CLITORIE (Botanique), Clitoria, Lin., du grec klei~ toris, allusion faite à la forme de la fleur, mot dérivé de kleiô, je ferme. — Genre de plantes de la famille des Papilionacées, tribu des Phase'olées. 11 comprend généralement des herbes des pays chauds, à gousse linéaire comprimée. La C. de Ternate {C. ternatea. Lin. ; Ternàtea vulgaris., Humb., Bonpl. et Kunth.) est une trèsjolie espèce comme plante d’ornement. Ses tiges volubiles sont un peu pubescentes. Ses feuilles sont à 5-7 folioles, et ses fleurs sont d’un beau bleu avec une tache blanche. Cette espèce croît aux Moluques (particulièrement dans nie de Ternate), à Cuba, et même en Arabie. Les Indiens obtiennent de ses fleurs une matière colorante bleue, avec laquelle ils teignent différentes substances alimentaires. Traitée par l’eau vinaigrée, cette couleur sert aussi à teindre la toile. G — s.

CLIVAGE (Minéralogie), de l’allemand /c/ce^ew, fendre. — Il existe dans les cristaux certains sens où la cohésion des molécules est plus faible que dans tous les autres ; il suffit alors d’un faible effort pour opérer la division immédiatement d’une manière nette et suivant un plan naturel qui forme la surface de rupture. Cette séparation, à laquelle on donne le nom de clivage., est loin d’être aussi facile dans tous les cristaux; mais il en est quelques-uns qui possèdent cette propriété à un trèshaut degré. Nous citerons en première ligne le gypse, le mica, le carbonate de chaux. Ce fait s’explique aisément dans l’hypothèse d’un réseau cristallin (voyez Cristal) et a contribué particulièrement à faire naître cette hypothèse. On est porté à croire que les fissures suivant lesquelles s’opère le clivage ne sont pas produites par l’action mécanique môme qu’exerce l’opérateur, mais qu’elles préexistent réellement dans le cristal. Cette hypothèse conduit à admettre la possibilité du clivage dans tous les cristaux, bien que beaucoup d’entre eux ne puissent subir le clivage dans aucun sens. En tous cas, un minéral clivable est toujours cristallisé et ne se laisse jamais cliver que dans un nombre assez restreint de directions.

Procédés de clivage. — Pour cliver un minéral, on emploie plusieurs procédés. Quand le cristal est facilement clivable, comme le gypse, il suffit d’appuyer la lame d’un couteau dans le sens convenable pour détacher des feuillets de clivage. Il faut surtout remarquer la netteté et le poli des plans que l’on obtient; on les nomme plans de clivage. En répétant convenablement l’opération, on détache des lames de plus en plus minces, et si l’on se sert d’un scalpel fin, les feuillets que l’on forme n’ont plus que quelques millièmes de millimètre d’épaisseur. Le mica se prête parfaitement à cette expérience. L’esprit conçoit ainsi l’idée d’une division de cette espèce poussée à l’infini; mais cependant il faut admettre une limite, celle où le feuillet obtenu n’aurait plus que l’épaisseur d’une molécule et ne serait autre chose que le réseau cristallin élémentaire lui-même. Aucun de nos instruments n’est assez fin pour séparer réellement un feuillet d’une épaisseur moléculaire. Quand la substance ne se laisse pas cliver aisément, on place le minéral dans les mâchoires d’un étau et on appuie sur la partie laissée libre un ciseau que l’on frappe légèrement avec un marteau ; si la direction dans laquelle agit le ciseau est celle d’un clivage, il y aura ordinairement séparation. Quand le corps possède un assez grand nombre de clivages faciles, il suffit souvent de frapper sur le cristal avec un marteau pour qu’il se partage en morceaux dont les faces seront formées par des plans de clivage. Le spath d’Islande, la galène, la fluorine se clivent par ce moyen. Quand le cristal est très-résistant, on parvient seulement par ce procédé à V étonner., c’està-dire à faire naître des fissures dans le sens des clivages. Quelquefois enfin le marteau ne donne que des indices de clivage ; il n’y a pas de véritables fissures, mais seulement un commencement de séparation constaté par des rellets ou des irisations que l’on voit se produire à

l’intérieur du cristal et qui indiquent l’existence de lames de moindre cohésion. La trempe ou l’immersion du minéral chaufié dans l’eau froide est quelquefois employée pour le môme effet ; le quartz n’est nullement clivable par les procèdes ordinaires ; quand on le casse, on n’obtient qu’une cassure vitreuse irrégulière. Mais la trempe de ce minéral fournit les indices de trois clivages qui mettent en évidence la structure rhomboédrique de ce corps.

