EVI
EVANIALES (Zoologie), Eveniales Latr.— Tribu à' Insectes à.Q l’ordre des Hyménoptèi^esJdccailXe.dLQ^Pu'pwores. Ils ont des antennes sétacées de treize ou quatorze articles; des mandibules dentées; les pattes postérieures longues, à tibias renflés ; les ailes courtes, veinées ; l’abdomen est porté sur un pédicule distinct, inséré très-haut sur le thorax, en sorte que l’insecte semble mutilé. A la suite de l’abdomen vient un corps ovale très-comprimé, plus petit que la tête. Ils sont généralement noirs et petits, et leurs larves vivent en parasites sur d’autres insectes. Cette tribu comprend les genres Fœne, Evanie, Pélécine, Aulaque^ Paxy Hommes.
EVANIES {les) (voyez Evaniales) se distinguent par des antennes coudées, un abdomen très-petit, comprimé, pédiculé brusquement à sa naissance. VE. appendiy astre., du midi de la France, et de l’Europe, longue de 0“,009 est entièrement noire. VE. naine., beaucoup plus petite,
Hps pnvirnns rip
EVANOUISSEMENT (Médecine), du latin evanescere, s’évanouir. — Ce mot est synonyme de lipothymie et (Voyez ces mots).
EVAPORATION (Chimie). — Transformation d]un liquide en vapeur au contact de l’air. L’évaporation se fait à la surface même du liquide, ce qui la distingyue de l’ébullition ; elle est généralement très-lente, au moins pour l’eau, mais sa rapidité peut être accrue dans des proportions considérables. Dans le vide, l’évaporation serait instantanée; la présence de l’air, loin de la produire, lui fait obstacle. La couche d’air, immédiatement en contact avec le liquide, se charge promptement de vapeur; mais, pour qu’une nouvelle vapeur puisse se former, il faut que la première se soit infiltrée entre les particules du gaz et ait quitté la surface. C’est cette diffusion qui est lente et que l’on peut favoriser par l’agitation de l’air. L’évaporation est d’autant plus rapide, que l’air est plus agité. Elle l’est d’autant plus encore, que l’air au milieu duquel elle a lieu contient moins de vapeur, ou qu’il est plus sec et qn’il pourrait en contenir davantage, ou qu’il est plus chaud. L’élévation de température du liquide accélère son évaporation qui devient d’autant plus active, que le liquide est plus près de son point d’ébullition. Aussi, l’éther, qui bout à une température très-basse, disparaît-il très-rapidement. Enfin, l’évaporation croît avec l’étendue de la surface par laquelle elle a lieu.
Toute évaporation donne du froid (voyez Froid [Som?’-
ces de)'].
EVAUX (Médecine, Eaux minérales). — Petite ville de France (Creuse), arrondissement et à 23 kilomètres N.-E. d’Aubusson, où l’on trouve huit sources minérales sulfatées sodiques; température, 26® à 55® centigrades. Elles contiennent entre autres sels Os*', 71 de sulfate de soude, os*", 16 de chlorure de sodium, Os'',ll de bisilicate de soude. Employées surtout dans les rhumatismes chroniques. Il y a un établissement bien tenu.
EVENT (Zoologie). — On donne ce nom à une disposition particulière des narines qui caractérise la famille des Mammifères cétacés nommés Souffleurs; ce’ nom est précisément dù à la faculté que leur donne la disposition dont il s’agit de rejeter l’eau par un ou deux orifices situés à la face supérieure de la tête (voyez Cétacés, Baleine, Souffleurs.
On donne encore le nom di'évent à un petit appareil propre à l’introduction de l’eau dans les cavités olfactives, qui se voit à la face supérieure de la tête des raies et de plusieurs poissons du genre Squale.
ÉVENTAIL (Sciences naturelles). — Nom donné à quelques espèces d’animaux ou de plantes d’après leurs formes étalées en,secteur circulaire ; on peut citer, parmi les animaux ; Y Eventail., poisson, du genre Coi'yphène; une coquille du genre Vénus; 1’^. de mer, espèce de Polypier du genre Antipaihe. — Parmi les plantes : le Palmier éventail ou Palmier nain (voyez Palmier).
