SUBSTANCES LIQUIDES
(Épaisseur, 9““,21. — Une lame de verre de glace de même épaisseur donne 53.)
Liquidés incolores
Eau distillée 11
Alcool absolu 15
Ether sulfurique 21
Sulfure de carbone. ... 63
Essence de térébenthine. 3 1 Acide sulfurique pur... 17
— nitrique pur 15
Dissolution de sel marin. 12
— d’alun 12
— de sucre. . . . 12
— de potasse. . 13
— d’ammoniaq. 15
Liquides colorés
Huile de noix (jaune)... 31
— de colza (jaune).. 30
— d’olive (jaune ver-
dâtre) 30
— d’œillet (jaunâtre) 26 Chlorure de soufre (rouge
brun) 63
Acide pyroligneux (légèrement brun) 12
Blanc d’œuf (légèrement jaune) 11
CORPS CRISTALLISES
(épaisseur, 2““, 62. — Un verre de glace d’égale épaisseur donne 62).
Incolores
Sel gemme 92
Spath d’Islande 12
Cristal de roche 57
Topaze du Brésil 54
Carbonate de plomb 52
Borate de soude 28
Sulfate de chaux 20
Acide citrique 15
Alun de glace 12
Colorés
Cristal de roche enfumé
(brun) 57
Aigue marine (légèrem,
bleue)...., 29
Agate jaune 29
Tourmaline verte 27
Sulfate de cuivre (bleu). 0
Ra.
DIATHERMANSIE, Diathermanisme (Physique). — Action élective exercée par les corps diathermanes sur la chaleur rayonnante qui les traverse, et en vertu de laquelle certains rayons de chaleur peuvent traverser plus ou moins librement ces corps, tandis que d’autres sont arrêtés par eux. Cet effet est semblable à celui que les corps colorés exercent sur la lumière, ce qui la fait désigner sous le nom de Thermochrdisme (voyez Chaleur rayonnante).
DIATHÈSE (Médecine), du grec diathésis^ disposition du corps. — Ou entend par ce mot une disposition en vertu de laquelle plusieurs organes, ou plusieurs systèmes d’organes, sont à la fois ou successivement le siège d’affections de même nature, quelquefois même sous des apparences diverses : ainsi les diathèses scorbutique et scrofuleuse peuvent produire dans divers organes , des lésions différentes, dues à une seule et même cause et qui peuvent céder au même traitement. On peut admettre d’après cela autant de diathèses qu’il y a de maladies capables de se montrer dans plusieurs parties à la fois ou successivement, sous l’influence d’une cause commune qui ne sera pas une cause externe, de telle sorte que si les mêmes affections se montrent sans cause évidente, on dira qu’elles sont dues à une disposition particulière, à une diathèse qui sera dite scrofuleuse, inflammatoire, rhumatismale, cancéreuse, dartreuse, scorbutique, etc. Le mot de diathèse n’a pas toujours été pris dans le sens que les modernes lui ont donné ; pour la plupart des auteurs , c’est ou une prédisposition à une espèce particulière de maladie, ou bien un état intermédiaire entre la santé et la maladie; Galien l’a employé comme synonyme du mot habitus^ habitude extérieure, ' manière d’être. F — n.
DIATOME (Botanique), Diatoma^ de Cand.; du grec dia, en travers, et temneïn^ couper. — (îenrede plantes Cryptogames amphigènes, de la classe des Algues, type de la tribu des Diatomées; il renferme une douzaine d’espèces qui habitent les eaux douces et la mer. Ces plantes se
composent de filaments simples, fragiles, divisés transversalement en articles; à une certaine époque, ces articles^ se désunissent et n’adhèrent plus entre eux que par leurs angles opposés. Ils représentent ainsi la figure de zigzag. Ces plantes sont brillantes à l’état frais et forment sur les plantes aquatiques un duvet ferrugineux qui devient âpre et pulvérulent par la dessiccation. On en connaît une douzaine d’espèces habitant les eaux douces ou la mer ; on rencontre fréquemment dans les eaux douces la D. flucculeuse (D. flocculosum, Ag.).