Solide de clivage. — Quand on réunit tous les clivages possibles dans une espèce cristallisée, on observe que l’ensemble de ces plans forme un solide qu’on appelle

Exemples de solides de clivage ou noyaux.

solide de clivage. Hany lui donnait le nom de forme primitive ou de noyau ; elle se montre toujours la môme dans un môme corps, et, si le minéral a une forme cristalline extérieure définissable, le solide de clivage est toujours un solide élémentaire du système cristallin dont la forme extérieure du cristal fait partie. Les faces de clivage sont toujours parallèles à une face d’une des formes de ce système.

Importance minéralogique du clivage. — Dans une môme substance minérale les clivages se montrent plus ou moins faciles suivant leurs directions. En général, quand la facilité de clivage n’est pas la même, les faces de ces clivages diffèrent par l’éclat, la coloration des reflets, le degré de netteté, etc. Le nombre et la nature des clivages se relient d’ailleurs avec les caractères géométriques du système cristallin auquel le minéral emprunte ses formes. Ainsi le talc, le mica ne possèdent qu’un seul clivage. Ces corps affectent la forme de prismes, et c’est parallèlement aux bases de ces prismes que se fait le clivage. Mais cette division unique ne s’observera jamais dans le système cubique, où la régularité des formes produit toujours un nombre assez considérable de faces < géométriquement semblables, parallèlement auxquelles peuvent être effectués des clivages dans plusieurs directions. Il est donc évident que les clivages doivent figurer ■ parmi les caractères qui font reconnaître le système cristallin auquel appartient une substance minérale et con- i duisent à déterminer l’espèce de cette substance. L’ob- ,i servation du nombre et de la disposition des clivages ! permet en outre, dans beaucoup de cas, de distinguer i une espèce minérale d’autres espèces qui en sont très- ' voisines. Ainsi le feldspath orthose et le feldspath albite, qui lui ressemble beaucoup, se reconnaissent au nombre ; différent de leurs clivages. Quatre minéraux très-répan- . dus et fort semblables se reconnaissent également à leurs clivages différents de nombre ou de disposition ; ce sont t ; l’amphibole, le pyroxène, l’hyperstène et le diallage. L’é- ' tilde des clivages est donc à la fois un élément essentiel i de la connaissance des formes cristallines et de la constitution moléculaire des minéraux et un guide utile i dans la détermination des espèces minéralogiques.

CLOAQUE (Anatomie comparée). — On nomme ainsi chez les Oiseaux., la cavité commune qui précède l’anus ,j et où viennent s’ouvrir en môme temps, l’extrémité infé- t rieure de l’intestin, les uretères qui y amènent l’urine, et , le canal qui conduit les œufs au dehors. Voilà pourquoi a, les oiseaux semblent ne pas uriner, parce queseinêlant } aux matières excrémentitielles qui viennent de Tintes- j tin, l’urine est rejetée avec elles au dehors. La même , conformation anatomique existe encore dans Tordre des ; Monotrèmes {Mammifères),ùxa^ les Reptiles, les Batra- } ciens et un grand nombre de Poissons.

CLOCHE (Pathologie'. — On donne vulgairement ce nom à une petite tumeur formée par Tépiderme soulevé it et remplie de sérosité (voyez Ampoule, Phlyctène). En | vétérinaire., on appelle ainsi quelquefois la cachexie îs aqueuse du mouton ou du bœuf, dite aussi Pourriture- (Voyez Cachexie aqueuse). Cloche à plongeur. — Voyez rj au Supplément. ■

CLOCHETTE (Botanique). — Nom que Ton applique i

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