EVIAN (Médecine, Eaux minérales). — Petite ville de France (Haute-Savoie), arrondissement et à 10 kilom. E.-N.-E. de Thonon, sur le lac de Genève. Il y a deux sources minérales bicarbonatées mixtes ; température, 12® centigr. Elles contiennent en moyenne, environ Ogï’,20 de bicarbonate de chaux et 0s’’,02 de bicarbonate de soude ; cette faible minéralisation ne peut expliquer l’efficacité de ces eaux, et nous rappellerons ici ce que nous avoES dit ailleurs que la chimie, malgré ses immenses services, ne rend pas compte de tout ce qu’il y I a dans les eaux minérales. En effet, il est bien prouvé qu’elles sont prescrites avec grand succès dans certaines affections chroniques du canal digestif et surtout des voies
urinaires : ainsi les gastralgies, les dyspepsies ; les catarrhes de la vessie, les coliques néphrétiques, etc. On les prend en bains et surtout en boisson sur place. 11 y a plusieurs beaux établissements,
ÉVOLUTION (Physiologie), du latin evolutio, développement. — Ce mot s’emploie souvent, dans l’histoire des êtres vivants, comme synonyme de développement. On a spécialement appliqué ce nom à une théorie de la production des êtres dans laquelle on suppose que tout être vivant existe en germe infiniment petit dans le sein de son parent avant le moment où il est engendré et que sa proditttion au monde est un simple développement par accroissement de ce germe préexistant. Cette théorie a eu un grand crédit jusque dans les premières années de ce siècle sous le nom de théorie de la préexistence des germes. On lui a opposé depuis la théorie de Yépigénèse (voyez Reproduction).
EVONYMUS (Botanique). — Voyez Fusain.
ÉVULSION (Chirurgie), du latin evello, j’arrache. — Mode d’opération chirurgicale qui a pour but d’arracher une partie quelconque du corps devenue corps étranger soit par suite d’une maladie, soit par l’action d’une cause externe. Ainsi on extrait les esquilles d’un os fracturé, les cils, les poils, les ongles, dans certaines maladies, etc.
EXACERBATION (Médecine), exacerbatio, action d’irriter, d’aggraver. — Ce mot désigne l’augmentation ou l’accroissement des symptômes d’une maladie (voyez Paroxysme).
EXANTHÈME (Médecine), du grec exanthema, efflorescence. — On appelle ainsi « une phlegmasie principalement caractérisée par l’accumulation morbide du sang dans les vaisseaux capillaires de la peau (sans développement persistant de papules, de pustules, de vésicules ou de tubercules), se terminant par résolution ou délitescence, et le plus souvent suivie de l’exfoliation de l’épiderme. Tels sont V érythème, la roséole, la rougeole, la scarlatine, Y urticaire. » (Rayer, Dict. de médecine.) Ce n’estguère que depuis Willan et Bateman que ce mot a pris une signification aussi précise : ainsi, dans Hippocrate, il n’a point un sens déterminé ; on y trouve confondus sous ce nom le lichen, la lèpre, etc.* Cette confusion s’est continuée jusqu’à nos jours, et M. Rayer, en donnant de ce groupe de maladies la définition que nous avons transcrite plus haut, n’a fait qu’adopter en grande partie la classification de Willan.
EXGÆCARIA (Botanique), Excœcaria, Lin.; du latin excœco, j’aveugle ; le suc laiteux de ces plantes produit une très- vive irritation dans les yeux. — Genre de plantes de la famille des Euphorbiacées, tribu des Hippomanées. Il comprend des arbres et des arbrisseaux de l’Asie et de l’Amérique tropicales. Leurs feuilles sont alternes, dentées ou crénelées. Leurs fleurs sont dioïques ou monoïques, disposées en épis axillaires. VE. sylvestre {E. sylvestra), nommé Calambac ou Bois d'aloès des Mexicains, est un arbre dont le bois brun-verdâtre et odorant sert à faire différents objets de marqueterie. VE. agalloche {E. agallocha. Lin.) est un arbre des Indes dont le bois, d’une saveur amère, répand, lorsqu’on le brûle, une odeur aromatique agréable, dont il ne donne aucun indice avant d’être brûlé; on le connaît sous les noms vulgaires de Bois d'aloès, B. â’agalloche, B. de Calambac. La plante fraîche contient un suc âcre à l’excès, dont l’action sur les yeux est capable, comme l’indique le nom du genre, défaire perdre la vue. Les noms vulgaires cités plus haut, se donnent aussi à d’autres plantes, ainsi à YAquilaire ( voyez ce mot.)