DIATOMÉES (Botanique). — Tribu de plantes Cryptogames, de la classe des Algues^ famille des Fucacées, établie par de Candolle {Flore franc., t. II) pour des genres à' Algues dont les corpuscules composants , munis d’une enveloppe siliceuse nommée cuirasse, diaphane, fragile, formée de silice pure, renferment une sorte de mucilage de couleur jaune plus ou moins foncée, ne se déforment pas par la dessiccation et peuvent môme subir une calcination assez forte. M. Ehrenberg, qui désigne les diatomées sous le nom de bacUlariées, a découvert que la substance connue dans les arts sous le nom de tripoli était constituée par des enveloppes de diatomées fossiles extrêmement abondantes dans plusieurs contrées de l’Europe. L’Ardèche en possède un gisement important. On a calculé que 0“®,00l de tripoli pouvait représenter environ 2 000 millions d’individus.
DICÉE {ZeoXogie), Dicæum, Cuv. — Genre ééOiseaux, de l’ordre des Passereaux, famille des Ténuirostres; caractérisé par un bec presque aussi long que la tête, trèsfinement dentelé à la pointe, large et triangulaire à la base; ailes obtuses et queue médiocre. La taille de ces oiseaux est généralement petite (0“,09, par exemple) et leur plumage varié de rouge, de noir, de jaune. Ils habitent les archipels de l’Asie et de l’Océanie. Ce genre a été placé par Cuvier auprès des Sucriers ; on peut le rapprocher aussi des Grimpereaux de nos pays.
DIGÉRÂTES (Zoologie), Diceras, Lamie; du grec dis, deux, et keras, corne. — Genre de Mollusques, de la classe des Acéphales, ordre des Testacés ou Lamellibranches, famille des Camacés.
Ce genre, très-voisin de nos Cames actuels, ne contient que des espèces éteintes , à coquille grande, irrégulière, à valves inégales, avec une dent cardinale très-épaisse appartenant à la grande valve. Les deux réunies simulent un peu une paire Fig. 774. — Dicérate, corne de bélier (fossile), de cornes. C’est dans
les couches du terrain nommé coral-rag par les Anglais que l’on trouve les dicérates; c’est près de Genève qu’elles furent observées d’aboi’d; on en trouve en France dans le département de la Meuse, près de Saint-Mihiel.
DIGHOBUNE (Zoologie), Dichobune, Cuv.; du grec dicha, séparément, et bounos, colline ; allusion aux tubercules distincts des dents molaires. — Genre de Mammifères fossiles, de l’ordre ùe?, Pachydermes, famille des Pachydermes ordinaires, très-voisin du genre Auoplotherium ; établi pour quelques espèces de petits quadrupèdes de l’étage tertiaire parisien, dont les dimensions n’excédaient pas celles du lièvre ou se tenaient même
au-dessous.
DICHORISANDRE (Botanique), Dichorisandra, Mik. ; du grec dis, deux fois; chorizo, je divise, et «nèr, mâle. — Genre de plantes Monocolylédones périspermées, famille des Commélynées, Caractères : calice à 3 sépales persistants; corolle à 3 pétales; 6 étamines disposées en 2 phalanges (d’où le nom du genre); ovaire à 3 loges; fruit conformé en une capsule accompagnée du calice charnu. Le D. à fleurs en thyrse (O. thyrsiflora, Mik.) est une plante herbacée vivace à feuilles lancéolées oblongues, à gaine entière, un peu ciliée. Ses fleurs, en grappes terminales, à rameaux hérissés, courts, ont les pétales d’un bleu magnifique et marqués de blanc à la base ; les anthères sont d’un beau jaune. Cette belle plante, originaire du Brésil, est souvent cultivée dans les serres chaudes en terre légère, où ses charmantes fleurs pr duisent un agréable effet.
DICHOTOME (Botanique), du grec en deux. — Terme qui désigne les organes des plantes
DIC
DIC
<3ivisés en deux parties dont chacune se bifurque en deux autres. La tige de la mâche et du gui offre deux bons exemples de dichotomie. Les feuilles sont dichotomes dans les cératophylles. Certaines inflorescences résultent souvent de la dichotomie des pédicelles. Ce cas est surtout fréquent dans la famille des Cary o'phy liées.
DICHOTOMIQUE (Méthode) (Botanique). — On désigne sous ce nom une méthode artificielle destinée à la détermination des espèces et où chaque groupe se subdivise uniquement en deux groupes subordonnés, de manière à ce que l’investigateur n’ait jamais à choisir qu’entre deux caractères pour reconnaître l’espèce qu’il étudie. Lamarck, dans sa Flore française, a donné un exemple célèbre de méthode dichotomique du règne végétal.
