SUR
Paillot nomme indifféremment tenant» et iupports les animaux et los Hgures humaines, à la seule distinction qiie les supports sont toujours au nombre de deux, et qu*on les nomme tenants lorsqu'il n'y en a qu'un seul qui soutient l'écu.
C'est des tournois gu'est venu cet usage , parce que les chevaliers y faisaient porter leurs lances et leurs écus par des pages et des valets déguisés en ours, en lions, en sauvages, comme on le voit dans les anciens romans et dans les Mémoires d'Olivier de la Marche. Les tenants de ces tournois étaient obligés , pour ouvrir les pas d armes , de faire attacner leurs écus h des arbres ou h des ])oteaux sur les grands chemins, ou en certains lieux assignés, afin que ceux qui voudraient combattre contre eux allassent toucher ces écus. Ils mettaient d'ordinaire des nains, des géants, des sauvages, des Sarrasins, des monstres pour garder ces écus, avec un ou plusieurs hérauts d'armes pour prendre les noms de ceux nui viendraient y toucher pour le combat. C est de là qu'est venu à ces supports le nom de tenants.
Dans la feuille des armoiries de la comté de Flandre, il y a qnatre ours en pied oui portent d'une ()atte les bannières de Pamèle, Cisoing, Heyne et Boelare, et de l'autre, les casques avec les cimiers de ces quatre sei* gneurs.
L'an 13W, le premier jour de mai, Amédée VI de Savoie fit k Chambéry un tournoi célèbre,où deux grands lions, selon Paradin» gardèrent son ecu, attaché à un arbre.
Le chevalier Bayard , dans le tournoi de Carignan, prit deux licornes pour tenants de ses armes et pour gardes du pas. Ces lions et surtout ces licornes n'étaient à coup sQr que des hommes déguisés.
Le plus souvent, les animaux mêmes figurés dans les armoiries d'une famille t>ont devenus tenants et supports de ces mômes armoiries; toutefois, il n'est point encore de règles fixes à cet égard , comme on peut le voir par les quelques exemples suivant». Les maisons de Créquy, de Béthune, de la Rochefoucauld, d'Angennes, de Vignoles, de tvondy, etc., ont deux sauvages; celles de Luxembourg, de Luynes, de Rohan, de M:>lac, de Clermont-Tonnerre, de Crussol,de Souvré, de Portes, de Senneterre, de Roche- Turpiu, de Nassau, de Gavre, d'Espinoy, ont deux Kons; les rois de Portugal, deux dragons; Clèves, deux cygnes accolés d'une couronne. La maison d'Albret a doubles supports : deux aigles sur deux lions accroupis, la tête dans des casques; Espinay- Saint-Luc a deux licornes. Les ducs de Lorraine, les ducs d'Arscot et les maisons de Cessé , du Puy du Fou , Coligny , la Trémouille, ont deux aigles. Thouars, Beauffreluont, la Mark, du Bellay, Brichanleau, Saint-Gelais , Caumont, ont deux griffons ; Lamoignon a deux cerfs ailés ; Cluny , deux daiuisd'or; Naples,deux sirènes; Bretagne, du Cambout de Coislin , deux hermines ; iMUiiane, deux panthères; Grammont,Canil-
lac , Nicolaï , etc. , deux lévriers ; Millet , en Savoie, deux serpents.
Philippe Moreau avance sans fondement dans son Tableau des armoiries de Franee que les rois de France et les pHnces de leur famille peuvent seuls avoir des anges pour tenants de leurs armoiries. On en voit une infinité d'exemples très-anciens, particulièrement dans les églises où des maisons ayant d'ordinaire des aigles, des dragons ou des sauvages pour supports, n'offrent que des anges. Plusieurs ont même constamment des anges, telles que les Montmorency, les Chevriers en HÂconnais, les Monthiers, eu Orléanais^ Du reste il n^ eut jamais de rè-^ gle bien fixe pour les tenants et supports, et le P. Ménestrier avait vu les armoiries de l'amiral de Graville k Marconssy« à Dourdan, à Hilly, en Gâtinais, à Malesherbes en Beauce, et en beaucoup d'autres endroits, soutenues tantôt par deux lions, tantôt par deux griffons, tantôt par deux aigles, tantôt par deux anges, et tantôt par un seul.
Il y a des animaux que l'on met seuls, comme le lion, le dragon, le léopard, surtout l'aigle à une et à deux tètes à laquelle on fait tenir l'écusson entre ses serres.
Parfois les deux supports sont différents l'un de l'autre, ainsi les rois d'Angleterre ont à droite un léopard couronné, armé et lampassé d'azur, et à gauche une licorne d'argent, accolée d'une couronne, et attachée à une chatne d'or qui, passant entre les deux pattes de devant, retourne sur le dos. La maison d'OrgemoiU a un lion et un griffon, celle de Maiilé-Brezé un lion et un lévrier, parce que les Maillé-Brezé étaient comtes deMaulevrier ;Bourbonne un homme et une femme sauvages au naturel.
Il est arrivé à quelques-uns de prendre pour supports le corps même de leur devise: ainsi firent les rois Charles VI, Louis XII et François I", qui avaient pour devise, le premier un cerf ailé, le Second un porc-éçic, et le troisième une salamandre, qui devinrent les supports de leurs armoiries. Depuis Charles VI jusqu'à Louis XII, aucun roi de France n'ayant eu d'animaux pour devise, des cerfs furent les supports de leurs armoi^-
ries.
Quant aux ecclésiastiques, ils mettaient fréquemment des supports à leurs armoiries au XVI' siècle ; mais à partir du xvu% on n'en rencontre que bien rarement.
SCR-LE-ïOUï. — On nomme ainsi mn r^cusson posé sur un écarlelé : on lui donne en largeur deux parties et demie des sept do fa largeur de l'écu, et en hauteur trois parlies des huit. .
Le sur-le-tout est ordinairement destine pour les armes propres de la famille, et les quartiers pour les armes de concession ou d'alliance ; on nomme d'abord ces quartiers en blasonnant, ensuite le sur-le-tout.
On dit aussi brochant sur le tout^ en parlant d'une pièce honorable ou d'un meubla qui traverse l'écu, et pose sur d'autres meubles.
Lorsqu'au centre d'un écarlelé lise trouve