EXCENTRICITÉ. — Voyez Ellipse.
EXCENTRIQUES (Géométrie, Mécanique). — Les excentriques sont des organes qui servent à la transformation d’un mouvement circulaire continu en un mouvement rectiligne alternatif, et quelquefois à la transformation d’un mouvement circulaire continu en un mouvement circulaire alternatif.
Il n’y a guère de machine un peu compliquée qui ne renferme dans ses éléments un ou plusieurs excentriques. Cela vient de la commodité que présente l’usage de ces organes et de la continuité de l’action qu’ils servent à produire. C’est surtout grâce à leur emploi qu’on a pu construire ces machines si puissantes et si merveilleuses, qu’une fois lancées elles se passent presque de l’intelligence de l’ouvrier pour exécuter des travaux qui étonnent par leur précision et leur régularité.
Voici en quoi consistent généralement les excentrique.s destinés à transformer le mouvement circulaire en mouvement rectiligne alternatif. C’este un courbe solide
EXC
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Fig. 102Ü.— Excentrique en cœur.
tournant autour d’un axe O qui n’est pas au centre de figure. Si une barre G [fig. 102U) guidée à l’une de ses extrémités est appuyée par Vautre contre la courbe, il estclair que le mouvement de l’excentrique déplacera plus ou moins la barre, suivant que le point de l’excentrique où
la barre s’appuiera sera plus ou moins éloigné du centre; ainsi on voit très-bien d’après la figure que le maximum d’abaissement de la barre correspondra au point A, qu’elle s’élèvera successivement lorsqu’elle touchera les points u, J72, w, ?y pour atteindre son maximum d’élévation au point B.
L’excentrique seul ne produirait qu’un mouvement d’éloignement; pour que le mouvement soit alternatif, on se sert d’un ressort qui replace la barre dans sa première position ou la maintient toujours pressée contre l’excentrique.
Quelquefois cette force de ressort est puisée simplement dans le poids de la barre, lorsque cette barre est placée verticalement, ou bien dans l’action d’un autre excentrique qui commence à agir en sens inverse quand le premier finit.
Pour éviter des frottements trop considérables de l’extrémité de la barre contre l’excentrique , frottements qui exigeraient une plus grande dépense de force pour le jeu de l’appareil, on munit ordinairement l’extrémité de la barre de galets; le frottement est alors un frottement de roulement qui oppose une résistance beaucoup moindre.
L’étendue totale du mouvement rectiligne communiqué è la barre est évidemment la différence entre la plus grande et la plus petite distance du centre de l’axe au contour de l’excentrique. Il est évident que la nature du mouvement rectiligne produit, dépend de la manière dont varie la distance du centre de l’axe au point de contact avec la barre ; si cette distance varie rapidement, le mouvement sera rapide; si elle varie lentement, le mouvement sera lent. L’excentrique que représente notre figure est un excentrique en cœur. On voit aisément que pendant une révolution de l’axe, la barre exécutera un double mouvement dans le sens vertical. On pourrait, en employant une courbe à plusieurs branches, obtenir autant de périodes qu’on le voudrait pendant une révolution de l’axe ; mais il conviendrait dans ce cas, à cause de la rapidité môme du mouvement de la barre, de prendre des précautions spéciales pour éviter les chocs.
Il est facile de voir comment, étant donné le mouvement qu’on veut obtenir, la forme de l’excentrique qui le produira sera déduite par une construction géométri que très-simple.
Soit O le centre de l’axe de rotation de l’excentrique, et AB la position initiale de la barre à pousser, et sup-
posons que A', A", A"', etc., soient les positions que prendra le point A par suite du mouvement qu’on doit produire au bout des temps f , V\ i"’.
Admettons que ces temps soient des fractions connues du temps employé par l’axe à‘ faire une révolution entière, comme l’axe tourne d’un mouvement uniforme, l’ano-le que forme un rayon quelconque de l’excentrique' avec'^le rayon OA est proportionnel au temps qui s’écoulcj-a jusqu’à ce que ce rayon soit venu sur la direction OA. La connaissance de la vitesse angulaire de l’axe et celle des temps t'\ t"\ suffisent donc pour déterminer la position des rayons OA'j, OA"i, etc., de l’excentrique qui viennent au b:)iit des temps f , t'\ t"', etc., agir sur la
barre. La forme do l’excentrique sera par là même déterminée.