DICHROA (Botanique), Z)fcAro«, Loureiro ; du grec dis, deux, et chroa, couleur. — Genre de plantes devant sans doute être rangé dans la famille des Rosacées et établi par Loureiro pour une plante de la Chine et de la Cochinchine, le D. febrifuga. Leur. ; c’est un grand arbrisseau à rameaux étalés, à feuilles lancéolées et dont les fleurs groupées en corymbes ont la corolle blanche en dehors et bleue en dedans, ce qui justifie le nom du genre. Cette plante, selon Loureiro, aurait des propriétés fébrifuges très-prononcées.
DIGHROISME (Physique). — Propriété que possèdent certains corps transparents d’offrir des couleurs différentes, suivant qu’on les regarde sous une épaisseur plus ou moins grande. C’est ainsi par exemple que, si l’on verse dans un verre à expérience une dissolution de chlorure de chrome, la partie inférieure où l’épaisseur est moindre paraîtra verte, tandis que la partie supérieure a une teinte brune passant au rouge. La teinture de tournesol offre un phénomène analogue : bleue sous une épaisseur considérable, elle paraît rouge violacé en lames minces. En réalité, toutes les substances transparentes et colorées sont dichroïques, c’est-à-dire que leur teinte change avec l’épaisseur ; mais on n’en observe que rarement des modifications aussi nettes que celles que nous venons d’indiquer ; le plus ordinairement, c’est une variation continue plutôt de l’intensité de la couleur que de la couleur ellemême.
Le dichroïsme est une conséquence très-simple de l’absorption différente et spéciale à chacun d’eux, qu'éprouvent, en traversant les milieux, les différents rayons qui composent la lumière blanche. Si tous ces rayons éprouvaient une perte égale, le faisceau de lumière blanche ne serait altéré que dans son intensité et, par suite, le milieu transparent serait incolore ; mais comme il n’en ■est pas ainsi, et qu’à chaque épaisseur nouvelle traversée la proportion des rayons élémentaires change à cause de leur absorption inégale , il s’ensuit que la teinte du faisceau émergent variera elle-même avec l’épaisseur traversée. Supposons, par exemple, que, pour le clüorure de chrome déjà cité, l’absorption pour une certaine épaisseur, soit de 0,1 pour le rouge et 0,5 pour le vert; si l’on suppose, en outre, que la lumière blanche renferme 200 rayons rouges et 3000 rayons verts, après une première absorption, il restera :
Rayons rouges 108
Rayons verts 1 500
d’où l’on voit qu’après la première transmission, le vert dominera et à cause du nombre de ses rayons et parce que son éclat est supérieur à celui du rouge. Mais après cinq autres transmissions pareilles, on trouve qu’il devra rester dans le faisceau :
Rayons rouges 106
Rayons verts 43
Ce qui nous montre qu’à ce moment la teinte rouge dominera et deviendra de plus en plus pure, à mesure que l’épaisseur augmentera. On voit qu’une explication analogue peut être étendue à tous les cas de dichroïsme. 11 existe une substance minérale où ce phénomène est trèsmarqué, ce qui lui a fait donner le nom de dichroïte (voyez Cordiérite) . P. p.
DICLINE, Diclinie (Botanique), du grec dis, double, et klinè, lit. — Linné a dénommé ainsi des plantes à Heurs unisexuées monoïques ou dioïques et dont, par conséquent, les organes sexuels ont deux sièges différents. Le nom de Diclinie appartient à la quinzième et dernière classe de la méthode naturelle de Jussieu, comprenant des plantes dicotylédones apétales diclines et subdivisée, en cinq ordres : les Euphorbes, les Cucur- W.aeées, les Orties, les Âmentacées et les Conifères. A
l’exemple d’Ad. de Jussieu, les Dicotylédones diclines sont généralement réparties par les botanistes modernes parmi les Dicotylédones apétales ou les monopétales.