Supposons, par exemple, que le mouvement cherché soit unilbrme, qxid f {fig, 1022) soit la position extrême de A, que I axe fasse un tour entier en douze secondes; au bout d une seconde, l’axe a tourné du douzième de quatre angles droits, au bout de deux secondes de deux douzièmes, etc., et au bout de six secondes d’une demicirconférence; donc, à 1 instant initial, le rayon Om
Fig. 1022. — Conslruclion de l'excentrique à mouvement tiiiirorme.
faisait un angle de 30“ avec OA, le rayon On faisait un angle de G0“, Or un angle de 00“, etc. On trouvera donc la forme de l’excentrique en faisant en O avec OA, six angles égaux à 30», C0“ et en portant sur les côtés ainsi trouvés des longueurs égales à oa, ob^ oc, puis les joignant par un trait continu de forme courbe, afin d’éviter les angles. La figure ci-dessus montre la construction géométrique complète.
Nous n’avons ainsi qu’une portion de la figure de l’excentrique ; il est vrai que c’est toute la partie importante et utile, si l’excentrique ne doit tourner que dans un seul sens et qu’on pourrait, dans ce cas, compléter la courbe par un simple raccordement de figure quelconque. Mais, comme il est souvent utile que 1 axe puisse à volonté tourner dans un sens ou dans l’autre, on termine ordinairement la courbe AAjA2"A3par une partie symétrique, et la courbe prend alors la forme de courbe en cœur qui a fait donner à ces excentriques le nom d'excentriques en cœur.
En général, pour déterminer la forme exacte de l’excentrique, il faudrait considérer un plus grand nombre de points que nous n’en avons pris ; la difficulté n’en serait pas plus grande, le travail seul serait un peu plus long.
Quand la loi du mouvement de la barre est simple, la courbe de l’excentrique a une forme géométrique connue: par exemple, tous les lecteurs qui ont quelques notions de géométrie auront reconnu dans la courbe de l’excentrique destinée à produire un mouvement uniforme la spirale d' Archimède ; en effet, le rayon vecteur à partir du po'int O croît proportionnellement à l’angle qu’il fait avec la ligne OA, ce qui est la définition de la spirale d’Archimède.
Il arrive souvent que les pièces mises en mouvement par les excentriques, doivent avoir plusieurs périodes de repos pendant une révolution de l’axe. Gela se rencontre par exemple dans le jeu des tiroirs destinés à la détente de la vapeur. Dans ce cas on peut employer la disposition indiquée par la figure 1024. Le profil de l’excentrique est formé de parties correspondantes aux mouvements cherchés, et ces parties sont raccordées par des arcs de cercle ayant pour centre le centre même de l’axe B. Il est clair que pendant que la barre s’appuiera sur la portion circulaire, elle restera immobile puisque son extrémité sera constamment à la môme distance du centre de rotation.
On obtient le même résultat à l’aide de l’excentrique triangulaire {fîg. 1026). Cet excentrique est formé par une pièce triangulaire curviligne d’acier A, dont l’un des côtés, celui qui est opposé au centre du mouvement, est un arc de cercle concentrique à l’axe. Il suit de là que lorsque dans la rotation, ce côté glissera sur la partie supérieure ou inférieure du châssis qui supporte la barre, celle-ci sera immobile. Il y aura donc, dans une révolution de l’axe, deux intervalles de repos entre lesquels se trouvent deux périodes de mouvement en sens contraire
Une seule chose limite l’emploi de ces organes si importants, c’est qu’ils ne peuvent servir à mener des tiges rectilignes-que lorsque les pressions sont peu considéra-
EXG
EXC
'b!es, et que la vitesse est petite; car la pression du galet 1 contre la courbe et contre la rainure dans laquelle il roule amène des frottements considérables, surtout auy cliangoments de direction.
Fig. 10:3. - Excenlrique Fig. 1024. — Excentrique
à périodes de repos. triangulaire.
Souvent les excentriques destinés à mener les barres guidées sont adaptées d’une façon différente, qui est employée fréquemment dans les machines à vapeur.
L’excentrique ifig. 102G) est un cercle mobile autour d’un point K qui n’est pas son centre, et la barre à mener lui est rattachée par un anneau articulé à l’extrémité de cette barre et qui entoure le cercle, comme on le voit dans la figure ci-contre (voyez Bielle).
Enfin, les excentriques peuvent servir pour la transformation d’un mouvement circulaire continu en un mouvement circulaire alternatif.
•Un levier tournant autour d’un axe, et reposant par son poids sur un excentrique, recevra de cet excentrique un mouvement circulaire alternatif dépendant de la forme de cet excentrique, de la môme manière que le mouvement rectiligne alternatif qui serait produit par le môme organe. L’extrémité du levier pourrait être astreinte d’une manière quelconque à rester sur l’excentrique, et le résultat serait évidemment le môme.
En résumé, les avantages que présentent les excentriques proviennent de la continuité de leur action, continuité qui a pour effet la suppression ou au moins la diminution des chocs, ces causes trop fréquentes de perte de travail. D’un autre côté, on peut construire ces organes, lorsqu’ils sont simples, avec une telle solidité qu’ils offrent une assez grande résistance pour permettre de produire par leur aide des efforts très-considérables; tels sont ceux qu’on trouve dans ces immenses découpoirs auxquels nous faisions allusion au commencement de cet article (voyez, pour plus de détails, VEssai sur la corri' position des machines^ par MM. Lanz et Bétancourt). R.
Excentriqüe (Astronomie). — Les anciens considéraient le soleil et les planètes comme décrivant des cercles excentriques^ c’est-à-dire dont la terre n’occupait pas le centre. Ils se rendaient compte ainsi des principales irrégularités de leur mouvement, celles qu’on explique aujourd’hui par l’ellipticité des orbites planétaires (voyez Astronomie, Planètes).
EXCERNENDA (Hygiène). — Choses qui doivent être rejetées au dehors (voyez Hygiène),
EXCIPIENT (Matière médicale), du latin excipere, recevoir. — On appelle ainsi des substance destinées à donner à un médicament la forme, la consistance qu’il doit avoir pour être administré plus facilement à un malade. Les excipients peuvent être inertes; ainsi on peut très-bien donner du sulfate de quinine en pilules, en se servant pour excipient d’un extrait mou quelconque ou tout simplement de mie de pain. D’autres fois, les excipients
ajoutent aux propriétés du médicament principal leurs propriétés particulières; c’est ce qui arrive lorsque l’on prend pour excipient un extrait actif, comme les extraits de valériane, de gaïae, etc. Les excipients liquides portent généralement le nom de véhicules.
EXCISION (Chirurgie), du latin excidere, couper. — Nom par lequel on désigne le mode opératoire qui consiste à enlever des parties molles peu volumineuses, au moyen de l’instrument tranchant. L’excision se fait généralement avec le bistouri ou les ciseaux, suivant le vo lume, la nature des parties à retrancher et la position particulière qu’elles occupent; ainsi on fait l’excision d’une verrue, d’un polype, d’une petite tumeur quelconque, etc.
EXCITANTS (Médicaments) (Matière médicale). — On appelle ainsi les médicaments qui stimulent, excitent les tissus vivants et déterminent une augmentation d’activité marquée dans l’exercice actuel des fonctions auxquelles ils sont destinés. On leur donne encore le nom de stimulants. Ils sont très- nombreux, et on en fait un usage fréquent en médecine. Du reste, on les tire des trois règnes de la nature. Parmi les végétaux, la famille des labiées en fournit une grande quantité (sauge, romarin, lavande, mélisse, menthe, etc.). Viennent ensuite les ombellifères (semences d’anis, de fenouil, de coriandre, racine d’angélique, de persil, etc.). Parmi les plantes éditantes, on peut encore citer la rue (rutacées), la Sabine feupressinées) et un certain nombre de produits végétaux, tels que les baumes du Pérou, de Tolu, de
copahu, la térébenthine, le benjoin, la myrrhe, etc. La cannelle, la vanille, le poivre, le gingembre, les écorces d’orange, de citron, l’anis étoilé, etc., sont encore des substances stimulantes souvent employées dans les pharmacies et môme dans nos cuisines comme condiments. Nous n’oublierons pas non plus l’usage en thérapeutique du sassafras, du gaïae, du safran, de Tassa fœtida, de la valériane, de la noix muscade, etc.