DIGOTYLÉDONÉES ou Dicotylédones (Botanique). — On donne ce nom aux plantes qui composent l’un des trois grands embranchements du règne végétal, et ce nom rappelle que l’embryon contenu dans leurs graines porte le plus généralement deux cotylédons (rarement un plus grand nombre). Voici les caractères à l'aide desquels on distinguera facilement une plante dicotylédone d’une plante monocotylédone (voyez ce mot). La tige ligneuse est composée de : 1° à l’extérieur, une enveloppe de tissu cellulaire qui est Vécorce, disposée par couches dont les plus jeunes ou liber sont en dedans des plus anciennes ; 2° d’une moelle située au centre, composée de cellules arrondies ; 3“ d’un corps ligneux ou bois, intermédiaire entre la moelle et l’écorce, disposé par couches dont les plus jeunes et les plus molles, nommées aubier, sont en dehors des plus anciennes et des plus dures qui constituent le bois parfait. Quand on fait une coupe transversale d’une tige dicotylédone ligneuse, on voit aussi que toutes les couches de bois et d’écorce sont disposées en cercles concentriques autour de la moelle centrale, et on distingue des lames de tissu cellulaire séparant les fibres ligneuses parallèles et longitudinales. Ce sont les rayons médullaires dont les tiges monocotylédones sont dépourvues. Les feuilles des plantes dicotylédones ont en général un limbe à nervures divergentes sous des angles prononcés, ce qui est rare dans l’embranchement des monocotylédones, où les nervures sont presque toujours parallèles. Lesfleursdesdicotylédonées ont ordinairement un calice, une corolle, des étamines et des pistils distincts, et ces parties sont en général au nombre de cinq et ses multiples ou de quatre et ses multiples, tandis que, dans les monocotylédones, dominent le nombre trois et ses multiples. Enfin, le caractère le plus fixe de cet embranchement est l’existence dans l’embryon de 2 cotylédons opposés ou quelquefois de plusieurs cotylédons verticillés. A.-L. de Jussieu partageait l’embranchement des Dicotylédones en quatre subdivisions : les Apétales, les Monopétales, les Poly pétales, les Diclines. Ces dernières formaient la quinzième classe, Diclinie; les trois autres divisions étaient, d’après l’insertion épigyne, périgyne ou hypogyne des étamines, partagées en classes dont le nombre total, pour ces trois divisions, était de dix : 1“ Dicot. apétales, 3 classes : Epistaminie, Péristaminie, Hypostaminie ; 2“ Dicot. monopétales, 4 classes : Hypocorollie, Péricorollie, Epicorollie synanthérie, Epicorollie chorisanthérie ; Dicot. polypétales, 3 classes : Epipétalie, Hypopétalie, Péripétalie, Dans la classification de M. Brongniart, les dicotylédonées sont divisées en deux sous-embranchements : P les Angiospermes, et 2" les Gymnospermes. L’un se subdivise en deux séries : (« les Gamopétales ou plantes à corolle d’une seule pièce; les familles qui les composent sont classées suivant l’insertion des étamines et de la corolle; exemple \ périgynes: Gomposées, Campanulacées, Rnbiacées; hypogynes : Borraginées, Solanées, Labiées, Primulacées; Dialypétales ou plantes à corolle composée de plusieurs pièces ou nulle; les familles qui les composent sont également divisées en hypogynes ; exemple : Grucifères, Qt périgynes ; exemple : Rosacées. L’autre sous-embranchement ne comprend que deux classes, les Conifères et les Cycaddidées. L’embranchement des Dicotylédones contient beaucoup plus d’espèces et environ six fois autant de familles que celui des Monocotylédones. G — s.
DIGRANE (Botanique,) Dicranum, Iledwig ; du grec dicranos, fourchu. — Genre de plantes Cryptogames acrogènes, de la famille des Mousses, formant sur la terre et les rochers des plaques gazonnantes, parla réunion de nombreux individus d’une môme espèce. On en connaît quatre-vingt-dix espèces dont un grand nombre sont européennes. Ce genre est le type de la tribu dt?>Dicranées, ordre des Acrocarpes de M. Montagne.
DIGRANURE (Zoologie), Dicranura, Latr. ; du grec dicranos, fourchu, et oura, queue. — Genre d'insectes, de l’ordre des Lépidoptères, famille des Nocturnes, tribu des Bombyeites, section des Aposures. Ces papillons nocturnes n’ont rien de remarquable, mais leurs chenilles ont un corps renflé dans sa partie antérieure, effilé en arrière, avec le second avant-dernier anneau élevé en pyramide et le dernier armé d’une double queue semblable à une paire de cornes. C’est au moyen de cette double queue qu’elle écarte les mouches et les ichneumons qui^viennent se placer sur son dos pour la piquer et déposer