Les substances animales douées des mêmes propriétés, que Ton peut joindre à cette courte énumération, sont le musc, le castoréum, Tambre gris.
Le règne inorganique ou minéral nous offre aussi un certain nombre de médicaments excitants; tels sont les oxydes de mercure, la fleur de soufre, le nitrate de potasse, Tacétate d’ammoniaque, etc. On doit aussi ranger dans ce groupe plusieurs eaux minérales, et surtout celles qui sont sulfureuses.
On a quelquefois confondu, à tort, les substances excitantes avec les toniques; en effet, les premières offient comme principes prédominants Thuile volatile, la résine, le baume, le camphre, Tacide benzoïque. Dans les autres, au contraire, les principes qui prédominent sont le tannin, Tacide gallique. Les substances excitantes exhalent une odeur marquée, aromatique ou pénétrante ; elles ont une saveur piquante chaude ou âcre. Les toniques, à peu près inodores, se distinguent en outre par une amertume très-intense.
Les médicaments excitants conviennent pour relever Tétiergic des mouvements organiques quand les fonctions
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paraissent languissantes, quand on veut augmenter l’activité d’un appareil organique ou imprimer une vive impulsion à l’économie animale. Leurs propriétés les placent entre les diffusibles et les toniques. F — N.
EXCORIATION (Médecine), du latin ex, hors, et corzwm, peau. — C’est une plaie superficielle de la peau. Elle peut être déterminée par les frottements d’un corps dur, raboteux, les coups d’ongles, la pression prolongée d’un poids sur quelque région du corps, l’équitation sur un cheval qui a le trot dur, etc. Lorsque l’excoriation ne se complique ni de contusion ni d’inflammation, elle consiste dans un simple enlèvement de l’épiderme qui laisse le derme à découvert, d’où résultent un léger écoulement sanguin, une douleur cuisante plus ou moins vive. Cet accident se guérit de lui-même, si l’on a soin d’empêcher le contact de l’air et des corps extérieurs, ce qui peut se faire au moyen d’un morceau de sparadrap ou de taffetas d’Angleterre. S’il y avait contusion, on aurait recours aux résolutifs ; aux émollients dans le cas d’inflammation.
EXCRÉMENTS (Chimie organique), du latin excernere.^ rejeter au dehors. — On nomme ainsi les matières inutiltB à la nutrition qui sont rejetées du corps des animaux parles voies digestives. Ce sont des matières solides accompagnées de gaz et parfois de liquides, comme chez les oiseaux, où l’urine versée dans la dernière portion du canal digestif sort mélangée aux résidus des aliments. On trouvera aux mots Digestion et Nutrition les notions nécessaires pour comprendre d’où proviennent les excréments et quelle est leur importance dans les phénomènes de l’alimentation ; je donne seulement ici quelques indications sur la nature des excréments chez l’homme et chez quelques animaux supérieurs.
Chez l’homme sain, les excréments ont la consistance d’une bouillie épaisse colorée par la bile en brun jau-
nâtre. Berzelius en a donné l’analyse chimique que voici :
Eau 73,3
Matières solubles dans l’eau : \
bi'e 0,9 1
Albumine 0,9 f
Matière extractive particulière, brune rou- > 5,7
geâtre 2,7 l
Carbonate de soude, phosphates de magnésie, '
de chaux ' 1,2 /
Matières non digérées 7,0
Principe bilieux altéré et principe animal particulier. 14,0 Traces de soufre, de phosphore, de silice, de sulfate de chaux »
M. Barrai en a donné plus récemment une analyse moyenne résultant de quatre expériences :
Eau 77
Matières organiques. 19
Matières minérales .... 4
Au contact de l’air, le soufre, le carbone, le phosphore des excréments humains absorbent de l’oxygène et donnent naissance à des corps acides; en môme temps, leur hydrogène s’unit à l’azote et produit de l’ammoniaque.
M. le professeur Chevreul a déterminé la nature des gaz qui accompagnent les excréments dans les intestins de l’homme; nous citerons une de ses analyses sur des gaz que Magendie avait extraits des différentesp arties des intestins, peu de temps après la mort, chez un supplicié de 28 ans, qui, 4 heures avant l’exécution, avait mangé du pain, du bœuf bouilli, des lentilles, et bu du vin rouge :